‹ La BibleChapitre 17 sur 61 · Le désir des méchants périt · texte numérisé non relu

Le désir des méchants périt

Ces deux psaumes font pendant, pour la forme, comme pour le fond. Ils sont alphabétiques, chaque hémistiche commençant par une autre lettre, d'après Tordre reçu. Cela amène nécessairement une grande monotonie dans l'exposé et des redites nombreuses. Ils sont dus sans doute à un seul auteur.

La première pièce chante les louanges de Jéhova en vue des bienfaits qu'il a accordés à Israël à diverses époques ; la seconde proclame la félicité de l'homme juste. Toutes les deux nous montrent la force des convictions religieuses qui, malgré les expériences journalières de la vie pratique, persistent à proclamer le grand principe de la justice divine. La cause delà vertu triomphera et les biens de la terre — car il n'est pas question d'autres biens — ne sauraient manquer au fidèle. — Au n** 8 du second psaume, les adjectifs se rapportent à Dieu, qui est nommé la lumière des hommes droits.

(Hébr. CXIIL Grec CXII.)

Louez, ô serviteurs de TÉternel, De rÉternel louez le nomi

Que le nom de TÉternel soit béni.

Dès maintenant et à jamais !

Du levant jusques au couchant

Soit glorifié le nom de TÉtemel.

Sur tous les peuples il est élevé

Sa gloire est au-dessus des cieux.

Qui est pareil à TÉternel notre Dieu?

Son trône est haut placé.

Il abaisse ses yeux pour regarder Kt sur les cieux et sur la terre.

Il relève le faible de la poussière,

Tire le pauvre de la fange, Pour le faire siéger parmi les nobles,

Parmi les nobles de son peuple.

Celle dont la maison était stérile,

D la rend mère et pleine de joie.

Psaume liturgique d'une grande régularité. La première strophe forme Texorde.; la seconde exalte la grandeur du souverain maître de l'univers ; la troisième relève ce fait que, malgré celte grandeur, il s'abaisse jusqu'aux moindres infortunes pour les consoler. Nous croyons cependant qu'on peut donner à cette dernière idée un sens plus large, et voir dans le pauvre restauré, et dans la maison stérile, réjouie par la naissance d'enfants, la nation elle-même, rendue à la prospérité. Il y a là des réminiscences d'un psaume plus ancien, 1 Sam. II.

(Hébr. CXIV. Grec CXIII, l'« partie.)

Quand Israël sortit d'Egypte,

Jacob de chez un peuple barbare,

Juda devint son sanctuaire^, Israël devint son royaume.

La mer, en le voyant, s'enfuit.

Le Jourdain se mit à reculer; Les monts bondirent comme des béliers,

Les collines comme des agneaux.

Qu'avais-tu, ô mer, pour t'enfuir?

Et toi, Jourdain, pour reculer?

Vous, monts, pour bondir comme des béliers?

Vous, collines, comme des agneaux?

Devant le Seigneur tremble, ô terre,

Devant le Dieu de Jacob, Qui change le roc en un bas.sin d'eau,

La pierre dure en une source.

342 PSAUME cxv.

On peut regarder ce morceau comme destiné dans l'origine à faire partie de la liturgie pascale. C'est ainsi que nous nous expliquerons le plus facilement son caractère en apparence fragmentaire. Intercalé entre d'autres cantiques, ou entre des prières, il n'avait pas besoin d'en dire plus sur les faits qui avaient accompagné l'acte d'alliance du Sinaï, et il pouvait parler de Jéhova sans le nommer (str. 1).

Le langage poétique exagère un peu les miracles de l'histoire mosaïque; les monts qui bondissent sont une amplification hyperbolique de Exode XIX, 18, comp. Ps. LXVIII, 9. Du reste, la nature est ici personnifiée. L'allocution de la dernière strophe peut se rapporter à l'histoire ancienne, comme pour dire: tu avais bien raison de trembler, parce que tu te trouvais en face du Tout-Puissant, descendu au milieu des mortels. Cependant il est possible que le poëte ait voulu exprimer l'idée qu'aujourd'hui encore il y a lieu de l'accueillir avec crainte et tremblement.

Les Égyptiens sont appelés un peuple barbarCy dans le sens primitif de ce mot, c'est-à-dire balbutiant, parlant un langage étranger et inintelUgible (Es. XXVIII, 11).

(Ilébr. CXV. Grec CXIII, 2* partie.)

Non point à nous, Éternel, non point à nous, Mais à ton nom donne la gloire, Pour Tamour de ta grâce, de ta fidélité.

Pourquoi les païens diraient-ils :

Où donc est leur dieu?

Mais notre Dieu est au ciel;

Tout ce qui lui plaît, il le fait.

Leurs dieux à eux sont d'or et d'argent. L'ouvrage de la main des hommes.

Ils ont une bouche et ne parlent point. Ils ont des yeux et ne voient point, Ils ont des oreilles et n'entendent point. Ils ont un nez et ne sentent point, Des mains, et ne touchent point,

PSAUME cxv. 343

Des pieds et ne marchent point, Ils ne profèrent aucun son de leur gosier. Comme eux seront ceux qui les ont faits, Quiconque se fie en eux.

Toi, Israël, aie foi en TÉternel —

Il est ton aide, ton bouclier.

Maison d'Aharôn, aie foi en TÉternel —

Il est ton aide, ton bouclier.

Vous qui le craignez, ayez foi en TÉternel —

Il est votre aide, votre bouclier.

L*Éternel se souvient de nous : il bénira,

Il bénira la maison d'Israël,

Il bénira la maison d'Aharôn,

Il bénira, petits et grands.

Tous ceux qui craignent TÉternel.

L*Éternel continuera envers vous,

Envers vous, envers vos enfants.

Vous êtes bénis de l'Éternel

Qui a fait les cieux et la terre.

Les cieux sont les cieux de TÉternel,

Mais la terre, il Fa donnée aux hommes. Ce ne sont pas les morts qui louent TÉternel,

Ceux qui sont descendus au séjour du silence. Mais nous, nous voulons bénir l'Éternel,

Dès maintenant et à jamais.

Si tout ne nous trompe, ce psaume était primitivement destiné à servir dans une cérémonie religieuse par laquelle on allait inaugurer une expédition guerrière. Israël demande la victoire pour la gloire du vrai Dieu qui se montrera supérieur aux dieux du paganisme, lesquels n'existent que dans les tristes idoles qui doivent les représenter. En tout cas, ce n'est que par une erreur inconcevable que les bibles grecques, et toutes celles qui en dépendent, l'ont joint au psaume précédent avec lequel il n'a absolument rien de commun, ni la forme, ni le fond, ni le style.

Nous n'avons à faire que deux remarques de détail. Dans le triple refrain de la troisième strophe, nous avons mis la seconde personne, au lieu de la troisième qui se trouve dans l'original. Ces transitions brusques d'une personne à l'autre {aie foi — il est

344 PSAUME CXVl.

leti^ aide) choquent notre oreille. — La dernière strophe reproduit une idée que nous avons déjà rencontrée plus haut (LXXXVIII, 12) ; seulement on ne voit pas trop bien la liaison logique de tous les éléments de cette strophe. Le poète a-t-il voulu dire : Puisque la terre a été concédée aux hommes, louons Dieu tant que nous y vivons, car après, c'est trop tard î Mais Israël n'est pas le seul peuple occupant la terre, et pourtant dans le psaume entier on fait une distinction absolue entre lui et les autres. Avons-nous ici des lieux communs ou une interpolation?

(Uébr. CXVI. Grec CXIV. CXV.)

J'aime rÉternel, car il écoute

Mes cris, mes supplications; Car il a penché vers moi son oreille,

Et toute ma vie je Finvoquerai.

Les liens de la mort m'enveloppaient, Les angoisses du S'eôl m'avaient saisi,

Je trouvais devant moi la détresse et le désespoir, Mais j'invoque le nom de l'Éternel :

Ah, Éternel, sauve-moi la vie!

L'Éternel est débonnaire et juste.

Notre Dieu est plein de compassion.

L'Éternel garde les simples. . . .

Quand je suis misérable, il vient à mon aide. Reviens, mon dme, à ton repos.

Car l'Éternel t'a comblé de biens.

Oui, tu as préservé mon àrae de la mort.

Mon œil des larmes, mon pied de la chute. Je marche encore à la face de l'Éternel,

Dans les terres des vivants.

Je croyais, bien que je dusse dire :

Je suis dans un profond abaissement.

Je disais dans mes alarmes :

Tous les hommes sont trompeui^s.

Ck)mment rendrai-je à l'Éternel

Tous les bienfaits dont il m'a comblé?

PSAUME ex VI. 345

Je prendrai la coupe du salut

Et j'invoquerai le nom de rÉternel.

Envers l'Étemel j'accomplirai mes vœux,

En présence de tout son peuple.

Elle est précieuse aux yeux de l'Éternel,

La mort de ses fidèles.

Écoute, Étemel, car je suis ton serviteur,

Je suis ton serviteur, le fils de ta servante,

Tu as délié mes liens.

A loi j'immolerai un sacrifice de louange.

Et j'invoquerai le nom de l'Éternel.

Envers l'Étemel j'accomplirai mes vœux.

Certes, en présence de tout son peuple. Dans les parvis du temple de l'Étemel,

Dans ton enceinte, Jérusalem!

Ce psaume est mal à propos divisé en deux par les traducteurs grecs, au point d'intersection de la 2® et de la 3® strophe. Nous ne voyons pas de raison pour nous séparer ici du texte hébreu reçu.

Le sens du poëme est simple et transparent. C'est une prière d'actions de grâce après un grand péril heureusement écarté par Jéhova, protecteur de son peuple. Car malgré l'emploi constant du singulier, nous pensons que c'est la communauté qui parle. Cette interprétation ne se heurte pas contre les v. 14 et 18 où la personne qui parle semble être distinguée du peuple. Dans un chœur chaque individu garde sa personnalité. Cependant nous n'osons entreprendre de préciser l'occasion qui a pu inspirer ces vers. Seulement il est positif qu'ils sont d'une époque bien récente, car non-seulement il y a des phrases copiées dans d'autres psaumes (par ex. XVIII, 5; LXXXVI, 16), mais encore de purs chaldaïsmes.

n y a cependant quelques passages obscurs et difficiles, surtout le commencement de la 3*^ strophe, que les Septante ont rendu par ces mots : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, mots qui sont devenus proverbiaux par l'usage qu'en a fait saint Paul (2 Cor. IV, 13). Dans le contexte cela pourrait signifier : J'avais confiance en Dieu, c'est pourquoi je lui ai adressé ma prière. Mais la conjonction employée dans l'original ne signifie jamais : c'est pourquoi. L'auteur veut évidemment afl^mer sa foi, ferme

malgré la situation dans laquelle il se trouvait, et malgré l'impossibilité de s'en rapporter aux hommes. Pour compléter sa pensée, il faut ajouter : et ma confiance n'a point été trompée.

Une autre expression douteuse est celle de la coupe du salut. La coupe est souvent l'image de la destinée (Matth. XX, 22 ; XXVI, 39); alors le texte dirait : je reçois, j'accepte le salut de la main de Dieu et je l'en remercie. D'autres pensent qu'il s'agit d'une libation, d'un acte rituel exprimant la reconnaissance. Cela formerait un excellent parallélisme avec le sacrifice mentionné à la strophe suivante.

Enfin il y a cette phrase inusitée et singulière : la mort des fidèles est précieuse aux yeux de Dieu. On s'attendait à ce qu'il fût dit: leur vie est précieuse (1 Sam. XXVI, 21. Ps. LXXII, 14, etc.). Et en tout cas, c'est dans ce sens que le texte doit être compris.

(Hébr. CXVII. Grec CXVI.)

Glorifiez FÉternel, tous les peuples !

Louez-le, toutes les nations!

Car sa grâce est puissante pour nous,

Et la fidélité de TËternel dure à jamais.

Tel que ce quatrain est imprimé dans nos bibles, on peut le considérer comme chant liturgique à employer dans les cérémonies religieuses, soit au début, soit pour la clôture. Il faut cependant remarquer que beaucoup de manuscrits le joignent comme exorde au psaume suivant.

(Hébr. CXVIII. Grec CXVII.)

Louez FÉternel, car il est bon,

Car sa grâce dure à jamais.

Oui, qu'Israël dise :

Sa grâce dure à jamais!

Que la maison d'Aharôn dise :

Sa grâce dure à jamais!

Que quiconque craint TÉternel dise :

Sa grâce dure à jamais !

Dans ma détresse j'invoquai TÉternel :

L'Éternel m'exauça et me mit au large.

L'Éternel est pour moi, je n'ai point peur;

Que pourraient donc me faire les hommes? Je compte l'Éternel parmi mes soutiens,

Aussi triompherai -je de mes ennemis. Mieux vaut se réfugier vers l'Éternel,

Que de se confier aux hommes.

Mieux vaut se réfugier vers l'Éternel,

Que de se confier aux princes.

Les païens tous m'avaient cerné :

Au nom de l'Éternel, moi je les taille en pièces !

Ils m'avaient enveloppé et cerné :

Au nom de l'Éternel, moi je les taille en pièces !

Ils m'avaient enveloppé comme des frelons.

Ils se sont éteints comme un feu d'épines : Au nom de l'Éternel, moi je les taille en pièces. Tu me frappais coup sur coup, j'allais tomber.

Mais l'Éternel vint à mon secours.

Ma force et mon chant, c'est l'Éternel :

Il a été mon salut.

Des cris d'allégresse et de victoire Retentissent dans les tentes des justes :

«La droite de l'Éternel fait de grandes choses!

La droite de l'Étemel est élevée,

La droite de l'Étemel fait de grandes choses ! » Je ne mourrai point, mais je vivrai

Pour redire les hauts faits de l'Éternel. L'Éternel m'a bien châtié,

Mais il ne m'a pas livré à la mort.

Ouvrez-moi les portes de la justice,

Que j'y entre pour glorifier l'Éternel!

C'est ici la porte de l'Étemel :

Ce sont les justes qui entrent par ici !

Je te glorifie de ce que tu m'as exaucé,

De ce que tu es devenu mon salut.

La pierre rejetée par les architectes

Est devenue la principale de l'angle.

C'est par l'Étemel que cela s'est fait.

C'est chose admirable à nos yeux,

Voici la journée que FÉtemel a faite :

Passons-la dans la joie et dans l'alléi^resse !

Éternel! ah^ sois-nous en aide!

Éternel! ah, fais-nous prospérer!

Béni soit quiconque vient au nom de l'Éternel ! Nous vous bénissons de la maison de l'Éternel .

L'Eternel est Dieu : il nous fait apparaître sa lumière. Liez la victime avec des cordes Vers les angles de l'autel !

Mon Dieu c'est toi, je te glorifie; Mon Dieu, je t'exalte.

Louez l'Éternel, car il est bon.

Car sa grâce dure à jamais !

L'interprétation traditionnelle de ce psaume méconnaît absolument la pensée de l'auteur, parce qu'elle fait tout dépendre de l'emploi qui est fait d'un seul verset (22) ou plutôt de l'image qu'il contient, dans plusieurs passages du Nouveau Testament (Matth. XXI, 42 etparall. 1 Pierre II, 7. Actes IV, 11). Il est pourtant bien facile de se rendre compte du vrai sens de ce poëme, très-intéressant à plusieurs égards. lise rapporte à un événement politique et militaire de l'histoire d'Israël. Un grand danger avait menacé le peuple (str. 3) ; l'ennemi, auquel s'adresse l'allocution du dernier distique de cette strophe, avait remporté des avantages. Mais Jéhova, qui permettait ces revers pour châtier Israël (fln de la 4® str.), finit par exaucer les prières des siens et leur donna une brillante victoire. C'est cette victoire que le psaume célèbre.

D'un autre côté, il est facile de voir qu'il est composé en vue d'une cérémonie publique, et l'on y découvre sans peine la présence et la participation de plusieurs voix ou chœurs, qui chantent à tour de rôle, de sorte que nous pourrions comparer cette pièce à ce qu'on appelle dans la musique moderne un oratorio. Peutêtre cette répartition s'applique-t-elle déjà aux divers distiques de la première strophe, dont les repétitions deviendraient ainsi à la fois plus musicales et moins oiseuses; en tout cas, il est impossible de ne pas la voir là où un cortège demande qu*on lui ouvre les portes, et où une autre voix fait accueil à cette

demande. En général, dans la seconde partie cette forme dialoguée s'ofifre d'elle-même, et la mention de la victime amenée à Tautel nous fait assister à une scène dramatique. Du reste, les formules liturgiques abondent. Au commencement et à la fin nous en trouvons une d'un usage très-fréquent (GVI, 1 ; CVII, 1 ; GXXXVI, etc.). Au V. 25, il y en a une autre devenue plus populaire encore. Nous la mettons ici dans la bouche de l'assistance entière, à laquelle nous ne pouvons attribuer que des textes de courte haleine. Nous savons par l'histoire évangélique que cette formule {Hos^îa-nâ) qui s'est conservée avec de petites modifications dans les liturgies chrétiennes, était en usage du temps de Jésus. A ce refrain populaire répond encore le chœur des prêtres par une bénédiction, et puisque évidemment celle-ci s'adresse non à un individu, mais à l'assemblée entière, nous avons traduit l'article par quiconque ^ qiii répond mieux à la situation que le singulier : celui qui.

Le psaume ne contient rien qui puisse servir à déterminer l'époque de son origine. Mais il est impossible de remonter à David, puisqu'il est question des portes du temple ; les nombreux emprunts faits à la poésie ancienne (Ésaïe XII, 2. Exode XV et divers passages des psaumes) nous obligent de songer à un âge comparativement moderne. Les essais qu'on a faits pour le rattacher à la reconstruction du temple après l'exil se heurtent contre les allusions relatives à des combats. Nous ne voyons aucune raison qui nous empêche de songer aux guerres de l'indépendance. S'il fallait traduire le verbe trois fois répété de la 4* strophe : je les circoncirai, au lieu de : je les taille en pièces (la forme employée ne se rencontre jamais dans le premier sens), on pourrait songer à la guerre victorieuse de Jean Hyrcan, qui força les Édomites à accepter la circoncision. Mais cela n'est pas nécessaire, et bien antérieurement déjà les occasions de chanter des Te deum ne manquaient pas.

Les images moins fréquemment usitées ne demandent guère d'explication. VomvIqs frelons, voyez Deut. 1, 44. Exod. XXIII, 28. — Le feu d* épines représente ce que nous appelons un feu de paille, qui ne dure pas (LVUI, 10. Ésaïe XXXIII, 12. Ecclés. VU, 6). — Les portes de la justice sont les portes du temple, comme l'auteur le dit lui-même ; elles sont nommées ainsi parce que le sanctuaire est considéré comme le siège de la vraie foi. Car les Justes sont les fidèles, par opposition aux méchants (païens). — Enfin la pierre principale de l'angle, c'est-à-dire placée dans

le fondement sous Tangle de l'édifice à construire (Jér. LI, 26. Job XXXVIII, 6), est ici le peuple juif, rejeté et méprisé par ses dominateurs, les constructeurs de l'édifice d'une grande monarchie, mais qui, par une victoire éclatante remportée à l'aide de Jéhova, se pose comme la pierre angulaire de l'édifice du royaume de Dieu.

