JOSUÉ
Après la mort de Moïse, du serviteur de l'Éternel, l'Éternel s'adressa à Josué fils de Noun, le ministre de Moïse, en ces termes : Moïse, mon serviteur est mort : or, mets- toi en marche et passe ce Jourdain, toi et tout ce peuple, pour occuper le pays que je donne aux Israélites. ' Tous les lieux sur lesquels vous poserez vos pieds, je vous les donne comme je l'ai dit à Moïse *, depuis le désert et ce Liban-là, jusqu'au grand fleuve, le fleuve Euphrate, tout le pays des Çittites, jusqu'à la grande mer vers le couchant ; ce seront vos frontières. Nul ne restera debout devant toi, ta vie durant; de même que j'ai été avec Moïse, je serai avec toi, je ne te laisserai pas faiblir ni ne t'abandonnerai. Aie courage et sois ferme ! car c'est toi qui mettras ce peuple en possession du pays que j'ai juré à ses pères de lui donner. Seulement aie courage et sois bien ferme, ayant soin d'agir en toutes choses selon la loi que mon serviteur Moïse t'a prescrite ; n'en dévie ni à droite ni à gauche, pour que tu réussisses dans toutes tes entreprises. Que ce hvre de la loi ne quitte pas ta bouche ' ; médite-le jour et nuit ; et tâche d'agir en toutes choses
1 Deut. XI, 24 suiv. ; XXXI, 6, 8, comme en général tout ce passage (v. 3-9) rappelle par chaque expression le style de ce livre. Les limites du domaine d'Israël sont tracées d'une manière purement théorique et idéale, de sorte que même l'empire de David ne les atteignit pas de tous côtés. Le point de vue est pris dans la vallée du Jourdain, le désert du Sinaî au sud, le Liban au nord et ainsi de suite. Le pays des Hittites, c'est le Canaan proprement dit, qu'il s'agissait de conquérir.
^ Tu en prêcheras incessamment le contenu.
364 josuÉ I, 8-18. II, 1.
selon ce qui y est écrit ; car alors tu réussiras dans tes entreprises et tu auras du succès. Oui, je te le recommande : aie courage et sois ferme; ne te laisse point alarmer ni effrayer, car l'Étemel, ton Dieu, sera avec toi dans toutes tes entreprises.
*® Alors Josué donna ses ordres aux officiers du peuple, en disant : Parcourez le camp et donnez des ordres au peuple ; dites-lui : Faites des provisions, car d'ici à trois jours vous passerez ce Jourdain, pour aller prendre possession du pays que l'Éternel, votre Dieu, vous donne en propriété. Et aux Reoubénites et aux Gadites et à la demitribu de Menass'eh Josué dit ceci: Souvenez-vous de la condition que vous a prescrite Moïse *, le serviteur de l'Éternel, quand il disait : «L'Éternel, votre Dieu, vous donne ce pays-ci et vous y fait trouver le repos.» Vos femmes donc, vos enfants et vos troupeaux pourront rester dans le pays que Moïse vous a donné au-delà du Jourdain ; mais vous le passerez en armes à la tète de vos frères, et vous leur serez en aide, tous tant que vous êtes vaillants *. Et quand eux aussi auront pris possession du pays que l'Éternel, leur Dieu, leur donne, alors vous pourrez retourner au pays qui vous est échu, et vous prendrez possession de ce que vous a donné Moïse, le serviteur de Dieu, au-delà du Jourdain, du côté du levant. Et ils répondirent à Josué : Nous ferons tout ce que tu nous ordonnes, et nous irons partout où tu nous enverras; comme nous avons obéi à Moïse, nous t'obéirons à toi aussi, pourvu que l'Éternel, ton Dieu, soit avec toi comme il a été avec Moïse. *• Quiconque refusera d'obtempérer à tes ordres, ou qui n'écoutera pas ce que tu lui commanderas, doit ôtre mis à mort. Aie seulement courage et sois ferme ^
* Josué *, le fils de Noun, fit partir secrètement de S'ittîm deux espions, en leur disant : Allez voir le pays et lerîho. Et ils y allèrent
1 Nomb. XXXII (jéh.).
2 Nous avons ici un premier exemple du caractère tout idéaliste des récits de ce livre. Trois tribus sont censées partir pour une guerre qui pouvait durer longtemps, laissant femmes, enfants et troupeaux dans une contrée nouvellement conquise et entourée d'ennemis! Introd., p. 78.
