CHAP. I
Il fait fléchir ma force.
«Le Seigneur me livre aux mains
De ceux auxquels je ne puis résistei*.
«Tous mes guerriers qui étaient auprès de moi,
Le Seigneur les a enlevés**:
«Il a convoqué contre moi une multitude
Pour écraser mes jeunes gens.
«Le Seigneur a foulé le pressoir
De la vierge, fdle de Juda".
«Voilà pourquoi je pleure :
Mes yeux se fondent en larmes.
«Près de moi il n'y a personne qui me console,
Personne qui ranime mes esprits.
«Mes enfants sont plongés dans un morne silence.
Car l'ennemi l'emporte.»
Sion étend ses mains —
Nul n'est là pour la consoler.
L'Éternel contre Jacob
A mandé les ennemis de toutes parts.
Jérusalem est devenue
Un objet d'horreur au milieu d'eux **.
«L'Étemel est juste :
J'ai été rebelle à ses ordres.
«Écoutez, peuples, vous tous.
Et voyez ma douleur I «Mes vierges et mes jeunes gens
S'en vont en captivité.
*2 Verbe de signification douteuse.
'3 Le pressoir, dans lequel on foule les raisins, non avec une machine, mais avec les pieds^ est le s3rmbole du carnage (Ks. LXIII, 1 suiv. Apoc. XIV, 20'. La fille de Juda est la population ainsi écrasée.
14 Vers. 8.
ccJ*implorais mes amants**;
Eux, ils m'ont trompée !
«Mes prêtres et mes chefs
Ont péri dans la ville, «En cherchant de quoi se nourrir.
Pour sustenter leur vie.
«Regarde, 6 Éternel, comme je suis dans l'angoisse,
Comme mes entrailles brûlent !
«Mon cœur palpite*^ dans mon sein,
Car j'ai été bien rebelle.
«Au dehors l'épée fait ses ravages.
Comme l'épidémie au dedans.
«Ils entendent comme je gémis :
Nul n'est là pour me consoler.
«Tous mes ennemis, en apprenant mon malheur.
Se réjouissent de ce que tu l'as accompli, fi Tu as amené le jour que tu avais annoncé : —
Puissent-ils avoir mon sort*'!
«Que tous leurs crimes
Soient présents à tes yeux !
«Traite-les, eux aussi.
Comme tu m'as traitée pour mes péchés ! «Car mes soupirs sont nombreux.
Et mon cœur est malade.»
ï 5 Vers. 2.
^C Lût. : se retourne.
^"^ La transition est tellement brusque., que la plupart des commentateurs mettent aussi
rhémistiche précédent à l'optatif: Tu amèneras bien le jour où ils auront mon sort.
ciix aussi! — On sait «[ue les prophètes, tout en annonçant le châtiment do Jtida, xït manquent jamais de menacer aussi les peuples païens. La liaison des idées est donc naturelle, quelle que soit la ponctuation qu'on adopte.