CHAP. V
Les chefs sont pendus par leurs mains,
La personne des vieillards n*esl pas respectée ;
Les jeunes gens portent la meule,
Les adolescents chancellent chargés de bois '.
Les anciens ont déserté la place publique'. Les jeunes gens ont abandonné leurs lyres.
La joie de nos cœurs a cessé,
Nos danses sont changées en deuil.
La couronne de notre tète est tombée ;
Malheur à nous, c'est que nous avons été coupables !
Voilà pourquoi notre cœur languit.
Voilà pourquoi nos yeux se troublent !
C'est que les hauteurs de Sion sont désolées, Et que les chacals les parcourent.
Toi, Éternel, tu demeures à jamais, Ton trône subsiste d'âge en âge.
Pourquoi nous oublies-tu toujours?
Nous abandonnes-tu si longtemps*?
Ramène-nous à toi, ô Éternel ! que nous retournions ; Renouvelle-nous les jours d'autrefois !
A moins que tu ne nous aies rejetôs tout à fait.
Et que tu ne sois irrité contre nous outre mesure.
^ Ils sont réduits eu esclavage.
** Où les citoyens, pères de famille, ont l'habitude de se truaver pour traiter des aifaires publiques ou privées. Tout ce tableau est évidemment tracé à distance, dans une situation qui se ressentait encore des elTets de la catastrophe.
^ Cette phrase, à elle seule, décide contre l'opinion traditionnelle qui fait -composer ces élégies sur les ruines encore fumantes de Jérusalem.
On trouve la liste complète des anciens commentateui^ dans les ^cholia de Rosenmùller.
Nous nous bornerons ici à citer, outre les modernes, parmi les Pères, TiréoDOKET et S. Jéuômk, et parmi les Réformateurs, Zwingle, Oeco- LAMPADE et BuGENHAGEN, cos deux derniers dans leurs commentaires sur Jérémie.
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