BARUCH IV
glorieux privilège, ni à un peuple étranger ce qui fait ton salut I Nous, les Israélites, sommes les heureux, parce que nous savons ce ({ui plait à Dieu.
5 Courage, mon peuple, reste * d'Israël ! Vous avez été vendus aux païens, mais non pour périr; mais parce que vous aviez irrité Dieu, vous avez été livrés à vos ennemis. Car vous aviez provoqué votre créateur en sacrifiant aux démons - et non à Dieu. Vous aviez oublié rÉternel, qui vous nourrissait; vous aviez affligé Jérusalem qui vous avait élevés ^ Elle voyait fondre sur vous la colère de Dieu et elle dit : Écoutez, voisines de Sion, Dieu a amené sur moi un grand deuil. Je vois la captivité de mes tils et de mes filles, dont TÉtemel les a frappés. Je les avais élevés avec joie; je les laisse partir avec douleur et en pleurant. Ah, que personne ne se réjouisse de me voir veuve et délaissée de tant d'enfants. Je suis déserte à cause de leurs péchés, parce qu'ils se sont détournés de la loi de Dieu et n'ont point voulu reconnaître ses commandements; ils n'ont point suivi ses préceptes et n'ont pas marché comme il l'aurait fallu dans les sentiers où il voulait les diriger. Venez, voisines de Sion; souvenez-vous de la captivité de mes fils et de mes filles, dont rÉternel les a frappés. Il a amené contre eux un peuple lointain, un peuple insolent et barbare*, qui n'avait ni respect pour le vieillard, ni pitié pour l'enfant, et qui emmena les bien-aimés de la veuve, et privèrent la mère désolée de ses filles. Et moi, pourrais-je venir à votre secours? C'est celui qui a amené ces malheurs, qui vous délivrera des mains de vos ennemis. Allez, mes enfants, allez! car moi je reste dans la solitude. J'ai ôté ma robe des jours heureux, je me suis revêtue du cilice de la supplication ; j'implorerai TËternel à grands cris ma vie durant. Courage ^ , mes enfants I élevez vos
^ Litt.: souvenir, monument; l'expression est très-pittores^e et difficile à traduire exactement. L'auteur veut dire: la nation n'existe plus, la génération actuelle en conserve encore la mémoire, et rien de plus.
^ Les faux dieux^ qui, d'après les prophètes, sont des êtres purement imaginaires, ont été regardés plus tard comme des esprits malins qui se seraient fait adorer par les hommes. La Bihle grecque en fournit plus d'un exemple. On cite même quelquefois le passage 1 Cor. X, 20.
3 Jérusalem est personnifiée comme la mère des Israélites (Ésaïe LIV. Lam. I, etc.); comme telle elle s'attriste et sur leurs fautes et sur leurs malheurs, et fait part de ses regrets aux autres villes. — Ici l'auteur se met au point de vue du véritable Baruch, c'est-à-dire du contemponiia «le l'exil.
^Litt.: parlant une autre langue, ce (jui au point de vue des anciens impliquait \"h\v<* de la ^nii'h.rrit' . Ou sait (jue cederuier mot si^niilie pro})renient un bégaiement, cest-à-^lirc un LiuLMire iuinlelli''ible.
^' Ici le discours prend une autre tournure. Après les lamentations, l'espérance. L'auteur Icruùne c^mme les anciens prophètes avaient coutume de le luire. Seuloinciit