JOSUÉ XVIII
reçu leur propriété au-delà du Jourdain, à Torient, que Moïse, le serviteur de rÉternel, leur a donnée. Alors ces hommes se mirent en route et partirent, et à leur départ Josué leur ordonna de faire la description du pays, en disant : Allez parcourir le pays et décrivez-le ; puis revenez auprès de moi et je tirerai au sort pour vous ici devant TÉternel à S'iloh. Alors ces hommes allèrent traverser le pays et le décrivirent en mettant par écrit les hourgades, en sept parts; puis ils revinrent auprès de Josué au camp de S'iloh. Et Josué tira au sort pour eux à S'iloh devant l'Éternel, et partagea le pays entre les Israélites selon leurs divisions.
** Et un lot sortit pour la tribu des Benjaminites , avec ses clans, et le territoire qui leur échut au sort se trouva entre les fils de Jada et les fils de Joseph*. Leur frontière, du côté du nord, partait du Jourdain et remontait les hauteurs au nord de leribo, gagnait la montagne dans la direction de l'ouest et aboutissait au désert de Bet-Awcn ; de là elle passait à Louz, aux hauteurs au sud de Louz (aujourd'hui Bôt-El), descendait à 'AtrôJ-Addar, sur la montagne qui est au sud de Bêt-Borôn-le-bas. Puis elle se traçait en tournant à l'ouest, au sud de la montagne qui est en face de Bêt-Horôn au sud, et aboutissait à Qiryat-Ba'al (aujourd'hui Qiryat-Ie'arim)„ bourgade de ceux de Juda. C'était le côté occidental '. Et le côté méridional partait de l'extrémité de Qiryat-Ie*arîm et se dirigeait à l'ouest vers la source des eaux de Neftoafe, descendait vers l'extrémité de la montagne qui est en face de la vallée de Ben-IIinnôm, au nord de la plaine des Refaites, descendait la vallée de Hinnôm au sud de la bauleur des lebousites' à *Êii-Rog'el* ; puis elle se traçait au nord et se diri-
^ Voilà bien un fait qui prouve que les choses ne se sont pas passées comme les lisna précédentes nous le disent. La tribu de Benjamin se trouve resserrée dans un peut canton, entre ses deux puissantes voisines, et absolument séparée des 6 autres tribus en question. Cela fait voir qu'à l'époque de la conquête elle était beaucoup plus faible que celles-ci et dut se contenter d'un patrimoine plus modeste. Dans rexpédition elle avait sans doute fait cause commune avec les Joséphides, dont le patriarche mythi^^ae était frère utérin du personnage mythique de Benjamin. Nous sommes depuis longtemps édifiés sur le vrai sens de ces données généalogiques.
2 Lequel, comme on voit, ne touchait pas à la Méditerranée. Comme la limite septentrionale est en partie la frontière méridionale d'Éphraïm, et la limite méridionale en partie la frontière septentrionale de Juda, il nous revient ici plusieurs noms propres déjà antérieurement signalés. Bêt-El est un ancien lieu de culte cananéen et israélite, déjà nommé dans Thistoiro des patriarches, plus tard dans celle des Ju^s (chap. I, 22; XX, 19 suiv.) et des Rois (t Rois XII ; XllI. Amos et Osée passim!.
" La hauteur des lebousites est la montagne avec la citadelle cananéenne conquise par David et appelée depuis la ville de David (Jérusalem). Celte ville s^e trouvait dauc sur le territoire des Benjaminites.
"* La source du foulon, au sud-est de Jérusalem (1 Rois I, 9).
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geait sur 'Ên-S'ems', de là sur G'elîlôt en face de la montée d'Adoummîm, et descendait à la roche de Bohan fils de Reouben. Puis elle passait à la hauteur qui est au nord de la plaine et descendait à la plaine, passait au nord de la hauteur de Bèt-Çoglah et aboutissait à la pointe septentrionale du lac salé, à l'extrémité méridionale du Jourdain. C'était là la frontière du sud. Et le Jourdain formait la frontière du côté de l'est. Voilà quelle était la propriété des Benjaminites et de leurs clans, d'après leurs frontiènes tout autour. •* Et voici quelles étaient les bourgades de la tribu de Benjamin et de ses clans : lerîho, Bèt-IJoglah, *Émeq-Qeçîç, Bêt-Ha'arabah, Çemaraïm, Bèt-El, les Awwîm, Sarah, 'Ofrah, Kefar-'Ammonah, *Ofnî, G'éba', douze bourgades avec leurs dépendances. G'ibé'ôn, Ramah, Beô'rôt, Miçpah, Kefîrah, Nôçah, Reqm, Yirpeel, T^realah, Cela', Elf, lebous (aujourd'hui Jérusalem) Gibe'at, et Qiryat-Ie'arîm, quatorze bourgades avec leurs dépendances : voilà la propriété des Benjaminiles et de leurs clans *.
