‹ La Bible (volume 4)Chapitre 40 sur 52 · JOSUÉ XIII · texte numérisé non relu

JOSUÉ XIII

et toutes les bourgades de la plaine, et tout le royaume de Sî^ôn, le roi des Émorites, qui dominait à Çes'bôn, et que Moïse déût, ainsi que les chefs Midyanites, Éwî, Réqem, Cour, Hour et Réba', les vassaux de Sifeôn qui demeuraient dans ce pays. Et quant au devin Bile'am fils de Be'or, les Israélites le massacrèrent également avec les autres qu'ils égorgèrent*. La limite des Reoubénites fut le Jourdain '. Voilà quelle était la propriété des Reoubénites, clan par clan, villes et dépendances*.

'♦Moïse donna aussi sa part à la tribu de Gad, aux Gadites, clan par clan. Leur territoire comprit la'ezer, et toutes les villes du G'ile'ad, et la moitié du pays des 'Ammonites, jusqu'à *Aro'ér qui est à l'orient de Rabbah, et depuis Çes'bôn jusqu'à RamaJ-Miçpeh et Betonîm, et depuis Malianaïm jusqu'au territoire de Debîr, et dans la plaine Bêt-Haram, et Bét-Nimerah, et Soukkô^, et Çafôn, ce qui restait du royaume de Sî^ôn, roi de Çes'bôn : le Jourdain et son territoire jusqu'au bout du lac de Kinnéret, au delà du Jounlain, vers l'orient. Voilà quelle était la propriété des Gadites, clan par clan, villes et dépendances.

'* Moïse donna sa part à la demi-tribu de Menass'eh, clan par clan. Et leur territoire, depuis Malianaïm, comprit tout le Bas'an, tout le royaume de *0g roi du Bas'an, et tous les villages de lalr en Bas'an au nombre de soixante ; et la moitié du G'ile'ad et "As'tarôt et Édre'ï, les villes royales de *0g en Bas'an. Ceci revint aux fils de Makîr, fils de Menass'eh, à la moitié des Makirites, clan par clan.

"Voilà ce dont Moïse fit le partage dans les plaines de Moab,

1 Nomb. XXXI, 8.

2 Le texte hébreu ajoute ici un mot {et la limite) qui ne peut être que le commencement d'une phrase perdue.

^ Nous ne nous arrêtons pas aux détails géographiques contenus dans ce chapitre et dans les suivants. En thèse générale, sur les cartes modernes, la situation des différentes tribus est indiquée d'une manière assez exacte, parce que dans le domaine de chacune d'elles il y a quelques endroits dont la position, lors même qu'ils n'existent plus aujourd'hui, peut être encore déterminée, sans compter les localités dont les anciens noms se sont conservés. Le grand nombre de celles dont cela n'est pas le cas ne saurait rendre incertaine que la délimitation rigoureusement exacte sur lo terrain même. — Les deux tribus et demie, dont il est parlé ici, occupaient le territoire à l'orient du Jourdain et de ses lacs (rive gauche). Ueouben au sud, jusqu'à l'Arnôn (Wadî Moudjeb) qui se jette dans la mer morte, à peu près vers le milieu de sa longueur ; mais nous savons qu'à diverses reprises cette tribu fut refoulée vers le nord par les Moabites. Ensuite venait celle de Gad, et tout au nord, vers l'Antiliban, la demitribu de Menass'eh. Quant à la frontière orientale de toutes ces tribus elle n'a jamais été déterminée d'une manière fixe et invariable, et dépendait des chances de guerres sans cesse renouvelées avec les Syriens ou les Bédouins du désert.

josuÉ XIII, 33. XIV, 1-10. 391

au delà du Jourdain, près de leiHio, vers rorienl.] Mais à la tribu de Lé\i Moïse ne donna point de propriété. L'Éternel, le Dieu d'Israël, voilà quelle fut sa propriété, comme il le leur avait dit.

* [Et voici ce dont les Israélites prirent possession dans le pays de Canaan, ce que leur assignèrent le prêtre Éle'azar, et Josué le fils de Noun, et les chefs de famille des tribus des Israélites, leurs lots étant tirés au sort, comme l'Étemel l'avait ordonné par Moïse, relativement aux neuf tribus et à la demi-tribu *. Car Moïse avait donné leurs parts aux deux tribus et à la demi-tribu au delà du Jourdain, et aux Lévites il n'avait point donné de part parmi les autres. C'est que les fils de Joseph formaient deux tribus, Menass'eh et Éphraïm', et aux Lévites on ne donna point de part dans le pays, mais seulement des bourgades pour y demeurer, avec leurs banlieues pour leur bétail et leur avoir'. Ainsi les Israélites partagèrent le pays comme l'Éternel l'avait ordonné à Moïse.]