•^ Cette dernière phrase [v. 18) ne saurait ôtre mise dans la bouche des Reoubénites, etc. El!e est évidemment la continuation du discours de Dieu, v. 9. Cela fait voir qu'ici encore nous avons la rédaction d'un compilateur, et nous estimons que les v, 10-17 font suite au v. 1 et 2, tandis que les v. 3-9 et 18 appartiennent à une seule et même source, savoir à celle que nous avons reconnue plus haut (note 1 de la page précédente).
•* L'histoire des espions paraît appartenir à une autre source que celle qui détermine la chronologie de chap. I, 11; III, 2, car leur absence dure plus de trois jours. Pour faire disparaître la contradiction, on admet que Josué a fait les préparatifs du passage avant leur retour. — Pour S'ittîm, voyez Nomb. XXV, 1 (jéh.).
josuÉ II, 2-15. 365
et entrèrent dans la maison d'une courtisane nommée Rahab, et y couchèrent. Cependant on vint rapporter la chose au roi de lerî^o, et il lui fut dit: Voilà qu'il est venu ici cette nuit des hommes Israélites pour explorer le pays. Alors le roi de lerîbo envoya vers Raf^ab et lui fit dire : Livre les hommes qui sont entrés chez toi, qui ont couché dans ta maison, car c'est pour explorer le pays qu'ils sont venus. Mais la femme prit les deux hommes et les cacha, puis elle dit : C'est juste ; ces hommes sont entrés chez moi, mais je ne sais d'où ils étaient et comme la porte allait être fermée le soir, ils sont repartis et j'ignore où ils sont allés. Courez vite après eux, et vous les atteindrez. Or, elle les avait fait monter sur le toit, et les avait cachés sous des tiges de lin qui se trouvaient étendues sur le toit. Et les gens coururent après eux dans la direction du Jourdain, vers les gués ; en même temps on ferma les portes aussitôt que ceux qui allèrent les poursuivre furent sortis. • Cependant elle était montée au toit auprès de ces hommes avant qu'ils fussent couchés *, et leur dit : Je sais que laheweh vous donne ce pays et que nous autres nous sommes saisis de terreur à cause de vous et que tous les habitants du pays ont perdu courage. Car nous avons entendu comment laheweh a mis à sec devant vous les eaux de la mer aux algues, lors de votre sortie d'Egypte, et ce que vous avez fait aux deux rois des Émorites, au-delà du Jourdain, à Si^on et à *0g, que vous avez mis au ban. Quand nous apprîmes cela, nous perdîmes courage, et personne ne se sentit plus la force de vous résister, car laheweh, votre Dieu, est bien dieu au ciel en haut, et sur la terre en bas. Or, jurez- moi par laheweh, que puisque moi je vous ai rendu un service *, vous aussi vous en rendrez un à ma famille, et donnez-moi un gage de votre foi ', que vous laisserez en vie mon père et ma mère, mes frères et mes sœurs et tout ce qui tient à eux, et que vous nous préserverez de la mort. Ces hommes lui dirent : Nous engageons notre vie pour la vôtre *, si tant est que vous ne dénonciez pas notre affaire*, et quand laheweh nous donnera ce pays, nous vous rendrons ce service fidèlement. Alors elle les fit descendre par la fenêtre au moyen d'une corde, car sa maison était adossée à la muraille et elle demeurait sur la muraille. Et elle
1 Nous mettons cet incident au plus-que-parfait, autrement il faudrait traduire : avant qu'ils fussent endormis ; car ils devaient être couchés sous les tas do lin antérieurement déjà, lorsqu'on vint les chercher de la part du roi.
^ Litt. : j'ai agi avec vous amicalement.
3 Litt. : un signe d'assurance.
^ Litt. : notre vie pour la vôtre à mourir.