* Le second lot sortit pour S'ime*ôn, pour la tribu des S'ime'onites et leurs clans, et leur propriété fut au milieu de celle des Judéens *. Ils eurent dans leur propriété Beër-S'éba' S'éba', Moladah, Ilaçar- S'ou al, Balah, 'Eçm, EHolad, Betoul, Çormah, Çiqlag, Bè^-Merkabôt, IJaçar-Sousali, Bèt-Lebaôt, et S'arouhen, treize' bourgades avec leurs dépendances ; 'Aïn, Rimmôn, *Étr, 'As'an, quatre bourgades avec leurs dépendances, et tous les établissements à l'entour de ces bourgades jusqu'à Ba'alat-Beër sur les hauteurs du Negb. Voilà la propriété de la tribu des S'ime'onites et de leurs clans. C'est sur la part des Judéens que fut prise la propriété des S'ime onites ; car la
' Les noms de lieux sur le territoire de Benjamin sont en partie connus par l'histoire de Samuel et de SaQl. C'est surtout le cas de Ramah^ de Miçpah, de G'ihe'ah. 'Ofrah ne doit pas être confondue avec le village Menass'ite, patrie de G'ide'ôn. G'ibe*ôn figurait dans le récit du 9* chapitre et joue encore un rôle dans l'histoire de Salomon (1 Rois III). La division de la nomenclature en deux séries parait être déterminée par la situation géographique. Le territoire de Benjamin déverse ses eaux en partie dans le Jourdain, en partie dans la Méditerranée^ la ligne de partage traversant le pays au milieu du nord au sud. On mettra ces 26 bourgades en regard des chiUres Nomb. XXVI, 22. 41. 2 Sam. XXIV, 9. 1 Rois XII, 2i.
^ Voici encore un démenti donné à la notice contenue dans les premiers versets du chap. précédent. Les S'imeonites ne reçurent point, d après ce qu'on lit ici, un territoire resté jusque là inoccupé. Mais ils sont englobés dans celui de Juda, et cela est directement confirmé par le curieux passage Juges I, 1 suiv. où il est dit q\i*après la mort dé Josué, Judéens et S'ime*onites réunis commencèrent la conquête en s'emparant de la partie méridionale de Canaan.
3 II y a quatorze noms ; probablement il y a une faute de copiste dans la répétition du nom de S'éba*. — On retrouve ces mêmes noms comme établissements judéens, chap. XV, 20 suiv.
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portion des Judéens était trop grande pour eux et les SHme^onites eurent leur {Nropriété au milieu de la leur.
*<*Le troisième lot sortit pour les Zeboulounites ei leurs dans, et la frontière de leur prapriété allait jusqu'à ^arld. Elle mimtait dans la direction de Fouest à Mar'alah et toudiait à Dabbés'el et au ruisseau cpii est devant Ioqne*am, et de Tautre côté de ^oM, vers l'est et le levant du soleil elle allait au territoire de Kido(-7idbor, vers Dabra^y et monHit à lafîa*. De là elle passait à Test, vers le levant^ à Gat-Çefr, à *EH2açin, et allait à Rimmôn, se dirigeant sur Né*ali; puis elle tournait au nord dé Qannafôir et aboutissait à la vallée de Yiftab-£1. De plus, <2attat, Nat^alal, S'inmôn, Tideahh et Bê(-Lébem, douze bourgades avec leurs dépendances. Voilà qudle était la i»ropriété de Zebouldunit^ et de leurs clans : ces bourgade»-]à et leurs dépendances*.
'^Le quatrième lot sortit pour Yissakar, pour les Yissakarites et leurs clans. Leur territoire comprenait Yizreël, KesouUof, S'ounem, 9afaraim, S'iôn, Anabsuraf^ Rabbi|, Qis'ydn, Ébç, Rem|, *Ên43annim, *Ên-Qaddah et Béf^Paççeç. La frontière touchait au f^^bor^ à S'i^pçtm ei Bè(<!-S'ems', et aboutissait aU Jourdain. Seize bourgattes avec lemn dépendances, telle était le propriété des Yissakarites et de lenrs dans, bourgades et dépendances ^ ' f-
1 La description da territoire de la tribu de Zebooloim est l'une des mcniit claires poar nous aujourdliiii. La plupart des noms propres qfat oàns offre ce pamegi oui disparu de la carte^ et ceux que la géographie moderne offire dans la contrée» dont 3
s'agit ici selon toute apparence (tels que Cana, Nazareth^ etc.), ne sont pas mentioBoés ici. D'après le texte il faudra supposer que les Zeboulounites, du temps du rédacteor, avaient pour voisins, à louest les As'érites, à l'est les Neflalites, au sud les Yissakarites, et qu'ils ne touchaient ni à la mer, ni au lac de Qénésaret. Autrement on ne comprendrait pas pourquoi des limites naturelles si bien déterminées seraient passées sons silence. Cependant du temps de David (Gen. XLIX, 13} et peut-dtre plus tard encore (Deut. XXXIII, 18 suiv.) ils doivent avoir étendu leurs établissements jusque sur la côte. — Gat-Hefr était la patrie du prophète Jonas (2 Rois XIV^ 25). Yif^b-Bl est combiné par les voyageurs avec la forteresse de lotapata, dont le siège est Tun des épisodes les plus dramatiques de la guerre des Juifs contre Vespasien — Bèi-Lébem ne doit pas être confondu avec le village du même nom dans la Judée. — L'un des autres noms nous conduit dans le voisinage du mont Tabor.
^ Pour cette tribu l'auteur n'indique pas les limites ; nous voyons seulement qu'elles touchaient au Jourdain à Test et au Tabor au nord-est ; nous ajouterons qu'elles s'identifiaient au sud avec les frontières septentrionales des Menass'ites. Au nord cette tribu avoisiuait en tout cas Zebouloun et probablement As'er et Neftalî. Elle occupait une partie de la grande plaine de Yizre'el. D'après Deut. XXXIII, 18 suiv., on peut admettre qu'à une certaine époque elle arrivait jusqu'à la mer. Parmi les villes nommées dans le texte, il y a surtout Yizre'el, ancienne résidence royale d'Ahab et de ses successeurs (1 Rois XVIIl ; XXI. 2 Rois VllI ; IX) ; puis S'ounem (1 Rois I ; D) aujourd'hui Solam, avec le nom de laquelle on prétend identifier la patrie de la S'oulamite du Cantique. Les autres n'offrent pas d'intérêt historique.