‹ La BibleChapitre 5 sur 61 · CHRONIQUE III, Q-M. IV · texte numérisé non relu

CHRONIQUE III, Q-M. IV

clous se montait à cinquante siclcs d'or ^ Il recouvrit aussi d'or les chambres supérieures^. Et dans la salle du saint des saints il fit deux keroûbs en forme de statues % et on les revêtit d'or. Les ailes des keroùbs avaient vingt coudées de long; Taile de Tun, étant de cinq coudées^ touchait à la paroi de la salle, et son autre aile, également de cinq coudées^ touchait à Taile de Tautre kcroûb ; et Taile de l'autre keroûb, de cinq coudées, touchait à l'autre paroi de la salle, et son autre aile, de cinq coudées, tenait à l'aile de l'autre keroùb. Les ailes de ces keroùbs, déployées, faisaient vingt coudées; ils étaient debout sur leurs pieds, et regardaient la salle ^. '^ Et il fit le rideau en pourpre bleue et rouge et cramoisi, et en lin fin, et y mit des keroùbs^. Et devant la maison, il fit deux colonnes de trente-cinq coudées de long, et le chapiteau qui les surmontait avait cinq coudées. Et il fit des chaînettes [à l'arrière-pièce] et les mit sur le haut des colonnes, puis il fit cent grenades et les mit aux chaînettes. Et il érigea les colonnes devant le sanctuaire, l'une à droite et l'autre à gauche ; et il aj)pela celle de droite Iakin et celle de gauche Bo*az°. '11 fit encore un autel d'airain, long de vingt coudées, large de vingt coudées et haut de dix coudées ^. Puis il fit

I Cette somme est petite en comparaison do la précédente. 50 sicles forment la soixantième partie d'un talent, soit 750 grammes ou à peu près 2300 francs. Il y a donc là encore une indication suspecte. Ou bien les têtes des clous étaient- elles seules dorées? Il s'agit sans doute des clous au moyen desquels les plaques de métal étaient fixées sur les parois en boiserie.

* Précédemment déjà les Chroniques ont parlé de ces chambres (chap. I, 28, 11), mais la description donnée dans le livre des Rois n'en parle pas et il est bien diilicile de dire où elles se trouvaient. Voyez cependant la note sur 1 Kois VI, 20.

3 Traduction conjecturale d'un terme inconnu. Pour le reste, voyez 1 Rois VI, 28saiv.

* La salle extérieure^ la grande salle ; leur face était tournée vers l'entrée.

^ Comp. la note sur 1 Rois VI, 21 .

® La description des deux colonnes d'airain, beaucoup plus détaillée 1 Rois VU, 15 suiv., est devenue à peu près inintelligible sous la plume de l'abréviatcur. Le texte est d'ailleurs corrompu. La hauteur (assez peu convenablement dite la longueur) do 35 coudées est en contradiction avec celle indiquée par les autres textes. Les mots que nous mettons entre crochets sont absolument inintelligibles et doivent Ctro réputés étrangers au texte, à moins qu'on ne veuille hasarder une conjecture {rebid, collier, pour debtr. Les consonnes r et d sq ressemblent beaucoup en hébreu.

"^ Ce détail n'est pas mentionné dans la relation du Livre des Rois. Il s'agit du grand autel placé dans la cour, devant la façade du temple, et sur lequel ou accomplissait les cérémonies des sacrifices.

A. T. 4« part. 9

130 2 CHRONIQUE IV, 2-tt.

le grand bassin en fonte*, ayant dix coudées d'un bord à l'autre; il était rond en circonférence, avait cinq coudées de haut, et un cordeau de trente coudées l'embrassait tout autour. Et des figures de bœufs T entouraient en dessous tout autour, à raison de dix par coudée ; c'étaient deux rangées de bœufs qui faisaient un cercle autour du bassin, coulées dans la fonte même. Il reposait sur douze bœufs, dont trois regardaient le nord, trois l'ouest, trois le sud et trois l'est ; le bassin était placé par dessus, et les croupes étaient tournées vers le dedans. L'épaisseur en était d'une palme, et le bord avait la forme du bord d'une coupe^ en fleur de nénufar. Il contenait trois mille bats [il jaugeait^]. Et il fit dix bassins^, dont il plaça cinq à droite et cinq à gauche, pour y faire l'ablution (on y rinçait tout ce qui se faisait à l'holocauste), et le grand bassin était pour les ablutions des prêtres. Il fit les candélabres d'or, au nombre de dix, conformément a ce qu'il fallait, et les plaça dans le sanctuaire, cinq à droite et cinq à gauche *. Il fit dix tables qu'il plaça dans le sanctuaire, cinq à droite et cinq à gauche. Il fit cent jattes d^or'. Il fit la cour des prêtres, et la grande cour^, et des portes à cette cour ; et il en revêtit les battants d'airain. Et il plaça le grand bassin sur le côté droit, vers l'orient, en face du midi''. (louram fit encore les pots, les pelles et les jattes.

** Ainsi I.ïouram acheva les travaux qu'il avait eu à faire pour le roi Salomon dans la maison de Dieu : deux colonnes avec les parties

1 Comp. la description 1 Rois VII, 23 suiv. D'après ce passage on rétablira dans le texte les courges, que les copistes ont ridiculement changées en bœufs, de sorte qu'il est deux fois question de bœufs ; à moins qu'on ne veuille dire que le ridacteur lui-même a fait la méprise. Car c'en serait une, vu la difficulté du travail et rezlgoilé des dimensions.

3 Ce dernier mot fait double emploi avec le verbe précédent, et n'est qu'une glose explicative empruntée au texte du livre des Rois, lequel donne au bassin une contenance beaucoup moins grande et toujours encore prodigieuse.

^ Il s'agit des dix petits bassins placés sur les trains à roues, longuement décrits 1 Rois VII, 27 suiv. Nous apprenons ici la destination de ces bassins : les chairs consumées sur l'autel y étaient d'abord lavées et les ustensiles qu'on employait l'étaient naturellement aussi.

4 1 Rois VII, 49. Conformément à ce qu'il fallait, comp. v. 20, c'est-à-dire d'après ce qu'exigeait Tusage qu'on voulait en faire. Probablement l'auteur a voulu résumer par ce mot tous les détails qu'y ajoute l'autre texte.

^ Ces tables et ces jattes ne figurent point dans l'autre relation, comp. 1 Rois VII, 48 et Chron. XXVIII, 16. — Pour les tables, voyez encore plus bas, v. 19.

^ Le parvis des prôtres est la cour intérieure (1 Rois VI, 3G) dans laquelle se trouvait l'autel d'airain. La grande cour est la cour extérieure, dont l'autre texte ne parle pas.

•7 1 Rois VII, 39 suiv.

bombées et les chapiteaux placés sur les colonnes, au nombre de deux, et les deux treillages pour couvrir les parties bombées des deux chapiteaux placés sur les colonnes ; et les grenades au nombre de quatre cents aux deux treillages, deux rangées de grenades à chaque treillage, pour couvrir les parties bombées des deux chapiteaux placés sur les deux colonnes; et il fit les trains, et il fit* les bassins sur les trains; le grand bassin unique et les douze bœufs an dessous, et les pots, les pelles et les fourchettes. Et tous ces objets, Souram, le maître"^ à Salomon, les fit pour la maison de rÉternel, en airain poli. C'est dans la plaine du Jourdain que le roi les fit couler, dans l'épaisseur du sol, entre Soukkot et Çerédah. Et Salomon fit faire tous ces objets en grande quantité^ car on ne vérifiait point le poids de ^airain^

*^ Salomon fit encore tous les objets mobiliers de la maison de Dieu, et Tautel doré et les tables sur lesquelles on plaçait les pains de présentation^, et les candélabres avec leurs lampes^ pour les allumer selon la règle, devant rarrière-pièce, en or fin ; et la corolle, les lampes et les mouchettes en or (il s'agit d'or superfin); et les couteaux, les jattes^ les plateaux et les éteignoirs en or fin; et à la porte du temple, les battants intérieurs par où l'on entrait au saint des saints, et les portes du temple pour entrer au sanctuaire, étaient d'or.

* Lorsque * tous les travaux que Salomon avait entrepris à l'égard de la maison de l'Éternel furent achevés, il y fit porter les choses que son père David avait consacrées; il fit déposer l'argent, l'or et tous les vases dans les magasins de la maison de Dieu. Alors Salomon assembla les sheikhs d'Israël, et tous les chefs des tribus, les émirs des familles d'Israël à Jérusalem, pour transférer l'arche de l'alliance de l'Éternel de la cité de David, c'est-à-dire de Sîon, et tous les Israélites s'assemblèrent chez le roi, lors de la fête

1 Comme tout ce passage est une copie textuelle do 1 Rois VII, 40 suiv., il est probable qu'il faut lire ici, au lieu des deux: il fit, parfaitement inutiles, deux fois: rfta? Çasff, 'asarah, pour *asah).

« 2 Chron. II, 12.

' Cette dernière phrase est autrement tournée et présente un tout autre sens dans I Rois VII, 47.

** 1 Rois VII, 48 suiv. Les tables, au pluriel, sont en contradiction avec le texte du Livre des Rois, avec la tradition mosaïque, et même, ù ce qu'il paraît, avec 2 Chron. XIII, il et XXIX, 18. Comme ailleurs aussi notre auteur parle de plusieurs tables [voyez ci-dessus v. 8j, il serait possible que Terreur ne se trouvât que dans la destination qu'il leur assigne.

^ 1 Rois VII, 51 suiv., reproduction presque littérale avec des variantes très-peu importantes.

qui est le septième mois ^ Et tous les sheikhs étant arrivés, les Lévites enlevèrent Tarche et la transférèrent, ainsi que le tabernacle, et tous les meubles sacrés qui étaient dans le tabernacle ; les prêtres lévitiques les transférèrent. Et le roi Salomon, et toute rassemblée irisraël, ceux qui s'étaient assemblés chez lui devant Tarche, immolèrent des moutons et des bœufs en quantité indicible et innombrable. Et les prêtres portèrent Tarche de Talliance de TËternel à sa place, à Tarrière-pièce du temple, dans le saint des saints, sous les ailes des keroûbs. Les kcroûbs étendaient deux ailes sur la place de l'arche, et couvraient le dessus de l'arche et ses barres. Ces barres étaient d'une longueur telle, que les têtes en étaient visibles de l'arche* quand on était devant l'arri ère-pièce ; mais elles n'étaient point visibles au dehors. Et elle y est restée jusqu'à ce jour'. Dans l'arche il n'y avait rien, si ce n'est les deux tables que Moïse avait données sur le IJoreb [lors du pacte] que l'Éternel fit avec les enfants d'Israël à leur sortie d'Egypte. " Lorsque les prêtres sortirent du sanctuaire (car tous les prêtres qui pouvaient être trouvés avaient pris part à la cérémonie; on n'avait eu aucun égard aux classes*, et les Lévites chantres, tous tant qu'ils étaient, Asaf, Ilêman, Iedoutoun% leurs fils et leurs frères, vêtus de lin fin, avec les cymbales, les luths et les harpes, se tenaient à l'orient de l'autel, et avec eux des prêtres au nombre de cent vingt, sonnant des cors), au moment même où les trompettes et les chantres firent retentir comme une seule voix pour louer et célébrer l'Éternel, et qu'ils firent retentir le son des cors et des cymbales, et des autres instruments de musique, et qu'ils chantèrent: Gloire à l'Éternel, car il est bon, car sa grâce dure à jamais ^ I alors le temple se remplit d'une nuée, le temple de l'Éternel, de sorte que les prêtres ne purent pas rester pour fonctionner, à cause de la nuée, car la gloire de l'Éternel remplissait le temple.

1 Lo texte, tel qu'il est, ne saurait être juste. Nous avons supposé une lacune à remplir avec le secours de 1 Hois VIII, 2. Autrement on pourrait changer le texte et dire : la fête qui est au 7« mois.

2 Lisez : du Sanctuaire, 1 Rois VIII, 8. •^ Voyez la note sur 1 Rois VIII, 8.

•1 Qui devaient se relever pour le service (1 Chron. XXlIl).

^ 1 Chron. XXV. Toute cette parenthèse est étrangère au texte du livre des Rois et a été intercalée par notre auteur.

C Formule liturgique familière au culte juif, Psaume CVI ; C VII ; CXVIII ; CXXXVI, etc.

2 CHRONIQUE VI, t-lG. 133

* Alors Salomon dit * : laheweh a déclaré vouloir demeurer dans robscurité. Et moi j'ai bâti un lieu de demeure pour toi, une place pour ta résidence à jamais.

Puis le roi tourna sa face et bénit toute l'assemblée d'Israël, et tonte rassemblée d'Israël était debout. Et il dit : Béni soit laheweb, le Dieu d'Israël, qui de sa bouche a fait une promesse à mon père David, et qui de ses mains Ta accomplie, quand il disait : Depuis le jour où j'ai fait sortir mon peuple du pays d'Egypte, je n'ai point choisi de ville dans aucune des tribus d'Israël, pour bâtir une maison où serait mon nom, et je n'ai pas choisi d'homme, pour être chef de mon peuple d'Israël; or, je choisis Jérusalem pour que mon nom y soit, et je choisis David pour qu'il soit à la tête de mon peuple d'Israël. Et ce fut le désir de mon père David de bâtir un temple au nom de laheweh, du Dieu d'Israël. Mais il dit à mon père David ^ : Quant à ton désir de bâtir une maison à mon nom, ta as bien fait d'avoir ce désir. Cependant ce n'est pas toi qui bâtiras cette maison, mais bien ton fils, issu de toi; c'est lui qui bâtira cette maison à mon nom. Et laheweh a ratifié la parole qu'il a prononcée; je me suis élevé à la place de David, mon père, et me sois assis sur le trône d'Israël ainsi que TÉternel l'avait dit, et j'ai bâti ce temple au nom de laheweh, du Dieu d'Israël, et j'y ai placé l'arche où est le pacte qu'il a fait avec les enfants d'Israël.

**Puis il se plaça devant l'autel de l'Éternel, en face de toute l'assemblée d'Israël, et étendit ses mains (car Salomon avait fait une tribune d'airain, et l'avait placée au milieu de la cour; elle était longue de cinq coudées, large de cinq coudées, et haute de trois coudées. Étant monté dessus, il s'agenouilla en face de toute l'assemblée d'Israël et étendit ses mains vers le ciel ^). Et il dit : lahew^eh, Dieu d'Israël! Il n'y a point, ni au ciel ni sur la terre, de Dieu pareil à toi, tu gardes ton alliance et ta grâce à tes serviteurs qui marchent devant toi de tout leur cœur. Tu as aussi gardé à ton serviteur David, mon père, ce que tu lui avais promis; tu l'avais promis de ta bouche, et de ta main tu l'as accompli en ce jour. Or donc, laheweh, Dieu d'Israël, garde aussi à ton serviteur David, mon père, ce que tu lui promis quand tu disais : Tes enfants ne cesseront de siéger devant moi sur le trône d'Israël, pourvu qu'ils prennent garde à leur conduite, de manière à marcher selon ma

ï 1 Rois VIII,12 8uiv.

«Comp. 1 Chron.XVII.

^ Cette parenthèse est étrangèro au texte du Livre ilcs Rois. On se rcprt^sentcra celle triàvne (en hébreu : ce bassin) comme une caisse renversée, le fond en haut, sans balustrade ni appui.

loi, comme toi tu as marché devant moi. Or donc, laheweh, Dieu d'Israël, puisse-t-elle être ratifiée, la promesse que tu as faite à ton serviteur David! Mais eu vérité. Dieu habiterait-il parmi les hommes sur la terre? Certes, les cieux, et les cieux des cieux ne sauraient te contenir ; combien moins encore cette maison que j^ai bâtie! Pourtant veuille avoir égard à la prière de ton serviteur, et à sa supplication, ô laheweh, mon Dieu! en écoutant le cri et la prière que ton serviteur prononce devant toi! de sorte que tes yeux soient ouverts sur ce temple, nuit et jour, sur ce lieu où tu as dit vouloir mettre ton nom, et que tu entendes la prière que ton serviteur prononce en face de ce lieu! Veuille écouter les supplications de ton serviteur et de ton peuple d'Israël, qu'ils t'adressent en face de ce lieu. Oui, tu les écouteras du lieu de ta demeure, des cieux; tu les écouteras et tu pardonneras. Si quelqu'un a commis un délit contre son prochain, et qu'on lui impose le serment, pour le faire jurer, et qu'il vienne jurer à la face de ton autel dans ce temple, toi tu l'entendras des cieux, et tu agiras, et tu jugeras tes serviteurs de manière à punir le malfaiteur en faisant retomber son acte sur sa tête, et à justifier l'innocent, en lui donnant selon son mérite. Et si ton peuple, Israël, est repoussé devant l'ennemi, parce qu'il a péché contre toi, et qu'ils reviennent à confesser ton nom, et qu'ils t'adressent leurs prières et leurs supplications dans ce temple, toi tu les écouteras des cieux, et tu pardonneras le péché de ton peuple d'Israël, et tu les ramèneras dans le pays que tu leur as donné à eux et à leurs pères. Quand le ciel sera clos, et qu'il n'y aura pas de pluie, parce qu'ils auront péché contre toi, et qu'ils viendront te prier en ce lieu et confesser ton nom, se repentant de leur péché, parce que tu les auras affligés, toi tu les écouteras aux cieux, et tu pardonneras le péché de tes serviteurs, et de ton peuple d'Israël ; même tu les dirigeras vers le bon chemin, dans lequel ils doivent marcher, et tu donneras la pluie sur la terre que tu as donnée en propriété à ton peuple. Quand il y aura une famine dans le pays, quand il y aura une peste, quand il y aura rouille, nielle, sauterelles ou autre vermine, quand ses ennemis l'assiégeront dans ses villes, quelque fléau et quelque calamité que ce soit, — toute prière, toute supplication, qui sera faite par quelqu'un et par tout ton peuple d'Israël, selon que chacun aura senti son coup et sa douleur, et étendu ses mains vers ce temple, toi tu les écouteras des cieux, du lieu de ta demeure, et tu pardonneras, et tu donneras à chacun selon sa conduite, puisque tu connaîtras son cœur (car toi seul tu connais le cœur des hommes!), afin qu'ils te craignent, de manière à marcher dans tes voies, pendant tout le temps qu'ils vivront sur le sol que tu as donné à nos pères. L'étranger même, qui n'est point de ton peuple d'Israël, mais qui

sera venu d'an pays lointain à cause de ton grand nom, et de ta main puissante et de ton bras étendu, et qui sera venu prier en face de ce temple, toi tu l'écouteras des cieux, du lieu de ta demeure, et tu feras selon tout ce que l'étranger t'aura demandé, afin que toutes les nations de la terre apprennent à connaître ton nom, et te craignent, comme ton peuple d'Israël, et qu'elles sachent que ton nom est invoqué sur ce temple que j'ai bâti. Quand ton peuple ira faire la guerre à ses ennemis, en se dirigeant du côté où tu les enverras, et qu'ils t'invoqueront en se dirigeant vers cette ville que tu as choisie, et vers le temple que j'ai bâti à ton nom, tu écouteras des cieux leur prière et leur supplication, et tu leur feras justice. Quand ils auront péché contre toi (car il n'y a pas un homme qui ne pèche point !) et que tu te seras courroucé contre eux, et que tu les auras livrés à l'ennemi, et que leurs ravisseurs les auront emmenés, et qu'ils implorent de nouveau ta grâce dans le pays de leur captivité, en disant : nous avons péché, nous avons méfait, nous sommes coupables! et qu'ils reviennent à toi de tout leur cœur et de toute leur âme, dans le pays de leur captivité où on les aura emmenés, et qu'ils t'adressent leurs prières en se dirigeant vers leur pays que tu as donné à leurs pères et vers la ville que tu as choisie, et vers le temple que j'ai bâti à ton nom, tu écouteras des cieux, du lieu de ta demeure, leur prière et leurs supplications, et tu leur feras justice, et tu pardonneras à ton peuple qui aura péché contre toi. Or donc*, mon Dieu, que tes yeux soient ouverts et tes oreilles attentives à la prière de ce lieu! Et maintenant, laheweh. Dieu, lève-toi vers ta résidence, toi et l'arche de ta puissance; que tes prêtres soient revêtus ' de prospérité, et que tes lidèles se réjouissent de leur bonheur! laheweh. Dieu, ne donne pas de refus à ton oint; souviens-toi des grâces faites à ton serviteur David!

* Lorsque Salomon eut achevé de prier', le feu descendit du ciel, et consuma l'holocauste et les victimes, et la gloire de l'Éternel remplit le temple. Et les prêtres ne purent entrer dans le temple de l'Éternel, parce que sa gloire remplissait le temple. Et tous les Israélites, eu voyant descendre le feu, et la gloire de l'Éternel sur

1 Jusqu'ici le texte, sauf quelques variantes sans importance, était identique avec celui de 1 Rois VIII. La péroraison qui suit est autre.

2 La rhétorique hébraïque aime a représenter comme des vêtements les qualités physiques ou morales, ainsi que les conditions dans lesquelles on peut se trouver.

3 L'incident miraculeux mentionné ici est étranger à la rédaction du Livre des Rois. Cependant il y en a une trace, moins accentuée, dans 1 Rois VIII, 1 1 . Gomp. ci-dessus, chap. V, 14.

le temple, se jetèrent la face contre terre, sur les dalles, et se prosternèrent, et se mirent à chanter le Gloire à VElernely car il est boriy car sa grâce dure à jamais^! Et le roi', avec tout le peuple, offrit un sacrifice en présence de rÉternel; le roi Salomon fît immoler pour ce sacrifice vingt-deux mille bœufs, et cent vingt mille moutons. C'est ainsi que le roi et tout le peuple inaugurèrent le temple de Dieu. Et les prêtres^ étaient placés à leurs postes, ainsi que les Lévites, avec les instruments de la musique de l'Éternel, que le roi David avait fait faire pour chanter le Gloire à VElernely car sa grâce dure à jamais, que David les avait chargés de chanter, et les prêtres sonnaient des trompettes en face d'eux et tous les Israélites se tenaient debout. Et Salomon consacra* Tintérieur de la cour qui est en face du temple; car c'est là qu'il dut offrir les holocaustes et les parties grasses des victimes pour actions de grâces, parce que Tautel d'airain que Salomon avait fait ne pouvait contenir les holocaustes et les offrandes et les parties grasses. ** Telle fut la fête que Salomon fit en ce temps-là, pendant sept jours, et tout Israël avec lui, une très-grande assemblée depuis les abords de Ilamat jusqu'à la rivière d'Egypte. Et le huitième jour ils firent une réunion solennelle, car pendant sept jours ils avaient fait l'inauguration de l'autel, et la fête pendant sept autres jours ^. Et le vingt-troisième jour du septième mois il congédia le peuple et le renvoya chez lui, joyeux et content, en vue du bien que l'Éternel avait fait à David et à Salomon, et à Israël son peuple. "Lorsque Salomon eut achevé^ la maison de l'Éternel et le palais royal, et tout ce qu'il lui était venu à l'esprit de faire dans la maison de l'Éternel et dans sa propre maison, et qu'il l'eut terminé heureusement, l'Éternel lui apparut pendant la nuit et lui dit : J'ai exaucé ta prière et j'ai choisi ce lieu pour qu'il me soit un lieu de sacrifice. Si je ferme le ciel de manière qu'il n'y ait point de pluie, et si je commande à la sauterelle de brouter la terre, ou que

1 Voyez la note sur chap. V, 13.

2 1 Rois VIII. 62.63.

3 Ce verset est une addition propre à notre auteur.

•î 1 Rois VIII, 64 suiv.

^' Voyez la note sur 1 Rois VIII, 66. La fOte des tabernacles se célébrait régulièrement du 15 au 21 du 1* mois; le 22" était celui do la réunion solennelle ou finale, les huit jours précédents, du 8* au 14*, avaient été consacrés oxtraordinairement à l'inauguration du temple. Tel est le sens parfaitement clair do noire texte. Celui du Livre des Rois lest beaucoup moins.

6 1 Rois IX, 1 suiv. Le commencement du discours de Jéhova est autre que dans ce texte et puise ses motifs dans ce que nous avons lu ci-dessus, cbap. VI. 26, 28,40. La coïncidence reparaît au v. 17. Comp. 1 Rois IX, 4.

j'envoie la peste contre mon peuple, et que mon peuple, qui se nomme d'après mon nom, s'humilie et prie et recherche ma face, et qu'ils se détournent de leurs mauvaises voies, moi aussi je les exaucerai du haut des cieux, je leur pardonnerai leur péché et je restaurerai leur pays. Désormais mes yeux seront ouverts et mes oreilles attentives à la prière venant de ce lieu-ci. A. présent j'ai choisi et consacré cette maison, afin que mon nom y reste à jamais et que mes yeux et mon cœur y soient toujours. Et si toi tu marches devant moi comme David ton père a marché, et de manière à faire tout ce que je t'ai ordonné, et à garder mes lois et commandements, j'établirai le trône de ta royauté, comme j'en ai fait le pacte avec ton père David, en disant : Tes enfants ne cesseront de régner sur Israël. Mais si vous veniez à vous détourner, et à abandonner mes lois et les statuts que je vous ai prescrits, et que vous alliez servir d'autres dieux et vous prosterner devant eux, je les arracherais de mon sol que je leur ai donnée et la maison que j'ai consacrée à mon nom, je la rejetterais loin de moi et j'en ferais la fable et la risée de tous les peuples. Et cette maison, qui a été si haute pour tout passant *, — il sera stupéfait et dira : Pourquoi lahcwch en a-t-il agi ainsi avec ce pays et avec cette maison ? Et l'on dira : C'est parce qu'ils ont abandonné le dieu de leurs pères, qui les avait retirés du pays d'Egypte, et qu'ils se sont attachés à d'autres dieux, et les ont adorés et se sont prosternés devant eux : voilà pourquoi il a amené sur eux tous ces malheurs.

' Au bout de vingt ans, quand Salomon eut bâti la maison de l'Éternel et sa maison à lui, il bâtit aussi les villes que Houram lui avait données et y établit des Israélites '. Et Salomon marcha contre Hamat de Çobah et s'en empara. Il bâtit Tadmor dans le désert, et tous les lieux à magasins qu'il bâtit à Hamat. Il bâtit aussi Hèt- Horôn-le-haut et Bèt-IIorôn-lc-bas, en en faisant des places fortes à murailles, portes et verroux, et Ba'alat, et tous les lieux aux

1 Traduction littérale d'un texte évidemment fautif. Le passage parallèle 1 Rois IX, 8, tout en offrant un autre sens, est également douteux.

* Il est impossible do ne pas voir que ceci correspond à la note insérée 1 Rois IX, 10, avec cette importante différence, que notre texte dit tout juste le contraire de Tautre. C'est qu'aux yeux de la postérité la gloire de Salomon et son étonnante richesse traditionnelle a dû effacer des faits du genre do ceux mentionnés dans l'autre source et permettre de les travestir. Cela se voit surtout par l'assertion assez singulière que Salomon a dû bâtir et peupler des villes que le roi de Tyr lui aurait données. Ordinairement on combine les deux textes en supposant un échange, mais ce serait chose curieuse que chacun des deux narrateurs n'eût rapporté que la moitié do la transaction .

magasins qu'il avait^ et tous les lieux aux équipages, et les lieux aux chevaux de selle, et en général tout ce qu'il avait désiré, tout ce qu'il lui avait plu de construire^ soit à Jérusalem, soit au Liban^ et dans toute l'étendue de son royaume. Tout ce qui restait de la population des Ilittites, des Émorites, des Perizzites, des Qiwwites, et des lebousites, tout ce qui n'était pas israélite, leurs descendants qui étaient restés après eux dans le pays, et que les Israélites n'avaient point fait périr, Salomon en fit des levées pour la corvée, et cela a duré jusqu'à ce jour. Mais d'entre les Israélites, Salomon ne fit point de serfs pour ses travaux; mais ceux-ci furent ses gens de guerre^ et les capitaines de ses satellites, et ses maîtres aux équipages et ses cavaliers. Et voici quels étaient les chefs préposés, qu'avait le roi Salomon : il y en avait deux cent cinquante qui commandaient la massée Et quant à la fille de Pharaon, Salomon la fit monter de la cité de David à la maison qu'il lui avait bâtie, car il dit : Une femme à moi ne demeurera pas dans la maison de David, le roi d'Israël, car celle-ci est sacrée, l'arche de laheweh y étant entrée'.

