LIVRE CINQUIEME
(Hébr. CVII. Grec CVI.)
Louez l'Étemel, car il est bon, Car sa grâce dure à jamais.
Qu'ainsi disent les rachetés de TÉternel,
Qu'il a rachetés de la main de l'ennemi,
Et qu'il a rassemblés de tous les pays.
Du levant au couchant, du nord et de l'oues't.
Ils erraient au désert, dans la solitude sans chemin. Sans trouver un lieu de séjour :
En proie à la faim, à la soif.
Leur âme allait défaillir.
Dans leur détresse ils crièrent vers l'Éternel, Et de leurs angoisses il les délivra : Il les guida dans le droit chemin Pour les faire arriver à un lieu de séjour.
Qu'ils célèbrent la grâce de l'Éternel, Et ses merveilles en faveur des hommes : Car il a rassasié les âmes altérées.
Et comblé de biens ceux qui avaient faim.
Ils demeuraient dans les ténèbres et dans l'obscurité. Retenus dans la misère et dans les fers, Parce qu'ils avaient été rebelles aux ordres de Dieu, Et qu'ils avaient méprisé l'avis du Très- Haut.
Mais il humilia leur cœur par la souffrance. Ils succombèrent faute de secours —
Dans leur détresse ils crièrent vers l'Étemel, Et de leurs angoisses il les retira :
Il les fit sortir des ténèbres et de l'obscurité, Et brisa leurs chaînes.
Qu'ils célèbrent la grâce de TÉternel, Et ses merveilles en faveur des hommes Car il enfonça les portes d'airain, Et mit en pièces les verroux de fer.
Les insensés, pour leur conduite rebelle,
Pour leurs méfaits, furent accablés de peines : Ils avaient en horreur la nourriture même, Et touchaient aux portes de la mort.
Dans leur détresse ils crièrent vers l'Étemel, Et de leurs angoisses il les retira :
Il dépêcha sa parole pour les guérir, Et les fit échapper à leurs tombeaux.
Qu'ils célèbrent la grâce de l'Éternel, El ses merveilles en faveur des hommes : Qu'ils immolent des sacrifices de louange Et racontent ses œuvres avec allégresse !
Descendant sur la mer dans des navires.
Faisant le négoce sur les vastes eaux.
Ils voyaient les œuvres de l'Éternel
Et ses merveilles sur l'océan.
Il (lit, et excita le souffle de Touragan,
Qui souleva ses vagues.
lU montaient au ciel, plongeaient dans l'abîme,
Leur âme défaillait dans le péril.
Ballottés, ils chancelaient comme dans l'ivres.^îe,
Et c'en était fait de leur savoir. Dans leur détresse ils crièrent vers l'Éternel,
Et de leurs angoisses il les fit sortir :
Il aiTèta la tempête par le calme.
Et les vagues se turent.
Ils se réjouirent de ce qu'elles étaient apaisées,
Et il les conduisit au port désiré.
Qu'ils célèbrent la grâce de l'Éternel, El ses merveilles en faveur des hommes :
Qu'ils l'exaltent dans l'assemblée du peuple, Qu'ils le glorifient dans la réunion des citoyens!
11 changea les rivières en landes^ Les cours d'eau en sol aride^ La terre fertile en désert, A cause de la méchanceté des habitants. Il changea la lande en un bassin d'eau, Et de la terre desséchée il fit jaillir des soui'ces.
Il y établit les affamés,
Pour y fonder un lieu de séjour.
Ils ensemencèrent les champs, plantèrent des vergei-s,
Et en recueillirent les fruib?.
Il les bénit, et ils se multiplièrent beaucoup ; Il n'amoindrit point leurs bestiaux.
Ils étaient amoindris et écrasés
Par l'oppression, le malheur et le chagrin. Déversant le mépris sur les nobles, Il les faisait errer par une soUtude sans chemin. Mais il relève le pauvTe de l'affliction. Et rend les familles semblables aux troupeaux.
Les justes le voient et se réjouissent,
Et la méchanceté a la bouche fermée.
