JCCunp. nMG
L'orgueil mène à riiumiliation,
l'homme modeste obtient de Thonneur.
Qui partage avec le voleur est son propre ennemi: il entend Tadjuration et ne dénonce pas.
Avoir peur des hommes, c'est tomber dans un picgo ; qui se fie à Dieu est en sûreté.
Bien des gens cherchent le regard du prince,
mais c'est de Dieu que vient ce qui est du à chacun.
Un criminel est détesté par les justes ;
rhonnête homme est détesté par les méchants.
^8 L'adjuration, litt.: la malédiction, prononcée par la loi et le juge contre le voleur ; or, cette malédiction, formulée devant ceux qui peuvent rendre témoignage, mais non écoutée par eux, retombe sur eux comme sur le coupable lui-même.
539 x^ peur des bommos conduit à commettre des lâchetés. Comp. la note sur n* 520. De cette sentence, la version grecque contient deux traductions tant soit peu différentes.
Paroles d'Âgour Gis de laqeh le Massaïte^.
Déclaration de rhomme: je me suis fatigué, ô Dieu! je me suis fatigué et je suis à bout '. car je suis stupide et non un homme, privé de raison humaine ; je n'ai point appris la sagesse, je n'ai point connaissance du Trës-Saint.
Qui est monté au ciel et en est redescendu?
qui a recueilli le vent dans ses mains?
qui a enveloppé les eaux dans son vêtement ?
qui a fixé les bornes de la terre ?
Quel est son nom? Quel est le nom de son (ils?
Si tu le sais * !
1 Les Septante ont placé lo morceau XXX, 1-14, après notre morceau n* III (chap. XXIV. 22), et la suite XXX, 1 5 - XXXI, 9, après notre n» IV {chap. XXIV, 84).
* Sur oe titre voyez l'Introduction.
3 Nous traduisons d'après un petit changement du texte, aujourd'hui assex génénlement adopté. La leçon reçue voit ici des noms propres : Oracle ; parole de l'homme à Itiel, à I^el et Oukal. Mais déjà les Grecs ne les y ont pas reconnus. Il nous temUe que l'auteur veut signaler en termes énergiques l'impuissance de la raison à stiBÎr 11 notion de Dieu, à comprendre son Otre.
*i II s'agit de savoir quel est lo sujet sous-cntendu dans cette série de questions. La plupart des commentateurs pensent que c'est Dieu, et ils arrivent ainsi à constater (jQf l'auteur a reconnu lo Fils de Dieu dons le sens de la philosophie alexandrine, on même dans lo sens de l'Evangile ! Muis nous ue voyous pas comment un ancien, qui serait parvenu à spéculer sur la pluralité des personnes divines, aurait pu commencer
* Toute parole de Dieu est pure ; il est \m bouclier pour ceux qui se confient en lui.
N'ajoute rien à ses paroles, de peur qu'il ne te reprenne et que tu sois reconnu menteur*.
^ Je te demande deux choses ; ne me les refuse pas avant que je meure I écarte loin de moi fausseté et mensonge, ne me donne ni pauvreté ni richesse; accorde-moi ma juste portion de pain, de peur qu'étant bien repu je ne te renie, et ne dise : Qui est l'Éternel ?
ou qu'étant dans l'indigence je commette un vol, et que je m'attaque au nom de mon Dieu.
Ne calomnie pas un serviteur auprès de son maître,
de peur qu'il ne te maudisse et que tu n'en portes la peine'.
"Il y a des gens qui maudissent leur père, et qui ne bénissent pas leur mère;
Il y a des gens qui se croient purs,
et qui ne sont pas laves de leur souillure ;
Il y a des gens qui portent la tète haute, et qui vous regardent de haut en bas ;
par se dire stupide. Le sujet est rhomme : Aucun mortel n'est monté au ciel pour s'approcher de Dieu et le reconnaître, et n'est redescendu pour le révéler d'une manière adéquate. Aucun ne Ta pu, parce que, pour y arriver, il faudrait 6tre l'égal de Dieu et pouvoir faire ce qu'il a fait. Qu'on nous nomme le mortel dont on pourrait dire cela I Le fils de l'homme forme le parallélisme avec l'homme tout court (Psaume VIII, 5J.
^ Nous sommes enclin u voir ici une recommandation de la parole écrite et sacrée. à laquelle il n'y a rien à changer. La pureté rappelle celle du métal précieux passé au creuset et dégagé de tout alliage.
^ Toute malédiction méritée produit son effet. L'esclave môme^ tout faible qu'il est, peut appeler l'animadversion du ciel sur celui qui lui a fait tort.