• Les fils de Juda abordèrent Josué au G'ilgal et Kaleb le fils de lefounnéh, le Qenizzite, lui dit : Tu sais ce que l'Éternel a dit à Moïse, l'homme de Dieu, à notre sujet, à moi et à toi, à Qades'- Barné'a. J'avais quarante ans lorsque Moïse, le serviteur de l'Étemel, m'envoya de Qades'-Barné*a pour explorer le pays; et je lui fis mon rapport comme je Ten tendais. Mais mes frères qui étaient allés avec moi firent perdre courage au peuple, tandis que moi j'accomplis les ordres de l'Étemel, mon Dieu. Alors Moïse jura et dit : Certainement le pays où tu as mis le pied t'appartiendra en propre, à toi et à tes fils, à jamais, parce que tu as accompli les ordres de l'Éternel, mon Dieu*. Or, vois-tu, l'Éternel m'a laissé vivre, comme il l'a dit;

^ La distribution du territoire entre les tribus est racontée d'une manière tout à fait légendaire. D'après le texte actuel le partage se serait môme fait avant que la conquête fût achevée, comme on le voit au cbap. XV, 13 suiv. Juges I, i suiv., etc. Puis on voit au cbap. XVIII qu'il est parlé d'une seconde répartition entre sept tribus, après que les trois plus puissantes se furent emparées pour leur compte de la majeure partie du pays. Cette dernière relation contient positivement un indice ou vague souvenir de la vérité historique. La conquête s'était faite comme toutes les conquêtes entreprises par des peuples non organisés. Chaque tribu prenait ce qu'elle pouvait saisir, sans s'occuper des autres, les moins puissantes avaient été refoulées vers le nord, et n'arrivèrent que tard à se caser (Jos. XVIU. Juges XVIII) ; l'idée d'un partage au sort est une conception idéale, un mythe. — Comparez du reste Nomb. XXXIV.

^ Cette note est ajoutée pour trouver le nombre neuf et demi ; Lévi ne comptant pas.

3 Nomb. XXXV. Jos. XXI.

4 Voyez sur Texpédition de Kaleb Nomb. XIII; XIV. Le présent récit affirme que Josué n'avait point accompagné Kaleb dans ce voyage d'exploration ; il dit de plus que les espions n'arrivèrent que jusqu'à HébrOn. Tout cela est un argument de plus à faire valoir pour établir que le récit du livre des Nombres est compilé de drux relations différentes et contradictoires. Le fait que Kaleb reçoit un lot k part, en dehors de la

382 JOsuÉ XIV, 10.16- XV, iA.

voilà bien quarante^cinq ans que rÉiemel a dit cela à Moïses p«idant lesquels les Israélites ont parcouru le désert; et voilà qu'aujourd'hui je suis âgé de quatre-vingt cinq ans. Aujourd'hui encore j'ai la force que j'avais le jour où Moïse m'envoya; ma vigueur est encore la même qu'elle était alors, soit pour le combat, soit pour marcher. Or, donne-moi ces hauteurs* dont rÉtemd a parlé oe jour-là. Gar toi aussi tu as entendu* alors qu'il y a là des *Anaqites et de grandes vill^ forUBé^: peutrètre l'Éternel sera-t-U avec moi et je les chasserai comme l'Eternel l'a promis. Aters Josué le b^t el donna Qébrôn en propriété à Kaleb, fils de lefounnéh. C'est pour cela que Qébrôn est resté la {propriété de Kald> fils de lefounnéh le Qenizzite, jusqu'à ce jour, parce qu'il avait accompli les ordres de rËtemd, du dieu d'Israël. Mais Qébrôn s'appelait autrefois la ville d'Arba", leqpiel était l'heaume le plus grand parmi les 'Anaqites.

Et le piays fui en repos, la guerre ayant cessé*.

*[Le lot de la tribu de Juda, clan par clan, s'étoidait vers la frontière d'Édom, le désert de Çin, vers le sud, à l'extrémité méridionale^. Sa frontière méridionale part du bout du lac salé, depuis la pointe tournée vers le sud, et paisse au sud de la montée des scorpions, par Çin, puis remonte au sud de Qades'-Bamé*a, passe à Qeçrôn, monte à Adar, et se tourne vers Qarqa'ah; puis elle passe à *Açmôn, s'étend au ruisseau d'Egypte et aboutit à la mer. Voilà quelle sera votre frontière méridionale*. *La frontière vers l'ori^iit,

Tépartition par le sort, s'explique par cet aatre que les Qenizzites n'étaient pas Israélites (Gen. XV, 19), mais étaient établis parmi ceux-ci [au sud -est de Canaan, du côté de la mer morte) et comme leurs alliés, à tous égards. C'est là encore une légende ethnographique.

