BARUCH III, 27-38. IV, 1-3. G
temps, gens de haute taille et experts à la guerre. Pourtant ce ne sont pas eux que Dieu choisit pour leur montrer le chemin de la sagesse. Ils périrent, parce qu'ils étaient dépourvus d'intelligence, ils périrent par suite de leur manque de sagesse.
•"^Qui est-ce qui est monté au ciel pour Vj prendre» et pour la faire descendre du sein des nuées? Qui a franchi la *mer pour la trouver et remporter de là à prix d'or? Nul ne connaît le chemin qui conduit vers elle, nul n'est attentif à son sentier ^ C'est lui qui sait tout, qui la connaît; lui, qui Ta trouvée par son intelligence^; lui, qui a fait la terre pour l'éternité et qui l'a peuplée de quadrupèdes. Quand il envoie la lumière, elle part ^ ; quand il la rappelle, elle obéit en tremblant. Les astres veillent à leurs postes, en brillant d'un joyeux éclat : quand il les appela *, ils dirent : Nous voici! maintenant ils luisent joyeusement pour leur créateur. Voilà quel est notre Dieu; nul autre ne lui est comparable. C'est lui qui a trouvé le chemin de la sagesse, et qui l'a donnée à son serviteur Jacob, et à Israël son bien-aimé^. Dès lors elle est apparue sur la terre et a conversé avec les hommes •. * C'est le livre des commandements de Dieu, c'est la loi éternelle^. Quiconque s'en ilcjni à elle, a la vie; ceux qui l'abandonnent meurent".
^Tourne-toi vers elle, ô Jacob, et saisis-la! Dirige ton chemin par la clarté que projette sa lumière ^ ! Ne cède à personne ton
^ Dans un pays sans route frayée^ il faut une attention particulière pour retrouver sûrement son chemin. Ce talent appliqué à la sagesse n'est pas donné aux mortels, lesquels, abandonnés à leurs propres forces, font de vains efforts pour s'emparer de ce qui n'appartient qu'à Dieu.
^ Ici le dédoublement de la personne (ou plutôt l'analyse de la notion de la sagesse divine) est poussé a l'excès : Dieu trouve la sagesse au moyen de son intelligence : pour dire simplement que lui seul possède ce qui est refusé aux hommes.
3 Et parait.
4 Créa.
^ Les deux noms désignent le peuple et non le patriarche.
6 Les anciens pères ont voulu voir ici la prédiction de l'incarnation du Verbe. L'auteur a positivement entendu déclarer que la vraie sagesse (la connaissance de Dieu et de sa volonté) a été donnée à Israël par la révélation au Sinaï, comme il va d'ailleurs le dire.
'^ D'après la forme de cette phrase, on est amené à penser que l'auteur identifie pour ainsi dire le code mosaïque avec la sagesse de Dieu, en d'autres termes, qu'il veut exprimer l'idée que celle-ci s'y est incorporée.
^ Nous savons déjà par plus d'un passage analogue que les notions de vie et do mort physique et spirituelle se confondent dès cette époque dans le langage de la philosophie religieuse.
'•) Sans elle on marche dans les ténèbres du paganisme et du vice.