‹ La Bible (volume 3)Chapitre 51 sur 84 · SAPIENCE III, 16-19. IV · texte numérisé non relu

SAPIENCE III, 16-19. IV

sagesse ne dépérit point*. Mais les enfants des adnltères' n'arrivent point à lenr fin, et la lignée issue d'une couche criminelle disparaîtra. S'ils vivent longtemps, ils sont méprisés et leur vieillesse est finalement sans honneur ; s'ils meurent tôt, ils n'ont point d'espérance, ni de consolation au jour du triage'. Car la fin d'une race injuste est triste. * Mieux vaut n'avoir point d'enfants, mais de la vertu, car la mémoire de celle-ci est immortelle, parce qu'elle est reconnue et par Dieu et par les hommes. Tant qu'elle y est*, on l'imite; quand elle s'en est allée, on la regrette, et dans l'éternité elle marche triomphalement, ornée de la couronne, après avoir vaincu dans le combat de ses saintes luttes ^. Le grand nombre des enfants des impies n'est pas une cause de prospérité ; les rejetons bâtards ne jettent pas de profondes racines et ne se placent point sur une base solide •. Car quand bien même ils poussent des branches pour quelque temps, ils sont secoués par le vent, dans leur position mal assurée, et déracinés par la violence de la tempête. Leurs rameaux tout autour sont brisés avant d'avoir atteint de la force, leurs fruits ne valent rien, ils ne mûrissent point ; ils ne sont pas mangeables, ni bons à quoi que ce soit. Car les enfants nés d'une union illégitime rendent témoignage contre leurs méchants parents, quand ceux-ci sont soumis à l'enquête ^.

^ La racine de la sagesse, c'est-à-dire la sagesse qui a pris racine dans Thomme. )j*image est continuée : elle porte toujours ses fruits.

3 A prendre dans le sens littéral. Le terme fait antithèse avec la stérilité d'un mariage de personnes de l'autre catégorie, qui n'est point à considérer comme un malheur ; ici, le prétendu bonheur de la fécondité est associé à dessein à l'idée du péché. — Arriver à sa fin, se rapporte à la destinée de l'homme, mentionnée chap. II, 23. Ils manquent le but pour lequel ils ont été créés. L'auteur admet (page 522, note 4} que la méchanceté des pères se communique aux enfants.

8 On connaît l'opinion des Israélites, d'après laquelle la longévité est le suprême bonheur, avec celui qui vient d'être mentionné dans les lignes précédentes. L'auteur s'élève contre ce préjugé, dont il n'a pas besoin parce qu'il croit à la vie future. Il fait fi d'une vieillesse déshonorée par le péché ; et ajoute que plus tôt quelqu'un meurt, moins il a de chances de s'amender et d'assurer son avenir.

4 Tant que l'homme vertueux vit — lorsqu'il est mort.

^ Image empruntée aux jeux olympiques et autres pareils, et qu'on retrouve aussi dans le Nouveau Testament. 1 Cor. IX, 25. 2 Tim. IV, 7, etc.

G Les deux images de la plante et de l'édifice s'entremêlent ici, pour établir encore une fois que le suprême bonheur ne consiste pas à avoir beaucoup d'enfants, mais qu'il y a des biens tout autrement assurés pour l'avenir.

"^ On voit que l'auteur continue à associer les deux notions de l'impiété (de la méchanceté, du paganisme théorique ou pratique) et de l'adultère, comme si elles étaient absolument inséparables.

' Lfi juste, qui meurt prématurément, est en repos *. La vieillesse honoraljle n'est pas celle qui dure longtemps, et elle ne se mesure pas sur le nombre des années. La vraie vieillesse ' pour les hommes, c'est la sagesse, et une vie irréprochable est l'âge qui mérite ce nom. Tel qui s'est rendu agréable à Dieu, a été aimé de lui, et comme il vivait au milieu des pécheurs, il a été transporté ' ; il a été enlevé pour que leur méchanceté n'égarât pas sa raison et que leur fausseté ne trompât pas son âme. (Car la fascination de la méchanceté défigure le bien, et le vertige de la passion pervertit un cœur innocent.) Parvenu à la perfection en peu de temps, il a fourni une longue carrière. Car son âme a été agréable au Seigneur : voilà pourquoi elle a eu hâte de se retirer du milieu des méchants. Mais les païens voient cela sans le comprendre, et ne prennent pas à cœur que la grâce et la miséricorde sont réservées à ses élus, et qu'il prête son assistance aux hommes vertueux. Le juste qui est mort condamne les impies qui restent en vie *^ et la jeunesse qui est arrivée promptement à son terme * condamne la vieillesse de l'injuste qui dure de longues années. Quand ils voient la fin du sage ^, ils ne comprennent pas ce que Dieu a décrété à son égard et pourquoi il l'a mis en sûreté. Ils le voient et le méprisent, mais le Seigneur se moque d'eux. Et après cela ils seront jetés là parmi les morts, sans

1 Ici Tauteur amèDe une autre idée, ou plutôt il combat un autre préjugé : celui'qoi regardait la longévité comme un bonheur et une preuve de la faveur du ciel , une moi| prématurée comme un malheur et un châtiment.

