‹ La Bible (volume 3)Chapitre 6 sur 84 · JOB III, 22-26. IV · texte numérisé non relu

JOB III, 22-26. IV

Qui se réjouiraient jusqu'à Tallégresse,

Et seraient ravis de joie en trouvant un tombeau?

A rhomme ' dont la route est couverte de ténèbres,

Autour duquel Dieu a barré les issues?

Oui, mes soupirs remplacent mes repas',

Et mes gémissements s'épanchent comme Teau.

Quand Je crains un mal, il m'assaille aussitôt.

Et ce que je redoute vient fondre sur moi'.

Je n'ai ni repos, ni paix, ni relâche,

Et le trouble revient toujours.

Alors Éiifaz le Têmanite prit la parole et dit*^ :

Si Ton t'adresse la parole, te fâcheras-tu? Mais garder le silence, qui le pourrait? Vois donc ! tu as souvent fait la leçon aux autres ; Tu as rendu le courage à ceux qui faiblissaient. Tes discours ont relevé celui qui chancelait; Les genoux qui pliaient, tu les as raffermis : Maintenant que c'est ton tour, tu faiblis; Tu te troubles dès que c'est toi qui es atteint! Mais ta piété doit te donner la confiance ; Ton espérance, ce sera l'intégrité de ta vie^.

1 Répétez: Pourquoi donne-t-il la vie....? Ici d'ailleurs Job fait un retour sur luimême, après avoir tracé un tableau plus général. Les issues barrées sont l'image des entraves opposées à la jouissance de la vie^ surtout par les malheurs et la maladie.

' J'ai bien raison de faire de pareilles questions^ car moi je suis dans cette position. Les ennuis et les douleurs accompagnent régulièrement mes occupations les plus ordinaires et les plus indispensables.

' Il n'j a pas une seule calamité qui me soit épargnée. Il suffit, pour ainsi dire, que j'j pense comme à une chose possible, que déjà c'est une réalité.

^ Le premier discours du premier interlocuteur , tout en n'étant encore qu'une espèce d'introduction générale, laisse déjà entrevoir le point de vue auquel se placeront les amis de Job. Après avoir demandé la permission de parler^ il exprime son étonnement de ce que Job, qui a su. donner des conseils à d'autres malheureux^ perd maintenant l'équilibre lui-mfime. Là-dessus il entre en matière et pose le grand principe du rapport entre le péché et le malheur.

^ Ceci est presque dit ironiquement ; du moins il y a l'arrière-pensée que cette piété et cette intégrité pourraient bien n'être pas aussi parfaites^ puisque celui qui s'en vante, ou qui en a la réputation, est si malheureux. Un homme véritablement juste n'a rien à craindre.

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