‹ La BibleChapitre 6 sur 61 · EZRA · texte numérisé non relu

EZRA

Et* la première année de Kors', roi de Perse, pour que fût accomplie la parole de l'Éternel prononcée par Jérémie, rÉternel excita l'esprit de Kors', roi de Perse, et il fit proclamer par tout gon empire et de vive voix, et par un rescrit, ce qui suit : Ainsi ordonne Kors',. roi de Perse : laheweh, le dieu des cieux *, m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a chargé de lui bâtir un temple à Jérusalem en Juda. Quiconque d'entre vous est de son peuple, que son Dieu soit avec lui, qu'il parte pour Jérusalem en Juda et qu'il rebâtisse le temple de laheweh, du dieu d'Israël^ du dieu qui réside à Jérusalem. Et quant à ceux qui existent encore ' dans tous les lieux où ils sont établis, les gens du lieu^ doivent les soutenir avec de l'argent, de l'or, du bétail et autres objets de ménage, et faire en outre des offrandes volontaires pour le temple du dieu de Jérusalem.

'Alors se levèrent les chefs de famille de Juda et de Benjamin, les prêtres et les Lévites^ tous ceux dont Dieu excita l'esprit à partir, pour rebâtir le temple de l'Éternel à Jérusalem. Et tous leurs

1 Voyez la fin du livre des Chroniques.

^ C'est un auteur juif qui prôto à Cyrus de pareilles formules. Il est très-probable que la postérité regardait ce roi comme un serviteur du vrai Dieu, en se fondant sur des textes comme Es. XLIV, 28 ; XLV, 1 suiv.

3 Les survivants de la génération qui avait vu la ruine du temple. Il était naturel qu*on songeât d'abord à celle-ci, quoiqu'elle dûtôtrc bien réduite à cette époque.

4 II s'agit en première ligne des indigènes ; la suite fora voir que beaucoup de Juifs ne partirent point et se contentèrent de se cotiser au proGt des émigrants.

ESDRAS I, 6-11. Il, 1. 201

voisins leur vinrent en aide avec des vases d'argent et d'or, du bétail, et des objets précieux et de ménage, sans compter toutes les oSrandes volontaires.

'Et le roi Kors' rendit la vaisselle du temple de l'Éternel que Neboukadneççar avait emportée de Jérusalem *, pour la déposer dans le temple de son dieu. Kors', le roi de Perse, la fit retirer par les soins du trésorier Mitredat, qui la remit à S'es'baççar ', Témîr de Juda. En voici le relevé : Bassins ' d'or, trente ; bassins d'argent, mille; encensoirs, vingt-neuf; boites d'or à couvercle, trente; boites d'argent de second ordre, quatre cent dix; autres vases, mille. Tous ces objets d'or et d'argent étaient au nombre de cinq mille quatre cents ^, et S'es'baççar les emporta tous, lorsque les déportés se mirent en route de Babylone à Jérusalem.

* Voici* la liste des gens de la province® qui revinrent de l'exil, des déportés, que le roi de Babylone Neboukadneççar avait déportes

1 II est souvent question de ces objets, qui avaient été en partie enlevés lors de la première prise de Jérusalem, en 598. Voyez 2 Rois XXIV ; XXV. Jérém. XXVII ; LU. 2 Chron. XXXVI. Daniel V, etc.

2 Le nom est très-différemment écrit dans les manuscrits grecs ; mais il parait hors de doute que c'était le nom chaldéen du personnage qui joue le principal rôle dans llûstoire de la restauration, et qui est appelé Zeroubbabel par les Juifs.

' Les termes (français) sont choisis un peu au hasard ; les deux premiers ne se trouvant que dans ce seul passage du texte, il est di£Scile de les déterminer, et les deux traductions grecques que nous possédons ne s'accordent pas. Elles mettent, entre autres, des vases à libations ; d'autres y voient des couteaux, des coupes^ des corbeilles.