^ Etant donné qu'au gré des hommes la vieillesse, par elle-même, est un honneur et mérite des égards, l'auteur dit qu on peut arriver à cet honneur par un chemin moins long. En bien employant la vie on peut arriver à ce qui commande le respect , sans compter beaucoup d'années.

3 Allusion évidente à l'histoire du patriarche Enoch (Gen. V, 24 ; comp. Sir. XLIV, 16. Hébr. XI, 5), mais présentée sans nom propre, pour que l'application fût plus facile. L'auteur veut dire : Loin de voir dans la mort prématurée d un homme (comme on s'exprime à tort) un motif de le suspecter, comme s'il subissait une punition, il faut la considérer comme une insigne marque de faveur.

^ La condamnation est à prendre dans un sens idéal : puisqu'il y a des justes, l'iniquité doit ^tre condamnable ; car l'exemple des autres affirme le devoir et prouve la possibilité de son accomplissement.

'' Lp mot terme est à donhlo sens; la fin de la vie terrestre et le depré de perfection morale auquel l'homme doit et peut arriver.

'' Lo saire est ici le mAïue que le juste, la ^fit/>'ssr ('tant toujours inséparaiile «le h erainte (le Dieu et «le racroiupli^sement du «levoir. On u'ouldiera pas que la/î"/» du sa^'C est ici une lin j)r«''matur(M'. Il s"ai:il «le celui «jui meurt jeune.

hoDueur^ objets de l'opprobre, éteriiellemeut S quand il les renversera et les précipitera de leur place, muets d'efiroi et la tète en bas ^ ; ils seront complètement ruinés, plongés dans la douleur, et leur mémoire périra. Ils viendront avec terreur quand on fera le compte de leurs péchés et leurs crimes plaideront contre eux. * Alors le juste se présentera avec une grande assurance en face de ceux qui l'ont tourmenté et qui n'ont pas tenu compte de ses peines. En le voyant % ils seront saisis d'une peur terrible, et seront hors d'euxmêmes, au sujet de ce qu'il y aura pour eux d'inattendu dans son salutf Ils se diront les uns aux autres, en se repentant^ et soupirant pleins d'angoisse : Voilà ^ bien celui dont nous nous sommes moqués autrefois, et qui a été pour nous l'objet d'injurieuses railleries. Insensés que nous étions, nous estimions sa manière de vivre une folie, et sa mort misérable. Comment se fait-il qu'il ait été compris parmi les enfants de Dieu, et que son lot soit parmi les saints? Nous nous sommes donc égarés hors du chemin de la vérité, et la lumière de la justice ne nous a pas lui, le soleil ne s'est pas levé pour nous^. Nous nous sommes trouvés à notre aise dans les sentiers de l'iniquité et de la perdition, nous nous sommes engagés dans des déserts sans chemins, et pour ce qui est de la voie du Seigneur, nous ne l'avons point connue^. Que nous a protité notre orgueil? Que nous a valu notre richesse et la vaine gloire ? Tout cela a

1 On remarquera qu'ici eucore (comp. chap. I, 12;II,25;III,1] l'auteur s'exprime d'une manière ambiguë. La mort des méchants ue conduit pas à la tie, comme c'est le eus pour les justes. Tout de même il est question d'une douleur qui les attend et d'un jugement qui les fera rétlécbir.

"•i Dans riladès, image qui appartient ù uu autre ordre d'idées.

<^ De tout cela on pourrait conclure que l'auteur parle du drame du jugement dernier, tel que se le sont représenté les théologiens juifs, contemporains de Jésus-Christ, et ou les bons et les méchants apparaissent simultanément devant le juge, pour recevoir lu récompense méritée. Cependant cette idée ne revenant pas ailleurs, on peut se contenter d'y voir le tableau poétique du tardif repentir des méchants, quand, les yeux eniin dessillés, ils reconnaîtront combien ils s'étaient fourvoyés. Il conviendra cependant de retenir que c'est proprement l'auteur qui prête ses sentiments à ceux dont il veut faire le portrait.

■^ Ce discours forme lu contre-partie de celui du chap. Il, v. 10 suiv.

^ Cela ne veut pas dire : nous n'avons pas été instruits pur la révélation. Car ceux qui parlent sont tous les méchants et pas seulement les païens. Ils reconnaissent qu'ils ne se sont pas laissé guider par les principes do la justice, qu'ils ont fermé les yeux ù lu vérité.