** Alors Salomon offrit des holocaustes à l'Éternel sur l'autel qu'il avait bfiti en face du vestibule ; et on les offrait avec ce qui revenait à chaque jour, selon la loi de Moïse, aux sabbats, aux nouvelles lunes et aux grandes fêtes, trois fois par an, lors de la fête des pains azymes, et de la fête des semaines, et de la fête des tabernacles ^ Et il établit d'après l'arrangement de son père David, les classes des prêtres dans leur ministère, et les Lévites dans leurs fonctions, pour chanter et pour servir en présence des prêtres, selon l'office de chaque jour, et les portiers selon leurs classes aux diverses portes; car tel était l'arrangement de David, de l'homme

^ Ce morceau correspond à 1 Rois IX^ 17-23. Il y u cependant à signaler quelques différences : 1° La conquête de Çobah et de Haraat (en Syrie) par Salomon n'est pas mentionnée dans le livre des Rois, comp. surtout 1 Chron. XVIII. 2° Tadmor est ici positivement la ville de Palmyre au désert, située entre Damas et l'Euphrate, sur la route des caravanes. d<* La nomenclature dos villes fortifiées par Salomon n'est pas tout à fait la mSme que dans l'autre texte. 4° Le chiffre du dernier verset ne donne que la moitié du nombre indiqué par ce môme texte, et la phrase elle-même est tronquée.

^ On remarquera que notre auteur n'a pas encore mentionné la fille de Pharaon (1 Rois III, 1; IX, 16, 24.) Sa compilation est ainsi incomplète et même inintelligible à force de brièveté. D'ailleurs l'explication qu'il ajoute est assez singulière, puisque nous savons que la princesse égyptienne avait habité assez longtemps la maison de David où se trouvait le tabernacle avant la construction du temple.

3 Amplification de 1 Rois IX, 25. L'auteur aime à s'arrêter à tout ce qui concerne le culte. Il veut dire que du jour où les constructions furent achevées, le service fut organisé d'après les prescriptions do la loi et ne cessa plus d'être fait régulièrement.

2 aiRONlQUE VIII, 15-18. IX, 1-8. 139

de Dieu*. On ne s'écarta en rien de rarrangement de ce roi, à regard des prêtres et des Lévites, ainsi qu'à l'égard des provisions. Et tous les travaux de Saloraon se trouvèrent organisés à cette époque^ depuis la fondation de la maison de rËternel jusqu'à son achèvement. La maison de l'Éternel était terminée^.

*' Alors Salomon alla à *Éçyon-G'éber et à Élot, sur le bord de la mer dans le pays d'Édom. Et Houram lui envoya par ses gens des vaisseaux et des gens connaissant la mer, et ils abordèrent en Ofir, avec les gens de Salomon, et ils en emportèrent quatre cent cinquante talents d'or qu'ils rapportèrent au roi Salomon ^

* La reine de S'ebâ *, ayant entendu la renommée de Salomon, vint éprouver Salomon par des énigmes, à Jérusalem, avec une très-grande suite, et des chameaux portant des aromates et de l'or en quantité et des pierres précieuses, et elle vint chez Salomon et lui parla de tout ce qu'elle avait sur le cœur. Et Salomon répondit à toutes ses questions ; il n'y avait rien de caché pour Salomon qu'il ne lui dit. Et la reine de S'ebu^ voyant la sagesse de Salomon, et la maison qu'il avait bâtie, et les provisions de sa table, et le logement de ses serviteurs, et l'appartement de ses officiers, et leurs costumes, et ses échansons* et leurs costumes, et son pavillon*^ qu'il avait mis sur la maison de l'Éternel, fut toute hors d'elle, et dit au roi : C'était bien la vérité, ce que j'ai entendu dans mon pays, au sujet de tes affaires et de ta sagesse. Et je n'en croyais pas leurs rapports, jusqu'à ce que, étant venue, j'aie vu de mes propres yeux, et voilà qu'on ne m'avait pas dit la moitié de la grandeur de ta sagesse : tu dépasses la renommée que j'ai entendue. Heureux tes gens et heureux tes serviteurs que voici, qui se trouvent toujours en ta présence et qui entendent ta sagesse ! Béni soit laheweh ton Dieu, qui a bien voulu te mettre sur le trône, comme

1 1 Chron. XXIII ; XXIV ; XXVI.

« 1 Rois IX, 25.

3 1 Rois IX, 26-28. Notre auteur fait aller Salomon lui-même à Ëlot ; il donne un autre chifiTre pour la quantité d'or ; enGn il parle do vaisseaux envoyés par le roi de Tyr à la mer rouge (par terre ? ou par le Cap?). Sans doute il n'y a pas lieu d'insister sur une expression probablement inexacte.

4 1 Rois X, t suiv.

^ C'est ainsi qu'il faut traduire ici, à cause des costumes dont il est parlé.

^ Ceci est probablement une faute de copiste [il n'y a qu'une lettre de trop) qui

doît être corrigée d'après le texte du livre des Rois. Un pavillon, ou étage supérieur

du temple, n'est pas mentionné ailleurs ; et en tout cas il y aurait eu autre cliose ù admirer au temple que ce pavillon seul.

roi, pour lîihewch ton Dieu * ! C'est parce que ton Dieu aime Israël, pour le couserver à jamais, qu'il t'a établi roi sur eux, pour faire droit et justice ! ^ Et elle donna au roi cent vingt talents d'or, et des aromates en grande quantité et des pierres précieuses : il n^ avait jamais eu autant d'aromates ^ que la reine de S'ebà en donna au roi Salomon. (Les gens de llouram et les gens de Salomon qui rapportaient de Ter d'OfIr, apportaient aussi du bois de sandal et des pierres précieuses, et de ce bois de sandal le roi fit faire des escaliers^ pour le temple et pour le palais royal, ainsi que des luths et des guitares pour les chantres : on n'avait rien vu de pareil auparavant dans le pays de Juda.) Et le roi Salomon donna à la reine de S'ebâ tout ce qu'elle désira et demanda, outre ce qu^ellc avait apporté au roi * ; et elle repartit et s'en retourna dans son pays, elle et sa suite.

"Le poids de l'or* qui rentrait à Salomon en une année était de six cent soixante-six talents d'or, outre les impôts des marchands; et les négociants apportaient, et tous les rois d'Arabie, ainsi que les gouverneurs des pays, apportaient de l'or et de l'argent à Salomon ®.

** Le roi Salomon fit encore faire deux cents grands boucliers d'or battu ; sur chaque bouclier il fit mettre six cents sicles d'or battu ; de plus, trois cents petits boucliers d'or battu, et sur chacun trois cents sicles d'or. Et le roi les fit déposer dans le palais du Bois- Liban. Et le roi fit faire un grand trône en ivoire et le fit revêtir d'or pur. Il y avait six marches à ce trône, et un marche-pied en or, tout cela attaché au trône ' ; des deux côtés il y avait des bras attenant au siège, et deux lions étaient placés à côté des bras ; et douze lions y étaient placés sur les six marches des deux côtés. Il n'existait rien de pareil dans aucun royaume. Et tous les vases du buffet du roi Salomon étaient d'or, et tous les vases du palais du Bois-Liban étaient d'or fin ; rien n'était d'argent : on ne le comptait

ï Au point de vue théocratiquo (auquel se place le rédacteur de ce discours), Jéhova est le vrai roi d 'Israël, Salomon occupe le trône de ce Dieu, en qualité de lieutenant.

2 A Jérusalem.

3 Voyez la note sur 1 Rois X, 12.

^ Cette phrase est assez singulière ; l'auteur aurait-il voulu insinuer que Salomon a rendu les cadeaux que la reine lui avait faits ? En tout cas il ne dit pas : plus qu*elle n'avait apporté. Comp. 1 Rois X, 13.

^^ 1 Rois X, 14 suiv.

0 Toute cette phrase, traduite à la lettre, sauf une seule conjecture, fait voir (plu9 clairement encore que l'autre rédaction) que le texte est fautif.

" Sens plus que douteux d'un texte probablement corrompu. Comp. 1 Rois X. 19.

2 CHRONIQUE IX, 21 -3l. X, 1, 2. 141

pour rien du temps de Salomon. Car le roi avait des vaisseaux qui allaient à Tars'is' • avec les gens de Houram ; une fois en trois ans les vaisseaux de Tars'is' venaient chargés d'or et d'argent, d'ivoire, de singes et de paons.

•* Le roi Salomon ' devint plus grand que tous les rois de la terre eu richesse et en sagesse. Et tous les rois de la terre cherchaient à se faire admettre en la présence de Salomon, pour entendre la sagesse que Dieu lui avait mise dans le cœur. Et chacun lui apportait son présent, des vases d'argent et d'or, et des manteaux, des armes et des aromates, des chevaux et des mulets, année par année.

'* Salomon avait quatre mille attelages de chevaux de trait et des équipages, et douze mille chevaux de selle % et il les fît mettre dans les lieux aux équipages et près du roi à Jérusalem ♦. Et il régnait sur tous les rois, de l'Euphrate au pays des Philistins, et jusqu'à la frontière de TÉgypte*. Et le roi rendit l'argent à Jérusalem aussi commun que les pierres, et les cèdres pareils en nombre aux sycomores de la plaine ^. Et l'on amenait à Salomon des chevaux d l'Egypte et de tous les pays.

"Le surplus des histoires de Salomon, du commencement à la fin% est écrit en détail dans les histoires du prophète Natan^, et dans la prophétie d'Aliiyah le S'ilonite, et dans l'oracle du prophète lé edi contre larobe'am le fils de Ncbat. Salomon régna quarante ans à Jérusalem sur tout Israël. Et quand il se fut endormi avec ses pères, on l'enterra dans la cité de son père David, et son fîls Rebabc*am devint roi à sa place.

' Retiabc'am se rendit à S'ekém \ car c'est à S'ekém que tout Israël venait pour le reconnaître comme roi. Or, quand larobc'am le fils de Ncbat l'eut appris — il était eu Egypte, où il s'était

• Cette note, comparée ù ce que dit le passage parallèle 1 Rois X, 22^ prouve que i auteur a compris le fait autrement que nous ne l'avons expliqué.

2 1 Rois X, 23 suiv.

3 1 Rois V, 6; comp. X, 26.

•*2 Chron. 1,14.

5 1 Rois V, 1.

G 1 Rois X, 25 suiv. Les mêmes notices se sont déjà trouvées ci-dessus, chap. 1, î o suiv. Cette répétition s'explique par le genre de travail que le conipilutcur s'est ^Hiposé.

T Comp. 1 Rois XI, 41 suiv. L'auteur a laissé de côté tout ce qui pouvait jeter de l'ombre sur le portrait de Salomon, notamment le contenu de 1 Rois II et XI.

^ Voir rintroduction, page 27 suiv.

w 1 Rois XII. 1 suiv.

réfugié pour échapper au roi Salomon * — larobe'am revint d'Egypte ; et on envoya l'appeler, et larobe'am et tous les Israélites vinrent s'adresser à Rctiabe'am en ces termes : Ton père nous a rendu le joug dur ; allège maintenant cette dure servitude et le joug pesant que ton père nous a imposé, et nous voulons te servir. Et il leur répondit : Revenez auprès de moi dans trois jours. Et le peuple se retira. Alors le roi Re^jiabe'am consulta les vieillards qui avaient été au service de son père Salomon, pendant sa vie, en disant: Comment me conseillez-vous de répondre à ces gens ? Et ils lui parlèrent en ces termes : Si tu es bon et complaisant pour ces gens, et que tu leur répondes en leur donnant de bonnes paroles, c'est qu'ils te seront soumis pour toujours. ^ Mais il négligea le conseil que ces vieillards lui donnaient, et il consulta les jeunes gens qui avaient grandi avec lui et qui étaient à son service, et leur dit : Et vous, que me conseillez-vous de répondre à ces gens qui m'ont tenu ce propos : Allège le joug que ton père nous a imposé ? Et les jeunes gens qui avaient grandi avec lui, lui parlèrent en ces termes : Voici ce que tu diras aux gens qui t'ont tenu ce propos : Ton père a rendu notre joug pesant, or toi, allège-le I Voici ce que tu leur diras : Mon petit doigt est plus gros que le corps de mon père ; or, mon père vous a imposé un joug pesant, et moi je le rendrai plus pesant encore ; mon père vous a châtiés avec des fouets: pour moi, ce sera avec des scorpions. *^ Cependant Iarobe*am et tout le peuple revinrent auprès de Rebabe'am le troisième jour, selon l'ordre du roi qui leur avait dit : Revenez auprès de moi le troisième jour. Et le roi Re^iabe'am leur répondit avec dureté ; il négligea le conseil des vieillards, et leur parla d'après le conseil des jeunes gens en disant : Mou père a rendu votre joug pesant, et moi je ferai plus ; mon père vous a châtiés avec des fouets, pour moi, ce sera avec des scorpions. Et le roi n'écouta point le peuple, parce que c'était une dispensation de la part de Dieu, pour que l'Éternel ratifiât la promesse qu'il avait faite par l'organe d'Ahiyah le S'ilonite, à larobe am le fils de Nebat. Alors tout le peuple d'Israël ayant vu que le roi ne les écoutait point, répondit au roi en criant : Quelle part avons-nous à David ? Nous n'avons rien de commun avec le fils de Yis'aï I A vos tentes, Israélites, tous ! Regarde désormais à ta propre maison David ! Et tous les Israélites s'en allèrent chez eux. Quant aux Israélites qui demeuraient dans les l)Ourgs de Juda, Rebabe'am fut leur roi. Cependant le roi Rehabe*am leur envoya Hadoram, le préposé aux corvées; mais les Israélites l'assommèrent à coups de

^ On remarquera que la Chronique n'a pas mentionné ces détails dans la narration précédente.

pierres et il en mourut, et le roi Rehabe'am s'empressa de monter clans son char pour se réfugier à Jérusalem. Voilà comment s'est faite la défection d'Israël à l'égard de la maison de David, jusqu'à ce jour*.

* Cependant lorsque Rehabe'am fut arrivé à Jérusalem ^ , il rassembla toute la maison de Juda et de Benjamin, au nombre de cent quatre- vingt mille guerriers, pour combattre Israël, à l'efTet de reconquérir le royaume pour Rebabe'am. Mais la parole de l'Ëternel fut adressée à S'emayahou, Thomme de Dieu, en ces termes: Parle à Re))iabe'am, le fils de Salomon, le roi de Juda, et à tous les Israélites de Juda et de Benjamin, et dis : Ainsi ordonne l'Éternel : Vous ne vous mettrez point en route pour combattre vos frères I Retournez chez vous, car c'est par ma volonté que tout cela est arrivé. Et ils écoutèrent les paroles de l'Éternel, et ils s'en retournèrent, au lieu de marcher contre larobe'am.

* Re))iabe'am ' résidait à Jérusalem, et il construisit des villes en Juda, pour en faire des forteresses. Il construisit Bèt-Lébem, *Êtam, Teqôa*, Bêt-Çour, Sôko, *Adoullam, Gat, Marés'ah, Zif, Adoraïm, Lakîs', 'Azéqah, Çore'ah, Ayyalôn et ^ébrôn, toutes situées en Juda et en Benjamin *, de manière à en faire des places fortes. Et il rendit ces places bien fortes et y mit des commandants, et des provisions de vivres, d'huile et de vin, et dans chacune de ces villes des boucliers et des lances ; et les rendit ainsi extrêmement fortes. Et Juda et Benjamin lui appartenaient.

"Cependant les prêtres et les Lévites qui se trouvaient en Israël vinrent de toutes parts se ranger de son côté*. Car les Lévites

1 La note finale, 1 Rois XII, 20, relative à la proclamation do larobo^am comme roi dlsraël, est omise ici.

« 1 Rois XII, 21 suiv.

3 Le morceau qui suit est étranger au livre des Rois.

•* De tous ces endroits il n'y a que Çore'ah et Ayyalôn qui puissent être attribués au territoire de Benjamin ; encore étaient-ce proprement des établissements de Danites (Jos. XIX, 41 suiv.]. Tous les autres noms appartiennent à Juda, et sont situés à l'ouest ou au sud de Jérusalem. Ces fortifications étaient donc plutôt construites en vue d'un ennemi venant de l'Egypte que contre Ëpbraîm. Gat, ville des Philistins, avait été conquise par David, 1 Chron. XVIII, 1 . Cependant sous Salomon nous y trouvons on roi indigène, 1 Rois II, 39. 11 y a donc ici une lacune dans notre savoir historique. (Pour les autres noms, voyez par ex. Jug. XV, 8. 1 Sam. XVII, 1; XXII 1; XX\1, 1 8s. 2 Sam. II, 1 suiv. ; XIV, 2; XXIII, 13 suiv., et en général l'histoire de David.)

^ On peut mettre ce fait en rapport avec ce que racontait le livre des Rois, chap. XII, 31: XIII, 33. Le récit cependant n'est pas rigoureusement exact et se met à un

144 2 CHROxNIQUE XI, 14-23.

abandonnèrent leurs terres et leur propriété et passèrent en Juda et à Jérusalem, car larobe'am et ses fils les avaient destitués de leurs charges de prêtres de TÉternel, et il s'était constitué des prêtres pour les hauts-lieux, et pour les boucs et pour les taureaux qu'il avait faits. Et à leur suite, de toutes les tribus d'Israël, ceux qui avaient à cœur de chercher l'Éternel, le Dieu d'Israël, vinrent à Jérusalem, pour y sacrifier à TÉternel, le Dieu de leurs pères. Et ils fortifièrent le royaume de Juda et affermirent Rebabe am, le fils de Salomon, pendant trois ans ; car ils suivirent les voies de David et de Salomon pendant trois ans*.

**Rehabe*am prit pour femme Ma^alat fille de lerimot, fils de David, ' [et c/'] Abihaïl fille d'Éliab, fils de Yis'aï \ Elle lui enfanta ses fils Ie*ous', S'emaryah et Zaham. Et après elle il prit Ma*akah fille d'Abs'alom % et celle-ci lui enfanta Abiyah, 'Attaï, Zizâ et S'elomît. Et Rehabe'am aimait Ma'akah^ la fille d'Abs'alom, plus que toutes ses autres femmes et concubines, car il avait pris dix -huit femmes et soixante concubines, et il engendra vingt-huit fils et soixante filles. Et Rel.iabe'am constitua Abiyah, le fils de Ma'akah, comme chef et prince entre ses frères, car il le destinait à devenir roi. Et d'entre ses iils, il en établit prudemment de côté et d'autre dans les différents districts de Juda et de Benjamin, dans les places

point do vue plus moderne: 1" on distinguant los prêtres et les lévites, distinction inconnue à cette époque ancienne ; 2° en parlant en même temps des fils de larobe*am, par lesquels il faut sans doute entendre toute la série de ses successeurs ; S** en imputant ù ce même roi le culte des boucs ^ terme qui plus tard servait de sobriquet pour désigner, soit les faux dieux en général, soit dos démons malfaisants dont la superstition vulgaire peuplait le désert.

^ L'auteur veut parler peut-être non de simples pèlerinages accidentels, mais d'uno véritable émigration. L'un comme l'autre fait pouvait contribuer à la consolidation dix petit royaume de Juda. Quant aux Uois ans, nous devons supposer que plus tard les choses cliangôrent. Voy. chap. XII, 1.

3 Les détails sur la famille de Hebabo'am, qu'on lit ici, ne se trouvent que dans le livre des Chroniques. — Par les crochets nous indiquons une correction à faire au texte où le nom d'Abibaïl n'est rattaché à ce qui précède ni par une préposition, ni par une conjonction. Il faut de toute nécessité que cette personne ait été, non une seconde femme de Rebabc'am, mais la mère de celle qui était nommée d'abord. En effet, elle était la nièco de David, fillo du frère aîné de ce roi, et probablement beaucoup plui ûgée que Salomon, père de Reliabe'am. Si lerîmot a été (ils de David, ReJ^abe'am A épousé sa cousine. lerîmot, n'étant pas nommé ailleurs (1 Chron. III) parmi les fils dd David, doit avoir été l'un de ses bâtards (ibid., v. 9).

^ Autre cousine, s'il s'agit du fumeux Abs'alom. Mais d'après 2 Sam. XIV, 27, celui-ci n'aurait eu qu'une fille nommée Tamar.

2 CHRONIQUE XI, 23. XII, i-l2. 145

fortes^ et pourvut amplement à leur nourriture et demanda pour eux une multitude de femmes ^

* Cependant lorsque la royauté de Rehabe'am fut affermie et fortifiée, il abandonna la loi de TÉternel, et tout Israël avec lui'. Et en la cinquième année du roi Rehabe*am, S'îs'aq roi d'Egypte vint attaquer Jérusalem, parce qu'on y était devenu infidèle à rÉternel. Il vint avec douze cents chars et soixante mille chevaux, et une armée innombrable d'Égyptiens, de Lybiens, de Soukkiens'* et d'Éthiopiens. Et après avoir pris les villes fortes de Juda, il arriva devant Jérusalem. Alors le prophète S'emayah se présenta devant Rehabe'am et les chefs de Juda qui s'étaient rassemblés à Jérusalem, en se retirant devant S'îs'aq ; et il leur dit : Voici ce que dit l'Éternel : Vous m'avez abandonné, et moi aussi je vous abandonne aux mains de S'îs'aq. Alors les chefs d'Israël, ainsi que le roi, s'humilièrent et dirent : lahewch est juste ! Et lorsque l'Éternel vit qu'ils s'étaient humiliés, la parole de l'Eternel fut adressée à S'emayah en ces termes : Ils se sont humiliés, je ne veux pas les perdre ; je leur ménagerai tantôt une issue favorable, et mon courroux ne se déversera pas sur Jérusalem par la main de S'is'aq. Cependant ils seront ses sujets, afin qu'ils apprennent ce que c'est que d'être sujet à moi, ou d'être sujet des rois étrangers*. ^ Et S'is'aq, le roi d'Egypte, attaqua Jérusalem, et s'empara des trésors de la maison de l'Éternel et des trésors de la maison du roi; il enleva tout, et prit aussi les boucliers d'or que Salomon avait faits. (Et à leur place, le roi Rebabe'am fit des boucliers d'airain, et les confia aux mains des capitaines des coureurs qui gardaient la porte de la maison du roi. Et toutes les fois que le roi se rendait à la maison de l'Eternel, les coureurs venaient et les emportaient, et les rapportaient à leur corps de garde ^.) Mais comme il s'était humilié, la colère de l'Éternel se

I En d'autres termes : il les établit splendidement. Un nombreux harem est un élément de luxe royal. C'est le père qui fait la demande quand il s'agit de mariage. La prudence du roi consistait à s'assurer les places fortes en en donnant le commandement à ses fils; peut-être aussi à leur donner do gros apanages (chap. XXI, 2) pour les désintéresser.

* On peut comparer ici le récit plus sommaire» 1 Rois XI V^ 22 suiv.

' Peuple inconnu de l'Afrique et qui n'est nommé que dans ce seul endroit. Les Septante disent Troglodytes.

^Litt. : rois âe$ pays. Mais les pays sont toujours opposés au pays par excellence, dont Jéhova se disait le roi. C'est cette antithèse qu'il fallait exprimer.

^ L'auteur continuant son récit sur l'cxpédilion du roi égyptien, la note concernant les boucliers d'airain doit être mise en parenthèse, car elle anticipe sur la suite de l'histoire.

A. T. 4« part. 10

détourna de lui, pour ne pas le perdre totalement, et dans Juda aussi il y avait encore de bonnes choses *.

'^Cependant le roi Rc\iabc*am se fortiiia à Jérusalem et continua à régner, car ' il avait été âgé de quarante et un ans quand il devint roi, et il régna dix-sept ans à Jérusalem, dans la ville que rÉternel avait choisie parmi toutes les tribus d'Israël pour y établir sou nom. Sa mère se nommait Na*amah et était 'Ammonite. Et il fit ce qui était mauvais, parce qu'il ne s'était point appliqué à rechercher rÉternel.

*^ Les histoires de Ref^abe'am, du commencement a la fin, sont décrites en détail dans les histoires du prophète S'emayah et du prophète *Iddo, aux généalogies % et les guerres de Rebabc*am et de Iarobc*am duraient tout ce temps. Et Rebabe*am s'étant endormi avec SCS pères, il fut enterré dans la cité de David, et son fils Abiyah* devint roi à sa place.

' Ce fut dans la dix-huitième année du roi Iarobe*am qu'Âbiyah devint roi sur Juda. Il régna trois ans à Jérusalem et le nom de sa mère était Mikayahou fille d'Ouriël de G'ibe'ah *. Et il y avait guerre entre Abiyah et larobe'am. Abiyah ^ entra en campagne avec une armée de guerriers, au nombre de (luatre cent mille hommes d'élite, et larobc'am se rangea en bataille contre lui avec huit cent mille

I Lo sens est que Dieu, en vue du repentir du roi et des éléments sains qui so trouvaient dans la nation, ne permit pas que S'is'aq détruisit la ville, mais fit en sorte qu'il so contenta du pillage.

s Ici l'auteur reprend lo toxto du livre des Rois XIV, 21 . La conjonction car s'explique par ce fait que raffoire do S'îs'aq était arrivée en la 5* année du règne de Rcbabc'am et qu'il venait d'êtro dit qu'il régna encore au delà de cette époque.

3 Voyez sur tout ceci l'introduction, page 27 suiv.

*i Le livre des Rois nomme ce roi Abiyam. La présente forme est assez usitée et d'uno signiQcation simple et convouable : lahweh est mon père. Nous ne saurions dire si l'autre leçon est authentique et, dans ce cas, d'où viendrait la dilTérence, ou bien si elle est le produit de quelque erreur. — On remarquera la contradiction avec chap. XI, 4, relativement eux guerres avec Ephraïm.

^ Comp. le texte correspondant, 1 Rois XV, où la mère d'Abiyah s'appelle tout autrement. Comme on donne ù ce roi une femme du même nom que sa mère (ibid., V. 10), il est fort probable qu'il y a une confusion dans le livre des Rois, et notre relation pourrait bien Gtre la plus exacte. Mais notre autour môme avait donné une notice diiTéronto, ci-dessus, chap. XI, 20.

