‹ La Bible (volume 4)Chapitre 7 sur 52 · Il enjoint à Moïse de dire cela au peuple · texte numérisé non relu

Il enjoint à Moïse de dire cela au peuple

(Deut. I, 36 Kaleb est nommé comme seul survivant parmi les explorateurs, du nombre desquels Josué est explicitement retranché. Jos. XiV, 7 Kaleb déclare avoir été le seul des explorateurs qui n'ait pas fait peur au peuple, et il dit cela à Josué.)

25, 26 (26, 27). et reviennent après 40 jours en rapportant des fruits.

32, œ (3:3, 34). Ils font du pays une description qui effraie le peuple, surtout par la mention des géants.

XIV, la, 2b. Toute la communauté se met à crier et à dire :

Que ne sommes-nous morts en Egypte !

5-10. Moïse et Abarôn se jettent à teiTc; Josué et Kaleb tâchent de rassurer la communauté, qui veut les lapider. Cependant Jéhova se manifeste au tabernacle.

26, 27. et exprime son mécontentement,

29-35. en prédisant que la génération âgée de 20 ans et audessus lors de l'émigration n'entrerait pas dans le pays de Canaan, Josué et Kaleb exceptés.

Ajoutons que dans Nomb. XXXII, 9 suiv., les deux versions paraissent amalgamées : les explorateurs n'arrivent que jusqu'à la vallée d'Es'kol, mais Josué est du nombre. De même le verset Jos, XIV, 6 a été retouché et est maintenant en contradiction avec ce qui suit immédiatement. Enfin, dans notre chap. XIV, V. 36 suiv., il y a une autre version encore, à ce qu'il semble. Il n'y est question que de la mort de dix des explorateurs, auxquels Josué et Kaleb survivent seuls. Voyez aussi ce qui est dit d'une autre difTérence, ci-dessus p. 46.

Immédiatement après (chap. XVI), nous rencontrons un récit plus caractéristique encore, parce qu'il ne s'y agit pas de deux relations parallèles d'un même fait combinées ensemble, mais de deux faits foncièrement différents, indépendants l'un de l'autre, et n'ayant de commun que l'incident de la rébellion de quelques individus contre l'autorité de Moïse. Malgré cette complète diversité, ils sont enchevêtrés l'un dans l'autre, de manière à rendre le texte actuel presque inintelligible. C'est l'histoire de Qorah, Dalan et Abîram.

V. i... 2... 3. Les Reoubenites Datan et Abiram s'insurgent contre Moïse et lui reprochent de s'arroger la domination sur Israël (V. 13).

4. Moïse se jette à terre, 12-15. et fait appeler Datan et Abiram qui refusent de compamître. Moïse s'en plaint à Dieu.

25-26. Puis il se rend atuc tentes de ces deux hommes, et ordonne aux autres Israélites de se retirer;

27».... ce qui se fait.

27*>-34. Datan et Abîram étant sortis de leurs tentes avec femmes et enfants, la terre s'entre-ouvre et les engloutit vivants.

V. 1.... 2.... 3. Le Lévite Qorab, avec 250 autres de sa tribu (v. ^, 1 7) s'insurge contre Moïse et Aharôn,

5-11. parce qu'il prétend, lui aussi, à la dignité sacerdotale, réservée à Aharôn et à ses descendants. Moïse leur déclare que le lendemain Dieu déciderait.

16-24. Qorab et sa bande sont cités devant le tabernacle ; ils comparaissent et Dieu ordonne à la communauté de se tenir à distance ;

27».... ce qui se fait.

35 suiv. Aussitôt le feu du ciel dévore les 250 hommes et les consume sur place.

La rédaction a si bien confondu les deux faits, qu'à plusieurs reprises elle met ensemble les trois noms (v. 1, 24, 27; XXVI, 9).

Au chap. XXV du même livre, il y a le récit de l'idolâtrie des Israélites. Versets 1-5 on raconte que, séduits par des filles Moabites, ils prirent part au culte de leur dieu Ba'al-Pe or. Sur quoi. Moïse ordonne aux juges de tuer les coupables. A partir du v. 6, le

fait relatif au culte du Ba al-Pe or est raconté autrement ; les femmes Moabites sont remplacées par des Midyanites et la punition est infligée directement par Dieu au moyen d'une peste qui enlève 24,000 hommes. Cette seconde version paraît être incomplète, car elle n'avait parlé que d'un seul coupable, quand tout à coup le grand nombre des victimes change la face des choses. Elle peut être complétée par ce qu on lit au chap. XXXI, où il est question d'une guerre contre les Midyanites et de beaucoup de femmes emmenées captives.