*^ Lu voie du Seigneur est une conduite conforme ù su volonté. Le désert sat^s chemin renchérit encore sur le sentier de l'iniquité ; il représente une vie dé|)ensée en pure perte et oboutissunt à une fin misérable.

o2f5 SAPIENCE V, 9-18.

disparu comme une ombre, comme une rumeur passagère, comme un navire qui traverse la mer agitée, dont le passage ne laisse pas de trace et dont la carène ne laisse pas d'empreinte dans les flots. Ou encore comme lorsque Toiseau vole à travers les airs, on ne trouve point de vestige de son passage ; le léger soufiQe a été agité par le battement des ailes, Tair a été fendu avec bruit et rapidement, et après il n'y reste point de marque du trajet*. Ou bien comme lorsque la flèche est lancée vers le but, Tair déchiré se rejoint aussitôt, de manière qu'il est impossible de reconnaître par où elle a passé, — voilà comment nous aussi nous sommes nés et nous sommes morts, sans pouvoir montrer une trace de vertu ; nous avons été consumés dans notre méchanceté'.

*^Oui^ l'espérance de l'impie est pareille à la poussière emportée par la bise, à l'écume^ légère chassée par la tempête, à la fumée dissipée par le vent, au souvenir d'un passant qui ne s^est arrêté qu'un seul jour à l'hôtellerie. Mais les justes vivent éternellement * ; ils ont leur récompense dans le Seigneur^, et le Très-Haut prend soin d'eux. C'est pourquoi ils recevront de sa main une glorieuse royauté et une belle couronne ; de sa droite il les couviira, et de son bras il les défendra. Il prendra comme, armure sa jalousie*, et il armera la nature pour repousser les ennemis ; il revêtira la jus-

1 Pour les images du vaisseau et de Toiseau, comp. Prov. XXX, 19.

^ La vie du méchant semble n'avoir que deux moments : celui de la naissance et celui de la mort ; dans le trajet il n'y a rien qui vaille. C'est comme le point de départ et le point d'arrivée du vaisseau^ de l'oiseau, de la flèche — rien qui reste dans llntervallo. Le méchant est consumé dans sa méchanceté ; il y est comme absorbé, il s'y fond, il n'est rien hors de la. Donc son sort définitif' ne saurait être douteux.

^ Variante de quelques manuscrits et de la Vulgate. Le texte reçu parle de givre.

'^ Comme tout à l'heure une certaine vie (ou existence] a été attribuée aux méchants aussi, puisqu'ils ont le sentiment de leurs fautes et des peines qu'ils ont encourues, li vie du juste est en même temps la félicité, comme la mort du méchant a également on sens emphatique. Voyez ce qui a été dit sur chap. III, v. 1.

^ Dans le Seigneur, c'est-à-dire elle consiste dans leur rapport avec lui. Encore une formule très-usitée dans le Nouveau Testament.

6 Dieu est jaloux en tant qu'il prend fait et cause pour les siens et contre leurs adversaires qui sont aussi les siens. L'allégorie des qualités morales comparées avec une armure se rencontre encore Eph. VI, 10 suiv. 1 Thess. V, 8. — La question

est de savoir s'il s'agit ici d'un dernier jugement d'outre-tombe, ou d'une révolution qui s'accomplira sur la terre, ])our donner à chaque cat(?gorie d'hommes ce qui lui revient. Il seru diflicile de décider, les deux conceptions n'étant point encore bien ùistin;-aiée> scientiliqueniont dans ce livre. La seconde est celle des anciens prophètes, la première celh; du judaïsme des derniers temps, laquelle était encore en voie de furmulion. N'oyez la note sur chap. III, 7 suiv. La suite de cette tirade plaide en laveur de la conception ancienne.

SAPIENCE V, 19-24. VI, t-tt. 527

tice en guise de cuirasse; comme casque il mettra son véridique jugement; son invincible sainteté sera son bouclier. Il aiguisera son sévère courroux pour en faire son épée, et le monde sera son allié dans le combat victorieux contre les insensés ^ Des foudres bien dirigées s'élanceront, et partant des nues^ comme d'un arc fortement bandé, elles iront droit au but ; et la fronde de la colère jettera sur eux en masse les pierres de la grêle ; les flots de Tocéan s'irriteront contre eux et les fleuves les engloutiront dans leur impétuosité. Le souffle du Tout-Puissant les arrêtera et les dispersera comme un tourbillon. Voilà comme l'impiété finira par dévaster la terre entière, et comme la méchanceté renversera les trônes des despotes I