(Hébr. CXIX. Grec CXVIII.)

Heureux ceux qui sont intègres dans leur voie,

Qui marchent selon la loi de TÉternel ! Heureux ceux qui gardent ses ordonnances,

Qui le recherchent de tout leur cœur, Et qui, ne commettant point d'iniquité,

Marchent dans ses voies I Toi, tu as prescrit tes statuts,

Pour qu'ils soient gardés avec soin.

Puissent mes voies être dirigées

A garder tes commandements !

Alors je n'aurai pas à rougir

A la vue de tous tes préceptes.

Je te glorifie avec un cœur droit,

En apprenant les arrêts de ta justice.

Tes commandements, je les garderai ?

Ne m'abandonne pas entièrement !

Gomment le jeune homme maintiendra-t-il sa voie pure ?

C'est en y prenant garde selon ta parole. De tout mon cœur je «te recherche.

Ne permets pas que je m'écarte de tes préceptes ! Dans mon cœur je retiens ta parole.

Afin de ne pas pécher contre toi.

Béni sois-tu, Éternel !

Enseigne-moi tes commandements!

De mes lèvres j'énumère

Tous les arrêts de ta bouche.

De suivre tes lois je me réjouis,

Autant que de posséder des richesses.

Je veux méditer tes prescriptions,

Et avoir le regard fixé sur tes voies.

De tes commandements je fais mes délices, Je n'oublie point tes paroles.

Fais du bien à ton serviteur,

Que je vive pour garder ta parole.

Ouvre-moi les yeux, que je contemple

Ce qu'il y a d'admirable dans tes instructions. Je suis étranger sur la terre.

Ne cache pas devant moi tes préceptes.

Mon âme se consume dans le désir

De connaître tes décrets en tout temps. Tu menaces les insolents maudits

Qui s'écartent de tes préceptes.

Décharge-moi de l'opprobre et du mépris,

Puisque j'observe tes ordonnances.

Les princes dussent-ils se concerter contre moi.

Ton serviteur médite tes commandements.

Oui, tes enseignements sont mes^délices.

Ils sont mes conseillers.

Mon âme est retenue dans la poussière :

Rends-moi la vie, selon ta parole !

Je raconte mes voies et tu m'exauces ;

Enseigne-moi tes commandements !

Fais-moi connaître le chemin de tes statuts.

Pour que je médite tes admirables leçons. Mon âme pleure de tristesse :

Restaure-moi selon ta parole. Éloigne de moi la voie du mensonge,

Et accorde-moi la grâce de tes instructions. C'est la voie de la fidélité que je choisis,

Ce sont tes décrets que j'ai sous les yeux. Je m'attache à tes enseignements;

Ëternel, ne trompe pas mon espoir I Je m'élancerai dans le chemin de tes préceptes.

Quand tu auras mis mon cœur au large.

352 PSAUMB CXIX.

Enseigne-moi, ô Éternel, le chemin de tes commandements,

Pour que je les observe jusqu'à la fin. Fais-moi comprendre ta loi pour que je l'observe,

Que je la garde de tout mon cœur!

Fais-moi marcher dans le sentier de mes préceptes.

Car c'est à cela que je prends plaisir. Incline mon cœur vers tes enseignements.

Et non vers l'amour du gain.

Détourne mes yeux de la contemplation du mal.

Fais-moi vivre dans tes voies I lUtifie à ton serviteur la promesse

Donnée à ceux qui te craignent I Détourne de moi l'opprobre que je redoute ;

Car tes arrêts sont justes.

Vois, tes statuts sont l'objet de mes désirs;

Dans ta justice rends-moi la vie.

Qu'elles arrivent à moi, tes grâces, ô Éternel,

Et ta délivrance, selon ta promesse!

Pour que je puisse répondre à celui qui m'outrage :

Car je me fie à ta promesse.

Et n'ôte pas entièrement de ma bouche la parole de vérité,

Car j'espère en tes arrêts.

Je veux observer ta loi.

Toujours, constamment, perpétuellement.

Afin de me mouvoir dans la voie large.

Parce que je recherche tes prescriptions. Je veux parler de tes enseignements.

En présence des rois, sans en avoir honte ; Je veux faire mes délices

De tes préceptes que j'aime ; Je lèverai mes mains vers tes préceptes que j'aime;

Et je méditerai tes commandements.

Souviens-toi de la parole donnée à ton serviteur,

Puisque tu m'as fait espérei*.

C'est là ma consolation dans ma misère,

Que ta promesse me donne la vie.

Des insolents se moquent bien de moi,

Mais de ta loi je ne dévie point.

Je me souviens de tes arrêts d'autrefois,

Éternel, et je me console.

L'indignation me saisit contre les impies

Qui désertent ta loi.

Tes commandements sont le sujet de mes cantiques

Dans la maison de mon pèlerinage.

La nuit je me souviens de ton nom.

Éternel, afin d'observer tes instructions. C'est là ce que j'ai à moi.

Que je garde ce que tu as prescrit.

Ma part à moi, ô Éternel,

Je le dis, c'est de garder les paroles. J'implore ta faveur de tout mon cœur:

Accorde-moi ta grâce selon ta promesse.

Je réfléchis à mes voies,

Et je reporte mes pas vers tes enseignements. J'ai hâte, je ne diffère point

D'observer tes préceptes.

Les liens des méchants m'ont enveloppé,

Mais ta loi, je ne l'ai point oubliée. A minuit je me lève pour te louer.

Au sujet des arrêts de ta justice.

Je m'associe à tous ceux qui te craignent.

Et qui gardent tes statuts.

De ta grâce, ô Éternel, la terre est remplie :

Enseigne-moi tes commandements.

Tu as fait du bien à ton serviteur,

0 Éternel, selon ta parole.

En.seigne-moi le droit jugement et l'intelligence,

Car je crois à tes préceptes.

Avant que je fusse humilié, je m'égarais ;

Mais à présent je garde ta parole.

Tu es bon et bienfaisant :

Enseigne-moi tes commandements !

Des insolents contre moi ourdissent le mensonge;

Moi, de tout mon cœur je garde tes prescriptions.

A. T. — 5« part. 23

364 PSAUME cxtx.

Leur cœur est insensible, comme enduit de graisse;

Moi, je fais mes délices de ta loi.

C'était bien que je fusse humilié,

Afin que j'apprisse tes commandements.

Mieux vaut pour moi l'instruction de ta bouche,

Que des milliers d'or et d'argent.

iO.

Tes mains m'ont fait et formé:

Rends-moi intelligent, pour que j'apprenne tes commandements ! Ceux qui te craignent me voient et se réjouissent,

Car c'est en ta parole que j'espère.

Je sais, ô Éternel, que tes arrêts sont justes.

Et que c'est par fidélité que tu m'as humilié. Que ta grâce soit ma consolation,

Selon la promesse faite à ton serviteur! Que tes compassions viennent à moi, pour que je vive,

Puisque ta loi fait mes délices.

Que les insolents soient confondus, parce qu'ils m'aHligent sans raison :

Moi, je médite tes statuts.

Qu'ils reviennent à moi, ceux qui te craignent.

Et qui connaissent tes ordonnances!

Puisse mon cœur être sincère à l'égard de tes commandements,

Afin que je ne sois pas confondu.

Mon âme languit après ton salut;

C'est en ta parole que j'espère.

Mes yeux languissent après ta promesse ;

Je dis : Quand me consoleras-tu ?

Car je suis comme une outre dans la fumée ;

Mais tes commandements je ne les oublie point. Combien seront les jours de ton serviteur?

Quand feras- tu justice de mes persécuteurs? Ils me creusent des fosses, les insolents

Qui ne suivent pas tes instructions.

Tous tes préceptes sont vérité :

C'est sans raison qu'ils me persécutent : aide-moi ! Ils m'ont presque achevé dans ce pays.

Bien que je n'aie pas abandonné tes prescriptions. Selon ta grâce, rends-moi la vie,

Et je garderai l'enseignement de ta bouche.

t>SAUME CXIX. 355

A tout jamais, ô Éternel,

Ta parole est établie dans les deux.

D'âge en âge dure ta Gdélité :

Tu as fondé la terre et .elle subsiste. Selon tes arrêts tout subsiste encore aujourd'hui,

Car toutes choses te sont sujettes.

Si ta loi n'eût fait mes délices.

Depuis longtemps j'aurais péri dans ma misère. Jamais je n'oublierai tes statuts,

Car c'est par eux que tu me donnes la vie. C'est à toi que j'appartiens, sauve-moi !

Car je m'enquiers de tes prescriptions.

Les méchants me guettent pour me perdre :

Je suis attentif à tes ordonnances.

A tout ce qui est parfait j'ai vu une fin —

Ta loi seule est sans bornes.

Combien j'aime ta loi !

Tous les jours elle est l'objet de ma méditation. Plus que mes ennemis tes préceptes me rendent sage.

Car toujours ils me sont présents.

Je suis plus éclairé que tous ceux qui m'instruisent.

Car tes enseignements sont l'objet de ma méditation. Je suis plus intelligent que les anciens,

Car je garde tes statuts :

De toute mauvaise voie je retiens mes pieds.

Afin d'observer ta parole.

De tes arrêts je ne dévie point.

Parce que c'est toi qui m'instruis.

Combien ta parole est douce à mon palais!

Plus que le miel ne l'est à ma bouche. Par tes prescriptions je de\iens intelligent ;

C'est pourquoi je hais toute voie de mensonge.

Ta parole est un flambeau pour mon pied,

Une lumière sur mon sentier.

J'ai juré — et je l'accomplirai —

De garder tes justes arrêts.

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Ils ont violé ta loi.

C'est pour cela que j*aime tes préceptes,

Plus que For et le métal précieux, Que j'approuve toutes tes prescriptions,

Que je hais toute voie de mensonge.

Tes enseignements sont admirables.

Aussi mon âme les garde-t-elle.

La révélation de tes paroles éclaire.

Elle donne l'intelligence aux simples.

J'ouvre ma bouche en haletant,

Car je suis avide de tes préceptes.

Tourne- toi vers moi et aie pitié de moi,

Comme cela est dû à ceux qui aiment ton nom. Affermis mes pas dans ta parole.

Et ne laisse aucune iniquité dominer sur moi. Délivre-moi de l'oppression des hommes.

Pour que j'observe tes statuts.

Fais luire ta face sur ton serviteur.

Et enseigne-moi tes commandements !

En ruisseaux d'eau mes yeux se fondent,

A cause de ceux qui ne gardent pas ta loi.

Tu es juste, 6 Éternel,

Et tes arrêts sont l'équité même.

Tu as prescrit tes ordonnances avec justice,

Et en toute vérité.

Mon zèle me consume,

Parce que mes ennemis oublient tes paroles. Ta parole est pure de tout alliage,

Et ton serviteur l'aime.

Je suis chétif et méprisé.

Mais tes prescriptions, je ne les oublie point. Ta justice est justice à tout jamais.

Et tes instructions sont vérité.

L'angoisse et la détresse m'ont atteint,

Mais tes préceptes sont mes délices.

Tes ordonnances sont justes éternellement ;

Rends-moi intelligent, pour que je vive.

Je t*appelle de tout mon cœur : exauce- moi,

Éternel ! pour que je puisse observer tes commandements. Je t'appelle, sauve-moi,

Que je puisse garder tes ordonnances.

Je devance le crépuscule et je t'implore,

C'est en tes paroles que j'espère.

Mes yeux devancent les veilles de la nuit,

Pour méditer ta parole.

Écoute ma voix selon ta grâce!

Éternel ! selon ta justice donne-moi la vie ! Ils sont proches, ceux qui courent après le crime ;

De ta loi ils se sont éloignés.

Toi, Éternel, tu es proche aussi,

Et tous tes préceptes sont vérité.

Depuis longtemps je sais par tes enseignements,

Que tu les as établis pour toujours.

Vois ma misère et délivre-moi.

Car je n'ai pas oublié ta loi.

Plaide ma cause et rachète- moi !

Selon ta promesse, rends-moi la vie!

Le salut est loin des méchants.

Parce qu'ils ne recherchent pas tes commandements. Ta miséricorde est grande, ô Éternel !

Selon tes arrêts rends-moi la vie !

Us sont nombreux, mes ennemis et mes pei*sécuteurs :

De tes ordonnances je n'ai point dévié. Quand je vois les infidèles, j'en ai horreur,

Parce qu'ils ne gardent point ta parole. Vois, comme j'aime tes statuts :

Éternel, selon ta grâce, rends-moi la vie ! La somme de ta parole est vérité.

Et tout arrêt de ta justice est éternel.

Des princes me persécutent sans raison.

Mais ce sont les paroles que mon cœur redoute.

Je me réjouis de ta parole,

Comme quelqu'un qui trouve un riche butin.

PSAUME CXIX. Îi59

. Je hais le mensonge et je le déteste ;

C'est ta loi que j'aime.

Sept fois par jour je te glorifie

Au sujet des arrêts de ta justice.

Grand est le bonheur de ceux qui aiment ta loi :

Pour eux point de chute.

J'espère en ton secours, ô Étemel,

Et tes préceptes, je les accomplis.

Mon âme garde tes enseignements

Et je les aime beaucoup.

• Je garde tes statuts et tes ordonnances.

Car toutes mes voies sont devant toi.

Puisse mon cri parvenir jusqu'à toi, Éternel !

Selon ta parole rends-moi intelligent !

Que ma supplication arrive jusqu'à toi!

Selon ta promesse, délivre-moi !

Mes lèvres se répandent en louanges,

Parce que tu m'enseignes tes commandements. Ma langue chantera ta parole.

Car tous tes préceptes sont justes.

Que ta main me soit en aide,

Puisque j'ai fait choix de tes statuts. J'aspire à ton secours, ô Éternel !

Et ta loi fait mes délices.

Que mon àme vive pour te glorifier.

Et que tes jugements viennent à mon aide î J'erre comme une brebis égarée —

Recherche ton serviteur ! car je n'ai pas oublié tes préceptes.

Ce psaume, le plus long de tous, est formé de 22 strophes parfaitement égales, et composées chacune de 8 distiques qui commencent tous les huit par une seule et même lettre dans Tordre de Talphabet. Les bibles du moyen-âge l'ont quelquefois compté pour 22 cantiques différents ; la Vulgate et quelques versions modernes ont eu soin de mettre en tête de chaque strophe le nom de la lettre hébraïque qu'elle reproduit dans tous ses distiques. On conçoit qu'en s'assujétissant à une pareille forme, l'auteur a dû renoncer à exprimer ses pensées dans un ordre parfaitement logique. De même que dans la poésie de nos

jours la rime décide quelquefois de la succession ou du choix des idées, de même ici Tallitération des initiales en déterminait la suite. Mais il y a plus : l'extrême longueur du poème, jointe à l'extrême simplicité du sujet, entraînait des répétitions fréquentes et souvent oiseuses. En effet, on peut dire qu'il n'y a au fond qu'une seule et même pensée qui revient sans cesse sous de nouvelles formes (et même sous des formes identiques ou à peine modifiées) : c'est que le devoir suprême du pieux Israélite consiste dans l'accomplissement rigoureux de la loi. Nul doute qu'il ne s'agisse ici de la loi écrite, telle que nous la connaissons. Elle se présente à l'esprit du poète, ainsi qu'au nôtre, comme un assemblage d'une multitude de préceptes divers, dont le nombre produit tout d'abord un sentiment d'anxiété, la volonté paraissant ne pas suffire à les garder tous. Aussi les termes par lesquels ces préceptes sont désignés ici, sont-ils variés à dessein, sans que nous devions ou puissions assigner à chaque expression synonyme une nuance de signification particulière. Nous avons autant que possible rendu partout le même mot hébreu par le même mot français, en nous permettant cependant d'employer un plus grand nombre de synonymes. Nous avons ainsi un peu amoindri la monotonie de l'ensemble. Nous serons d'autant plus autorisée dire qu'il n'y a pas là de la poésie, mais une simple litanie, une espèce de chapelet. Le mot torah, loi, instruction, se rencontre 25 fois; le mot hoqq, commandement, 23 fois ; le mot miçtoak, précepte, 21 fois ; le mot *édout (attestation), ordonnance, enseignement, 23 fois ; le mot piqqoudy statut, prescription, 21 fois ; le mot mis'pat, arrêt, 19 fois ; la parole de Dieu y est nommée plus de 30 fois. Des phrases entières se reproduisent à tout instant : la loi de Dieu fait mes délices : str. 2, 8 ; 3, 8 ; 6, 7 ; 9, 6 ; 10, 5; 12, 4; 18, 7 ; 22, 6. Je la médite sans cesse: str. 2, 7; 3, 7; 4, 3; 6, 8; 10, 6; 13, 1. 3 ; 19, 4. Enseigne-moi tes commandements, etc. : str. 2, 4; 4, 2; 8, 8; 9, 2. 4. 7; 10, 1; 14, 4; 16, 4; 17, 7. Rends-moi la vie: str. 4, 1; 5, 5. 8; 11, 8; 14, 3; 19, 5; 20, 2. 4. 7, etc., etc.