Quiconque est sage observera cela, Et fera attention aux grâces de l'Éternel.
La situation représentée par ce psaume est parfaitement claire. Israël jouit de nouveau de la paix et du repos dans sa patrie après de longues et dures tribulations. C'est Tantithèse de ces deux états qui fait le fond du poëme. Celui-ci est divisé en plusieurs tableaux parallèles séparés par un refrain, ou plutôt par deux refrains, qui donnent à la plus grande partie de cette composition un caractère marqué de régularité artificielle, malgré l'inégale longueur des groupes ou strophes. Cette régularité partielle explique aussi comment plusieurs commentateurs sont arrivés à penser que la dernière partie du psaume, où elle manque, pourrait être une addition postérieure. Cependant la stricte élégance des formes est si rarement observée par les psalmistes, que le fait en question ne suflBt pas pour démontrer rinautbenticité de la fin.
La première strophe compare les Israélites à des voyageurs qui, après avoir erré dans le désert, sans asile et sans ressources, retrouvent enfin heureusement un lieu où ils peuvent rester. La seconde les représente comme des captifs ; la troisième s'arrête à Tallégorie d'une maladie mortelle où le malade refuse la nourriture et périt d'inanition. Nous supposons que, dans ces trois tableaux, l'auteur parle des Israélites en général et ne veut pas distinguer des catégories qui auraient eu un sort différent. Du moins cette distinction n'est indiquée par rien du tout dans le texte.
Le doute, à cet égard, est permis pour la quatrième strojic qui décrit d'une manière très-pittoresque les périls d'un voyage maritime. Est-ce là aussi une allégorie, comme celles de la maladie, de la captivité et du désert (et la littérature moderne en offrirait des exemples), ou bien la mention du rUgoce nous forcerait-elle d'y voir de la simple histoire? Sans doute plus d'un juif palestinien pouvait avoir peur de la mer, mais était-ce ïn le cas de mettre des négociants, voyageant* par mer pour leurs affaires, sur la même ligne que des prisonniers, des moribonds et des gens périssant de soif dans les sables du désert? Nous croyons donc plutôt qu'il faut donner la préférence à une înterprétatioo analogue à celle des strophes précédentes. Le retour heureux à la terre ferme après les dangers d'un ouragan en pleine mer peint parfaitement le rétablissement d'une nation longtemps malheoreuse.
Enfin, quant aux dernières strophes, où il est plutôt question du pays que des populations, nous y voyons aussi un tableau idéal des anciens châtiments et de la restauration subséquente. Les ruisseaux changés en landes, et les landes changées ensuite en ruisseaux, sont évidemment des images de convention (Es. XLI, 18) pour les deux phases de la destinée du peuple. Du reste, cette dernière partie surtout fait voir que l'auteur, en fait de formes poétiques, avait épuisé son propre fonds ; il emploie ici des phrases entières copiées dans des ouvrages plus anciens. Ainsi le v. 40 appartient au livre de Job (XII, 21, 24) ; il en est de même du 42^ (V, 16), et le dernier est pris à Osée (XIV, 10;.
(Hébr. CVIII. Grec CVII.)
Ce psaume se compose de deux fragments que nous avons vus sous les n*** 57 et 60 (Hébr. LVII et LX) avec quelques légères variantes que nous avons notées ci-dessus. Il est difficile de dire pourquoi on a soudé ensemble ces deux morceaux qui n'ont au fond rien de commun. Est-ce une combinaison faite de propos délibéré par un compilateur, ou bien la nouvelle forme doit-elle son origine au hasard, à quelque méprise ? En tout cas elle a existé à Tépoque où les inscriptions ont été mises en tête des diverses pièces.
(Hébr. CIX. Grec CVIII.)
0 Dieu que je glorifie, ne reste point muet !
Car ils ont ouvert contre moi
La bouche de la méchanceté et de la fraude ;
Ils ont proféré contre moi des discours mensongers.
De paroles de haine ils m'entourent,
Ils me font la guerre sans motif.
En retour de mon amour ils m'accusent.
Et moi je ne sais que prier.
En retour du bien ils me chargent de mal.
