‹ La Bible (volume 3)Chapitre 28 sur 84 · JOB XXIV · texte numérisé non relu

JOB XXIV

Que les eaux les emportent^ comme un brin léger M

Que leurs terres soient maudites dans le pays !

Qu*ils ne revoient plus le chemin de leurs vergers !

Comme la sécheresse et la chaleur

Absorbent les eaux de la neige^

Puisse le S'eôl engloutir les pécheurs !

Que le sein qui les a portés les oublie I

Que la vermine en fasse ses délices !

Qu'il ne soit plus parlé d'eux!

Que le crime soit brisé comme une bûche ^ I

Ils dépouillaient la femme qui n'avait point enfanté,

Et refusaient Taumône à la veuve'.

Hais lui, de sa puissance il soutient les tyrans; Tel se relève, quand déjà il désespérait de sa vie. 11 leur donne la sécurité pour qu'ils soient affermis, Et ses yeux veillent sur leurs chemins.

1 Nous arrivons ici à un passage dont l'exégèse s'efforce en vain de faire disparaître Tobscurité. Comme notre traduction du dernier distique donne au moins un sens tolérable, nous ne nous arrêterons ni à la justifier^ toute sujette à caution qu'elle est, ni à en enregistrer d'autres tout aussi incertaines. Mais la question capitale est de savoir ce que nous veut ce qui suit : car tout à coup il est "parlé de la ruine des méchants (v. \S'2\), ce qui est en contradiction avec ce qui pré<^éde, Job s'étant plaint précisa ment de ce que Dieu permet tous les crimes. Pour sortir d'embarras on a proposé, divers expédients. Les uns voient là une ironie ; Job dirait à ses adversaires : Voilà bien comment les méchants sont punis ! ! à vous entendre, on dirait qu'il en est toujours ainsi I Et puis v. 22 il reviendrait à la charge pour leur opposer la réalité. — D'autres préfèrent admettre qu'il accorde à ses amis qu'ils peuvent avoir raison dans certains cas, mais que bien souvent aussi leur axiome est démenti par les faits. Or, la thèse de Job est prouvée dès qu'il est certain que la justice de Dieu n'est pas rigoureusement égale. Ni l'une ni l'autre de ces deux interprétations n'est indiquée par le texte. Celui-ci exprime, d'un bout à l'autre, une seule et môme idée, celle de la punition du crime. Mais si cela est, il faudra mettre les verbes à l'optatif (comme l'ont déjà fait les anciens traducteurs). Nous avons pris ce parti, pensant que dans l'état actuel du texte il n'y a pas mieux à faire. Mais on pourrait aussi supposer que celui-ci est en désordre et que ce qui est aujourd'hui mis dans la bouche de Job, aurait appartenu primitivement au discours de Bildad qui va suivre, et qui ne se compose plus que de quelques lignes^ ou à un discours de Çofar qui n'existe plus du tout.

2 Dans toute cette tirade nous avons mis les pronoms (représentant les méchants] au pluriel. Dans l'original, le pluriel alterne avec le singulier, le crime se personnifiant, pour ainsi dire, dans un seul individu. En français, ce manque de conséquence serait intolérable.

8 Ceci est cité à titre d'exemple. De môme que la veuve, la femme sans enfants n'a pas de défenseur naturel. Loin de voir là une occasion de bien faire, la rapacité en profite.

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