<^ Versets 3-21, morceau étranger au livre dos Rois.

hommes d'élite *. Et Abiyah, posté sur la hauteur de Çemaraïm \ qui est dans les montagnes d'Éphraïm^ se mit à dire : Écoutez-moi, larobe'am et tout Israël! Ne devriez-vous pas savoir que laheweh, le Dieu d'Israël, a donné à David la royauté sur Israël à tout jamais, à lui et à ses descendants, par un pacte sacré ^? Et larobe'am, le fils de Nebat^ un sujet de Salomon iils de David, se leva et se révolta contre son maître ; et il se rassembla autour de lui des gens de rien, des misérables, qui se liguèrent contre Rebabe'am le (ils de Salomon, et Reliabeam était un jeune homme ^ sans courage qui ne sut pas leur résister. Et maintenant vous prétendez résister à la royauté de laheweh confiée aux mains des fils de David^ et vous êtes une grande multitude, et vous avez pour vous les taureaux d'or que Iarobe*am vous a faits pour être vos dieux ^ I Hé bien I vous avez chassé les prêtres de laheweh, les fils d'Aharôn et les Lévites ; et vous vous êtes fait des prêtres à Tinstar des païens I Quiconque vient, pour recevoir cette charge, avec un jeune taureau et sept béliers, il devient prêtre de ces prétendus dieux ^ ! Quant à nous, laheweh est notre Dieu, et nous ne Tavons point abandonné''; les prêtres qui le servent sont des descendants d'Âharôn ; ce sont des Lévites qui fonctionnent, soit en faisant fumer pour laheweh les holocaustes, chaque matin et chaque soir, soit en brûlant Tencens odoriférant, et en exposant les pains sur la table pure, et en allu-

^ Douze cent mille jeunes gens sous les annes pour un pays dont la superllcie, en partie montagneuse ot en friche^ n'égalait pas celle de cinq départements de la France ! Le nombre restera suspect, qu'on traduise comme nous l'avons fait, ou qu'on mette : jeunes guerriers.

^ Localité inconnue, probablement près des frontières.

3 Litt. : par un pacte au sel. Probablement le sel servait de symbole dans les traités d'alliance, comp. Nombr. XVIII, 19.

4 Voyez la note sur 1 Rois XII, 8.

*> II va sans dire que cela est dit ironiquement. — Le discours du reste se caractérise Surtout par ce qu'il insiste sur la présence des prêtres et do leurs trompettes, ainsi ^ue sur la stricte observation des rites liturgiques comme compensation de ce qui tuanque an nombre des guerriers. Ce secours semble être rangé sur la même ligno que Celui venant directement de Jéhova.

^ Les païens (des pays environnants) n'avaient point de caste sacerdotale particu- Uère. Le premier venu pouvait présider aux rites sacrés, pourvu qu'il se fît recevoir %ii moyen d'un sacrifice d'installation. Ce qui est dit ici de ce sacrifice présente Quelque analogie avec le rite mosaïque, Exode XXIX.

"ï Comp. 1 Rois XV, 3, où on lit tout juste le contraire. On pourrait objecter que l'ancien texte parlait de la valeur morale de ce roi, tandis qu'ici il se vante seulement de respecter les formes du culte. Mais la victoire éclatante et miraculeuse qu*il remporte, fait écarter cette distinction.

mant chaque soir le candélabre d'or avec ses lampes ; car nous, nous observons les rites de notre Dieu, tandis que vous, vous Tavez abandonné. Voyez donc, à notre tête nous avons Dieu et ses prêtres, et les trompettes d'alarme pour sonner la charge contre vous. Israélites I n'allez pas combattre le dieu de vos pères, car vous ne vaincrez point I

" Cependant larobe'am fit tourner l'embuscade de manière à la diriger sur leurs derrières; il y en avait en face de Juda, et l'embuscade était sur leurs derrières*. Et quand ceux de Juda regardèrent autour d'eux, voilà qu'ils étaient attaqués par devant et par derrière; alors ils invoquèrent l'Éternel, et les prêtres firent retentir leurs trompettes. Et ceux de Juda poussèrent le cri de guerre, et quand les cris de ceux de Juda retentirent, Dieu frappa larobe'am et tout Israël devant Abiyah et Juda'. Et ceux d'Israël prirent la fuite devant ceux de Juda, et Dieu les livra entre leurs mains. Et Âbiyah et ses troupes en firent un grand carnage et le nombre des morts du côté d'Israël fut de cinq cent mille combattants^. En ce temps-là ceux d'Israël furent humiliés, et ceux de Juda devinrent forts, car ils s'appuyaient sur l'Éternel, le dieu de leurs pères. Cependant Abiyah poursuivit larobe'am et lui enleva des villes, Bêt-El et ses dépendances, les'anah et ses dépendances, 'Éfron et ses dépendances*. Et larobe'am ne reprit plus de forces pendant la vie d'Abiyah, et l'Éternel l'ayant frappé, il mourut*.

1 Cette description n'est pas bien claire. L auteur veut dire sans doute que Iarobo*am divisa son armée en deux corps, dont l'un devait tourner l'ennemi, qui se trouva ainsi entre deux feux, comme nous dirions aujourd'hui.

^ Locution elliptique, pour dire que les Israélites, tout à coup saisis d'une terreur panique, prirent la fuite devant les Judéens.

3 On s'étonne ù juste titre qu'après une pareille victoire le vainqueur, à la tête do ses 400,000 hommes, encore intactSy n'ait pas songé à assujettir de nouveau les autres tribus qui auront dû être à bout do ressources, et sur lesquelles, tout a l'heure, il prétendait avoir des droits sacrés. Mais la solution de ce problème tient sans doute aux chiffres, si tant est que la critique doive s'en tenir à ceux-ci et ne pas aller plus loin.

'^ Ces conquêtes n'ont pas été bien durables. Car à quelques années de là, les Israélites étaient établis aux portes mêmes de Jérusalem, i Rois XV, 17. Les deux, dernières localités sont inconnues, mais ont dû se trouver dans le voisinage de BdUEl. Et que devint le taureau d'or de cet endroit? Il paraît pourtant avoir encore existé du temps du prophète Amos.

^ Cela doit dire qu'il mourut d'une mort subite ou de quelque maladie extraordinaire. Mais il y a lieu de rappeler qu'il no mourut que deux ans après Abiyah, 1 Rois XV, 9. En général, tout ce récit est de nature à soulever des doutes sérieux et semble être lo rcilet d'une tradition incertaine; ou même d une exagération arbitraire, '

-* Et Abiyahou devint puissant , et prit quatorze femmes , et engendra vingt- deux iils et seize filles. Et le reste des histoires d'Abiyah, et ses affaires et ses actes, sont consignés dans le Midras' du prophète 'Iddo'. Et Abiyah s'étant endormi avec ses pères, on Tenterra dans la cité de David et son fils Asâ devint roi à sa place ^. De son temps le pays fut en repos pendant dix ans.

* Asà fit ce qui est juste et droit aux yeux de FÉternel son Dieu. Il fit disparaître les autels étrangers et les hauts-lieux', et brisa les colonnes et mit en pièces les Astartés. Il recommanda à ceux de Juda de rechercher TÉternel, le dieu de leurs pères, et de pratiquer la loi et les commandements, et il fit disparaître de tous les bourgs de Juda les hauts-lieux et les obélisques *, et le royaume fut en repos sous lui. Il bâtit ^ des places fortes en Juda, comme le pays était en repos et qu'il n'y avait point de guerre contre lui pendant ces années-là, rÉternel lui ayant donné la paix. Et il disait à ceux de Juda : Bâtissons ces villes •, et entourons-les de murs, de tours, de portes et de verroux ; le pays est encore à notre disposition, parce que nous avons recherché notre Dieu ; nous l'avons recherché et il nous a donné la paix de tous côtés. Et ils bâtirent sans encombre. Asâ avait une armée de trois cent mille hommes de Juda, portant des lances et de grands boucliers, et de deux cent quatrevingt mille hommes de Benjamin , portant de petits boucliers et tendant Tare; tous braves guerriers'. * C'est contre eux que marcha

I Voyez rintroduction, page 27 suiv.

« Comp. 1 Rois XV, 8.

3 Pour faire accorder ceci avec 1 Rois XV, 14, il faudrait supposer que l'autre Source, en parlant de hauts-lieux, a eu en vue des lieux de culte où Ton sacrifiait a. Jéhova, tandis qu'ici il serait question de cultes païens. Mais comment accorder l'existence de ces cultes sous le règne du prédécesseur d'Asâ avec le pompeux discours do Celui-ci au chapitre précédent ? Disons donc plutôt que la Chronique efface de son chef Ce qui pouvait jeter de l'omhre sur ce règne, d'après son point de vue. Comp. aussi chap. XV, 17.

4 Colonnes érigées en l'honneur de Ba'al, symboles des rayons solaires.

^ Tout ce qui suit, jusqu'à chap. XV, 18, est étranger au livre des Rois.

^ Il s'agit de celles désignées d'une manière générale dans le verset précédent ; le ^ens est : fortifions-nous tandis que nous jouissons de la paix et que nous avons les ^^oadées franches.

'ïPour les chiffres, voyez chap. XIII, 3, 17. — D'après 1 Rois XV, 17, la plus grande partie du territoire de Benjamin était occupée par les Éphraîmites pendant un certain temps à l'époque d'Asû. Ce territoire d'ailleurs a eu tout au plus 25 à 30 lieues

carrées. Comp. aussi ci-dessous chap. XV J, 2, où la puissance d'Asâ est peinte avec

des couleurs çxtrêmement modestes.

Zcrah TÉthiopien, avec une armée d*un million d'hommes et trois cents chars, et il arriva jusqu'à Marés'ah*. Asâ s' étant avancé contre lui, il se rangèrent en bataille dans la vallée de Çefatah vers Marés'ah'. Et Asa invoqua Dieu et dit : laheweh ! nul autre que toi ne peut venir en aide au faible contre le grand ^; aide -nous, laheweh, notre Dieu! car c'est sur toi que nous nous appuyons, c'est en ton nom que nous avons marché contre cette multitude, laheweh, toi tu es notre Dieu! Qu'il ne soit pas dit qu'un mortel prévaut contre toi I ** Alors l'Éternel frappa les Éthiopiens devant Asâ et devant Juda ^, et les Éthiopiens prirent la fuite. Et Asâ et les troupes qu'il avait avec lui les poursuivirent jusqu'à G'erar, et il en périt tant, qu'il n'en resta pas *, car ils étaient écrasés devant l'Eternel et son armée, et l'on emporta un butin immense. Et Ton fit main basse sur tous les bourgs aux environs de G'erar, car la peur de l'Éternel les avait saisis, et on pilla tous ces bourgs, car il s'y trouva une grande quantité de butin ; et l'on fit aussi main basse sur les campements des troupeaux, et on emmena du bétail en masse, et des chameaux; puis on retourna à Jérusalem '.

* *Azaryahou fils de *Oded, poussé par l'esprit de Dieu, alla au devant d'Asà et lui dit' : Écoutez-moi, Asâ, et vous tous de Juda

1 Los modernes identifient ce conquérant avec le roi égyptien Osorkon, successeur de S'is'aq-Sesonchis (chap. XII, 2 suiv.). La désignation comme Éthiopien refflto inexpliquée avec cette combinaison.

2 Ces localités ne sont pas exactement déterminées encore ; cependant nous avons & les chercher au sud-ouest do Jérusalem (chap. XI, 8), et Ton peut supposer que la vallée en question débouchait sur la grande plaine des Philistins.

3 Litt. : entre le grand et le faible, ce qui revient à dire : faire pencher la balance en faveur de celui-ci.

4 Chap. XIII, 15.

^ La phrase hébraïque est arrangée de manière à parler à la fois d'un nombre relatif de morts d'entre les Éthiopiens, et de ruine totale. Cela doit sans doute exprimer une proportion excessive.

0 L'armée victorieuse, dans la poursuite des Éthiopiens, avait à traverser la plaine des Philistins ; elle profita do l'occasion et traita ceux-ci en ennemis, surpris qu'ils étaient par l'invasion imprévue de leurs voisins. G'erar était très-près du désert, par lequel on passe pour aller directement de Palestine en Egypte. Les campements de troupeaux nous mettent en présence de hordes de nomades arabes qui furent ainsi enveloppées dans la déconfiture générale.

'^ On ne voit pas d'abord quel est le but spécial du discours de ce prophète. Cependant la suite du récit semble indiquer qu'il voulait provoquer une purification complète du royaume ù Tégard dos cultes illégitimes. Mais plus l'auteur insiste sur les réformes d'Âsâ, faites après sa grande victoire, moins on comprend comment tant de choses restaient à fuiro après les dix années de repos du commencement de ce règne, et surtout après ce qui avait été raconté du règne précédent.

t de Benjamin! rÉternel a été avec vous, parce que vous avez été vec lui; si vous le recherchez, il se laissera trouver par vous, mais i vous Tabandonnez, il vous abandonnera. Pendant longtemps Israël été sans vrai Dieu, sans prêtre qui l'instruisît, et sans loi. Mais ans sa détresse il revint à l'Éternel, au dieu d'Israël ; ils le recherhèrent, et il se laissa trouver par eux. Et dans ces temps-là il n'y vait point de sécurité pour ceux qui allaient et venaient, car tous 2S habitants, dans toute l'étendue du pays, étaient dans une rande agitation. Il y avait conflit de peuple à peuple, de ville à illc, car Dieu les troublait par toutes sortes de calamités ^ Mais ous, soyez fermes, et ne vous relâchez pas, car il y a une récomense pour vos actes. ^ Lorsque Asâ eut entendu ces paroles et I prophétie [que prononça 'Azaryahou le fils de*] 'Oded, le rophète, il prit une résolution énergique et ôta les idoles de tout i pays de Juda et de Benjamin, ainsi que des villes qu'il avait riscs dans les montagnes d'Éphraïm^, et il restaura l'autel de Ëternel devant le vestibule du temple *. Et il assembla tout Juda t Benjamin et ceux d'Éphraïm, de Menass'eh et de S'ime'ôn*, qui iemcuraient parmi eux; car une masse d'Israélites étaient passés de on côté, en voyant que l'Éternel son Dieu était avec lui. Et ils ^assemblèrent à Jérusalem, le troisième mois de la quinzième année lu règne d'Asâ, et ils immolèrent en ce jour à l'Éternel, du butin [u'ils avaient rapporté, sept cents bœufs, et sept mille moutons, et Is s'engagèrent par un pacte à rechercher l'Éternel, le Dieu de eurs pères, de tout leur cœur et de toute leur âme, et quiconque le rechercherait pas l'Éternel, le Dieu d'Israël, serait mis à mort, )etit ou grand, homme ou femme. Et ils prêtèrent serment à 'Éternel, à haute voix, et par acclamation, au son des trompettes !t des cors. Et tout Juda se réjouit au sujet de ce serment, car ils

1 C^Ue partie du discours est considérée par les uns comme un résumé général de /histoire d'Israël, au ]>oint de vue théocratique, uotamment des temps antérieurs à David, où les guerres civiles et étrangères affligeaient incessamment un peuple livré à ;es propres inspirations ou aux séductions de son entourage. D'autres préfèrent y voir loe allusion à des temps plus rapprochés.

^ Il y a ici évidemment une lacune dans le texte.

' Peut-ôtre cela se rap]>orte-t-il à la notice contenue au chap. XIII^ 19.

^ Cet autel avait-il simplement besoin do quelque réparation^ ou aurait-il été profané par an culte étranger ? Ceci s'accorderait assez bien avec ce que nous dit le livre des Rois sur le règne du père d'Asâ, mais non avec le récit des Chroniques. Et comment Asâ aurait- il attendu jusque-là pour remédier à un pareil abus ?

^ La tribu de S'ime'ôn faisait partie intégrante du royaume de Juda ; elle était dès lors complètement absorbée dans la tribu principale. Il n'était donc pas besoin d en faire mention u part.

Tavaient prêté de tout leur cœur, et c'est de bon gré qu'ils Payaient recherché; aussi se laissa-t-il trouver par eux et leur donna-t-il la paix de tous côtés*. *^ Le roi Âsâ destitua aussi sa mère Ma'akah du rang de reine-mère ^, parce qu'elle s'était fait un simulacre d'Astarté, et Asà abattit son simulacre, et le mit en pièces et le fit brûler dans la vallée du Qidrôu. Mais les hauts-lieux continuèrent à servir aux Israélites, bien que le cœur d'Asâ fût entièrement dévoué à Dieu toute sa vie. Et il fit remettre à la maison de Dieu les choses consacrées par son père et par lui-même^ en fait d'argent, d'or et de vases.

*^ Jusqu'à la trente-cinquième année du règne d'Asâ il n'y eut point de guerre ^ ; 'or, dans la trente-sixième année du règne d'Asâ^ Ba'es'à, le roi d'Israël, marcha contre Juda, et bâtit Ramah, de manière à empêcher qu'on sortît et qu'on entrât du côté d'Asâ, le roi de Juda. Alors Asâ fit prendre de l'argent et de l'or des trésors de la maison de l'Éternel et de la maison du roi, et l'envoya à Ben- Hadad, roi d'Aram, qui résidait à Damas, et lui fit dire : Alliance entre moi et toi, et entre mon père et ton père 1 Je t'envoie là de l'or et de l'argent: va donc rompre ton alliance avec Ba'es'à, le roi d'Israël, afin qu'il se retire et me laisse en repos. Ben-IIadad écouta le roi Asâ, et envoya ses chefs de troupes vers les villes d'Israël, et ils firent main basse sur lyôn, et sur Dan, et sur Abel- Maïm, et sur tous les magasins des villes de Neftalî^. Quand Ba*es'â apprit cela, il cessa de bâtir Ramah et fît arrêter ses travaux. Alors le roi Asâ prit tout Juda, et l'on emporta les pierres de Ramah et le bois que Ba'es'â avait employé à ses constructions, et

1 Tout ceci reyient à dire que la glorieuse victoire remportée sur les Éthiopiens donna lieu à une grande manifestation religieuse, dont on n'eut point à se repentir plus tard. Cependant la dernière phrase pourrait aussi ôtre traduite de manière à mettre les verbes au plus-que-parfait : ils avaient cherché Jéhova ; il s'était laissé implorer, il leur avait assuré la paix, par la victoire en question.

2 1 RoisXV, I3suiv.

3 En supposant que cette note ne doit pas contredire le récit de la guerre avec les Éthiopiens, il faut sous-entendre que l'auteur n'a ici en vue que les guerres civiles avec le royaume des dix tribus. Mais dans les chiffres mêmes il y a une difficulté plus grande. Parla chronologie très-précise du livre des Rois (chap. XV, 33; XVI, 8), nous savons que Ba*es'û mourut dans le cours de la 26' année d'Asâ ; et la môme source (chap. XV, 1 6J affirme qu'entre ces deux rois il y eut des hostilités continuelles. Cette différence dans l'appréciation générale des faits est d'autant plus curieuse, que notre auteur transcrit littéralement ce qui se dit dans le passage cité en dernier lieu.

^ AbeUMaïm doit avoir été une autre désignation pour Abel-B(*t-Ma*akah ; mais la substitution des magasins au nom propre donné par le texte ancien, 1 Rois XV, 20, pourrait bien Gtre l'effet d'une erreur de copiste.

il s'en servit pour bâtir G'éba' et Miçpah. 'Vers ce temps-là le prophète flananî vint trouver Asâ, le roi de Juda, et lui dit : Puisque tu t'es appuyé sur le roi d'Aram, et que tu ne t'es point appuyé sur rÉteruel ton Dieu, par cette raison l'armée du roi d'Aram a échappé à ta main ^ Les Éthiopiens et les Libyens D*étaient-ils pas une armée immense par le nombre^ les chars et les chevaux? cependant tu t'appuyais sur l'Éternel, il les a livrés entre tes mains. Car l'Éternel laisse planer ses regards sur toute la terre pour se montrer puissant en faveur de ceux dont le cœur lui est entièrement dévoué : en ceci tu as agi follement, car désormais il y auRi des guerres contre toi ^! Et Asâ se mit en colère contre le prophète et le fit jeter en prison, car il s'était emporté contre lui à ce sujets et en même temps Asâ sévit contre quelques-uns du peuple. »

*' Du reste, les histoires d'Asâ, du commencement à la fin, se trouvent consignées dans le Livre des Rois de Juda et d'Israël. Et dans la trente- neuvième année de son règne Asâ fut malade des pieds et sa maladie fut très-grave, et dans sa maladie aussi il ne rechercha pas l'Ëternel, mais les médecins ^. Et Asâ s'endormit avec ses pères et mourut dans la quarante-unième année de son règne^ et on l'enterra dans le caveau qu'il s'était fait creuser dans la cité de David, après l'avoir couché sur un lit rempli de parfums et d'aromates préparés en forme d'onguent, et lui avoir allumé un feu excessivement grand ^.

'Son fils lehos'afat, étant devenu roi, se fortifia contre Israël; il mit des garnisons dans toutes les villes fortes de Juda et il plaça des postes de troupes dans le pays de Juda et dans les villes d'Éphraîm que son père Asâ avait prises^. Et l'Éternel était avec

^ Les deux alliés, Ba*es'â et Ben-Hadad, n'auraient pas prévalu contre toi; au contraire, tu les aurais anéantis tous les deux ensemble. Maintenant la puissance du foi de Damas est intacte.

^ Les textes ne disent rien de ces guerres.

^ Cela fait supposer que la prédication du prophète excita des murmures parmi le A^Uple contre le roi. Et comment ceci s'accorde-t-il avec cet entier dévouement du roi, •^•nié plus haut?

"^ Comp. 1 Rois XV, 23, 24. Il est difficile de dire si l'auteur a voulu désapprouver général le recours aux médecins, ou seulement signaler chez le roi un affaissement la confiance religieuse.

^ Il ne s'agit pas de la combustion du corps, mais do celle des matières odoriférantes, en général de cérémonies qui précédaient l'enterrement proprement dit. Du reste, la ^*^duction de cette dernière phrase est un peu libre, par suite do l'obscurité gramma- ^^ale du texte.

® Chap. XV, 8. Tout ce chap. XVII est étranger au livre des Rois.

lehos'afat, parce qu'il marchait dans lés voies que son père David avait suivies primitivement ^ ; il ne recherchait point les Ba'als^ mais c'était le Dieu de son père qu'il recherchait et c'est selon ses commandements qu'il marchait, et non selon les coutumes d'Israël. Aussi l'Éternel affermit-il la royauté entre ses mains, et tout Jada faisait des présents à lehos'afat, et il lui échut des richesses et de la gloire en abondance. Et son cœur s'enhardit dans les voies de Dieu', et il fit encore disparaître de Juda les hauts-lieux et les Astartés. "^ Et dans la troisième année de son règne il envoya ses officiers Bcn-Haïl, 'Obadyah, Zekaryah, Netanecl et Hîkayahou, pour donner l'instruction dans les villes de Juda; et avec eux étaient les Lévites S'emayahou, Nétanyahou, Zebadyahou, 'Açahel, S'emîramot, lehonatan, Adoniyahou, Tobiyahou et Tob-Adoniyah, ainsi que les prêtres Élis'ama' et lehoram. Et ils donnèrent l'instruction en Juda, ayant avec eux le livre de la loi de l'Éternel', et ils parcoururent toutes les villes de Juda et donnèrent Tinstruction au peuple. Et la peur de l'Éternel avait saisi tous les royaumes étrangers^ à l'entour de Juda, et il n'attaquèrent point lehos'a&t. Même de chez les Philistins on apportait à lehos'afat des présents et de l'argent en masse, et les Arabes aussi lui amenaient du bétail, sept mille sept cents béliers, et sept mille sept cents boucs '. Et lehos'afat grandissait de plus en plus, extraordinairement; il bâtit en Juda deux châteaux et des places à magasins, il faisait de grands travaux dans les villes de Juda, et il avait à Jérusalem des gens de guerre vaillants. ** En voici le recensement d'après leurs familles' : De Juda il y avait, comme chefs de mille hommes, le commandant 'Adnah avec trois cent mille guerriers, et à côté de lui le commandant lehobanan avec deux cent quatre-vingt mille, et à côté de loi

1 C'est là sans douto une allusion aux faits qui avaient attiré à David le mécontentement de Dieu (2 Sam. XI. i Chron. XXI).

^ Litt.: son cœur s'éleva, c'est-à-dire qu'il alla jusqu'au bout, qu'il osa faire servir sa puissance à ce qu'il croyait être la volonté de Dieu ; le cœur haut, c'est le courage ; le cœur bas, c'est la timidité. Ce qui va ôtro dit des hauts-lieux semble ôtre contredit par chap. XX, 33. Mais nous renvoyons le lecteur à la note sur chap. XIV, 2.

3 Dans la pensée du rédacteur il s'agit sans doute de la loi mosaïque ; mais cela ne préjuge pas la question de savoir ce qui en a pu exister du temps de los'afat, 900 ans avant Jésus-Christ. Voir l'introduction au Pentateuque.

4 Comp. chap. XII, 8; XIV. 13.

^ Ces peuples pouvaient Otro tributaires, ou s'ôtre volontairement appliqués à gagner les bonnes grâces do leur puissant voisin, le droit international étant celui du plus fort.

C II serait possible que ce Utre ait été suivi, dans l'original dont le rédacteur prend ses extraits, d'une nomenclature et d'un état de répartition beaucoup plus complets.

'Amasyah fils de Zikrî, qui s'était dévoué à l'Éternel*, avec deux cent mille guerriers. Et de Benjamin : Élyada*, un vaillant guerrier, avec deux cent mille hommes armés d'arcs et de boucliers, et à côté de lui lehozabad avec cent quatre-vingt mille hommes armés en guerre'. Ceux-ci étaient les officiers supérieurs du roi, non compris ceux que le roi avait mis dans les villes fortes par tout Jnda'. Uehos'afat avait des richesses et de la gloire en abondance. Et il s'allia à Aliab^. Et après quelques années il alla visiter Ahab à S'omerôn*, et Ahab fit tuer une masse de moutons et de bœufs pour lui et pour sa suite, et l'engagea à marcher contre Ramot en G'ile*ad. Ahab, le roi d'Israël, dit à lehos'afat, le roi de Juda : Veux-tu aller avec moi à Hamot en G'ile'ad ? Et il répondit : Faisons cause commune, moi et toi, tes troupes et mes troupes; j'irai avec toi à cette guerre. Cependant lehos'afat dit au roi d'Israël : Va donc consulter tout de suite la parole de laheweh ! Et le roi d'Israël rassembla les prophètes, au nombre de quatre cents hommes, et leur dit : Devons-nous aller à la guerre de Ramot en G'ile*ad, ou bien dois-je m'abstenir? Et ils répondirent: Marche toujours I Dieu la livrera au roi. ^ Cependant lehos'afat dit : N'y a-t-il plus ici d'autre prophète de laheweh que nous pourrions consulter? Le roi d'Israël répondit à lehos'afat : Il y a bien encore quelqu'un par qui on peut consulter laheweh, mais je le déteste parce qu'il ne me prophétise jamais rien de bon, mais toujours du mal; c'est Hlkayehou fils de Yimelâ. Et lehos'afat dit : Que le roi ne parle pas ainsi. Alors le roi d'Israël appela un eunuque et lui dit : Fais vite venir Mîkayehou, le fils de Yimelà ! Or, pendant que le roi d'Israël et lehos'afat, le roi de Juda, étaient assis chacun sur son siège, revêtus de leurs costumes, assis sur la place à l'entrée de la porte de S'omerôn, et que tous les prophètes prophétisaient devant eux, Çideqiyahou fils de Kena*anah se lit des cornes de fer et dit : Voici ce que dit l'Éfernel : Avec cela tu écraseras les Araméens jusqu'à

1 Cette note énigmatique est sans doute aussi le résidu d'une relation plus complète dans an document plus ancien.

2 La différence des deux expressions n'est pas facile à saisir. Seulement on peut Songer à ce que les Grecs appelaient les peltastes et les hoplites, l'infanterie légère et ^Qs soldats à armure complète. — Le total aurait été, pour les (/e»^ tribus, do 1,160,000 Hommes.

3 Tout en faisant nos réserves sur les chiffres (chap. XI, 1 ; XIII, 3 ; XIV, 7), nous devons faire remarquer qu'il ne s'agit pas nécessairement ici d'une armée sur pied ^1 *une manière permanente, mais d'une organisation militaire qui permettait d'appeler ^nze cent mille hommes en cas de besoin. Seulement l'auteur no le dit pas.

^ En mariant son fils lehoram à Athalic, la fille d'Aj^ab (chap. XXI, G).

'^ 1 Rois XXII, 2 suiv.