^ Il est facile de voir qu'il y a une erreur d'addition dans ce chiffre. Elle doit être f<Mi ancienne, car elle se trouve dans l'une des deux traductions grecques. L'*autre a des éléments différents pour plusieurs articles et arrive à un total (d'ailleurs juste) de 5469. On a supposé qu'il y a une faute de copiste dans le mot hébreu que nous avons traduit : de second ordre, mot assez singulier, parce que l'argent vaut partout moins que l'or ; mais une seule correction ne suffirait pas, et il faut bien admettre d'autres erreurs encore.

^ Cette môme liste est insérée une seconde fois dans le livre de Néhémie, chap. VII, avec de nombreuses variantes dans les noms et dans les chiffres ; il y en a d'autres dans les textes grecs. Nous ne les relèverons pas toutes en détail^ parce que cela n'a aucun intérôt pour nous. Il suffira de faire remarquer que cette liste parait contenir les résultats d'un recensement fait après coup en Palestine, et dans lequel pourraient bien être compris des individus nés après le retour. La liste suppose évidenmient l'existence de Jérusalem et des autres endroits. Voyez aussi chap. VIII.

^ Dont Jérusalem était le chef-lieu. Les endroits, où chacun s'établit, ne sont pas nécessairement ceux où sa famille avait demeuré 70 ans auparavant, et qui, pour la plupart, auraient été difficiles à trouver ; mais plutôt ceux où ils s'établirent au retour. Le territoire dont ils disposaient était certainement beaucoup plus restreint qu'avant l'exil.

à Babylone, et qui retournërent à Jérusalem et en Jada, chacun a son endroit. Ils y arrivèrent avec Zeroubbabel *, Iés'oua\ Ne^émyah, Serayah, Ile'elayah, Mordekaï, Bils'an, Mispar, Bigwu^ Re^oiiffl, Ba'anah.

'Dénombrement des gens du peuple israélite.

La famille' de PareW, 2172; la famille de S'efatyab, 372; b famille d'Arali, 775 ; la famille de Pahat-Moab du clan de lés'oua' loab, 2812; la famille de *Ëlam, 1254; la famille de Zattoù, 945; la famille de Zakkaï, 760 ; la famille de Bani, 642 ; la famille de Bébaï, 623; la famille de 'Azgad, 1222; la famille d'Âdonîqam, 666; la famille de Bigwaï, 2056 ; la famille de ^Adin, 454 ; la famiUe d'Ater (de Hizqiyah), 98 ; la famille de Béçaî, 323 ; la famiUe de lorah, 112; la famille de Has'oum, 223; les gens de G'ibbar', 95; les gens de Bét-Lébem^ 123 ; les hommes de Netofah^ 56 ; les hommes de *Auatot, 128 ; les gens de *Azmawet, 42 ; les gens de Qiryat *Arîm, Kefirah et Beérôt, 743 ; les gens de Ramah et G'éba', 621 ; les hommes de Mikmas, 122 ; les hommes de Bê(-El et do 'Aï, 223; les gens de Nebo, 52; les gens de Magbîs', 156; pa famille d'un autre 'Élam *, 1254 ; la famille de Qarim, 320 ;] les

1 De ces onze personnes [le texte de Néhémie en nomme douze^ nombre pins signifcatif et probablement plus juste) les deux premières seules sont connues d'ailleon. Zeroubbabel (c'est-à-dire né à Babylone) était le petit-fils du roi déporté lekonyih, et 'lés'oua* (Jésus, forme abrégée de Iehos'oua% Josué) était le petit-fils do prêlre Serayab nns à mort par Neboukadneççar. Plusieurs des autres portent des noms étrangers.

2 Le texte bébreu dit : les fils, d'un bout do la liste à l'autre. Nous avons traduit ce terme, qui n'a pas le même sens dans les deux langues, de deux manières différentes : la famille, là où le nom propre désignait des personnes issues d'une mdme souche, et les gens, là où il est question d'une localité.

