JOB XLI, 22-26. XLII, 1-C
Sous lui c^est comme des tessons aigus :
Il étend sa herse sur le limon ^
Il fait bouillir le gouffre comme une chaudière,
Il rend Tonde semblable à une marmite à parfums ^
Derrière lui il fait reluire son sentier ;
On dirait les eaux couronnées de cheveux blancs.
Sur la terre il n'y a rien qui le dompte ;
Il est créé sans peur.
Il voit sans s'émouvoir tout ce qui est grand, Il est le roi des plus fières créatures.
Job répondit à l'Éternel en ces termes :
Je reconnais que tu peux tout^ Et qu'aucun de tes desseins ne saurait être traversé. Qui est-ce qui oserait voiler ta sagesse par ignorance? Aussi ai'je parlé, sans intelligence, De ce qui me dépasse, sans le comprendre. Ah ! veuille m'écouter, que je parle.
Que je t'interroge, et toi instruis-moi ' ! Je n'avais connaissance de toi que par ouï-dire ; Maintenant mes yeux t'ont vu^.
Aussi bien je condamne mes paroles, Je m'en repens dans la poussière et dans la cendre.
1 Le ventre même^ la partie la plus molle des animaux^ est dit hérissé de pointes. L'auteur les compare avec les machines à hattre le hlé, ces grosses planches garnies de silex qui hachent la paille.
9 Les mouvements du puissant animal dans l'eau^ agitent la surface de celle-ci comme si elle bouillait. La mention spéciale des parfums a fait penser à l'odeur musquée que le crocodile répand^ à ce qu'on dit. Le poète, cependant , ne parle que de ce qui frappe les jeux.
9 Ce distique, qui reproduit une parole de Jéhova (chap. XXXVIII, 8 ; XL, *}). est assez gênant à cette place. On pourrait dire que Job, n'osant plus critiqiier désormais les actes de Dieu, se met à ses pieds pour recevoir ses instructions. Mais comme de pareilles instructions ne suivent pas, il est clair que le po6te n'a pas pu vouloir les faire demander par Job. Les commentateurs ont tour à tour proposé de suppléer : Tn disais bien .... (je vois maintenant que j'ai tort], ou encore : Je ditaiê . . . (chap. XIII, 22). Mais une pareille ellipse serait intolérable. Le distique ne pourrait-il pas être éliminé tout à fait ?
4 Antithèse entre une connaissance imparfaite des choses divines et une véritable sagesse religieuse. On aurait tort de s'arrêter à Vidée d'une apparition visible et extérieure.