156 2 CHRONIQUE XMII, 11-27.

les achever. Et tous les prophètes prophétisaient de même en disaut : Marche contre Ramot en G'ilead et triomphe! l'Éternel la livrera au roi. Cependant le messager qui était allé appeler Hikayehoa lui parla en ces termes : Vois donc, les prophètes, à Tunanimité, ont prédit du bien au roi; que ta parole soit donc la même que la leur, et prédis aussi du bien ! Mais Mikayehou répondit : Par la vie de rÉternell ce que mon Dieu me commandera, je le dirai. *^ Lorsqu'il fut venu auprès du roi, celui-ci lui dit : Mikah ' ! devons-nous aller à la guerre contre Ramot en G'ile*ad, ou bien dois-je m'abstcnir? Et il lui répondit : Marchez toujours et triomphez ! ils vous seront livrés. Alors le roi lui dit : Combien de fois dois-je te conjurer de ne me dire que la vérité au nom de laheweh ? Alors il dit : J'ai va tout Israël dispersé sur les hauteurs comme un troupeau sans berger ; et rÉternel disait : ils n'ont point de maître, qu'ils retournent chez eux en paix ! Alors le roi d'Israël dit à lehos'afat : Ne t'ai-je pas dit qu'il ne me prédirait rien de bon, mais du mal? Et il reprit: Écoutez plutôt la parole de l'Éternel ! J'ai vu l'Éternel assis sur son trône et toute l'armée du ciel debout devant lui, à sa droite et à sa gauche. Et l'Éternel dit : Qui est-ce qui séduira Al^oh pour qu'il marche contre Ramot en G'ile'ad et y périsse? Et l'un disait ceci et l'autre disait cela*. Alors l'Esprit sortit des rangs et se présenta devant l'Éternel et dit : Moi je le séduirai ! Et l'Éternel lui dit : Comment ? Et il répondit : Je sortirai et je deviendrai un esprit de mensonge dans la bouche de tous ses prophètes. Et il dit : Tu le séduiras et tu réussiras; va faire ainsi! Or, vois-tu, l'Éternel a mis un esprit de mensonge dans la bouche de tes prophètes que yoici; mais l'Éternel a proclamé un malheur sur toi. ^^ Alors Çideqiyahou fils de Rena*anah s'approcha et frappa Mikayehou sur la joue, en disaut : Par quel chemin l'esprit de l'Éternel aurait-il passé de chez moi pour te parler à toi? Et Mikayehou répondit : Va, tu le verras le jour où tu chercheras un coin pour te cacher! Mais le roi d'Israël dit : Saisissez Mikayehou et remettez-le à Amon, le commandant de la ville, et à loas', le fils du roi. Et dites : Voici ce que le roi ordonne : Mettez cet homme en prison et nourrissez-le du pain de l'affliction et de l'eau de l'affliction jusqu'à ce que je sois de retour en bonne santé. Et Mikayehou dit : Si jamais tu reviens en bonne santé, ce n'est point l'Éternel qui aura parlé par moi. Et il ajouta : Écoutez ceci, tout le peuple I

1 Mikah ost une abréviation familière de Mikayehou ou Mî-ka-yahou (nom qui signifie: Qui (est) comme lahowoh?) ; on trouve aussi Mikayah, Mîkaul.

* Texte légèrement corrigé d'après 1 Rois XXII, 20.

'* Et le roi d'Israël marcha sur Ramot en G'ile'ad, avec lehos'afat, le roi de Juda. Et le roi d'Israël dit à lehos'afat : Je veux me déguiser pour aller au combat ; quant à toi, garde toujours tes Labits I Et le roi d'Israël s'étant déguisé, ils allèrent au combat. Or, le roi d'Aram avait donné ses ordres aux commandants de ses chars, en disant : Vous n'attaquerez personne, ni petit ni grand, si ce n'est le roi d'Israël seul I Et quand les commandants des chars aperçurent Jehos'afat ils se dirent : C'est le roi d'Israël I et ils l'entourèrent pour l'attaquer. Et lehos'afat se mit à crier, et l'Éternel vint à son secours, et Dieu les éloigna de lui^ Et les commandants des chars, voyant que ce n'était point le roi d'Israël, cessèrent de lui courir sus. Cependant un homme banda son arc tout au hasard, et atteignit le roi d'Israël entre les jointures de son armure. Et celui-ci dit au cocher : Tourne la main et fais-moi sortir des rangs, car je suis blessé. Et le combat fut acharné ce jour-là, mais le roi se tint debout dans son char en face des Araméens jusqu'au soir, et mourut vers le coucher du soleiP.

' Cependant lehos'afat, le roi de Juda, rentra chez lui à Jérusalem, en bonne santé. Et devant lui se présenta le prophète léhoû (ils de ^anani ', lequel dit au roi lehos'afat : Est-ce à un scélérat que tu devais venir en aide ? Sont-ce les ennemis de l'Éternel que tu aimes ? C'est par ceci que tu attires sur toi la colère de l'Eternel. Hais il se trouve chez toi de bonnes choses, car tu as ôté les Astartés du pays, et tu as appliqué ton cœur à rechercher Dieu*.

^lehos'afat, après s'être installé à Jérusalem, fit de nouveau^ une

1 En comparant le texte parallèle 1 Rois XXII, 32, 33, où tout est clair, on est amené à penser que ces mots : l'Étemel vint à son secours et il les éloigna de lui — doivent être considérés comme une glose étrangère au texte authentique. On s*est trompé sur la portée des cris du roi, et on s'est imaginé qu'il priait Dieu de le sauver. Uq roi aussi pieux ne pouvant manquer d'être exaucé, un lecteur ou rédacteur a hardiment complété le texte dans ce sens. Mais la phrase suivante 4u texte authentique fait voir clairement que celle-ci est de trop.

* Le livre des Chroniques, ne s 'occupant au fond que de l'histoire de Jérusalem^ supprime ici le reste de la relation concernant la fin d'A^ab. En revanche^ il va ajouter des détails sur lehos'afat, qui manquent dans le livre des Rois.

3 Ce prophète est déjà nommé bien antérieurement^ i Rois XVI^ 1 . Comp. aussi ci*des80uS; chap. XX, 34.

4 L'alliance avec Aj^ab aurait mérité un châtiment exemplaire. Cependant pour iehos'afat il y a des circonstances atténuantes. Il lui sera tenu compte de ce qu'il a 'ftit pour la pureté du culte. Comp. chap. XVII, 6.

^ Ce mot rappelle ce qui a été raconté chap. XVII, 7 suiv., bien qu'il ne soit pas dit ^Ue le roi se déplaça lui-même la première fois. Bôer-S'éba* est ù Textrémitc méridionale du royaume. D'après ce qui est dit ici, il faut supposer que les réformes antérieures, <oit de lehos'afat, soit de son père, étaient restées très-incomplètes.

tournée parmi le peuple depuis Bëer-S'éba* jusqu'aux monts d'Éphraïm et ramena les gens à TÉternel, le dieu de leurs pères. 11 établit des juges dans le pays, dans toutes les villes fortes de Juda, ville par ville. Et il dit à ces juges : Regardez bien à ce que vous ferez^ car ce n'est point comme délégués d'un homme que vous devez juger, mais c'ci^t au nom de Dieu, lequel doit être présent à vous dans toute affaire. Or donc, que la crainte de laheweh vous dirige; prenez garde à ce que vous ferez, car chez notre Dieu il ne saurait y avoir iniquité, ni partialité, ni corruption ^ A Jérusalem aussi, lehos'afat établit quelques-uns d'entre les Lévites et les prêtres, et d'entre les chefs de famille d'Israël, pour les affaires de Dieu et pour les procès ^. Et quand on fut retourné à Jérusalem \ il leur donna ses instructions en ces termes : Voici ce que vous avez à faire, dans la crainte de Dieu, avec bonne foi et un cœur intègre : dans tout procès qui sera porté devant vous de la part de vos frères demeurant dans leurs endroits, qu'il s'agisse de meurtre, ou de telle loi, statut, commandement ou ordonnance, avertissez-les pour qu'ils ne se rendent pas coupables envers Dieu, et que la colère de laheweh ne se porte pas sur vous et vos frères : voilà ce que vous aurez à faire pour ne pas vous rendre coupables*. Voici Amaryahou*, le grand-prêtre, qui vous présidera pour toutes les affaires de Dieu, et Zebadyahou, le fils de Yis'mael, l'émir de la maison de Juda, pour toutes les affaires du roi ; vous serez assistés de Lévites secrétaires. Courage I faites votre devoir et que laheweh soit avec l'homme de bien.

^ Les juges^ au point do vuo théocratique^ ne sont pas de simples employés oa magistrats civils ; ils tiennent leur mission de Dieu. Leur devoir découle de cette idée fondamentale ; ils ne doivent pas faire ce que le Dieu juste no fait pas ; ils ne doivent pas commettre d^injustice, ni avoir égard aux personnes, ni accepter des présents pour faire fléchir le droit.

^ Ceci n'est pas tout à fait clair. Nous avons supposé que l'auteur veut distinguer les jjrocès civils, et les affaires concernant les intérêts du sanctuaire, redevances, etc. Peut-être cependant sera-t-il permis de traduire simplement : pour rendre justice m nom do l'Éternel, et prononcer dons les procès. La suite du récit semble confirmer cette dernière interprétation. Comp. cependant v. 11.

3 De la tournée dont parlait le v. 4.

^ Ce que notre texte attribue ici à Jos'afat est plus clairement formulé dans Tun des paragraphes du code deutéronomique [Deut. XVII, 8 suiv.), où nous entrevoyons qull est question d'un tribunal supérieur établi u Jérusalem, devant lequel devaient être portés tous les procès que les tribunaux populaires ne pouvaient juger faute d'intelligence des faits ou des lois. Les juges du chef-lieu doivent examiner les faits, interpréter la loi, et rendre des arrêts en conséquence, contre lesquels il n'y aura pas de recours ; ces arrêts doivent être rendus dans la crainte de Dieu et de bonne foi.

5 1 Chron. V, 37.

» n arriva après cela que les Moabites et les 'Ammonites et avec eax une partie des Ma*onites* vinrent faire la guerre à lehos'afat. Et l'on vint le rapporter à lehos'afat, en disant : Une grande masse d'hommes marche contre toi, ils viennent d'au delà de la mer, d'Âram, ils sont déjà à Haçeçôn-Tamar (c'est *Én-G'edi*). Et lehos'afat eut peur et prit la résolution de s'adresser à l'Éternel, et il proclama un jeûne pour tout Juda. Et ceux de Juda se réunirent pour se réclamer de l'Éternel, et l'on vint de toutes les villes de Juda pour l'implorer. lehos'afat prit place dans l'assemblée de Juda et de Jérusalem dans la maison de l'Éternel, devant la nouvelle cour', et dit: laheweh. Dieu de nos pères I C'est toi qui es Dieu au ciel, toi qui gouvernes tous les royaumes des peuples ; la force et la puissance sont entre tes mains, et nul ne saurait te résister. C'est toi, ô notre Dieu, qui as chassé les habitants de ce pays- ci devant ton peuple d'Israël, et tu Tas donné à tout jamais à la race de ton ami Abraham. Et ceux-ci s'y sont établis, et t'y ont bâti un sanctuaire à ton nom, en disant : S'il nous arrive une calamité, la guerre, la peste^ la famine, ou un autre fléau ^, nous nous présenterons devant ce temple et devant toi, dont le nom y demeure, et nous t'invoquerons dans notre détresse, pour que tu nous exauces et nous sauves. Or, voici les 'Ammonites et les Moabites et ceux des monts de §é'ir, chez lesquels tu n'as pas permis aux Israélites de passer, lorsqu'ils vinrent du pays d'Egypte (car ils se tinrent à distance et ne les exterminèrent point ^), les voici qui nous en récompensent^ en venant nous chasser de ta propriété que tu nous as concédée. 0 notre Dieu I tu en feras justice ; car nous sommes trop faibles en face de cette grande masse d'hommes qui s'avance contre nous^ et nous ne savons que faire ; mais nos yeux se portent

1 Le texte dit encore une fois les ^Ammonites, ce qui en tout état do cause est une iiuite de copiste. Comme plus bas, v. 10 et 22, il est question de gens venus des montagnes de Sé*ir (ou du pays d'Ëdom], nous avons changé le nom fautif d'après iChron. IV, 41 . Nous croyons de même qu'il faut changer plus loin Aram en Édom ; car la ifier en question est la mer morte, et les Syriens, qui d'ailleurs ne sont nommés nulle part dans ce chapitre, ne seraient pas venus du sud-est, mais du nord.

^ Endroit sur le bord occidental de la mer morte, 12 lieues ù peu près de Jérusalem.

^ Ce doit être celle qui est appelée la grande cour^ chap. IV^ 9, c'est-à-dire la cour ^xtérieare> le roi étant placé à l'entrée de la cour intérieure^ dans laquelle se faisaient ^^8 sacrifices.

^Pour plus de clarté, nous avons interverti l'ordre des mots. Pour fléau, il y a en ^^ifxï jugement, c'est-à-dire un malheur édicté par la justice céleste. Cette partie de ^^ prière du roi est un résumé de celle de Salomon^ chap. VI, 22 suiv.

^ Allusion aux faits relatés Nombr. XX et Dent. 11.

sur toi'. ''Tout Juda était ainsi présent devant rÉternel, même les petits enfants, les femmes, et les fils. Cependant laliazîel fils de Zekaryahou, fils de Benayah, fils de le'iel, fils de Mattanyah*, Lévite de la famille d'Âsaf, fut saisi de Tesprit de rÉternel, au milieu de l'assemblée. Et il dit : Écoutez, vous tous de Juda, et vous habitants de Jérusalem, et toi roi lehos'afat! Voici ce que vous dit rÉternel : N'ayez pas peur et ne vous laissez pas effrayer par cette grande masse d'hommes ; car ce n'est pas à vous qu'ils font la guerre, mais k Dieu. Marchez contre eux demain ; voyez, ils s'avancent par la montée du Çîç, et vous les rencontrerez an bout du ravin devant le steppe de lerouël '. Ce n'est pas vous qui aurai à combattre là ; arrêtez-vous sur place pour contempler la victoire de l'Éternel qui sera avec vous. Juda et Jérusalem, n'ayez pas peur, et ne vous laissez pas effrayer ; demain vous irez au devant d'eux et l'Eternel sera avec vous 1 '^ lehos'afat s'inclina la face contre terre, et tout Juda et les habitants de Jérusalem tombèrent à genoux et se prosternèrent devant TÉternel. Et les Lévites de la famille de Qehat, et de la famille de Qorah^, se mirent à chanter les louanges de l'Éternel, du dieu d'Israël, à très-haute voix. Et le lendemain matin ils marchèrent vers le steppe de Teqo*a, et au moment du départ lehos'afat se plaça devant eux et dit : Écoutez-moi^ Judéens, et vous habitants de Jérusalem! Mettez votre confiance en labeweh votre Dieu, et vous serez en sûreté ; mettez votre confiance en ses prophètes, et vous triompherez I Et il donna ses instructions à la troupe, et il plaça des chantres de l'Éternel qui chantaient des cantiques de louanges en costume sacré, en marchant à la ièie des guerriers, et qui disaient: Louez l'Éternel, car sa grâce dure à jamais ^ ! -^ Et au moment même où ils commençaient les chants et

1 En mettant en regard de cette peut' du roi et do cette extrême faiblesse de Jada, Ifl in»7/to» de soldats dont disposait los'afat (chap. XVII, 14 suiv.), on se convaincrt facilement que nous avons là des éléments étrangers les uns aux autres et d'origine diflerento. Ajoutez a cela que Teunemi (n'importe dans quelle force) est à deux joarnéeé de Jérusalem et que, au lieu de rassembler vite des troupes pour le rejeter dans le laC} on convoque le peuple avec femmes et enfants, de tous les coins du pays, pour ftire des actes do contrition. C'est une narration édifiante^ mais est-ce de l'histoire?

"^ Ce nom no se trouve pas dans la généalogie d'Asaf. On y voit cependant un Netanyah, 1 Chron. XXV, 2, 12.

<^ Ces localités sont inconnues, mais elles doivent Ctre cherchées au sud-est de Jérusalem au delà do Tcqo'a [v. 20), dans la direction de la mer morte.

'i A vrai dire, les Qora|jiitos étaient uno branche des Qchutites. 1 Chron. VI, 22.

'>Chap. V, 13; VII, 3.

les louanges, l'Éternel surprit' les 'Ammonites, les Moabites et ceux des monts de §é'ir qui étaient venus contre Juda^ et ils furent battus : les 'Ammonites et les Moabites se levèrent contre les habitants des monts de §é'îr, de manière à les massacrer et les exterminer, et quand ils eurent fini avec les habitants de $éHr^ ils s'en prirent les uns aux autres pour se détruire. Et lorsque ceux de Juda arrivèrent sur la hauteur qui domine le steppe^ et qu'ils regardèrent du côté de cette masse d'ennemis, voilà que ce n'étaient que des cadavres gisant à terre, et nul n'avait échappé. Alors lehos'afat et sa troupe allèrent s'emparer de leurs dépouilles, et ils y trouvèrent une quantité de bêtes, d'habits' et d'objets précieux, et Us s*en approprièrent au delà de ce qu'ils pouvaient porter, et ils mirent trois jours au pillage du butin, tant il y en avait. ^^Le quatrième jour ils se réunirent au Val-des-Grâces % car c'est là qu'ils rendirent grâces à TÉternel et c'est pour cela qu'on a appelé cet endroit le Val-des Grâces, jusqu'à nos jours. Et tous ceux de Jérusalem, lehos'afat en tète, reprirent joyeusement le chemin de Jérusalem, car l'Éternel les avait comblés de joie, au sujet de leurs ennemis. Rentrés à Jérusalem, ils se rendirent au temple au son des harpes, des luths et des trompettes. Et la crainte de l'Éternel saisit tous les royaumes étrangers, quand ils apprirent qu'il avait combattu loi-méme les ennemis d'Israël. Et le règne de lehos'afat fut paisible dès lors et son Dieu lui donna la paix de tous côtés.

''Ainsi lehos'afat régna sur Juda^ : il était âgé de trente-cinq ans lorsqu'il devint roi, et il régna vingt-cinq ans à Jérusalem. Le nom

1 Le texte dit proprement : il donna des tmhusqués. Mois évidemment l'auteur ne Teat pas raconter que los'afat remporta une Tictoire au moyen d'une embuscade. Qoand les Juifs arrivent sur place ils trouvent leurs ennemis déjà tous morts, sanâ <{q11s y fassent pour rien. Il faut donc nécessairement songer à une intervention nûracolease de Dieu^ qu'on peut se représenter soit comme accomplie par des puisnnces célestes (des anges) qui, se mettant à la tôte des difTérentes bandes, les auraient poussées les unes contre les autres ; soit plus naturellement comme se manifestant par dts dispates intervenues entre les envahisseurs, peut-être au sujet du butin, et a la suite desquelles ils s'entre-égorgèrent^ ce qui ne pouvait ôtro attribué qu'à une dispeu- Htion providentielle.

2 Le texte hébreu met ici encore une fois des eadavfts, ce qui est évidemment une f^ute {pegarim, mot qui se trouve à la ligne précédente, pour begadîm). Cette leçon est d'ailleurs recommandée par d'anciennes versions et des manuscrits.

8 Localité inconnue, mais que nous n'hésiterons pas à placer dans le voisinage du U^éâire de Tévénement. Le tradition confond cette vallée [ou plaine} avec celle du QidrOa près de Jérusalem et revendique pour celle-ci le nom de vallée de Josaphat^ nom ^Ur lequel nous nous sommes expliqué à propos du texte de Joël IV. 2.

*^ Ce qui suit se trouve à peu près textuellement i Rois XXII, 41 suiv.

A. T. 4« part. 11

de sa mère était *Azoubah^ fille de S'ilf^i. Il marcha dans les voies de son père Asà, sans en dévier, en faisant ce qui plaisait à rËtemel. Seulement les hauts-lieux continuèrent à servir, et le peuple n'avait toujours pas le cœur fermement attaché au Dieu de ses pères ^ Le reste des histoires de lehos'afat, du commencement à la fin, se trouve écrit en détail dans le livre des histoires de léhoù fils de yananî, qui est inséré dans le livre des rois d'Israël'.

^^ Après cela, lehos'afat, le roi de Juda, s'allia avec Âljiazyah le roi d'Israël, ce en quoi il eut bien tort^ Et il s'allia avec lui pour construire des vaisseaux qui devaient aller à Tars'is', et l'on construisit des vaisseaux à *£çyôn-G'éber. Mais Éli'ézer fils de Dodawahou de Marés'ah prophétisa contre lehos'afat, en disant: Puisque tu t'es allié à Aliazyahou, l'Éternel détruit ton œuvre I Et les vaisseaux se brisèrent et ne purent aller à Tars'is' *.

^ Quand lehos'afat se fut endormi avec ses pères, il fut enterré à côté d'eux dans la cité de David, et son fils lehoram devint roi à sa place ^ Il avait des frères, fils de lehos'afat : 'Âzaryah, le^^el^ Zekaryahou, *Azaryahou^ Mikaël et S'efatyahou; tous ceux-ci étaient fils de lehos'afat roi d'Israël, et leur père leur avait donné de grands dons en argent, et en or, et en objets précieux^ ainsi que des villes fortes en Juda; mais à lehoram il avait donné la royauté, parce qu'il était l'aîné. lehoram, dès qu'il eut été élevé au trône de son père et qu'il s'y fut affermi, fit égorger tous ses frères, ainsi que quelques-uns des principaux d'Israël, lehoram^ était âgé de

1 On voit ici que Tauteur se fait une autre idée des bauts-lieux q[ue celle que nous recevons des textes plus anciens. Dans le livre des Rois^ il est dit que los'afai n'avût point encore centralisé le culte ù Jérusalem mais qu'on sacrifiait encore ailleurs à Jéhova. Ici il est question de défections religieuses et par conséquent les hauts-Ueox sont représentés comme des lieux de culte païens. Mais comment cela s'accorde-t-il avec chap. XVII, 6^ et avec tout ce qui vient d'être dit de l'esprit qui prévalait en Juda?

* Voir l'introduction^ page 27 suiv.

3 D'autres rapportent cette phrase à A^azyah et traduisent : lequel était méchant ^ Ce détail relatif aux entreprises maritimes de los'afat est raconté tout aalrement dans 1 Rois XXI I^ 49 suiv. Il y a surtout à remarquer que notre texte parle dW voyage à Tars'is' (en Espagne) avec des vaisseaux construits sur le golfe arabique. Il y a ici une confusion à Tégard du nom de T&rs'is' sur laquelle nous nous sommas expliqué ù l'occasion de 1 Rois X, 22 et ci-dessus p. 40.

^ 1 Rois XXII^ 51 . Ce qui va suivre manque dans l'autre relation.

6 Ici nous retrouvons le texte de 2 Rois VIII^ 1 1 suiv. Tout ce qui est compris entre les deux passages cités du livre des Rois, ne regarde que Thistoire des rois de Samarie, ou celle des prophètes du royaume d'Israôl, que notre auteur néglige toujours. Les variantes sont de peu d'importance.

trente-deux ans quand il devint roi, et il régna huit ans à Jérusalem. Il marcha dans la voie des rois d'Israël, comme faisaient ceux de la maison d'Ahab, car il avait pour femme une fille d'A^ab, et il faisait ce qui déplaisait à TÉternel. Cependant TËternel ne voulut pas ruiner la maison de David, à cause du pacte qu'il avait fait avec David, et d'après la promesse qu'il avait faite de lui laisser toujours un flambeau, à lui et à ses descendants.

* De son temps les Ëdomites secouèrent le joug de Juda et se donnèrent un roi. Alors lehoram se mit en marche avec ses capitaines et tous ses équipages de guerre. Et il en vint à se lever la nuit ei il battit les Édomites qui le cernaient et les capitaines des équipages ^ C'est ainsi que les Ëdomites secouèrent le joug de Juda jusqu'à ce jour. Vers le même temps, Libnah aussi fit défection, parce qu'il avait abandonné l'Ëternel, le Dieu de ses pères *. Lui aussi établit des hauts-lieux sur les montagnes de Juda, et il débauchait les habitants de Jérusalem et poussa Juda hors de sa voie ^ . "Or, il lui fut remis, de la part du prophète Élie, un écrit ainsi conçu * : « Voici ce que dit l'Eternel, le Dieu de ton père David puisque tu n'as point marché dans les voies de ton père lehos'afat, et dans les voies d'Asâ, le roi de Juda, mais que tu marches dans la voie des rois d'Israël et que tu débauches Juda et les habitants de Jérusalem, comme l'a fait la maison d'Abab, et que de plus tu as égorgé ta famille, tes frères qui valaient mieux que toi, vois, l'Étemel va frapper un grand coup contre ton peuple, et contre tes enfants et tes femmes, et tout ce que tu possèdes. Et toi tu auras une longue maladie, une maladie de tes entrailles, au point que tes entrailles sortiront de toi par suite de la maladie, au bout de deux ans.» **Et l'Ëternel excita contre lehoram l'esprit des Philistins et des Arabes voisins des Kous'ites'. Et ils marchèrent contre Juda

1 Ce passage obscur a été expliq[ué 2 Rois VIII, 2\, où il est aussi plus complet. ^ On remarquera que tout ce que les Chroniques ajoutent au texte des livres des Hois est de nature à faire ressortir davantage les mauvaises qualités de ce roi. Ceci s'appUque à tout le reste du chapitre.

' D'après le contexte, il faut admettre qu'il s'agit ici de l'introduction du culte phénicien, bien que dans ce livre déjà le culte de Jéhova exercé hors de Jérusalem soit 'présenté comme criminel.

-^ D'après la chronologie du Livre des Rois, nous nous attendrions plutôt à trouver ^^ le nom d'Elisée, Élie étant mort avant l'avènement de loram. Aussi hien les anciens ^Hit-ils compris que la lettre venait du ciel. Nous maintenons le nom d'Élic, et nous Pensons qu'une critique qui s'attaquerait ici à la chronologie serait absolument hors de P<tt>pos en face d'une pareille narration, dont la vérité consiste dans l'idée qu'elle ^présente et non dans le cadre que la tradition lui a donné.

^ Kous' ou l'Ethiopie est le nom général de la lisière méridionale du monde connu ^es anciens. Ce n'est pas seulement l'Abyssinie, mais encore le Yémen.

164 2 CHRONIQUE XXI, 17-20. XXII, i-6.

et y pénétrèrent, et enlevèrent tout ce qui se trouvait d'objets de valeur dans la maison du roi, ainsi que ses fils et ses femmes, et il ne lui resta d'autre fils que Iehoahaz% le cadet de tous. Et après tout cela, rÉternei le frappa dans ses entrailles d'une maladie incurable. Et il arriva au bout de deux ans, à Tépoque où la fin de la deuxième année s'accomplissait, que ses entrailles sortirent de lui par suite de la maladie, et il mourut dans de cruelles douleurs, et le peuple ne lui fit pas de feu, comme avait été le feu de ses pères '. Il avait été âgé de trente-deux ans lorsqu'il devint roi et il avait régné huit ans à Jérusalem. Il s'en alla sans être regretté et on l'enterra dans la cité de David, mais non dans les tombeaux des rois.

