LA SAPIENCE DE JÉSUS FILS DE SIMCH
Après TEcclésiaste , TEcclésiastique. Ces deux noms se ressemblent beaucoup, du moins aux yeux de ceux qui n'en connaissent pas l'origine et la signification; les livres qu'ils désignent diffèrent Tun de l'autre , tant à l'égard de leur forme que relativement à leur esprit et à leur tendance.
Commençons par dire que ce nom de Y Ecclésiastique n'est pas le titre authentique de l'ouvrage dont nous allons nous occuper. Nous ignorons complètement quel a pu être celui que l'auteur aiura choisi lui-même, si tant est qu'il en ait mis un en tête de son cahier. Car, à vrai dire, les anciens écrivains hébreux n'avaient pas l'habitude d'en donner à leurs compositions, et ceux que nous lisons aujourd'hui dans nos bibles, et par lesquels nous en distinguons si facilement les divers éléments, ne datent au plus tôt que de l'époque où ceux-ci furent successivement réunis en une collection. Nous estimons donc que c'est une question fort oiseuse que celle de savoir s'il y a eu dès l'abord, pour ce livre, un titre hébreu ou non, et si ce titre a été, comme le veulent les uns, le mot Mes^altm (Sentences), ou celui de Hokmah (Sagesse), comme le supposent d'autres. Car ce n'est pas seulement le titre, c'est l'ouvrage tout entier, dans sa forme authentique, qui est perdu depuis de longs siècles. S. Jérôme est le dernier écrivain qui en fasse mention comme l'ayant eu
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entre les mains ; encore son témoignage n'est-il pas à l'abri du soupçon. Nous n'en possédons qu'une traduction grecque, dans laquelle il porte le titre de : Sagesse [Sapiencé) de Jésiis fils de Sirach. C'est aussi dans la sphère grecque, d'abord sans doute parmi les Juifs d'Kgypte, et plus tard parmi les chrétiens, qu'il s'est répandu de préférence et bientôt exclusivement. Chez ces derniers surtout dl jouissait d'une grande estime. Les Pères ne tarissent pas en éloges de ses leçons de morale, et pendant longtemps il a servi à l'instruction populaire, surtout en Orient, comme une espèce de manuel, qui se recommandait par la simplicité de sa forme, le bon sens de ses conseils et la base essentiellement religieuse de ses préceptes. On l'honorait d'une épithète fort louangeuse, en l'appelant le livre de toutes les vertus {i)anarétos), et plus d'une fois cette qualification honorifique remplaça tout 'autre titre sous la plume des docteurs. Ceux-ci, du moins les savants, et dans l'Église d'Orient, ne le mettaient pas pour cela sur la même ligne que les livres inspirés de l'Ancien Testament, qui seuls devaient former le canon, ou la règle de la foi. Mais ils le rangeaient parmi les livres utiles à la communauté, ou, comme nous dirions aujourd'hui, les livres d'édification. Et comme cette classe de livres formait une espèce de second recueil, également officiel en quelque sorte, qu'on aj)pelait celui des livres d'église (ecclésiasêigiies), pour les distinguer des livres canoniques, le volume du Siracide, le plus grand, le plus utile et le plus en vogue de cette catégorie, finit par être désigné tout simplement par ce même nom. C'était le livre ecclésiastique par excellence, une espèce de catéchisme, à côté de la Bible proprement dite. En passant aux Latins, le nom grec resta, et l'opinion ne changea point. On alla même plus loin ; on laissa tomber en oubli la distinction des deux classes de livres. L'Ecclésiastique, malgré son nom, fut incorporé au canon, et y est resté, pour l'Église catholique, jusqu'à nos jours. La théologie protestante l'en a éliminé de nouveau, et s'est laissé entraîner à des jugements fort peu équitables sur sa valeur, malgré les protestations des réformateurs qui voulaient en revenir aux vues des Pères grocs^
ï Pour riiistoire de la couonicitc des Livres dils Apocryphes de rAncien Testament, nous renvoyons les lecteurs ù notre Histoire dn canon, 1864. 2* (?d.
