TOBIE IV, 21. V
sommes devenus pauvres. Tu es assez riche si tu crains Dieu, si tu t^abstiens de tout péché et si tu fais ce qui lui est agréable.
* Tobie lui répondit : Mon père, je ferai tout ce que tu m'as recommandé. Mais comment pourrais-je avoir cet argent, puisque je ne connais pas cet homme? Alors il lui donna la reconnaissance et ajouta : Cherche-toi un compagnon de voyage ; je lui donnerai un salaire, tant que je vivrai*. Puis va te mettre en route et procuretoi cet argent.
^ Alors il alla chercher un homme, et rencontrant Raphaël (qui était un ange, ce qu'il ignorait), il lui dit : Pourrais-je aller avec toi à Ragues en Médie, et connais-tu les lieux ? L'ange lui répondit : J'irai avec toi ; je connais le chemin, j'ai logé chez Gabaël, notre frère. Tobie lui dit: Attends -moi, je vais le dire à mon père. Il répondit : Va toujours^ mais ne t'attarde pas. Étant rentré, il dit à son père : Eh bien, j'ai trouvé un compagnon de voyage. Le père répondit : Appelle-le auprès de moi, pour que je sache de quelle tribu il est, et si l'on peut se fier à lui pour te servir de compagnon. II l'appela donc, et quand il fut entré ils se saluèrent. Tobit lui dit : Mon frère, de quelle tribu es-tu, et quelle est ta famille ? dis-le moi. n répondit : Demandes-tu une tribu et une famille, ou quelqu'un que tu veux engager à prix d'argent pour accompagner ton fils? Tobit répliqua : Mon frère, je voudrais connaître ta race et ton nom. Alors il dit : Je suis Azarias fils du grand Ananias, de tes frères '. Là-dessus il lui dit : Sois le bien-venu, mon frère, et ne prends pas en mal que j'aie demandé à connaître ta tribu et ta famille. Et voilà qu'il se trouve que tu es mon frère', de cette bonne et excellente famille I J'ai connu Ananias et lonathan, les fils du grand Semeï,
^ Cela ne veut pas dire que le salaire sera indéfiniment payé aussi longtemps que Tobit vivra. Celui-ci croyabt devoir mourir bientôt, comme il l'avait demandé à Dieu, n'espérait plus revoir son ûls. Le fils devait indemniser son compagnon à partir du jour de la mort du père ; jusque-là le père se chargeait de cette dépense.
^ L ange ne veut pas dire qui il est ; c'est ce qu'il indique très-clairement par sa première réponse. Il s'agissait de trouver un homme qui voulût servir de guide et de compagnon au jeune Tobie, et qui devait ôtre payé pour sa peine. Le nom et la famille étaient chose secondaire. Cette réponse était bonne au point de vue du conte ; la question de Tobit n'en était pas moins naturelle ; il veut savoir à qui il confie son fils ; aussi la répète-t-il. (S'il n'avait pas été aveugle, il aurait pu se contenter de l'impression que pouvait lui faire l'extérieur du personnage.) Alors l'ange donne une réponse à double sens : Azarias ('Azaryahou) signifie : laheweh aide ; Ananias (Hananyahou], laweh est gracieux ; les autres termes : le grand, et de tes frères, peuvent également cacher un sens religieux et théocratique. Cependant Tobit reconnaît dans ces noms des personnes de sa connaissance.
3 Dans le sens le plus largo du mot.