' Les habitants de Jérusalem proclamèrent roi à sa place son fils cadet Aliazyahou, car tous ses aines avaient été massacrés par le corps des Arabes qui avaient fait irruption dans le camp ^, et c'est ainsi qu'Ahazyahou, le fils de lehoram^ devint roi de Juda. A^azyahou était âgé de quarante-deux ans^ lorsqu'il devint roi, et régna un an à Jérusalem ; le nom de sa mère était 'A^alyahou, fille de 'Omeri. Lui aussi marcha dans la voie de la maison d'A^iab, car sa mère était sa conseillère, de manière h le pervertir. Il fit ce qui déplaisait à l'Éternel, comme la maison d'Abab, car ceux-ci étaient ses conseillers après la mort de son père, pour sa propre perte. ^ Ce fut aussi par leur conseil qu'il alla avec lehoram fils d'Af^ab, roi d'Israël, à la guerre contre ^azacl, le roi d'Aram, à Ramot en G'ile'ad. Et les Aramcens ayant blessé loram, celui-ci s'en retourna pour se faire guérir h Yizreel des^ blessures qu'il avait reçues à

^ Autremeot dit A^^azyah. On s'est trouvé arrêté par celte notice, Al^azyah étant né lorsque son père n'avait que 18 ans (2 Rois VIII, 17, 26). Il ne serait pas impossible que loram eût eu d'autres fils antérieurement déjà ; mais il faudrait admettre en même temps qu'il n'en eut plus après.

*Sur ce/V«, voyez chap. XVI, 14. L'autre rccit, 2 Rois VIII, 24, pourrait à la rigueur s'accorder avec le notre, mais il est en contradiction avec le verset suivant.

3 Cette phrase est très-obscure en bébreu^ sans doute par suite de la corruption du texte. Nous avons pensé qu'elle devra être interprétée d'après les indications du cbap. XXI, 16.

'^ Ceci est positivement en contradiction avec les autres indications chronologiques (2 Rois VIII, 17; X, 13}. Le père d'Aliazyahou, d'après ces textes, est mort à l'ftge de quarante ans^ ce que confirme le livre des Chroniques, ci-dessus chap. XXI^ 20. Si l'on change 42 eu 22 (2 Rois VIII, 26], il faut toujours admettre que les /rirgs d'Abazyah, dont il est parlé 2 Rois X, 13, étaient des parents plus ou moins éloignés, et non des Hls de loram, autrement celui-ci auroit eu à dix-huit ans plus de quarante fils.

^ D'après 2 Rois VIII, 2U. Le texte est très-fuutif dans tout ce passage.

2 CHRONIQUE XXH, 6-12. XXIII, 1. 165

Ramah, dans sa guerre avec Ilazaêl, le roi d'Aram. Et Ahazyahon* fils de leboram, roi de Jada, alla visiter lehoram fils d'Ahab à Yizre'êl, car il était très-malade*. Mais par la volonté de Dieu ce fat la perte d'A^iazyahou, d'être venu chez loram. Car quand il y fat venu, il sortit avec lehoram à la rencontre de léhoû fils de Nimes'i^ que rÉternel avait fait oindre pour exterminer la maison d'Ahab ; et lorsque léhoû vida sa cause avec la maison d'Ahab, il trouva les chefs de Juda et les fils des frères d'Ahazyahou qui étaient au service d'Ahazyahou, et les égorgea. Puis il fit chercher Ahazyahou, et on le prit comme il se cachait à S'omerôn, et on ramena à léhoû, qui le fit mourir^. Et on lui donna la sépulture, car on disait : Il a été le fils de lehos'afat qui recherchait rÉternel de tout son cœur. Et il n'y eut personne dans la famille d'Afiazyahou qui eût eu les moyens de devenir roi.

*^ Cependant 'Atalyahou * , la mère d'Ahazyahou, voyant que son fils était mort, s'emporta et fit périr ^ toute la race royale de Juda. Alors lehos'abe'at^ la fille du roi, prit loas', un fils d'Ahazyahou, et Tenleva secrètement du milieu des fils du roi qu'on égorgeait, et le mit, lui et sa nourrice^ dans la chambre aux lits. Et Iehos'abe*at, la fille du roi lehoram, et femme du prêtre lehoyada' (elle était la sœur d'Ahazyahou), le cacha devant *Atalyahou, de sorte qu'elle ne put le faire périr. Et il resta caché auprès d'eux dans la maison de Dieu, pendant six ans, tandis que 'Atalyah régnait sur le pays. * Et la septième année lehoyada* s'enhardit et s'associa par un pacte les capitaines *Azaryah fils de leroham, et Yis'ma*ol fils de lehol^anan.

I Texte hébreu: *Azaryahou, ce qui ne peut être qu'une faute de copiste. * Tout ce morceau se trouve textuellement 2 Rois VI II, 26 suiv.

3 Ces quelques lignes seraient peut-dire inintelligibles si nous n'avions^ pour les expliquer, le récit très détaillé 2 Rois IX et X, lequel cependant diffère de notre résumé dans plusieurs points essentiels ; par exemple, dans les circonstances de la mort dn roi de Juda. Ensuite il faut remarquer qu'il s'agit ici de fils de frères d'A^azyah ({ui auraient été tués par léhou. L'auteur aurait-il évité de s'en tenir aux frères mêmes, parce qu'il avait déjà fait périr ceux-ci d'une autre manière (v. 1)? Mais comment donner des fils adultes à des hommes dont le père était mort naguère à 40 ans ? ou bien admettra>t-on qu'il s'agit de 42 enfants en bas-âge qui font un voyage pour visiter leurs cousins? Évidemment il y a ici différentes traditions inconciliables entre elles ; on bien il faut donner à ce mot de frères un sens absolument vague.

4 2 Rois XI. Le récit de notre auteur difiPère de l'autre à plusieurs égards, notamment en ce qu'il substitue aux gardes du corps, qui auraient fait la révolution d'après l'ancien narrateur, les prêtres et les Lévites comme acteurs principaux dans ce drame. Les changements introduits paraissent être assez arbitraires, car le texte conserve des traces nombreuses de l'ancien récit.

^ Texte corrigé d'après le passage parallèle du livre des Rois.

166 2 CHRONIQUE XXIII, i-iS.

et *Azaryahou fils de *Obed, et Ma'açéyahou fils de 'Adayahou, et Éiis^afat fils de Zikri. Et ils firent le toar de Juda et rassemblèrent les Lévites de toutes les villes de Juda, ainsi que les chefs de famille des Israélites, et ils vinrent à Jérusalem. Et toute cette assemblée ayant fait un pacte avec le roi, dans la maison de Dien, il leur dit : Le fils du roi que voici doit être roi, comme rÉternel Ta dit à Tégard des descendants de David. Voici ce que vous aurez à faire : Un tiers d'entre vous, c'est-à-dire de ceux qui vont monter la garde au sabbat, prêtres et Lévites, garderont les portes d'entrée ; un tiers le palais royal, et un tiers la porte lesôd; et tout le peuple ^ se tiendra dans les cours du temple. Et personne n'entrera dans la maison de TÉternel, si ce n'est les prêtres et les Lévites de service ; ceux-ci pourront entrer, parce qu'ils sont consacrés, et tout le peuple fera la garde du sanctuaire '. Et les Lévites se posteront tout autour du roi, les armes à la main, et quiconque voudra pénétrer dans le temple sera mis à mort, et vous serez avec le roi en permanence. ^ Les Lévites et tous ceux de Juda firent selon les ordres du prêtre lehoyada*, et ils prirent chacun ses hommes, tant ceux qui montaient la garde que ceux qui la descendaient au sabbat, car le prêtre lehoyada* ne congédia point les classes'. Et le prêtre lehoyada' donna aux capitaines les lances et les boucliers et les armures du roi David, qui étaient déposées dans la maison de Dieu. Et il posta tout le peuple, pique en main, depuis l'angle méridional du temple jusqu'à l'angle septentrional, entre l'autel et l'édifice, de manière à couvrir le roi de tous côtés. Puis ils introduisirent le fils du roi, lui mirent le diadème et lui remirent la loi, et le proclamèrent roi; et lehoyada* assisté de ses fils * lui donna l'onction, et ils crièrent : Vive le roi ! Et lorsque *Atalyahou entendit les cris du peuple qui accourait et acclamait le roi, elle se rendit au temple au milieu de la foule. Et voilà qu'elle vit le roi debout sur son estrade à l'entrée,

^ Les arrangements sont ici tout différents de ceux dont parle le livre des Rois. lesôd pourrait bien n'être qu'une variante de Sour, duo à un copiste. Le sens de ce mot n'est pas plus clair que celui do l'autre. Le peuple, ce seront les chefs de famille de Juda dont il a été parlé au v. 2.

^ Dans la cour extérieure. D'autres traduisent: observera la règle, c'est-à-dire se tiendra au dehors.

3 1 Ghron. XXIV. La classe qui sortait de service ne fut point licenciée, mais retenue. Tout ceci ne s accorde pas bien avec la nature des choses. Car le texte parle de classes au pluriel, comme si plusieurs avaient été de service en même temps ; et plus haut, tous les Lévites de Juda avaient été réunis.

^ On voit avec quel soin minutieux ce récit écarte tout co qui, d'après l'autre, pouvait sembler déroger aux institutions, telles qu'on les connaissait et observait dn temps de l'auteur.

2 CHRONIQUE XXin, 13-21. XXIV, 1-4. 167

et les capitaines et les trompettes à côté de lui, et tout le commun peuple dans la joie et faisant rententir les trompettes, et les musiciens avec leurs instrumenta donnant le signal des acclamations. Alors *Âtaiyahou déchira ses habits et s'écria : Trahison I trahison I Hais le prêtre lehoyada* fit avancer, les capitaines qui commandaient la troupe et leur dit : Conduisez-la dehors entre deux rangs, et quiconque voudra la suivre sera mis à mort I Car le prêtre disait : Vous ne la ferez pas mourir dans Tenceinte sacrée. Et Ton se rangea des deux côtés pour la laisser passer, et elle arriva jusqu'à rentrée de la porte aux chevaux au palais royal, et là on la mit à mort. **Et lehoyada* fit un pacte entre lui* et tout le peuple et le roi, pour qu'il redevint le peuple de rËternel. Et tout le peuple se porta au temple de Ba'al et le démolit, et ils brisèrent ses autels et ses images, et ils égorgèrent Mattan, le prêtre de Ba*al, devant les autek. Et lehoyada' institua des gardes au temple de laheweh, par les soins des prêtres lévitiques' que David avait répartis en classes, pour le service du temple, pour offrir les holocaustes de TÉternel (comme cela est prescrit dans la loi de Moïse), avec des réjouissances et des chants, selon l'institution de David. Et il établit les portiers aux portes de la maison de l'Éternel, pour qu'il n'entrât personne qui fût impur en quoi que ce fût. Et il prit les capitaines, et les nobles, et les magistrats du peuple, et tout le commun peuple, et fit descendre le roi du temple, et ils entrèrent par la porte supérieure dans le palais, et placèrent le roi sur le trône royal. Et la population était dans la joie, et la ville resta tranquille lorsqu'on Gi mourir 'Âtalyahou par l'épée.

' loas' était âgé de sept ans lorsqu'il devint roi, et il régna quarante ans à Jérusalem ^ Le nom de sa mère était Çibyah de Bcër-S'éba*. Et loas' fit ce qui plaisait à l'Éternel, aussi longtemps que le prêtre lehoyada' vécut*. Et lehoyada' lui fit épouser deux femmes et il engendra des fils et des filles.

* Après cela, loas' prit à cœur de restaurer la maison de l'ÉterneP.

I Cela ne peut avoir d'autre signification que de revendiquer pour lui l'initiative de U restauration. Car ni le roi ni le peuple ne contracta d'obligation officielle et politique envers lehoyada*.

^ Encore une réserve faite en faveur de la caste privilégiée, qui seule avait le droit de garder le temple, et qui était antérieurement déjà en possession de ce droit. Le récit du livre des Rois pouvait paraître contraire à ce privilège, à ces deux égards.

8 2 Rois XII, 1 suiv.

* Ici notre auteur met une restriction inconnue à l'autre récit. Il en est de môme de ce qui est dit des femmes du jeune roi.

^ Ce récit diffère à plusieurs égards de celui de 2 Rois XII, 5 suiv.

168 2 CHRONIQUE XXIV, 5-i4.

Et il assembla les prêtres et les 'Lévites et leur dit : Allez parcourir les villes de Juda, et recueillez de l'argent de tous les Israélites, pour réparer la maison de votre Dieu, d'année en année^ et hàtei la chose! Et comme les Lévites ne se pressaient pas, le roi appela lehoyada' leur chef, et lui dit : Pourquoi n'as-tu pas veillé à ce que les Lévites apportassent, do Juda et de Jérusalem, la contribution imposée à Israël par Moïse, le serviteur de Dieu, et par la communauté, pour le tabernacle de la loi * ? Car Atalyahou, cette scélérate, ses fils ^ ont dévasté la maison de Dieu, et tout ce qui avait été consacré pour cette maison, ils Tout employé pour les Ba*als. ^ Alors, sur Tordre du roi, on fit un coffre qu'on plaça à la porte de la maison de TÉternel, au dehors. Puis Ton fit une proclamation en Juda et à Jérusalem, à Tefiet de faire apporter à rÉtemel la contribution imposée par le serviteur de Dieu Moïse à Israël dans le désert. Et tous les chefs et tout le peuple rapportèrent avec joie et la jetèrent dans le cofire, jusqu'au dernier '. Et toutes les fois qu^on apportait le coffre à Tinspection du roi, par Tentremise des Lévites, lorsque ceux-ci voyaient qu'il y avait beaucoup d'argent, un secrétaire du roi et un prêtre en chef venaient vider le cofire ; puis ils le remportaient à sa place. Ils faisaient ainsi de temps en temps et ramassaient beaucoup d'argent, que le roi et lehoyada* donnaient au directeur des travaux de l'œuvre de la maison de. l'Éternel ; et l'on engageait des charpentiers et des tailleurs de pierre pour restaurer la maison de l'Éternel, ainsi que des ouvriers en fer et en airain pour la réparer. Et les directeurs des travaux firent en sorte que l'œuvre fut menée à bonne fin^ par leurs mains, et ils remirent la maison de Dieu en son état^ et la consolidèrent. Et lorsqu'ils l'eurent achevée, ils apportèrent le reste de l'argent au roi et à lehoyada*, et l'on en fit des ustensiles pour la maison de l'Éternel, des ustensiles pour le culte et pour les sacrifices, et des jattes et des vases d'or et d'argent ^

^ Allusion à la cotisation prescrite lors do la construction du tabernacle au désert, d'après Exod. XXX, 12 suiv. L'auteur suppose que cette cotisation a toujours été d'usage depuis ce temps-là, du moins de droit, et que la faute en était aux prfitres, si elle ne rentrait plus. Le texte dit proprement: la contribution de Moïse et d» la communauté à IsraCl. Le sens cependant ne saurait 6tre douteux. La communauté est censée avoir coopéré à Tordre donné aux individus.

2 Ici le texte parait être fautif. Il faudrait au moins lire : et ses fils. Mais nous ne savons rien de ce que des fils d'Athalie auraient fait pour dépouiller le temple de ses trésors.

3 Tout le monde paya ot personne ne resta en relard. ^ Litt. : il fut fait un pansement à l 'œuvre.

•'' Le 2* livre des Rois XII, 14 dit tout juste le contraire.

2 CHRONIQUE XXTV, 14-25. 169

Et l*on continua toujours a offrir des holocaustes dans la maison de rÉternel, tant que vécut lehoyada*. ** Cependant lehoyada* devint vieux et rassasié de jours, et mourut; il était âgé de cent trente ans lors de sa mort^ Et on l'enterra dans la cité de David à côté des rois, car il avait fait du bien en Israël^ et à l'égard de Dieu et de sa maison. Or, après la mort de lehoyada' les chefs de Juda vinrent se prosterner devant le roi, et le roi les écouta'. Et ils abandonnèrent la maison de TÉternel, le Dieu de leurs pères, et adorèrent les Astartés et les idoles, et il y eut une colère de Dieu sur Juda à cause de cette transgression de leur part. Et il leur envoya des prophètes pour les ramener à TËternel ; ceux-ci les adjuraient, mais ils n'écoutèrent point. Et Tesprit de Dieu saisit Zekaryah ,^ le fils du prêtre lehoyada*, et il se présenta devant le peuple, et lui dit : Voici ce que dit l'Éternel : Pourquoi transgressez- vous les commandements de TÉternel, de manière à courir à votre malheur? puisque vous abandonnez TÉternel, il vous abandonnera aussi ! Et ils s'ameutèrent contre lui et l'assommèrent à coups de pierres par ordre du roi, dans la cour même du temple. Et ainsi le roi loas', oubliant Tamour que son père lehoyada* lui avait montré, fat le meurtrier de son fils ; mais en mourant celui-ci s'écria : L'Étemel le voit et en demandera compte !

*' Or, il arriva * qu'au bout d'un an une armée d'Araméens marcha contre lui, et ils s'avancèrent en Juda et vers Jérusalem, et ils exterminèrent tous les chefs d'entre le peuple*, et ils envoyèrent tout leur butin au roi de Damas. Et bien que l'armée des Araméens ne vînt qu'avec peu de monde, l'Éternel leur livra une très-grande armée * parce qu'on avait abandonné le Dieu des pères ; et ainsi ils firent justice de loas'. Et quand ils se furent retirés de chez lui, en ie laissant gravement malade^, ses ofiiciers conspirèrent contre lui à

1 II aurait donc était centenaire à l'époque de la mort d'Âthalie. Tout ce qui est inconté ici au sujet d'un changement survenu dans les tendances du roi loas', est étranger au livre des Rois.

S Cette phrase est assez singulière et énigmatiquo. Elle doit sans doute dire que <1 'au très influences commencèrent à prévaloir à la cour du roi, qui se laissa mener par des personnes qui inclinaient vers les cultes étrangers.

3 C'est probablement le môme que celui auquel fait allusion un discours do Jésus rapporté Matth. XXIII, 35, bien que le texte de l'évangile donne un autre nom à son père.

4 Ce qui va suivre pourra 6tre combiné sans inconvénient avec le récit de 2 Rois XII, 18. Les deux relations se complètent sans être précisément contradictoires.

^ Est-ce à dire que le bas peuple fut traité avec moins de rigueur ?

^ De Judéens.

^ Peut-être des suites de blessures reçues à la guerre.

cause du meurtre des fils * du prêtre Ichojada^ et regorgèrent dus son lit. Et quand il fut mort, on Tenterra dans la cité de David, mais on ne Tenterra pas dans les sépulcres des rois'. Et voici qoeU étaient ceux qui avaient conspiré contre lui : Zabad, fils d'une fenme 'Ammonite nommée S'ime'at, et lehozabad, fils d*une femme moaUe nommée S'imerit^ Quant à ses fils, et au grand nombre de propkér ties faites contre lui ^, et à la restauration de la maison de DieOv tout cela est écrit en détail dans le Midras' ^ du livre des Rois. Eb son fils Amaçyahou devint roi à sa place.

'Amaçyahou^ était âgé de vingt-cinq ans lorsqu'il devint roi, et il régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Le nom de sa mère était Ieho*addan de Jérusalem. 11 fit ce qui plaisait à TÉternel, seuleBeai ce ne fut pas de tout son cœur. Et lorsque le pouvoir royal ftt affermi pour lui, il fit égorger les officiers qui avaient tué le roi son père. Mais il ne mit point k mort leurs fils; au contraire, il en agit comme cela est prescrit dans la loi, dans le livre de Moise» auquel rÉternel avait ordonné ceci : Les pères ne doivent pts mourir pour les fils et les fils ne doivent pas mourir pour les pères, mais chacun mourra pour son propre crime.

^ Amaçyahou ^ rassembla ceux de Juda et les rangea d'après lenrs familles, sous les chefs de mille hommes, et les chefs de cent, taflt Juda et Benjamin, et les passa en revue^ de vingt ans et au desstf« et en trouva trois cent mille combattants d'élite, portant lance et

1 Probablement faute de copiste, pour le singulier.

^ 2 Rois XII, 22 offre une formule qui est généralement employée dans nn M» contraire. On remarquera que le livre des Rois ne dit absolument rien de désavantageai sur le compte de ce roi.

'^ Ces noms sont curieux. Los variantes dans les noms propres sont en général^ peu d'importance dans les textes parallèles, mais ici l'auteur substitue les noms ^ mères, à ceux des pères donnés par l'autre texte, et pourtant ce sont à peu prèsl^ mOmes noms de côté et d'autre. Puis ces mères sont des étrangères, appartenant i >i^ peuple exécré plus que d'autres (Deut. XXIII, 4), et pourtant les fils portent desBoV jchovistes et théocratiques. Enfin, les conspirateurs nous sont représentés coo»^ vengeant la mort d'un prophète, peut-ôtre comme parents de sa famille ; comment DOtf expliquer la présence de ces femmes païennes dans une pareille famille, ai ce n'est p^ l'absence d'une loi qui la défendait?

'* Comp. V. 19. D'autres traduisent: les contributions (de guerre) levées suri"* (par les AraméensJ, 2 Rois XII, 19.

îi Chap. XIII, 22.

6 2 Rois XIV, 2 suiv.

I0S '^ Ce passage est étranger à l'autre relation. Il se fait encore remarquer par

chiffres élevés.

bouclier. De plus, il prit à sa solde ceut mille hommes de guerre d'Israël, pour cent talents d'argent*. Et un homme de Dieu vint à lui et lui dit : 0 roi I Que cette armée d'Israël ne marche pas avec toi; car TÉternel n'est pas avec Israël, avec tous ces Éphraïmites. Marche plutôt toi seul! Courage I sois vaillant au combat! Dieu te ferait tomber devant l'ennemi; car Dieu a le pouvoir de donner la victoire et de faire tomber. Alors Âmaçyahou dit à l'homme de Dieu : Mais qu'y a-t-il à faire à l'égard des cent talents que j'ai donnés à cette troupe d'Israélites? Et l'homme de Dieu répondit : Dieu a de quoi te donner plus que cela. Et Amaçyahou les congédia (cette troupe qui était venue auprès de lui d'Éphraïm), pour les faire rentrer chez eux ; et ils furent trës-irrités contre ceux de Juda, et ils s'en retournèrent chez eux en grande colère.

^* Cependant ' Amaçyahou, plein de courage, se mit en campagne avec sa propre troupe et marcha vers la plaine au sel, et y tua dix mille hommes à ceux de §é*ir; et dix mille autres tombèrent vivants entre les mains de ceux de Juda, qui les menèrent au sommet de la Roche, et les en précipitèrent^ de sorte qu'ils se cassèrent, tous le cou.

Et ceux de la troupe qu'Amaçyahou avait renvoyés, au lieu de les conduire avec lui à la guerre, se répandirent dans les villages de Juda, depuis S'omerôn jusqu'à Bêt-li[orôn% et y égorgèrent trois mille hommes et emportèrent un grand butin. *^ Lorsque Amaçyahou, après avoir défait les Édomites, rentra chez lui, il emporta les dieux de ceux de §é*ir et s'en fit des dieux à lui, devant lesquels il se prosternait et auxquels il brûlait de l'encens*. Alors la colère de Dieu éclata contre Amaçyahou et il envoya vers lui un prophète qui lui dit : Pourquoi consultes-tu les dieux de ce peuple^ lesquels n'ont pas pu le protéger contre toi? Et comme il lui parlait ainsi, il

1 Soit 4500 kilogrammes (900,000 fr.].

* On voit par ce qui suit quHl s'agit de Texpédition contre les Édomites des montagnes de Sé'îr, dont il est parlé 2 Rois XIV, 7. Ici il y a de nombreux détails. Ces détails sont d'une nature si particulière qu'il faudra nécessairement admettre une autre source, ou une source mieux exploitée que celle qui a servi à l'autre rédacteur.

3 Cette notice a quelque chose de singulier, S'omerôn étant beaucoup plus au nord qae B^-Horôn, et pourtant il faut admettre que c'est en rentrant chez eux, c'est-à-dire en venant du sud, que les Ephraïmites commirent ces excès, pendant que les Judéens étaient à l'autre extrémité du territoire. De plus, S'omerôn était la capitale dos Ephraïmites, où régnait alors un roi plus puissant que celui de Juda. Il faudra probablement admettre une faute dans ce nom propre.

-^ Les divinités (idoles) d'un peuple vaincu formaient la partie la plus précieuse du butin, et comme on croyait à leur réalité personnelle et à leur puissance relative, on songeait à se les concilier.

lui dit : Est-ce que nous t'avons fait conseiller da roi ? Tais -toi 1 on va te battre! Et le prophète se tut, mais en disant : Je vois que Dieu a résolu de te perdre^ puisque, après avoir agi ainsi, tu refuses d'écouter mon conseil.

''Alors Amaçyahou*, le roi de Juda, s'avisa d'envoyer vers ïoas', fils de lehoahaz, fils de léhoû, roi d'Israël, pour lui dire : AUods! mesurons-nous! Mais loas', le roi d'Israël, envoya vers Amaçyahon, le roi de Juda, et lui fit dire : Le buisson du Liban envoya vers le cèdre du Liban et lui fit dire : Donne ta fille pour femme à mon fils I Et les bètes sauvages du Liban y passèrent et foulèrent aux pieds le buisson. Tu dis : voyez, j'ai battu les Édomites, et ton cœur t'emporte à faire le glorieux; or, reste chez toi! pourquoi! veux-tu provoquer le malheur pour succomber toi-même et Juda avec toi? Mais Amaçyahou ne voulut pas écouter, car il était poussé par Dieu même qui voulait les livrer, parce qu'ils s'étaient adressés aux dieux d'Édom. '* Alors loas', le roi d'Israël, se mit en campagne, et ils se rencontrèrent, lui et le roi de Juda, à Bêt-S'ems', qui appartenait h Juda. Et ceux de Juda furent défaits par ceux d'Israël, et ils s'enfuirent et rentrèrent chez eux. Quant à Amaçyahau, le roi do Juda, le fils de loas' fils de lehoa^iaz^ loas', le roi d'Israël, s'empara de lui à Bêt-S'ems', et le mena à Jérusalem, dont il abattit la muraille sur une étendue de quatre cents coudées, depuis la porte d'I'^phraïm jusqu'à la porte de l'angle^; et il prit tout Tor et l'argent, et tous les vases qui se trouvaient au temple, sous la garde de 'Obed-Ëdom^; et tous les trésors du palais royal, et des otages, et ensuite il s'en retourna à S'omerôn.

^^ Amaçyahou^ fils de loas', roi de Juda, vécut encore quinze ans après la mort de loas' fils de lehoahaz, roi d'Israël. Le reste des histoires d'Amaçyahou, du commencement à la fin, se trouve écrit en détail dans le livre des rois de Juda et d'Israël. Et depuis le moment où Amaoyah s'était détourné de l'Éternel, on fit un complot contre lui à Jérusalem, et il s'enfuit !i Lakis', mais on envoya après lui à Lakis' et on l'y tua. Et on le chargea sur les chevaux, et on l'enterra auprès de ses pères dans la cité de Juda^.

1 2 Rois XIV, 8 suiv.

2 Autrement dit Abazyah.

3 Corrigé d'après le passage parallèle. Le texte reçu dit : la porte çui regarde, ce qui ne donne pas de sens.

-* Ou plutôt de sa famille, 1 Chron. XXVI, 15 suiv.

5 2 Rois XIV, n suiv.

^ Faute de copiste pour : cité de David.

