‹ La BibleChapitre 12 sur 61 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

(Hébr. LXXIII. Grec LXXII.)

Dieu n'est que bonté pour Israël,

Pour ceux qui sont purs de cœur.

Mais moi, peu s'en est fallu que mes pieds ne bronchasseal,

En moins de rien mes pas allaient y^lisser.

C'est que je portais enrie aux orgueilleux,

En voyant le bonheur des méchants, Car il n'y a pour eux aucune douleur :

Leur corps est sain et gras.

Des peines des hommes ils n'ont point leur part,

Ils ne souffrent pas conune les auti^es mortels. Aussi l'insolence est-elle leur parure,

Et le manteau qui les couvre, c'est le crime.

Ils sont bouflis de graisse et d'iniquité.

De mauvaises pensées leur cœur déborde.

En ricanant ils parlent du mal qu'ils font,

De leur violence ils parlent avec hauteur. De leur bouche ils affrontent le ciel,

El leur langue se démène sur la terre : Aussi son peuple se tourne<-t-il de ce c6té«là.

Pour se gorger d'eau en abondance.

Us disent: « Comment Dieu le saurait-il?

Le Très-Haut en prend-il connaissajice ? Voyez plutôt (-es méchants-là ;

Toujours à l'aise ils amassent des biens. C'est bien en vain que j'ai gardé mon cœur pur,

Et lavé mes mains en innocence — Je suis pourtant frappé jour par jour.

Et mes épreuves reviennent chaque matin ! ï>

Si j'avais dit: Je veux parler comme eux!

Certes j'aurais trahi la race de te^ enlkntv. Je réfléchis donc pour comprendre cela :

C'était une calamité à mes yeux, .....

PSAUME LXXllI.

Jusqu'à ce que, pénétrant dans le sanctuaire de Dieu,

Je lisse attention à leur destinée finale. Oui, tu les places sur des pentes glissantes,

Tu les fais tomber en ruines.

Ah! qu'ils sont dans la désolation inopinément!

Us finissent, ils périssent avec terreur. Ck)mme un rêve après le réveil, 6 Seigneur, '

Tu chasses avec mépris leur tantôme, en te relevant. Quand mon cœur s'aigrissait, >'

Et que je sentais la douleur dans mes entrailles, J'étais comme une brute sans intelligence,

J'étais .comme les bêtes vis-à-vis de toi !

Mais avec toi je veux rester sans cesse ;

Tu me saisis par ma main droite.

Par ton conseil tu me dirigée.

Tu me conduis dans le chemin de la gloire. Qui aurais-je dans les cieux?

Hors de toi je n'ai point de plai3ir sur la terrée Que ma chair et mon cœur se consument.

Mon asile, mon partage, c'est Dieu à jamais !

Car sûrement ceux qui s'écartent de toi périssent.

Tu anéantis quiconque t'est infidèle. '

Mais moi, être près de Dieu, c'est mon bonheur; ' " ' '' Dans le Seigneur laheweh je mets ma confiâne^.

En racontant toutes tes mànife^stations. •' î "^

Pour le fond, ce psaume a beaucoup d'analogie avecle XXXVIP : nme celui-ci il cherche à rassurer le pieux Israélite, dau3 le Iheur, à Tégard des voies mystérieuses de la proyîjdence. La en la justice de Dieu triomphe des doutes provoquiéa paf le iiheur des méchants. . ,

Le poëme commence par une. exposition claire du projjlèusie à oudre, et Ton voit tout de suite qu'il ne s'agit pas d'une itinée individuelle, mais d'une situation générale. Les pieux aéhtes, purs de cœut\ c'est-à-dire attachés à Jéhova^ sont posés aux argu^lhnx et aux itbèchâ/iUs^ qui le renient, soit ils deviennent indifférents au culte de leurs pè^s, soit ils passent positivement dans les rangs des païénâ, soit qu'ils

s'y trouvent déjà par leur origine même. Ces derniers sonUes heureux du moment, ils lèvent la tète bien haut, ils oppriiaenile8 autres (str. 2 et 3)^