Si la forme littéraire de ce morceau ne se présente rien de particulièrement distingué, il nous importe d'autant plus d'examiner la situation dessinée dans le psaume, et le point de vue religieux où l'auteur se place. Il sera évident d'abord que cette situation n'est pas celle d'un individu isolé, qui serait persécuté pour des motifs tout personnels. C'est le peuple d'Israël tout entier qui

PSAUME CXIX. y

dhm dans l'opprobre et dans la IristiJ ^21? ?'«"J«»''-

d'une domination éir n'gère et'll'f ^'^^^T" ^"'^» «'«»>* explicitement (str. 3. 5 lî 5 ffi fi ^«T' ''^' ''' «"^^^''^ ^it

ram.medJsra.me^^nhtlatfn\i^^^^

>. lo, 6j ou qui restent indécis rstr !«=; i^ „ ^"r^^® (str. 7,

SI'-- ^, 7, 7, 3; 8, 5; 9, 5; 11, 3- 14 fi. ]« L^®^^ ^rave la colère des princes (str. 3 79] jj^i^l; 21, 1), il ^evant les rois (str. 6, 6), il a en ^'^^L^'^'^ ^^ professe sa foi 3 culte des faux dieux, et tout^e^^^^^rreur la voix du mensonge, ements divins (str. 4, 5^ J ce qui est contraire aux comman-

sl répétée sous toutea^ -' ^^^ ^' '^' ^' ^1' 2)- ^^^^® assertion |raël aujourd'hui gj^ ^ les formes et infiniment souvent : oui, ^ 5. 6; 16, l^s'i^arde sa loi (str. 2, 5; 7, 7. 8; 8, 1 ; 9, 3; ^r. 1, 8; 2,^ ^i; 17, i ; 21, 6. 7), il veut la garder toujours rder (str.; jS; 4, 8; 6,4; 11,8; 12,5; 14, 2), il aime à la ' *' ^^'oit^. 6. 8; 3,4. 8; 5,3.8; 6,7; 8,4; 9,6; 10,5; * ^"^V^pluf 1. 7 ; 14, 7 ; 17, 3 ; 18, 4. 7 ; 21, 2. 7 ; 22, 6), il en ' . ' îirsA jo^ï* 1® sujet de ses méditations (str. 2, 7 ; 3, 7 ; 6, 8 ; ^°9 Tyé, 1.3; 19, 4), il prie Dieu de l'aider à l'accomplir, en la à sAilquant de plus en plus (str. 1, 5; 2, 2. 4; 3, 1. 2. 3; 1^.1; 5, lsuiv.;8, 8;9,2. 4; 10, 2; 14, 4; 16, 4.5; 17,7; îécir; 22, 1). Sans doute, le peuple se souvient du temps où il aafeit pas aussi soumis à la volonté de Dieu, mais il a été puni, li^ilié (str. 9, 3. 7 ; 10, 3), et cette humiliation a été pour bn bien et lui a profité (str. 9, 7) ; aujourd'hui les choses vont aieux que du temps des anciens (str. 13, 4). Mais puisque (str. 3, » ; 20, 1.7; 22, 5) il en est ainsi, il ose élever sa voix vers son idèle protecteur, et lui demander l'accomplissement de son ntique promesse (str. 5, 6 ; 7,1; 8, 2 ; 10, 4 ; 15, 4 ; 16, 6 ; 7, 4 ; 20, 2 ; 22, 2), la délivrance (str. 4, 8 ; 5, 7 ; 6, 1 ; 12, 6 ; 6, 1 ; 17, 6 ; 19, 2 ; 20, 1), et, à vrai dire, la vie même, car 'état actuel n'est pas la vie (str. 3, 1 ; 4, 1. 4 ; 5, 8 ; 7, 2 ; 10, 5 ;

20 2.4.7). Il demande tout cdi,

le

11, 8; 14.3; 15.4; 15'f^;r~/~i;^ir' librement sonDiea* surtout pour pouvoir ^^'^^\'^V''\'^{^ 6; 19.1.2). remplir ses devoirs sacré^jstn ^;^ 15. 5 17 6. ^ J

Nous pensons que ^^^^"'^^^^'''^ ^ain a%«smU8gek démontrer que ce psaume °««*.P°' "^-igi-e^regaond'» phrases, un jeu de mots très-peu '^^"^^^^^^^ l^ .^.^ îéalité profondément senue et un ^m^^^

qu'autlienUque du pomt de vue ^f^P^ , 1 ^ 4'«l

répoque des vexations qu'elle eut à «"J^^r^^^^'J,^^ poL^ue centralisatrice ^^Z:^'l';i^XS^e^^^ d'état. Or, une pareiUe politique a Pr^;~,.^,.x.„- Épipla»

un niirmJSi;^ ^^ ^^^^^ ^^ 1^ lisant, parce qu eUe n ar«

devoir n a pas>Ss;iL ^^ L'étude de la loi conduit un cœur (W»| lui reprocher. — DistS^fi^Mu. ^str. 2. NoustraduisonslesveWi, glorifier celui qui l'a donnéeT^éu^^e promesse, mais d'un porter au présent ; il ne s'agit pas d'utr^QyttA. (dist. 2) laisse ent!e«*j de celui du pieux Israélite. Le texii^mu» aupoint de vucp^ l'absence de la perfection absolue, mêni^rn^ut dépend de le ment légal ; mais partout domine l'idée que tOyiU même W^ accomplissement de tous les préceptes, qu'il fau^M. 2, 3. l« cœur, pour les réciter et les méditer. — Str. 3, diS^ )ié de Dw»»^ ligence humaine ne suffit pas pour sonder la volon^g^HrWigtf ' faut que celui-ci vienne à son secours. Le mortel est t ^^p^^fl la terre, il lui faut du temps et des efforts pour arrivè^^M* Dieu seul peut lui apprendre parfaitement. — Str. 5,^*^ Les arrêts de Dieu, qui plus haut désignaient les prescript.^ la loi, considérées comme émanant de la volonté souvc^ paraissent ici rappeler plutôt le gouvernement providentiel monde. — Str. 6, dist. 2. L'expression : répondre, nous représt^ le fidèle placé en face d'un oppresseur qui lui demande : où ton Dieu? (XLII, 4). Si Dieu retardait la délivrance, il ne saurai que dire. Il prie donc Dieu de soutenir son courage, et de ne pa ôter de sa bouche une confession énergique et résignée à la fois — Dist. 5. La %oie large est celle du bonheur. — Str. 7, dist. 5 En disant Xïndignaiion, nous avons effacé une métaphore Je plus audacieuses, mais impossible à rendre en langage moderne L'original dit le saMomi, l'ouragan brûlant du désert. — Dist. fi Le pèlerinage est celui de la vie terrestre, et ne trahit pas néces

PSAUM£ GXIX. 363

irement xin auteur vivant hors de Palestine. — Str. 8, dist. 6. Mtfi^ est dit pour toute heure de la nuit, parce que c'est Theure moins usitée pour n'importe quelle occupation. — Str. 9, dist. 5. t mensonge ourdi par les païens contre les Israélites, c'est iccusation banale d'impiété, fondée sur leur aversion pour le Ite officiel de leurs maîtres. Mais ce sont eux-mêmes qui sont 3 impies. Leur cœur est comme enduit de graisse (Es. VI, 10), accessible aux impressions de l'enseignement de Dieu. — r. 10, dist. 2, 3. Les calamités qui ont frappé Israël sont préciées comme un acte de Jéhova veillant au salut de son uple, et le corrigeant précisément pour être fidèle à ses pro- 3sses. Par suite d'un sincère repentir et avec l'assistance divine, i pareil châtiment ne sera plus nécessaire désormais. Israël sera modèle de tous ceux qui craignent Dieu, et il y aura du plaisir iroir son bonheur. Ceux qui craignent Dieu, représentent ici la légorie d'une manière abstraite, et il ne faut pas demander où les trouvera hors d'Israël. — Str. 11, dist. 3 et 5. Les tribuions endurées par les fidèles sont comparées aux angoisses me bête pourchassée et tombant dans la fosse qu'on lui a ^usée, et à l'état de dessèchement, de rugosité (image de la Qsomption morale et du désespoir) où arrive une outre de cuir spendue dans la fumée, comme cela se faisait pour la consertion du vin (Hor. Od. III, 8. Ovid. Fast., V. 517). — Str. 13, ït. 2 suiv. Israël est aujourd'hui plus intelligent, relativement tes devoirs, que ne l'avaient été ses aïeux, si souvent désobéis- Its, plus éclairé que ceux qui l'instruisent, en tant que les steors de l'école ne sont pas comparables au révélateur céleste 08 l'instruction duquel on peut puiser directement, et surtout 18 sage que l'ennemi, étranger absolument à Dieu et à sa loi. — \ 15, dist. 1. Les indécis doivent être des juifs qui ne se darent pas franchement et courageusement pour la cause lionale et la foi d'Israël. — Les trois derniers distiques de cette ophe font allusion aux châtiments terribles qui atteindront nanquablement les adversaires de Jéhova, quels qu'ils soient, pourrait mettre les verbes au futur: (tu rejetteras, etc.). Les ries sont l'écume du métal fondu, qu'on jette de côté comme Ique chose d'inutile. — Str. 17, dist. 4. Au point de vue ïïque, où l'on rappelle incessamment à Dieu ses promesses, 5e d'un devoir à lui incombant ne doit pas nous surprendre. — ;. 8. Le poète ne pleure pas sur les païens, en regrettant leur

aveuglement qui les perdra, mais ses larmes lui sont extoiquées par leur tyrannie. — Str. 21, dist. 1,2. Je crains Dieu cltt*ai point d'autre crainte ; mais cette crainte n*e$t point pour le fidèle quelque chose de triste; c'est une joie, c'est comme qaî dirait une bonne fortune. — Dist. 4. Sept fois, c'est plus que la coutume ne demandait.

(Hébr. CXX. Grec CXIX.)

Vers l'Éternel dans ma détresse Je crie et il m'exaucera.

O Lternel, délivre-moi De la lèvre trompeuse, De la langue de fourberie !

Que pourra te donner,

Que pourra te valoir

La langue de la fourberie ?

Les flèches acérées du guerrier,

Et les charbons ardents du genêt.

Malheur à moi.

De ce que je i-estc en Més'ek,

Que je demeure sous les tentes de Qédar !

Ah ! j*ai bien assez demeuré

Avec ceux qui haïssent la paix !

Je suis, moi, pour la paix :

Mais tandis que j*en parle, Ils sont, eux, pour la guerre.

C'est avec ce psaume que commence la collection particuliè» des cantiques appelés vulgairement psaumes des degrés^ sor laquelle nous nous sommes expliqué dans l'introduction générafei p. 32 (CXX-GXXXIV, 118-132). Entre toutes ces pièces, celle^ieSi la seule difficile à expliquer, et, à vrai dire. Tune des plus obscure» de tout le Psautier. Les idées y sont à peine indiquées, les imagp peu transparentes et les allusions historiques sont pour nous autant d'énigmes. Nous nous trompons fort, ou elle a été composée

PSAUME cxx. 365

pour xine circonstance toute particulière. L'auteur ne serait-il pas quelque chef israélite, victime des intrigues et de la perGdie des ennemis, qui aurait travaillé à amener une paix solide et sincère entre eux et son peuple, mais dont les efforts auraient échoué ? Nous ne pouvons nous empêcher de chercher l'origine de ces stro|^es dans les longues querelles des Hasmonéens avec les Syriens, à l'époque où ils n'étaient point encore parvenus à conquérir définitivement l'indépendance de leur nation. La position distinguée de l'auteur aurait valu à ce psaume son admission dans le recueil. Les événements qu'il signale ont dû être très-connus et d'une portée générale ; le peuple a dû éprouver les sentiments de son héros et répéter ses plaintes. Plus tard, quand la mémoire de ces événements fut effacée, le psaume resta ; mais ses idées, en se généralisant, purent éveiller des sympathies, bien que les allusions n'éveillassent plus de souvenirs.

Puisque l'histoire ne fournit pas de lumières, l'exégèse doit se borner à comprendre le cantique comme il devait être compris par ceux qui n'y voyaient plus qu'un chant national, destiné à nourrir les sentiments de piété et de résignation en face d'un paganisme oppresseur. A ce point de vue, la lèvre menteuse, la langue de fourberie sera l'esprit d'hostilité qui animait les païens à dire toute sorte de mal des juifs et à excuser ainsi, par une nouvelle injustice, les vexations qu'ils leur faisaient endurer. La question de la seconde strophe peut sembler adressée à Dieu: pourquoi tolère-t-il ces agressions qui portent atteinte à sa propre gloire? ou bien le peuple se demande à lui-même à quoi elles aboutiront pour lui. La réponse, dans l'un et l'autre cas, est qu'on a la perspective de la guerre et de la destruction, le fer et le feu, au lieu du repos et de la paix. Le contexte exclut l'idée que cette strophe serait adressée aux ennemis et les menacerait de la vengeance divine. La troisième strophe fait allusion à un exil volontaire ou forcé. Qédar est une tribu arabe du désert ; Més'ek pourrait être le nom d'une localité voisine. Ailleurs, dans la géographie biblique, il désigne un peuple du nord, sur le Pont- Euxin ; dans ce sens, l'expression aurait reçu une application plus générale à la dispersion des juifs. La fin nous paraît tronquée ; cependant il est clair qu'elle oppose les dispositions pacifiques d'un peuple inoffensif à des tendances oppressives, qui ne lui laissent ni trêve ni repos.

366 PSAUME CXXl.

(Hébr. CXXI. Grec CXX.)

Je lève mes yeux vers les montagnes —

D'où me vient le secours?

1^ secours me vient de TÉtemel,

Qui a fait le ciel et la terre.

Laissera-t-il chanceler ton pied ?

Ton gardien dormirait- il?

Vois! il ne dort ni ne sommeille,

Le gaixlien d'Israël.

L'Éternel te garde, il est ton ombre,

Placé à ta main droite.

De jour le soleil ne te frappe,

Ni la lune de nuit.

L'Éternel te gardera de tout mal,

Il gardera ta vie; L'Éternel gardera ton aller et venir,

Maintenant et à tout jamais !

Une grande sérénité d'esprit règne dans ce psaume simple et élégant. Aucune plainte ne se fait entendre, aucun vœu ardent ne trahit cette agitation fébrile qui anime ailleurs les chants patriotiques d'Israël. Les pensées sont tournées exclusivement vers les choses saintes. On est en route vers Jérusalem, vers le sanctuaire de Jéhova, source de tout salut et garant de l'avenir. La certitude de sa protection domine les pensées du psalmiste, et les questions qu'il s'adresse en commençant (et qui dans l'original ont plutôt la forme d'une prière) ne sont pas inspirées par le doute, mais par un motif purement rhétorique.

Le pèlerin lève ses yeux vers les montagnes, — il regarde les bords de l'horizon qui lui cache encore le but de son voyage. De quel côté viendra l'aide dont le mortel a toujours besoin, dont Israël, privé de sa liberté, a besoin plus qu'aucun autre? Le secours lui viendra exclusivement, mais sûrement, de celui qui a créé l'univers et qui est aussi le créateur de son peuple et son {gardien depuis des siècles. «Allons donc à lui, cherchons sa demeure, retrempons nos forces et nos espérances aux pieds de

t^SAtme GXXii. 367

utels ; il ne laissera pas chanceler nos pieds, il nous fortifiera, )ur cette course pleine de fatigue et pour cette vie entourée angers.j» Cette idée, simplement ébauchée d'abord, est variée 1 la suite du poëme, sans que Fauteur trouve nécessaire de lui ler du relief par la vivacité des couleurs ou des figures. A dire, ces dernières ne font qu'amplifier la notion du gardien,

le principal caractère est de ne pas sommeiller. L'ombre est ige d'une protection bienfaisante. Cette protection est permae, nuit et jour, et les maux contre lesquels Israël a besoin e prémuni sont comparés tour à tour aux rayons brûlants du 1 et aux influences pernicieuses des nuits froides et humides, a qualité de protecteur. Dieu est placé à la droite de celui

protège, c'est-à-dire en "position de le défendre, la droite L le côté où l'homme attaqué est toujours le plus fort.

(Hébr. CXXII. Grec CXXI.)

Je me suis réjoui quand on m'a dit :

Nous irons au temple de l'Étemel !

Voilà donc nos pieds parvenus A tes portes, Jérusalem I

Jérusalem, toi qui es bâtie

En ville où tout se joint ensemble ;

Vers laquelle montent les tribus, Les tribus de l'Éternel,

Selon la règle d'Israël,

Pour glorifier le nom de l'Éternel.

Car là sont établis les sièges du jugement, Les sièges de la maison de David.

Priez pour le salut de Jérusalem !

Qu'ils soient en paix, tous ceux qui t'aiment !

Que le bonheur soit dans ton enceinte F]t le repos dans tes palais !

Pour mes frères et mes amis Je veux parler de ton salut ;

Pour la maison de l'Éternel, notre Dieu, Je veux rechercher ton bien-être.

Malgré toutes les explications divergentes qui ont été données de ce psaume, il nous paraît Irès-clair. Le poète se place aux portes mômes de Jérusalem. Le pèlerinage est terminé quant à sa première partie ; il n'en est question qu'au début, pour rappeler le sentiment de plaisir avec lequel il fut commencé. Tout le reste exprime les émotions des membres de la pieuse caravane au moment de leur arrivée. Le texte le dit formellement au second distique. Le troisième peint les impressions que fait sur les pèlerins l'aspect de la ville sainte, où l'on voit les maisons contiguês les unes aux autres, les rues longues et serrées, enfin, tout ce qui, pour Thabitant de la campagne, est d'abord étonnant et nouveau, et lui donne l'idée de la grandeur et de la richesse. Il y a quelque chose de naïf, on pourrait dire de rustique, dans ce vers, dont l'expression peut paraître maladroite ou négligée. Après les édifices, c'est la foule qui attire l'attention des arrivants. Toutes les tribus se donnent rendez- vous en ce moment dans celte ville pour adorer leur Dieu en commun ; les étrangers arrivent par toutes les routes, et les habitants viennent à leur rencontre pour les saluer et leur offrir l'hospitalité. Une troisième idée sui^t: Jérusalem est la capitale de tout ce peuple ; c'est là que réside le gouvernement central, que s'administre la justice au nom de Dieu et de sa loi, que siège le pouvoir héritier du trône de David. On sait que les décisions du Sanhédrin de Jérusalem faisaient loi dans toutes les synagogues du monde : avec quel respect ne devait-on pas s'approcher de la résidence de cette autorité, qui était l'interprète vivant de la volonté divine ! Le nom de David, cela va sans dire, n'accuse pas la présence de ce roi, mais représente la perpétuité d'un gouvernement national tel que le fils d'Isaï l'avait fondé. Les quatre derniers distiques formulent les vœux des pèlerins pour Jérusalem. Si ces vœux sont exaucés, le bénéfice eu reviendra à tous les fidèles, frères et amis, également intéressés au salut de la cité métropole ; il reviendra au temple même, dont l'éclat augmentera avec la prospérité de ce qui en relève.

PSAUME CXXIIÎ. 369

(Hébr. CXXIII. Grec CXXII.)

C'est vers toi que je lève mes yeux, 0 toi qui sièges dans le ciel 1 Vois! comme les yeux de Tesclave Se fixent sur la main de son maître, Gomme les yeux de la servante Se fixent sur la main de sa maîtresse : Ainsi nos yeux aussi se lèvent Vers l'Éternel, notre Dieu, Jusqu'à ce qu'il ait pitié de nous.

Aie pitié, Éternel, aie pitié de nous 1 Car nous sommes rassasiés d'opprobre.

Assez notre àme est rassasiée D'insulte de la part des insolents.

D'opprobre de la part des arrogants.