L'Ecclésiastique est le seul livre de l'Ancien Testament, outre ceux des Prophètes, dont nous connaissons Tauteur d'une manière positive. Il se nomme dans une note à la fin de son ouvrage (chap. L, 27) : Moi, Jésus fils de Sirach de Jérusalem, j'ai retracé dans ce livre les règles de l'intelligence, etc. Mais c'est tout ce que nous savons de certain sur le compte de sa personne. D'un éloge très-brillant des gens d'étude (légistes, scribes), qu'il oppose à cet effet à ceux qui se livrent aux arts mécaniques, on a pu conclure, avec quelque vraisemblance, qu'il appartenait lui-même à cette classe. Mais on n'aurait pas eu besoin d'un pareil texte pour arriver à cette supposition. Le livre tout entier (sans parler de la préface, à laquelle nous allons nous arrêter plus spécialement), fait voir que l'auteur était un érudit juif, versé dans la lecture de la littérature nationale, et ayant fait de la loi son étude de prédilection. Il nous apprend en passant qu'il a fait des voyages (chap. XXXI [XXXIV], II). Ailleurs il exprime sa reconnaissance de ce que, avec l'aide de Dieu, il avait échappé à la mort dont il était menacé par suite d'une dénonciation calomnieuse auprès du roi (chap. LI, I suiv.). Ce qu'il dit des sacrifices (chap. XXXI, 20 suiv.), loin de militer en faveur de l'opinion qu'il aurait appartenu à la caste sacerdotale (qui de son temps ne se distinguait pas précisément par ses goûts littéraires), fait plutôt voir qu'il mettait la morale pratique au dessus des cérémonies du culte.
Si nous manquons de détails sur la personne du fils de Sirach, en revanche nous sommes assez bien renseignés sur le livre luimême et ses destinées. Il est précédé d'un avant-propos écrit par le petit-fils de l'auteur, qui s'introduit comme le traducteur de l'ouvrage de son grand-père. Une composition en langue hébraïque, quelle que filt d'ailleurs sa valeur propre, n'avait qu'un public restreint, déjà à cause de la langue dans laquelle elle était rédigée, surtout si celle-ci s'appliquait à imiter le style classique des anciens ; mais encore parce que, en Palestine, on s'en tenait exclusivement à la Loi et aux Prophètes, et que des publications nouvelles, même populaires, n'avaient pas grande chance de pénétrer dans les masses. Le digne héritier de l'honnête moraliste ayant été amené, nous ne savons comment, à s'établir en Egypte, au miUcu d'une population juive devenue plus lettrée par son contact journalier avec la civilisation grecque, entreprit de créer à cotte précieuse relique de famille une nou-
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velle sphère d'action. Malgré les difficultés qu'il rencontra dans raccomplissement de sa t&clie, et sur lesquelles il s'explique d'une manière aussi modeste que judicieuse, il parvint à terminer lieureusemenl sa besogne, et sauva ainsi pour la postérité Tun des plus intéressants monuments du judaïsme, appartenant à une période généralement trop peu connue. Cependant roriginal n'a pas été tout à fait négligé dans les cercles lettrés de la Palestine. On en retrouve des traces dans le Talmud, et le nom de l'auteur (appelé cependant tout simplement le fils de Sirach, Ben-Sîrâ) paraît même être devenu assez populaire, en ce qu^on lui attribua, comme jadis k Salomon, bien des maximes ou sentences qui ne se retrouvent pas dans le livre grec. Il existe même encore aujourd'hui une petite collection de mas'als hébreux qui portent son nom, mais qui n'ont rien de commun avec l'ouvrage authentique.
. Que nous ayons là un livre de seconde main, une simple traduction d'un original hébreu, cela ne saurait être révoqué en doute. En maint endroit, le sens du texte ne devient parfaitement clair qu'autant qu'on réussit à en entrevoir la rédaction primitive. Il est même telle ol)ser\'ation de l'auteur qui n'est vraie que pour un écrivain hébreu. A titre d'exemple, nous citerons le passage chap. XLIII, 8, où il dit que le mois a son nom de la lune, ce qui se confirme par la parenté étymologique des deux mots hébreux, mais ce qui devient une absurdité sous la plume d'un traducteur, qui ne savait remplacer les termes de l'original que par deux substantifs radicalement différents. Assez souvent on tombe sur des phrases qui ne s'expliquent qu'autant qu'on admet que le traducteur n'a pas bien compris son texte, comme en général on peut affirmer qu'il savait mieux le grec que l'hébreu. (Voyez les notes sur chap. I, 7, 13, 27; II, 2; III, 2; VII, 12; X, 5, 9 ; XII, 8 ; XIII, 1 ; XVI, 18, etc.) Nous n'en voulons relever ici que deux exemples qui sont on ne peut plus instructifs à cet égard, et où il est absolument impossible d'imputer Terreur à un autre qu'au rédacteur de la traduction : ce sont ceux sur lesquels le commentaire édifiera nos lecteurs chap. XXIV, 25 et XXV, 14.