'Et le peuple' de Juda prit 'Ouzziyahou, alors âgé de seize ans, et le proclama roi à la place de son përe Amaçyahou. Ce fut lui qui, après la mort du roi, fortifia Élôt, après Tavoir reconquise pour Juda. 'Ouzziyahou était âgé de seize ans^ quand il devint roi et il régna cinquante-deux ans à Jérusalem. Le nom de sa mère était lekilyah de Jérusalem. Il fit ce qui plaisait à TËternel, absolument comme avait fait son père Amaçyahou. 11 s'occupait à rechercher Dieu, durant la vie de Zekaryahou qui s'entendait à voir Dieu', et tant qu'il recherchait Dieu, celui-ci le fit prospérer. Il entra en campagne pour combattre les Philistins, et démolit les mors de Gat> de labneh et d'As'dod; et fortifia des endroits dans le pays d'As'dod et des Philistins. Et Dieu lui fut en aide contre les Philistins, et contre les Arabes qui demeuraient à Gour*Ba*al, et contre les Ma*onites ^. Les 'Ammonites payaient un tribut à 'Ouzziyahou, et son nom était reconnu ^ jusqu'à la frontière de l'Egypte, car il était extraordinairement puissant. ^ *Ouzziyahou bâtit des tours à Jérusalem, à la porte de 'l'angle, et à la porte de la vallée, et au redan^, et les fortifia. Il bâtit aussi des tours dans le désert, et creusa de nombreuses citernes, car il avait de grands troupeaux, aussi bien que dans la Basse-terre et dans la Plaine, des laboureurs et des vignerons, dans les montagnes et au Karmel, car il aimait Tagriculture ^. 'Ouzziyahou avait une force militaire.

12 Rois XIV, 21 soiv.

* 2 Rois XV, 2 suiv.

3 Probablemeot ce Zacharie doit être désigné, par cette phrase assez singulière, comme prophète ou voyant. Une variante très-répandue permettrait de traduire : qui l'instruisait dans la crainte de Dieu; et cette leçon nous paraît préférable.

^ 1 Chron. IV, 41 . Gour-Ba al est une localité inconnue.

^ Litt.: alla; mais il s'agit évidemment de l'autorité et non de la renommée.

fi Pour la porte de l'angle^ voyez 2 Rois XIV, 13. Celle de la vallée se trouvait Probablement sur le côté occidental de la ville, vers la vallée de G'itiôn ,- le mot hébreu ^ue nous traduisons au hasard par redan, signifie un angle rentrant, et il s'agit peut-être ^ une localité au sud où les deux collines principales sur lesquelles la ville était bâtie donnent accès par la vallée qui les sépare.

"^ Nous avons vu plus haut (1 Chron. XXVII, 25 suiv.) dans l'histoire de David

^ue la fortune personnelle de la famille royale consistait en terres et en troupeaux. Le

xt)i 'Onzziyah est signalé comme un propriétaire particulièrement intelligent. Les tours

du désert auront été des points de rassemblement pour les bergers. La Basse-Terre est

la plaine des Philistins, où le roi avait étendu sa domination, ou bien encore celle do

S'arôn. Le district nommé plus spécialement la Plaine, doit dtro cherché sur le bas

Jourdain, et même au delà de cette rivière; les Montagnes, c'est le plateau de Juda;

le Karmel, enfin, n'est pas ici le fameux promontoire de ce nom, mais la contrée dont

il a été question i Sam. XXV.

faisant le service par troupes d'après le chiffre de leur recensement, opéré par le secrétaire le'ouël et le contrôleur Ma*a$éyahou, sous les ordres de Qananyahou, Tun des officiers supérieurs du roi. Le nombre total des capitaines, chefs de famille, était de deux mille six cents ; sous leurs ordres était une force armée de trois cent sept mille cinq cents guerriers, force suffisante pour assister le roi contre l'ennemie 'Ouzziyahou leur fournit^ à toute cette armée, des boucliers, des lances, des casques, des cuirasses^ des arcs, et des pierres à fronde. Et il fit faire à Jérusalem des engins, invention d'ingénieurs, pour être mis sur les tours et sur les angles des murs, pour lancer des flèches et de grosses pierres'. Sa renommée se répandit au loin, car il se créa de grandes ressources ', de manière à devenir très-puissant.

'^Mais avec sa puissance son cœur s'enfla d'orgueil au point de commettre un crime contre l'Éternel son Dieu : il entra dans le sanctuaire de l'Éternel pour brûler de l'encens sur l'autel aux parfums. Or, le prêtre 'Azaryahou l'y suivit, accompagné de quatrevingts prêtres de l'Éternel, hommes courageux, qui s'opposèrent au roi 'Ouzziyahou et lui dirent : Ce n'est pas à toi, 'Ouzziyahou, qu'il appartient de brûler de l'encens à l'Éternel, mais aux prêtres, fils d'Âharôn^ qui sont consacrés pour cela : sors du sanctuaire, car tu commets un crime^ et cela ne te fait point honneur^ au gré de l'Éternel Dieu. Alors 'Ouzziyahou se mit en colère, tout en tenant l'encensoir à la main; mais au moment où il s'emportait contre les prêtres^ la lèpre éclata sur son front, en présence des prêtres, dans le temple même, en face de l'autel aux parfums. Et comme 'Azaryahou, le prêtre en chef% et tous les autres prêtres le regardaient, voilà qu'il était couvert de lèpre au froni, et ils le firent sortir en toute hâte, et lui-même s'empressa de s'en aller, parce que l'Éternel l'avait frappé. Et le roi 'Ouzziyahou resta lépreux

^ L'organisation de cette milice, qu'il ne faut pas se représenter comme une armée permanente) était basée sur la division naturelle des familles, clans, ou villages. Les sheikhs, ou anciens, étaient les capitaines nés de ces troupes ou compagnies de 120 hommes en moyenne. 11 y avait un commandant général^ et des officiers contrôleurs ou teneurs de registres. Quoique chose d'analogue est déjà attribué à David.

^ Première mention de V artillerie,

3 Litt.: il fit de grandes choses pour s'aider.

'^ On pourrait aussi être tenté de traduire : ce n'est pas à toi que revient cet honneur.

^ Le nom de *Âzaryah revient plusieurs fois dans la liste des prêtres de Jérusalem qu'on lit 1 Ghron. V^ 27 suiv. Mais il est difficile do dire lequel est celui de notre texte. En revanche, il y manque des noms bien connus dans l'histoire.

jusqu'au jour de sa mort, et demeura dans Tinfirmerie ^ couvert de lèpre, car il était exclu du temple de rÉternel, et son fils lô^am occupait le palais royal et rendait la justice au peuple. " Le reste des histoires de 'Ouzziyahou, du commencement à la fin, a été écrit par le prophète Ésaïe, le fils d'Amoç*. Et lorsque 'Ouzziyahou se fut endormi avec ses pères, on Tenterra à côté d'eux, dans le champ sépulcraP des rois; car on disait: Il était lépreux. Et son fils lô^am devint roi à sa place.

' lôtam * était âgé de vingt-cinq ans quand il devint roi, et il régna seize ans à Jérusalem. Le nom de sa mère était Icrous'ah fille de Çadoq. 11 fit ce qui plaisait à rÉternel, absolument comme avait fait son père 'Ouzziyahou, seulement il n'entra pas au sanctuaire de rÉternel, et le peuple commettait toujours des actes criminels^. Ce fut lui qui construisit la porte supérieure du temple. Il fit aussi beaucoup travailler aux murs du 'Ofel ^ ; il fit fortifier des villes dans les montagnes de Juda, et construisit des forts et des tours sur les hauteurs boisées. ^ Il fit la guerre au roi des 'Ammonites et les vainquit, et les 'Ammonites durent lui donner cette année-là cent talents d'argent et dix mille kors de froment et autant d'orge^ : et les 'Ammonites lui payèrent cela aussi la seconde année, et la troisième. lô^am consolida sa puissance, parce qu'il marchait fermement dans les voies de l'Éternel son Dieu. Le reste des histoires de lô^am, et toutes ses guerres et ses actes, se trouvent écrits dans le livre des rois d'Israël et de Juda. Il avait été âgé de vingt-cinq ans lorsqu'il devint roi et il régna seize ans à Jérusalem ^. Et lorsque lôtam se fut endormi avec ses pères, on l'enterra dans la cité de David et son fils Abaz devint roi à sa place.

I Id nous retrouvons le texte de 2 Rois XV^ 5 suiv. La maladie du roi est constatée aussi par cette autre source. La cause en est racontée ici d'après le Midras' ou la tradition légendaire.

* Voir l'introduction^ page 27. 32.

3 En plein air et non dans un caveau.

4 2 Rois XV, 23 suiv.

^ D'après le texte parallèle, il s'agit des hauts-lieux.

G Le prolongement méridional de la colline du temple.

"ï 4500 kilos d'argent (900,000 fr.) ; le kor équivaut ù 3 hectol. 90, d'après les uns, à la moitié seulement, d'après les autres.

^ Voyei au sujet d'une répétition analogue, la note sur 2 Rois XIV, 15.

* Atiaz * était âgé de vingt ans lorsqu'il devint roi et il régna seize

ans à Jérusalem. Il ne fit point ce qui plaisait à rËternel^ comme

avait fait son père David, mais il marcha dans les voies des rois

d'Israël et fit même des images de fonte aux Basais, il brûla de

Tcncens dans la vallée de Ben-Uinnôm, et fit passer ses fils par le

feu, selon Tabominable coutume des peuples que rÉternel avait

chassés devant les Israélites ; et il sacrifiait et il brûlait de rencens

sur les hauts-lieux, et sur les collines et sous tout arbre touffu.

Alors rÉterneP son Dieu le livra au roi des Araméens^ qui le

battirent et lui enlevèrent une masse de monde qu'ils emmenèrent

captifs à Damas. Il fut de plus livré au roi d'Israël qui lui fit

essuyer une grande défaite : Péqa^, le fils de Remalyahou, tua au^c

Judéens^ en un seul jour, cent vingt mille hommes, tous vaillants

guerriers, parce qu'ils avaient abandonné rËterncl, le Dieu de leurs

pères. (Zikri, un héros d'Éphraïm, tua Ma'açéyahou, un fils du roi*

et Azriqam le préfet du palais^ et Elqanah le vizir du roi.) Et ceux

d'Israël emmenèrent de chez leurs frères deux cent mille personnes,

femmes, garçons et filles^ et ils emportèrent en outre un immense

butin à S'omerôn.

" Or, il y avait là ♦ un prophète de l'Éternel, nommé *Oded, qui

était allé à la rencontre de l'armée revenant en Samarie. Il leur dit :

Voyez I c'est dans sa colère contre ceux de Juda que TÉternel, le

Dieu de vos pères, les a livrés entre vos mains, et vous en avez

fait un carnage qui est parvenu jusqu'au cieP. Et maintenant vous

prétendez vous emparer de ces enfants de Juda et de Jérusalem

pour en faire vos esclaves? Mais vous aussi, n'ètes-vous pas

coupables envers l'Éternel votre Dieu? Écoutez-moi donc, et renvoyez

CCS captifs que vous avez emmenés de chez vos frères, car la colère

1 2 Rois XVI, 2 suiv.

^ Ce qui est dit ici de la guerre d'A^az avec les Syriens do Damas et le roi d'Israël, diiTère un peu de la relation du livre des Rois. Comp. aussi Ësaîe VU.

*^ Ce détail prouve que le rédacteur puisait dans des sources comparativement trèsriches. Le fils du roi doit avoir été tout bonnement un prince du sang quelconque et non un fils d'Abaz, à moins qu'on ne veuille admettre que cette bataille n'ait eu liea que tout à la fm du règne. Le vizir, litt.: le second.

^ L'incident qui suit ne se trouve point dans l'autre relation. Les noms qtii y sont mentionnés pourraient sembler ofTrir des garanties d'authenticité relativement aui autres détails. Cependant l'exagération évidente dans les nombres trahit soit l'influence do la tradition, soit le goût particulier du rédacteur, et le doute s'attachera aussi à la ^c'uérosité improvisée des vainqueurs et à la route qu'ils prennent pour aller de Jérusalem à Samarie.

^ C'est-à-dire que Jéhova ne peut manquer d'en prendre connaissance et d'examiner si vous n'avez pas agi avec trop de cruauté.

de Dieu vous menace! Sur cela, quelques hommes d'entre les chefs des Éphraïmites, 'Azaryahou fils de lo^anau, Bérekyahou fils de Mes'illémot, leï^izqiyahou fils de S'alloum, et 'Amrçâ fils de Hadlaï, se levèrent contre ceux qui revenaient de Texpédition et leur dirent : N'introduisez pas ici ces captifs I car ce serait pour nous rendre coupables envers laheweh que vous prétendriez ajouter encore à nos péchés et à nos fautes. Notre compte est déjà assez grand et le courroux céleste pèse sur Israël! Alors la troupe armée laissa là ses prisonniers et le butin, au gré des chefs et de toute la foule réunie. Et les personnes désignées nominativement ' allèrent se charger de ces prisonniers ; tous ceux qui étaient dans le dénûment , ils les ▼étirent en prenant des habits du butin ; ils les chaussèrent, leur donnèrent à manger et à boire, les oignirent ', firent monter sur des ânes ceux qui ne pouvaient plus marcher, et les conduisirent à lerébo, la ville aux palmiers, auprès de leurs frères, et puis s'en retournèrent à S'omerôn.

••Vers ce temps-là*, le roi Ahaz envoya vers les rois d'Assyrie pour demander du secours. Il y eut encore les Édomites* qui survinrent et battirent ceux de Juda et emmenèrent des captifs. Et les Philistins tirent des courses contre les bourgades du bas-pays et du midi de Juda, et prirent Bét-S'ems', Ayyalôn, G'edérot, et §ôkô avec ses dépendances, et Tiinnsth avec ses dépendances, et G'imezo avec ses dépendances, et s'y établirent. Car l'Éternel humiliait Juda à cause d'Abaz roi d'Israël *, parce qu'il s'était lâché le frein en Juda, et avait été rebelle à l'Éternel. Et Tiglat-Pilnéser, le roi d'Assyrie, marcha contre lui et l'assiégea, et ne le soutint pas •. Car Abaz

1 Ce ne sont pas nécessairement les chefs nommés au v. 12, mais des commissaires désignés pour cet objet spécial.

^ Ce terme comprend sans doute tout ce qu'il y avait à faire pour remettre dans un <tat convenable des malheureux arrachés de chez eux par la soldatesque et se trouvant masit après un trajet assez long, dans une situation misérable^ couverts de poussière, <cbevelés, blessés^ etc.

3 Comp. la relation 2 Rois XVI, 7. — Le pluriel : Us rois d'Assyrie, pourrait bien Ctre une simple faute de copiste.

4 2 Rois XVI, 6.

^ Cette désignation s'est déjà rencontrée chap. XXI, 2.

0 Les rapports d'Abâi avec ce roi assyrien sont tout autrement représentés 2 Roiâ XVI, 7 suiv. Ici il n'est pas parlé du tout de la catastrophe de Damas. Si l'on roulait â tout prii faire accorder les deux relations, il faudrait supposer que Tiglah^'i^^^ser, mpris avoir défait les Syriens et les Éphraïmites, voulut aussi réduire les Judéens, de sorte que, d'allié qu'il devait Otre, ou qu'il avait été, il devint ernemi à son tour. En tout cas, ni le livre des Rois, ni Ésaïe ne disent mot do cette dernière circonstance. Ce que notre texte dit du dépouillement du temple est antérieur au siège, et le roi d'Assyrie parait en avoir voulu davantage.

A. T. 4» part. 12

178 2 CHRONIQUE XXVllI, 21-27. XXIX, 1-6.

avait dépoaillé le temple et le palais royal et ses officiers, et avait toat donné au roi d'Assyrie^ mais cela ne lai servit de rien. ''Et dans le temps de sa détresse même, il continua à être rebelle à rËternel^ lui, le roi Âhaz. Il fit des sacrifices aux dieux de Damas qui Pavaient battu, et il dit : Ce sont les dieux des rois d^Aram qui leur ont donné la victoire ; c'est à eux que je veux faire des sacrifices pour qu'ils me la donnent aussi. Mais ce furent eux qui causèrent sa chute et celle de tout IsraOl. Et Abaz ramassa les vases de la maison de Dieu * et les mit en pièces, et fit fermer les portes du temple, et se fit des autels dans tous les coins de Jérusalem. Et dans toutes les bourgades de Juda il établit des lieux de culte pour y brûler de Tencens aux dieux étrangers et il irrita ainsi rËtemel, le Dieu de ses pères. ** Le reste ^ de ses histoires et ses entreprises, du commencement à la fin, tout cela se trouve écrit dans le livre des rois de Juda et d'Israël. Et lorsque A^az se fut endormi avec ses pères, on l'enterra dans la ville, à Jérusalem, car on ne voulut point le faire entrer dans les tombeaux des rois d'Israël. Et son fils lebizqiyahou devint roi à sa place.

* lebizqiyahou ' devint roi à l'âge de vingt-cinq ans, et il régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Le nom de sa mère était Abiyah fille de Zekaryahou. Il fit ce qui plaisait à l'Éternel, absolument comme avait fait son père David. Ce roi, dès la première année de son règne^ au premier mois^, rouvrit^ les portes du temple de rËtemel, et les restaura. Puis il fit venir les prêtres et les Lévites et les ayant assemblés sur la place orientale ^, il leur dit : Écoutez-moi, Lévites I Purifiez-vous ', et purifiez le temple de laheweh, du Dieu de vos pères, et ôtcz toute souillure du sanctuaire. Car nos pères ont été infidèles et ont fait ce qui déplait à notre Dieu ; ils l'ont abandonné, ils ont détourné leur face de la demeure de laheweh et lui ont

1 Comp. une notice analogue, mais pourtant différente, dans 2 Rois XVI, 17 soiv.

2 2 Rois XVI, 19 suiv., où il y a encore une divergence assez remarquable. En général, notre auteur s'attache à donner du roi Abaz un portrait beaucoup plus défavorable et plus chargé que celui du rédacteur du livre des Rois. Comp. ci-dessus, chap. XXIX, 6 suiv.'

3 Voyez pour le commencement de la relation de ce règne, 2 Rois XVIII, 2 suiv. Le parallélisme ne va pas au delà des premières lignes.

4 On voit par la suite du récit (v. 17 et chap. XXX, 2), qu'il s'ogit du premier mois du calendrier, au printemps, et non de celui du règne.

5 Chap. XVIII, 24.

0 C'est-à-dire dans la grande cour, devant la façade du temple. "* Pour tout acte religieux, les prôtrcs avaient à se préparer par des ablutions cl certaines abstinences.

tourné le dos. Ils ont aussi fermé les portes du vestibule, ils ont éteint les lampes, ils n'ont point brûlé d'encens, et n'ont point immolé d'holocaustes dans le sanctuaire du Dieu d'Israël. Aussi la colère de laheweh a-t-elle frappé Juda et Jérusalem : il les a livrés à la vexation, à la désolation et à la raillerie, comme vous le voyez de vos propres yeux. Voyez ! nos pères sont tombés par l'épée ; nos fils, DOS filles, nos femmes ont été emmenées en captivité pour cette cause. Maintenant je suis décidé à faire un pacte avec laheweb, le Dieu d'Israël, pour que sa colère se détourne de nous. Or donc, mes fils, ne soyez pas indifférents! Car c'est vous que laheweh a choisis pour vous tenir devant lui, pour le servir, pour être ses ministres et pour lui brûler de l'encens.

*' Sur cela, les Lévites * Mabat fils de 'Amaçaï et loël fils de *Azaryahou, de la famille des Qehatites, Qis' fils de *Abdi et *Azaryahou fils de lehalléleël, de la famille des Merarites, lôab fils de Zimmah et *Éden fils de lôah, d'entre les G'crs'ounites, puis de la famille d'Ëliçafan S'imerî et le'iël, de la famille d'Asaf Zekaryahou et MaH&nyahou, de la famille de Héman lebiël et S'ime*!, de la famille de ledoutoun S'ema*yah et *Ouzziël, se mirent en devoir d'assembler leurs frères, et s'étant purifiés, ils vinrent, d'après l'ordre du roi, purifier le temple selon la prescription de l'Éternel. Et les prêtres entrèrent dans l'intérieur du temple pour le purifier, et tout ce qu'ils trouvèrent de souillures * dans le sanctuaire, ils le portèrent au dehors dans la cour du temple, où les Lévites le reçurent pour le jeter dehors dans le ravin du Qidrôn. Ils avaient commencé la purification le premier jour du premier mois, et le huitième jour du mois ils en étaient venus au vestibule^; ils employèrent huit jours à purifier le temple lui-même, et ils finirent le seizième jour du premier mois. ** Après cela, ils se rendirent auprès du roi Hizqiyahou dans sa résidence, et lui dirent : Nous avons purifié tout le temple de laheweh, et l'autel aux holocaustes avec tous ses ustensiles, et la table de proposition avec tous ses ustensiles, et tous les objets que le roi Abaz avait mis de côté, pendant son règne, par suite de son infidélité, nous les avons remis en état et consacrés : ils se trouvent maintenant près de l'autel de laheweh.

^ Sur les différentes familles de Lévites qui sont mentionnées ici, voyez surtout 1 Chron. VI, oîi l'on trouve même l'un ou l'autre nom des individus ici désignés. Comp. aussi Nombr. III^ 30.

^ L'auteur veut sans doute parler d'objets étrangers au culte de Jéhova, et non pas seulement d'un simple état de malpropreté, qui aurait été rcfîetde la négligence.

^ La première semaine avait donc été employée à la purification des cours. On voit que ceci est rétrospectif et que nous avons eu raison de mettre le plus-que-parfait.

^^ Alors le roi Ie\iizqiyahou assembla de bon matin les principaux de la ville et monta au temple. Et Ton amena sept taureaux, et sept béliers, et sept agneaux; de plus', sept boucs de chèvres pour le sacrifice d'expiation, pour la royauté, le sanctuaire et le peuple ; et il ordonna aux prêtres de la famille d'Âbarôn de les immoler sur Tautel de lahcweh. Les taureaux ayant été égorgés, les prêtres en recueillirent le sang et en aspergèrent Tautel ; ensuite ils égorgèrent les béliers et aspergèrent Tautel de leur sang; puis ils égorgèrent les agneaux et aspergèrent Tautel de leur sang. Après cela, ils amenèrent les boucs de Texpiation devant le roi et rassemblée, lesquels posèrent leurs mains dessus ', puis les prêtres les égorgèrent, et versèrent le sang sur Tautel en guise d'expiation, pour obtenir le pardon pour tout Israël ', car c'était pour tout Israël que le roi avait commandé ces sacrifices d'holocaustes et d'expiation. '^ Il avait fait prendre place aux Lévites dans le temple, avec leurs cymbales, leurs luths et leurs harpes, selon l'institution de David, et de Gad le voyant du roi, et du prophète Natan, car cette institution avait été faite par Dieu, par l'organe de ses prophètes*. Et les Lévites avaient pris place avec les instruments de David*, et les prêtres avec leurs trompettes. Puis Hizqiyahou avait ordonné de porter l'holocauste sur l'autel, et au moment où avait commencé le sacrifice, la musique sacrée et les trompettes avaient commencé aussi, et cela avec les instruments du roi David. Et toute l'assemblée s'était prosternée, et la musique joua, et les trompettes retentirent, le tout jusqu'à la fin du sacrifice. Et quand le sacrifice fut achevé, le roi et tous ceux qui se trouvaient avec lui fléchirent les genoux et se prosternèrent. Puis le roi lebizqiyahou et ses officiers dirent aux Lévites de chanter les louanges de laheweh avec les paroles de David et d'Asaf le voyant, et ils chantèrent avec allégresse, et s'inclinèrent et se prosternèrent.

^* Alors Ie\iizqiyahou reprit et dit : Maintenant vous vous êtes

1 Nous insérons cet adverbe pour faire ressortir ce fait qu'il s'agit de deux espèces de sacrifices. Les taureaux, les béliers et les agneaux étaient oiferts en bolocaustcs, les boucs seuls dans le but spécial de l'expiation. Voyez la suite du récit.

^ Rite symbolique, par lequel les péchés de rbomme sont censés déposés sur la tête de l'animal. Comp. sur ces cérémonies, Lév. I, 4; IV, 30, 34; XVI, 21, etc.

3 Ceci doit être pris dans le sens le plus large [chap. XXX, 1).

'l Comp. 1 Chron. XV, 16.

^ 1 Chron. XXIII, 5. — Tout cela se rapporte encore ù la cérémonie précédemment décrite ; de U les plus-que-parfaits.

consacrés à ïaheweh * ; venez offrir des sacrifices et des hommages ' à sou temple. Et rassemblée vint offrir des sacrifices et des hommages, et quiconque le voulait bien^ offrit des holocaustes. Le nombre des holocaustes que l'assemblée offrit fut de soixante-dix taureaux, de cent béliers et de deux cents agneaux : tout cela fut offert comme holocauste à l'Éternel. Eu outre, on consacra six cents bœufs et trois mille moutons '. Seulement les prêtres étaient en trop petit nombre pour pouvoir écorcher toutes les victimes; et leurs frères, les Lévites^ les assistèrent jusqu'à ce que la besogne fut terminée et que les prêtres se fussent purifiés*, car les Lévites avaient mis plus de zèle à se purifier que les prêtres. Avec cela il y avait des holocaustes en masse, et de plus il y avait les parties grasses des sacrifices d'actions de grâces, et les libations après l'holocauste^. Le service du temple fut ainsi rétabli, et le^izqiyahou se réjouit avec tout le peuple de ce que Dieu avait si bien disposé celui-ci ; car toute cette affaire s'était faite subitement.

* Après cela, lehizqihyahou manda à tout Israël et Juda, en écrivant aussi des lettres à ceux d'Éphraîm et de Menass'eh, de se rendre au temple de ïaheweh à Jérusalem, afin de faire une pàque au Dieu d'Israël. Le roi et ses ministres et toute la communauté de Jérusalem furent d'avis de faire la pàque au second mois ^, car ils n'avaient pas encore pu la faire à ce moment-là, parce que les prêtres ne s'étaient point purifiés en nombre suffisant, et que le

^ Litt. : Vous avez rempli vos mains ^ phrase usitée pour exprimer Tidée de l'installation dans an office quelconque. Le roi veut dire : Dès à présent le service régulier et ordinaire peut reprendre. Les paroles suivantes font voir que le roi s'adresse à toute l'assemblée et non aux prêtres seuls.

^ Il serait plus exact de traduire : des victimes et des louanges ; mais probablement les deux mots doivent exprimer la notion complexe de sacrifices d'actions de grâces.

3 De ces dernières victimes [offertes en actions de grâces) certaines parties seulement étaient brûlées, d'autres données aux sacrificateurs ,- la plus grande part était consommée en an festin par les particuliers. Les holocaustes seuls étaient complètement abandonnés à l'autel.

^ En nombre suffisant.

^ L'auteur veut dire que cette exception à la règle, d'après laquelle les prêtres seuls^ à l'exclusion des Lévites, devaient faire la besogne en question , s'expliquait d'un côté par ce que les prêtres avaient montré moins d'empressement que les Lévites à suivre les ordres du roi ^peut-être parce qu'ils s'étaient compromis sous le règne précédent], de l'autre côté parce qu'il y avait trop à faire: 1" les holocaustes ; 2" les antres sacrifices dont les parties grasses seules étaient brdlées ; 3° les rites accessoires.

6 Et non à la pleine lune (le 15) du premier mois, selon la coutume, parce que les préparatifs n'étaient guère que commencés à cette époque (chap. XXIX, 1'7).

peaple n'était point encore réani à Jérusalem. Aussi cet avis plut-il au roi et à toute la communauté. Et ils décidèrent qu'on ferait proclamer par tout Israël, depuis Beër-S'éba* jusqu'à Dan, qu'on eût à venir faire une pàque à laheweh, le Dieu d'Israël, à Jérusalem; car on ne l'avait point faite d'une manière générale, comme cela était prescrite ^Et les coureurs munis de lettres de la part du roi et de ses ministres, allèrent par tout Israël et Juda, et d'après l'ordre du roi ils dirent : Israélites ! revenez à laheweh, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël, pour que lui aussi revienne à ce reste, à ce qui a échappé aux mains des rois d'Assyrie ! Et ne soyez pas comme vos pères et vos frères, qui ont été infidèles à laheweh, le Dieu de leurs pères, et qu'il a livrés à la désolation comme vous le voyez. Et ne roidissez point maintenant votre cou, comme ont fait vos pères I Donnez la main à laheweh et venez à son sanctuaire qu'il a consacré à jamais, et adorez laheweh, votre Dieu, pour que sa colère se détourne de vous. Car si vous revenez à lui, vos frères et vos fils seront un objet de pitié pour leurs ravisseurs, et pourront retourner dans ce pays-ci, car laheweh votre Dieu est clément et miséricordieux^ et il ne détournera pas sa face de vous, si vous revenez à lui I Or, comme les coureurs passèrent de ville en ville, dans le pays d'Ëphraïm et de Mcnass'eh, et jusqu'en 2^bouloûn, on se moqua d'eux et on les reçut en ricanant. Cependant il y eut quelques hommes d'As'cr, de Menass'eh et de Zebouloûn qui s'humilièrent et se rendirent k Jérusalem'. Dans Juda aussi, la main de Dieu agit de manière à leur donner une même disposition à exécuter l'ordre du roi et des ministres, selon la prescription de l'Éternel.

