‹ La Bible (volume 3)Chapitre 27 sur 84 · JOB XXIV · texte numérisé non relu

JOB XXIV

Dans leurs enclos ils font de Thuile, Ils foulent les pressoirs et ont soif ^ Du sein des villes gémissent les mourants^, La vie des victimes crie vengeance, Hais Dieu n'a pas égard à ce scandale^. Voilà les rebelles à la lumière 1 Ils ne connaissent point ses voies, Ils ne restent pas dans ses sentiers ^

Le meurtrier se lève dès le matin, Pour égorger le faible et l'indigent; De nuit il s'y met comme le voleur.

L'œil de l'adultère épie le crépuscule; Il dit : nul regard ne me surprendra ! Il met un voile sur sa face^.

Ils* pénètrent de nuit dans les maisons, De jour ils s'enferment, et ignorent qu'il fait clair. Leur jour à eux, ce sont les ténèbres. Dont les terreurs leur sont familières.

1 Des prolétaires vivant au bosard dans un vagabondage forcé, l'auteur passe à des gens devenus esclaves après avoir été ruinés par l'usure, et travaillant pour les riches, aux récoltes, aux vendanges, sans en avoir, pour salaire, leur part suffisante pour se nourrir, encore moins pour se vêtir. {Leurs enclos, naturellement il s'agit de ceux de leurs maîtres. L'omission de ce mot peint l'indignation de Job.)

2 Changement d'une voyelle {m^tjm pour mettm, hommes).

8 Litt. : à cette absurdité ; un pareil état des choses étant en contradiction flagrante avec ce qu'on dit de la justice de Dieu.

4 Cette phrase doit servir de conclusion au tableau précédent, non sans marquer la différence qui existe entre Job, faussement accusé, et des gens qui commettent des actes pareils à ceux qui viennent d'être décrits. La lumière est le symbole du bien, du droit, de tout ce qui peut se montrer au grand jour. Ses voies peuvent être celles de Dieu ou celles de la lumière : cela revient au même. Il y a cependant des commentateurs qui considèrent cette phrase comme commençant un nouveau tableau et qui traduisent : D'autres sont rebelles, etc. Mais nous ne voyons pas trop comment le texte justifierait cette antithèse. Sans doute l'auteur va signaler d'autres crimes encore, mais ce n'est pas pour opposer ce qui se fait de nuit à ce qui se fait de jour.

5 C'est sans doute l'image de la lumière qui amène la forme de ce nouveau tableau. Jour et nuit, a toute heure, il se commet des crimes. En plein jour, l'assassinat ; de nuit, le vol ; dans le crépuscule, l'adultère. — Puisque c'est l'indigent qui est égorgé, le motif du meurtre doit être la haine et non la cupidité.

6 Le meurtrier, le voleur et l'adultère.

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