JOB XIX
Âpres tout, si réellement j'ai péché,
Ma faute est mon affaire à moi ' I
Vous voulez donc à toute force me traiter de haut en bas?
Me couvrir de honte en me déclarant coupable?
Reconnaissez donc que c'est Dieu qui me fait tort,
Et qui m'enveloppe de ses filets.
Voyez I je crie à la violence, et Ton ne m'écoute pas I J'appelle du secours, et ne trouve pas de justice! n m'a barré le chemin pour que je ne puisse passer, Il couvre mon sentier de ténèbres.
Il m'a dépouillé de mon honneur, Et ôté la couronne de ma tête'.
Il me démolit pièce à pièce ; il faut que je m'en aille, Il déracine mon espoir comme un arbre.
Sa colère s'est enflammée contre moi, n me considère comme l'un de ses ennemis. Ses bandes' arrivent toutes ensemble.
Vers moi elles se frayent leur chemin.
Elles sont campées à l'entour de ma tente. Il a éloigné de moi mes frères.
Mes familiers me sont devenus étrangers. Mes proches m'abandonnent, Et mes compagnons m'ont oublié.
Mes domestiques et mes servantes ne me connaissent plus^ Je suis un étranger à leurs yeux.
Quand j'appelle mon esclave, il ne répond pas, De ma bouche il faut que je le supplie. Mon haleine est importune à ma femme. Et mes propres enfants m'ont en aversion^.
1 Et ce n'était pas à vous à voas ériger en juges.
S II Ya sans dire que la couronne est à prendre au figuré, dans le sens du parallélisme, comme synonyme de l'honneur. La légende n'a pas manqué de faire de Job un roi.
8 Les différents maux dont Job est assailli (chap. X, 17).
^ Grand embarras des exégètes : d'où viennent ces enfants de Job? sont-ce des bAtard8?oa des petits- enfants? Leur présence prouve-t-elle que les discours ont été composés par un autre auteur que le prologue ? Rien de tout cela. Cela prouve seulement que les discours ne représentent pas une situation historique donnée, mais expriment des idées générales (chap. XVII, 5). Cependant les enfants de mon ventre (trad. litt.) pourraient être ceux du ventre de ma mère, c'est-À-4ire, mes frères utérins.