3 D'après le texte du livre de Néhémie, il faut lire G'ibédn.Ici commence la seconde série des noms, celle qui comprend les bourgades.

^ Au milieu de cette série de noms de lieux, on s'étonne de trouver derechef deux noms de personnes. Le premier est suspect, parce qu'il est omis dans Tune des deai traductions grecques, et qu'il reproduit le même chiffre qui accompagnait le même non dans la première série ; le second est compris dans la première série avec le nombre 32, au lieu de 320, dans la même traduction. — Tous les autres noms de cette série appartiennent à des bourgades et villages aux environs de Jérusalem^ à une distance de 4 à 5 lieues au plus do cette ville. Ces endroits sont connus presque tous^ par lldstoin ancienne d'Israël, eu partie encore par les relations de Tépoque des Maccabées. Il n'y on a que très-peu dont la position ne puisse plus être déterminée. On remai^en li modicité des chiffres comparés à ceux de la première série, laquelle probablement comprendra les habitants du chef-lieu, à un moment donné. Il n'y a quo le dernier endroit dont la population plus nombreuse pourrait nous arrêter, parce que la localité elle-même n'est point nommée ailleurs.

gens de Lod, Hadid et Onô, 725 ; les gens de lerého, 345 ; les gens de Senaah, 3630.

'* Les prêtres * : la famille de leda'yah de la maison de lés'oua*, 973; la famille d'Immer, 1052; la famille de Pas'^our, i247; la famille de Harîm, 1017.

^^ Les Lévites : la famille de lés'oua' et Qadmiël^ de la famille de Hôdawyah, 74.

** Les chantres : la famille d'Asaf, 128.

♦' Les familles des portiers ^ : la famille de S'alloum, la famille d'Ater^ la famille de Talmôn, la famille de *Aqqoab, la famille de Hatità, la famille de S'obaï, en tout 139.

** Les serfs ' : la famille de Çihâ, la famille de Haçoufâ, la famille de Tabba*ot, la famille de Qéros^ la famille de Si'ahà^ la famille de Padôn^ la famille de Lebanah, la famille de Hagabah, la famille de 'Aqqoub, la famille de Hagab, la famille de S'amelaï, la famille de Qanan, la famille de G'iddel^ la famille de Galiar, la famille de Reayah, la famille de Reçîn, la famille de Neqôdâ^ la famille de Gazzam, la famille de 'Ouzzà, la famille de Paséafi, la famille de Bésaî, la famille de Asnah^ la famille des Me'oanites^, la famille des Nefisites, la famille de Baqbouq, la famille de Qaqoufà, la famille de Qar^our, la famille de Baçlout^ la famille de Met^idâ, la famille de Harsâ, la famille de Barqôs, la famille de Sîserâ, la famille de Tamah^ la famille de Neçîah, la famille de Hatifà.

^^Les familles des esclaves de Salomon: la famille de Sotaï, la famille de Hassofért, la famille de Peroudâ^ la famille de la'alah, la famille de Darqôn, la famille de G'iddel, la famille de S'efatyah, la

1 Plusieurs des familles sacerdotales nommées ici sont aussi signalées dans le catalogue des classes de prêtres, 1 Chron. XXIV, 8, 11, 14.

2 Les chantres et les portiers tiennent de près aux autres Lévites, d'après les Chroniques, chap. XXIV et suiv.

3 Les Grecs traduisent très-Justement : les Hiérodules, c'est-à-dire des familles réduites de mémoire d'homme à la condition servile, et appartenant au temple, comme au moyen-Age les couvents possédaient aussi des terres avec des paysans attachés à la glèbe. Il en doit être de même de la catégorie suivante, des familles des esclaves de Salomon (1 Rois IX, 20 suiv. 2 Chron. VIII, 7 suiv.), qui paraissent avoir également passé comme serfs à la caste sacerdotale. Du moins ils sont compris dans la même rubrique quant à leur nombre. On remarquera que la plupart des noms propres de ces deux catégories ont peu ou point d'affinité avec les noms hébreux. Puis en divisant le total de 392 têtes par les 45 familles, on ne trouve que huit individus par famille, ce qui est évidemment une autre combinaison généalogique que celle qui est faite pour les autres classes.