Pour saisir l'idée dominante de ce psaume, on prendra pour point de départ les dernières lignes. La mesure des souffrances endurées par Israël de la part de ses oppresseurs est à son comble et le peuple, rassasié d'amertumes de tout genre, invoque la pitié de son unique et suprême protecteur. A cet effet, Israël se compare au serviteur qui a les yeux fixés sur la main du maître, de laquelle il attend le règlement de sa destinée. Sans doute ce rapport a quelque chose d'inquiétant, la crainte en est inséparable, mais il est aussi une source de consolation, parce que la puissance du maître est une garantie contre les attaques du dehors, et qu'il suffit de la soumission résignée pour en assurer le bénéfice. Or, Israël est obéissant, son maître peut être satisfait de lui ; il s'agit donc simplement d'attendre qu'il lui plaise d'ouvrir sa main bienfaisante pour répandre sa miséricorde. Jusqu'à ce qu'il le fasse, Texercice assidu des devoirs religieux prescrits par la loi appuiera rinvocation réitérée que la nation lui adresse.

La peinture de la situation reste dans les généralités et semble être plutôt le résumé d'une longue expérience que l'image d'un événement spécial. Les insolents et les arrogants sont en tout cas des dominateurs étrangers, comme le prouvent de nombreux passages parallèles. Le sens est assuré, le texte l'est moins. Le premier des deux mots hébreux employés ici signifie proprement

A. T. — 5« part. 24

les tranquilles, et Ton suppose que cela doit désigner rindifférence irreligieuse. Mais déjà les anciens traducteurs y ont substitué un terme qui exprime plutôt l'hostilité agressive, et il se pourrait que Torthographe traditionnelle fût fautive. Quant au second mot, moins douteux quant à Tétymologie, les rabbins eux-mêmes le condamnent et le changent dans une note critique placée en marge de nos éditions. Ils proposent de le décomposer en deux mots et de traduire : de la part des hautains, nos oppresseurs.

Le psaume est rimé dans l'original, du moins les assonances lînales y sont plus fréquentes qu'ailleurs dans l'Ancien Testament. Cette particularité de la versification n'aurait pu être reproduite que très-imparfaitement dans la traduction ; aussi y avons-nous renoncé.

(Ilébr. CXXIV. Grec CXXIII.)

N'eut été rÉternel, qui fut pour nous, —

(Oui, Israël peut bien le direl) N'eût été rÉternel, qui fut pour nous,

Quand contre nous les hommes s'élevèrent, Dès lors, tout \'ifs ils nous eussent dévorés.

Quand contre nous leur rage s'enflamma ; Dès lors les flots nous eussent submergés,

Un torrent eût emporté notre vie ; Dès lors elles eussent emporté notre vie.

Les ondes bouillonnantes.

Béni soit TÉternel, qui ne nous livra point

Pour être îa proie de leurs dents!

Notre vie s'échappa comme l'oiseau du lacet :

Le lacet se rompit, et nous fûmes sauvés. Notre aide est dans le nom de l'Éternel,

Qui a fait les cieux et la terre.

La terrible catastrophe qui avait englouti l'antique Jérusalem et son temple resta gravée dans la mémoire du peuple. Si, à cette époque, celui-ci ne périt pas entièrement, si le temple a été relevé, c'est à Dieu seul qu'est due cette restauration humainemenl impossible. Les cantiques des pèlerins devaient avant tout être des chants d'actions de grâces. On remarquera qu'au Dieu sauveur

PSAUME cxxv. 371

le poète oppose les hommes d'une manière tout à fait générale. Dans cette expression nous retrouvons le point de vue si familier aux juifs des siècles postérieurs, de se savoir isolés du monde entier, ne tenant à aucun autre peuple par les liens moraux qui, ailleurs, établissent des rapports entre des nations séparées par le langage et les intérêts politiques. Ce mot seul nous fait voir à quelle distance l'auteur se trouve de la fin du règne desisaïdes, de cette époque où une bonne partie de la nation faisait cause commune avec les hommes du dehors. Pour le psalmiste, la séparation entre les deux portions de l'humanité, juifs et païens, est un fait consommé, tandis que les prophètes n'en parlent qu'au point de vue idéal. La ruine d'Israël, qui apparaissait à ceux-ci comme un chôtiment, comme un terrible triage opéré par la justice suprême, lui apparaît à lui, à quelques siècles de distance, comme l'effet d'une guerre du monde païen contre le peuple de Dieu, sortant tout meurtri de la lutte, mais finalement sauvé par Jéhova.

Les images qui ornent le psaume ne s'accordent pas bien entre elles, mais toutes, elles sont bien connues. Les ennemis sont d'abord comparés à des bêtes féroces; puis la catastrophe est semblable à un déluge ; le poète a songé sans doute à ces torrents qui se forment subitement dans les gorges des montagnes à la suite des orages et qui ravagent les vallées. Enfin, le peuple, faible et sans défense, est comparé à un petit oiseau qui échappe au filet, non par sa force victorieuse, mais par hasard ou par l'intervention d'un secours généreux.

(Ilébr. CXXV. Grec CXXIV.)

Ceux qui ont foi en TÉtemel

Sont comme le mont Sion, qui ne chancelle point,

Qui demeure à jamais.

Des monts entourent Jérusalem, Et rÉternel se met à Tentour de son peuple,

Maintenant et à tout jamais.

Oui, la verge de Tiniquité Ne restera pas sur le loi des justes, Pour que les justes n'étendent pas

Leurs mains au mal.

Fais du bien, Éternel, à ceux qui sont bons

Et droits de cœur.

Mais ceux qui s'égarent dans leurs sentiers obliques, L'Éternel les perdra avec les scélérats,

Paix sur Israël.

Ce psaume développe la pensée que Jéhova protège ceux qui lui restent fidèles au milieu des épreuves auxquelles la nation est soumise. La première moitié peint la certitude et Tefficacité de la protection, la seconde fait allusion aux causes qui en nécessitent l'intervention.

Les montagnes servent partout aux poètes hébreux à symboliser ridée de sûreté et de durée inébranlable. Ailleurs il est dit de l'homme dévoué à Dieu, qu'il a bâti sa maison sur le roc; ici il est comparé lui-même à un rocher, qui résistera aux tempêtes de ce monde hostile ; enfin Jéhovah, lui aussi, est représenté comme formant autour des siens un boulevard de montagnes, comme les montagnes à Tentour de Jérusalem sont des boulevards naturels contre les agressions de l'étranger. Ces images pouvaient s'accorder surtout avec les pensées des pèlerins, près d'arriver en vue des sites qui les avaient inspirées.

Cependant aujourd'hui les pays d'Israël, le lot échu au peuple de Dieu, soupire sous la verge de V iniquité, sous une domination païenne, et cette situation amène des conséquences déplorables. Les Justes, les Israélites, se montrent en partie disposés à étendre la main vers le mal, à se laisser entraîner par l'exemple, à faire cause commune avec les tyrans dispensateurs de toutes les grâces, peut-être même à devenir infidèles à la foi de leurs pères. Quel péril, si cette domination se prolongeait ! Mais Dieu n'y exposera pas son peuple. Il fera un triage entre les fidèles et les apostats.

(Hébr. CXXVI. Grec CXXV.)

Quîind rftternel ramena les captifs de Sien, Nous étions comme avant rêvé.

Alors notre bouche était pleine d'allégresse, Kt notre lan|?ue de transports de joie.

Aloi's on disait parmi les nations:

Les {grandes choses que Dieu a faites pour eux ! Oui, il a fait de grandes choses pour nous —

Nous étions si joyeux.

Ramène nos captifs, ô Éternel,

Comme les ruisseaux du midi !

Que ceux qui sèment avec larmes.

Moissonnent avec allégresse !

C'est en pleurant qu'on va porter en terre

La traînée de la semence ; C'est avec des cris de joie qu'on revient,

En rapportant ses gerbes.

Une fausse traduction des temps des verbes a souvent masqué le sens de ce psaume. 11 se divise en deux strophes : la première parlant du passé, la seconde fondant sur ce passé même les espérances de l'avenir.

Ainsi d'abord il est question de l'heureuse fin de la captivité, de la restauration du peuple el du temple, événements dont le poète, placé à distance, ne voit que le beau côté. C'étaient là des jours heureux ! Nous sortions de nos malheurs comme d'un mauvais rêve ; le monde entier était étonné de ce glorieux retour de fortune, que nous devions à la faveur de l'Éternel. Nous étions si joyeux !

Aujourd'hui, continue le psalmiste, nous ne le sommes plus ; nos espérances n'ont pas été réalisées. Nous en sommes encore à prier Dieu de faire une fois de plus ce qu'il a fait alors, de ramener les captifs, de faire retrouver le chemin de la patrie à ces nombreux Israélites dispersés de tous côtés....

Les images qui doivent vivifier cette pensée n'ont pas été généralement comprises. Elles sont pourtant bien claires. Les 7'uissemix du midi de la Palestine, du pays avoisinant le désert, se dessèchent régulièrement en été et se remplissent d'eau pendant l'hiver. Le point de comparaison est précisément ce retour assuré, et l'on prie Dieu que le retour des captifs le soit aussi. Les seynailles et la moisson représentent le commencement et la fin d'un travail ou d'une destinée. Israël vient de débuter, et bien malheureusement, dans une nouvelle phase de son histoire. Puisse-t-elle se terminer autrement ! puissent les larmes versées aujourd'hui se changer

en cris de joie ! Le semeur travaille avec angoisse, car il court les chances de toute la saison ; le moissonneur fait sa besogne avec contentement. Plaise à Dieu qu'il nous arrive autant !

(Hébr. CXXVII. Grec CXXVI.)

Si rÉternel ne bâtit la maison,

C'est en vain que les ouvriei-s y travaillent; Si rÉternel ne garde la ville,

C'est en vain que le gardien veille.

C'est en vain que vous vous levez tôt,

£t que vous restez assis bien tard, Pour manger le pain de la fatigue —

Il le donne à son chéri pendant le sommeil !

Voyez, quel don de TÉternel que les enfants !

Quel bienfait que le fruit des entrailles ! Comme des flèches dans la main du guerrier,

Tels sont les fils de la jeunesse!

Oh ! quel bonheur que celui de l'homme

Qui en a rempli son carquois !

Ils ne se retirent })as confus.

Quand ils plaident en public contre les advei^saires.

Tout bien et tout secours viennent de Dieu : la peine de rhomme n y fait rien. Même pour les travaux matériels, où nous voyons agir la main des hommes, il faut dire que la bénédiction divine y a la meilleure part. C'est Dieu qui fournit les matériaux, qui inspire l'art et l'artisan, qui protège le travail contre les éléments, qui permet, enfin, aux hommes de se reposer et de dormir, sans qu'ils aient à craindre de perdre le fruit de leurs peines. Ce sont là des vérités bien banales, sans doute, quoique exprimées avec une gracieuse simplicité ; et pourtant un ancien lecteur superficiel, en y rencontrant l'image toute populaire d'une vuiison en construction, a cru qu'il s'agissait du temple de Salomon, et s'est hâté de mettre le nom de ce roi en tète du psaume.

PSAUME CXXVIII. in

Tout bien et tout succès viennent de Dieu : se lever tôt, se coucher tard, manger son pain à la sueur de son front, ce n'est pas assez, ce n'est même rien; il faut la bénédiction de Dieu. Et il la donne à celui qu'il aime pendant le sommeil, c'est-à-dire sans qu'il travaille. Pour un homme véritablement pieux , de pareilles convictions ne risquent pas do devenir une source de paresse et de négligence ; mais elles bannissent les soucis et l'angoisse, et donnent à l'âme cette sérénité, qui est le meilleur instrument de travail.

A propos de bénédiction céleste, le poëte cite les enfants. Qu'on est heureux d'en avoir, dit-il, surtout des fils, nés pendant que le père est encore dans la force de Tâge, de sorte qu'il arrive à les voir grands et forts. Un père avec des fils nombreux est comme un guerrier avec un faisceau de flèches ; sa maison est comme un carquois bien rempli. Ils sont les défenseurs naturels des parents vieillissants et infirmes. Si Ton voulait léser ceux-ci dans leurs droits, courageux plaideurs, ils se présenteraient d^ant le juge (litt. : à la porte, sur la place publique où se rendaient jadis les arrêts), et certes, ils ne manqueraient pas de faire triompher le bon droit. Et qui sait si cette image, empruntée à la vie civile, n'en éveillait pas une autre plus guerrière dans l'âme de maint père de famille, courbé sous le poids des années et de la servitude? Cette jeune généralion ne pouvait-elle pas enfin voir des jours meilleurs, les amener peut-être par son courage, et briser le joug qui pesait encore sur la cité vers laquelle en ce moment se dirigeaient les pas des pèlerins ?

(Hébr* CXXVIII. Grec CXXVII.)

Heureux quiconque craint TÉternel

Et marche dans ses voies !

Du travail de tes mains tu jouiras,

Tu auras bonheur et succès.

Ta femme sera comme une vigne féconde

Dans l'intérieur de ta maison; Tes enfants comme de jeunes oliviei^s

Tout autour de ta table.

Vois-lu, c'est ainsi que sera béni

L'homme qui craint rÉternel.

Que l'Éternel te bénisse de Sion, Et puisses- tu voir la prospérité de Jérusalem,

Tous les jours de ta vie.

Et puisses-tu voir les enfants de tes enfants ! Paix sur Israël.

Les promesses attachées ici à la fidélité envers Jéhova se renferment dans le cercle étroit de la vie domestique. L'horizon du poëte semble un peu restreint ; ses aspirations n'ont point l'élan du patriotisme et des grandes idées. Mais cette réserve faite, la peinture ne laisse pas d'être touchante. C'est le tableau idyllique d'un bonheur modeste, effet naturel de cet esprit de piété simple et pleine d'humilité, qui se conserve souvent à travers plusieurs générations sous un toit oublié du monde. On voit le père de famille, travaillant durement peut-être, mais récompensé de ses peines par une honnête aisance ; la mère qui, au lieu de chercher des distractions au dehors, trouve son bonheur dans le nombre et la prospérité de ses enfants ; et ceux-ci, brillant de santé , se rangeant autour de la table commune, avec ce naïf contentement qui, plus que toute autre chose, augmente le bonheur des parents. Heureuse la famille qui ne forme point de vœux au-delà des limites de cette terre promise du bonheur terrestre.

Cependant le bonheur de l'individu qui appartient à la grande famille du peuple de Dieu ne saurait être complet qu'autant que la patrie elle-même est dans une situation prospère. La patrie, c'est Jérusalem. Les pèlerins qui s'y rendent n'en connaissenl point d'autre.

(Hébr. CXXIX. Grec CXXVIll.)

Us m'ont assez vexé dès ma jeunesse,

(Oui, L^raël peut bien le dire), Ils m'ont assez vexé dès ma jeunesse,

Pourtant ils n'ont pas prévalu.

Jls ont bien labouré mon dos, les laboureurs,

Ils y ont tracé leurs longs sillons.

Mais l'Éternel est juste :

Jl a coupé la corde aux scélérats.

Ah ! qu'ils soient confondus et rejelés en arrière,

Tous ceux qui haïssent Sion !

Qu'ils soient pareils à Therbe sur les toits,

Qui se fane avant qu'on l'arrache.

Et dont le moissonneur ne remplit point sa main,

Ni le Heur son tablier.

Qu'aucun passant ne dise : •

La bénédiction de l'Étemel sur vous!

[Nous vous bénissons au nom de l'Éternel.]

Le psaume se compose de deux strophes parfaitement égales, si ce n'est que la seconde a une ligne de trop à la fin ; et comme cette ligne forme double emploi avec celle qui la précède, par une répétition on ne peut plus froide, nous doutons de l'intégrité du texte. Il y a plus d'un passage où deux leçons synonymes, dont l'une s'était d'abord trouvée en marge, ont fini par se faire concurrence dans le texte même.

La première strophe résume l'histoire d'Israël, au point de vue d'une époque où ce peuple, fidèlement attaché au culte de Jéhova, a pu regarder ses malheurs passés comme de dures épreuves heureusement terminées avec l'aide d'un Dieu juste et vengeur. Les prophètes anciens, placés au milieu même des calamités nationales, avaient fait autrefois sur celles-ci des réflexions bien différentes, et s'en étaient prévalus pour châtier une génération peu disposée au repentir. L'expression du texte ne manque pas d'énergie poétique. Depuis ma jeunesse, fait-il dire à Israël, en Egypte déjà, et maintes fois depuis, ils m'ont vexé, pillé, déporté, décimé, eux, les autres peuples, tout le monde. On le voit, celui qui parle, c'est encore l'Israélite, isolé du monde, se sachant en opposition avec lui, et tirant, à juste titre, de cette opposition même sa gloire et ses espérances. Ils ont labouré nion dos : les terribles empreintes que le pied de l'ennemi a laissées sur son sol, ses moissons ravagées, ses villes brûlées, ses enfants égorgés, ses autels renversés, ces traces de sang et de feu que le temps peut effacer pour l'œil, mais dont le cœur ulcéré d'un peuple garde les marques à travers les siècles , forment un long sillon dans son existence, et dans ce sillon poussent incessamment de nouveaux germes de haine et de vengeance. Grâce à Dieu, voici enfin un moment de repos ! La corde qui liait la main de l'esclave, Jéhova Ta coupée — nous sommes libres !

378 PSAUME cxxx.

L'événement particulier qui a dicté cette phrase ne saurait être déterminé ; plus d'une fois le peuple a pu respirer pour un moment. Mais, à coup sur, nous sommes ici loin du temps des prophètes. La seconde strophe exprime le vœu que ce triomphe de la bonne cause soil définitif et sans retour. Évidemment il subsistait encore une puissance oppressive non complètement terrassée, contre laquelle il fallait invoquer le secours de Dieu. V herbe des toits, croissant à peine dans les interstices des dalles ou des briques, est le symbole naturel de ce qu'il y a de plus passager. On n'a pas même besoin de l'arracher, elle s'en va toute seule, et personne ne se baisse pour la ramasser. Puîsse-t-il en être de même des ennemis d'Israël ! Qu'aucune faveur du ciel, qu'aucun vœu des hommes ne vienne arrêter leur ruine !

(Hébr. CXXX. Grec CXXIX.)

Du fond de Tabîme je t'invoque, Éternel î

Seigneur, écoute ma voix !

Que tes oreilles soient attentives

A la voix de mes supplications !

Si tu prends garde aux péchés. Éternel !

Seigneur, qui pourra subsister?

Mais auprès de toi est le pardon.

Afin que tu sois révéré.

J'espère en TÉternel, mon àme espère.

En sa parole je mets mon attente.

Je soupire après le Seigneur, plus que le guet après l'aurore :

Qu'Israël mette son attente en l'Éternel !

Car auprès Aq l'Éternel est la miséricorde,

Auprès de lui ample rédemption.

C'est lui qui rachètera Israël

De toutes ses iniquités.

Le point de vue historique diffère ici de celui du psaume précédent. C'est du fond du malheur que le poëte, ou plutôt le peuple dont il formule la pensée, invoque Jéhova, et il le fait en confessant ses péchés et en demandant pardon. C'est un fait digne

d'attention, que les malheurs publics provoquent chez ce peuple, devenu si profondément religieux, plutôt des actes de contrition que des protestations contre une prétendue injustice de Dieu.

