CHAP. I, 19-22. II
Ah ! de quel nuage dans sa colère
Le Seigneur enveloppe-l-il la fille de Sion !
Du haut du ciel sur la terre Il a jeté la gloire d'Israël * :
Au jour de son courroux
Il a oublié le lieu où relisaient ses pie<ls'.
Le Seigneur a ruiné sans pitié
Toutes les demeures de Jacob; Il a détruit dans sa fureur
Les citadelles de la lille de Juda ; Il les a jetées par terre,
Il a laissé profaner le royaume et ses chefs''.
Dans l'ardeur de sa colère
Il a abattu toutes les défenses d'Israël,
Il a retiré sa main protectrice En face de l'ennemi,
Il a consumé Jacob,
Comme un feu flamboyant qui dévore tout.
Il banda son arc en ennemi.
Il prit position et marcha à l'assaut * ;
I La gloire d'Israël est sans doute ù prendre dans le sens concret de la capitale et de son temple ; le riel et la terre marquent la distance de Tétat antérieur et de la situation actuelle.
* Proprement le marchepied de Jéhova, c'est Tarche sainte, placée ici pour le sanctuaire en général.
^ Cette strophe et la suivante rappellent les commencements du désastre, l'invasion du territoire et la chute successive des villes fortifiées, jusqu'à ce qu'il ne restât plus que Jérusalem. Ces villes sont appelées les cornes d'IsraOl, d'après une figure qui n'a pas passé dans les langues modernes, et que nous avons remplacée par une métaphore aDalogue en disant les défenses.
■* Traduction un peu libre. L'auteur a en vue la catastrophe finale de Jérusalem. A la lettre il y aurait : Il prit position de sa droite comme un assiégeant et égorgea — ce qui est une construction singulièrement embarrassée.
De sa droite il égorgea
Tout ce qui charmait les yeux ; Sur la tente de la fille de Sion
Il versa sa colère comme un feu.
Le Seigneur est devenu un ennemi,
Il a ruiné Israël, Il a ruiné tous ses forts,
Il a détruit ses citadelles ; Il a accumulé sur la fille de Sion
Douleur .sur douleur.
Il viola ce qui était son jardin clos^,
II saccagea son lieu saint.
L'Éternel fit oublier en Sion
La fête et le sabbat ; Il rejeta roi et prêtre
Dans l'emportement de sa colère.
Le Seigneur s'est dégoûté de son autel,
Il a pris en aversion son sanctuaire ; Il a livré aux mains des ennemis
Les murs de ses forts :
Dans la maison de Dieu on entend leurs cris
Comme en un jour de fête.
L'Éternel avait résolu d'abattre
La muraille de la fille de Sion :
Il a tendu le cordeau*^.
Sa main n'a cessé de démolir ; Il a couvert de deuil le mur et le boulevard,
Ensemble ils gisent tristement.
^ Sens incertain. D'autres traduisent : il ravagea sa chaumière fsa demeure} comme (on ravage) un jardin. Nous pensons que l'image d'un jardin eîos {lift. : un jardin à clôture) doit opposer le sanctuaire et la ville de Jérusalem comme an terrain priviléiné et protégé, à la campagne ouverte, et faire sentir ainsi labandon dans lequel Jéhova laissa ce qui devait lui être le plus cher.
^ La rhétorique hébraïque emploie cette figure pour la démolilioo tou4 auasi bien que
pour la construction.