'^ Les Me'ounites et les Nefisites doivent sans doute leurs noms à des localités.

famille de Ilattil, la famille de Pokcrt-haeçcbayîm*, la famille d'Amî- Total des serfs et des familles des esclaves de Salomon : 393.

^* Puis voici ceux qui partirent de 'f cl-Mélaf^, Tel-Qars'à, Kcroub- Addan, Immer^, et qui ne pouvaient établir leur généalogie et fiUa' tion, s'ils étaient Israélites: la famille de Delayah, la famille io Tôbiyah, la famille de Neqôdâ : 652.

^*Puis, d'entre les familles sacerdotales', la famille de Habawab, la famille de Ilaqqôç, la famille de Barzillaï, lequel^ avait pris uoe femme d'entre les filles de Barzillaï le G'ile*adite, et se nommait de leur nom. Ceux-ci chercbërent leurs titres généalogiques^ mais ils ne se retrouvèrent point, et ils furent exclus^ dn sacerdoce. Et le gouverneur^ leur interdit la participation aux choses consacrées' jusqu'à ce qu'un prêtre fût là pour prononcer d'après l'oracle*.

^^ Toute la communauté, au totale était de 42,360', indépendam-

1 Cela pourrait signifier : Chasse aux cerfs (autilopes). Les textes grecs en font deas noms distincts.

^ Les deux premiers do ces noms sont certainement des localités de la Babylo&ie : il en doit Otre do mOmo des derniers ; mais il est difficile de dire si ce sont deax^ ou trois, ou un seul. L'un des traducteurs grecs y a vu des noms d'hommes. D'après le nombre, on dirait qu'il s'est joint u la caravane des émigrés, des villages entiers dont les habitants ne pouvaient établir leur origine israélite. Peut-être étaient-ce des descendants de déportés d'une époque plus ancienne.

3 C'est-à-dire, se prétendant telles, comme la suite le fait voir.

^ Cette phrase est assez singulièrement construite. Voici ce que Tautenr veut dire: Ua certain prôtre, non nommé ici, avait épousé une fille de Barzillaï, connu par l'histoire de David (2 Sam. XVII, 27; XIX^ 32 suiv.)^ et ses descendants, soit en vue de l'héritige de leur mère ou aïeule, soit à cause de la réputation du père de celle-ci, avaient adopté son nom (le nom de BarzillaiJ comme chef de leur maison, et par suite, après quelques siècles, leur véritable aïeul était oublié et leur généalogie sacerdotale en même temps. Les pronoms : lequel et leur nom, rendent le récit presque inintelligible.

^ Litt. : ils furent déclarés souillés, c'est-à-dire profanes.

^ Le Tirs'atâ [titre persan), c'est Zeroubbabel, et l'interdiction ne peut avoir été prononcée qu'après l'installation du nouveau gouvernement à Jérusalem.

"7 Aux viandes des sacrifices et autres redevances de ce genre.

^ Sur cet oracle, voyez Exode XXVIII, 30. Le fait qu'on remet la dédsioB de l'affaire à l'époque où un prôtre prononcerait de la manière indiquée, semble dsyoir faire supposer qu'une décision favorable na jamais été donnée. En général, il n'y a p** de trace d'un pareil oracle rendu habituellement après la restauration. D'apièi 1* théorie, c'aurait dû être le grand-prêtre, et celui-ci ne faisait point défaut alors.

^ Ce chiffre est reproduit dans la copie du livre de Néhémie et dans les trois textes grecs. Mais dans les détails, les cinq séries offrent de nombreuses variantes qa'O serait inutile d'énumérer ici. Il sufHra de dire que la somme des nombres da texte hébreu d'Esdras est de 29,81 8; la traduction donne 30,009; la seconde récension comprise dans les manuscrits des Septante, 30,678 (ou 30,143, selon les variantes):

ESDRAS II, 65-70. 111, i-3. 205

ment de leurs esclaves et servantes, au nombre de 7337. Ils avaient aussi 200 chantres et chanteuses. Leur chevaux étaient au nombre de 736, leurs mulets de 245, leurs chameaux de 435, les ânes de 6720.

