‹ La BibleChapitre 22 sur 61 · CHAP. II · texte numérisé non relu

CHAP. II

Les portes sont renversées à terre;

Il en a brisé, arraché les verroux.

Le roi et ses capitaines sont au milieu des païens;

Plus d'instruction ' !

Les prophètes mômes de F Éternel

N'obtiennent plus de révélation.

A terre ils sont assis en silence,

Les anciens du peuple de Sion ; Ils mettent de la poussière sur leurs tètes

Et ceignent le cilice.

Les vierges de Jérusalem

Laissent pencher la tète vers la terre.

Mes yeux s'éteignent à force de pleurer,

Mes entrailles brûlent ; Mon cœur* s'épanche à terre,

A cause de la ruine de ma patrie, Kn voyant les enfants, les nourrissons,

Se mourir d'inanition dans les places publiques.

Ils disent à leurs mères :

<^0ù ... du pain, du vin?j) Tombant en défaillance, comme frappés à mort.

Sur les places de la ville, Et rendant l'àme

Sur le sein de leurs mères.

"7 Ce mot, au milieu d'une énumération qui parle tour ù tour des rois, des capitaines, des prophètes, des anciens et des vierges, doit certainement se rapporter aux prêtres, c|ui De pouvaient pas être passés sous silence (Ëzéch. VII, 20, etc.}. Toute activité a cessé, les organes de la vie nationale sont tous paralysés.

S Litt : mon foie. Le foie était considéré chez les anciens, par ex. dans Homère, comme le siège de la vie psychique, des aflcctions et des passions : le cœur était plutôt le siège de la pensée.

Que te rappellerai-je, fille de Jérusalem?

Que pouirai-je le représenter de semblable? A qui te comparerai-je pour te consoler*,

Vierge, fille de Sion?

Ta ruine est immense comme l'océan ;

Qui pourrait te guérir *® ?

Tes prophètes t'ont débité

Des visions mensongères et futiles; Ils ne t'ont point dévoilé tes fautes,

De manière à écarter ton désastre; Us t'ont débité comme des visions,

Des oracles de mensonge et d'eidl**.

Us battent des mains à ta vue".

Tous ceux qui passent par là; Us sifflent, ils hochent la tête,

A l'aspect de la fille de Jérusalem :

«Est-ce là cette ville qu'on appelait la toute-belle.

Les délices du monde entier?»

Contre toi tes ennemis tous

Ouvrent la bouche large; Us sifflent, ils grincent des dents ;

Ils disent : «Nous l'avons détruite !

(( Voilà enfin le jour que nous attendions :

Nous y sommes parvenus! Nous le voyons!»

'•^ La catastrophe de Juda est unique dans l'histoire ; il ne reste pas môme la consolation que d'autres ont souffert autant (v. 20).

10 L'image de la guérison est mieux motivée dans Toriginal que dans notre traduclion. Car le mot que nous rendons par mine signiiie proprement une fracture. \\ nous a semblé que l'hyperbole de la comparaison serait plus tolérable avec un terme plus Tague, qu'avec l'image d une blessure.

11 C'est exactement la pensée exprimée dans Jérémie XXVII^ 10, 15. Leurs discours ont fait si bien, que l'exil en a été le résultat.

^'^ Cette strophe et la suivante décrivent le profond abaissement de Jérusalem qui, dans son état actuel, et devenue Thorreur des uns et la risée des autres.

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