La critique est aussi arrivée à déterminer approximativement l'époque de la composition du livre. Le traducteur dit dans sa préface que, étant venu en Egypte dans la 38" année, sous le roi Évergèle, et y ayant séjourné quelque temps, il constata une
différence notable (entre les Juifs hellénistes et palestiniens) quant à Tinstruction, et que ce fut là ce qui le décida à entreprendre son travail. Examinons la portée de ces lignes. Il y a eu deux rois Lagides qui ont porté le surnom d'Évergète (le bienfaiteur) ; savoir le troisième et le septième Ptolémée. Mais le premier n'a régné que vingt-cinq ans (247-222 avant Jésus- Christ) ; le second, mieux connu dans Thistoire sous le sobriquet de Physcon (le ventru), reçut le titre de roi pour la première fois en 170 et régna jusqu'en 116, après avoir dû renoncer à la couronne pendant une série d'années, vers le miheu du siècle. Cependant il est fort probable que cette interruption forcée n'aura pas été prise en considération quand il s'agissait de compter les années du règne, après que ce prince eut été replacé sur le trône. La légitimité, à cet égard, a coutume de se régler sur le droit et non sur les faits. Physcon Évergète II est donc censé avoir régné pendant 54 ans et sa 38° année est l'an 132 avant Jésus-Christ. Ajoutons encore une dizaine d'années 3e séjour, dont le futur traducteur aura eu besoin pour se perfectionner dans le grec et pour étudier la version alexandrine de l'Écriture, de l'usage de laquelle il y a des traces très-visibles dans la sienne, et nous arriverons à peu près à Tan 120 pour l'achèvement de celle-ci. Mais comme nous ignorons à quel âge il se rendit en Egypte, nous n'avons pas encore, jusque-là, de moyen bien sûr pour déterminer l'époque de son grand-père» Cependant nous ne risquerons pas de nous tromper en remettant provisoirement la composition de l'original au premier quart du second siècle, nous voulons dire à une époque antérieure au règne d'Antiochus IV et à l'insurrection des Juifs de la Palestine. On a prétendu lui assigner une origine bien plus ancienne, en faisant arriver le traducteur en Egypte sous Ptolémée III, c'est à dire vers le milieu du troisième siècle, de sorte que son grandpère aurait vécu et écrit sur la limite du quatrième. A cet effet, on a interprété la 38® année dont il parle, non du règne du souverain en question, mais de l'âge de l'écrivain. Mais si celui-ci avait un intérêt quelconque à déterminer l'époque de son entreprise, il était plus naturel qu'il la rattachât à la chronologie usuelle, qu'à une donnée qui n'était connue de personne et dont personne ne se souciait. Encore aurait-il dû dire, dans ce cas : dans ma 38® année. Voici cependant le motif qui a engagé un certain nombre de savants à soutenir cette combinaison. Le livre
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se termine par un panégyrique destiné à exalter les mérites des hommes illustres de l'histoire d'Israël. Le dernier nom qui figure dans cette galerie, et en môme temps le seul qui ne soit pas emprunté aux textes de l'Ancien Testament, est celui du grandprêtre Simon lils d'Onias, dont l'éloge est rédigé de manière qu'il est impossible de se refuser à l'idée que l'auteur l'a connu personnellement, qu'il a gardé pour lui une vénération profonde, et qu'il a voulu s'acquitter envers lui d'une dette sacrée de reconnaissance en lui assignant une place d'honneur dans son livre. Tout le monde est d'accord là-dessus. Mais quel était ce Simon? Le fait est qu'il y en a eu deux, tous les deux fils d'un Onias, vivant à un siècle de distance l'un de l'autre, à peu près comme les deux Évergètc. Le premier occupait le siège pontifical dans la dernière dizaine d'années du 4'' siècle et dans la première du troisième (310-291), le second quatre-vingt-dix ans plus tard (219-199). Nous ne savons rien de particulier ni sur l'un ni sur l'autre, si ce n'est que le premier reçut le surnom de Juste, et c'est sur ce fait qu'on prétend fonder la probabilité que c'est de lui que l'auteur veut parler. On voit que ce n'est pas là un argument décisif, et en tout cas il ne suflBt pas pour affaibUr ceux que nous avons pu faire valoir tout à l'heure dans un sens contraire.
Ilcureuseinenl nous en avons d'autres encore qui confirment notre opinion. L'auteur a vécu dans un temps où les Juifs avaient beaucoup à souffrir de leurs dominateurs étrangers et païens. A cet égard , il y a des passages on ne peut plus clairs (chap. XXXII, 16 suiv. ; XXXIII, 1 suiv. ; XXXVI, 16 suiv. du grec, XXXV et XXXVI du latin), si bien que l'écrivain patriote, absolument comme le font les psalmistes de son époque, adresse à Dieu les prières les plus ferventes pour obtenir la délivrance de son peuple, et appelle la vengeance du ciel sur la tête de ses oppresseurs. A ce propos, nous sommes en droit de demander à quelle époque nous ramène le tableau d'une parciUe situation, à celle des deux premiers Lagidcs, connus pour l'administration modèle de leur royaume, et surtout pour les faveurs et privilèges qu'ils accordèrent aux Juifs, et dont ceux-ci ont été les premiers à leur payer un juste tribut de reconnaissance, ou à celle de Ptolémée IV (Pliilopator), qui régna dans les dernières années du troisième siècle, tout juste» à Tépoque do Simon II, à l'époque présumée de notre auteur, (»t dont nous venons de voir le détestable gouvernement se refléter dans les pages de l'Ecclé^iaste,
qui débordent en plaintes analogues ? La réponse ne saurait être douteuse. Tout concourt à assigner^ à Tauteur et à son livre, la date pour laquelle nous nous sommes décidé dès Tabord.