*^ Ainsi une population nombreuse aftlua à Jérusalem, pour faire la fête des pains azymes au second mois, en une assemblée excessivement nombreuse. Et ils se mirent à éloigner les autels qui se trouvaient à Jérusalem^ et ils éloignèrent les plateaux à encens, et les jetèrent dans le ravin du Qidrôn. Ils immolèrent l'agneau pascal le quatorze du second mois ; et les prêtres et les Lévites ayant eu

1 Aux termes de la loi, tous les Israélites devaient se rendre au temple pour prendre part à la fête. Cela ne s'était point fait de mémoire d'homme. L'auteur a sans doute voulu dire que la fôto n'avait plus été ainsi célébrée depuis le schisme. En tout cas il se place au point de vue de la loi écrite telle qu'elle était connue et pratiquée de son temps.

^ Cela reviendrait à dire que les Éphraîmites seuls [les Samaritains des temps postérieurs) restèrent a l'écart^ tandis que les Galiléens se rallièrent en partie. Voyez cependant v. 18.

3 D'après la loi> il no devait y avoir qu'un seul autel à sacrifices^ dans la cour du temple, et un seul autel a brûler do Tencens, dans le sanctuaire môme. Tout le reste était illégal, fût-il mOme ccnsacré ù Jéhova.

honte et s'étant purifiés *, ils offrirent les holocaustes dans le temple de rÉternel. Et ils vinrent occuper leurs places, selon leur coutume, aux termes de la loi de Moïse, l'homme de Dieu; les prêtres recevant le sang de la main des Lévites pour faire Taspersion. Car dans rassemblée il y en avait beaucoup qui ne s'étaient pas purifiés ^, et les Lévites procédaient à l'immolation pascale pour toute personne non purifiée, à TefTet de faire la consécration. Car une grande majorité des gens d'Ëphraîm et de Menass'eh, de Yissakar et de Zebouloûn ne s'étaient pas purifiés, mais mangèrent la pâque sans égard aux prescriptions; car lebizqiyahou avait intercédé pour eux en disant : Le bon Dieu pardonnera à quiconque a bien voulu rechercher Dieu, lahewéh, le Dieu de ses pères, sans la purification légale ^ Et rÉternel exauça lehizqiyahou, et fit grâce à ces gens. ^* Ainsi les Israélites qui se trouvaient à Jérusalem célébrèrent la fête des pains azymes pendant sept jours, avec une grande joie, et jour par jour les Lévites et les prêtres chantaient les louanges de TËternel avec accompagnement d'instruments^. Et Icbizqiyahou adressa des encouragements à tous les Lévites qui se distinguèrent par une grande intelligence pour l'ÉterneP. Et l'on fit les repas de la fête pendant sept jours ^, en immolant des victimes pour les sacrifices d'actions de grâces et en glorifiant l'Éternel, le Dieu de leurs pères.

^* Toute l'assemblée ayant été d'avis de fêter sept autres jours, ils fêtèrent encore sept jours en réjouissances. Car Hizqiyahou, le roi de Juda, avait consacré ^ à l'assemblée mille bœufs, et sept mille moutons, et les chefs lui avaient consacré mille bœufs et dix mille moutons, et les prêtres en masse s'étaient purifiés. Et toute l'assemblée de ceux de Juda fut dans la joie, ainsi que les prêtres et les

1 Chap. XXIX, 34 ; XXX, 3.

^ Ordinairement c'étaient les pères de famille qui égorgeaient les agneaux ; l'auteur insinue que les rites sacrés avaient été si bien négligés sous le règne précédent, que beaucoup de personnes assistaient à' la cérémonie sans avoir rempli les devoirs religieux préparatoires. Voyez la note 7 de la pags 178.

3 Dans cette circonstance extraordinaire, on ne regarda pas de si près aux règles dont la stricte exécution était recommandée avec menaces de sévère punition en cas de transgression (Lév. XV, 31). On se borna à faire tuer les agneaux par des Lévites et on passa sur le reste. La coupe des versets est ici absolument fausse.

4 Litt. : ils glorifiaient rÉternel avec les instruments de la louange de l'Éternel.

^ C'est-à-dire pour les cérémonies du culte, et notamment la musique sacrée.

0 Ceci ne regarde plus l'agneau pascal qui se mangeait la veille du premier Jour de la fête : il est question des nombreux festins qui se rattachaient aux sacrifices offerts par les particuliers. Chap. XXIX, 33, et plus bas, v. 4.

"^ C'est-à-dire donné, pour Otre employés de la susdite manière.

Lévites, et toute la foule venue d'Israël, et les étrangers*, tant ceux du pays d'Israël que ceux qui habitaient en Juda. La joie était grande à Jcrusaleffl, car depuis le temps de Salomon fils de David, roi d'Israël, il n'y avait eu rien de pareil à Jérusalem. Et les prêtres et les Lévites se levèrent pour bénir le peuple, et leur voix fut exaucée, et leur prière parvint à la sainte résidence dans les cieux.

* Lorsque tout fut fini, les Israélites qui se trouvaient là se rendirent dans les villes de Juda et brisèrent les colonnes, et abattirent les Astartés et détruisirent les lieux de culte et les autels dans tout Juda et Benjamin, ainsi que dans Éphraîm et Menass'eh% jusqu'au dernier ; puis tous les Israélites s'en retournèrent chez eux, chacun dans son domicile.

^ leliizqiyahou établijb les classes des prêtres et des Lévites dans leurs rangs, chacun selon ses fonctions, tant les prêtres que les Lévites, pour les holocaustes et les autres sacrifices, pour le service, ainsi que pour la musique et le chant sacré, aux portes de la résidence de l'Éternel. Et le roi assigna une portion de son bien pour les holocaustes, savoir pour ceux du matin et du soir, et pour ceux des sabbats, des néoménies et des grandes fêtes, d'après les prescriptions de la loi de l'Éternel. Et il ordonna au peuple, aux habitants de Jérusalem, de donner la part^ des prêtres et des Lévites, afin qu'ils pussent vaquer à leurs devoirs légaux \ Lorsque cet ordre eut été publié, les Israélites donnèrent, comme prémices, une (|uantité de blé, de vin, d'huile, de miel, et d'autres produits de leurs champs, et apportèrent la dime de toutes choses en masse ^.

1 Des hommes d'origine étrangère, mais s'associant au culte du dieu de leur patrie adoptivCj et que plus tard on appelait des prosélytes.

^ Si l'on tient compte de la date indiquée chap. XXIX, 3, cette réforme du culte dans les tribus septentrionales a dû avoir lieu avant la destruction du royaume de Samarie, et il faudrait supposer que le roi de ce pays laissa faire sans s'en occuper autrement. Le récit du livre des Rois ne parle ni de ces dispositions du roi Hos'éa*, ni d'une pareille extension des réformes de Hizqiyah (2 Rois XVII ; XVIIl).

3 Le texte ne dit pas explicitement s'il s'agit d'une redevance strictement réglée d'avance^ ou d'une contribution plus ou moins libre. Cependant au point de vue de l'auteur, la première interprétation est la plus probable, et il faut supposer, d'après lui, que le payement de cette redevance était tombé en désuétude.

'1 Sans avoir besoin de pourvoir autrement à leur subsistance. Litt. : aûn qu^iU pussent s'en tenir à la loi.

•'> Voyez sur les revenus des prGires, Nombr. XVIII .

Et les Israélites^, ainsi que les Judéens qui habitaient les bourgades de Juda, apportèrent également la dime des bestiaux et du menu bétail, et la dime des objets consacrés * à rÉternel, leur Dieu, et les donnèrent tas sur tas. Au troisième mois on commença a former les tas, et au septième on avait fini^. lehizqiyahou et ses ministres vinrent inspecter ces tas, et bénirent TÉternel, et son peuple d'Israël. 'lehizqiyahou consulta les prêtres et les Lévites au sujet de ces tas ♦, et le grand-prêtre *Azaryahou, de la famille de Çadoq, lui répondit et dit: Depuis qu'on a commencé à apporter ces offrandes à la maison de TÉternel, on mange, on se rassasie, on laisse des restes en masse, car rÉternel a béni son peuple, et la grande quantité que voici est restée disponible. Alors le^iizqiyahou ordonna de préparer des cellules dans le temple^, et on les prépara, et on y porta les offrandes, les dimes et les objets consacrés, très -fidèlement ; le Lévite Konanyahou y fut préposé, et son frère S'ime'i fut son second. Et lelilël, *Âzazyahou, Naliat, *A$ahel, lerimot, lozabad, Éliël, Yismakyahou, Maliat et Benayahou furent intendants aux ordres de Konanyahou et de son frère S'ime'i, d'après l'arrangement du roi leJt^izqiyahou et de 'Azaryahou, le préposé eu chef de la maison de Dieu. '* Et le Lévite Qorè tils de Yimnah, gardien de la porte orientale, était préposé aux offrandes volontaires pour en donner la part consacrée à l'Ëternel, ainsi que des sacrifices solennels *. Sous ses ordres étaient *Eden, Minyamin, Iés'ou*a, S'emayahou, Amaryahou, et S'ekanyahou, qui devaient, dans les résidences des prêtres, faire fidèlement la répartition entre leurs frères, selon leurs classes, aux grands comme aux petits '^, en dehors de ceux compris

' L'auteur veut-il parler ici des tribus du royaume d'Éphraïm, tandis que les Israélites précédemment nommés seraient les habitants de Jérusalem ?

^ La dime des objets consacrés a de quoi nous surprendre (comp. v. 12], ces objets devant revenir au sanctuaire intégralement. Les Septante paraissent avoir eu un autre texte. Peut-être Texpression de dîmes est-elle inexacte, pour dire en général : redetanre.

3 Depuis le commencement de la moisson, jusqu'à la fin des vendanges.

4 Pour savoir s'il était suffisamment pourvu à leurs besoins.

^ Il s'agit probablement, non de nouvelles constructions, mais de ces chambres attenant au sanctuaire dont il est parlé 1 Rois VI, 5 suiv.

C On distinguait deux sortes de sacrifices individuels, dont les prêtres recevaient leur part : les dons volontaires, pour actions de grâces, dont il se faisait des festins, et les sacrifices d'expiation. Ce sont ces derniers, dont les provenances réservées sont désignées ici par ces mots : les très-saintes choses. Ce Qorê avait donc à veiller ù ce que les portions réservées des victimes fussent régulièrement données par les particuliers.

"^ Tous les Lévites ne demeuraient pas à Jérusalem, mais tous avaient droit à une part dans les revenus de la caste. Il fallait donc des agents répartiteurs pour le dehors, de manière que personne ne fût oublié.

180 2 CHRONIQUE XXXI, 10-21. XXXIT , 1-5.

dans les registres des mâles de trois ans et au dessus, et qm avaient entrée au temple^ pour leurs fonctions journalières et leur service, dans Tordre de leurs classes ' (ces registres des prêtres étaient faits d'après leurs familles, et comprenaient les Lévites de vingt ans et au dessus, selon leurs fonctions et leurs classes). Ils devaient aussi enregistrer tous les leurs^ femmes, fils et filles, de toute la caste ; car ils avaient à faire fidèlement la répartitioD des choses consacrées^. De même les prêtres de la famille d'Aharôa, dans la banlieue de leurs résidences , avaient dans chaque endroit des hommmes désignés nominativement, pour répartir les portions k tous les mâles parmi les prêtres, et à tous les Lévites enregistrés. Voilà ce (\\xe lehizqiyaliou fit dans tout Juda ; il fit ce qui était bien, juste et équitable devant rËternel, son Dieu, et dans toute œuvre qu'il entreprenait à l'égard du service de la maison de Dieu, et conformément à la loi et aux commandements, se réglant sur la volonté de son Dieu, il agissait avec dévouement et réussissait.

* Après ^ ces événements et ces actes de fidélité, Sanl^éHb roi d'Assyrie vint envahir Juda; il dressa son camp contre les places fortes et prétendit se les faire ouvrir. Lorsque lehizqiyahou vit que Sanhérib approchait et que son intention était d'attaquer JémsaleiB, il se concerta avec ses ministres et ses officiers à l'effet de coovrir les eaux des sources qui existaient hors de Jérusalem ^ ; et ils ht prêtèrent leur concours. Une nombreuse population fut assemblée et l'on couvrit toutes les sources, ainsi que le ruisseau qui coulait k travers le terrain, car on disait : Pourquoi ces rois assyriens* trouveraient-ils, en arrivant, des eaux en abondance ? Puis il se mit hardiment îi restaurer les murs là où il y avait des brèches, et y

1 Les 24 classes fonctionnaient à tour de rôle aa temple^ et ceux qiii étaient de service étaient nourris sur place. Ils pouvaient amener leurs enfants au lieu saint, pMf les y faire nourrir en môme temps.

^ Toute cette notice est d'une grande obscurité, et nous ne sommes pas sûr de notre traduction. La ponctuation par laquelle nous avons essayé d'y introduire quel^ lumière est purement conjecturale. Du reste, nous le répétons, partout dans ce livr* les mesures prises par les divers rois anciens pour l'organisation du culte, sont enen* ticUcment calquées sur l'état des choses tel qu'il existait du temps de Tauteur on à» moins do son Midras'.

•^ La relation parallèle, 2 Rois XVIII, 13 suiv., est beaucoup plus riche de détuU*

'^ Il s'agit des cours d'eau de la vallée du G'îbûn, à l'ouest de la ville, qui aliiBC*' talent les grands réservoirs extérieurs. Le roi conçut l'idée d'introduire ces eaux dans la ville môme au moyen d'un canal souterrain, de manière à faire du tort aux assiégnsts tout en assurant l'approvisionnement de la ville.

'* On songeait en mOme temps à des invasions futures.

exhaussa les tours, et le second mur au dehors * ; il fortifia la citadelle de la ville de David, et fit faire des projectiles et des boucliers. Il mit à la tête du peuple des chefs militaires et les assembla autour de lui sur la place à la porte de la ville et les encouragea en leur disant : Prenez courage et tenez ferme ! n'ayez pas peur et ne vous laissez pas effrayer par le roi d'Assyrie, et par toute cette multitude qui raccompagne, car nous avons de notre côté quelqu'un de plus grand, que ce qu'il a du sien : lui, il n'a qu'un bras mortel pour aide ; nous, nous avons laheweh, notre Dieu, pour nous aider et pour combattre dans nos combats. Et le peuple fut rassuré par ces paroles du roi lehizqiyahou.

® Après cela, San][iérîb, le roi d'Assyrie, pendant que lui-même avec toute sa puissance assiégeait Lakis', envoya ses officiers à Jérusalem vers leliizqiyahou, le roi de Juda, et vers tous les Judéens de Jérusalem, pour leur dire : Voici ce que vous fait dire Sanliérîb, le roi d'Assyrie : en quoi mettez-vous votre confiance, pour rester là bloqués à Jérusalem? C'est bien lehizqiyahou qui vous séduit, pour vous livrer à la mort par la faim et la soif, en disant : laheweh, Botre Dieu, nous sauvera de la main du roi d'Assyrie ? n'est-ce pas ce lehizqiyahou qui a aboli* ses hauts-lieux et ses autels, en disant à Juda et à Jérusalem : c'est devant un autel unique que vous vous prosternerez, et c'est sur lui que vous brûlerez votre encens? Ne savez-vous pas ce que moi et mes pères nous avons fait à toutes les nations des divers pays ? les dieux des peuples de ces pays ont-ils donc pu sauver leurs pays de ma main ? Lequel d'entre tous les dieux de ces peuples, que mes pères ont ruinés, a donc pu sauver sa nation de ma main, pour que votre dieu puisse vous sauver de ma main ? Maintenant ne vous laissez pas tromper par Ifizqiyahou, ne vous laissez pas séduire ainsi ! ne l'en croyez pas I car aucun dieu d'aucun peuple ni royaume n'a pu sauver sa nation de ma main ou de celle de mes pères, à plus forte raison votre dieu ne vous sauvera point de ma main ! ** Et ses officiers en dirent encore plus contre le Dieu laheweh et contre lehizqiyahou son serviteur. Il avait aussi écrit une lettre pour insulter laheweh, le Dieu d'Israël, et pour parler contre lui. Il y disait : De même que les dieux des peuples des divers pays n'ont pu sauver leurs nations de ma main, de même le dieu de lehizqiyahou ne sauvera point sa nation de ma main. Et ils crièrent cela à haute voix en langue juive pour faire peur à la foule qui se trouvait sur la muraille, et pour l'effrayer, pensant ainsi prendre la ville. Et ils parlaient du Dieu de Jérusalem comme des dieux des nations payennes, qui sont des ouvrages de mains d'hommes.

1 Celui de la ville basse, oti septentrionale.

*^Sur cela, le roi lehizqiyahou et le prophète Ésaïe fils d^Amoç se mirent à prier en élevant la voix au ciel. Et TÉternel envoya un ange * qui fit périr tous les guerriers dans le camp du roi d'Assyrie, avec les chefs et les officiers; et celui-ci retourna dans son pays, honteux et confus ; et étant entré au temple de son dieu, ses propres fils Ty tuèrent à coups d'épée. C'est ainsi que l'Éternel sauva lehizqiyahou et les habitants de Jérusalem de la main de Sanliérib, le roi d'Assyrie, et de tous les autres, et leur assura la tranquillité ' 4e toutes parts. Et beaucoup de gens apportèrent à Jérusalem des offrandes pour l'Éternel, et des cadeaux pour le roi Icfiizqiyahou, lequel dès lors fut très-considéré chez tous les peuples.

^* Vers le même temps, lehizqiyahou fut atteint d'une maladie mortelle, et il adressa une prière à l'Éternel, qui lui parla et lui donna un signe miraculeux ^. Mais lehizqiyahou n'agit point comme l'aurait exigé le bien qui lui avait été fait, mais son cœur s'enorgueillit et la colère divine se tourna contre lui et contre Juda et Jérusalem. Cependant il s'humilia dans son orgueil, lui et les habitants de Jérusalem, et la colère de l'Éternel n'éclata pas sur eux de sou temps. lehizqiyahou avait de grandes i-ichesses ; il s'était fait des trésoreries pour l'argent, Tor et les pierres précieuses, pour les aromates, pour les boucliers, et pour toutes sortes d'objets de prix ; puis des magasins pour les revenus en grains, vin et huile, et des établcs pour toutes sortes d'animaux domestiques, et des troupeaux dans les bcrcails *. Il s'était fait des places fortes ^, et des troupeaux de gros et de menu bétail en masse, car Dieu lui avait donné de tràsgrands biens. Ce fut lehizqiyahou qui couvrit l'issue supérieure des eaux du G'ihôn^ et les dirigea par en bas, sur le côté occidental de la cité de David. Il réussit dans toutes ses entreprises. Ave cela, à l'occasion des conseillers des princes de Babel, qui avaien envoyé vers lui pour s'enquérir du prodige qui avait eu lieu dan

1 A l'époque de la rédaction de la Chronique, les apparitions et interventions persoi nclles et visibles de Jéhova étaient devenues des apparitions d'anges. Comp. 2 Ro^- XIX, 35.

2 Traduction conjecturale, d'après les Septante et la Vulgate. Le texte hébreu me il \es guida tout autour.

3 Cette courte notice, assez énigmatique par elle-mOme, est expliquée par le r^^^cit correspondant de 2 Rois XX. En général, tout ce qu'on va lire ici est le résumé, ^^n peu superficiel et par cela même obscur, de l'autre relation.

'^ Cette dernière phrase n'est pas bien sûre. Le mot que nous traduisons par btrc^^-i^ ne se rencontre pas ailleurs, et il faudrait plutôt : des borcails pour les troupeaux.

^ D'autres voient là des tours p.)ur y loger les gardiens des troupeaux, comp. cl&flvp. XXVI, 10.

C Voir plus haut, v. 4.

2 CHRONIQUE XXXII, 3i-33. XXXIII , i-10. 189

pays \ Dieu l'abandonna pour le mettre à réprouve et pour )nnaitre toutes ses pensées.

'* Le reste des histoires de Icliizqiyahou et ses œuvres pieuses se rouvcnt écrites dans la prophétie du prophète Ësaïe^ fils d'Amoç, lans le livre des rois de Juda et d'Israël. Et lorsqu'il se fut îndormi avec ses pères, on Tenterra sur la montée des tombeaux ^ ie la famille de David, et tout Juda et les habitants de Jérusalem hû rendirent honneur à l'occasion de sa mort, et son fils Menass'eh devint roi à sa place.

* Menass'eh' était âgé de douze ans lorsqu'il devint roi, et il régna cinquante-cinq ans à Jérusalem. Il fit ce qui déplaisait à rÉtemel, en suivant le culte abominable des peuples que l'Éternel avait chassés devant les Israélites. Il rétablit les lieux de culte que 80D père lebizqiyahou avait ruinés ; il érigea des autels aux Ba'als, il fit des Astartés, et il se prosternait devant les astres du ciel et les adorait. Il bâtit des autels dans l'enceinte du temple, à l'égard de laqnelle l'Étemel avait dit : C'est à Jérusalem que mon nom sera établi à jamais. 11 bâtit des autels à tous les astres du ciel dans les deux cours du temple. Ce fut encore lui qui fit passer ses fils par le feu dans la vallée de Ben-Hinnom. Il s'appliquait aux divinations, *w sorcelleries et à la magie, et consultait les revenants et les nécromanciens : il faisait beaucoup de choses qui déplaisaient à l*ternel, de manière à Tirriter. Il plaça l'image de l'idole qu'il ^v^t faite dans la maison de Dieu, au sujet de laquelle Dieu avait dit à David et à son fils Salomon : C'est dans cette maison et à Jérusalem, que j'ai choisie d'entre toutes les tribus d'Israël, que je fixerai mon nom à jamais ; et je ne ferai plus porter à Israël ses pas hors de la terre que j'ai assignée à vos pères, pourvu qu'ils ^ent soin d'agir en toutes choses selon mes ordres^ conformément à 'a loi, aux ordonnances et commandements promulgués par Moïse. U&is Menass'eh entraîna Juda et les habitants de Jérusalem à faire Pw que les peuples que l'Kternel avait exterminés devant les enfants d'Israël. Et l'Éternel parla à Menass'eh et à son peuple, mais ils û'écontèrent point.

Allusion au miracle du cadran, qui est ici grossi de manière que la renommée (ou P^t-être le fait matériel de la déviation du soleil ?) en parvint a Babylone, et que les ''^B^ viarent s'informer de ce qui en était. Le livre des Rois, chap. XX, 12 suiv., *iplk{Qe tout autrement l'ambassade du roi de Babylone.

a II

u est difficile de dire si ce terme doit indiquer une localité différente de celle qui ^ mentionnée ailleurs. Selon toutes les probabilités, les tombeaux des rois Isaîdes se avaient sur le versant méridional de la colline do Sion. La inontét (la côte) est P'rtout l'espace entre une vallée et une cime. ^ 2 Rois XXI, 1 suiv.

*^ Alors * l'Éternel amena contre eux les commandants de Tarmée du roi d'Assyrie, qui prirent Menass'eh, le mirent dans les fers ', et l'ayant lié avec une double chaîne, remmenèrent à Babel. Et quand il fut dans la détresse, il chercha à fléchir ' TEternel, son Dieu, en s'humiliant profondément devant le Dieu de ses pères. Il Tinvoqua dans sa prière, et il se laissa implorer et exauça sa requête, et le ramena à Jérusalem, dans son royaume, et Menass'eh reconnut que laheweh est Dieu. Et après cela il bâtit un mur extérieur à la cité de David, du côté de Toccident, vers le G'Hion dans la vallée, jusqu'à rentrée de la porte aux poissons, et il fit le tour jusqu'au 'Ofei *, et lui donna une grande hauteur ; de plus, il plaça des commandants militaires dans toutes les villes fortes de Juda. Et il éloigna du temple les dieux étrangers et Tidole, et tous les autels qu'il avait bâtis sur la montagne du temple et à Jérusalem, et les fit jeter hors de la ville. Et il rétablit l'autel de l'Éternel, et y offnt des sacrifices d'actions de grâces et de louange, et ordonna à Juda d'adorer laheweh, le Dieu d'Israël. Cependant le peuple continuait à sacrifier sur les hauts-lieux, seulement c'était à leur Dieu laheweh.

" Le reste ' de l'histoire de Menass'eh, et sa prière ® adressée à son dieu, et les paroles des prophètes qui lui parlèrent au nom de l'Éternel, le Dieu d'Israël, tout cela se trouve dans les histoires des rois d'Israël. Et sa prière, et comme quoi il fut exaucé, et tous ses péchés et crimes, et les endroits où il établit des lieux de culte, et ^ où il avait placé des Astartés et des idoles, avant de s'être humilié^^.

^ Co qui suit est étranger à la relation du Livre des Rois^ et comme cette dernièri^»^ semble exclure les faits mentionnés dans notre texte, plusieurs auteurs ont douté d» ^ leur authenticité. Cependant ce qui est dit ici de certains travaux exécutés par le est d une nature si précise qu'on ne saurait se refuser à Tidée que l'auteur a dû puiser à une bonne source^ laquelle a pu lui fournir aussi ce qu'il raconte de la capt vite et de la conversion de ce roi. Voyez cependant la note 3 de la page suivante.

^ Traduction conjecturale. Le mot est employé ailleurs pour des épines ou d -^ crochets.

3 Litt. : il rendit lisse la face de Dieu ; ce qui représente l'adoucissemeot ^de l'humeur.

'^ La porte aux poissons était située au nord-est de la ville, la colline dite '(^ ^<cl formait la pointe sud-est, et se rattachait à la montagne du temple. D'après cela, mX y a lieu de penser que l'auteur parle d'un mur couvrant la ville du côté septentrional, l'ouest à l'est, et prolongé ensuite vers le sud-est, ù moins qu'on no préfère si les deux notices et dire: il entoura le *Ofel. Car le long des cours du temple (côté ^s^) il n'aura pas fallu de nouveau mur.

5 2 Rois XXI, iTsuiv.

C Une pièce apocryphe, dite Prière de Menasse, se trouve parmi les textes comp'"^ dans la Bible grecque. Voyez la sixième partie du présent ouvrage, page 657.

tout cela est écrit dans les paroles de Hozaï^ Et lorsque Menass'eh se fut endormi avec ses pères, on Tenterra dans sa résidence^ et son fils Amôn devint roi à sa place.

''Amôn' était âgé de vingt-deux ans quand il devint roi, et il régna deux ans à Jérusalem. Il fit ce qui déplaisait à rÉteruel, comme avait fait son père Menass'eh. Il sacrifiait à toutes les idoles )ue son père Menass'eh avait faites', et les adorait. Il ne s'humilia [)oint devant TËternel, comme son père Menass'eh s'était humilié ; au contraire, Amôn se rendit beaucoup plus coupable. Et ses officiers conspirèrent contre lui et le tuèrent dans sa maison. Mais le bas peuple massacra tous ceux qui avaient conspiré contre le roi Amôn, it proclama roi à sa place son fils los'iyahou^.

