‹ La Bible (volume 4)Chapitre 50 sur 52 · JOSUÉ XXIII, 5-16. XXIV · texte numérisé non relu

JOSUÉ XXIII, 5-16. XXIV

devant vous et les dépossédera et vous prendrez possession de leur pays, comme TÉtemel, votre Dieu, vous l'a promis. Vous donc, soyez assidus à observer et à pratiquer tout ce qui est écrit dans le livre de la loi de Moïse, de manière à n'en dévier ni à droite ni à gauche, et à ne point vous mêler à ce qui reste de ces peuples près de vous : vous n'invoquerez point le nom de leurs dieux, et ne jurerez pas par eux, vous ne les adorerez point et vous ne vous prosternerez point devant eux. Mais c'est à l'Étemel, votre Dieu, que vous vous attacherez, comme vous l'avez fait jusqu'à ce jour. C'est l'Éternel qui a expulsé devant vous des peuples grands et puissants, et personne n'a pu vous résister jusqu'à ce jour. Un seul d'entre vous en chasse mille *, car c'est l'Étemel, votre Dieu, qui combat pour vous comme il vous l'a promis. Prenez donc bien garde à ce que vous aimiez l'Étemel, voire Dieu. ** Car si vous deviez de nouveau vous attacher à ce qui reste de ces peuples parmi vous, et vous unir à eux par des mariages, et entretenir des rapports avec eux, sachez bien que l'Étemel, votre Dieu, ne continuerait pas à chasser ces peuples devant vous; mais ils deviendraient pour vous des pièges et des fllets, des fouets sur vos flancs et des épines dans vos yeux * jusqu'à ce que vous soyez exterminés de ce beau pays que l'Étemel, votre Dieu, vous a donné. Voyez, moi je vais tantôt m'en aller comme tout le monde, et vous reconnaissez du fond de votre cœur que de toutes les belles promesses que l'Éternel, votre Dieu, vous a faites, aucAne ne s'est démentie, toutes se sont réalisées, aucune n'a été vaine. Et de même que les bonnes promesses que l'Éternel, voire Dieu, vous a faites se sont réalisées, de môme il accomplirait aussi ses menaces' jusqu'à vous exterminer de ce beau pays qu'il vous a donné. Dans le cas que vous transgresseriez le pacte que rÉternel, votre Dieu, vous a imposé, et que vous iriez adorer d'autres dieux et vous prosterner devant eux, la colère de Dieu sévirait contre vous et vous seriez bientôt exterminés du beau pays qu'il vous a donné.

* Josué assembla toutes les tribus d'Israël à S'ekém ♦, et appela les

1 Les verbes sont au présent, quoiqu^on s'attende au prétérit, la guerre étant censée terminée. Maison voit par ce qui est dit au v. 13 qu'il s'agit tout aussi bien d'une promesse pour l'avenir que d'un souvenir du passé. Et nous nous trouvons encore une fois devant un texte qui, tout en se plaçant au point de vue idéal, d'après lequel la conquête est absolue et définitive, laisse entrevoir le fait que les Israélites ne sont pas venus à bout de leurs adversaires.

2 Nomb. XXXIII, 55.

3 Deut. XXVIII, XXIX.

i Deut. XXVII, 5s. Jos. VIII, 30 s.; XXIV, 26. — Dans d'autres sources le centre politique et religieux du peuple est placé à S'iloh (Jos. XVIII, 1 : XIX, 5t ; XXII, 9, 12).

josuÉ XXIV, i-ii. 413

sheikhs d'Israël, ses chefs, ses juges et ses officiers, et lorsqu'ils se présentèrent devant Dieu, Josué dit à tout le peuple * : Voici ce que dit rÉternel, le Dieu d'Israël : C'est au delà du fleuve que demeuraient autrefois vos pères, Térab, le père d'Abraham et de Nafeôr, et ils adoraient d'autres dieux ^. Et je pris votre père Abraham d'au delà du fleuve et je lui fia parcourir tout le pays de Canaan, et je multipliai sa race et lui donnai Isaac. Et à Isaac je donnai Jacob et *ɧaw, el à 'Éçaw je donnai les monts de Sé*îr pour en prendre possession, et Jacob et ses fils descendirent en Egypte. Puis j'envoyai Moïse et Aharôn, et je frappai l'Egypte par ce que je fis au milieu d'elle ; ensuite je vous en fis sortir. Et lorsque je fis sortir vos pères de l'Egypte, et que vous fûtes arrivés à la mer, les Égyptiens poursuivirent vos pères avec des chars et des cavaliers vers la mer aux algues. Alors ils implorèrent l'Éternel et il interposa des ténèbres entre vous et les Égyptiens, et il ramena sur eux la mer et les submergea, et vous vîtes de vos propres yeux ce que je fis aux Égyptiens'. Puis vous demeurâtes longtemps au désert et je vous conduisis au pays des Émorites qui demeuraient au delà du Jourdain, et ils vous combattirent; mais je vous les livrai et vous prîtes possession de leur pays et je les exterminai devant vous *. Alors survint Balaq le fils de Çippôr, roi de Moab, et attaqua Israël ; il fit appeler Bile'am, le fils de Be*ôr, pour vous maudire. Mais je ne voulus point écouter Bile'am et il dut vous bénir*. Et quand je vous eus déhvrés de sa main, et que vous eûtes passé le Jourdain, et que vous fûtes arrivés devant lerî^o, les gens de lerî^o vous combattirent ainsi que les Émorites, les Perizzites, les Cananéens, les Qi^tites, les G'irgas'ites, les ^iwwites et les lebousites *, mais je vous les livrai, et

