TOBIE XI, 8-18. XII
et se jeta à son cou, en disant : Je t'ai revu^ mon enfant ; maintenant je puis mourir ! Et ils pleurèrent tous les deux. Tobit aussi sortit de la porte ', en se heurtant de côté et d'autre ; mais son fils accourut , le soutint et lui mit du fiel sur les yeux en disant : Courage, mon père ! Et comme cela lui causait une démangeaison, il se frotta les yeux, et aussitôt les taches blanches tombèrent comme des écailles '. Alors voyant son fils, il se jeta à son cou, et pleura eu disant : Béni sois-tu, ô Dieu ! béni soit ton nom à jamais ! bénis soient tous tes saints anges ! Tu m'as frappé de ta verge et tu m'as rendu ta faveur : voilà bien que je revois mon fils Tobie !
^^ Alors son fils entra tout joyeux dans la maison et raconta à son père toutes les choses extraordinaires qui lui étaient arrivées en Médie. Et Tobit tout joyeux alla à la rencontre de sa belle-fille, jusqu'à la porte de Ninive % en bénissant Dieu ; et tous ceux qui le voyaient passer, étaient émerveillés de ce qu'il avait recouvré la vue, et Tobit proclama hautement devant eux que c'était Dieu qui avait eu pitié de lui. Et lorsque Tobit s'approcha de sa belle-fille Sarra^ il la bénit en disant : Sois la bien-venue, ma fille I béni soit Dieu qui t'amène chez nous, ainsi que ton père et ta mère ! Et tous leurs frères de Ninive partagèrent leur joie. Et Achiachar et Nasbas^, son neveu, arrivèrent aussi et l'on célébra les noces de Tobie joyeusement pendant sept jours.
^ Après cela, Tobit appela son fils Tobie et lui dit : Mon fils, il faut songer au salaire que nous devons à ton compagnon de voyage; il conviendra même d'y ajouter quelque chose. Il répondit : Mon père, ce ne sera pas une perte pour moi que de lui donner la moitié de ce que j'ai apporté ; car il m'a ramené sain et sauf, il a préservé ma femme de tout mal, il m'a apporté mon argent, et il t'a
I La narration est assez décousue, et on y reconnaît un travail de seconde main. Tout à l'heure Anne était avec son mari sur la grande route, et lui annonçait rarrivée do Tobie qu'elle voyait venir de loin. Tout à coup la scène est transportée à la maison mOme. La Vulgate, contrairement à tout sentiment naturel, fait courir la mère à la maison pour avertir le père, avant m6me qu'elle ait embrassé son fils, mais c'est le chien qui arrive le premier.
^ Dans le texte latin, les choses ne vont pas si vite. D'abord une prière d*actions de grâces pour Theureux retour ; puis on s'assied et Tobie applique son remède qui reste une demi-heure sur les yeux ; alors les tacheâ commencent à former comme des
pellicules d'œufs que Tobie saisait et oie do sa main.
•^ D'apri'S le inOme texte, Sarra n'arrive que sept jours après son raari, la st^paralion ayant eu lieu à nii-i.heniiii entre l^ii-batane et Ninive, et il est ajont<» exriressenwnl qu'elle apportait avec elle toute sa dot et l'arfjent de (iabaél.
■* Conip. cliap. I. 22. C*e second personnage n'a pas encore été nommé, et le sini:ulier (-svm neveu) est assez incommode.