‹ La Bible (volume 3)Chapitre 25 sur 84 · JOB XX · texte numérisé non relu

JOB XX

L'œil qui Ta vu cesse de le voir,

Et sa demeure ne le revoit plus *.

Ses enfants seront réduits à flatter les pauvres'.

Ou ses propres mains leur restitueront ses biens.

La vigueur de la jeunesse remplissait ses membres :

Avec lui elle se couche dans la poussière '.

Quand le mal a été doux dans sa bouche,

Qu'il Ta bien gardé sous sa langue,

Qu'il Ta mis en réserve sans le lâcher,

Qu'il l'a retenu dans son gosier.

Sa pâture^ dans ses entrailles, se change

En fiel de vipère dans son sein *.

Le bien qu'il a englouti, il le vomit:

Dieu l'arrache de son ventre.

C'est le venin de la vipère qu'il suçait.

Et la langue de l'aspic lui donne la mort'.

Il ne doit plus voir des eaux courantes.

Des ruisseaux de miel et de lait*.

Il restitue ce qu'il a gagné et ne l'avale point ^,

Comme un bien à rendre et dont il ne jouira pas.

1 Chap. VII, 10.

s La supposition est que le méchant, entre autres, a vexé, dépouillé les faibles ; et que par un retour de fortune, s'il n'est pas forcé de rendre gorge lui-même, ce sont ses enfants qui seront réduits à une condition infime.

' Hier encore bien portant, demain déjà, malgré sa vigoureuse jeunesse, il descend au tombeau.

4 Le mal, plus spécialement la convoitise qui conduit lliomme à s'emparer du bien d 'autrui (voir la suite), est comparé à un mets bien doux, à une friandise qu'on savoure avec délices, qu'on se garde bien d'avaler b&tivemeot. La douceur se changera ea poison mortel : teUe est la peine de l'iniquité.

5 11 s'était trompé lui-même. Il croyait Jouir de quelque chose de doux, et il avait avalé du poison. Les images varient. Tantôt le bien injustement acquis est comparé aa serpent lui-même, tantôt au venin, et la conséquence est appelée tour à tour la mort et le vomissement.

e Les eaux courantes sont le charme de la campagne, les ruisseaux de lait et dt miel, l'image conventionneUe de la fécondité. Ici les uns et les autres représentent le bonheur définitivement refusé à celui qui en a abusé.

'7 Avaler est pris dans le sens de garder. L'image de l'aliment revient sous une autre forme. — La ligne suivante n'est pas bien claire. Il y a dans le texte un substantif qui signifie rechange. Mais on ne voit pas si l'auteur veut nommer ainsi ce qu'on donne pour un objet qu'on veut acquérir (chap. XXVIII, 17), ou ce qu'on obtient pour celui qu'on offre (chap. XV, 31). Bn tout cas il est question de l'instabilité du bien mal acquis.

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