1 La partie du plateau, où est situé Hébrôn, est la plus élevée du pays.

2 Par le rapport fait à Moïse après le retour des espions. On voit que Josué n'a pas été de la partie et qu'il n'a pas vu les géants.

3 Sans parler du livre des Juges (notamment du premier chapitre) on n'a qu'à lire le chapitre suivant pour se convaincre que nous avons là des fragments de récits divers. La légende attribue l'achèvement de la conquête à Josué et même au début de son commandement. D'autres traditions ont conservé des notices toutes difTérentes.

^ La tribu de Juda a occupé de tout temps la partie méridionale de Canaan, le plateaa compris entre la mer morte et la plaine des Philistins, et descendant en terrasses vers le désert de la presqu'île du Sinaï. Elle avait pour voisins au sud-est les Édomites, au sud les quelques tribus de Bédouins Amaléqites et autres qui parcouraient le désert, et qui faisaient de fréquentes incursions sur le territoire israélite.

^ Quoique plusieurs de ces noms propres nous soient autrement inconnus, la ligne de la frontière est assez clairement indiquée. Elle courait de la pointe méridionale de la mer morte à l'angle sud-est de la Méditerranée, comme cela a déjà été dit et expliqué Nomb. XXXIV. 3 suiv.

josuÉ XV, 5-14. 393

c'est le lac salé jusque là où finit le Jourdain, et la frontière du côté nord part de la pointe du lac où finit le Jourdain; de là elle monte à Bêj;-Hoglah, passe au nord de Bêt-'Arabah, puis elle monte à la Roche de Bohan fils de Reouben; puis la frontière monte vers Debîr depuis la plaine de 'Akor, et dans la direction du nord elle tourne au G'ilgal en face de la montée d'Adoummîm, au sud de la vallée ; puis elle passe aux eaux de *Ên-S'ems', ot aboutit à *Ên-Rog'el ; puis elle remonte la vallée de Ben-Hinnom, au sud de la hauteur des lebousites (c'est-à-dire de Jérusalem) ; elle passe par le sommet de la montagne qui domine la vallée de Hinnom, dans la direction de l'ouest, laquelle touche à l'extrémité nord de la plaine de Refaïm*. Puis la frontière est tracée depuis le sommet de la montagne vers la source des eaux de Neftoa^; elle va aux bourgades du mont *Efrôn et se dirige sur Ba'alah, c'est-à-dire Qiryat-Ie*arîm. Puis de Ba'alah elle tourne à l'ouest vers le mont §é'ir, et passe à la hauteur du mont le'arîm au nord, c'est à Kesalôn, puis elle descend à Bèt- S'ems' et passe à Ti^i^^^ih. Puis elle s'étend à la hauteur de 'Eqrôn au nord et se dirige sur S'ikrôn, passe au mont Ba'alah, va à labneël et aboutit à la mer. Et la frontière occidentale, c'est la grande mer '. Voilà quelles étaient les frontières des fils de Juda tout autour, pour leurs clans.]

*'Et à Kaleb, fils de lefounneh, il donna une part au milieu des fils de Juda d'après l'ordre que l'Éternel avait donné à Josué, savoir la ville d'Arba' du père des *Anaqites, aujourd'hui IjLébrôn. "Et

I Poar la limite septentrionale de Juda les détails géographiques sont plus riches, par la simple raison qu'ici le pays était mieux cultivé et les établissements, bourgades, villages, hameaux, plus nombreux. Le tracé va de Test à l'ouest. Nous nous contentons de deux mots concernant les localités les mieux connues. C'est à l'embouchure du Jourdain dans la mer morte qu'en commence la liste. La frontière traverse la plaine de leribo, gravit le plateau en se dirigeant sur Jérusalem. Cette ville reste en dehors, car la vallée de Ben-Hinnom longe le côté sud de la ville. Parmi les localités situées à l'ouest de Jérusalem, la plaine de Refaîm [des géants?) est plusieurs fois nommée dans l'histoire de David comme un champ de bataille (2 Sam. V, 18 suiv. ; XXIII, 18}; il en est de môme de Qiryat-Ie*arîm (ville des bois), 1 Sam. VII, 1 , etc. Bêt-S'ems' (ville du soleil) où les Israélites défirent les Judéens, 2 Rois XIV, il. — Quant au mont Sé*îr, il va sans dire que ce n'est pas la chaîne du pays des Édomites. — TiinQ^l^ est ailleurs attribué aux Danites et nommé dans l'histoire de S'imes'ôn (Juges XIV). labneCl, ou par abréviation labneh, est devenu fameux après la destruction de Jérusalem, comme siège d'une école de Rabbins. *£qrôn appartenait aux Philistins et les Israélites n'ont pu l'occuper que passagèrement (Juges I, 18. 1 Sam. VII, 14).

