JOB XL, 28-32. XLI
Fera-t-il un pacte avec toi,
Pour que tu le prennes à ton service à perpétuité?
Joueras-tu avec lui comme avec un petit oiseau?
L'attacheras-tu à une ficelle pour Tamusement de tes filles ?
.Les gens du métier en feront-ils un objet de commerce * ?
Le dépëceront-ils pour les marchands?
Larderas-tu de dards sa peau.
Perceras-tu sa tête de harpons?
Ose donc mettre la main sur lui I
Tu te souviendras du combat, et n'y reviendras plus I
Vois, Tespoir de le prendre est trompé : Â son seul aspect on est atterré.
Nul n'est assez hardi pour le provoquer... Et qui donc entrerait en lice avec moi'? Qui est en avance avec moi, pour que j'aie à lui rendre ? Tout ce qui est sous les cieux est à moi.
Je n'oublierai pas ses membres.
Je parlerai de sa force, de sa merveilleuse structure ^ Qui est-ce qui le dépouillera de sa cuirasse ? Qui pénétrera par sa double palissade^?
Qui ouvrira les deux battants de sa gueule. Ses dents, siège de la terreur ?
Qu'elles sont admirables, les rainures de ses boucliers % Fermés, scellés étroitement!
Ses écailles sont reliées entre elles, L'air ne peut y pénétrer ;
1 Les interprètes ne sont pas d'acoord sur le sens de cette ligne ; il y en a ^ font dire au podle : En fait-on un festin d'amis? Nous avons préféré une traduction conforme à Tautre hémistiche. Les ^ins du métier (litt. : les associés), sont ies jtdohean qui font la pêche en société et qui vendent le poisson aux détaillants.
2 L'homme n'ose pas même engager la lutte avec la brute dont les fosœs dépMMiit les siennes, et il se poserait en face de moi comme mon égal ?
8 CSes derniers mots douteux ; le texte suspect.
4 Sa gueule à deux rangées de dents puissantes.
5 On sait que les écailles du crocodile, surtout celles de la partie supérieure du dos, présentent l'aspect d'un grand nombre de carrés ou de losanges bombées , séparées Tune de l'autre par des sillons ou rainures, qui forment un dessein très-régulier. L'attention du poète se porte ici sur ce fait, que cette cuirasse d'écaiUes ne présente pas d'interstice, ce qui n'est pas le cas pour les cuirasses dont s'arment les hommes.