^ Notre présence dans la contrée.
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leur dit : Allez vers la montagne, de peur que ceux qui vous poursuivent ne vous rencontrent, et cachez-vous là pendant trois jours jusqu*au retour de ces gens; après cela vous pourrez retourner sur vos pas. Et les hommes lui dirent : Nous sommes dégagés du serment que tu nous as fait prêter *. Vois-tu, quand nous entrerons
dans le pays, tu attacheras cette corde ' rouge à la fenêtre par laquelle tu nous as fait descendre, et tu recueilleras dans ta maison, ton père, ta mère, tes frères et toute ta famille : alors, si quelqu'un sort de la porte de ta maison et périt dans la rue, ce sera sa faute et nous ne serons pas responsables de sa mort; si au contraire (m devait mettre la main sur quelqu'un qui se trouverait avec toi dans la maison, son sang retomberait sur notre tète. Et si tu dénonces notre affaire présente, nous serons dégagés du serment que tu nous as fait prêter. Alors elle dit : Que ce soit comme vous dites ! et elle les fit partir et ils s'en allèrent, et elle attacha la corde rouge à la fenêtre'. '*En parlant ils se rendirent dans les montagnes et ils y restèrent trois jours jusqu'à ce que ceux qui les poursuivaient fussent de retour. Ceux-ci les avaient cherchés par toute la route et ne les avaient pas trouvés. Après cela ces deux hommes descendirent de la montagne, repassèrent de l'autre côté * et rejoignirent Josué, le fils de Noun, et lui racontèrent tout ce qui leur était arrivé, et ils lui dirent : l'Éternel nous livre tout ce pays et les habitants ont perdu tout courage à cause de nous. * Alors Josué se mit en route le lendemain matin, et ils partirent de S'ittîm et arrivèrent au Jourdain, lui et tout Israël, et ils y passèrent la nuit avant de le traverser.
- Au bout ^ de trois jours les officiers parcoururent le cump et donnèrent des ordres au peuple en disant : Quand vous verrez Tarche
1 Suppléez : dans le cas que tu ne remplisses pas les conditions que voici, et ils vont en nommer trois : Un signe de reconnaissance à mettre à la maison, la réunion de toute la famille en une seule maison et le silence provisoire. On peut soupçonner une lacune dans le texte.
2 Ce ne peut être que la corde par laquelle elle les fit descendre.
3 L'histoire de Raltial^ & beaucoup occupé l'imagination des théologiens et des casuistes. Les Juifs ont changé la courtisane en une maîtresse d'auberge, et l'ont donnée comme femme, après la conquête, à l'émîr de la tribu de Juda, de manière qu'elle figure dans la généalogie du roi David [Matth. I, 5). Les chrétiens ont été, à son égard, dans un grand embarras. Femme de mauvaise vie, traîtresse et menteuse^ elle est louée non seulement ici, mais encore Hébr. XL 31 et Jaq. II, 25.
'^ Oh voit que les montagnes où les espions se cachèrent sont situées a l'ouest de Jéricho, tondis qu'on courait les chercher dans la direction opposée.
^ Cela se rattache directement au récit du chap. I, v. 10 et suiv. Car à la fin du récit précédent (chap. III, 1) les Israélites sont déjà arrivés au Jourdain, et n'y passent qu'une nuit.
josuÉ m, 2-15. 367
de l'alliance de TÉtemel, votre Dieu, portée par les prêtres-lévites, vous aussi vous quitterez vos stations et vous la suivrez (seulement qu'il y ait entre vous et elle une distance d'environ deux mille coudées ; ne vous en approchez pas) * pour pouvoir reconnaître le chemin que vous devez prendre, car vous n'y avez pas passé antérieurement. Et Josué dit au peuple : Sanctiûez-vous, car demain l'Éternel opérera au milieu de vous des choses extraordinaires *. Puis il dit aux prêtres : Emportez l'arche de l'alliance et marchez à la tête du peuple. Et ils emportèrent l'arche de l'alliance et marchèrent à la tète du peuple.