* Écoutez * donc, ô rois, et soyez avertis I Sachez apprendre, vous qui gouvernez la terre au loin ^ ! Prêtez l'oreille, vous qui régnez sur les masses, et qui êtes fiers du nombre de vos sujets I Votre puissance vous a été donnée par le Seigneur, et c'est du Très-Haut que vous tenez votre pouvoir. Il examinera vos œuvres et scrutera vos desseins, puisque, étant serviteurs de son gouvernement, vous n'avez pas administré avec droiture, vous n'avez pas observé sa loi, vous n'avez pas suivi sa direction*. Il viendra vous surprendre, promptement et avec terreur, car un jugement sévère attend ceux qui sont en autorité. Le moindre mortel peut obtenir le pardon par pitié, mais les puissants sont punis avec rigueur. Car le maître universel n'a peur de personne et ne s'incline point devant la grandeur: grands et petits, il les a faits tous, et de tous aussi il prend soin également, et une enquête sévère attend les puissants.

^^ C'est donc à vous, ô princes, que s'adressent mes paroles, pour que vous appreniez la sagesse et que vous ne bronchiez point. Car ceux qui auront saintement gardé les saints commandements, seront

1 Armor la nature, s'associer le monde pour le combat ; ces phrases rappellent les faits de Thistoire, où les phénomèDes de la nature, grêle, foudre, déluge^ peste, etc., ont servi d'instruments ù la colère divine.

^ Ici commence la seconde partie du livre, l'éloge et la recommandation do la sagesse. Elle est encore adressée aux rois, et plus positivement que la première fois (chap. 1, 1], surtout aussi en ce que l'auteur prendra maintenant le masque de Salomon pour donner du relief à son discours. Cependant nous ne croyons pas que la remarque faite à propos du passage cité soit ici hors de saison.

3 Ce qui implique naturellement les contrées plus rapprochées.

^ C'est toujours le Juif plus ou moins opprimé qui a en vue le paganisme oppresseur, le gouvernement étranger, grec ou romain, et ceux do sa nation qui s'y sont associés, et qui, à cet égard, pouvaient être regardés comme des apostats.

reconnus justes*, et ceux qui s'y seront laissé instruire obtiendront un arrêt favorable^. Soyez donc avides de mes paroles, recherchezles, et vous serez bien dirigés !

" Elle est brillante, la sagesse, elle est impérissable ; elle est facilement découverte par ceux qui Taiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent ' ; elle prévient même ceux qui la désirent, en se faisant connaître la première*. Celui qui va vers elle des le matin ^, n'aura pas besoin de se fatiguer : il la trouvera assise à sa propre porte. Songer à elle est le suprême bon sens, et celui qui veille à cause d'elle est bientôt sans souci ^. Car elle-même circule pour chercher ceux qui sont dignes d'elle ; elle leur apparaît avec bienveillance dans leurs chemins, et vient au devant d'eux dans chaque pensée". Son vrai commencement est le désir de s'instruire; le soin qu'on donne à Tinstruction fait qu'on l'aime ; cet amour se montre par l'observation de ses préceptes ; l'attention prêtée à ceux-ci vous assure l'immortalité ; l'immortalité vous rapproche de Dieu : ainsi le désir de la sagesse mené à la royauté ^.

--'Or donc, vous qui gouvernez les peuples, si vous tenez à vos trônes et à vos sceptres, honorez la sagesse, aGn de régner à jamais ^. Mais à présent je veux proclamer ce qu'est la sagesse, et

^ £t traités comme tels.

'^ Et non : ils sauront faire leur apologie^ se disculper. Dans les deux phrases parallèles il s'agit du jugement de Dieu.

*^ Dans toute cette tirade la sagesse est personnifiée, comme c'est le cas dans nombre de passages des premiers chapitres du livre des Proverbes, ainsi que dans plusieurs endroits de TEcclésiastiquc. Ce n'est encore là que de la rhétorique, ou, si l'on veal, de la poésie.

"^ Il ne faut donc, de la part de l'homme, que de lu bonne volonté : le but est alors facilement atteint.

^ Dans sa jeunesse.

^ La vie lui devient facile, les dangers disparaissent, les mécomptes ne sont plus à craindre.

"^ Le chemm est, comme partout, la conduite, lu manière d'agir. Le sens est donc: Ceux qui se mettent en rapport avec la sagesse, en prenant l'initiative, ou qui se donnent à elle quand elle s'oifre à eux (par l'instructionj, sont sûrs de lavoir pour compagne et pour guide dans leurs actes comme dans leurs pensées.

^ Comme la royauté, dans cette évolution des elFets et conséquences de la sagcs.sc. uc vient qu'après rimmortalité, on voit qu'il n'y a pas lieu de songer ici à une royuulc terrestre.

'•^ Les rois (païens; bont ici truilé» autrement (jue dans la première partie du cliupilri' . mais cela ne constitue pas de contradiction, parce «jue leur nombre même permclUit d'en di^tinp:uer diveises catégories.

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