^ Encore une délimitation idéale. Les Judéens n'ont jamais poussé Jusqu'à la mer de manière à étendre leur domination sur la côte occupée par les Philistins. Au nord de ceux-ci les Israélites possédaient quelques établissements, mais, selon toute probabilité, les Judéens n'y étaient pas lés seuls maîtres. Voir la note sur v. 33 suiv.

394 josuÉ XV, \MQ.

Kaleb chassa de là les trois 'Anaqites S'és'ai, Abîman et T^tlnia!, les iils de *Anaq. Et de là il marcha contre les habitants de Debîr (le nom de Debîr était autrefois Ville de Séfer). Et Kaleb dit : A celui qui battra la ville de Séfer et la prendra, je donnerai pour femme ma fille *Aksah. Or, ce fut *Otniël qui la prit, le fils de Qenaz frère de Kaleb, et il lui donna sa fille *Aksah pour femme. Quand celle-ci arriva elle Texcita à demander à son père un territoire, et elle se laissa glisser en bas de son âne; sur quoi Kaleb lui dit : Qu'as^tu? Et elle répondit : Donne-moi un présenti car tu me maries dans la terre du midi; donne-moi des puits d'eau! Et il lui donna les puits d'en haut et les puits d'en bas^

*® [Voici * quelle était la propriété de la tribu de Juda, pour ses clans : A l'extrémité de la tribu de Juda, vers la frontière des Édomites, au sud, les bourgades étaient Qabçeël, *Éder, lagour, Qînah, Dîmônah, 'Ade^adah, Qéds', Haçôr, Yi^nan, Zîf, Télm, Be'alôt, gaçôr, Hadatj;ah, Qeriyôt, Çeçrôn aujourd'hui Çaçôr, Amam, S'ema', Môladah, Çaçar-Gaddah, Çes'môn, Bét-Pelt, Haçar-S'ou'al, Beër- S'éba', Bizyôtyah, Ba'alah, lyîm, •Éçm, El^ôlad, Kesîl, Çormab, Çiqlag, Madmannah, Sansannah, Lebaôt, S'il^m, *Aîn et Rimroôn: en tout vingt-neuf bourgades avec leurs dépendances '. " Dans le

^ Toat ce morceaa, v. 14 suiv., se lit textuellement au livre des Juges, cl I, il suiv., où nous l'avons annoté. Quant à son origine, voyez Vlntroè., p. 217 suiv. Dans notre texte il parait devoir se rattacher au récit consigné dans les v. 6 suiv. da chap. XIV. A la place qu'il occupe maintenant, il interrompt la notice géographique 5ur la tribu de Juda. Le v. 20 fait suite au v. 12. Et le v. 13 (qui est une espèce de postscriptum ou de parenthèse) fait double emploi avec chap. XIV, 13, de manière qu'on voit encore là les traces de deux rédactions originairement différentes.

2 Ordinairement on traduit : voilàf en voyant dans cette phrase une formule finale à ajouter au tracé des frontières qui précède. — Dans la nomenclature qui suit les noms de lieux sont enregistrés d'après la division naturelle du territoire. 1** Le Ndg'eh (sud, litt. : pays sec), v. 21 -32, la partie avoisinant le pays des Édomites et le désert du Sinaï. 2° Le bas-pays {S'e/yiah), v. 33-47, entre le plateau et la mer Méditerranée. 3® Le plateau {^ar), v. 48-60, le centre du territoire, s'élevant de deux mille à trois mille pieds au-dessus du niveau do la mer. Enfin 4° le désert [midhar], v. 61, 62, c'est-à-dire les terrains non cultivés, mais servant de pâturages, entre le plateau et la mer morte.

3 Cette première série ne contient guère de noms connus aujourd'hui ou nommés ailleurs dans la Bible. Plusieurs doivent sans doute Otre identifiés, malgré la diversité de lorthographe, avec des noms semblables qu'on a lus au v. 3 ci-dessus. La plus fameuse localité est ici Beèr-S'éba*, qui est mentionnée plusieurs fois dans la Genèsi*. et qui formait l'établissement le plus méridional des Israélites (Juges XX, 1. 2 Sam. XVII, 11, etc.). Ilormah figure dans l'histoire mosaïque (Norab. XIV, 45'; Çiqlag dans celle de David (1 Sam. XXVII, XXX).