^ Toutes les tribus et tout le peuple^ sont des phrases qui semblent ne pas trop bien s'allier à ce qui est dit des sheikbs, chefs, juges et officiers. Cette dernière forme de la pensée est plus naturelle, l'autre prédomine dans l'histoire mosaïque. — S'il est dit que l'assemblée se présenta devant Dieu, cela prouve que le rédacteur primitif de ce morceau n'a pas trouvé mauvais qu'il y eût plusieurs lieux saints dans le pays ; le compilateur n'a pas remarqué la contradiction formelle avec la loi qui exige impérieusement l'unité du lieu de culte. Du reste le fond de ce second discours est jéhoviste et résume toute V Histoire sainte,

2 La portée de cette phrase est douteuse. Vos pères étant au pluriel, on a pu en inférer que les trois personnes nommées dans le texte étaient idolâtres et polythéistes. Peut-fitre sera-t-il permis de regarder le nom de Téra^ comme un collectif (ce qu'il est réellement pour la critique historique).

8 Exode XIV, 10. 19 s., 30.

4 Nomb. XXI.

^ Nomb. XXII- XXIV. où cependant il n'est rien dit d'une attaque de Balaq. Le Jéhoviste ne sait rien de l'autre élément de l'histoire de Bile'am (Introduction, p. 190). Il en est de même des combats que ceux de lerî^o auraient livrés aux Israélites.

6 Chap. III, 10. — C'est le résumé des guerres de Canaan.

414 josué xav, id-S8.

j'envoyai le frdon * qoi chassa devant vous te deux rois des sans le secours de votre épée et de votre fp&^ Et je vous 4<nmai un pays que ^wm n'aviez point diMché^ et des villeà^^|id; irim n'avies pas bâties, et vois vous y êtes étabÉs, et vous maageil'te^ fruit des vi^es et des oliviers que ^Mpu^'A^^^.P^ plantés*. -'^tlaifiltt&ant éloignez l'Ëtemel et servez-la^^lpisc^un^^iMière^^^A^^ ékngnes les dieux que vos pères ont adorés ait âdà' du l^iM^^^^ en %ypte% et adorez rËternell Et s'il ne vous convient pa3 d'adorer rÉternél, élKHsissez-vous aijyourd'faui qui vous vouIei^i|||orer, sop^p» dieux é^au delà du fleuve, qu'ont adorés lië pèresf soit le^^^tteux des Émèrites dans le pays desquels vous demeurez r moi et ma maison, nous servirons l'Étemel.

>* Alors le peuple répondit et dit : Loin de nous la pensée de quitter l'Étemel pour adorer d'autres dieux. C'est laheweh qui est ^otre Dieu, c'est lui qui nous a emmenés, nous et nos pères, du pays d'Egypte, de la maison de servitude, qui a fait devant nos yeux ces grands miracles, qui nous a prot^fés pendant notre émigration> au milieu des peuples chez lesquels noua avons passée Cest laheweh qui a chassé devant nous toua^ces peuples, et les Émontes ^demeuraient dans ce pays. Noni' aussi nous voulons servir btfaeweh, car c'est lui qui est notre Dieu.

*' Aloi^ Josué dit au peuple : Voua n'êtes pas à méme^ de B&rm l'Étemel; car c'est un Dieu saint, un Dieu jaloux; il ne vous pardon- Mrà pas vos pédbés et vos transgressions. Si vous quittetf^HlWâËnBl lel ffiB vous adoriez les dieux de l'étranger, il eb viendra à voiei lilpe du mal, et vous exterminera, après vous avoir fait du bien. Et le peuple dit à Josué : Non I c'est laheweh que nous voulons servir.

** Alors Josué dit au . peuple : Vous êtes témoins contre vousmêmes que vous vous êtes choisi TÉternel pour le servir? (Et ils répondirent: Oui, nous le sommes I) Éloignez donc les dieux de

1 Deut. VII, 20. Ex. XXIII, 28.

« Deut. VI, 10 s.

3 Passage remarquable et difficile à concilier avec l'ensemble de Thistoire, qui ne parle pas ailleurs (dans les récits mosaïques) d'un culte idolâtre national/ tout au contraire, des égarements de ce genre sont signalés comme accidentels et exceptionnels. Notre texte constate qu'en Egypte même les Israélites adoraient plusieurs dieux, qu'il s'agissait wain^cfwa»/ d'éloigner. Comp. (Lév. XVII, 1), Amos V, 26. Ëzéch. XX, 7 s, ; XXIII. 3 suiv.

^ Vous n'êtes pas dans les dispositions nécessaires pour vous en tenir à on culte si pur, si dégagé des grossières superstitions qui vous ont été familières jusqu'ici. Encore un passage qui suppose que jusque-là les principes de la religion mosaïque ne s'étaient pas implantés dans les masses. Et c'est bien certainement l'exacte vérité, plus ou moins effacée dans la tradition, dont les récits du Pentateuque sont le reflet. Cette divergence dans le point de vue s'explique par la diversité des époques de la rédaction des éléments de l'ouvrage. Voir le dernier chapitre de l'Introduction.

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