‹ La Bible (volume 3)Chapitre 32 sur 84 · JOB XXX, 26-31. XXXI · texte numérisé non relu

JOB XXX, 26-31. XXXI

Quand j'espérais le bien, c'était le mal qui survenait ;

J'attendais la lumière et il n'y avait que ténèbres.

Mes entrailles se consument d'un feu incessant * ;

Les jours de la misère ont fondu sur moi.

Je suis tout noirci, mais non par la chaleur ;

Je me présente en public en criant au secours.

Je suis devenu le frère des chacals.

Le compagnon des autruches'.

Ma peau s'est noircie et tombe.

Mes os sont brûlés par une fièvre ardente.

Mon luth ne donne plus que des accords de deuil^

Et mon chalumeau ne fait entendre que des sons larmoyants '\

J'avais fait un pacte avec mes yeux* — Comment aurais-je jeté le regard sur une vierge? Et quelle part le Tout-Puissant m'aurait-il faite d'en haut? Quel sort le Dieu du ciel m'aurait-il réservé? La ruine n'est- elle pas pour le malfaiteur. L'infortune pour les auteurs du crime?

N'aurait-il pas vu mes voies .^ Tous mes pas, ne les eût-il pas comptés?

Si j'ai fait route avec le mensonge*, Si mon pied a glissé vers la fraude —

^ Il n'y a pas là de description d'une maladie du corps ; tout ce qui suit doit être pris au figuré, la situation do Job étant encore plus triste au moral (pi'au physique. La première ligne signifie à la lettre : Mes entrailles bouillonnent et n'ont pas de repos. — La noirceur est l'image du deuil. Dans les pays chauds, la peau est bien vite hftlée ; id, c'est la douleur qui a flétri les couleurs de la santi. Se promener (textuel], se présenter en public, sont des expressions pittoresques pour parler simplement de l'existence individuelle au milieu des autres. Job ne veut pas dire qu'il est allé à une assemblée pour crier.

^ Allusion aux cris plaintifs de ces animaux du désert.

^ Les instruments de musique nommés ici représentent simplement les joies et le bonheur d'autrefois.

^ Troisième partie du discours. Après l'antithèse du bonheur d'autrefois et du malheur actuelf Job proteste de nouveau de son innocence. Dieu n'aurait pas manqué de le punir, s'il avait été coupable. Il affirme qu'il a môme évité les désirs mauvais ; à plus forte raison n'a-t-il pas à se reprocher des actes blâmables. — La première preuve qu'il allègue, c'est sa continence, qui est allée jusqu'à surveiller ses regards (Matth. V, 28.)

^ Le mensonge est personnifié ; c'est un compagnon de voyage pour le menteur. Le distique suivant forme une parenthèse -qui anticipe sur la conclusion et la décline d'avance. Le chemin, dont Job prétend n'avoir pas dévié, est celui de Dieu et du devoir. Les yeux et le cœur sont distingués comme le désir et l'acte, la pensée et la volonté.

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