' Et l'Éternel dit à Josué ' ; Aujourd'hui je commencerai à te rendre grand aux yeux de tout Israël, pour qu'on reconnaisse que je suis avec toi, comme j'ai été avec Moïse. Tu vas donner des ordres aux prêtres qui portent l'arche de l'alliance et tu leur diras : Quand vous arriverez au hord de la rivière du Jourdain, vous vous y arrêterez *. Puis Josué dit aux Israélites : Approchez et écoutez les ordres de l'Éternel, votre Dieu ! Et il dit encore : C'est à ceci que vous reconnaîtrez que le Dieu vivant est au milieu de vous et qu'il chassera devant vous le Cananéen, le Btiftite, le ^iwwite, le Perizzite, le G'irgas'ite, l'Émorite et le lebousite ; voyez, l'arche de l'alliance du maître de l'univers va passer le Jourdain devant vous. Or, choisissez douze hommes d'entre les tribus d'Israël, un par tribu. Dès que les plantes des pieds des prêtres qui portent l'arche de l'Étemel, du maître de l'univers, toucheront les eaux du Jourdain, les eaux du Jourdain seront divisées, les eaux qui descendent d'en haut se redresseront en un monceau. Et il arriva que lorsque le peuple partit de son campement pour passer le Jourdain, les prêtres porteurs de l'arche de l'alliance se trouvant à la tète du peuple, au moment où les porteurs de l'arche arrivèrent au Jourdain et où leurs pieds s'enfoncèrent dans l'eau sur les bords (le Jourdain coulant à pleins bords pendant
1 Nous mettons la parenthèse^ parce qa*il nous parait plus rationnel de rattacher la phrase : pour pouvoir reconnaître, à l'ordre de suivre l'arche, qu'à la défense de s'en approcher.
^ Le miracle du passage de la rivière. Mais ce miracle n'est annoncé que plus bas à Josué. Nouvelle preuve de la diversité des auteurs primitifs,
3 Le passage qu'on va lire paraît se rattacher plus immédiatement au récit interrompu au V. 1 de ce chapitre. C'est ici seulement que le miracle du passage du Jourdain est annoncé à Josué, tandis que tout à l'heure celui-ci l'annonçait déjà au peuple.
*^ La suite est mise dans la bouche de Josué, et l'on pourrait être tenté d'y voir encore un indice de compilation. On remarquera aussi que le choix de 12 représentants est raconté deux fois (chap. III, 12 ; IV, 2) et qu'ici on n'apprend pas pourquoi il est ordonné. Voyei, en général, sur cette double relation, l'Introd. p. 59.
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toute la durée de la moisson'), les eaux descendant d'en haut s'arrêtèrent et se redressèrent en un monceau, à une très-grande distance/ à l'endroit nommé Adam, qui est du côté de Çarfan' et celles qui descendaient vers la mer de la plaine (le lac salé) en furent séparées tout à fait, et le peuple passa en &ce de Ieri|^o. Et les prêtres porteurs de l'arche de l'alliance de l'Étemel s'arrêtèrent de pied ferme sur le sol à sec au milieu du Jourdain, et tout Israël passa à sec, jusqu'à ce qile la nation entière eût achevé de passer le Jourdain. ^ Et lorsque toute la nation eut achevé de passer le Jour* dain, '.
*Ét l'Éternel parla à Josué en ces termes: Choisissez douie hommes d'entre le peuple, un de chaque tribu, et donnez-leur des ordres en disant : Ô^levez d'ici, du. milieu du Jourdain^ de la phee où ont stationné les pieds des prêtres, une rangée de douze pierres, et emportez-les avec vous de l'autre côté, et déposez-les à la station où vous passerez cette nuit.
.....* Josué appela les douze hommes qu'il avait désignés d'entre les Israélites, un dé chaque tribu, et leur dit : Passez devant l'arche de l'Étemel, votre Dieu, au milieu du Jourdain, et que chacun charge une pierre sur ses épaules, selon le nombre des tribus d'Israël, afin que cela soit un signe au milieu de vous, lorsque vos fils à l'avenir vous demanderont : Qu'est-ce que ces pierres signifient? Vous leur direz que les eaux du Jourdain se sont divisées devant l'arche de l'alliance de l'Étemel; c'est lors de son passage qu'dks se sont divisées. Ainsi ces pierres seront pour les enfants d'Israël un monument commémoralif à tout jamais.
