BARUCH I, 14-22. II
vous envoyons, pour en faire lecture solennelle dans la maison du Seigneur aux jours de fête. Dites * :
" Au Seigneur notre Dieu appartient la justice ; à nous revient aujourd'hui la honte et la confusion, à nous, hommes de Juda et habitants de Jérusalem, à nos rois, à nos chefs, à nos prêtres, à nos prophètes, à nos pères. Car nous avons été pécheurs à la face du Seigneur ; nous lui avons désobéi, nous n'avons pas écouté sa voix, de manière à suivre les ordres qu'il nous avait mis sous les yeux. Depuis le jour où le Seigneur a fait sortir nos pères du pays d'Egypte, jusqu'au jour présent, nous avons été rebelles au Seigneur notre Dieu, nous ne nous sommes guère souciés d'écouter sa voix. C'est pour cela qu'ils se sont attachés à nous aujourd'hui, tous ces malheurs, et la malédiction que le Seigneur a fait prononcer par son serviteur Moïse '\ lorsqu'il fit sortir nos pères du pays d'Egypte, pour nous donner une terre ruisselant de lait et de miel. Nous n'écoutions point la voix du Seigneur notre Dieu, malgré tous les discours des prophètes qu'il nous envoyait ; nous suivions chacun les inspirations de son cœur perverti, de manière à servir d'autres dieux et à faire ce qui déplaisait au Seigneur notre Dieu. * Mais le Seigneur ratifia la parole qu'il avait prononcée contre nous, et contre nos juges qui avaient gouverné Israël, et contre nos rois et nos chefs, et contre les hommes d'Israël et de Juda, savoir qu'il amènerait sur nous de grandes calamités, comme il n'en est arrivé nulle part sur la terre, si ce n'est à Jérusalem ; ainsi qu'il est écrit dans la loi de Moïse ^, que les hommes mangeraient la chair de leurs fils et de leurs filles. Il les livra comme serfs à tous les royaumes environnants, et ils devinrent un objet d'opprobre et d'horreur* parmi tous les peuples à l'entour, où le Seigneur les avait dispersés. Et ainsi il est arrivé que nous sommes en bas et non en haut^, parce que nous avons péché contre le Seigneur notre Dien, de manière à ne pas écouter sa voix. Au Seigneur notre Dieu appartient la justice ; à
^ L'écrit dont le texte suit^ est une confession des péchés du peuple et une prière pour en obtenir le pardon.
2 Deut. XXVIII.
3 Ibid., V. 53. Lév. XXVI, 29.
"^ Comme il s'agit d'hommes dispersés a l'étranger, il n'y a pas moyen de traduire autrement. La phrase se trouve assez souvent dans Jérémie. Mais le texte de notre traducteur grec emploie un mot qui ne peut se dire que d'un pays, dans le sens de désert. Il y a évidemment là une faute de traduction. En hébreu, delà même racine se dérivent les substantifs désolation (du pays) et stupéfaction (au sens passif) . La même formule se retrouve dans la traduction grecque de Jérémie XLII^ 1 8.
5 Deut., loc. cit., V. l3.
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nous et îi nos pères revient aujourd'hui la honte et la confusion. Ce (lue le Seigneur avait prononcé contre nous, toutes ces calamités ont fondu sur nous. Nous ne nous étions pas adressés à la face du Seigneur dans nos prières^ pour que chacun se détournât des pensées de sou cœur perverti ; aussi le Seigneur avait-il Tœil ouvert sur ces calamités *, et les a-t-il amenées sur nous. Car le Seigneur est juste, relativement à tout ce qu'il nous a ordonné de faire '. Mais nous, nous n'avions point écouté sa voix, de manière à suivre les ordres qu'il nous avait mis sous les yeux.
*' Maintenant, Seigneur, dieu d'Israël, toi qui as coudait ton peuple hors de la terre d'Egypte, d'une main forte et le bras levé, avec des miracles et des prodiges, et avec grande puissance, et qui t'es fait un nom glorieux jusqu'à ce jour : nous avons été pécheurs, impies, prévaricateurs, ô Seigneur notre Dieu, à Pégard de tous tes statuts : puisse ton courroux se détourner de nous, car il ne reste de nous qu'un petit nombre, parmi les païens où tu nous as dispersés. Exauce, o Seigneur, notre prière et notre supplication; délivre-nous par égard pour toi-même, et fais en sorte que nous trouvions grâce auprès de ceux qui nous ont déportés, afin que la terre entière reconnaisse que toi tu es le Seigneur, notre Dieu, et que c'est ton nom que portent IsraëP et sa race. Seigneur, regarde du haut de ta sainte demeure, pense à nous, incline ton oreille ci écoute-nous I Ouvre tes yeux et regarde! Car ce ne sont pas les morts dans les enfers*, eux dont le souffle vital a été retiré de leurs entrailles, qui rendent gloire et hommage au Seigneur. C'est l'âme profondément affligée, c'est celui qui marche la tète inclinée et dans sa faiblesse, c'est l'œil défaillant et l'âme affamée, qui te rendent gloire et hommage, ô Seigneur.
'^ Ce n'est point en nous fondant sur les mérites de nos pères et de nos rois, que nous implorons ta miséricorde, ô Seigneur notre Dieu I Car tu as déversé sur nous ta colère et ton indignation,
1 II no les perdait pas do vue, après les avoir prédites. Elles sont représentces comme quelque chose qu'on met en réserve, pour s'en servir dans l'occasion.
*^ Il tient à la stricte observation de ses commandements et agit en conséquence.
^ Le putriarcho Jacob, qui, d'après la Genèse [chap. XXXII) fut ainsi surnomme après sa lutte avec Dieu. Israël signifie : Dieu lutte, ou Lutteur do Dieu.
** Maintes fois cette pensée revient dans les écrits de l'Ancien Testament (Ps. VI, 0 ; LXXXVIII, 11. Es. XXXVIII, 18. Sir. XVII, 21 suiv., etc.). Le livre do liarmh Jute donc (lune é()(j(jue ou 1 idée de lu résurrection ne s'étuit pus encore afllnnée. La L:rande rest<ond)luiice de la présente prière uvec celle du neuvième chapitre de Daniel, ne militera donc [nnul en laveur de la [)riorité de celui-ci. — La phrase ijui suit («rouvc d "ailleurs que l'auteur avait une conception toute matérielle <lu [)riucipe vital, comme ou If voit aussi Genève JI, Psaume C.l\ , et ailleurs.