Nous allons terminer par quelques exemples tirés du livre de Josué qui offre les mêmes phénomènes.

Voici d'abord le récit du passage du Jourdain (chap. III, IV). Dès le V. 5, Josué annonce au peuple le miracle qui va s'opérer pour lui faciliter le trajet, tandis que ce miracle ne lui est annoncé à lui-même par Dieu que quelques lignes plus bas. A deux reprises (chap. III, 12 et IV, 2), il est question de douze délégués des tribus, et ce n'est que la seconde fois qu'on apprend pourquoi ils sont choisis. Il leur est enjoint, également à deux reprises, (chap. IV, 3, 5j, de prendre dans le lit de la rivière douze pierres qui doivent être érigées sur la rive cananéenne comme monument commémoratif. Au v. 9, les douze pierres sont placées au miUeu de la rivière même, à la place où les prêtres s'étaient arrêtés avec Tarche, et c'est de cette même place que, d'après le V. 3, ces pierres avaient dû être enlevées. Au v. 11, les prêtres porteurs de l'arche sortent de la rivière après le passage du peuple, etauv. 16 seulement Josué leur ordonne de sortir. Il faut remarquer en outre que dans cette dernière occasion l'arche est désignée par un autre nom qu'auparavant. Tous ces détails trahissent la main de plusieurs narrateurs.

Au chap. VIII, où il s'agit du siège de *Aï, il est parlé deux fois d'une embuscade placée à l'ouest de la ville. Au v. 3, elle est (le 30,000 hommes, au v. 12 de 5000. Au v. 19, la ville est surprise par les gens de l'embuscade, qui y mettent le feu pendant que les assiégés font une sortie, et au v. 28, c'est le corps d'armée de Josué qui brûle la ville après la victoire complète.

Au chap. X, Josué remporte une éclatante victoire sur les cinq rois cananéens et puis il rentre dans son camp de G'ilgal (v. 15). Immédiatement après (v. 21), il est encore sur le champ de bataille et fait exécuter les cinq rois qui s'étaient réfugiés dans une caverne du voisinage. Plus loin (v.37), l'un de ces rois est assiégé dans sa propre ville et y périt par la main des conquérants.

Jusqu'ici nous avons choisi lous les exemples de répétitions, tant concordantes que contradictoires, ainsi que ceux de combinaisons de plusieurs éléments en un texte unique et continu, dans les parties historiques de l'ouvrage exclusivement. Ce n'est pas cependant seulement de ce côté-là qu'on les trouve. Il y en a tout autant à recueillir dans les textes législatifs, et nous estimons que cette autre série est plus importante encore que la première. Car un grand nombre de savants modernes ont pensé que, s'il fallait renoncer à attribuer à Moïse la rédaction de notre Pentateuque, il y aurait lieu du moins de revendiquer pour lui la gloire qui peut et doit revenir au législateur. Le code mosaïque serait ainsi la partie la plus ancienne, l'élément authentique de la grande composition qui nous est parvenue, et l'on croyait pouvoir sacrifier le reste comme une foçme plus récente de la rédaction.

Nous aussi, nous sommes d'avis que cet autre élément prime le premier à certains égards, mais nous ne croyons pas qu'on puisse les scinder d'une manière rigoureuse, surtout dans l'état actuel des textes, peut-être pas même en théorie. Nous pensons plutôt que les deux éléments sont également propres à nous faire connaître les idées religieuses et morales, les principes de droit et les phases de la civilisation du peuple Israélite. L'histoire elle-même est tout imprégnée de ces idées et de ces principes. Ce qui, à notre gré, assure à la partie législative une importance majeure, c'est que les données qu'elle fournit à la critique sont de beaucoup plus positives et plus propres à la guider dans ses recherches que ne peuvent l'être des traditions populaires qui tiennent quelquefois de si près à la poésie.

Mais, par cette raison même, nous serons ici très-sobre de citations. De tout temps nous avons été convaincu que ce n'est que par l'étude de la législation qu'on peut arriver à des résultats suflSsamment sûrs quant à la fixation chronologique, soit des différentes parties constitutives du Peutateuque, soit de sa rédaction définitive. Les longs tâtonnements qui ont fait tomber la critique en discrédit proviennent surtout de ce qu'on a tant tardé à attaquer le problème de ce côté-là. Nous comptons largement user de cette autre classe de textes quand nous en viendrons à la

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