*• Parmi les chefs de famille il y en eut qui, à leur arrivée au temple à Jérusalem, firent des dons volontaires pour la maison de Dieu, à Teffet de la rétablir en son lieu. Selon leurs moyens, ils donnèrent au trésor de l'œuvre, en or 61,000 dariques ', en argent cinq mille mines, et cent tuniques sacerdotales.

'® Et les prêtres, les Lévites, et ceux du commun peuple, et les chantres, les portiers et les serfs s'établirent en leurs endroits, et tous les Israélites dans leurs endroits respectifs.

* Lorsque le septième mois ^ arriva et que tous les Israélites se furent établis dans leurs endroits, le peuple s'assembla à Jérusalem, comme un seul homme; et lés'oua', le fils de loçadaq, avec ses frères, les prêtres, et Zeroubbabel, le fils de S'ealtîël, avec ses frères ', se mirent à construire l'autel du Dieu d'Israël, pour y offrir des holocaustes, comme cela est prescrit dans la loi de l'homme de Dieu Moïse. Ils érigèrent l'autel sur ses fondements ^ (car ils étaient sous la crainte des populations du pays ^), et ils y ofl'rirent des

le texte hébreu de Néhémie^ 31,089; ot la traduction, 31,112. Ainsi aucun texte ne fournit les éléments du total. On n'arrive pas à découvrir où est la faute. De fait, le nombre de plus de 40,000 est étonnamment grand pour une caravane d'émigrants, et nous revenons à notre pensée que le catalogue représente un recensement bien postérieur, peut-être d'une*époque rapprochée du temps même d'Esdras et do Néhémie. L'absence des bêtes à cornes a également de quoi nous surprendre. La prépondérance des familles sacerdotales est très-significative.

1 Voyez i Chron. XXIX, 7.

^ L'année n'est pas indiquée ; mais la suite fait voir qu'il s'agit de l'année môme du retour, soit de la première de la restauration. En tout cas, le 7' mois est celui qui dans le calendrier Juif actuel est le premier, c'est-à-dire celui dans lequel tombe l'équinoxe d'automne.

^ Si les frères de Josué sont les prêtres, ceux de Zeroubbabel seront les chefs laïques.

•^ Si cette traduction est juste, elle nous fera supposer qu'on avait retrouvé les vestiges de l'ancien autel. Autrement on pourrait mettre simplement : à sa place (ancienne).

& Dans le récit original, cette crainte n'est pas motivée et l'on ne voit pas comment la crainte a pu être ja cause de la construction de l'autel. Probablement nous n'avons ici qu'un abrégé d'un texte plus complet, dont il reste encore des traces dans Tune des traductions grecques qui parle d'inimitiés do la part des voisins. On peut combiner ces éléments en apparence contradictoires, soit en disant qu'ils $e hâtèrent de commencer l'ceuvre, de crainte d'en être empêchés, soit en supposant qu'il était dit primitivement que les voisins n'osèrent les empêcher, parce que la crainte était sur eux, c està-dire que la Providence les tenait à distance.

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ESDRAS m, 11-13. IV, 1-5. 207

à jaoïais sur Israël *, et tout le peuple poussa de grands cris de joie, comme on glorifiait ainsi TÉternel au sujet de la fondation de sa maison. Et un grand nombre d'entre les prêtres et les Lévites, et les vieux pères de famille, qui avaient vu le premier temple^, se mirent à pleurer et à sangloter lorsqu'on posa les fondements de celui-ci en leur présence, tandis que beaucoup d'autres poussaient de bruyants cris de joie, et la foule avait de la peine à distinguer les cris de joie des uns des sanglots des autres, tellement le bruit était grand et se faisait entendre au loin.