En présence d un pareil spectacle, le fidèle risque de dooter de la justice de Dieu, qui pourtant n'est que bonté pour soi peuple. Peu s'en faut que ses pieds ne bronchent^ c*est-à-dire, qu'il ne perde sa ferme conviction et qu'il ne se laisse entraîner aux murmures de l'incrédulité. Car autour de lui il ne voit que la prospérité et l'outrecuidance des méchants. Celles-ci sont peintes tant en termes propres qu'en figures. L'embonpoinl corporel est l'image de l'insensibilité. (En disant: Bouffis it f/raisse et d* iniquité, nous suivons la leçon des LXX, qui mettent textuellement : leur iniquité sort de leur graisse; tandis que riiébreu porte: leur œil sort de la graisse. On voit que la première leçon est plus expressive et plus conforme au parallélisinc ; il n'y a du reste, entre Vœil et V iniquité, que la différence d'un yod et d'un loaw, deux lettres on ne peut plus souvent substituées l'une à l'autre.)

L'un des effets les plus déplorables de cet état de choses, c ed que beaucoup d'Israélites se laissent séduire par les apparences. ilon peuple (le peuple de Dieu) se tmirne de ce câté-là, ftil cause commune avec les oppresseurs, pour se garger d'eau^ pourboire à cette coupe enchanteresse du bonheur mondain, pour s*y désaltérer. Car les privations de toute espèce peuvent ître OHBpaiées à la soif. Les sentiments des malheureux qui se laissent^ séduire ainsi, sont exprimés dans la 4* strophe.

Dans la 5'' le poëte reprend la parole. Il ne veut pas s'associer à de pareils regrets, car en le faisant il trahirait son peuple etson Dieu. Il aime mieux tourner son regard d'un autre côté poor trouver la solution de cette grande énigme des destinées humaine en apparence si injustement réglées. Il arrive à pénétrer dM ^ sanctuaire, à comprendre les voies de Dieu, à se convaincre qu*il ne faut pas s'arrêter au moment présent, mais attendre la fin des choses qui remettra tout en ordre. En effet. Dieu finit pardonner à chacun ce qu'il mérite. Le méchant n'échappe pas à sa vengeance, le juste finit par triompher. A ce point de vue, Vî^omine pieux ne peut que déplorer toute opinion qoutrairç. Eo eftt

1 Dans le 2* distique de Ib seconde strophe nous ohèiigeoM 1*- eotipe ém k* et des lignes {latno tam). Le texte reçu {lentottun) est induk: jota^'è Icnr^iÉort.

celui dont le coeur aigri contemple avec jalousie le bonheup des méchants, n'est pas meilleur qu'un être sans raison : il parle bien sottement de la providence. Une fois ce sentiment vaincu, il reprend confiance, il sait que Dieu le conduit dans la voie du sedut.

(Hébr. LXXIV. Grec LXXIIl.)

Pourquoi, ô Dieu, ne cesses-tu de nous i-epousser?

De rallumer ton courroux contre le troupeau de ton pacage? Souviens-toi de ton église que tu as acquise jadis, Que tu as rachetée comme ta propre tribu.

De la montagne de Sion dont tu as fait ta demeure ! Dirige tes pas vers ces ruines sans cesse nouvelles ;

L'ennemi a tout dévasté dans le sanctuaire.

Tes adversaires hurlent dans Tenceinte de tes parvis;

Conmae emblèmes, ils y ont placé les leurs. On pe^tJes voir, pareils au bûcheron

Qui brandit la hache dans un fourré du bois — .Ainsi à l'envi ils en brisent les sculptures,

A coups de marteaux et de cognées.

Jtls' ont mis le feu à ton Heu saint;

Ds ont abattu et profiané la demeure de ton nom. Ils disent dans leur cœur : Écrasons-^les tous !

. Ils onJt brûlé tous les lieux de culte dans le pays. >

.^08 (emblèmes, npus ne les voyons plus, . Il n'y a plus de prophète, Et, personne d'entre nous ne sait jusqu'à quand .... ?

Jusqu'à quand, ô Dieu, l'ennemi t'insultera-t-il? Gontinuera-t-il à outrager ton nom?

• Pourquoi retires-tu ta main ?

, Dégage ta droite de ton sein et anéantis-les !

Pourtant Dieu est mon roi depuis longtemps,

'Apco'mplïssaht ses délivrances sur la terre! 'tl'est toi qui as divisé la mer par ta puissance,

Et brisé les têtes des monstres dans les ondes. C'est toi qui as fracassé la tète du crocodile : Et l'as jeté en pâture aux bètes du désert.