Mais s'il n'est pas probable qu'il faille remonter plus haut, il ne nous semble pas juste non plus de descendre plus bas, et de faire de l'auteur le contemporain des Maccabées , le spectateur de la guerre de l'insurrection. Dans les passages cités plus haut il n'est nulle part fait allusion à une guerre qui aurait déjà éclaté; et bien antérieurement déjà, un Juif fidèle à son Dieu pouvait dire qu'il fallait au besoin affronter la mort même plutôt que de le renier (chap. IV, 28), et avant la persécution d'Antiochus on avait pu rencontrer des cœurs lâches et craintifs (chap. II, 13 suiv.). Enfin, vouloir trouver dans chap. X, 8 suiv. une allusion à la mort de ce même roi, c'est exagérer sans nécessité la portée d'une fleur de rhétorique.
Le traducteur parle dans sa préface de l'étude que son grandpère a faite de la loi, des prophètes et des autres livres des anciens. On en a inféré que le canon du code hébreu, tel que nous le possédons aujourd'hui, était clos, et même déjà complètement traduit en grec. On a voulu faire valoir cela de manière ou d'autre dans la discussion chronologique que nous venons de résumer. Nous pensons que c'est peine perdue. Le passage en question ne prouve qu'une chose, c'est que la Loi et les Prophètes existaient déjà et étaient entre les mains du public, dans la forme sous laquelle nous les avons reçus des docteurs de la synagogue (mais que les Grecs ont changée), et qu'en dehors de ces deux recueils officiels il y avait encore d'autres livres (nous citerons surtout Job et les Proverbes, et ce qu'on possédait de psaumes) non encore réunis en corps, mais qui étaient également déjà l'objet des études des personnes lettrées.
Mais il est temps que nous nous occupions du livre en luimême, de sa nature, de son contenu, de sa forme et de son esprit. Nous avons déjà laissé entrevoir, tant par ce qui a été dit du titre, que par ce qui résulte de l'usage qu'en a fait l'ancienne Église, qu'il s'agit d'un ouvrage de philosophie morale. Nous nous hâtons d'ajouter, ce qui ne surprendra personne, que ce n'est pas un traité systématique, mais un recueil de préceptes, affectant généralement une forme sententieuse, là même où Tauleur s'arrête plus ou moins longtemps an même cercle d'idées. On a donc pu le comparer au livre des Proverbes dits de Salomon,
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avec lequel il a certains rapports assez faciles à constater, et dont, en fin de compte, la théologie et la morale est à peu près la même. Cependant à d'autres égards on se méprendrait étrangement sur sa véritable nature, si l'on insistait trop sur cette ressemblance.
La principale différence entre les deux compositions est celle-ci. Le livre des Proverbes se compose, dans son état actuel, de plusieurs collections, indépendantes l'une de l'autre, de maximes tombées dans le domaine public et recueillies dans un but de conservation. Dans chacune de ces collections on trouve entassés pêle-mêle, et sans aucun égard, soit au sens, soit à la valeur, des dictons ou des sentences dont rien ne nous garantit l'origine commune. L'Ecclésiastique, au contraire, est un ouvrage composé par un seul homme, qui y a déposé ses propres réflexions, le résumé de ses observations faites pendant une longue vie, la quintessence de ses principes et des convictions auxquelles a abouti son expérience personnelle. On peut parler de l'auteur de l'Ecclésiastique, on ne peut point parler de l'auteur des Proverbes, pas même de ses auteurs, mais seulement de ses divers collecteurs et du rédacteur définitif.