* Cependant les ennemis ^ de Juda et de Benjamin^ ayant appris que les déportés s'occupaient de bâtir un temple à laheweh, le Dieu d'Israël^ vinrent trouver Zeroubbabel et les chefs de famille et leur dirent : Nous voulons bâtir avec vous, car nous nous adressons au même Dieu que vous, et c'est à lui que nous sacrifions depuis qu'Ésar-Qaddôn, le roi d'Assyrie, nous a établis ici. Mais Zeroubbabel et lés'oua* et les autres chefs de famille d'Israël leur répondirent : Il n'est pas questien de vous et de nous quand il s'agit de bâtir une maison pour notre Dieu ; mais c'est nous^ notre communauté ^, qui la bâtirons pour laheweh, le Dieu d'Israël, comme le roi Kors', le roi de Perse, nous l'a ordonné. Dès lors, les gens du pays cherchèrent à décourager les Judéens, et à les empêcher de bâtir en les intimidant ; ils soudoyaient contre eux des agents, à l'effet d'entraver leur dessein^ pendant tout le temps du règne du roi de Perse Kors' et jusqu'à celui du roi Daryawes'.

I n s'agit ici d'une fonnule liturgique usuelle^ à laquelle Tauteur fait allusiou. Comp. 2 Chron. V, 13 ; VII, 3 ; XX, 21 .

^ Il s'était passé 52 ans depuis sa destruction.

3 Ce terme est choisi du point de vue des relations postérieures ; car les premières ouvertures faites à la colonie de la part des voisins étaient amicales. Ce qui suit peut être combiné sans trop de peine avec les faits racontés au deuxième livre des Rois, chap. XVII. Après la ruine de Samarie, les Assyriens transportèrent des colons de la haute Asie dans les contrées qui venaient d'être ravagées par la guerre et dépeuplées en partie par la déportation. Il va sans dire que le noyau de la population était toujours Israélite, car la déportation complète de tous les habitants en masse n'a jamais eu lieu que dans l'imagination des théologiens chrétiens. Les nouveaux colons 86 mdlèrent sans peine à l'ancienne population et adorèrent son dieu, le dieu du pays, conjointement avec les leurs propres. Ils viennent ici s'en prévaloir pour s'associer à roBuvre de Jérusalem. Peut-être avaient-ils des arrière-pensées politiques et économiques ; car larrivée de tant de milliers de nouveaux habitants, dans leur voisinage immédiat, menaçait de les gêner dans l'exploitation d'un territoire à peu près vierge à cette époque.

■^ Litt. : Nous ensemble, c'est-à-dire notre corps à part.

^ £t sous le rëgue d'Al^as'wéros'* , dès le commencement de son règuc, ils rédigèrent une dénonciation contre les ' habitants de Joda et de Jérusalem.

'Et du temps d'Artalis'as'tà, Bis'lam, Mitredat, Tabeël etlews autres collègues écrivirent au roi de Perse Àrta^jis'as'te : la lettre est écrite eu caractères araméens et traduite en araméen*.

^llehoum', conseiller, et le secrétaire S'imes'aï écrivirent au roi ÂrtaVs'as'te au sujet de Jérusalem une lettre ainsi conçue :