Ils me rendent la haine pour Tamour.
Décrète contre lui : Coupable !
Que l'accusateur se tienne à sa droite ! Quand il plaide, qu'il s'en aille condamné, Et que sa prière devienne un péché !
Que ses jours soient peu nombreux, Et qu'un autre s'empare de sa fortune f Que ses enfants deviennent orphelins.
Et que sa femme devienne veuve !
Que ses fils aillent errer en mendiant, Et quêter loin de leurs demeures en ruines.
Que le créancier se saisisse de tout son avoir Et que des étrangers pillent ses épargnes î Qu'il n'ait personne qui lui conserve de l'affection. Que nul ne fasse l'aumône à ses orphelins î Que sa postérité soit exterminée.
Que leur nom soit effacé à la prochaine génération ! Qu'on rappelle à l'Éternel le crime de ses pères , Et que le péché de sa mère ne soit point eilacé I Qu'ils soient toujours présents à l'Ëternel, Pour qu'il anéantisse leur mémoire sur la terre.
Puisqu'il n'a pas songé à pratiquer la charité, Mais qu'il a persécuté à mort le pauvre au cœur navré. Il a voulu la malédiction : elle l'atteint I Il a dédaigné la bénédiction : elle le fuit ! Oui, comme un vêtement la malédiction l'enveloppe. Comme de l'eau, comme de l'huile, elle pénètre son corps. Qu'elle soit pour lui l'habit dont il se couvre, La ceinture qui ne le quitte plus !
Voilà le salaire de mes accusateurs de la part de l'Éternel, De ceux qui parlent méchamment contre moi.
Mais toi, Dieu mon seigneur, assiste-moi pour l'amour de Ta grâce est si grande, sauve-moi. [ton nom :
Car je suis un pauvre malheureux.
Et mon cœur est blessé à mort dans mon sein. Comme l'ombre qui s'étend, je m'en vais ; Je suis pourchassé comme la sauterelle.
Mes genoux chancellent ; à force de jeûner Mon corps s'épuise et s'amaigrit.
Je suis devenu pour eux un objet d'opprobre, Ils me regardent et hochent la tête.
Viens à mon aide, Éternel mon Dieu î Sauve- moi selon ta grâce !
Pour qu'ils reconnaissent que c'est ta main. Que c'est toi. Éternel, qui l'as fait.
Eux ils maudissent, toi tu béniras;
Ils se sont levés, ils seront confondus et ton serviteur se réjouii Que mes accusateurs soient couverts de honte. Enveloppés dans leur ignominie comme dans un manteau ! Je louerai l'Étemel hautement de ma bouche. Au miheu de la foule je le célébrerai : Car il se place à la droite du malheureux. Pour le sauver des juges qui en veulent à sa vie.
Les terribles imprécations formulées dans ce psaume, et qui dépassent de beaucoup encore celles du LXIX®, ont souvent préoccupé l'apologétique. En effet, quel que soit le personnage
historique dans la bouche duquel on les place» elles expriment un sentiment de haine et de fureur, un besoin de vengeance qui choque notre conscience religieuse et qui nous semble bien déplacé dans un livre d'édification. Malgré cela, les anciens commentateurs chrétiens sont môme allés jusqu'à supposer que la personne qui parle ici n'est autre que Jésus lui-même et que l'objet de sa colère est Judas Iscariot. En d'autres termes, le respect outré pour l'exégèse mal inspirée du siècle apostolique (Actes I, 20), a conduit celle des orthodoxes jusqu'à des conclusions que nous n'hésitons pas à qualifier de blasphématoires. Quant à David, nous n'en parlerons pas.
Le texte présente une difficulté sérieuse : Dans la 1'® et dans la dernière strophe, ainsi que dans les derniers vers de la 4® et de la 5^, il est question des ennemis dont l'auteur se plaint, au nombre pluriel, tandis que dans le reste du morceau, et par la transition la plus brusque, il n'est question que d'un seul, et cela dans des phrases et des tableaux qui ne semblent guère permettre de songer à un être collectif. Aussi tous les commentateurs admettent-ils que l'auteur a eu en vue un ennemi personnel, particulier, unique. Mais alors d'où vient le pluriel? On pourrait combiner les deux éléments en admettant que le psaume, rédigé d'abord dans le sens que nous venons d'indiquer, aurait été retouché plus tard en vue d'une application nationale ; on pourrait dire aussi que l'auteur premier lui-même a pu généraliser ses accusations, tout en songeant primitivement à des rapports ou expériences à lui propres.