L'espoir du pardon est fondé sur deux motifs. Si Dieu voulait faire prévaloir la stricte justice, personne n'échapperait à sa colère, car tous sont coupables. Mais une sévérité si rigoureuse ne saurait être dans sa pensée : il ne voudra pas perdre son peuple tout entier. Au contraire, il gagne à être clément. Le coupable gracié est pénétré de gratitude et de vénération pour son bienfaiteur, plus que ne le serait celui à qui Dieu n'aurait eu rien à remettre.

Les deux dernières strophes déclarent que ces motifs d'espérance sont assez puissants pour rassurer Tâme dans son angoisse, le peuple dans sa détresse. Jéhova, qui a tant de fois promis qu'il ne l'abandonnerait pas, voudra encore ratifier sa parole et racheter (délivrer) Israël des peines qu'il a méritées. Le terme que nous avons traduit par iniquités n'indique pas seulement le fait du péché, mais encore ses conséquences. L'image du gicet, du garde de nuit qui attend le lever du soleil, est très-gracieuse; elle marque l'impatience d'une âme agitée. Il s'agit probablement du lévite placé en sentinelle pour signaler le premier rayon du soleil et le commencement des rites sacrés du temple. Le texte est d'ailleurs fautif en cet endroit, en ce qu^il dit à la lettre : rnoii âme le Seigneur, plus que le g%œt le matin, le guet le matin. Il y a à la fois ellipse et double emploi.

(Hébr. CXXXI. Grec CXXX.)

0 Eternel ! mon cœur n'est pas orj^ueilleux ;

Mes regards ne sont pas fiers; Je n'aspire pas aux grandes choses, qui sont au-dessus de moi

N'ai -je pas apaisé Et fait taire mon àme, Comme l'enfant sevré sur le sein de sa mère?

Comme l'enfant sevré mon àme est en mon sein : Qu'Israël espère en l'Éternel, Dès maintenant et à jamais !

La résignation la plus parfaite et la plus sincère en la volonté de Dieu se manifeste dans ce petit poëme. Nous avons vu ailleurs des sentiments moins purs entraîner l'imagination du peuple juif à rêver des révolutions, qui devaient le placer à la tête des nations et lui permettre d'assouvir ses vieilles haines et de faire valoir ses justes griefs contre ses oppresseurs. Ici c'est un esprit tout différent qui se produit sous une forme on ne peut plus appropriée. Peu de mots, de courtes lignes, sobriété de figures, tout sert à mettre en relief une de ces pensées que l'Évangile va bientôt consacrer et sanctionner.

Nous n'hésitons pas à dire que cette pensée est ici mise dans la bouche du peuple entier. Le poëme est une profession de foi nationale, comme la fin le prouve clairement. C'est bien là un cantique de pèlerins, qui, contents d'être laissés en paix quand ils allaient adorer leur Dieu à Jérusalem, trouvaient leur suprême bonheur dans ces visites aux lieux saints où avaient adoré leurs pères, et pour lesquelles ils subissaient volontiers les plus dures privations.

L'image de l'enfant est gracieuse et touchante. Au moment où il est sevré, il crie et s'agite ; mais bientôt il s'apaise, sa mère peut le prendre sur ses bras, il ne demande plus le sein. Ainsi Israël se contente de la part que son Dieu lui fait et ne demande pas davantage.

(Hébr. CXXXII. Grec CXXXl.)

Tiens compte à David, ô Éternel !

De toutes ses tribulations !

De ce qu'il jura à TÉternel,

Promit au héros de Jacob :

(de n'entrerai point sous la tente, ma demeure,

Je ne monterai point sur le lit, ma couche, Je ne donnerai point de sommeil à mes yeux,

Ni du repos à mes paupières.

Avant d'avoir trouvé un lieu pour l'Éternel,

Un tabernacle pour le héros de Jacob U

Voyez, nous en eûmes avis à Efrat,

Nous le trouvâmes dans les champs de la'ar. Entrons donc dans son tabernacle,

PSAUME CKXXII. 381

Prosternons-nous devant son marche-pied ! Lève- toi, Éternel, vers ton séjour.

Toi et Tarche de ta puissance.

Que tes prêtres se parent pour le triomphe,

Et que tes fidèles chantent de joie !

Pour l'amour de David, ton serviteur.

Ne repousse pas la face de ton oint !

L'fitemel à David jura en vérité —

Il n'en reviendra point :

«C'est un rejeton de tes entrailles

Que je placerai sur ton trône!

Si tes fils gardent mon alliance.

Et ma loi que je leur enseignerai, Leurs fils aussi, à tout jamais,

Seront assis sur ton trône I»

Car l'Éternel élut Sion,

Et la désira pour sa demeure.

« C'est mon séjour à tout jamais :

J'y resterai, car je l'ai désiré.

Je bénirai sa subsistance ;

Je rassasierai de pain ses pauvres, Je parerai ses prêtres de salut.

Et ses fidèles chanteront de joie.

Là je ferai refleurir la puissance de David,

J'érigerai un flambeau à mon oint.

Ses ennemis, je les couvrirai de honte.

Mais sur lui brillera son diadème. »

Ce psaume, parfaitement régulier quant à sa forme, et parlant partout de choses bien connues, a été l'objet d'interprétations bien diverses, et Texégèse est parvenue à le rendre plus ou moins obscur. Essayons, par une analyse exacte, de rétablir le fil des idées du poète, et prouvons qu'il n'y a là ni lacunes ni diflBcultés insurmontables.

La première strophe demande à Dieu de se souvenir de ce que David a fait autrefois pour créer le sanctuaire national ; la seconde rappelle l'intronisation de Jéhova dans son tabernacle de Jérusalem ; les deux autres reproduisent les 'promesses qui se rattachèrent à cette inauguration. Il est de toute évidence que ces promesses sont ici la chose essentielle : le poëte les constate et les exalte, soit pour faire entendre que le temps de les réaliser est

enfin venu, soit pour en signaler raccomplissemeni. Nous penchons vers celte dernière interprétation. Rien dans le psaume n'accuse une arrière-pensée de tristesse, ni ne laisse entrevoir le reflet de la mauvaise fortune. La fin nous laisse sous des impressions de joie et de bonheur, et le commencement, qui formule ud vœu, ne semble pas le motiver par d'amers regrets.

Le psaume appartient à un âge bien éloigné de celui de David. Les allusions historiques sont étrangères au récit prosaïque de 2 Sam. VI, VII. Les faits sont idéalisés, exagérés. L'auteur fait dire à David qu'il n'aura de repos, qu'il ne se couchera même pas, avant d'avoir fondé le sanctuaire. Puis le tabernacle de David se confond avec le temple de Salomon. Car, ou bien l'auteur veut parler de ce temple, qui devint le centre du culte israélite, alors pourquoi donne-t-il à entendre que ce fut David qui le fonda ? Ou bien il n'a en vue que le tabernacle établi par celui-ci, alors comment peut-il en parler comme d'un établissement permanent, sans même nommer Salomon ? La vérité est qu'à la distance où le poëte se trouve placé à l'égard de l'histoire, ces faits divers n'en forment qu'un seul : il n'y a qu'un seul sanctuaire, comme il n'y a qu'un seul Dieu ; il n'y a qu'un seul roi fondateur du sanctuaire, représentant en sa personne toute sa dynastie, comme il n'y a qu'une seule promesse, celle-là précisément qu'il s'agit de rappeler en ce moment.

La seconde strophe, qui a donné le plus de mal aux commenlateurs, va montrer plus clairement encore que nous avons ici ud idéal poétique et non une narration simple et conforme à l'histoire. Qui donc parle dans ces lignes ? En apparence ce sont les contemporains de David. C'est à Efrat, c'est-à-dire à Bêt-Lébem (Gen. XXXV, 19; XLVIII, 7. Mich. V, 1), lieu de leur résidence, qu'ils apprennent son projet; c'est dans les champs de la'ar, c'est-à-dire à Qiryat-Iearîm (1 Sam. VII, 1. 2 Sam. VI, 3), qu'ils mirent la main sur ce qui était dans la pensée de David, c'est-à-dire sur l'arche sainte. Ce sont donc eux qui déclarent vouloir aller dans le nouveau tabernacle et qui invitent Jéhova à s'y rendre de son côté et à en accepter l'hommage. Ce serait là de rhistoire, un peu poétiquement arrangée, sans doute, mais toujours un récit de faits anciens. Mais on conviendra que cela cadre fort peu avec le commencement de la première strophe, et avec ce que nous venons de dire sur le mirage de la perspective du psalmiste. Il faut donc faire abstraction des contemporainSyde

PSAUME cxxxir. 383

David. De même que tout à l'heure les deux rois et les deux sanctuaires ont pu se confondre pour le poète, de même les contemporains de ces rois et les siens se confondent dans l'idée de la nationalité permanente d'Israël. Les Juifs, à huit siècles de distance, disent: Nous avons cherché Tarche à Qiryat-Iearîm pour l'installer à Sion, comme les Français d'aujourd'hui diraient : Nous avons gagné la bataille de Bouvines. Tout ce qui a pu se dire à une époque reculée de l'histoire, pouvait se dire plus tard encore : du temps du poëte, Israël pouvait encore demander à Dieu d'entrer dans son sanctuaire nouvellement consacré et de maintenir les promesses faites autrefois. Pour Vamour de David (paroles qui expriment l'idée de la continuité des rapports théocraliques entre Jéhova et Israël) ne repoicsse pas to7ioint! Cet oint, c'est évidemment quelqu'un qui doit remplacer David et être l'objet de la protection promise. Mais qui est-il? Peut-être les deux dernières strophes nous le diront-elles.

Ces strophes ne sont que l'amplification de la pensée dominante du psaume, savoir qu'au temple de Jérusalem il se rattache des promesses solennelles, et qui ne manqueront pas d'être accomplies. Nous disons au temple : le centre de la nationalité israélite, c'est le sanctuaire, et non la royauté. C'est dans cette sphère que nous aurons à chercher Y oint. Les promesses divines n'ont pu se réaliser autrefois, Israël et ses rois étant toujours en défaut. Si aujourd'hui un meilleur espoir prévaut, c'est que la fidélité du peuple est suffisamment éprouvée, et peut en appeler à celle de Dieu. Avant l'exil un pareil langage n'était pas permis ; les prophètes lui auraient donné un éclatant démenti. Mais plus tard, et surtout dans les cruelles tribulations où le martyre vint cimenter une union plus intime entre Dieu et son peuple, union désormais indissoluble, le temps de l'accomplissement pouvait sembler être enfin arrivé. La puissance de David devait refleurir ; une ère de prospérité devait commencer pour une population au milieu de laquelle le Très-Haut daignait établir sa demeure. Plus de pauvre sans pain, plus de prêtres éplorés, plus de fidèles éclatant en lamentations. Les ennemis sont chassés, et le diadème, marque distinctive du chef spirituel, représentant le pouvoir théocratique (Exod. XXIX, 6, etc.), brillera sur le front de l'oint de Jéhova. Ce sont là de ces espérances que la théologie appelle messianiques, avec l'arrière-pensée que ceux qui les formulaient se faisaient illusion sur la proximité de

384 PSAUME CXXXIll.

raccomplissement. L'auteur a-t-il entendu parler d'un avenir reculé, ou bien se croyait-il sur le seuil de cet avenir ? La dernière ligne de la seconde strophe semble autoriser ce dernier point de vue. Le psaume ne pourrait-il pas avoir été composé pour une solennité, présidée par un pontife investi en même temps du pouvoir civil à la suite de glorieifx succès qui paraissaient assurer l'indépendance nationale? L'histoire connaît les noms de ces illustres restaurateurs d'Israël.

(Ilébr. CXXXIII. Grec CXXXII.)

Voyez, quelle chose excellente et belle

Que des frères demeurent unis ensemble ! Comme l'huile exquise qui de la tête

Découle sur la barbe,

La barbe d'Aharôn, Qui flotte sur le bord de sa robe ;

Gomme la rosée de IJermôn,

Qui tombe sur les monts de Sion:

Car rÉternel y envoie sa bénédiction,

La vie à jamais.

L'union fraternelle exaltée dans cette pièce toute empreinte de l'esprit oriental, est certainement l'union religieuse des Israélites, qui, venus de toutes les contrées, se rencontrent à Jérusalem pour y célébrer en commun les rites solennels de leur culte. Ces réunions, imposantes déjà par le nombre de ceux qui y prenaient part, par l'idée des longues courses qu'il fallait faire pour y arriver, mais surtout par l'intérêt élevé qui les provoquait, devaient remplir de joie et d'enthousiasme tous ceux pour lesquels ce n'était pas une pure affaire d'habitude. Aussi la poésie verse-t-elle ses plus doux parfums sur le sentiment que l'auteur glorifie. Il contemple d'abord la majestueuse figure du grandprêtre, successeur d'Aharôn, qui préside aux solennités dans son costume pontifical, éclatant de pourpre et d'or ; sa tête est ointe d'huile exquise, laquelle, répandue avec profusion dans ses cheveux, semble découler dans sa barbe vénérable et luisante, qui flotte sur le bord (supérieur) de sa robe. Un pareil aspect

PSAUMES cxxxiv. cxxxv. 385

commande l'admiration, mais l'union fraternelle de tous les membres de la nation le surpasse encore en éclat et en beauté. Le spectacle d'un peuple uni dans un commun sentiment de piété et d'amitié, est une chose aussi douce que l'abondante rosée telle qu'elle tombe sur les pentes boisées du Liban. C'est comme si une pareille rosée tombait sur les coteaux nus et arides qui entourent Jérusalem, pour y être le symbole de cette rosée de grâce que Jéhova veut y répandre à jamais, aujourd'hui qu'il est réconcilié avec son peuple.

(Hébr. CXXXIV. Grec CXXXIII.)

Allons, bénissez l'Éternel, Vous tous, les serviteurs de TÉternel, Durant la nuit !

Levez vos mains vers le sanctuaire

Et bénissez TÉtemel !

Que de Sion TÉtemel vous bénisse,

Lui qui a fait le ciel et la terre !

Par les serviteurs de Dieu réunis au temple durant la nuit, on entend communément les lévites de garde. Mais alors comment ce cantique se trouverait-il ici parmi les chants de pèlerinage ? Nous croyons plutôt que ces serviteurs sont les pèlerins euxmêmes accourant de toutes parts et se mêlant aux habitants de Jérusalem dans la cour du temple, pour y assister au commencement des rites sacrés dès le lever du soleil. C'est le dernier chant des pèlerins, après lequel la nation entière, confondue en une seule masse, se transforme en une communauté religieuse, qui n'a plus d'autre patrie que ce lieu sacré, symbole visible de son unité.

(Hébr. CXXXV. Grec CXXXIV.)

Louez le nom de TÉtemel,

Louez-le, serviteurs de TÉternel, Qui êtes réunis au temple de T Éternel,

Dans les parvis de la maison de notre Dieu ! A. T. — 5« part. 25

386 PSAUMK cxxxv.

Louez l'Étemel, car il est bon;

Psalmodiez à son nom, car il est doux : Cav c'est Jacob que TÉternel s'est choisi,

C'est Israël qui est sa propriété.

Moi je sais que l'Éternel est^grand ;

Notre Seigneur est au-dessus de tous les dieux. Tout ce que l'Étemel veut, il le fait,

Dans les cieux et sur la terre,

Sur les mers, sur tout l'océan.

Il amène les nuages des extrémités de la terre,

Il fait les éclairs avec la pluie,

Il lâche la tempête de ses réceptacles.

C'est lui qui frappa les premiers-nés d'Egypte,

Depuis les hommes jusqu'aux bêtes; Qui fit des miracles et des prodiges en Egypte,

Contre Pharaon et tous ses serviteurs.

C'est lui qui frappa de nombreux peuples,

Et fit périr des rois puissants :

Sihon le roi Émorite, 'Og le roi du Ba'san,

Et tous les royaumes de Canaan, Et donna leur terre en héritage.

En héritage à Israël, son peuple.

Éternel, ton nom dure à jamais,

Éternel, ta gloii-e d'âge en âge.

(^ar l'Éternel rend justice à son peuple

Et a pitié de ses serviteurs.

Les dieux des païens sont d'or et d'argent,

L'ouvrage de la main des hommes.

Ils ont une bouche et ne parlent point.

Ils ont des yeux et ne voient point, Ils ont des oreilles et n'écoutent point,

Il n'y a pas même de souffle dans leur bouche. Comme eux seront ceux qui les ont faits,

Quiconque se fie en eux.

Maison d'Israël, bénissez l'Éternel !

Maison d'Aharôn, bénissez l'Éternel I Maison des Lévites, bénissez l'Éternel 1

Quiconque craint l'Éternel le bénisse!

Que l'Éternel soit béni de Sion,

Lui qui demeure à Jérusalem !

PSAUMK cxxxvi. SS7

Hymne liturgique sans verve poétique et surtout sans originalité. Comp. pour le début le psaume précédent, et pour les dernières strophes le Ps. CXV, qui y est littéralement copié. L'antithèse entre les str. 2 et 3, où il est tour à tour question de la grandeur de Dieu dans la nature et des miracles de Thisloire ancienne, se reproduira plusieurs fois encore, par ex. dans le psaume qui va suivre.

(llébr. CXXXVI. Grec CXXXV.)

Louez l'Éternel, car il est bon,

Car sa grâce dure à jamais.

Louez le Dieu des dieux,

Car sa grâce dure à jamais.

Louez le Seigneur des seigneurs,

Car sa grâce dure à jamais.

Lui qui seul fait de grandes merveilles.

Car sa grâce dure à jamais.

Lui qui a fait le ciel avec sagesse,

Car sa grâce dure à jamais.

Lui qui a étendu la terre sur les eaux,

Car sa grâce dure à jamais.

Lui qui a fait les grands luminaires,

Car sa grâce dure à jamais.

Le soleil pour le gouvernement du jour,

Car sa grâce dure â jamais.

La lune et les étoiles pour le gouvernemenf de la nuit ;

Car sa grâce dure à jamais.

Lui qui frappa les l^Igyptiens dans leurs aînés.

Car sa grâce dure à jamais.

Kt retira Israël du milieu d'eux,

Car sa grâce duve à jamais.

D'une main puissante et d'un bras étendu^

Car sa grâc>e dure à jamais.

Lui qui partagea en deux la mei* des algiu.\s.

Car sa grâce dure à jamai."^.

388 PSAUME cxxxvi.

El fit passer Israël par le milieu,

Car sa grâce dure à jamais.

Et plongea dans la mer Pharaon et son armée;

Car sa grâce dure à jamaifi.

Lui qui mena son peuple par le désert,

Car sa grâce dure à jamais.

Lui qui frappa de grands fois,

Car sa grâce dure à jamais.

Et tua des rois puissants.

Car sa grâce dure à jamais.

Sillon, le roi de TÉmorite,

Car sa grâce dure â jamais, pt 'Og, le roi du Bas'ap,

Car sa grâce dure à jamais.