josuÉ XV, 33-68. 395

bas-pays * : Es'taôl, Çore'ah, As'nah, Zanôa^, *Ên-Gannîm, f^pponah 'Ênam, larmout, 'Adoullam, §okoh, 'Azéqah, S'a*araïm, 'Adîtaïm, G'edérah et G'edérotaïm, quatorze bourgades avec leurs dépendances. •'Puis Çenan, IJadas'ah, Migdal-Gad, Dile*an, Miçpeh, loq^eél, Lakis', Boçqat, 'Églôn, Kabbôn, Latimas, KHlîs', G'edérôt, Bê^Dagôn, Na'amah et Maqqédab, seize bourgades avec leurs dépendances. ^•Puis Libnah, 'Éter, 'As'an, Yiftab, As'nah, Neçib, Qe*ilah, Akzîb et Marès'ah, neuf bourgades avec leurs dépendances. 'Éqron, avec ses villages et dépendances. Et depuis 'Eqrôn vers l'ouest, tout ce qui est du côté d'As'dôd et de ses dépendances : As'dôd, avec ses villages et dépendances, jusqu'au ruisseau de TÉgypte, et à la grande mer*. ♦•Et sur le plateau S'amîr, lat^ir. Çokoh, Dannah, Qiryat- Sannah (aujourd'hui Debîr) 'Anab, Es'temoh, 'Anîm, (xos'en, Çolôn et G^îloh, onze bourgades avec leurs dépendances. Puis Arab, Doumah, Es'e'an, lanîm, Bét-Tappouab, Aféqab, {[oumetab, QiryaJ- Arba' (aujourd'hui Çébrôn) et Çi'ôr, neuf bourgades avec leurs dépendances. "Puis Ma'ôn, Karmel, Zîf, loutah, Yizré'èl, Ioqde*am, Zanoa^, le Qaïn, G'ibe*a et fininah, dix bourgades avec dépendances. Puis Salfeoul, Bét-Çour, G'edôr, Ma'arat, Bét-*Anôt et Eljeqôn, six bourgades avec leurs dépendances. Puis Qirya^Ba'al (aujourd'hui Qirya^e'arim) et Rabbah, deux bourgades avec leurs dépendances'. •* Dans le désert : Bèt-ha*arabah, Middîn, Sekakah, Nibs'an, 'Ir-hamméla^i et 'Ên-G'edî, six bourgades avec leurs dépendances*.] Mais quant aux lebousites, qui demeuraient à Jérusalem, ceux de Juda

^ Il s'agit ici principalement de la partie septentrionale de la plaine^ où larmout, Lakîs', 'Eglôn, Maqqédab, Libnah et quelques autres villes étaient des résidences de rois cananéens (cbap. X, XII}. Çokob, Azéqah, S'a*ara!m, *Adoullam, Qe*ilab sont nommées dans l'bistoire de David (1 Sam. XVII, XXII, XXIII). Es|adl et Çore*ab étaient des établissements Danites du temps de S'imes'ôn [Juges XIII, s.).

S Ce qui est dit ici de '£qrôn, AsMôd et *Azzah, villes des Philistins, est de la pure théorie. Il est vrai que David et quelques-uns de ses successeurs parvinrent à s'emparer momentanément de l'une ou de l'autre de ces places, mais ce ne fut jamais pour longtemps.

3 Dans cette partie centrale du territoire de Juda le nombre des endroits cobnus par d'autres textes, ou dont on peut aujourd'hui encore déterminer la situation, est moins grand que dans la plaine. De Hébrôn et de Debîr il a été question dans les chapitres précédents. Ma'on, Zif, Karmel et G'îloh sont mentionnés dans l'histoire de David (1 Sam. XXV, XXVI ; S Sam. XV), ainsi que Yizre'ôl (i Sam. XXV, 48), qu'il ne faut pas confondre avec la résidence des rois Éphraîmites. En général, on voit par ces notices géographiques que les mêmes noms se répétaient dans plusieurs contrées. Bôt- Çoùr a joué un rôle dans les guerres des Maccabées.

4 Le seul 'Ên-Gedî revient ailleurs (1 Sam. XXIV).

396 JosuÉ XV, 63. XVI, i-10.

ne parvinrent pas à les chasser, et les lebousites ont habité Jérusalem conjointement avec ceux de Juda, jusqu'à ce jour*.

* [Le lot qui échut aux fils de Joseph touchait au Jourdain près de lerîiîo, tenant à Torient aux eaux de lerîjio, aux montagnes de Bét-El, puis la limite se dirige de Bét-El sur Louz, passe au territoire des Arkites à *Atarôt, descend à l'occident vers le territoire des laflétites, jusqu'au territoire de Bèt-Çorôn-le-bas, jusqu'à G'éar et aboutit à la mer : c'est de ce territoire que prirent possession les fils de Joseph, Menass'eh et Ephraïm '.