Ensuite il est assez rare qu'une sentence, un précepte, soit ici tout à fait isolé, sans liaison avec son entourage, comme c'est la règle pour l'autre recueiL Ordinairement, quand l'auteur aborde un sujet, il s'y arrête, il le considère sous toutes ses faces, il tient à l'épuiser. Et ce n'est pas seulement le cas pour les parties que nous appellerons l'élément théorique, quand il parle par exemple de la nature de la sagesse (chap. I), de ses rapports avec Dieu (chap. XXIV), ou de renseignement à puiser dans la contemplation de la nature (chap. XLII suiv.) ; mais là même où il s'agit de la pratique, où Tinstruction est formulée en maximes brèves et incisives, il aime à les présenter successivement sous des formes variées, avec des applications concrètes et spéciales. Cela est si vrai, que dans plusieurs manuscrits grecs les copistes ou les lecteurs ont même introduit des titres spéciaux, pour mieux faire ressortir la diversité des sujets traités de côté et d'autre. Ainsi on lit au chap. XXII, v. 27 : Disciplhie de la bouche \ au chap. XXX, V. 1 ; Des enfants', v. 14 : De la santé; v. 33 : Des esclaves, etc. Mais là mèinc où de pareilles rubriques no se rencontrent pas, il sera toujours facile de reconnaître la justesse de notre observation. Citons à tout hasard les chajûtres ou para-
graphes relatifs à l'amilié (chap. VI, 5 suiv. ; XII, 8 suiv.), celui où il est parlé de la liberté morale de rhomme (chap. XV, 1 1 suiv.), ou de la bienfaisance (chap. XII, 1 suiv.), les règles de bienséance (chap. XXXIV, al. XXXI), celles qui recommandent la discrétion (chap. XIX, 6 suiv.), ce qui est dit de la médecine et des médecins (chap. XXXVIII), les longues instructions sur les rapports entre les deux sexes (chap. IX, XXIII, XXVI), et vingt autres. Car nous analyserions le livre presque en entier, si nous vouUons énumérer tous les endroits auxquels notre caractéristique s'applique sans aucune peine.
Malgré cela, il n'y a pas lieu de parier d'un plan régulièrement conçu d'avance, et disposant les différentes matières à traiter d'après un ordre naturel et logique. Il n'y a pas la moindre trace d'une pareille préoccupation de la part de l'auteur. Il passe d'un sujet à l'autre sans qu'on entrevoie le moins du monde ce qui a pu en décider le choix, ou par quelle association d'idées des éléments hétérogènes ont pu se trouver ensemble. Il y a plus. Évidemment le livre n'a pas été écrit d'un trait. A la vérité, il nous apparaît aujourd'hui comme assez bien arrondi, en ce qu'il débute par un éloge général de la sagesse, qu'il introduit un père traçant à son fils une règle de conduite pour la vie, que le premier devoir qui lui est inculqué, c'est le respect des parents, enfin qu'il se termine par une brillante récapitulation de l'histoire d'Israël et par une prière. Mais ce fait ne saurait infirmer notre jugement* Non seulement, nous le répétons, il est impossible de découvrir la raison de l'ordre dans lequel se suivent les innombrables préceptes qui forment la substance même du volume, mais on rencontre, à différentes reprises, des phrases qui trahissent, soit l'intention de conclure, comme si l'auteur allait définitivement déposer la plume, soit celle de la reprendre, pour ajouter ime nouvelle série de conseils à ceux donnés précédemment. Nous appellerons tout à l'heure l'attention de nos lecteurs sur cette circonstance, mais il faut d'abord écarter une conclusion qu'on a voulu en tirer.
Plusieurs savants contemporains ont prétendu que le livre du Siracide est une œuvre de compilation comme celui des Proverbes ; que le personnage dont il porte le nom n'a eu que la peine de réunir en faisceau plusieurs collections plus anciennes, dont il est facile, disent-ils, de reconnaître les soudures. Il a pu remanier ses textes, il a pu y ajouter du sien. Peut-être est-il
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l'auteur de l'une (de la dernière) des grandes parties, qu'on est tenté de distinguer dans cet ouvrage.... On se fonde sur les passages auxquels nous venons de faire allusion, et surtout sur ce qu'on lit au chap. XXXIII, 19 tu texte latin (chap. XXX, 16 du grec) : «Moi aussi, le dernier, je me suis mis à veiller, comme quelqu'un qui grappille après la vendange,» etc. Ces paroles doivent contenir l'aveu qu'il ne revendique pour lui-même d*autre mérite que celui d'un travail de seconde main. Aurons-nous besoin de dire qu'on en force le sens par une pareille interprétation? Dès qu'on doit reconnaître que le fils de Sirach n'a pas été, dans sa nation, le premier écrivain qui se soit occupé d'enseigner la morale, et qui pour cela ait choisi la forme du mas'al, il faudra bien convenir aussi qu'il était autorisé à se servir du terme en question, sans qu'on ait le droit d'en conclure qu'il n'a été que l'éditeur responsable d'une œuvre étrangère. Il n'y a pas de trace d'un assemblage purement mécanique d'éléments ramassés de côté et d'autre, point de ces répétitions oiseuses que nous avons signalées en si grand nombre dans le livre des Proverbes, et dont la présence trahit à elle seule la manière dont ce recueil a dû se former; encore moins des contradictions, qui prouveraient d'emblée la justesse de l'hypothèse que nous combattons. Celte hypothèse, du reste, n'est pas née d'hier. Elle se rencontre déjà dans une notice écrite au moyen âge, et qui, par un singulier hasard, a été jointe plus tard aux œuvres de S. Athanase, sous le titre de Synopse des saintes Écritures. Cette pièce n'a pas plus de valeur que telle opinion individuelle, et c'est l'étude du texte qui seule doit décider dans des questions de ce genre.