Il y a des gens dont les dentâ sont des épées ;
et les mâchoires des couteaux :
Pour dévorer les faibles et les faire disparaître de la terre,
et les pauvres du milieu des hommes '.
*^'Âlouqah a deux filles Donne ! donne ' !
Il y a trois choses qui n'en ont jamais assez, quatre- qui ne disent pas : cela suffit !
l'enfer et un ventre stérile % le sol qui n'a jamais assez d'eau, et le feu qui ne dit pas: cela suffit!
*' L'œil qui se moque du père,
et qui refuse l'obéissance à la mère, les corbeaux de la vallée le crèveront, et les aiglons en feront leur pâture.
1 On ne voit pas trop bien lo but de cette juxtaposition de quatre vices^ iogratUade, hypocrisie, orgueil et cupidité ; il semble manquer une phrase qui les compare et les déclare également détestables, ou peut-être actuellement en vogue.
^ Ceci est une énigme indéchiffrable. L'opinion aujourd'hui généralement accrédilée est que le mot hébreu signifie la sangsue ; mais soit qu'on le prenne dans la wm» naturel, soit qu'on Tidentifie avec le vampire de la fable, le démon qui suce le sang des enfants mal gardés [Goûl des Arabes, Empousa des' Grecs, etc.), on ne toH pu quelles peuvent être ses deux filles. Les Septante, et beaucoup de modernes, joignsat ces lignes à ce qui suit et y trouvent ainsi une gradation de 2, 3, 4, contrairanMBt à l'analogie des autres priamèles qui vont suivre. Il est probable que nous n'avons ploi ici qu'un fragment, qui, dans l'origine, était complété par quelques lignes d'explicatka. Autrement on pourrait dire que Donne, donne, sont deux filles [deux demandes parsoa* nifiées), comme on dit : pour la guerre il faut trois choses : de l'argent, de Pargant^ de l'argent.
3 Litt.: la stérilité du ventre. La pointe du dicton porte sur cet élément qui sertit plus convenablement placé à la fin, comme c'est le cas quelques lignes plus bas. Les Septante renchérissent sur celte pensée, assez déplacée dans un recueil de maximes morales, en traduisant : l'appétit [erôx) d'une femme. — Sur la combinaison des chiffres 3 et 4, voyez la note sur chap. VI, 1G.
"Il y a trois choses qui me dépassent, et quatre que je ne sais pas :
le chemin de Taigle à travers les airs, le chemin du serpent sur le rocher^ le chemin du vaisseau au milieu de la mer^ et le chemin de Thomme — dans la femme*.
(Il en est ainsi de la femme adultère : elle jouit, s'essuie la bouche, et dit : je n'ai pas mal fait *.)
^' Il y a trois choses sous lesquelles la terre tremble, et quatre dont elle ne peut porter la charge : un esclave, quand il devient roi, un insensé, quand il a mangé son soûl, une vieille fille, quand elle obtient un mari^ une servante, quand elle supplante sa maltresse ^
^ Plaisanterie frivole et équivoque, dont on s'efforce en vain d'atténuer la portée. Les Septante ont mis : le chemin de l'homme dans sa jeunesse ; les modernes pensent qu'on veut parler du mystère de la conception. Tout cela est hors de propos. Il s'ogit d'arriver (en riant et raillant) à dire que l'adultère ne laisse pas de traces; car il est évident que c'est là aussi le cas du vol d'un oiseau, du passage d'un animal sans pieds sur un rocher nu, et de celui d'un vaisseau à travers la mer. D ailleurs les lignes que nous avons mises entre parenthèses, parce qu'elles nous paraissent ajoutées por une autre main, disent cela très-nettement. Ce passage prouve aussi de la manière la plus évidente que 'Almah (Es. VII , 14} ne signifie pas une vierge, parce que, dans ce cas, l'assertion serait fausse.
* Quand elle nie, on ne peut lui prouver qu'elle a menti.
8 Encore une plaisanterie ù l'adresse des femmes ; cette fois-ci cependant sans mauvaise équivoque, mais avec une profonde connaissance du cœur humain. En commençant par parler de la terre qui tremble, cette exagération fait voir qu*il s'agit d'ironie et de satire : les deux premiers exemples la justifient, les deux autres deviennent plaisantes par assimilation. L'homme né dans une condition infime, dans la plupart des cas, ne saura pas s'élever à la hauteur morale et sociale qui convient à une position éminente, et ses défauts n'en seront que plus évidents ; il éprouvera le besoin de faire sentir aux autres qu'il est maintenant le maître. Le second exemple dit à peu près la même chose ; celui qui s'est rassasié ne dépend plus de personne et ne connaît plus de frein à sa passion. — On méconnaît Tesprit de la troisième ligne en songeant à une femme dédaignée par son mari, ou à une méchante femme quand elle obtient un hon mari. La dernière s explique par les usages de la polygamie, et l'on se souviendra ici que les paroles d'Agour ne sont pas d'origine palestinienne.