* losi'iyahou* était âgé de huit ans lorsqu'il devint roi, et il régna trente-un ans à Jérusalem. Il fit ce qui plaisait à TÉternel, et marcha lans les voies de David son père, sans en dévier ni à droite ni h ^uche. Dans la huitième année de son règne ^, comme il était encore très-jeune, il commença à rechercher le Dieu de son père David, et ians sa douzième année il commença à purger Juda et Jérusalem les hauts-lieux et des idoles en fonte et sculptées. On détruisit en (a présence les autels de Ba'al^ et il fit abattre les obélisques qui

I Voir llntroduction. page 31^ note.

«2 Rois XXI, i9 suiv.

^ D'après cela^ on est tenté do croire que les réformes de ce roi n'ont pas été aussi licales que l'indiquait tout à l'heure le texte, ou plutôt le fait lui-môme devient tpect.

^ Cela semble devoir s'expliquer par la rivalité de diverses factions politiques qui se Mitaient le gouvernement^ et l'on pourrait même y entrevoir Tantagouisme de Tses tendances religieuses. Mais les données du texte sont trop décolorées pour lettre un jugement.

I Rob XXII, i , 2.

31e qu'on va lire ici (v. 3-7} est étranger à la relation du livre des Rois, dans ce

pie les actes réformateurs du roi y sont placés dans une période postérieure de

^gne, et subordonnés à la découverte du livre de la loi. Il est possible que le

ateur du livre des Rois ait résumé les actes de ce règne en leur assignant à tous

te unique, de manière que le récit que nous avons sous les yeux serait plus

|uant à la chronologie. Il faut cependant remarquer que si les réformes du jeune

ient été aussi radicales et complètes que cela est dit ici, dès sa douzième

3n ne comprendrait plus que six ans plus tard, quand il fit la connaissance de la

; pu être saisi d'une si grande terreur, comme s'il n'avait jamais fait son devoir,

it dû alors faire encore une fois (v. 33) ce qui était accompli depuis longtemps.

me plus probable que c'est la chronologie du livre des Chroniques qui est

caution, en tant qu'il aurait paru singulier à l'auteur qu'un pieux roi n'aurait

réformes que dans la dix-huitième année de son règne. Voyez aussi le v. 8.

192 2 CllRONK^LE XXXIV, 4-12.

se trouvaicut dessus. H fit briser ci mettre en pièces les idoles a foute et sculptées, et eu lit disperser les morceaux sur les tombeisx de ceux qui leur avaient offert des sacrifices. Il fit brûler les ossements des prêtres sur leurs autels et purgea ainsi Juda et JémsaleB. U en fit de même dans les villes de Menass'eh et d'Éphraîm ei de S'ime'ôu et jusqu'en Neftali, dans leurs ruines*, partout. Et l détruisit les autels, il brisa les idoles et les images sculptées de manière à les réduire en poussière^ et il abattit tous les obélisques dans tout le pays d'Israol, puis il revint à Jérusalem.

** La dix-huitième année ' de sou règne, à l'effet de purger le pan et le temple, il envoya S'afan le fils d'Açalyahou, Ma'açéjahoo, le commandant de la ville, et lôa^i fils de lôa^az le chancelier, poor restaurer le temple de r?!!ternel son Dieu. Ils vinrent chez le grtndprêtre Hilqiyaliou ^ et lui donnèrent l'argent apporté à la maison de Dieu, et que les Lévites, gardiens du seuil, avaient recueilli des mains de ceux de Menass'eh et d'Éphraïm et de tout ce qui restait d'Israël, ainsi que de tous ceux de Juda et de Benjamin et des habitants de Jérusalem. Et ils le remirent entre les mains des directeurs des travaux préposés au temple, et les directeurs des travaux, ([ui travaillaient dans le temple, le donnèrent pour reparer et restaurer l'édifice : ils le donnèrent aux charpentiers et aux constructeurSi ci pour acheter des pierres de taille et du bois pour la charpentei et l)our couvrir les édifices que les rois de Juda avaient laissés dépérir. £t l'on s'en remettait ii la bonne foi des hommes qui faisaient cette besogne ; ils avaient à leur tête comme préposés la^at et 'Obadyahou, Lévites de la famille de Merari^ et Zekaryah et Mcs'oullam de b famille des Qchatitcs, pour les diriger, et tous les Lévites, qoi

1 Traductiou conjecturale, d'après d'autres voyelles et la réuDion de deux mots M un seul. Le texte imprimé ne donne pas de sens. Le mot do ruines serait une aUaâQD à l'état du pays tel qu'on le supposait avoir dû être après la destruction du ToyvaaB d'Éphraïm. Pour ce qui concerne l'autorité exercée par Josias dans cette coDtrfet voyez la note sur 2 Rois XX.III, 19.

'2 2 Rois XXII, 8 suiv., dont le récit dilTcre cependant notablement du nôtre.

*^ La dilTérence entre ce récit et celui du livre des Rois consiste principalement en ce que celui-ci parle de sommes d'argent recueillies par les prfitres au temple miiMy et qu'ils devaient remettre aux gens du roi pour Gtre employées à la restauration d4 sanctuaire délabré ; tandis que les Chroniques parlent d'une cspùce de collecte org*' uisée dans la Palestine entière et que la caste sacerdotale administre elle-mfime dm* ce but. Il est impossible de ne pas voir que c'est ce dernier fait, l'indépendance dC («évites dans les nfFaires qui regardaient le temple, que l'auteur tient à faire ressorti' de toutes fa^jons. En y regardont de près, on découvrira facilement dans la préseo** rédaction celle de l'autre relation, mais changée, de manière à devenir obscoTB s l'égard du point principal.

étaient artistes musiciens, étaient à la tête des manœuvres*. Ils dirigeaient ainsi tous les ouvriers selon les divers travaux, et des Lévites étaient secrétaires, contrôleurs et portiers.

** Lorsqu'on sortit Targent qui avait été apporté au temple, le prêtre Qilqijahou trouva le livre de la loi de l'Éternel, écrite' par Moïse. Et Hilqiyahou prit la parole et dit au secrétaire S'afan : J'ai trouvé dans le temple le livre de la loi. Et Hilqiyahou donna le livre à S'afan, et celui-ci l'apporta au roi, et lui fit en outre son rapport en disant : Tes serviteurs ont fait tout ce dont ils étaient chargés. Ils ont versé l'argent qui s'est trouvé au temple, et l'ont remis aux préposés et aux directeurs des travaux. Puis le secrétaire S'afan dit encore au roi : Le prêtre Hilqiyahou m'a donné un livre ; et S'afan en fit lecture devant le roi. *^ Lorsque le roi eut entendu les paroles de la loi, il déchira ses habits, et donna ses ordres à Hilqiyahou, et à Alt^qam fils de S'afan, et à 'Abdôu fils de Mikah, et au secrétaire S'afan, et à *Â$ayah, officier royal, en disant : Allez consulter laheweh pour moi et pour ce qui reste d'Israël et de Juda ; car grande est la colère de laheweh qui s'est déversée sur nous, parce que nos përes n'ont point observé sa parole, de manière à pratiquer tout ce qui est prescrit dans ce livre. Qilqiyahou et ceux qu' [avat^ désignés *] le roi se rendirent auprès de la prophétesse Qouldah, la femme de S'alloum, garde du vestiaire, fils de Toqhat, fils de Hasrah, laquelle demeurait à Jérusalem, dans le second quartier, et ils lui parlèrent dans ce sens. Et elle leur dit : Voici ce que dit l'Éternel, le Dieu d'Israël : Dites à l'homme qui vous a envoyés vers moi : Voici ce que dit l'Éternel : Voyez, j'amène une calamité sur ce lieu et sur ses habitants, toutes les malédictions qui sont écrites dans le livre qu'on a lu devant le roi de Juda ; parce qu'ils m'ont abandonné et ont encensé d'autres dieux, pour m'irriter avec les idoles fabriquées par eux, ma colère s'est déversée sur ce lieu, et elle ne s'éteindra point. Quant au roi de Juda qui vous a envoyés consulter l'Éternel, voici ce que vous lui direz : Ainsi dit l'Éternel, le Dieu d'Israël : Pour ce qui est des paroles que tu as entendues, puisque ton cœur est docile, et que tu t'es humilié devant Dieu, en entendant ses paroles contre ce

1 Nous nous sommes permis de changer la coupe des versets et de supprimer une lettre, pour tftcber de donner un sens à la fin du 12* verset, bien que nous n'entrevoyions pas la raison qui aurait fait intervenir les musiciens pour diriger les traveuï, m moins que ce n'ait été pour donner aux travaux une espèce de consécration religieuse.

* Ce mot en dit peut-être plus que le texte ne demande. Il y a en hébreu : par la wutin de Moîse, ce qui pourrait être dit de la simple promulgation orale et se rapporter à la loi et non au livre. Cependant à l'époque de l'auteur on ne faisait pas cette distinction. Comp. du reste 3 Rois XXI I, 8 suiv.

' Il y a ici évidemment une lacune dans le texte.

A. T. 4« part. 13

lieu et contre ses habitants, et que tu t'es humilié devant moi, et que tu as déchiré tes habits et as pleuri devant moi, moi aussi j'écoute, dit TÉternel : c'est pour cela, vois-tu, que je te rassemblerai avec tes pères et tu iras les rejoindre dans ton sépulcre en paix, et tes yeux ne verront plus les malheurs que j'amènerai sur ce lieu et sur ses habitants.

'^£t lorsqu'ils eurent rapporté cette réponse au roi, celui-ci fit chercher tous les sheikhs de Juda et de Jérusalem. Puis il monta au temple, ainsi que tous les hommes de Juda et les habitants de« Jérusalem, et les prêtres et les Lévites, et toute la population, grands et petits, et on lut devant eux toutes les paroles du livre de l'alliance trouvé dans le temple. Et le roi, se plaçant sur son estrade, proclama le pacte avec rÉternel, savoir, de suivre rÉtemel de cœur et d'àme, de garder ses commandements, préceptes et ordonnances, en pratiquant les paroles de ce pacte, telles qu'elles étaient écrites dans ce livre. Et il y fit adhérer tous ceux qui se trouvaient à Jérusalem et en Benjamin, et les habitants de Jérusalem agirent conformément à ce pacte de Dieu, du Dieu de leurs pères. Ainsi los'iyahou fit disparaître toute espèce de culte idolâtre de toutes les terres des Israélites, et il astreignit tout ce qui se trouvait en Israël au culte de l'Étemel, leur Dieu ; sa vie durant ils ne s'écartèrent point de l'Éternel, le Dieu de leurs pères*.

* Ensuite los'iyahou fit à l'Éternel une Pâque ' à Jérusalem, et l'on immola la victime pascale le quatorzième jour du premier mois. Il assigna aux prêtres leurs postes, et les exhorta à faire le service du temple. Il dit aux Lévites, consacrés à l'Éternel, et instructeurs de tout Israël : Mettez l'arche sainte dans le temple bâti par Salomon, le fils de David, le roi d'Israël ; vous ne devez pas la charger sur l'épaule '. Désormais vous devez être au service de laheweh, votre Dieu et de son peuple d'Israël ; et vous vous tiendrez prêts par familles et par classes, selon le rescrit de David, roi d'Israël, et

^ Jérémie fait un tableau bien moins satisfaisant de l'état religieux du peuple à celte époque. Mais les deux assertions s'accorderont^ en partie du moins, quand on soDge que le prophète parle des dispositions personnelles des hommes, tandis que le roi tenait la main à ses règlements de police.

^ Ce qui suit est indiqué dans le livre des Rois par une seule ligne, chap. XXIII, 31 . La description détaillée donnée ici des arrangements pour la fête dépasse de beaucoup les indications des textes de la loi.

3 Ce passage doit faire supposer, soit que l'arche, à cette époque, se trouvait hors du sanctuaire (par la mauvaise volonté d un gouvernement précédent?), soit qu'on avait eu rhahitude de la porter en procession., usage qui devait maintenant cesser. Les Lévites n'auront plus désormais à faire que le service réglementaire des rites sacrés, & l'occasion des actes ordinaires du culte. Comp. 1 Chron. XV, 2.

selon le rescrit de son fils Salomon ' . Tenez-vous dans le sanctuaire : pour chaque groupe des familles de vos frères laïques, une division de famille de Lévites ^. Puis vous immolerez la victime pascale et vous vous purifierez, et vous la préparerez à vos frères, de manière à agir selon la parole de laheweh promulguée par Moïse. ^£t los'iyahou fournit aux gens du peuple du bétail, agneaux et chevreaux, le tout pour servir de victimes pascales à tous ceux qui se trouvaient là, au nombre de trente mille, et de plus^ trois mille bœufs ; et cela fut pris sur les biens du roi. Et ses ministres en fournirent aussi, à titre de don gratuit, au peuple, aux prêtres et aux Lévites ; Qilqijah, Zekaryahou et le^ël^ les préposés en chef de la maison de Dieu, donnèrent aux prêtres, pour servir de victimes pascales, deux mille six cents pièces, et trois cents bœufs ; et Konanyahou avec S'ema'yahou et Ne^neël ses frères, et ya^abyahou, le'iël et lôzabad, les chefs des Lévites fournirent aux Lévites, comme victimes pascales cinq mille pièces et cinq cents bœufs ^ Lorsque le service fut préparé, les prêtres occupèrent leurs places, et les Lévites celles de leurs classes, diaprés Tordre du roi. Puis ils égorgèrent les victimes pascales, et les prêtres firent Taspersion avec ce qu'ils recevaient de leurs mains, et les Lévites écorchèrent. Et ils mirent à part ce qui devait être brûlé * pour le remettre aux groupes de familles des gens du peuple,

^ L'auteur doit avoir voulu dire que les règlemeûts concernant les rites sacrés avaient été édictés par écrit, et que ces édits existaient encore du temps de los'iyah (comp. cependant 1 Chron. XXVIII, 19). Mais si de pareils règlements existaient, comment se faifc-il que la loi elle-même, sur laquelle ils se fondaient, était si complètement perdue et oubliée? Pour les classes des prêtres, qui se relevaient à tour de rôle dans le eerrice, voyez 1 Chron. XXIV.

^ Pour qu'il n'y ait pas de confusion dans Topération de Timmolation des victimes pascslee, nécessairement très-nombreuses, on doit se former en groupes dans la cour da temple, selon les familles, et les Lévites, naturellement moins nombreux que les laïques [les fils du peuple), doivent également se partager en groupes, de manière qu'une famille de Lévites desservait plusieurs familles de laïques.

' Les noms propres sont eu grandee partie les mêmes que ceux qu'on trouve dans llnstoire du roi Qizqiyah, chap. XXXI, 12 suiv. Cela pourrait rendre suspecte Tauthenticité de l'un ou de l'autre de ces récits ; mais il est plus probable qu'il s'agit moins ici de noms d'individus que de noms de familles, de ce qu'on pouvait convenablement appeler l'aristocratie de la caste sacerdotale. Les bœufs étaient sans doute destinés aux festins ou aux autres sacrifices, qui se faisaient pendant les sept jours de la fête. Quant aux chiffres, la critique peut faire ses réserves, si elle le juge encore nécessaire.

^ Cela veut dire que la partie de la victime pascale qui devait être consacrée à Dieu était remise par le Lévite officiant à chaque famille, laquelle ensuite s'approchait de l'autel pour la remettre au prêtre. Il ne s'agit pas ici d'holocaustes proprement dits, c'est-à-dire de bêtes brOlées en entier. hapâ^M, dans ce texte, est toujours l'agneau pascal, destiné à être mangé en famille. Comp. Ezod. XIL Lév. XXIII.

pour qu'ils l'offrissent à rÉternel, d'après ce qui est prescrit dans le livre de Moïse. On en fit de même pour les bœufs. Puis ils firent rôtir' les victimes pascales selon la règle ; quant aux autres viandes consacrées^ ils les firent cuire dans des marmites^ des chaudières et des casseroles, et ils les portèrent en toute hâte aux gens du peuple. Après cela, ils firent les mêmes apprêts pour eux-mêmes et pour les prêtres, car les prêtres de la famille d'Aharôn étaient occupés jusqu'au soir à mettre sur l'autel ce qui devait être brûlé et les parties grasses; et les Lévites firent les apprêts pour euxmêmes et pour les prêtres de la famille d'Aharôn. Et les chantres de la famille d'Asaf étaient à leur poste^ d'après la règle faite par David, Asaf^ Hêman et ledou^oun^ le voyant du roi ; et les portiers étaient à leurs portes respectives ; ils n'avaient pas besoin de quitter leur service, car leurs frères, les Lévites, firent les apprêts pour eux. Et lorsque tout le service de l'Éternel eut été préparé en' ce jour, pour immoler les victimes pascales, et pour mettre sur l'autel de l'Éternel ce qui devait être brûlé, d'après l'ordre du roi los'iyahoUf les Israélites présents célébrèrent la Pâque à cette époque, et la fête des pains azymes pendant sept jours. *^Une pâque pareille* n'avait point été faite en Israël depuis le temps du prophète Samuel, et aucun roi d'Israël n'avait fait de Pâque comme celle que fi^ los'iyahou, avec les prêtres et les Lévites, et avec tout Juda, et qui se trouvait là d'Israël, et les habitants de Jérusalem. Ce fut l dix-huitième année du règne de los'iyahou que fut faite cette Pâque .. '® Après tout cela, quand los'iyahou eut restauré le temple, Nekô "^ le roi d'Egypte fit une expédition, pour livrer un combat à Karkemi sur l'Euphrate, et los'iyahou se mit en marche pour aller à rencontre. Et il lui envoya un message pour lui dire : Occupe-toi tes affaires, roi de Juda I ce n'est pas à toi que j'en veux aujourd'h mais mon expédition a uu autre but^, et Dieu m'a dit de me dép cher; retire-toi devant le Dieu qui est avec moi, de peur qu'il te perde I Mais los'iyahou ne fit point sa retraite, au contraire il hâta d'attaquer, sans écouter les paroles de Nekô qui venaient We Dieu^, et il engagea le combat dans la plaine de Meg'iddo. Et "M. es

1 Litt. : cuire au feu.

2 2 Rois XXIII, 22.

3 2 Rois XXIII, 29 suiv. — En disant que Nekô marcha sur Karkexnls', Taiiteuir anticipe sur l'issue de cette guerre qui se termina par la déroute des Égyptiens pr^ de la dite ville, le Circésium des classiques^ sur les bords de l'Euphrate.

^ Litt. : je vais au lieu de ma guerre. Le texte cependant est suspect. JosèplB^ entre autres exprime la leçon : mon expédition est vers l'Euphrate (jpfi'bjt).

^ Nekô, cela va sans dire, parle de son dieu et de ses oracles, et non pas de qttelqi^^ prophétie de Jérémie dont il aurait eu connaissance. Cependant l'auteur affirme (pM-^

archers tirèrent sur le roi los'iyahou, et le roi dit à ses gens :

Emmenez-moi, car je suis blessé grièvement. Ses gens remportèrent

de son char, et le firent monter dans une seconde voiture qu'il

avait avec lui, et le menèrent à Jérusalem. Et quand il fut mort, il

fbt enterré dans le tombeau de ses pères et tout Juda et Jérusalem

forent en deuil pour los'iyahou. Jérémie composa une complainte sur

los'iyahou, et tous les chantres et les chanteuses la répètent jusqu'à

ce jour dans leurs complaintes sur los'iyahou, et on en fit un usage

en Israël : on la trouve écrite dans les Complaintes ^

^* Le reste des histoires de los'iyahou, et ses bonnes actions conformes à ce qui est prescrit dans la loi de TËternel^ et ses aflaîres, du commencement à la fin, tout cela est écrit en détail dans le livre des rois d'Israël et de Juda. *£t le commun peuple prit lehoabaZf le fils de los'iyahou, et le proclama roi à la place de son père^ à Jérusalem.

' lôà^az ' était âgé de vingt-trois ans lorsqu'il devint roi^ et il régna trois mois à Jérusalem. Mais le roi d'Egypte le destitua^ à Jérusalem, et imposa le pays pour cent talents d'argent et un talent d*or. Et le roi d'Egypte fit roi de Juda et de Jérusalem son frère Elyaqim, et changea son nom en lehoyaqim, et quant à son frère lôabaz; Nekô le prit et le fit conduire en Egypte.

^ lehoyaqim était âgé de vingt-cinq ans ^ lorsqu'il devint roi, et il régna onze ans à Jérusalem. Il fit ce qui déplaisait à l'Éternel, son Dieu. Neboukadneççar, le roi de Babel, fit une expédition contre lui, et le fit lier avec une double chaîne pour le faire conduire à Sabel '. Neboukadneççar emporta aussi à Babel une partie de la

c'était là un avertissement que los'iyah n'aurait pas dû négliger, car Jéhova le lui adressait par cette voie. Bn traduisant : il se hâta^ nous changeons la leçon reçue, ou plotdt nous prenons la racine hps dans le sens de hpz (1 Sam. XXIII, 26). L'autre signifierait : il se déguisa (2 Chron. XVIII, 29), ce qui ne va pas avec le reste du récit.

^ Voyez llntroduction au livre des Lamentations de Jérémie, page 425.

« 2 Rois XXIII, 31 suiv.

' La différence entre cette phrase et celle du récit correspondant consiste dans une 9<(ile lettre, et quant aux mots : à Jérusalem, qui pourraient faire croire à une présence Personnelle de Nekôdans cette ville, il serait possible que notre texte fdt fautif, et qu'il f^iiatlire : de manière qu'il ne fut plus roi à Jérusalem.

^ Son père était mort à l'âge de 39 ans !

^ Cet événement n'est pas mentionné dans le livre des Rois, et il est assez difficile ^® Combiner les deux récits. Notre texte ne dit pas si lehoyaqim recouvra sa liberté, ou ' ^l mourut en captivité ; il ne dit pas môme si Tordre de le déporter fut réellement ^^^<2nté. Un auteur postérieur (Dan. I, 2, c'est-à-dire la tradition] s'est prononcé pour ^^^rmative. Il est cependant à remarquer que le texte parle d'un règne de onze ans, ^ ^^ bataille de Karkemîs', qui décida du sort do la Judée, eut lieu la 4* année de ^^yaqîm(Jér. XL VI).

vaisselle du temple et la déposa dans son palais. Le reste des histoires de lehoyaqîm, et les idoles qu'il fit faire, et tout ce dont il se rendit coupable, cela est écrit en détail dans le livre des rois d'Israël et de Juda ; et son fils lehoyakîn devint roi à sa place.

^lehoyakîn* était âgé de huit ans lorsqu'il devint roi et régna trois mois et dix jours à Jérusalem ; il fit ce qui déplaisait à rËterncl. L'année suivante ', le roi Neboukadneccar le fit conduire à Babel, avec les objets précieux du temple, et fit roi sur Juda et Jérusalem son frère' Çideqiyahou.

** Çideqiyahou* était âgé de vingt-un ans lorsqu'il devint roi; il régna onze ans à Jérusalem ; il fit ce qui déplaisait à l'Éternel, son Dieu ; il ne s'humilia point devant Jérémie, le prophète, qui lui parlait au nom de l'Éternel. Il se révolta aussi contre le roi Neboukadneccar^^ ^^ lequel lui avait fait prêter serment par Dieu ^ ; et il fut raide elK^ obstiné®, au lieu de se convertir à l'Éternel, le Dieu d'Israël. E~, tous les principaux prêtres aussi, et le peuple, commirent de nom breux actes criminels en imitant les abominations des païens ; profanèrent le temple de l'Éternel qu'il avait consacré à Jérusalei Cependant l'Éternel, le Dieu de leurs pères, ne cessait de les averti] par l'organe de ses messagers ; car il voulait épargner son peup' et sa demeure^. Mais ils se moquaient des messagers de Dfeu, méprisaient ses paroles, et huaient ses prophètes, jusqu'à ce qi la colère de l'Éternel contre son peuple fût au comble, et qu'il i^ "*j eût plus d'apaisement. Alors ^ il fit marcher contre eux le roi A. <s Chaldéens^ et égorger leurs jeunes gens avec l'épée^ dans l^^or sanctuaire même, et il n'épargna ni adolescent, ni vierge, ni vieilla^^

1 2 Rois XXIV, 8. On remarquera les variantes dans les nombres, sur lesqiiaiXs il est difficile de se prononcer. Cependant il n'est guère probable qu'un enfant de hoîk vu ait eu l'occasion de mériter le jugement porté ici sur le jeune prince.

2 Litt. : au retour de Tannée, c est^à-dire après le commencement d'one nou'vclb année, au printemps. D'après cela, l'avènement du jeune prince se placera au milieu de l'hiver.

3 II faudra mettre : son parent, c'est-à-dire son oncle, 2 Rois XXIV, 17. •4 2 Rois XXIV, 18.

5 Ezéch. XVII, 13.

6 Litt. : il raidit son cou et endurcit son cœur.

• "ï L'auteur de 2 Rois XXIV, 4 se place ù un autre point de vue, et apprécie les f»-*^ d'après le résultat ûnal. Et le Chroniqueur lui-m6me s'était prononcé autrement, tli** P* XXXIV, 24 suiv.

^ On remarquera que l'auteur, au lieu de raconter la catastrophe en détail, tennE par une tirade rhétorique.

oQ tète blanche ; il * lui livra tout. Et tous les meubles de la maison de Dieu, grands et petits, et les trésors du temple et les trésors du roi, et de ses ministres^ il fit tout transporter à Babel. On brûla la maison de Dieu et on démolit la muraille de Jérusalem^ et Ton mit le feu à tous ses palais, et tout ce qu'il y avait d'objets précieux fut livré à la destruction. Et il déporta à Babel ceux qui avaient échappé à Tépée, et ils restèrent ses sujets, à lui et à ses descendants, jusqu'à Tavénement des rois de Perse, afin que fût accomplie la parole de TÉternel prononcée par la bouche de Jérémie', jusqu'à ce que le pays eût acquitté ses sabbats ; elle dut reposer tout le temps de la désolation, de manière à compléter soixante-dix années. '*Et* la première année de Kors', roi de Perse, pour que fût accomplie la parole de l'Éternel prononcée par Jérémie, l'Éternel excita l'esprit de Kors', roi de Perse, et il fit proclamer par tout son empire, et par un rescrit, ce qui suit : Ainsi ordonne Kors', roi de Perse: laheweh, le Dieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a chargé de lui bâtir un temple à Jérusalem eu Juda. Quiconque d'entre vous est de son peuple S que son dieu soit ^ avec liu, qu'il parte

I Jusqulci c'est toujours Jéhova qui est le sujet de ces phrases. Cela convient mieux au style théocratique du morceau. Mais dans les phrases suivantes, c'est bien le roi de Babel qui est le sujet.

' Jérém. XXV, 11 suiv. ; XXIX, 10. Jérémie parle d'une dévastation de Canaan qui doit durer 70 ans. Notre auteur envisage ce nombre comme représentant celui de 70 années sabbatiques, qu'on aurait négligé de férier antérieurement. Or, 70 années sabbatiques donnent une période de 490 ans, ce qui revient à dire que depuis David l'année sabbatique n'aurait jamais été fériée (comp. Lév. XXVI, 34). Car la fin de la période est fixée à l'avènement de Cjrus, 536 avant Jésus-Christ.

S Sur le reste du texte, voyez ce que nous avons dit dans l'Introduction, page 10 sniv.

^ Litt. : qui d'entre vous de tout son peuple. Il y a ici moins une lacune qu'une réticence rhétorique facile à expliquer.

^ Texte corrigé d'après celui du livre d'Bsdras ; celui des Chroniques porte : laheweh Son Dieu avec lui. Il n'y a guère ainsi qu'une lettre de plus.

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