* Voici quel fut le territoire des fils d'Éphraïm, pour leurs clans : la frontière de leur propriété vers l'orient était Atrô^-Addar jusqu'à Bét-Qorôn-le-haut ; puis elle se dirigeait à l'occident sur Mikmetal^ au nord, tournait à l'orient vers Taanat-S'îloh, et y passait à l'est vers lanôat- De lanôa^ elle descendait vers Atarôt et Na*arah, touchait à leritio et aboutissait au Jourdain. De f sippoua^ la frontière allait à l'occident sur Na^l-Qanah, et aboutissait à la mer. Voilà quelle était le territoire de la tribu d'Éphraïm, pour leurs clans*. De plus, les bourgades réservées aux Éphraîmites comme enclaves du territoire des Menass'ites, les bourgades avec leurs dépendances.] Mais ils ne dépossédèrent point les Cananéens qui demeuraient à G'ezr, et ces Cananéens demeurèrent au milieu des Éphraîmites jusqu'à ce jour et devinrent serfs*.

^ Comparez Juges I, 8, 21 , passages d'où il résulte clairement que nous avons U des notices provenant de sources différentes. Tantôt la ville est prise, tantôt elle ne l'est pas ; tantôt elle appartient aux Benjaminites (comp. ci-dessus p. 393, note ij, tantôt le texte paraît l'assigner à Juda, comme c'est le cas ici.

2 II n'est question ici que de la frontière méridionale du territoire, occupée par les deux tribus sœurs, unies sous le nom commun de Joseph. Entre elles et Juda se trouvait celle do Benjamin. Louz était l'ancien nom de Bêt-El (Juges I, 23). Ici on distingue en apparence les deux noms ; mais la conciliation n'est pas difficile. Le texte réserve le nom de Bêt-EI à la hauteur (ancien lieu de culte, comme le prouve l'étjmologie), et celui de Louz à la bourgade. BôUHorôn et G'ezr sont fréquemment nommés dans l'histoire (chap. X, XII).

3 Cette description est singulièrement obscure. Avec le texte reçu les commentateurs arrivent à l'hypothèse (fort sujette a caution) 1° qu'avec la notice du v. 5, le rédacteur retrace encore une fois sommairement la frontière méridionale, pour la partie comprise entre Atarôt et Bê^-Horôn; 2° qu'aux v. 6, 7 il est parlé de la frontière septentrionale de Mikmetah à lerîcho et au Jourdain ; 3" qu'au v. 8 il s'agit de la même frontière, de Tappoua^ à la Méditerranée. Si cela est juste, il faut admettre que le texte a souffert, et de plus il est difficile de comprendre pourquoi Ton aurait déterminé la frontière septentrionale en deux sections, en partant d'abord d'un point du milieu vers l'est, et puis d'un autre point du milieu vers l'ouest. Tout cela est d'autant plus embrouillé, qu'ailleurs (chap. XVIII, 12) lerîbo est attribué aux Benjaminites.

4 Juges I, 29.

JosuÉ XVII, 1-9. 397

* [Et le lot de la tribu de Menass'eh — car celui-ci était le fils aîné de Joseph ; Makîr, le fils aîné de Menass'eh était père du G'ile'ad ; c'était un guerrier, et il eut le G,ile*ad et le Bas'an * — il y en eut un pour les autres fils de Menass'eh, et leurs clans, les fils d*Abî'ézer, les fils de Belq, les fils d'Açriél, les fils de S'ékem, les fils de Çefr, et les fils de S'emîda' : c'étaient là les fils ' de Menass'eh selon leurs clans. Mais Çelof^ad le fils de IJefr, fils de G'ile'ad, fils de Makîr, fils de Menass'eh n'avait point de fils, mais seulement des filles, dont voici les noms: Ma^iielah, No*ah, Qoglah, Milkah et Tirçah. Elles se présentèrent devant le prêtre Éle'azar, et devant Josué le fils de Noun, et devant les chefs, en disant : L'Étemel a ordonné à Moïse de nous donner une propriété parmi nos frères. Et on leur donna selon l'ordre de l'Éternel, une propriété parmi les frères de leur père. Ainsi il échut dix portions aux Menass'ites, outre le pays du G'ile'ad et du Bas'an qui est au-delà du Jourdain, car les filles de Menass'eh obtinrent une propriété parmi ses fils, et les autres fils de Menass'eh eurent le pays du G'ile'ad. ''La frontière de Menass'eh allait de As'er à Mikmetat, qui est à l'est de S'ekém, puis elle allait au sud vers ceux de *Ên-Tappouab. C'est à Menass'eh que revint le territoire de T^ppouati, mais Tappoua^, sur la frontière de Menass'eh, fut aux Éphraïmites. Puis la frontière descendait au ruisseau de Qanah, au sud du ruisseau*. Ces bourgades appar-

