‹ La BibleChapitre 19 sur 61 · CH\P. I · texte numérisé non relu

CH\P. I

Dans la misère et dans la persécution

Jérusalem s'est souvenue de ses délices d'autrefois : Quand son peuple fut livré à l'ennemi,

Et que personne ne vint à son aide — Les ennemis le voient,

Et se moquent de ses privations.

Jérusalem a été bien coupable,

Aussi est-elle devenue un objet d*horreur*. Tous ses admirateurs la méprisent,

Car ils ont vu sa nudité^.

Elle aussi éclate en sangloU

Et détourne sa face.

Sa tmîne porte la trace de sa souillure Elle n'avait point songé à l'avenir!

Aussi est-elle tombée étonnamment :

Nul n'est là pour la consoler.

«Regarde, ô Éternel, ma misère !

L'ennemi se prévaut de sa force.»

iO.

L'ennemi a porté sa main

Sur tous ses trésors ' :

Elle a vu les païens

Entrer dans son sanctuaire, Eux, que tu as défendu

De laisser entrer dans ta communauté.

•'> Le texte offre ici une image intraduisible^ en continuant l'application de Tallégorie du commencement. Comp. la première ligne delà strophe suivante et surtout Lév. XV, 19.

^ Autre application de la même allégorie. La ruine d'une ville est plusieurs fois représentée sous l'image d'un mauvais traitement infligé à une femme sans défense. Comp. Nah. III, 5. Es. XLVII, 3.

* D'après le contexte, il faudra songer de préférence aux vases sacrés du temple.

Toute sa population gémit;

Ils demandent du pain.

Ils donnent, pour se nourrir, leurs joyaux.

Pour sustenter leur vie — • «Regarde, ô Éternel, et vois

Combien je suis avilie !

<{ J'en appelle ** à vous tous

Qui passez par ce chemin :

a Voyez et regardez : Y a-t-il une douleur,

Pareille à celle qui m*est infligée?

((A moi, que l'Éternel a frappée

Au jour de son courroux?

a D'en haut il a lancé dans mes oâ

Un feu qu'il y laisse faire ses ravages ;

u II a tendu un filet à mes pieds Et me traîne en anière.

i( Il m'a plongée dans un morne silence. Il m'a rendu malade tout le jour *•.

« Le joug de mes péchés

Est serré par sa main ; « Ils s'entrelacent et pèsent sur mon cou •* ;

^ Il ne s'agit pas de la famine qui a précédé la prise de la ville, mais de la situation désespérée des survivants, qui ont pu sauver quelques bijoux et qui n'ont plus rien à manger dans une contrée ruinée par une longue guerre.

^ Sens très-douteux. Les rabbins déjà paraissent n'avoir pas été bien sûrs de leur texte, comme on peut s'en convaincre par l'ortbograpbe qu'ils prescrivent. D^autres traduisent : Cela ne vous toucbe-t-il pas ? ou bien : Que pareille chose ne vous arrive pas !

^0 Le feu, le filet et la maladie sont autant d'images pour décrire la situation actuelle ; le feu ne doit pas rappeler l'incendie, ni le filet la captivité, etc., car il s'agit précisément de ceux qui ont échappé à la catastrophe. Il ne faut pas perdre de vue que la personne qui parle est censée être une femme, en butte à l'excès de la misère.

1 ** Les péchés d'Israël pèsent sur le peuple et l'accablent, le châtiment mérité l'écrase. Cette idée est représentée sous la figure d'un joug pesant, imposé sur la nn^e d\in bœuf et lui faisant baisser la tête. Le joug est attaché au moyen de courroies solide* ment nouées.

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