Nous disions donc qu'en certains endroits l'auteur a l'aîr de vouloir finir, dans d'autres, au contraire, on rencontre ce qu'on pourrait appeler un nouvel exorde. La nature du sujet, qui embrasse la vie humaine entière sous toutes ses faces et dans toutes ses relations, combinée avec un genre de production littéraire qui ne connaît pas, qui exclut même ce que nous appelons la méthode, nous explique suffisamment ce phénomène, sans que nous ayons besoin d'y voir la trace du travail de plusieurs personnes. Nous nous sommes donc borné à marquer de la manière la plus simple, par des traits, le commencement et la fin des divers groupes de maximes qui se séparent par l'un ou l'autre des indices dont il vient d'ôtre parlé. En voici préalablement le relevé.
Le premier morceau, qui est aussi le plus long, comprend les seize premiers chapitres de nos éditions (plus exactement chap. I-XVI, 23). Il commence par des recommandations générales qui se résument dans la notion de la sagesse, dont Dieu est le dépositaire et la source, et qui est communiquée par lui aux mortels pour leur bonheur, si tant est qu'ils veuillent accepter ce don céleste. Ainsi ce début rattache la pratique du devoir aux convictions religieuses ; de même, à la fin, les diverses règles de conduite qui forment le fond du texte sont sanctionnées pour ainsi dire par la considération que le législateur suprême est aussi le juge des hommes et qu'il ne laisse pas impunie la désobéissance à ses commandements.
Avec le 24° verset du seizième chapitre commence ime autre série d'instructions, distinctement introduite par une nouvelle allocution paternelle, et se terminant au chap. XXIII. Ici encore Fauteur entre en matière par des réflexions générales sur la création et la destinée de l'homme, pour arriver ensuite à un certain nombre de points particuliers, de l'observation desquels dépend le bonheur de la vie. Ce second groupe ne se termine pas, comme le premier, par une espèce de péroraison ou de résumé, à moins qu'on ne veuille considérer comme tel le dernier distique qui répète en deux mots qu'il n'y a rien au-dessus de la crainte de Dieu,
En tout cas le chap. XXIV est un morceau à part, sans liaison spéciale, ni avec ce qui précède, ni avec ce qui suit. La sagesse prend ici elle-même la parole, pour faire connaître son origine, et pour insinuer qu'elle s'est manifestée, et pour ainsi dire incamée, dans la Loi, qui est désormais la source limpide et intarissable à laquelle on peut la puiser. Du moins l'auteur explique ainsi son discours.
A la rigueur on pourrait considérer ce chapitre comme une espèce de préambule de la collection de sentences qui suit. Cependant cette combinaison ne nous sourit guère, parce que les maximes qui forment le quatrième groupe (chap. XXV-XXXHI, 19 (22) du texte latin) n'offrent pas beaucoup de points de contact avec la loi, et rentrent moins dans la morale proprement dite que dans la prudence sociale, dans les expériences de la vie journalière et domestique, et aflectent même la forme proverbiale plus que celles des groupes précédents. Le morceau a sa fin nettement marquée par le passage déjà cité plus haut à cet effet.
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Ce qui suit jusqu'au chap. XXXVI, 19 (21) n'a pas d'exorde propre, mais le morceau se termine par une prière très-chaleureuse, pour demander à Dieu la délivrance d'Israël et la ruine de ses dominateurs païens.
Entre ce morceau et le suivant il n'y a pas de liaison. Les sentences reprennent leur place, comme dans la plupart des groupes précédents, et aboutissent à la glorification de la science et des légistes (chap. XXXIX, 11 (16).
Par contre, le septième morceau commence par ces mots : Je veux encore une fois exposer mes pensées, etc., et nous y trouvons une dernière série de réflexions du genre des autres. II s'arrête au v. 14 du chap. XLII.
' Le livre se termine par deux tableaux qui paraissent destinés à faire pendant l'un à l'autre : La nature et l'histoire, les merveilles de la création et les grands hommes de l'antiquité nationale, deux des plus intéressantes parties de cet ouvrage, que nous tenons à signaler d'avance, parce que l'ancienne littérature hébraïque n'en a fourni à notre écrivain que les éléments, mais point de modèles (chap. XUI, 15-XLIII; XLIV-L). Malgré la différence des sujets et du style, ce ne sont pas des hors-d'œuvre dans Tensemble. L'auteur, nous dirions volontiers le poète, ea traçant ces tableaux, a certainement voulu les faire servir à l'instruction de ses contemporains, comme tout le reste.
