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Poésie (Studien und Kritiken, 1874, IV). Révision générale des
différentes hypothèses sur la métrique des Hébreux.
A. T. — 5» part. 27
Le livre qui, dans nos bibles françaises, porte le nom des Lamentations, se compose de cinq morceaux de poésie, que nous pourrions appeler des élégies dans le sens moderne de ce terme, c'est-à-dire des complaintes ou chants de deuil. Ces élégies se rapportent toutes à un seul et même sujet, qui est indubitablement la ruine de la ville de Jérusalem, prise et détruite par l'armée de Neboukadreççar, en Tan 588 avant Jésus-Christ. Les allusions à cet événement sont tellement claires et directes qu'il n'est pas besoin de les exposer ici en détail pour justifier une interprétation à laquelle tout le monde souscrit. La seule chose à examiner, et sur laquelle on ait été d'avis différent, c'est la question de savoir si ces poésies ont été composées au moment même du désastre, et pour ainsi dire sur place, ou s'il sera plus exact de supposer un intervalle plus ou moins long, écoulé entre les faits décrits et la composition de l'ouvrage. Nous aurons à revenir sur cette question quand nous parlerons de la valeur de la tradition relative à l'auteur.
Comme (Buvre poétique, les Lamentations gagnent les suffrages des lecteurs plutôt par la nature du sujet que par leurs qualités littéraires. Les scènes de désolation qu*elles fout passer sous nos yeux et Tintérèt qui s'attache toujours au malheur excitent à un haut point notre sympathie, laquelle, d*un autre côté, est expodée à se refroidir un peu en face de nombreuses répétitions, de longueurs monotones et d'une forme plus mécanique qu'élégante. On se dit bien que la douleur se circonscrit volontiers dans un cercle d*idëes comparativement étroit, tout en éprouvant le besoin de s'assoupir en s* épanchant. Ici, cependant, nous n'oserions affirmer que la nature seule a la parole. L'emploi des ressources de la rhétorique est trop évident en beaucoup d'endroits, pour qu'il ne soit pas permis d'appliquer à ces poëmes la mesure des lois de Testhétique. Et à ce point de vue, nous pouvons admirer, par exemple, la saisissante prosopopée de Jérusalem représentée comme un
veuve en deuil, assise en haillons au bord du chemin, sahs quedoiif dussions fermer les yeux sur maintes faiblesses du cbloriSy sur h manque de netteté de certains détails du dessin , ou sur ce qu'il aurait à dire du choix des images et de l'effet que peut prodoii leur succession un peu désordonnée. D'un autre côté, noub m devons pas oublier que l'auteur n'est pas uniquement j^te. pages respirent toutes, et d'une manière trèS'^accentuée» Tespri^Kit du prophétisme ; nous voulons dire qu'elles ne se boriieht pas s. à parler à l'imagination , comme ferait une poésie ph)fane ' owr- -u simplement descriptive ; qu'elles ne se répandent pas en stérile^^ss regrets au sujet des malheurs de la patrie, mais qu'elles ramènent à leurs causes morales, et apprécient ces causes et
effets, précisément au point de vue auquel se placent généralemeic=aii les conducteurs spirituels d'Israël. A ce titre, on peut dire <jue LI^Ba place assignée dans nos bibles au livre des Lamentations, a milieu des écrits prophétiques, n'est pas absolument mal choisie quoiqu'elle lui ait été octroyée par un tout autre motif.