'Les Israélites* firent comme Josué le leur avait ordonné; ils enlevèrent douze pierres du milieu du Jourdain, comme TÉternel Tavait dit à Josué, selon le nombre des tribus d'Israël, et les emportèrent avec eux à la station où ils les déposèrent. Et Josué érigea douze pierres au milieu du Jourdain, à la place même où
^ Par suite de la fonte des neiges ; c'était précisément l'époque du passage. Eo temps ordinaire^ rien de plus facile que de passer la rivière à gué dans oet endroit.
^ A plusieurs lieues en amont de leiî^o.
3 La suite de la phrase au y. 4. Ce qui suit provient d'une autre source et reproduit TafiTaire des douze représentants (chap. III, 12), cette fois-ci comme un ordre de Dieu. De plus, ce qui suit suppose que le peuple n'a pas encore passé la rivière et qu'il n'y est pas même encore entré. Les Rabbins eux-mêmes ont signalé ce décousu de la rédaction actuelle dans leurs éditions du texte. Pour bien la comprendre, il ne faut pas perdre de vue que l'arche entre la première, qu'elle s'arrête au milieu, que le peuple défile et passe à l'autre rive, et qu'alors seulement les douze hommes entrent aussi et enlèvent les pierres et l'arche sort la dernière.
^ Continuation du récit interrompu au v. 8.
josuÉ IV, 9-21. 369
avaient stationné les prêtres porteurs de l'arche de Talliance. Elles y ont été jusqu'à ce jour *. Cependant les prêtres, porteurs de l'arche, stationnaient au milieu du Jourdain, jusqu'à l'entière exécution de tout ce que l'Étemel avait ordonné à Josué de dire au peuple, conformément aux ordres donnés par Moïse à Josué, et pendant que le peuple se hâtait d'eiTectuer le passage. Et quand tout le peuple fut passé, alors l'arche de l'Éternel passa aussi, et les prêtres se remirent à la tête du peuple. Et les Reoubénites, les Gadites et la demi-tribu de Menass'eh passèrent en armes, à la tête des Israélites, comme Moïse le leur avait recommandé '. C'est au nombre de quarante mille et en ordre de bataille qu'ils marchèrent devant l'ÉterneP, vers les plaines de lerîbo.
**Ce jour-là l'Éternel rendit Josué grand* aux yeux de tout Israël, et on le respecta sa vie durant comme on avait respecté Moïse.
** Et l'Éternel s'adressa à Josué en ces termes : Ordonne aux prêtres, porteurs de l'arche de la loi, de remonter du Jourdain *. Et Josué donna ses ordres aux prêtres en disant : Remontez du Jourdain. Et dès que les prêtres, porteurs de l'arche de l'alliance de l'Éternel, furent remontés du milieu du Jourdain, et que les plantes de leurs pieds s'en furent retirées pour se poser sur la terre ferme, les eaux du Jourdain rentrèrent dans leur lit et coulèrent à pleins bords comme auparavant. Le peuple sortit du Jourdain le dixième jour du premier mois, et alla camper au G'ilgal, à l'extrémité orientale de lerlbo*. Josué érigea au G'ilgal les douze pierres qu'on avait prises du Jourdain. Et il s'adressa aux Israélites en ces termes^ : Lorsque à l'avenir vos fils demanderont à leurs pères : Qu'est-ce que ces
^ Il est fort possible que de pareilles pierres érigées par la main des hommes se trouvaient dans le Jourdain à une époque bien postérieure à celle de Josué. Elles auront servi à marquer le gué et la tradition les rattachait à lliistoire de la conquête. Une trace des pierres érigées sur la rive droite pourrait se trouver Juges III, 26.
^ Voyez chap. I, 14, où il était dit que tous les hommes vaillants (c'est-à-dire en état de porter les armes) se rallièrent à Texpédition. Le nombre de 40,000 est bien inférieur à celui de Nomb. XXVI.