Et donna leur terre en héritage,

Car sa grâce dure à ja,mais. . . ; .

En héritage à Israël, son serviteur;

Car sa grâce dure à jamais.

Lui qui, dans notre abaissement, s'est souvenu, de nous,

Car sa grâce dure à jamais.

Et nous a arrachés à nos ennemis,

Car sa grâce dure à jamais.

Qui donne du pain à toute créature :

Car sa grâce dure à jamais.

Louez le Dieu des cieux,

Car sa gnic^ dure à jamais.

Cantique liturgique. Le refrain, que Tauteur emprunte à la musique sacrée (CVI, CVII, CXVIII), interrompt à chaque instant la phrase du texte, et se fait connaître ainsi comme un élément étranger à celui-ci. Il sera permis de supposer que le texte était destiné à être chanté par une voix seule, tandis que le refrain devait Tèlre par un chœur. . Le corps du psaume (str. 2-4) est consacré au double souvenir des merveilles de la création (où l'auteur emprunte quelques phrases au 1'''' chap, . de la Genèse), et des miracles de Thistoire ancienne (où nous rencontrons des emprunts faits au Psaume précédent).

PSAUMK CXXXVIl. 380

(Hébr. CXXXVII. Grec CXXXVl.)

Au boi*d des rivières de Babel Nous étions assis et nous pleurions^ En nous souvenant de Sion.

Aux saules de la campagne,. ,

Nous avions suspendu nos lyres.

Car là nos ravisseurs nous commandaient des paroles, de chant, Nos oppresseurs des accents de joie:

«Chantez-nous un cantique de Sion ! »

Gomment chanterions-nous le chant de lahewèh

Sur la terre étrangère !

Si je t'oublie, Jérusalem,

Que ma main soit oublieuse aussi !

Que ma langue s'attache à mon palais,

Si je cesse de songer à toi,

Si je ne mets point Jérusalem

Au-dessus de toutes mes joies!

Garde, Éternel, aux fils d'Édom Le souvenir du jour de Jérusalem, A eux qui disaient: Rasez, rases.

Jusqu'à ses fondements 1 Fille de Babel, dévastatrice.

Salut à qui te paie pour ce que tu nous a fait ! Salut à qui saisit et écrase Tes nourrissons contre le rocher !

Le préjugé qui veut que tous les psaumes soient de David, devient ici complètement absurde, et pourtant il a trouvé de nombreux partisans jusqu'à nos jours. Mais il est tout àùssî impossible de souscrire à l'opinion de ceux qui font composer le pisaume à Babylone même et pendant l'exil. Pour le poète, cet exil appartient déjà au passé (str. 1). Il parle, non en son propre nom, mais au point de vue national. Nos prosaïques eiégètes y ont vu que le peuple tout entier, muni de lyres, était assis aux bords de TEuphrate et que ces lyres étaient réellement suspendues en longues files à des saules (pleureurs, mlix hahyhnica, L.). Le moindre sentiment poétique y aurait vu le tableau idéal du

390 PSAUME cxxxvir.

deuil national, exprimé d'une manière louchante, en d«k;larani qu'Israël avait perdu jusqu'à la dernière consolation qui reste au malheureux, celle d'apaiser ses douleurs au moyen des accords harmonieux d'un instrument de musique. «Nous avions suspendu nos lyres pour ne plus y toucher ; les seuls sujets que nous aurions voulu chanter n'existaient plus, et toute autre distraction dé ce genre aurait été une profanaiion.* C'est dans ce beau tableau que le poêle nous retrace les sentiments dominants de cette malheureuse génération de patriotes déportés à l'étranger et soupirant après le retour dans la patrie. Or celui qui parle de l'exil comme d'un fait passé, n'appartient pas à la génération qui avait assisté à la ruine du temple. Le jour de Jérusalem était pour lui, non un souvenir personnel, mais un fait historique connu par la tradition. Il est vrai que les paroles de la 2*^ strophe sont au présent, mais c'est parce qu'elles sont mises dans la bouche de ceux qui sont censés avoir parlé à la première* C'est la réponse donnée au nom du sentiment national aux exigences insultantes du vainqueur,

La forme du psaume est fort simple, le rhyihme négligé, les vers inégaux ; mais ces défauts tout extérieurs sont rachetés par la patriotique énergie des sentiments, la touchante beauté des tableaux et la classique sobriété des phrases. Le texte contient plusieurs chaldaïsmes et nous n'hésitons pas à admettre que ce morceau n'appartient pas à la génération qui a suivi immédiatement la restauration. Il est à remarquer que les Israélites refusent de chanter les chants de VEterml^ c'est-à-dire des psaumes et cantiques sacrés, tandis que les Baly Ioniens (s'il fallait à toute force voir là un détail historique) auraient sans doute demandé quelque chanson gaie et profane. C'est qu'au point de vue de l'époque du poêle il n'y a en Israël d'autre poésie, d'autre musique, que celle qui est consacrée à Jéhova. C'est un trait de plus qui nous fait entrevoir la distance des époques.

La dernière strophe exige quelques explications spéciales. Les Kdomiles avaient pris une part active à la destruction de Jérusalem, et la haine nationale garda le souvenir de ce fait relevé déjà par les prophètes (Es. XXXIV ; LXIII. Obadias, etc.) Jean llyrcan, le neveu de Judas Makkabi, leur fil une guerre d'extermination. La sauvage cruauté de fracasser le crâne des petits enfants en les lançant contre des pierres n'appartient pas Aiàlheureusement à la poésie seule (2 Rois VIII, 12. Os. i, 14). H serait

psAUMfc: cxxxviii. 391

hors de propos de déguiser ou de justifier ces égarements de la passion. Il faut prendre les liomuies comme ils sont, et apprécier leurs actes au point de vue des circonstances sous l'empire desquelles ils pensent et agissent. La morale nous apprend que les exemples compris dans les récits bibliques, ne forment pas pour cela seul la règle du bien. Le psaume est beau comme poésie ; le chrétien fera bien de chercher ses inspirations ailleurs. — La fiUe de Babel, personnification usuelle de la ville et de ses hahitantH. La traduction : dévasUUrice, est sujette à caution. D'autres mettent: détcutée, et y voient Tanticipation d'un vœu.

(Hébr. CXXXVIII. Grec CXXXVU.;

Je veux te louer de tout mon cœur,

A la face îles dieux te psalmodier.

Je veux me prosterner dans ton saint temple,

Louer ton nom pour ta grâce et ta fidélité:

Cai' plus que jamais tu as glorifié ta parole. Lorsque je t'invoquai tu m'exauças,

Tu donnas du courage, de Taudace à mon à me.

Ils te célébreront, Éternel , tous les rois de la terre, Quand ils auront ouï les ordres de ta bouche.

Ils chanteront les voies de laheweh,

Car la gloire de laheweh est grande.

Car laheweh est élevé — il voit l'humble, Et de loin il reconnaît l'orgueilleux.

Quand je marche dans la détresse, tu me donnes la vie ;

Contre la rage de mes ennemis lu étends la main.

Et ta droite me donne la victoire.

L'Éternel l'achèvera pour moi :

Éternel, ta grâce dure à jamais ;

N'abandonne jmint les créatures !

Ce psaume respire un air guerrier. La piemière strophe parait faire allusion à une victoire récemment remportée, et dont la conséquence doit être, d'a])rès la seconde strophe, que les rois reconnaîtront la puissance de Jéhova, et se hâteront de s'humilier

39ri PSAUME CXXXIX.

devant lui. La troisième demande la contipuatipn de Tassistance divine. Le texte ne dit point, comme la plupart des commentateurs rontpen3é, que celui qui parle dans le psaume est tin prince vainqueur, un individu. C'est la nation qui parle. ' »

L'antithèse entre Y humble et Yorgueilleiuô rappelle nécessairement celle de la piété israélite et de la tyrannie pâîéiine, que Dieu connaît et apprécie. Les ordres, que les païens, doivent entendre (litt. : les paroles), c'est précisément la décisîoà récente sur le champ de bataille. Celle-ci est si éclatante qu*elle va (litt.) au-delà du re7i(mh de Jéhova, c'est-à-dire qu'elle dépassa tout ce qu'on pouvait vanter de lui antérieurement.

(Hébr. CXXXIX. Grec GXXXVIU,)

Éternel ! tu me sondes et tu me connais :

Que je m'asseye ou que je me lève, tu le sais ;

Tu discernes de loin ma pensée.

Que je marche ou que je me couche, tu me scrutes ;

Toutes mes voies te sont familières.

Oui, il n'est aucune parole sur ma langue

Que toi, Éternel, tu ne connaisses.

Par derrière et par devant tu m'enserres.

Sur moi tu poses tes mains.

Science trop merveilleuse pour moi !

Trop élevée pour que je puisse la saisir !

Où pourrais-je aller loin de ton esprit?

Où fuir loin de ta face?

Si je monte aux cieux, tu y es ;

Si je me couche au S'eôl, t'y voilà encore!

Si je m'élevais sur les ailes de l'aurore,

Pour m'établir aux confins de l'occident,

Là même ta main me conduirait.

Ta droite me saisirait encore !

Si je disais : Que les ténèbres se jettent sur moi.

Qu'autour de moi le jour devienne nuit, =

Les ténèbres mêmes ne sont pas obscures pour toi,

La nuit est claire comme le joui*,

L'obscurité et la lumière devant toi ^oi^t égales» ..j

Car toi, tu as formé mes reins,

Tu m'as tissé dans le sein de ma mère.

Je te loue de ce que j'ai été formé merveilleusement ;

Oui, elles sont merveilleuses, tes œuvres,

£t moB âme le reconnaît bien.

Hon corps ne t'était point caché,

Alors que je fus formé au lieu secret.

Tissé dans les entrailles de la terre.

Tes yeux ont vu mon germe.

Et sur ton livre ils étaient tous inscrits.

Les jours qui m'étaient destinés,

Avant qu'un seul d'entre eux n'y fût.

Mais à moi, combien tes pensées sont incompréhensibles !

0 Dieu, que leur somme est immense !

Les compterais-je ? Elles sont plus nombreuses que le sable ;

A mon réveil je suis encore occupé de toi.

Ah, si tu tuais l'impie, à Dieu ?

Et que les hommes de sang fussent éloignés de moi !

Eux qui prononcent ton nom dans de mauvais desseins.

Qui l'invoquent pour mentir, tes ennemis !

Ne haïrais-je pas, Éternel, ceux qui te baissent?

Et tes adversaires, ne les aurais- je pas en horreur?

D'une haine absolue je les hais,

Ils sont pour moi des ennemis.

Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur I

Éprouve-moi, et connais mes pensées !

Vois s'il y a en moi une tendance mauvaise,

Et dirige-moi dans le chemin qui conserve longtemps.

Si ce psaume se terminait avec la troisième strophe, il serait un § plus beaux de la collection. A la vérité il laisse à désirer ativement à la régularité de la facture prosodique ; mais il doit e mis au premier rang pour l'élévation des idées. Gomme il est •il dans un langage déjà irès-rapproché du chaldaïque, il partient positivement au dernier âge de la littérature hébraïque. Les trois premières strophes exaltent la toute-science et la ite-présence de Dieu. Toutes les images ou tournures de la usée ne sont que des amplifications poétiques de cette idée. tte toute-science est chose certaine, et pourtant l'intelligence maine est confondue en voulant s'en rendre compte. Les ases primitives mêmes de notre existence n'échappent pas à

394 PSAUMK CXL.

Toeil de Dieu (str. 3), loul aussi peu que son présent et son avenir. L'esprit de Thomme se perd à vouloir comprendre cela.

Les ailes de Vauron sont Timage de la rapidité, les premiers rayons du soleil levant éclairant subitement Thorizon entier que le regard peut embrasser (comp. Joël II, 2). Les reins sont considérés comme la partie la plus secrète du corps et comme le siège de la pensée. La formation de Tembryon dans le sein maternel (lequel est désigné ici par analogie par l'expressipa singulière des entrailles de la terre), est comparée à un tissage par lequel divers fils (éléments) sont artistement réunis pour former la toile. Le texte parle même de fils de divers couleurs, ce que la traduction n'aurait pu exprimer qu'en se servant de mots blessant le bon goût (bigarré, tavelé). Plus loin, l'auteur parle de la éàmme des pensées de Dieu, parce qu'il songe à l'immense quantité de détails que le savoir de Dieu embrasse. On passerait la nuit entière à réfléchir à ce problème : au réveil on ne l'aurait pas encore résolu.

La dernière strophe fait voir que l'exaltation de la. grandeur de Dieu n'est pas le but du poète, mais une simple préparation à une idée toute pratique. Dieu sait tout, donc il sait aussi le différence entre moi, son pieux serviteur, et les méchants, les hypocrites, les païens. Que ce pieux serviteur soit un individu, ou la communauté tout entière, peu importe. Notre sentiment est un peu froissé par cette provocation audacieuse adressée à Dieu : on ne peut s'empêcher de la rapprocher des paroles du Phari.sien (Luc XVIII). La question serait de savoir si l'ensemble fait allusion à quelque circonstance particulière ou n'exprime qu'une situation permanente. A cet égard l'exégèse ne nous fournit pas le moyen d'arriver à une réponse certaine. Le texte de cette dernière strophe paraît avoir souffert, et aux v. 19 et 20 notre traduction est un peu conjecturale. On a même quelque peine à se défendre de l'idée que la dernière strophe serait d'un autre auteur que le corps du psaume.

(Hebr, CXL. Grec CXXXIX.)

Arrache-iïioi, Éternel, au pouvoir des scélérats,

Des hommes eriminel» préserve-inoi, Qui dans leur cuîur méditent le mal^

Kl chaque jour s'atti-oupent pour la jj^uerre. Gomme un Berpeiit ils ai^niisent leur langue ; Le venin de Taspic est sous leurs lèvres.

Prolége-nioi, Éternel, contre les méchants,

Des hommes criminels préserve-moi,

Qui méditent de faire tiébucher mes pas ! Les insolents me tendent des pièges et des cmiles ;

Ils posent le lîlet sur mon sentier,

Ils dressent contre moi des lacets.

Jie dis à rÉternel : Tu es mon Dieu!

Écoute, ô Éternel, la voix de ma supplication ! Éternel, mon Seigneur, toi mon puissant salut,

Tu protèges ma tète au jour du combat. N'accorde point leurs désirs aux méchants!

Ne laisse point réussir leurs desseins!

Ils lèvent la tête, ceux qui m'assiègent,

Que le crime de leurs lèvres retombe sur eux ! Qu'on jette sur eux des charbons ardents ! Qu'on les précipite dans le feu, . Dans des gouffres, d'où ils ne se relèvent plus !

Le menteur ne subsistera point dans ce pays !

Le malheur pourchassera le méchant à outrance. Je sais que l'Éternel fait droit à Toppinmé,

Et rend justice au malheureux.

Les justes n'auront qu'à louer ton nom.

Les gens de bien demeureront devant ta face.

Les circonstances historiques auxquelles ce psaume fait allusion ne nous sont pas connues, et Tinterprétation doit se borner à des généralités. Eu tout cas, l'antithèse constante des justes opprimés et des méchants oppresseurs, c'est-à-dire des Israélites et des païens, nous fait voir que nous n'avons pas à chercher l'explication dans les temps de David, mais dans une période où cette antithèse formait le fond même du tableau de l'histoire nationale.

Quant à la forme, les Rabbins déjà ont reconnu la disposition strophique régulière par l'insertion de la note musicale Sèlah, Cependant cette régularité est en partie effacée dans le texte

396 PSÂUMB CXLI.

actuel. Nous supposons une lacune dans la 4" strophe, où le sens est assez difficile à reconstituer, et où, en tout cas, le texte est en désordre. Il porte littéralement :

Ne laisse point réussir leurs desseins, ils lèvent. Séla,

La tète de ceux qui m'assiègent, le mal de leurs lèvres, etc.

Il est impossible de s'arrêter à une si singulière coupe des lignes, et cela doit justifier n'importe quelle conjecture.

Les païens sont introduits, dans la dernière strophe, au nombre singulier, ce qui a fait croire qu'il s'agissait de quelqu^ individu plus particulièrement hostile (Saûl ou Absalom! !); mais comme l'auteur continue immédiatement au pluriel, auquel il reste généralement fidèle, on voit bien que le singulier doit être pris dans le sens collectif. Ces païens sont accusés, ici comme ailleurs, de poursuivre les fidèles de leur langue, en les calomniant. Mais ils ne se bornent pas à ces hostilités mesquines. Il est aussi question de guerre el d'armes. Les pièges, cordes, filets^ trébuchets , sont des figures pour exprimer Tidée d'une puissance supérieure qui, par des moyens insidieux, prépare la ru^ne ^n faible. Lés châtiments que Tauteur souhaite aux ennemis, soûl de ceux qu'il appartient à Dieu seul d'infliger. C'est lui qui . pcîut faire pleuvoir le feu du ciel sur les méchants, comme il l'a fiËt à l'égard de Sodome et des gens d' Aljiab ; à sa voix les flots peuvent engloutir les adversaires, comme cela s'est vu du temps de Noé et de Moïse. Ce qui était d'abord le désir d'un peuple justement indigné des avanies dont il était victime, devient dans la dernière strophe une espérance certaine.

(Hébr. CXLI. Grec CXL.)

Éternel, je t'invoque : accours vers moi !

Prête roreille à ma voix quand je t'appelle î

Que ma prière se présente devant toi comme de l'encens.

L'élévation de mes mains comme l'oArande du soir !

ftternel, place une ^^arde à ma bouche î

Veille à la porte de mes lèvres !

Ne laisse point incliner mon cœur au mal.

PSAUMB cxu. 397

Poiur commettre des actes criininels

Avec les hommes qui pratiquent riniquité,

Ni pour me repaître de leurs délices I . .

Que le Juste me frappe, c'est une grâce; , Qu'il me châtie, c'est de l'huile sur ma tête.

Ma tête ne s'y refusera pas, dût-il continuer —

Mais ma prière est contre leurs méchancetés.

Que leurs chefs soient précipités des parois des rochers, .Et Voï^ entendra mas paroles, combien elles sont douces.

' GôWmé dés éclats et des copeaux jonchent le sdl,

• i' Ainsi nos ossements sont jetés épars à la bouche du S'eôl.

• î MaisîTers toi, Seigneur, Étemel, mes yeux se tournent;

• - Vers toi je me réfonipie, ne livre point ma vie!

,f Garde-moi du piège qu'ils me tendent,

'El des lacets de ceux qui pratiquent l'iniquité!

Qtie les méchants tous tombent dans leurs filets,

Tandis que moi j'échappe!

