‹ La Bible (volume 3)Chapitre 66 sur 84 · TOBIE XIV · texte numérisé non relu

TOBIE XIV

le Seigneur Dieu eu vérité et en justice se réjouiront en faisant du bien à nos frères*. Or donc, mon fils, quitte Ninive, car positivement ce que le prophète Jonas a prédit arrivera. Mais toi, observe la loi et les commandements, sois bienfaisant et juste, afin que ta sois heureux. Enterre-moi honorablement, et ta mère avec moi, et ne restez pas plus longtemps à Ninive. Mon fils, vois ce qu'Aman a fait à Achiachar, qui Tavait élevé ; comment de la lumière il Ta conduit dans les ténèbres et comment il Ta récompensé. Cependant Achiachar a été sauvé, l'autre a reçu son salaire et est descendu dans les ténèbres. Manassé a exercé la bienfaisance et a été préservé du filet de la mort qu'on lui avait tendu. Aman au contraire y a été pris et a péri'. Et maintenant, mes enfants^ voyez ce que vaut la bienfaisance et comment la justice procure le salut.

*^Et comme il disait cela, il rendit Tàme sur son lit. Il était âgé de cent cinquante-huit ans, et on lui fit de splendides funérailles. Et quand Anna mourut, Tobie l'enterra auprès de son père. Après cela, il alla avec sa femme et ses enfants à Eebatane chez son beaupère Ragouël. Il atteignit avec honneur un grand âge, enterra honorablement ses beaux-parents et hérita de leur fortune comme de celle de son père Tobit. Il mourut à l'âge de cent-vingt-sept ans', à Eebatane en Médie. Avant sa mort il apprit encore la ruine de Ninive, qui fut prise par Nabouchodonosor et Asuérus *, et il en conçut de la joie avant de mourir.

1 Le sujet de la phrase sont les païens convertis, qui auront le devoir et la volonté de combler de biens les Israélites (Esaïe LX). La Vulgate dit encore que tous les rois de la terre viendront à Jérusalem pour adorer le roi d'Israël. II serait possible que cela se rapportât au Messie, dont il n'y a pas de trace dans le texte grec.

^ Tout ce passage, qui contient autant d'énigmes que de mots pour le lecteur de cette histoire, manque dans plusieurs éditions du livre, entre autres dans la Vulgate. Aman et Manassé sont des personnages inconnus, et l'on est presque tenté de croire qu'il a dû être parlé d'eux antérieurement, dans un texte plus étendu. Cependant le même fait s'est rencontré chap. XI, 18.

3 Vulgate : 99. — Le fait que l'auteur exagère la longévité de ses héros peut servir de preuve qu'il ne songeait pas encore à une vie future. Gomp. Ésaïe LXV, 20. Le texte latin date d'une époque où cette croyance existait et où il n'était plus nécessaire de dépasser les limites de la nature et de recourir aux chiffres des légendes patriarcales, pour affirmer que la vertu est récompensée.

4 II n'y a pas à faire de la critique historique à propos de ces noms. Ils sont pris un pe.i au hasard dans les anciennes chroniques. Nous savons bien qu'on a reculé la ruine de Ninive jusqu'à l'on G05 avant J.-C, où Neboucadnézar régnait déjà, et qu'on a voulu idontitier Asuérus avec Kyaxarès de Médie. Mais dans les livres juifs. Asuérus est lu foriue liellénisti({uc de l'hébreu persan] Ahas'wéros', di)nt les Grecs classiques oi:t fait Xerxès. Ce qui serait une singulière confusion en histoire, no nous gCnera pas daus le roniiin.

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