C'est toi qui as l'ait jaillir la source et le ruisseau;

C'est toi qui as mis à sec les courants intarissables. De toi relève le jour, de toi la nuit.

C'est toi qui as disposé le soleil, Tasti-e lumineux. Toi, tu as fixé les limites de la terre:

L*été et riiiver, c'est toi qui les as faits.

Songes-y ! L'ennemi insulte l'Éternel ;

Un peuple impie outi'age ton nom.

Ne livre pas ta tourterelle à cette troupe avide!

Ta ti*oupe malheureuse, ne l'oublie pas toigours! Aie égard à ton pacte! Tous les l'ecoins du pays

Sont l'emplis de repaires de scélérats.

Puisse le malheureux ne pas revenir dé^ru!

Puisse l'humble et le pauvre glorifier ton nom! Lève-toi, ù Dieu! plaide ta cause!

Songe aux insultes que Timpie te tait chaque jour ! N'oublie pas les cris de tes advei*saires.

Les clameui*s des rebelles, qui s'élèvent sans cesse !

Ce psaume est, au point de vue de la critique historique, le plus important de tous, parce que, mieux qu*aucuQ autre, il prouve de la manière la plus irréfragable et la plus péremptoire, que la collection des cantiques de la synagogue, telle que nous b l)ossédous, contient des pièces composées à l'époque du soulèvement des Machabées, et que par conséquent Topiniou traditionnelle qui attribue à Esdras la clôture du canon de l'Ancien Testament repose sur une erreur.

En effet, notre texte parle d'une dévastation du sanctuaire de Jérusalem, dont les sculptures sont brisées à coups de marteau et de hache ; on y a même mis le feu ; mais l'incendie ne peut avoir été que partiel, puisque le culte païen y a remplacé le culte de Jéhova. Les Israélites sont spectateurs de cette profanation; de la destruction de la ville elle-même il n'est pas questioD. En général, la description des malheurs dont le poëte se plaint ne rappelle en aucune facjon l'époque de Neboukadreççar, ni, à pins forte raison, aucune époque antérieure. Cependant tous ces indices sont plutôt négatifs et ne peuvent servir qu'à exclure ta événements de l'histoire antérieure à l'exil. Il y en a deux autrea<[Ui nous obligent de descendre jusqu'aux odieux attentatâ d'Âotiochns Épiphane. C'est d'abord le regret du poëte qu'il n'y ait plus de

prophète en Israël, ce qu'un contemporain de Jérémie ne se serait jamais permis de dire, et ensuite le fait de la destruction de Um^ ïes lietix de culte dans le pays. Du temps de la catastrophe de 588, il n'y avait qu'un seul lieu de culte autorisé en Palestine ; les autres, s'il y en avait encore, étaient regardés comme contraires à la loi, et le pieux roi Josias avait mis tout son zèle à les faire disparaître. Ceux que les païens ont trouvé à détruire et de la destruction desquels notre poète a pu se plaindre, ne peuvent avoir été que les synagogues, dont l'origine ne remonte pas au delà de l'époque d'Esdras, mais qui étaient déjà trèsnombreuses dans la période macédonienne. Du reste, il n'est point encore question ici d'une insurrection à main armée contre une puissance étrangère : les Juifs en sont encore à implorer l'aide du ciel sans essayer de s'aider eux-mêmes. Or la levée de boucliers deMattatya eut lieu en 167, la première irruption hostile d'Antiochus à Jérusalem en 170 avant Jésus-Christ. C'est entre ces deux années qu'il faudra placer la composition du psaume. Nous préférerions nous arrêter au second sac de la ville, qui eut lieu en 168. Voyez 1 Macc. IV, 38. 2 Macc. I, 8; VHI, 33.

A ce point de vue le texte n'offre aucune obscurité. La première strophe nous apprend que la triste situation de Jérusalem date déjà dé quelque temps ; que les traces de la première invasion ûè sont pÉtà encore effacées, peut-être que la seconde plus cruelle enéôte est déjà un fait accompli. Les deux strophes suivantes peignent en détail les dégôts commis au satactuaire, profané parles ^mdtéMès don culte* étranger. L'autel de Jébova avait été surmonté d'un autel de Jupiter, et, comme cela va sans dire, le culte dti vrai Dieu avait forcément dû cesser. Les strophes 5 et 6 rappellent, selon l'usage, les miracles de l'histoire sainte, la traversée de la Mer rouge, dans laquelle périt Pharaon avec son afrmëer, dont les cadavres, rejetés par la mer, deviennent la proie des bétés ftiuves (pour la métaphore, voy. Ps. LXVIII, 31); puis le irajet dn désert et le passage du Jourdain ; enfin aussi la touteptiissant^ de Dieu manifestée dans le gouvernement de la nature.