Après le post-scriptum en prose, où le fils de Sirach se nomme, et dont il a déjà été question, on lit encore une prière versifiée, au sujet de l'authenticité de laquelle il s'est élevé des doutes, parce qu'elle est séparée du corps du livre par cette note finale. Mais il n'y a rien dans le texte qui vienne à l'appui de ce soupçon. Au contraire, comme elle aboutit à un coup-d'œil rétrospectif sur la carrière fournie par l'auteur, et à une dernière exhortation adressée au public, de suivre son exemple, nous trouvons qu'elle est parfaitement à sa place, et qu'elle clôt dignement un ouvrage dont on s'est peut-être autrefois exagéré la valeur, mais qui certainement n'a pas mérité le dédain avec lequel le préjugé théologique le traite depuis trois siècles.
Car on y trouve des conseils très-sages, une direction saine et utile pour tous les âges et toutes les conditions. Édifiée sur une base essentiellement religieuse, ramenant tout à Dieu, le souverain dispensateur de tout bien et le juge à la fois sévère et miséricordieux des actes deriiomme, cette morale enjoint comme premier
précepte la crainte du Très-Haut. C'est le judaïsme qui se dessine ici dans ce qu'il a de plus noble et de plus recommandable depuis que la voix des prophètes ne se faisait plus entendre. Celui qui nous parle ici, c'est le véritable Israélite en qui il n'y a point de fraude (Jean I, 47). Nous ne chercherons pas dans ses pages le mysticisme de l'Evangile, cette religion du sentiment qui a conscience de l'action immédiate de l'esprit divin dans le cœur régénéré. Mais nous n'y trouvons pas non plus le pharisaïsme, avec sa prédilection pour les formes rituelles, son ostentation hypocrite et sa morale casuistique. Par ci par là les conseils donnés sont un peu, nous ne dirons pas égoïstes, mais utilitaires et bien au-dessous de l'élévation idéale du Sermon de la montagne ; mais si nous voulons faire de cela un reproche à l'auteur, nous condamnons en même temps, et avec plus de droit encore, les Proverbes qui se parent du nom de Salomon. C'est que parfois il prend les hommes et le monde comme ils sont, et formtde ses règles de conduite en conséquence. Lui aussi vous conseille de jouir de la vie, en vue de sa brièveté et de l'incertitude de l'heure de la mort ; mais il ne se laisse pas aller pour cela au découragement et à la mauvaise humeur, comme son contemporain, le philosophe dont nous venons d'achever la lecture. Et si vous deviez croire que la vraie morale doit toujours avoir la mine austère, il pourrait jeter dans la balance de votre jugement un bon nombre de maximea et de principes que le Nouveau Testament n'a pas reniés. Il n'est pas un bien grand métaphysicien : il laisse subsister paisiblement l'une à côté de l'autre, les deux thèses incompatibles de la liberté et de la prédestination ; comme l'ont fait également tous ses prédécesseurs, gens à la fois pratiques et religieux. Enfin, en fait de théologie, il n'a pas devancé son siècle : il n'attend pas encore de Messie et il ne croit pas à la résurrection.
Disons encore un mot de la forme de cet ouvrage. Déjà l'analyse que nous en avons faite pour y marquer les coupures naturelles du texte, a pu faire voir, une fois de plus, combien l'absurde division usuelle de nos chapitres gêne l'intelligence de cette antique et vénérable littérature des IsraéUtes. Mais à d'autres égards aussi le livre du Siracide n'a qu'à gagner à ce que la forme que son auteur lui a donnée soit respectée et reproduite dans la traduction.
Le texte hébreu se composait de distiques, comme c'est aussi
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le cas pour la plupart des massais du livre des Proverbes. Il est vrai que la version grecque, qui pour nous aujourd'hui remplace l'original, ne s'astreint pas toujours à observer cette forme, et la disposition syntactique des phrases du traducteur la voile quelquefois. Mais elle se fait si aisément reconnaître dans l'immense majorité des cas, qu'il n'y a pas de témérité à la supposer partout, là même où la défectuosité du texte en rend la découverte difficile ou impossible.
Nous avons déjà dit que ces distiques représentent très-rarement des sentences tout à fait isolées. Mais là même où un sujet est traité plus au long, et donne lieu à des morceaux d'ensemble, les phrases ne s'enchevêtrent jamais l'ime dans l'autre ; chacune se circonscrit dans ses deux lignes qui forment un tout à elles seules, une maiso7h {ha ), comme disent les poètes arabes. Cette coutume de resserrer la pensée dans une expression brève et nette, lui donne souvent quelque chose de piquant et même de gracieux. Du reste, cette qualité n'apparaît pas au même degré dans toutes les parties du livre. Mais nous croyons pouvoir dire, d'une manière générale, qu'à cet égard l'auteur montre moins de verve là où il traite des sujets abstraits, où il fait de la théorie, où il s'engage dans des exhortations générales ; tandis que lorsqu'il en vient à peindre les mœurs, à prendre les hommes et les choses sur le fait, il est toujours intéressant et devient souvent spirituel On pourrait craindre qu'un ouvrage de cette étendue, et en majeure partie composé de préceptes de morale, ne devînt à la longue un peu ennuyeux ; mais on aurait tort d'adresser un pareil reproche à l'Ecclésiastique. Il nous a même semblé que plus on avance dans la lecture, plus on est captivé par la fraîcheur du style et frappé par la justesse des pensées. Ce sont plutôt les premières pages qui restent un peu à fleur de terre.