C'est là un des psaumes les plus obscurs de toute la coUeclion, et si les strophes 1, 2 et 5 ne présentent pas de difficulté philologî(Jue, en revanche dans les deux autres, et surtout dans la 3% il n'y a presque pas une ligne dont le sens soit sûr, et la signifîcdtion de l'ensemble reste on ne peut plus douteuse. Nous ne pouvons donc qu'expliquer, mais nop justifier d'une manière absolue, notre essai de traduction.

La seconde strophe semble parler d'une tentation qui pouvait engager le fidèle poêle, ou Tadorateur de Jéhova en général, à dévier de son devoir. Son infidélité aurait pu consister en l'adhésion verbale à quelque chose de contraire à sa foi religieuse (c'est pour cela qu'il prie Dieu de placer une garde à sa bouche) et de plus en la participation à une jouissance défendue. Si les hommes çui pratiquent Viniguité (str. 5) sont des juifs apostats qui voulaient entraîner les fidèles à faire cause commune avec eux, les délices pourraient être expliquées par les festins où Ton mangeait de la viande consacrée sur les autels des faux dieux.

Plus loin (str. 3) nous voyons que l'auteur, et ceux qui partageaient son sort et ses sentiments, sont dans une triste situation : ils sont frappés et châtiés, c'est-à-dire dans l'adversité, sous l'oppression. Si de pareilles tribulations étaient venues de la

main du Jusle, c'est-à-dire de Dieu même, elles seraient acceptées comme des bienfaits, on s y soumettrait avec résignation, même avec bonheur ly huile est le symbole de la joie, XLV, 8). Mais ici il s'agit d'autre chose. Le fidèle invoque le secours dé Dieu canire ces tribulations, parce qu'elles lui viennent de la méchanceté des hommes, qui sont en même temps les ennemis de Dieu. Aussi ces prières deviennent-elles aussitôt des imprécations : le poëte demande la ruine terrible des ennemis, et promet de chanter la gloire du Dieu vengeur dans des hymnes d'actions de grâces.

Mais, hélas, le moment actuel n'est pas fait pour inspirer de pareils cantiques : une terrible défaite vient d'anéantir les espérances nationales. Israël a été taillé en pièces ; les ossements jonchent le sol comme des morceaux de bois coupés par le bûcheron (litt. : comme quand on fend et découpe sur la terre). Il ne lui reste donc qu'à implorer le secours de Dieu, et la fin du psaume revient à son début.

(Hébr. CXLII. Grec CXLI.)

A haute voix j'invoque TÉternel, A haute voix j'implore sa grâce.

J'épanche devant lui mes soucis, Devant lui j'expose mon angoisse.

Quand mon esprit vient à défaillir, C'est toi qui connais mon sentier.

Sur la voie où je marche Ils me cachent un piège.

Je regarde à ma droite pour voir ;

Mais personne n'est là pour me reconnaître

Pour moi tout refuge est perdu ;

Nul ne se soucie de moi.

C'est toi que j'invoque, Éternel !

Je dis : C'est toi qui es mon asile,

Ma part sur la terre des vivants.

Veuille écouter ma plainte, Car je suis bien misérable.

Arrache- moi à mes persécuteurs, Car ils sont plus forts que moi.

PSAUMR GXLIII. 35W

Retii'e-moi de la prison, Pour que je glorifie ton nom, ,/ Autour de moi se rangeront les justes. Quand tu m'auras comblé de biens.

Ce texte ne contient rien qui puisse nous diriger, avec quelque espoir de succès, dans la recherche d'un événement historique qui aurait inspiré le poëme. L'inscription veut que David Tait composé dans la caverne (1 Sam. XXIV). Celte combinaison inadmissible est due peut-être à la mention d'une prison, jointe au besoin d'expliquer tous les psaumes par l'histoire du fils d'Isaï. Si ce mot de prison devait être pris à la lettre, il s'agirait d'un fait individuel et nécessairenient inconnu ; mais rien n'empêche de le prendre dans un sens figuré et de voir ici, comme ailleurs, le tableau de l'état d'abaissement et de servitude dans lequel se trouvait Israël, avant et même pendant les guerres de l'indépendance.

Sir. I : Comp. XLII, 5 ; LXII, 9 ; CVII, 5 ; I, 6. Connaître se dit de Dieu, non-seulement en tant qu'il sait quelque chose, mais encore en tant qu'il s'y intéresse (comp. v. 5). Le senlwr, le chemin, c'est la conduite, ou bien encore la destinée.

Str. 2 : La ponctuation du texte veut qu'on traduise à l'impératif: Regarde et vois ! Mais on ne voit pas bien pourquoi Dieu devrait regarder de préférence à droite. Le contexte recommande l'infinitif adverbial : Regardant et voyant . . . . c'est-à-dire quand je regarde. La droite est la place où devrait se trouver le défenseur, s'il y en avait un (XVI, 8; CXXI, 5). Pour la dernière ligne, comp. XVI, 5; XXVII, 13.

Str. 3: Les perséculeurs, litt. : ceux qui courent après moi, semblent devoir confirmer l'idée qu'il ne s'agit pas véritablement d'un emprisonnement.

(Hébr. CXLllI. Grec CXLII.)

Éternel, écoute ma prière !

Prête Toreille à mes supplications!

Dans ta fidélité, dans ta justice, exauce-moi ! N'appelle point ton serviteur en jugement,

(^ar nul vivant n'est juste devant toi.

Car l'ennemi en veut à ma vie,

Il me jette par terre pour m'écraser.

Il me loge dans les lieux sombres pareil aux morts d'autrefois. Et mon esprit en moi vient à défaillir,

Mon cœur se raidit dans mon sein.

Je me souviens des temps anciens,

Je pense à tout ce que tu as fait; Sur Fœuvre de tes mains je médite.

Vers toi j'étends mes mains ;

Mon âme languit après toi comme une terre altérée.

HAte-toi de m'exaucer, mon souffle s'épuise;

Éternel, ne me cache point ta face î Je serais comme ceux qui descendent dans la fosse. Laisse-moi apprendre de bonne heure ton amour.

Car c'est en toi que je me confie.

Fais-moi connaître le chemin où je dois aller ;

C'est vers toi que j'élève mon âme.

Arrache-moi à l'ennemi, j'ai recours à loi; ftternel, apprends-moi à faire ce qui te plaît,

Car c'est toi qui es mon Dieu.

Que ton bon esprit me conduise par la plaine! Pour l'honneur de ton nom. Étemel, restaure-moi !

Dans ta justice retire-moi de la détresse î Dans ton amour anéantis mes ennemis, Fais périr tous ceux qui m'oppriment.

Car c'est moi qui suis ton serviteur.

Pour Tensemble, nous n'avons pas besoin de nous arrêter à cette pièce, qui rentre dans la catégorie nombreuse des cantiques à Tusage de la communauté affligée par la servitude, et cherchant à vaincre par la prière les amertumes de la misère publique et à retremper son courage par la contemplation de l'histoire nationale.

La l*^*" strophe présente en apparence une contradiction, Tauteur invoquant d'abord la justice de Dieu et paraissant ensuite la redouter. Le fait est que le sentiment de l'imperfection humaine se produit naturellement au moment où Ton en appelle aux promesses divines, faites condilionnellement ; tandis que le sentiment des souffrances endurées pour la religion contre-

balance la crainte d'un juge trop sévère, qui voudra bien pardonner ce qui manque encore aux qualités de ses fidèles. Le dernier distique de cette strophe a été probablement la cause de ce que ce psaume a été (très-mal à propos) compris parmi les sept psaumes pénitentiaux .

Dans la Z" strophe il y a une ligne entière, la troisième, littéralement empruntée aux Lamentations (III, 6). La situation donnée est comparée à celle des morts dans le S'eôl, qui ne reviennent plus. La défaillance, et la raideur an cœut {\ Sam. XXV, 3), sont des symptômes de mort. — Vœutre de Dieu, dans la 3® strophe, c'est celle qu'il a accomplie dans l'histoire d'Israël.

Str. 5 : J'élève mon âme, XXV, 1; LXXVI, 4. — J*ai recoii/rs à toi, d'autres traduisent: Je m'abrite, je me réfugie, je regarde. La leçon est incertaine. — Dans la dernière strophe, la plaine (ailleurs, le sentier uni, XXVII, II) est le symbole du bonheur tranquille. L'adversité se compare à un chemin raboteux et difficile.

(Hébr. CXLIV, v. 1-11. Grec CXLIÎI, v. 1-11.)

Béni soit T Éternel, mon rocher,

Qui exerce mes mains à la guerre, Mes doigts au combat!

Mon bienfaiteur et mon château, Ma citadelle et mon libérateur.

Mon boucher, où je cherche un abri.

Lui qui me soumet mon peuple !

Éternel, qu'est-ce que l'homme pour que tu t'en occupes, Le mortel, pour que* tu en tiennes compte?

L'homme est semblable à un souffle Ses jours à une ombro qui passe.

Éternel, abaisse tes cieux et descends !

Touche les montagnes, qu'elles fument!

Lance la foudre et disperse-les !

Darde tes traits et mets-les en déroute ! Étends tes mains d'en haut.

Retire, arrache-moi aux vastes ondes,

A la main des étrangers, Dont la bouche profère le mensonj^e

Et dont la droite est une droite parjure.

Dieu ! je veux te chanter un cantique nouveau ;

Sur le luth à dix cordes je te psalmodierai : A toi qui accordes la victoire aux rois,

Qui délivras ton serviteur David du glaive menaçant. Retire, arrache-moi à la main des étrangers.

Dont la bouche profère le mensonge.

Et dont la droite est une droite parjure.

Dans ce morceau, dont la forme est très-irrégulière, il n'y a presque pas un mot qui appartienne à l'auteur, qui n'est pas poëte, mais simplement compilateur, et cela à un degré que nous n'avons guère rencontré jusqu'ici. La première strophe se compose de phrases tirées de XVIII, 47, 35, 3, 48; la seconde emprunte ses idées à VIII, 5; XXXIX, 12; LXII, 10; GII, 12 ; la troisième reproduit XVIII, 10, 15, 17, 45 et GIV, 32 ; enfin la quatrième contient au moins une réminiscence de XXXIII, 2.

Du reste, tout porte à croire que l'auteur est l'un des princes Hasmonéens qui, dans un moment difficile, ballotté entre la crainte et la confiance, implore le secours de Jéhova contre ses ennemis du dehors et du dedans. Cependant cette combinaison n'est pas tellement évidente que notre système d'interprétation habituel ne puisse s'appliquer à ce texte comme aux autres.

(Hébr. CXLIV, 12-15. Grec CXLllI, 12-15.)

Nous dont les fils, dans leur jeunesse,

Ressemblent à des plants qui grandissent; Nos filles aux colonnes sculptées de Fangle,

Gomme on les voit au palais ; Nos greniers remplis de toutes sortes de provisions,

Notre bétail se multipliant par myriades dans nos campagnes. Nos bestiaux féconds, sans perte ni avortement ;

Point de cri d'alarme sur nos places — Heureux le peuple dont c'est là la destinée I

Heureux le peuple dont l'Éternel est le Dieu!

Dans toutes les éditions, anciennes et modernes, originaux et traductions, les lignes qu'on vient de lire font partie du psaume précédent. Les interprètes se sont donné bien du mal pour retrouver la liaison des idées entre les deux parties. Ils n'y ont pas réussi, et pour cause. Notre texte ne saurait être qu'un fragment, qui appartenait nécessairement à quelque poëme dont le commencement est perdu. Il peint un état de prospérité absolue, soit présente, soit du moins prévue ou espérée. Les images et les expressions sont très-originales et sans parallèles (à l'exception de la dernière ligne, qu'on retrouve XXXIII, 12), et par cela seul on est autorisé à séparer ces quelques distiques de la compilation servile à laquelle une méprise très-ancienne les a rattachés. — Plusieurs phrases (surtout le 7^ vers) ont été diversement traduites. Par les colonnes sculptées placées aux angles des édifices, on a peut-être voulu désigner des caryatides.

(Hébr. CXLV. Grec CXLIV.)

Je t'exalterai, mon Dieu, mon roi, Je veux bénir ton nom à tout jamais.

Chaque jour je te bénirai,

Je louerai ton nom à tout jamais.

L'Éternel est grand et digne d'être glorifié, Et .sa grandeur est incommensurable.

Qu'un âge à l'autre raconte tes œuvres, Et proclame tes hauts faits î

Sur l'éclat glorieux de ta magnificence,

Sur les récits de tes miracles je veux méditer.

On dira la puissance de tes actes admirables, Et moi je raconterai tes grands exploits.

On proclamera le renom de ton immense bonté, On célébrera ta justice avec allégresse.

L'Éternel est débonnaire et miséricordieux, Lent à s'irriter et plein de grâce.

L'Éternel est bon pour tous

Et sa miséricorde s'étend à toutes ses créatures.

Toutes tes créatures te louent, ô Éternel, Et tes fidèles te bénissent.

Ils redisent la gloire de ta royauté, Ils préconisent ta puissance,

Pour annoncer aux mortels ses miracles.

Et la gloire éclatante de sa royauté.

Ta royauté est une royauté de tous les siècles, Et ton règne dure d'âge en âge.

[L* Éternel est fidèle dans toutes ses paroles. Et plein de grâce dans tout ce qu'il fait,]

L'Éternel soutient tous ceux qui tombent, Il relève tous ceux qui sont humiliés.

PSAUMK CXLV. 405

Les yeux de lous s'attendent à toi,

Et toi tu leur donnes leur nourriture en son temps.

Tu ouvres ta main,

Et tu rassasies volontiers tout ce qui vit.

L'Éternel est juste dans toutes ses voies, Et plein de grâce dans tout ce qu'il fait.

L'Éternel est près de ceux qui l'invoquent. De tous ceux qui l'invoquent avec fidélité.

11 aceomplit les désirs de ceux qui le crai^^nent, 11 écoute leurs cris et vient à leur secours.

L'Éternel protéj^e tous ceux qui l'aiment, Mais il anéantit tous les méchants.

Ma bouche dira la louange de l'Eternel,

Et que tout mortel bénisse son saint nom à jamais !

Psaume alphabétique composé, comme la plupart de ceux du genre, de redites et de lieux communs. Le texte ne nous est pas parvenu dans sa primitive intégrité. Il manque un distique (le 14*), à la place duquel il s'en trouve un dans la version grecque, que nous avons inséré dans la nôtre sans en vouloir garantir l'authenticité . On remarquera qu'il fait en partie double emploi avec le IS*' et pourrait bien être un ancien essai de combler la lacune. Plusieurs des autres traduction anciennes, indépendantes des Septante, ne le connaissent pas.

406 PSALME CXLVl.

(llébr. CXLVl. GrecCXLV.)

0 mon àine, loue rÉternel!

Je louerai TÉternel toute ma vie,

Je psalmodierai à mon Dieu tant que j'existerai.

Ne vous reposez pas sur les princes,

Sur un mortel qui n'offre point de secoui*s;

Son souffle s'en va, il rentre dans sa poussière

Et ses desseins périssent en même temps.

Heureux celui à qui le Dieu de Jacob est en aide.

Dont l'espoir est en l'Éternel, son Dieu,

Qui a fait les cieux et la terre,

La mer et tout ce qui les remplit.

Qui garde sa foi à tout jamais,

Qui rend justice aux opprimés.

Et aux affamés donne du pain.

C'est l'Éternel qui délie les captifs, L'Éternel, qui ouvre les yeux aux aveugles, L'Éternel, qui relève les humiliés, L'Éternel, qui aime les justes, L'Éternel, qui vous protège à l'étranger, Qui soutient l'orphelin et la veuve.

Et fait manquer leur but aux méchants.

L'Éternel règne à tout jamais.

Ton Dieu, Sion, d'dge en ûge.

Ce psaume n'exprime au fond qu'une seule idée bien simple : ce n'est pas auprès des puissants de cette terre, c'est auprès de Dieu seul qu'il faut chercher aide et protection. Cette vérité est tellement générale, pour ne pas dire banale, qu'il n'est pas besoin de chercher dans l'histoire un événement particulier qui l'aurait suggérée à l'auteur.

Il n'y a de secours et d'espoir qu'en Dieu seul, d'abord parce qu'il est le tout-puissant créateur de l'univers, en second lieu, parce qu'il a engagé sa foi à ses fidèles adorateurs ; enfin, il fait connaître chaque jour sa paternelle sollicitude pour tous les besoins et toutes les misères. L'énumération de celles-ci s'en lient

aux réalités, à une seule exception près. La cécité paraît devoir être prise au sens figuré pour la perplexité et le désespoir (Job XII, 25. Es. LIX, 10. Deut. XXVIII, 29. QudLUimxélranffers, ils sont souvent nommés à côté des veuves et des orphelins, comme des personnes moins favorablement partagées dans l'état ordinaire de la société. Mais cette expression tiendrait ici plutôt au souvenir des formules populaires du Deutéronome, qu'à l'usage plus récent, où les étrangers sont les païens oppresseurs et détestés ; voyez par ex. le Ps. GXLIV. Nous croyons donc que les étrangers sont les juifs établis hors de leur patrie, au milieu d'un monde idolâtre et hostile.

(Hébreu CXLVll. Grec CXLVI CXLVII.]

Louez rÉternel, car il est bon,

Psalmodiez à notre Dieu, car il est {gracieux!

Il vous sied bien de le louer.

C'est rÉternel qui bûlit Jérusalem,

Qui rassemble les dispersés d'Israël, Qui guérit ceux dont le cœur est navré.

Et qui panse leurs plaies.

11 compte le nombre des étoiles,

A chacune il donne son nom.

Grand est notre Seigneur et tout-puissant.

Pour sa sagesse il n'y a point de mesure. L'Éternel soutient les humbles,

Il abaisse les méchants jusqu'à terre.

Élevez la voix pour glorifier l'Éternel,

Psalmodiez à notre Dieu sur la harpe !

II couvre les cieux de nuages,

II prépare la pluie pour la terre, Il fait germer l'herbe des montagnes.

11 donne aux bètes leur pâture.

Aux petits du corbeau qui l'appellent.

Ce n'est pas à la vigueur du cheval qu'il prend plaisiç, Ni aux jambes de l'homme (ju'il a égard :

L'Éternel a égard à ceux qui le craignent, A ceux qui espèrent en sa grâce.

408 PSAUMK CXLVII.

Célèbre TÉternel, ô Jérusalem!

Loue, à Sion, ton Dieu !

Car il affermit les verroux de tes portes,

Il bénit tes enfants dans ton enceinte; Il met la paix à ta frontière,

Il te rassasie de la moelle du froment; Il envoie son ordre sur la terre,

Sa parole s'élance en hâte :

Il fait tomber la neige comme de la laine.

Il répand le givre comme de la cendre ; Il jette ses glaçons comme des miettes —

Qui est-ce qui résisterait à ses frimas? — il envoie sa parole et les fait fondre.

il lance son souffle et les eaux ruissellent. Il fait annoncer sa parole à Jacob,

Ses lois et ses statuts à Israël.