^'tl tr'y tt qu'une seule phrase dont le sens reste incertain : c'est te'SecêWi distiqtte'del'avant-derrlière strophe, au sujet de laquelle iéè <liW'i)ériérit' d'Une fa We dams le texte, les autres d'une irréguiWité' i^iràmtiïôticale. Il y a surtkîïU^t tin mot, sur la signification dU^trel'Iieè întéi?|yrètè8 ne s'accordent pas: "Ge mot (^«yyrt'^) signifie vie rttWihèl. troupe: et chacune de ces significations a été tour à

tour employée pour trouver un seos plausible à la phrase. U nous semble qu'en tout cas on doit employer le même sens dans les deux hémistiches. Nous avons adopté celui que nous avons aussi préféré au Ps. LXVIIL 11. La comparaison du peuple inc^ensif et désarmé avec une tourterelle ne se rencontre pas ailleurs.

(Hébr. LXXV. Grec LXXIV.)

Nous te glorifions, ô Dieu, nous te glorifions :

Ton nom nous est familier, tes merveilles le proclament.

«Quand je choisis mon moment,

Je rends bonne justice :

La terre s'écroule-t-elle avec ses habitants,

Moi j'en affermis les colonnes.»

Je dis donc aux arrogants : Cessez de l'être !

Aux méchant^; : Cessez de lever la fête I Cessez de lever la tête si haut.

De parler insolemment en raidissant le cou !

Car ce n'est ni du levant ni du couchant,

Ni du désert des montagnes

Mais c'est Dieu qui gouverne :

Il abaisse l'un, il élève l'autre.

Oui, l'Éternel tient une coupe à la main.

Remplie d'un breuvage, d'un vin écumant :

Il en verse — et tous les scélérats du pays Le boiront, jusqu'à la lie !

El moi je le proclamerai toujours.

Je psalmodierai au Dieu de Jacob. J'abattrai les cornes des impies.

Et les cornes du juste se redresseront.

Le ton du psaume est bien différent de celui du précédent. U* c'était la plainte du désespoir ; ici, ce sont évidemment des acc^^^''fe de triomphe et d'assurance. Nous supposerons donc que cT^^c pièce se rattache à l'un des premiers succès obtenus daa^^* guerre de l'indépendance, et qui en faisaient espérer d'autres pl^s décisifs encore.

Le poème n'est pas sans mouvement lyrique. Après un court préambule, dans lequel le sentiment de gratitude nationale se fait jour d'une manière on ne peut plus simple, la situation nouvelle est très-bien caractérisée par quelques lignes mises dans la bouche même de Jéhova, et qui expriment cette pensée : Il ne faut jamais perdre courage ; Dieu choisit son moment pour intervenir, et quand tout semble perdu, c'est lui qui amène le salut. Plusieurs commentateurs rattachent la troisième strophe à ce discours. Le fait est que le texte ne décide rien à cet égard. Toujours est-il que les arrogants, comme plus loin les scélérats et les impies, sont nécessairement les païens et ceux qui font cause commune avec eux. (Lever la tête, Ûtt. : la corne, comp. 1 Macc. II, 47 suiv.)

La strophe suivante est un peu obscure, par suite de l'emploi d'une figure de rhétorique peu commune : le poète n'achève pas sa première phrase, et énonce sa pensée par une tournure nouvelle. Il veut dire : l'homme pieux n'attend point son salut de la puissance de ses semblables (de différents points de l'horizon terrestre, le désert montueux représentant ici le sud, surtout parce que l'ennemi venait du nord), mais de Dieu seul, qui dispose souverainement des destinées des rois et des empires.

Pour l'image de la coupe remplie du vin de la colère de Dieu, voyez Jér. XXV, 15, etc. Celle de la corne, pour la puissance, est également d'un usage fréquent.

(Hébr. LXXVI. Grec LXXV.)