** Il y a quatre créatures des plus petites de la terre, et qui pourtant sont pleines de sagesse : les fourmis, peuple peu robuste, en été elles font leurs provisions; les gerboises, peuple peu vigoureux, elles établissent leurs demeures dans les rochers, les sauterelles qui n'ont pas de roi, elles marchent en bataillons serrés ; le lézard, que tu peux prendre à la main, il pénètre dans le palais des rois *.
'^11 y en a trois qui ont une démarche superbe^ et quatre qui ont l'allure altiëro :
le lion, le héros parmi les animaux, qui ne recule devant personne ; le coursier aux reins resserrés, ou le bouc^ et le roi à la tète de sou peuple*.
^^ Que tu sois sot en t'élcvant ou que tu aies ton bon sens, la main sur la bouche I car en pressant le lait on fait du fromage, en pressant le nez on fait du sang, en pressant la colère on fait de la querelle
1 Beaucoup de traducteurs mettent : le Idzard sait se servir de ses mams { méît I« parallélisme veut qu'il soit dit quelque chose de la faiblesse de ranimai.
3 Les deux dernières lignes sont aujourd'hui à peu près indéchiffrables, ptrce qM personne ne sait au juste de quel animal Tauteur veut parler après le lion, ni qui «t l'attribut donné au roi, ni surtout quelle doit $tre la pointe de Tépigramme. Aa lîeadi coursier, on a plaidé pour le lévrier ; les anciens y ont vu tour à tour rétoumeaa M k coq, le léopard ou le zèbre. Et pour arriver ^xijiCHple^ il faut admettre ^'un motforament arabe, avec l'article arabe, a pris la place de l'hébreu.
3 Nous croyons voir ici la recommandation do se modérer toujours et de ne Janiil se faire trop valoir, qu'on le puissu à juste titre ou non, parce qu'on n'y gagne qoe 11 chance de soulever lu contradiction. La pointe est un jeu de mots intraduisible, U colère et le nez s'cxprimaut en hchreu par le mume mot, varié ici dans ce sens, que le nez est mis au singuHer, et la colore au duel (les narines).
Paroles de Lemouël roi de Hassà, que sa mère lai a enseignées.
Hé quoi^ mon fils ^
hé quoi^ enfant de mes entrailles^,
hé quoi, fils de mes vœuxl Ne donne pas ta vigueur aux femmes,
ne suis pas celles qui perdent les rois! II ne sied pas aux rois, ô Lemoël,
il ne sied pas aux rois de boire du vin,
ni aux princes de s'enivrer ; De peur qu'en buvant ils n'oublient la loi,
et ne faussent le droit des pauvres gens. Donnez du vin à ceux qui succombent,
et la boisson enivrante aux affligés,
pour qu'ils boivent et oublient leur misère,
et ne songent plus à leurs peines.
Ouvre ta bouche en faveur des muets,
pour le droit de tous ceux qui risquent de périr ;
ouvre ta bouche, juge avec justice,
et fais droit aux pauvres et aux faibles!
1 Ce petit morceau paraît devoir former un seul tout et ne point se diviser en sentences détachées. Mais il offre plusieurs obscurités, si ce n'est des fautes de texte. Ainsi notre traduction est très-libre et en partie conjecturale à la cinquième ligne (celles ffû perdent les rois), et vers la fin, où il est dit : ceux qui risquent de périr. — Mais en somme le titre se justifie, ce sont d'utiles avis donnés à un jeune prince par sa mère, au moment de son avènement. L'allocution elliptique : Hé quoi! peut être comprise dans le sens de : Que te dirai- je ? ou : Que dois-tu faire ? — Les muets, sont sans doute les petites gens qui ne savent pas se défendre eux-mêmes et soutenir leur droit. — La traduction grecque diffère grandement de l'original en plusieurs endroits^ par exemple : Ne donne pas ton argent aux femmes^ ni ta raison et ta vie au repentir. Fais tout avec réflexion, avec réflexion bois ton vin ; les princes sont enclins i la colère, ils ne doivent pu boire de vin.
N. T. 3« part. 18