^ On a ici un exemple frappant de la manière dont les noms de lieux devenaient, dans la tradition légendaire, des noms d'iadividus. La tribu de Menass'eh était déjà devenue fils du patriarche Joseph, une portion de cette tribu, Makir, devenue à son tour une personne, est père du G'iread [avec rarticle), c'est-À-dire propriétaire du territoire de ce nom. Les autres fils [clans] de Menass'eh s'établissent en Canaan, en deçà du Jourdain.

^ Litt. : les fils mâles ^ car il va être question de filles. Pour les clans de Menass'eh, voyez Nomb. XXVI, 30 s. Il y en a ici six, dont l'un cependant est représenté par les descendants de cinq fiUes déclarées héritières (Nomb. XXVI, 33; XXVII, i; XXXVI, 10] au même titre que leurs oncles, de sorte que le territoire échu aux Menass'ites cis-jordaniens fut divisé en dix lots, ou, pour parler le langage moderne, la tribu se composait de dix clans, occupant chacun un district particulier.

3 La description du territoire des Menass'ites cis-jordaniens est tout aussi obscure que celle du territoire de leurs voisins [cbap. XVI, 6 s.). Comme on trouve dans les deux endroits en partie les mêmes noms, on est tenté de supposer que le rédacteur se répète, la frontière septentrionale d'Éphralm coïncidant naturellement avec la frontière méridionale de Menass'eh. Cependant comme il y a des différences, la chose reste douteuse, d'autant plus qu'alors il faudrait admettre que les indications manquent pour les autres frontières. Il est d'autant plus difficile de se tirer d'affaire, que plusieurs des localités nommées dans le texte ne se retrouvent pas sur nos cartes. — Nous nous bornerons aux remarques suivantes: Le nom d'Âs'er du v. 7 doit revenir à une bourgade, tandis qu'au v. 11 c'est la tribu et son territoire, situé au nord de celui de Menass'eh.

398 josuÉ XVII, 9-18.

tenaient à Ëphraïm, enclavées dans celles de Menass^eh, et la froD* tiëre de Menass'eh était au nord du ruisseau et aboutissait à b mer; au sud Éphraïm, et au nord Menass'eh, et la met formait la frontière, et ils touchaient à As'er du côté du n(»*d, et à Yissakar du côté de l'est. De plus Menass'eh avait en Yissakar et en Âs'er Bé^S'ean, avec ses annexes, et Yible'am avec ses annexes, et les habitants de Dôr, de *Ên-Dor, de Meg'iddo, et de T^'anak, et de leurs annexes % les trois hauteurs.] Quant à ces endroits eux-mêmes les Menass'ites ne parvinrent pas à s'en rendre maitres, et les Cananéens continuèrent à occuper ce pays. Cependant lorsque les Israélites se furent rendus plus puissants, ils réduisirent les Cananéens en servitude, mais ne les chassèrent point.

'^ Les fils de Joseph s'adressèrent à Josué en ces termes : PounpKH nous as- tu donné comme propriété un seul lot et une seule part? nous sommes pourtant un peuple nombreux, FÉternel nous ayant bénis à ce point. Josué leur répondit : Si vous êtes un peuple nombreux, montez donc à la forêt et faites-y des défrichements, sur k territoire des Périzzites et des Refaites, puisque vous êtes i Tétroit dans les montagnes d'Éphralm. Mais les fils de Joseph répliquèrent: La montagne ne nous suffira pas, et pour ce qui est du pays de la plaine, tous les Cananéens qui y demeurent ont des chars de fer, tant ceux de Bêt-S'ean et de ses annexes que ceux de la plaine de Yizre'ël. Alors Josué dit à ceux de la famille de Joseph, aux Éphraîmites et aux Menass'ites : Vous êtes un peuple nombreux et très-fort; vous n'aurez pas un lot unique : Vous aurez un pays de montagnes et comme il est boisé vous le défricherez, et vous en aure^ aussi les issues, car vous en chasserez les Cananéens malgré leurs chars de fer et leur puissance *.

S'ekém (Sichcm) est la ville éphraïmite bien connue ; Bêt-S'ean (plus tard Scjtbopolis^, aujourd'hui Beîsan, revient aussi plusieurs fois dans les textes. *Én-Dôr est nommé dans rhistoire de Saûl (1 Sam. XXVIIIJ ; Meg'iddo et T&'anak dans le chant de Deborah et dans Thistoire du roi Josias.