Ce livre est à peu près le seul de tout l'Ancien Testamei dont la coupe des chapitres, telle qu'elle a été faite au siècle et conservée depuis, n'ait pas altéré l'économie primitif et naturelle du texte. Aussi bien n'était-il pas possible de s ^' tromper. Il est vrai que, relativement à leur contenu, oescirmç élégies se ressemblent beaucoup, qu'elles n'offrent' guère d'ui? bout à l'autre un enchaînement logique des pensées ou une suite régulière des tableaux. On ne dira pas davantage qu'elles aboei-
iisgent. toujours à des condusions qui feraient senUr au. lecteur que le . poëte est arrivé au terme d'un cercle d'idées artistemenl disposées. E^tin il n'y a qu une sagacité qui se fait illusion à eUe* même, qui puisse ai&rmer que le ton général change de l'une à raub'e. La nécessité d'une séparation des différentes parties du teixte^eiii des endroits nettement déterminés» ne s'impose donc nulle part d-une manière absolue, ou« si l'on veut, elle pourrait se faire en un plus grand nombre d'endroits. Mais la forme de ces poemea éoarte touite chance d'erreur. Les quatre premiers sont des pjièces al|^bétiques, comme nous en avons trouvé un certain uqmbi^e parmi les psaumes, et se distinguent ainsi très*facilement entre eux et du cinquième. De plus, la versification est très«régulièire ipaiRtout, sans être toujours arrangée d'après le utôme système. Les quatre morceaux se composent de vers longs, plus longs que nQUS.ne les rencontrons communément dans la poésie lyrique des HébreujXr-iGhaouB: de ces vers a une césure au milieu, et forme ainsi deux hémisticiies^ que nous avons . préféré écrire en deux ligotea séparées. Dans les trois premières élégies, trois de ces vers loiOgs,!QU six. hémistiches, forment une strophe. Dans la quatrième, la stoophene se compose que de deux vers, ou de quatre hémistiehes; Chaque strophe commence par une autre lettre de l'alphabet, de sorte que le nombre en est chaque fois de vingtdeu3(.' La troisième élégie a encore cela de particulier, que la lettre, initiale caractéristique reparaît à la tète de chacun des trois vers, ce qui a engagé les rabbins à diviser le troisième chapitre ea 66 versebs, au lieu de 22. La cinquième élégie n'est pas alphabétique, mais elle se compose également de 22 strophes, qui ne sont ici que de simples distiques. En outre, on y remarque TemplcM excessivement fréquent d'une môme désinence (voyelle ou syllabe), ce qui introduit dans le texte une espèce de rime. Seulement cette rime ne se place pas toujours à la fin des lignes, comme c'est le cas dans la poésie moderne. Cette répétition d'un même son {ou, nmc, anou, énou, inou, au7iou), reproduit jusqu'à quarante-quatre fois, ne saurait être l'effet du hasard, mais doit être considérée comme une combinaison artificielle faite à dessein par l'auteur, et cela d'autant plus sûrement qu'on n'en trouve que de faibles traces ailleurs (par ex. Ps. 124).
Dans toutes nos bibles, qui suivent en cela l'usage introduit par l'ancienne traduction grecque dite des Septante, les Lamentations sont intercalées à la suite du livre de Jérémie, et sont
ainsi implicitement, ou plutôt explicitement, attribuées à ce prophète. Le texte grec est même précédé d'une note qui dit: Après qu'Israël eut été emmené en captivité et que Jérusalein eut été détruite, Jérémie s'y assit en pleurant et composa celle élégie. La même note se lit dans les bibles latines (traduction de Jérôme). On voit que cette opinion est très-ancienne, mais on se demande sur quoi elle se fonde ? Il est vrai que le Talmud aussi, dont les données reposent souvent sur des traditions plus ou moins dignes de foi, nomme Jérémie comme auteur ; mais ici l'autorité des rabbins ne saurait être bien grande, parce qu'ils lui attribuent en môme temps la composition des livres des Rois, ce qui donne la mesure de leur savoir-faire critique et de leurs moyens d'information. U serait plus simple de dire que la combinaison traditionnelle 'se justifie par ce fait, que Jérémie a été témoin oculaire de la. raine de la ville et du temple, qu'il a été parmi ses contemporains \^ seul écrivain à nous connu qui ait été dans cette position si tristement favorable pour lui suggérer les sentiments exprimés dans ces poésies , et que le ton général de ses discours» assombri^, malgré l'énergie de sa polémique, par une teinte de profonde douleur et d'amer désespoir, nous porte instinctivement à songer de préférence à lui, lorsque, obligés de combler par une bjpothèse cette lacune dans l'histoire littéraire des Hébreux» nous cherchons un nom d'auteur à mettre en tète de cet c^uscule anonyme.