Dieu s'est fait connaître en Juda,

En Israël son nom est grand.

Son tabernacle est à Salem, #

Et sa demeure au Sion.

Là il a brisé les foudres de l'arc,

Bouclier, glaive et bataillons.

Tu brilles de gloire au-dessus de ces antiques montagnes.

Dépouillés, les vaillants guerriers Ont été plongés dans leur sommeil ;

Ces soldats tous ont été impuissants.

Devant ta menace, ô Dieu de Jacob,

Ils se sont assoupis, chars et chevaux.

256 PSAUME LXXVl.

Ah, que tu es terrible, toi !

Qui subsisterait devant toi quand tu t'irrites? Du haut du ciel tu fis entendre ton arrêt :

La terre s'elTraya et se tint tranquille. Quand Dieu se leva pour le jugement,

Pour sauver tous les humbles du pays.

Oui, la fureur des hommes tourne à ta gloire.

Tu as la tienne en réserve, pour t'en armer. Faites des vœux et acquittez-les à l'Éternel votre Dieu î

Que tous à l'entour apportent des dons au Redoutable! Il met fin à l'orgueil des princes.

Il est redoutable aux rois de la terre.

Pour la forme, ce psaume présente une versification plus régulière que beaucoup d'autres, bien que les lignes ne soient pas d'égale longueur. Quant au sens, nul doute qu'il n'ait été composé pour célébrer une victoire. Mais le texte ne fournit aucune indication propre à déterminer l'événement ou l'époque qui l'aurait inspiré. Seulement on peut dire que la désignation des Israélites, cx)mme les humbles du pays, nous ramène à la période de la dépendance à l'égard de l'étranger. Puis le voisinage d'autres psaumes, plus faciles à classer chronologiquement, est également un argument à faire valoir dans le même sens.

La 1*^ strophe (dans laquelle Salem est sans doute une forme poétique pour Jérusalem) ne veut pas parler d'une bataille livrée sous les murs de cette ville ; mais c'est de là que Jéhova pari, comme de son quartier-général, pour mener son peuple à la victoire. Les foudres de Tare sont les flèches.

Dans la 2*^ strophe il y a deux points douteux. D'abord nous avon^mis (d'après les LXX) les montagnes atitiques, c'est-à-dire précisément les hauteurs de Jérusalem, considérées comme résidence de Dieu, à la place des montagnes de /?m^, qu'offre le texte hébreu, et dont les commentateurs ne savent que faire. Comme ce mot et ses dérivés s'emploie surtout des bêtes sauvages, il faudrait admettre que le poêle a voulu comparer Jéhova à un lion (Amos I, 2, etc.), qui de Sionsejetterait sur les ennemis de Juda, pour les déchirer. — Au lieu de : imjniissarUs^ l'original dit i la lettre : ils n'ont pas trouvé leurs mains, ce qui doit signitief peut-être qu'ils ne savaient plus s'en servir.

PSAUME LXXVll. 257

n la seconde ligne de la dernière strophe est d'un sens trèslin. Noire traduction exprime cette idée que la force agresî Dieu est toujours plus grande que celle de ses adversaires. !S d'autres, le reste de la fureur serait celui de Tennemi, rnier effort, qui ne servirait qu'à provoquer de nouveaux de la part du Très-Haut.

(Hébr. LXXVII. Grec LXXVI.)

Ma voix s'élève à Dieu pour crier,

Elle s'élève à Dieu, pour qu'il m'écoute. Au jour de la détresse je cherche le Seigneur, Li nuit ma main est étendue sans cesse, Mon âme refuse de se consoler.

Je songe à Dieu et je gémis, Je médite et mon esprit se désespère.

Tu tiens mes paupières ouvertes ;

Je suis troublé et ne puis parler.

Je pense aux jours d'autrefois,

Aux années des temps anciens.

Je songe la nuit à mes accords,

Je réfléchis dans mon cœur Et mon esprit médite.

Le Seigneur nous repoussera-l-il toujours?

Ne nous rendra-t-il plus sa faveur?

Sa grâce est-elle épuisée à tout jamais?

En est-ce fait désormais de sa parole?

Dieu a-t-il oublié ses bontés?

A-l-il comprimé sa pitié par la colère?