Quoi qu'il en soit, dans sa forme actuelle, et comme pièce intégrante du livre de cantiques national, nous ne pouvons expliquer le texte qu'au point de vue du peuple opprimé, qui avait à se plaindre de calomnies, de vexations, d'injures incessantes, et qui n'avait, pour sa défense, d'autres armes que la prière. Que ce peuple ou ses membres lésés individuellement aient quelquefois perdu patience, qu'ils se soient laissé emporter par la colère, qui s'en étonnerait? Sans doute, il est plus chrétien de pardonner à ceux qui nous font du tort, que de les maudire ; mais certes ce ne sont pas les chrétiens, qui ont fait aux juifs mille fois plus de mal, et plus odieusement, que n'ont jamais fait les païens, qui ont le droit de leur jeter la pierre à propos de pareilles manifestations du désespoir.
Dans la première strophe, le terme de guerre ne peut avoir
336 PSAUME ex.
qu'un sens figuré. La seconde commence par une scène de procès ; l'ennemi est censé être traduit en justice (devant Dieu) pour y recevoir son arrêt. \^ accusateur n'est pas le Satan de la Ihéologie ; c'est plutôt celui du livre de Job ou de Zacharie, mais il peut aussi être simplement un élément de l'allégorie en général. En tout cas, la première ligne de cette strophe est douteuse, quant au sens. On traduit ordinairement : Donne-lui un chef méchant, c'est-à-dire, fais-lui sentir à son tour ce que c'est que d'être oflBciellement maltraité. — Dans la 3** strophe il est fait allusion, entre autres, à cette idée que Dieu fait retomber sur les enfants les crimes des pères, c'est-à-dire qu'ils ont à en supporter les conséquences, n y a de nouveau l'allégorie d'une accusation portée devant le juge. — Plus loin, d'autres images rendent l'idée de la persistance des effets de la malédiction : elle s'attache au coupable comme l'habit qu'il ne peut quitter, elle pénètre son corps comme une substance liquide. — La sauterelle est un animal sans défense, et mal vu de tout le monde.
En plusieurs endroits l'intelligence du texte dépend de l'exactitude avec laquelle on rend les temps des verbes. Ainsi à la 4® les présents expriment les effets de la malédiction comme s'ils étaient déjà accomplis.
(Ilébr. ex. Grec CIX.)
L'Éternel a dit à mon Seigneur :
«Assieds-toi à ma droite,
Jusqu'à ce que j*aie réduit tes ennemis
A te servir de marche-pied ! »
De Sion l'Éternel étendra ton sceptre puissant :
Domine au milieu de tes ennemis !
Ton peuple accourut au jour de ton expédition ,
Sur les saintes hauteurs;
Ta jeune milice fut pareille
A la rosée enfantée par Taurore.
L'Éternel Ta juré, et il ne s'en repentira pas : «Tu es pontife à jamais dans l'ordre de Meikiçédeq.i»
Le Seigneur à ta droite A écrasé les rois au jour de sa colère :
Il jujîe les païens !
PSAUME ex. 337
Rassasié de carnage, Il a écrasé des tètes dans la vaste campagne. Au ruisseau dans sa marche il se désaltère —
Après, il relève la tête.