Nous terminerons par quelques observations sur l'état du texte, observations qui sont ici beaucoup plus nécessaires qu'ailleurs, mais dont la principale a déjà dû être faite à l'occasion du livre des Proverbes. Nous rappellerons donc qu'un ouvrage de ce genre est exposé à perdre une partie de son contenu en passant d'une main à l'autre. Comme il se compose d'éléments plus ou moins incohérents, la conservation parfaite en est assez difficile. Nous rencontrerons plus d'un distique dont il ne s'est conservé, dans le texte reçu, qu'un seul membre, et dont il faut chercher le complément soit dans quelque manuscrit, soit dans une
ancienne version. Mais bien plus souvent une pareille composition est exposée à s'enrichir, à se charger d'éléments étrangers à la rédaction primitive et authentique, les lecteurs ne pouvant pas toujours résister à la tentation d'y mettre quelque chose de leur propre fonds ou de faire des emprunts à d'autres sources. Nous nous sommes imposé le devoir de ne pas nous en tenir au texte vulgaire des Septante, qu'on trouve dans la plupart des éditions imprimées ; nous avons tenu à mettre sous les yeux de nos lecteurs toutes les nombreuses additions qui font partie du texte de la Vulgate, qui est le texte officiel de l'Église catholique et qu'on retrouve par conséquent dans toutes les Bibles publiées par des théologiens de cette Église. Dans la plupart des cas, ces additions sont étrangères aux manuscrits grecs qui nous sont parvenus. Mais ce n'est pas à dire qu'elles soient dues à une main romaine ; elles doivent remonter à des exemplaires grecs déjà altérés euxmêmes. Car S. Jérôme avoue que, relativement à ce livre, il n'a guère touché à l'ancienne version latine reçue longtemps avant lui dans l'Église d'Occident. Du reste, elles se font aisément reconnaître comme des hors-d'œuvre, en ce qu'elles se lient ordinairement assez mal à ce qui les entoure, si tant est qu'elles n'interrompent pas tout à fait le fil des idées. De plus, elles dénaturent, dans beaucoup de cas, la régularité de la versification. Voici cependant comment nous nous y sommes pris pour ne point gêner l'intelligence de l'original par l'introduction de ces divers éléments. Nous mettons entre crochets, sans changer le caractère, ce que nous empruntons aux manuscrits grecs, surtout pour compléter les passages tronqués dans le texte reçu. Nous mettons entre crochets, mais en italique, les additions de la Vulgate.
Par suite de cette richesse relative des deux textes, grec et latin, il se trouve que le numérotage des versets est un autre dans chacune des deux recensions, et quand on veut chercher un passage cité quelque part, il faut toujours savoir d'après quel exemplaire la citation a été faite. Mais cet inconvénient se complique encore par une autre circonstance, unique dans son genre. Un singulier hasard a voulu que tous nos exemplaires grecs existants, ou du moins examinés, et par conséquent toutes les éditions de la Bible grecque, dépendent d'un manuscrit unique, dans lequel deux cahiers consécutifs, chacun composé d'un certain nombre de feuillets, ont échangé leur place entre les mains du relieur, tandis que les anciennes versions, et notamment la latine, ont été faites
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sur des exemplaires dans lesquels ces mêmes cahiers se suivaient dans leur ordre juste et régulier. Il en est résulté qu'aux endroits où ces cahiers commençaient et finissaient, le texte grec est aujourd'hui ininteUigible, parce qu'il rapproche des membres de phrases étrangers les uns aux autres. L'exégèse rationnelle doit donc s'en tenir au texte des versions; mais on comprend que dans ces parties les numéros des chapitres et en partie ceux des versets diffèrent également d'un texte à l'autre. Les deux cahiers dont l'ordre a été ainsi mal à propos interverti, comprenaient ce qui forme aujourd'hui dans le texte corrigé les morceaux chap. XXX, 25 à XXXIII, 12, et chap. XXXIII, 13 à XXXVI, 16, sans compter que quelques-uns des versets placés aux deux bouts se trouvent scindés. Dans notre traduction, nous suivons naturellement l'ordre authentique attesté par le latin et surtout par le sens, mais nous indiquons les deux séries de numéros, pour qu'on puisse, au besoin, comparer l'original avec notre interprétation. En tète de chaque page on trouvera d'abord les numéros du grec et en parenthèse ceux du latin.
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