1 Ce fait qu'on nomme ici tant d'esclaves prouve, ce nous semble, que la répartition du territoire de Canaan ne s'est pas faite comme se le figurait la postérité, et comiad le veut la théorie du rédacteur. Il est plus naturel de se représenter les divers établissements locaux comme l'eflet direct de la conquête ù main armée.

^ Ce passage (v. 14 suiv.] ne s'accorde pas bien avec ce qui précède. Car antérieurement déjà il a été raconté que les deux portions de la maison de Joseph avaient eu leurs territoires respectifs et distincts. Ici ils reviennent à la charge, comme formant une population indivise, et se plaignent de n'avoir reçu qu'un seul lot, malgré leur nombre. Sur cela, Josué décide qu'ils auraient un double lot. Il est impossible d'admettre que ce fait se soit passé après ce qui a été raconté plus haut. Mais il jr a plos- Ce récit appartient à une conception d'après laquelle chaque tribu a été obligée de se

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* [Toute la communauté des Israélites fut assemblée à S'iloh> et ils y établirent le tabernacle, le pays ayant été soumis par eux *. Cependant il restait encore, parmi les Israélites, sept tribus qui n'avaient point reçu en partage leur propriété. Josué dit donc aux Israélites : Jusqu'à quand négligerez-vous d'aller prendre possession du pays que vous a donné l'Éternel, le Dieu de vos pères? Choisissez trois hommes par tribu, je leur donnerai la mission d'aller parcourir Je pays, pour le décrire en vue du partage à faire; et quand ils seront revenus auprès de moi, vous vous le partagerez entre vous en sept parts * : Juda restera sur son tenitoire au sud , et la maison de Joseph sur le sien au nord. Mais vous, vous ferez la description du pays en sept parts, vous me l'apporterez ici, et je tirerai au sort pour vous, ici devant l'Éternel, notre Dieu. ' Car les Lévites n'ont point de part parmi vous, mais le sacerdoce de l'Étemel est leur domaine ', et Gad, Reouben et la demi-tribu de Menasseh , ont déjà

loger, les armes à' la main^ comme bon lui semblait, et Josué indique un district boisé, non encore occupé., qu'il fallait conquérir et défricher, et il dit qu'alors le territoire sera assez vaste pour la population. En même temps ce texte semble constater que môme après la prise de possession de la majeure partie du pays, il restait encore, non pas seulement un certain nombre de villes non soumises (comme cela était dit auparavant], mais des districts entiers d'où les Cananéens n'avaient pas été délogés dès l'abord, et dont on ne put se rendre maître que dans la suite des temps. Cette manière de comprendre la conquête est positivement plus juste que celle qui est représentée par les autres textes et d'après laquelle on aurait dressé le cadastre avant la coîiquête et répatti ensuite le territoire entier par la voie du sort.

1 On sait par l'histoire de Samuel qu'il y avait à S'iloh un lieu de culte très-fréquenté, et comme avant l'époque de Saûl la tribu d'Ëphraïm exerçait l'hégémonie dans l'occasion, son principal sanctuaire pouvait bien servir de lieu de rassemblement général pour traiter des affaires communes, quand il y en avait. Mais que le sanctuaire de S'iloh fût le tabernacle mosaïque décrit dans l'Exode, cela est d'autant plus douteux que ce tabernacle lui-même appartient à la légende. Voyez d'ailleurs la note sur le passage de Samuel, page 239 de notre commentaire sur les livres historiques, et ci-dessus l'Introd.: p. 141, 240.

^ Singulière combinaison ! Voilà 7 tribus formant ensemble un total de 350,000 guerriers (Nomb. XXVJ) sans compter les femmes, les enfants et jeunes gens au-dessous de vingt ans, et les vieillards, qui restent tranquillement à S'iloh. au lieu d'aller occuper à leur tour les parties du pays qui pouvaient leur convenir, après que Juda, Éphraïm, Menass'eh, Gad et Reouben se sont pourvus. Et au lieu d'y aller en armes, on envoie 21 individus faire paisiblement le relevé de ce qui était encore inoccupé pour le répartir ensuite par le sort. On veut donc nous faire croire qu'il n'y avait plus de Cananéens pour mettre à la raison ces agents du cadastre, bien que les textes disent partout le contraire. Tout cela est de l'idéalisme pur, de la théorie, entée tant bien que mal sur les faits tels que les constatait l'état des choses à une époque postérieure, où l'on avait complètement oublié les conditions naturelles et les effets réels d'une invasion de barbares dans un pays cultivé.

8Chap. XIII, 14; XIV, 3.

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