Nous heurterons sans doute le sentiment de beaucoup de nos lecteurs en déclarant qu'il nous est impossible d'adopter Tinterprétation traditionnelle de ce psaume, qu'on peut bien appeler le plus fameux de toute la collection. On sait qu'il compte au premier rang parmi les psaumes dits messianiques et qu'il est plusieurs fois cité à ce propos dans le Nouveau Testament même. En effet, s'il a David pour auteur, le personnage que le poëte appelle son Seigneur et qu'il dislinguie en même temps de Jéhova, doit être quelqu'un de plus grand que lui, et l'on arrive ainsi forcément à songer au Messie. Mais nous savons que les inscriptions des psaumes sont fort sujettes à caution ; il convient donc d'examiner le texte même pour voir s'il justifie l'intitulé. On est surpris dès l'abord de voir un psaume de David si extraordinaire et si important, relégué au 5® livre, quand déjà le collecteur du second livre, qui (d'après les inscriptions) n'aurait plus trouvé qu'à glaner quelques pièces éparses du roi-poëte, a déclaré explicilement (LXXII, 20) qu'il n'y en avait plus d'autres. Quant au fond, nous ferons remarquer : P que l'idée d'un Messie-pontife est complètement étrangère à l'Ancien Testament qui ne connaît qu'un Messie-roi, tandis que le personnage préconisé dans le psaume n'est nulle part appelé Roi ; 2** que le pontificat du Christ du Nouveau Testament est une notion appartenant exclusivement à l'auteur de l'épître aux Hébreux, lequel l'a puisée directement dans notre psaume et pas ailleurs, et cela d'après une combinaison typologique avec le H*' chapitre de la Genèse, interprété selon des règles herméneutiques auxquelles la science n'accorde aujourd'hui aucune valeur objective ; 3® que le Messie du Nouveau Testament ne conduit pas des armées à la guerre, ne se rassasie pas de carnage, n'écrase pas des têtes sur le champ de bataille et n'a pas besoin de se désaltérer en route pour reprendre vigoureusement une pareille besogne. Aussi bien, en y regardant de près, on constate que les apôtres n'appliquent point ces images au Christ dont ils proclamaient Tavénement ; ils s'en tiennent à la phrase : Assieds-toi à ma droite, laquelle est devenue une formule consacrée pour ce qu'on appelle l'étal d'exaltation ; et c'est sous
A. T. — 5« part. 22
le bénéfice d'une exégèse qui permettait de se servir de citations fragmentaires, sans égard pour le contexte, que le psaume a fini par être considéré comme messianique. (Voir des faits pareils aux Ps. II, XLV, LXXII, etc.)
Nous dirons que le poëte (inconnu) glorifie un chef qui, sans être roi, se trouve placé à la tête de la nation israélite en armes, et qui venait de remporter une victoire éclatante sur Tennemi ; ce chef appartient à la caste sacerdotale, et rien n'empêche de l'appeler grand-prêtre ou pontife ; il est comparé , à défaut d'autres analogies historiques, à cet ancien roi de Salem que la Genèse appelle un prêtre du Très-Haut, désignation tellement remarquable pour un Cananéen, qu'elle devait éclipser même sa royauté, aux yeux de la postérité. Notre héros est de fait un prêtre-roi, sans porter officiellement ce dernier titre. Un pareil prince ne se trouve dans l'histoire d'Israël qu'à l'époque des premiers chefs Hasmonéens, Jonathan, Simon, ou Jean Hyrean ; et tout nous engage à songer à l'un deux pour comprendre rorigine du psaume et l'intention de son auteur. Depuis longtemps^ nous n'avons pas rencontré une seule pièce dans ce recueil qui nous eût obligés à remonter à des époques plus anciennes, mais un grand nombre qui exigeaient que nous nous arrêtions à celle des Machabées.
La forme du psaume n'a rien d'artificiel, ni de régulier. On est tenté de dire qu'il n'y a là qu'un fragment. Du moins la fin est tellement abrupte qu'on est étonné d'y être arrivé, quand une nouvelle strophe (distinguée par le changement subit du sujet) commençait à peine. Le style est excessivement concis et saccadé. Une traduction littérale est impossible : nous le prouverons par l'exemple du 3** verset, qu'il faudrait rendre mot à mot : Ton peuple, bonnes volontés au jour de ton expédition sur les hauteurs saintes (variante : en parures saintes) du sein de l'aurore, à toi la rosée de tes jeunes gens.
(Hébr. CXI. Grec CX.)