Et je me dis ; Voici ce qui me tranquillisera :

Les années de la droite du Très-Haut ! Je me souviens des hauts faits de l'Étemel, Quand je songe à tes merveilles d'autrefois. Je médite sur toutes tes œuvres, Je réfléchis à tes exploits.

T. — 5' part. 1*7

Dieu I tes voies sont saintes :

Quel dieu est ^and comme ce Dieu?

Toi, tu es le Dieu qui fait des merveilles. Tu as fait connaître ta puissance parmi les nations.

Par ton bras tu as racheté ton peuple, Les enfants de Jacob et de Joseph.

Les eaux te virent, à Dieu !

Les eaux te virent et tremblèrent.

Les ondes bruyantes s'émurent,

Les trombes versèrent leurs eaux.

Les nuages firent retentii leur voix;

Tes traits s'élancèrent de toutes parts,

Ton tonnerre mugit dans le tourbillon.

Les éclairs rayonnèrent sur la terre^

Le .sol s'émut et trembla.

C'est par la mer que passa ton chemin,

Ton sentier à travers les vastes eaux,

Où tes vestiges disparaissaient.

Tu conduisis ton peuple comme un troupeau

Par la main de Moïse et d'Aharôn. '

Les deux premières strophes forment Texorde ci expriment un sentiment de tristesse et d*angoisse au sujet des malheur» présents de la nation. Les trois strophes suivantes cherchent l^ consolation et le secours auprès de Dieu qui a été jadis le libéra — teur d'Israël. Enfin une brillante description du passage de laMcr^ ^ rouge, rattachée à cette idée d'une consolation à puiser dan -* rhistoirc, termine le poëme. Il est évident par tout ce contexi — -^ qu'il ne s'agit pas d'un malheur individuel, mais d*une calamit nationale, et la personne qui parle est bien le peuple.

La première partie n'offre absolument aucune difficulté. paupièirs ouvertes représentent les préoccupations qui empêchenc" le sommeil. Je songeâmes accords, veut dire : ne pouvant dormii je prends mon instrument, je médite une poésie, je compose je chante. Et ce chant, c'est ce qui suit.

Il n'y a d'obscur que le premier distique de la 4*" strophe, qui * été très-diversement compris. Notre traduction exprime cell pensée, que le pieux Israélite puise sa consolation dans les sol-^' venirs nationaux, en songeant aux années où la droite de Jéliow * se montrait si miraculeusement protectrice. La suite conlirme^^ sens, car il y (*st question do hauts faits et à'antre/bis, Ordinai-

!ment on donne à cette phrase un tout autre sens : C'est là ma nne, que la droite de Dieu ait ckanffé, c'est-à^ire, c'est là •écisément ce qui me tourmente que les merveiUes des anciens mps ne se renouvellent pas.

Le passage de la Mer rouge est représenté ici comme effectué )us la direction personnelle de Dieu, qui manifeste sa présence \v l'orage.

(Hébr. LXXVIII. Grec LXXVII.)

Mon peuple, écoute mon enseignement !

Prêtez l'oreille aux paroles de ma bouche I Je veux ouvrir ma bouche pour Tinstniction,

Je vais proposer les leçons de l'antiquité. Ce que nous avons entendu et appris.

Ce que nos pères nous ont raconté, Nous ne le cacherons point à leurs enfants,

A une génération future.

Racontant les louanges de l'Éternel,

Sa puissance et les miracles qu'il a faits.

■ . .■■"'■ '. , n établit un statut à Jacob,

Il institua une loi en Israël, Qu'il prescrivit à nos pères

Pour la transmettre à leurs enfants.

Afin que la génération suivante la sût, '

Que les enfants qui devaient naître "' '

Allassent l'annoncer à leurs neveux, . -^ :i

Afin qu'ils missent en Dieu leur confiance, '1

Et n'oubliassent pas les hauts faits de Dieu,

Mais gardassent ses commandements ; Qu'ils ne fussent point, comme leurs pères,

Une génération revéche et rebelle, Une race n'ayant pas le cœur ferme.

Et dont l'esprit ne fût pas fidèle à Dieu.

Les fils d'Éphraîm, armés en archers.

Ont tourné le dos au jour du combat.

Ils n'ont point gardé l'alliance de Dieu,

Et ont refusé de marcher selon sa loi. Us oublièrent ses exploits

Et les miraclas qu'il leur avait fait voir.

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