Il n'a fait cela pour aucun peuple,

Et ses lois, ils ne les connaissent pas.

Ce psaume, que les Septante et la Vulgate divisent mal à propos en deux, n'a pas de forme régulière. On y reconnaît bien un triple exorde, mais les sections qui en résultent sont trop inégales pour être appelées des strophes. Elles offrent cependant un autre parallélisme encore : c'est que dans chacune le poète revient à la double thèse de la grandeur de Dieu révélée dans la nature, et de la protection spéciale accordée à Israël.

Dans les premières lignes nous avons légèrement changé le texte d'après le passage GXXXV, 3, que l'auteur a eu évidemment sous les yeux. Ordinairement on traduit d'après les accents masorétiques : Louez l'Éternel ! car il est bon de psalmodier à notre Dieu, il est agréable et bien séant de le louer.

Dans la description des phénomènes de la nature, l'auteur s'arrête d'abord aux étoiles auxquelles Dieu do7me des noms^ c'est-à-dire qu'il connaît toutes, sans en oublier une seule, tandis que l'œil de l'homme a de la peine à les compter. Cette puissance qui surveille un si immense univers révèle une intelligence incommensurable (litt. : innombrable). Plus loin il est question de ce que la Providence fait pour l'entretien des créatures vivantes. Les petits corbeaux individualisent ici l'idée et animent le tableau d'une manière très-pittoresque (comp. CIV, 21). Leurs cris, qui appellent le dispensateur céleste, sont aussi une espèce de prière.

Enfin la dernière section décrit les phénomènes atmosphériques qui sont pour les hommes un sujet d'admiration, quelquefois même de terreur. A cette occasion, la volonté (parole) créatrice de Dieu est comparée à un messager envoyé sur la terre et se hâtant d'exécuter l'ordre reçu. La nature, à ce point de vue, est ainsi placée par le poëte dans un rapport plus immédiat avec Dieu qu'au gré de notre physique mécanique. Pour comprendre que le psalmiste puisse tant s'extasier sur les phénomènes de l'hiver, il ne faut pas oublier qu'ils sont plus rares en Palestine que chez nous, et que l'homme y est d'autant plus sensible.

La seconde série d'idées et de tableaux ne provoque pas de remarques exégétiques. On voit que le psaume a été composé dans un moment de tranquillité publique : Jérusalem est rebâtie, les Israéhtes peuvent rentrer dans leur patrie. L'époque précise du psaume n'est point déterminée par là. Celle des premiers Ptolémées se présente naturellement d'abord à notre imagination ; mais rien n'empêche non plus de songer à celle qui suivit immédiatement le rétablissement de l'indépendance sous les Hasmonéens. Nous préférons cette dernière explication, à cause de ce qui est dit à la fin de la seconde section, où le poëte oppose les forces matérielles et militaires aux armes spirituelles, en promettant l'aide de Dieu à ces dernières. C'est là une allusion, difficile à méconnaître, aux conflits entre une grande puissance militaire et un peuple fort de sa conscience et de sa foi. L'expression : jambes (litt. : cuisses) esl un peu choquante pour le goût moderne.

(Hébr. ot Grec CXLVIII.)

Louez TEternel du haut des cieux !

Louez-le dans les hauteurs !

Louez-le, tous ses anges,

Louez-le, toutes ses armées !

Louez-le, soleil et lune.

Louez-le toutes, étoiles brillantes î Louez-le, cieux des cieux,

Et vous, eaux au-dessus des cieux !

Qu'ils louent le nom de FÉternel,

Car il a commandé et ils furent créés ;

Il les établit à tout jamais,

Leur donna une loi qui ne passera point.

Louez l'Éternel du bas de la terre,

Monstres marins, flots de l'océan !

Feu, grêle, neige et brouillard.

Toi, vent de la tempête, ministre de sa |>arole !

Vous, montagnes et collines, toutes.

Arbres à fruit et tous les cèdres !

Bétes sauvages et domestiques, toutes.

Vous reptiles et oiseaux ailés !

Rois de la terre et tous les peuples,

Princes et magistrats de la terre î Vous, adolescents, vierges, vous aussi,

Vous, vieillards, avec les jeunes gens !

Qu'ils louent le nom de l'Éternel,

Car son nom seul est élevé^

Sa majesté est au-dessus de la terre et des cieux. 11 a fait pousser une corne à son peuple ;

Gloire à tous ses fidèles.

Aux entants d'Israël, son peuple prochain !

La phrase finale, qui parle d'une corne qui a poussé à Israël, c'est-à-dire d'une manifestation de force et de puissance agressive, nous fait supposer que ce psaume a été composé à roccasion d'un événement heureux, politique ou militaire. L'univers entier est invité à s'associer aux transports de reconnaissance du peuple d'Israël, qui est appelé le jorocrAai;^ (parent, commensal) de Jéhova.

fHébr. et Grec CXLIX.)

Chantez à T Éternel un cantique nouveau !

Que sa louange soit dans le chœur des fidèles !

Qu'Israël se réjouisse en son créateur,

Que les enfants de Sion s'égaient en leur roi !

Qu'ils louent son nom dans leurs danses,

Qu'ils lui psalmodient avec le luth et le tambourin !

Car rÉteinel est gracieux envers son peuple, Il pare les humbles de son salut.

Les fidèles tressaillent de gloire,

Sur leurs couches ils poussent des cris de joie.

Les louanges de Dieu sont dans leur bouche. Une épée à deux tranchants dans leur main.

Pour tirer vengeance des peuples, Et pour châtier les nations;

Pour lier de chaînes leurs rois.

Et leurs nobles de ceps de ter;

Pour exécuter sur eux l'arrêt écrit — C'est là la gloire de tous ses fidèles î

Même observation générale que pour le psaume précédent. Le salut dont les humbles sont paris, comme d'un habit de fête, aura été une victoire, considérée ici comme le gage de succès ultérieurs et promettant d'amener enfin l'extermina tion des ennemis de Jéhova et de son peuple. Le mot hébreu (ffasidîm) que nous avons traduit par les fidèles (dist. 1, 5 et 9), litl.: les pieux, était devenu vers l'époque des guerres de l'indépendance le nom de parti des patriotes attachés à la loi. Les dames (dist. 3) ne sont peut-être qu'une image poétique empruntée aux mœurs d'un autre âge. Les couches (dist. 5) peuvent être mentionnées comme symboles de la maladie, c'est-à-dire ici de l'abattement et de l'infortune, h' arrêt écrit (dist. 9) est celui consigné dans la loi relativement à l'extirpation des Cananéens, appliqué ici aux païens en général.

(Hébr. et Grec CL.)

Louez Dieu dans son sanctuaire !

Louez-le dans le firmament de sa puissance !

Louez-le pour ses miracles !

Louez-le selon la grandeur de sa majesté !

Louez-Ie au son de la trompette !

Louez-le avec le luth et la harpe !

Louez-le avec le tambourin et la danse! Louez-le sur les cordes et le chalumeau !

Louez-le avec des cymbales résonnantes ! Louez-le avec des cymbales retentissantes !

Que tout ce qui respire loue l'Éternel !

Ce dernier psaume paraît être une espèce de ohant liturgique destiné à terminer, par un grand exercice musical, les solennités religieuses extraordinaires. C'est le finale du concerl spirituel, et sans doute l'accompagnement correspondait aux paroles : du moins l'énumération de tous les instruments de l'orchestre le fait pressentir.

Du reste, cette pièce est delà plus grande simplicité. Le premier distique fait appel à ceux qui doivent concourir à la célébration de la fête en l'honneur du Très-Haut ; c'est tout le monde : la terre représentée par ceux qui sont réunis devant le sanctuaire» et 1 ciel, demeure des anges, le firmament, œuvre de la puissance Dieu. Le second distique énonce le sujet des louangesà chantera' c'est, d'un côté, la majesté divine elle-même révélée dans toute 1 création, de l'autre, ce sont les miracles qui marquent la conduit providentielle d'Israël par Jéhova ; en d'autres termes, c'estcomme ailleurs (par ex. CXLVII), la nature et l'histoire.

autres distiques rappellent les formes extérieures de cette pieusff» démonstration.

En laissant ici de côté les ouvrages qui embrassent l'Ancien Testament tout entier, soit au point de vue historique, littéraire et critique, soit sous forme de commentaire, nous nous bornerons à mentionner les traductions modernes du Psautier, avec ou sans commentaires, en renvoyant, pour rbistoire antérieure de l'exégèse, aux bibliographes (par ex. : Le .Long, Bibliotheca sacra, 1723. Serpiuus, Biblische Scribenten, Tome Vm et X, 1717. Rosenmùlleu, Scholia, etc.). Il sulïira de signaler parmi les Pères : S. Athanase, Arnobius, S. Augustin, Théodoret, S. HiLAiRËL de Poitiers, Cassiodore, et un Anonyme compris dans les œuvres de S. Jérôme; parmi les Rabbins: Dav. Kimchi (trad. latine d*Ambr. Janvier, Paris, 1666); parmi les Réformateurs: Luther, ZwiNGLE, Bucer, Bugenhagen, Brentz, Pellicanus et surtout Calvin (éd: latine^ 1557; éd. franc., 1558; réimpressions modernes, en lat., Berlin, 1836; en franc., Paris, 1859). Nous mentionnerons encore Mos. Amyraldi paraphr. in Psalmos cum annott. et argumentis. Saumur, 1662.

En fait d'ouvrages français nous avons sous les yeux les traductions suivantes, parmi lesquelles nous désignerons par des astérisques celles dont les auteurs sont catholiques :

* CocQUELiN. Interprétation (c. à d. traduction avec le latin en regard)

des Psaumes de David. Paris, 1686.

* (J. P. L.) Le sens propre et littéral des Pseaumes de David, 3« éd.

Paris, 1710 (sitnple traduction avec le latin en regard, et approbation des évêqxies de France).

*Les Pseaumes dans l'ordre historique, traduits sur l'hébreu (?) et insérés dans l'histoire de David, etc. Paris, 1742 (avec la Vulgate).

* Analyse ou explication des Pseaumes, par M. l'abbé Devence

(paraphr.). Nancy, 1743.

•Principes discutés pour faciliter l'intelligence des Psaumes. Paris, 1755 suiv., 15 t.

J. Th. Leclerc. Les Psaumes traduits de l'hébreu en français. Genève, 1657.

* (J. Pierre Agikr). Psaumes nouvellement traduits sur l'hébreu et

mis dans leur ordre naturel avec des explications et des notes

critiques. Paris, 1809, 3 t.

•Eue. Genoude. Les Psaumes, trad. nouvelle (sur Thébreu, avec la

Vulfçate). Paris, 1819.

Psaumes de David, Proverbes, Ecclésiaste. Toulouse, 1819. \T. M. Dargaud. Les Psaumes de David, traduits (avec la Vulgate).

Paris, 1838.

*H. Laurens. Job et les Psaumes, trad. nouvelle d'après l'hébreu.

Paris, 1839.

Commentaire sur le livre des Psaumes, trad. de l'anglais de Matth.

Henry et Th. Scott. Toulouse, 1839 (avec une traduction).

* Psaumes de David, trad. d'après le texte hébreu, par. A. L.

(Latouche), chanoine d'Angers. Liège, 1841. Psaumes, traduction nouvelle, par M. S. Franck. Genève, 1843. Le livre des Psaumes, trad. sur le texte hébreu (par une société de

pasteurs suisses). Lausanne, 1854.

Job, les Psaumes, les Proverbes et l'Ecclésiaste, trad. de l'hébreu,

par L. Vivien. An*as, s. a.

Ch. Bruston. Les Psaumes, trad. de l'hébreu, d'après de nouvelles

recherches sur le texte original. Paris, 1865. Choix de Psaumes, classés suivant leurs principaux sujets. Genève, 1872.

Traductions allemandes, sans commentaire, ou avec de simples notes

Mes. Mendelsohn. Die Psalmen. Frankf., 1787.

G. F. Seiler. Die Psalmen. 1788, 2« éd.

G. Chr. Knapp. ©ie Psalmen, 3« éd. Halle, 1789.

J. Ad. Jacobi. Die Psalmen, ûbersetzt mit Anmerk. Gen., 1796.

Ch. Gottl. Kûiinœl. Die Psalmen, metrisch fibers. mit Anm

Leipz., 1799.

W. F. Hezel. Die Psalmen. Breni., 1800. J. Rui). ScH/ERER. Die Psalmen, aus dem Grundtext ûbers. mit Annr :*i.

Bern, 1812.

Matth. H. Stuhlmann. Die Psalmen, aus dem Hebr. neu fibers. un^^^

erlâutert. Hamb., 1812.

*M. LiNDEMANN. Die Psalmen, fibers. und metrisch bearbeitet. Bamb — ;

Fz. VoLKM. Reinhard. Die Psalmen, ûbersetzt und ihrem Hauptirv -

hait nach erlâutert. Leipzig, 1813.

J. J. Stolz. Die Psalmen, iibersetzt und kurz erlSutert. Zurich, 181-^- * F. W. GoLDWiTZER. Die Psalmen Davids, metrisch aus dem He-

brâischen ûbersetzt. Sulzb., 1827.

LITTÉRATUBE. 415

M. Sachs. Die Psalmen, ûbersetzt und erlàutert. Berlin, 1^35.

F. B. Kœster. Die Psalmen, nach ihrer strophisohen Anordnun^i^

libers. Kqn., 1837.

Der Psalter, neu ûbersetzt. Zurich, 1842. E. Meier. Die poetischen Bûcher des A. T. Stutlg., 1850.

Commentaires philologiques el antiques, généralement accompagnés

de traductions,

J. And. Cramer. Poetische Uebersefzunjç der Psalmen, mit Abhand-

lungen. Leipz., 1755, 4 t.

Hm. Venema. Commentarius ad Psalmos. Leov., 1763, 6 t. in-4. E. F. C. RosENMûLLER. Scliolia in V. T., pars IV, Psalmi. 2*^ éd.,

Tph. Chr. Ph. Kaiser. Zusammenhàngende hist. Erklârung der

Psalmen. Nûrnb., 1827.

E. F. C. RosENMûLLER. SchoHa in Vêtus Testamentum in compen-

dium redacta, pars III, Psalmi. 1831.

L. Clauss. Beitrâge zur Kritik und Exégèse der Psalmen. Berl.,

1831 (sans trad.).

Perd. Hitzig. Die Psalmen, hist.-krit. Commentar mit Uebersetzung.

Heidelb., 1835, 2 l.

H. EwALD Die poetischen Bûcher des A. B., 1835 suiv.; 2'* éd.,

1866 suiv. (4 t.), tome II.

W. M. L. DE Wette. Commentar ùber die Psalmen (1811), 4^ éd.

Heidelb., 1836.

A. W. Krahmer. Die Psalmen, metrisch ûbersetzt und erklârt.

Leipzig, 1837, 2 l.

E. W. Hengstenberg. Comm. ûber die Psalmen. Berl., 1842 suiv.,

4 t. (.sans trad.).

A. Tholuck. Uebersetzung und Auslegung der Psalmen fur Geist-

liche und Laieu. Hall., 1843.

C/ESAR V. Lengerke. Die fûnf Bûcher der Psalmen, Auslegung und

Verdeutschung. Kôn., 1847.

JusT. Olshausen. Kurzgefasstes exeg. Handbuch ûber die Psalmen.

Leipzig, 1853 (sans trad.).

Hm. Hupfeld. Die Psalmen, ûbersetzt und ausgelegt. Grotha, 1855, 4 1. J. G. Vaihinger. Die Psalmen der Urschrift gemfiss metrisch ûbersetzt und erklârt. Stuttg., 1856, 2 t.

Fz. Delitzsch. Commentar ûber den Psalter. Leipz., 1859, 2 t. Ferd. Hitzig. Die P.salmen ûbersetzt und ausgelegt. I^ipz., 1863, 2 t.

F. W. Hagen. Die messianischen Psalmen. Nûrnb., 4798. J. H. ScHULTZE. Kritik der mess. Psalmen. Stendal, 1802. RuD. Stier. 70 ausgewâhlte Psalmen. Halle, 4834, 2 t. *Laur. Reinke. Die mess. Psalmen. Giess., 4857, 3 t. Ed. Bôiil. 42 mess. Psalmen. Basel, 4862.

F. An. Lampe. Comni. in Ps. graduum (in ej. 0pp. anecd.).

Ebh. Tiling. De canticis ascensionum. Brem., 4765.

T. Adr. Clarisse. Psalmi hamaalotli philol. et critice illustrati. L. B.,

Ed. Reuss-. Chants de pèlerinage. Strasbourg, 4858.

Pour les innombrables dissertations sur des psaumes isolés, nous nous contenterons de renvoyer les lecteurs aux commentaires complets dont les auteurs ont généralement l'habitude de les citer.

J. Gf. Hasse. Idiognomik Davids. Jen., 4784.

H. E. GûTE. Einleitung in die Psalmen. Halle, 4803.

*J. B. Gerhauser. Ueber die Psalmen. Landsh., 4847.

*G. M. DuRSCH. Allgemeiner Cominentar ûber die Psalmen. Carlsr.,

*IsiD. GoscHLER. De psalmorum poesi et philosophia. Strasb., 4840. Franc. Delitzscii. Symbohv ad psalmos illustrandos isagogica}. L., 4846 J. J. St/EHelin. Zur Einleitung in die Psalmen. Basel, 4859. Ch. Bruston. Du texte primitif des psaumes. Paris, 4873.

CoNR. Dt. Hassler. De psalmis niaccabaicis. Ulm, 4827.

Hm. Hesse. De psalmis maccabaicis. Bresl., 1837.

Petr. DE JoNG. De psalmis maccabaicis. Leipz., Berl., 4857.

C. Ehrt. Abfassungszeit und Abschluss des Psalters. Leipz., 4869.

Laur. Joly. Des moyens de connaître les auteurs des psaumes.

nève, 4826.

Fr. Dubois. Essai sur les auteurs des psaumes. Strasb., 4834. Ferd. Hitzig. Ueber die Zeitdauer der Psalmenpoesie. Zurich, 485C^ P. HoFSTEDE DE Groot. De Davide poeta. Gron., 4832.

W. Irhov. Coniectanea in psalmonim titulos. I^ipz., Berl., 1728. H. E. Stegemann. Inscriptiones psalmorum serius additie. Halle, 1767.

RoB. LowTH.'^De sacra poesi Hebràorum, éd. Michaelis. Gœtt., 1770;

éd. Rosenmûller. Leipz., 1815; trad. en français, par F. Roger.

Paris, 1813. 2 t.

* Du Contant de la Molette. Traité sur la poésie et sur la musique

des Hébreux. Paris, 1781.

J. Gf. Herder. Vom Greist der hebrâischen Poésie. Dessau, 1782,

2 t. (et Oeuvres théol., T. I, iï).

Sir W. Jones. Poeseos asiaticT» commentariorum 1. VI, éd. Eichhorn.

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