‹ La Bible (volume 4)Chapitre 3 sur 52 · NOTICE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

NOTICE PRÉLIMINAIRE

n en sera de même des cinq premiers livres qui , dans les Bibles allemandes, et dans quelques autres, portent le nom de Moïse. Ce nom ne se lit, en tête des textes, ni dans l'original hébreu, ni dans les versions officielles de l'église grecque et de l'église latine, ni dans les Bibles françaises. Le titre collectif que leur ont donné les docteurs juifs c'est la Tôrahy c'est à dire la Loi ^, celleci étant considérée comme l'élément le plus important de l'ouvrage, et les faits historiques, qui s'y trouvent joints, se rapportant soit à la promulgation de cette loi, soit aux révélations antérieures qui sont censées l'avoir préparée. Les Grecs inventèrent le titre du Pentateuçue, c'est à dire de l'ouvrage en cinq volumes, terme de nos jours généralement usité dans le langage des écoles , bien que les résultats de la critique dussent faire adopter de préférence celui d'Hexateuque, à l'eflFet de constater, par l'emploi de ce nom même, le rapport intime qui relie entre elles les six parties de l'ouvrage ^.

La division en cinq livres est d'ailleurs fort ancienne, à ce qu'il paraît. A la vérité, le premier auteur qui en fasse une mention expresse, Origène, appartient au troisième siècle de notre ère ; mais l'usage et le travail littéraire que celui-ci présuppose, peuvent remonter bien plus haut, quoique nous ne sachions rien de précis sur leur origine. Nous verrons plus tard jusqu'à quel point cette division peut se justifier. Bornons-nous ici à dire que les Rabbins, pour distinguer les cinq livres, les désignaient tout simplement par l'un des premiers mots de chacim d'eux, comme on le voit encore dans les éditions imprimées. Ainsi le premier livre est intitulé Berês'U (au commencement), le second FlleA s'emôt (voici les noms), le troisième Wayiqrâ (il appela), le quatrième Bemidbar (dans le désert), le cinquième Bllek haddeharim (voici les discours) ^. Cette méthode, qui nous paraît assez peu rationnelle, a aussi été appliquée aux livres des Proverbes et des Lamentations, ainsi qu'aux cinquante-quatre sections de la Loi. Elle se retrouve dans le Qorân et ailleurs.

I Voyez cependant plus bas (§ XV] une interprétation plus exacte du mot hébreu.

^ Ce terme dHexateaque n'ayant pas encore obtenu droit de bourgeoisie en France, Dous continuerons à parler du Pentateuquej mais nous devons avertir les lecteurs que nous y comprenons le livre dit de Josué. Voyez d'ailleurs sur ces noms et d'autres semblables, Tlntroduction aux Livres historiques, p. 89.

3 On dit aussi plus simplement Semât et Debartm.

8 lîlTBODUCTION.

Les traducteurs grecs ont été mieux avisés. Ils ont choisi les titres à donner à ces cinq livres d'après leur contenu. Aussi leur choix s* est-il si bien recommandé aux savants, que les Latins, et après eux les Français et d'autres peuples, l'ont adopté à leur tour, sans presque rien changer aux termes grecs employés en premier lieu. En Allemagne môme, l'emploi de la désignation vulgaire, mentionnée plus haut, est de plus en plus abandonnée, du moins dans les ouvrages scientifiques. On dit donc aujourd'hui la Oenèse (le livre des origines), Y Exode (\e livre de l'émigration), le Lémtique (le livre des prêtres et des rites), les Nombres (le livre des recensements), et le Deutéronome (la seconde loi). Il est vrai que ces titres n'épuisent pas toujours le contenu de chaque partie; il y en a môme qui ne s'appliquent guère qu'aune portion minime du texte. C'est le cas du quatrième. Et le dernier est devenu la source d'une erreur qui a dérouté la critique jusqu'à nos jours. Cependant, en thèse générale, il n'y a pas de motif sérieux pour les remplacer par d'autres plus commodes» mais peut-être difficiles à trouver. Encore moins peut-on songer à supprimer la division elle-même, malgré son manque de justesse et sa base très-peu solide.

La Oenèse se divise en deux parties inégales. Les chapitres I à XI parlent des origines de l'humanité et recueillent une série de traditions ou de mythes relatifs aux premiers âges du monde. Une partie des faits consignés dans ces chapitres sont racontés avec des détails qui trahissent l'intérêt qui s'y attachait, soit pour les premiers narrateurs eux-mêmes, soit pour le rédacteur qui nous les a conservés. D'autres ne sont effleurés qu'en passant et se présentent plutôt comme des fragments plus ou moins décolorés d'une mythologie autrefois bien plus riche. Les chapitres XII A L comprennent l'histoire des patriarches ou premiers pères du ptîuple Israélite, Abraham, Isaac, Jacob et Joseph, qui sont censés avoir vécu quelques siècles avant l'époque où commence l'histoire des Israélites elle-même. C'est la partie la plus pittoresque de tout l'ouvrage. Elle nous intéresse autant par la peinture naïve des mœurs antiques et par l'esprit religieux qui s'y révèle, que par les fréquentes occasions qu'elle offre à l'historien d'exercer sa sagacité, en recherchant, sous l'enveloppe gracieuse d'une narration généralement idyllique, les débris de la tradition nationale et les importantes notions d'ethnographie , lesquelles , en fin de compte, en sont en grande partie la substance essentielle.

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