Néanmoins il convient de ne pas se laisser aller trop vite, face de pareilles questions, à des arguments dictés ou recom mandés par le seul sentiment. Il y a encore d'autres faits prendre en considération avant qu'on doive se décider à conclure. Et tout d'abord, nous constaterons que les savants de la Syna gogue , qui ont mis notre livre dans la collection officielle, n'en connaissaient pas l'auteur, autrement ils n'auraient manque de le nommer, et s'ils avaient seulement pensé à Jérémie, <«' c'est au volume de celui-ci qu'ils auraient joint ces quelques pages. — Mais elles ont été placées dans une tout autre partie du recueil sacré, où elles portent le simple titre d'ÉAaA, ce qui n'est autre-? chose que la particule {cominent) par laquelle débute le texte, e qui se reproduit aussi à la même place dans la deuxième et dan la quatrième élégie. Le livre qui commence par Ékah — voilà tou ce qu'on savait en dire. Le nom de Jérémie est peut-être arrivé remplacer ce titre insignifiant par suite d'un malentendu. On lit^
dans le denxième livre des Chroniques (XXXV, 25), qu'à roccasion de la mort du roi Josias, qui périt à la journée de Meg'iddo, vingt- trois ans avant le sac de Jérusalem, Jérémie composa une élégie qui fut chantée plublîquement plus tard encore et insérée dans un certain recueil de Qînot, c'est-à-dire de chants funèbres. Ovi il est positif que nos Lamentations ne se rapportent pas à la mort du roi Josias, mais à la destruction de Jérusalem ; par conséquent, de deux choses Tune : ou bien l'auteur des Chroniques s'est étrangement trompé sur le contenu du livre que nous possédons, si tant est qu'il ait voulu parlé de celui-ci ; ou bien ce sont les lecteurs des Chroniques qui se sont trompés sur la portée du passage en question, en identifiant les Lamentations qui sont entre nos mains avec l'élégie de Jérémie sur Josias, laquelle est perdue. Nous inclinons fortement vers cette dernière explication, qui est aussi celle de l'historien Josèphe, quand il dit que la complainte du prophète sur la mort du roi existe encore. Car il est impossible que du temps de Josèphe il ait existé, en dehors du canon, des écrits authentiques de Jérémie ou de n'importe quel autre ancien écrivain hébreu.
S'il est donc fort probable que le nom de Jérémie n'a été combiné avec nos Lamentations que par suite d'une méprise dont nous entrevoyons la cause, on est amené à se demander si, indépendamment d'une tradition évidemment sujette à caution, il y a des arguments à faire valoir dans le même sens. Avons-nous bien les moyens d'arriver à quelque certitude à l'égard d'une question qu'on n'ose presque pas soulever, tellement la solution qui lui est donnée d'ancienne date, est populaire et semble naturelle ? Or, nous ferons observer que précisément ce qu'il y a de plus populaire dans cette solution, et en même temps de plus poétique, est aussi ce qu'il y a de plus erroné et de plus inadmissible. Nous voulons parler de la coutume de se représenter le poète assis sur les ruines fumantes de Jérusalem, au milieu des morts et des mourants. Une pareille scène est faite sans doute pour frapper l'imagination, et digne du pinceau d'un grand artiste. Mais elle ne l'est que comme représentation allégorique de cette idée, que le prophète, chargé par la Providence de donner à un peuple aveugle de suprêmes avertissements, a dû, après tant d'autres déboires, subir la douleur de voir s'accomplir ses plus sinistres prédictions, et de survivre presque seul, pour en constater la vérité désormais irrémédiable. La psychologie, la morale et le bon sens s'opposent