1 II se présente ici la grave question de savoir de quels rois de Perse à nous connoi il est question sous les noms d'Amas' wéros' et d'Arta^s'as'^à. Ces deux noms M» rappellent immédiatement les noms de Xerxôs (en persan : Hs'ars'a} et d'Artaxcftti successeurs de Darius. Si cette combinaison est juste, Tauteur raconterait ici qaemSsi après Darius, sous lequel le temple fut enGn construit, les menées hostiles coDtinoinBt, et qu'à plusieurs reprises des dénonciations arrivèrent à la cour, à U suite desqoflDti les Juifs furent empêchés de fortifier la vilU^ laquelle resta démantelée Jttsqa'ta ttapi d'Artaxerce et de Néhémie (Néh. 1, 3). Il faut convenir que la rédaction qoenooi avons sous les yeux favorise cette interprétation. Mais plus has, à la fin du chap. IV après avoir terminé la relation de ce qui s'est passé sous ALr(abs'as'(â, l'auteur coQtittW en disant que les travaux du temple furent interrompus ^'i»5fu^â la seconde année ^ Darius. On conçoit qu'on présence de ce dernier passage on se soit persuadé qoa l' doux noms en question désignaient les successeurs immédiats de Cyrus, que les Qvfi nomment Cambyse et Smerdis, et que les noms du texte, communs à plusieurs niî*i sont moins des noms propres que des titres royaux. Il est cependant évident que di cette manière encore la narration ne présente pas de suite chronologique ; il y • sortait à remarquer que dans les documents relatifs à Artaxerce il n^est question qat ^ murs, et dans le récit relatif ù Darius il n'est question que du temple. Or, on rflotf* qucru que l'auteur a puisé dans différentes sources, écrites même en deux langues dilfi^ rentes. Ne se pourrait-il pas qu en en faisant des extraits il n'ait pas tenu compte^ la chronologie, de manière ù continuer d'abord la narration Jusqu'au règne d'ÂrtaxcfO>» d'après lune de ses sources, sauf à reprendre (dans la dernière ligne du cbap. I^li d après l'autro source, l'histoire de Darius? La difficulté que nous avons signil^ proviendrait alors d'une méprise du rédacteur.

*^ Le rédacteur veut dire qu'il l'a trouvée telle dans sa source, dans laquelle il pr0" aussi ce qui suit. Car ù partir du chap. IV, 8, tout son récit est écrit en diikct> araméeu. (Voyez l'introduction.)

3 La notice sur les démarches de cet individu recommence jusqu'à trois fois, etil<c^ bien difficile de dire pourquoi. En partie c'est le rédacteur qui parle, en partie On borne ù copier sa source. Re^^oum et S'imes'aï sont des agents de l'autorité persan* S les consorts (et non : collègues) sont les colons de la haute Asie établis en PalestiiK' (Voyez la note sur chap. IV, 1 .) Phisicurs de ces noms de peuple nous sont aatremest inconnus ; dans d'autres on reconnaît les habitants de la Perse, d'Erek, de SuKi d'Ëiymaîs, etc. S'amaraïn (S'omerdo) est Samarie ; la province à l'ouest de l'EupbrtM est nommée la 2'r'/7;{5-Euphratènc, du point de vue de la capitale de la Perse ; coDUBft on disait de nos jours la République Cisalpine du point de vue de Rome. Une aatit diihculté de ce singulier texte provient de ce que nous n'apprenons pas dans qod rapport ont été Re\ioum et consorts avec Bis'lam, etc.

Alors donc, Rehoum, conseiller, et le secrétaire S'imcs'aï et consorts^ les Dinéens, Afarsa^kéens, Tarpléens, Afarséens, Arkwéens, Babyloniens, S'ous'ankéens, Déhawites, *Elamites, et les autres populations que le grand et puissant Osnappar a emmenées et établies dans la ville de S'ameraîn et autres de Trans-Euphratène, etc.

"Voici la copie de la lettre qu'ils envoyèrent au roi Arta^is'as'te : Tes serviteurs, les gens de Trans-Euphratène, etc. Que le Roi sache que les Juifs partis de chez toi sont venus vers nous à Jérusalem; ils rebâtissent cette ville rebelle et méchante, ils en restaurent les fflurs et en creusent les fondements. Or, que le Roi sache, que si cette ville est rebâtie et ses murs restaurés, on ne payera plus ni tribut, ni taille, ni péage, et finalement elle portera dommage aux rois. Or, puisque nous sommes salariés par la cour% et qu'il n'est pas convenable que nous soyons témoins de ce qui se fait au détriment du Roi^ c'est pour cela que nous envoyons ces informations au Roi, afin qu'on fasse des recherches dans le livre des chroniques de tes pères ' ; et tu trouveras et apprendras par ce livre des chroniques, que cette ville est une ville rebelle, portant dommage aux Rois et aux pays, et qu'il s'y est fait des révoltes de tout temps : voila pourquoi cette ville a été détruite. Nous représentons au Roi que si cette ville est rebâtie et ses murs restaurés, par suite de cela tu n'auras plus de part en Trans-Euphratène.