3 Formant Tavant-garde, l'arche ne venant qu'après.
4 Chap. III, 7.
^ Encore un fragment d'un autre récit. Tout à l'heure l'arche pétait déjà arrivée au rivage. On remarquera en outre qu'elle est désignée par un terme que nous avons sou^ vent rencontré ailleurs (Ex. XXV suiv.}, mais non dans notre livre.
^ C'est-à-dire sur le rivage même, à la hauteur de lerîho, laquelle ville était à une certaine distance du Jourdaiu. Un Gilgal, nom commun de plusieurs localités, parait avoir été une enceinte consacrée par une rangée de pierres placées en cercle. Le nom ne serait-il pas à combiner précisément avec ce qui vient d'être dit des douze pierres?
"^ Double emploi avec v. 6 suiv.
A. T. 3- part. — II, 24
8f70 JOSUÉ IV, 02-24. % 1-8.
i^ieites? vous instruirez tos fils en disant : C'est à pied sec qulsraêl a passé ce Jourdain, rÉtemel, Yotre Dieu, ayant desséché lès eaux du Jourdain devant vous, pendant que vous passiez, comme TÉtiemel, Votre Dieu, Favdt fait à l'égard de la mer -aux algues, qfu'il a mi^ à sec devant nous pendant que nous passions, afin iquef tous les peuples de la terré reconnussent que la main de rÉtemel est 'pitissante, et afin que vous craigniez totyours rÉtemel, votre Dieu. 'Lorsque tous les rois des Émorites au delà du Jourdain vârs Pouest, et tous les rois des Cananéens habitant la cdte, apprnhent que l'Étemel avait mis à sec les eaux d^ Jourdain, devant les BnraéUtes, pendant leur passage, le cœur leur manqua et ils ne se sentirait plus le courage de résister aux Israélites ^
' En ce temps-là l'Étemel dit à Josué : Fa^s-toi des couteaux de pierre et circoncis deredief les Israélites une seconde fois. Alors Josué se fit des coûteux de pierre, et circoncit les Israéfites près de la colline des Prépuces'. Or, void pourquoi Josué fît cette circoncision : toutes les personnes du sexe masculin qui étaient sorfiés d'Egypte, tous les hommes de guerre^, étaient morts en route au désert après leur sortie d'Egypte. Tous ceux qui en étaient sortis, avaient été circoncis, mais tous ceux qui étaient nés ajprès b sortie, en route, au désert, n'avaient point été circoncis. Car pendant quarante ans lès Israélites avaieht marché dans le désert*, jusqu'à Fextinction de toute cette génération d'hommes de gueite qui étaient sortis d'Egypte et qui n'avaient pas voulu obéit à rÉtemel, lequd jura qu'il ne leur ferait pas voir le pays qu'il avait jttré* à tairs pères de nous donner, ce pays ruisselant de lait et de miel. Et quand il leur eut substitué leurs fils, ce furent ceux-ci que Josué circoncit, car ils ne Tétaient pas, parce qu*on ne les avait pas circoncis en route. Et lorsque tout le monde eut été circoncis, ils restèrent à leur place au camp jusqu'à leur entière convalescence. Et
^ Chap. II, 11. — L'auteur en disant : au-delà du Jourdain vers Touest, se place de sa personne à Test.
2 Évidemment le texte rattache Torigine de ce nom au fait qu'il raconte. Ce fait a de quoi nous surprendre. On ne comprend pas que Moïse ait négligé Taccomplissement de la loi la plus fondamentale et la plus antique du peuple [Gen. XVII. 10. Ex. XII, 48. Lév. XII, 3), et tout aussi peu que ce soit au Jour même où il fallait se préparer à l'attaque qu'on ait ainsi de galté de cœur rendu malades tous les hommes de guerre. Ajoutez à cela, qu'en pressant la lettre on dirait que Josué en personne fit TopératioQ sur plusieurs centaines de mille hommes.
3 Tous les adultes capables de porter les armes.
"^ Encore un trait qui appartient, non à l'histoire, mais à l'imagination d'un autre fige. — Comp. Nomb. XIV, 29 suiv.