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à ce que ce soit là autre chose que de la poésie. Un lioQHiie de cœur ne s'amuse pas à crayonner des vers langoureux «t soigoieusèment alignés d'après Tordre de Talphabeti en face d'hommes couverts de sang et se débattant contre la mort, d-enfants criant après leurs mères, de mères réduites par les horreurs de la famine à jeter des regards de féroce convoitise sur leurs propres nourris^ sons. Ajoutons qu'il y a dans les descriptions les phts étnottvante^ beaucoup de traits qui ne sauraient être empruntés -à la réalité. Non^ certes, ces élégies ont été faites à tète repodée, aous l'impression de douloureux souvenirs, cela se voit, mais daoa. un moment de répit, de calme relatif, et même à distancew À y regarder de près, on voit, et dès l'entrée, qu'il, s'est .déjà passé un certain temps depuis la catastrophe. L'exil a commencé pour les déportés : ceux qui ont pu échapper au fer et à la captivité sont dispersés et loin de la patrie (I, 3 ; IV, 18 ; V, 5, 9) ; le /Ohonie silence de la solitude règne aux alentours d -une capitale jadis florissante, et c'est parmi les fuyards, que les malheurs; du |MBi5rs ont emportés loin du théâtre de toutes ces horreurs, sans îles mettre à l'abri des misères d'une fuite sans but et sans iasue', que nous aurons à chercher le poète qui a pu épancher ses doaleuirs dans ces tristes accents, et dont la mémoire était malbeurcwsa* ment assez riche de détails pour donn^ à ses< tabkaux; couleurs d'une saisissante vérité. Rien n'empêche dei acmgeri de préférence à l'un de ceux qui cherchèrent un asile en Egypt' (Jéréni. XLIII, 7) ; mais ce n'est pas Jérémie auquel nous, song^ rions plutôt qu'à tout autre. En effet, l'auteur déploie quelqu part (II, 9) le silence des prophètes qui ne recevaient : plua d révélations. Or, l'histoire de Jérémie, que nous connaissons ;a exactement par ses propres mémoires, pour toute la période immédiatement antérieure et postérieure à la prise de Jérusalem nous apprend que lui, du moins, n'a pas cessé un instant d« parler à ses compatriotes, au nom d'un Dieu qu'ils ne reconnaissaient pas toujours comme le leur. Ce n'est pas dans aa boucb» -^^ que nous pouvons placer l'expression d'un regret, qui peut avolS^'r eu sa raison d'être dans un autre milieu. Ailleurs enoore (ÏV, 20^ j, l'auteur, dans des termes à la fois honorifiques et sincèreflaec — ^^ compatissants, s'apitoie sur le triste sort du roi Zidqiyah; ei nou^^ ne croyons pas que le prophète se fût exprimé avec tant 3e sympathie au sujet de ce prince, sans y ajouter quelques réflexioKi5 plus ou moins sévères, telles qu'il ne les lui épargnait pas anU^
rieurement. A tout prendre, les arguments à faire valoir contre Topinton traditionnelle nous paraissent remporter sur ceux qu'on pourrait alléguer en sa faveur, et en mettant sérieusement en question leô titres de Jérémie à rhonneur d'avoir composé ces âëgies,noiis ne pensons pas amoindrir la gloire d'un écrivain, lequel, s'il n'est pas le plus grand parmi les prophètes hébreux, nous est du moins le plus sympathique, comme il Ta déjà été à sa pfoprei nation, quand elle eut commencé à étudier son passé. Cependant nous devons dire que l'opinion contraire peut encore se prévaloir de certaines locutions familières à cet auteur, et qui ne sont pad nécessairement des imitations ou des réminiscences. Il est inutile d'analyser davantage ces poèmes séparément. On s'est bien appliqué à leur trouver des points de vue différents, feoit eti le€l échelonnant en face des événements dont on croyait y découvrir l'évolùtioh successive, soit, ce qui est moins hasardé, ©n y signalant telles scènes désolantes décrites de préférence. Cette dernière distinction peut être acceptée jusqu'à un certain point, mais non d'une manière absolue. Il y a plutôt Heu de dire que les mêmes scènes, les mêmes plaintes, et jusqu'aux mêmes phrased, reviennent partout, de sorte qu*il en résulte une certaine monotonie. Nous n'admettons pas que les cinq morceaux soient entre eux dans un rapport déterminé d'avance par l'auteur, de manière à former un ensemble accusant une énergie progressive de la plainte, et arrivant jusqu'à une espèce d'apogée du déses* poir, pour retomber finalement dans une disposition de tranquillité rëcrignée. Ce cadre, ainsi que tout autre analogue, est positivement étranger à la pensée du poëte, et les textes ne s'y prêtent en aucune façon. Erjcore moins accorderons-nous que le plus ou moins de mouvement poétique qu'on croit reconnaître de côté ou d'autre, d'après des impressions purement subjectives, nous autorise è attribuer ces poèmes à des auteurs différents, dont l'un aurait été le simple imitateur de l'autre, le deuxième et le quatrième seuls étant jugés dignes d'un Jérémie. Nous nous défions d'une critique qui pousse jusque là ses prétentions à la sagacité, eti l'absence complète de preuves matérielles, et nous aimons mieux aroucr franchement que nous n'avons pas l'esprit assez délié pour saisir la portée de certaines nuances à peine perceptibles elles-mêmes. Enfin, nous irons même jusqu'à contester l'assertion que la troisième élégie se sépare des autres, en ce qu'elle s'occupe de la destinée personnelle de l'auteur, tandis que
celles qui la précèdent et celles qui la suivent parlent toujours de la situation générale et des souffrances de la population entière. Nous savons suffisamment par les psaumes combien il est facile de se laisser induire en erreur par l'emploi de la première personne du singulier, et le poëte, dùt-il avoir fait momentanément un retour sur lui-même dans la pièce en question, ne tarde pas à rentrer dans les généralités.
Comme elle est assise solitaire,
Cette cité populeuse * !
Elle est devenue comme une veuve,
Celle qui était grande parmi les nations ! La reine des provinces
Est réduite en servage.
Elle pleure, elle pleure la nuit durant, Ses larmes inondent ses joues.
Nul n'est là pour la consoler, De tous ceux qui Taimaient ;
Tous ses amis Tout trahie.
Et lui sont devenus hostiles.
^ Jérusalem, actuellement ruinée, est comparée à une femme en deuil, délaissée, réduite à la misère. Les amants qui la trahissent sont ses anciens alliés.
430 l'ES LAMENTATIONS.
Juda a quitté sa patrie*,
Accablé de misère et de servitude ;
Il est allé demeurer parmi les peuples Et n'a pas trouvé le repos :
Ses persécuteurs tous ensemble
L'ont atteint dans les impasses.
Ils sont tristes, les chemins de Sion,
Depuis que personne ne vient plus à la fôle;
Ses portes sont désertes, Ses prêtres gémissent.
Ses vierges sont désolées — '
Elle-même a l'amertume au cœur.
Ses ennemis ont eu le dessus ;
Ses adversaires sont heureux :
Car l'Éternel Ta aflligée
A cause de ses nombreux péchés.
Ses enfants s'en vont captifs
Emmenés par l'ennemi*.
De la fille de Sion
Toute la splendeur est passée.
Ses capitaines sont comme des cerfs
Qui n'ont pas trouvé de pûturage ; A bout de forces ils s'en vont,
Suivis do ceux qui les chassent.
^ L'allusion regarde moins les déportés, que ceux qui, après la catastrophe, ont volontairement cherché un asile à l'étranger. On voit qu'il s'est déjà passé queltpie temps depuis la prise de la ville. — Les imjjasses peignent ici simplement l'impossibilité de trouver un lieu de refuge sur.
^ La solitude et le silence actuels forment un triste contraste avec le bruit et la foule des grandes fêtes d'autrefois : plus de prêtres qui entonnent les chants sacrés, plus de vierges qui battent le tambourin en cortège !
^ Litt. : En avant de l'ennemi, — parce que celui-ci les pousse devant lui comme un vil troupeau. Le m6me rapport est exprimt» à la fin de la strophe suivante.