*^ Le Roi envoya un ordre à Rehoum, conseiller, et au secrétaire S'imes'aî et à leurs consorts établis à S'ameraïn et ailleurs en Trans- Euphratène : Salut, etc. La lettre que vous nous avez envoyée a été lue exactement devant moi ; et de ma part il a été donné ordre de faire des recherches, et l'on a trouvé que cette ville s'est soulevée de tout temps contre les rois^ qu'elle a été rebelle, et qu'il s'y est fait des révoltes, et qu'il y a eu à Jérusalem des rois puissants, maîtres de toute la Trans-Euphratène % auxquels était payé tribut, taille et péage. Maintenant donnez ordre de faire cesser ces gens, et que cette ville ne soit pas rebâtie jusqu'à ce qu'il intervienne un ordre de ma part. Et gardez-vous de manquer â l'exécution de ceci, pour que le mal n'augmente au détriment des rois.

• Litt. .* nous salons le sel du palais, c'est-à-dire nous sommes les commensaux du ftoi, soit qu'il s'agisse là d'un véritable traitement ou salaire, soit que cette locution rappelle seulement des obligations morales.

2 De tes prédécesseurs sur le trOne. Car il est évidemment fait allusion à des faits antérieurs à la domination des Perses.

' Les annales de l'empire ne paraissent pas avoir été très-exactes^ car à l'exception de David, Jamais roi d'israôl n'a porto sa puissance aussi loin. D'un autre côté, l'usage de la langue ne permet pas de mettre le Jourdain à la place de TËupbrate.

A. T. 4» part. 14

210 ESDRAS IV, 23. 24. V, i-8.

^^ Alors dos que la copie de la lettre du roi Ârtat^s'as'te eut été lue devant Rehoum et le secrétaire S'imes'aï et consorts, ils se rendirent en toute hâte à Jérusalem auprès des Juifs et les firent cesser à force armée.

'^ Alors* les travaux de la maison de Dieu à Jérusalem durent cesser^ et ils cessèrent jusqu'à la seconde année du règne du roi de Perse Daryawes'. * Puis le prophète Qaggaï et Zekaryah le fils de 'Iddô, ces prophètes prophétisèrent aux Juifs de Juda et de Jérusalem selon la mission qui leur était donnée au nom du Dieu d'IsraëP. Alors Zeroubbabel le fils de S'ealtiël et lés'oua* fils de loçadaq se mirent à Tœuvre et commencèrent à bâtir la maison de Dieu à Jérusalem et avec eux étaient les prophètes de Dieu qui les assistaient.

^A cette époque, Tatnaï, le gouverneur de la Trans-Euphratène ', et S'^ar-Bozuaï et consorts vinrent vers eux et leur dirent : Qui vous a autorisés à rebâtir cette maison et à restaurer ces murs ? Et nous * leur dîmes quels étaient les noms des personnes qui faisaient cette construction. Mais Tœil de leur Dieu protégeait les anciens des Juifs, et ils ne les obligèrent pas de cesser, jusqu'à ce que Tordreh. de Daryawes' arrivât et qu'ils leur fissent tenir une réponse à ce sujet.

* Copie de la lettre que Tatnaï, gouverneur de la Trans-Euphratène, et S'tar-Boznaï et ses consorts Afarskécns^ en Trans-Euphratène, envoyèrent au roi Daryawes'. Ils lui envoyèrent leur rapport» dans lequel était écrit ce qui suit :

^ Au roi Daryawes' tout salut I Que le roi sache que nous nous sommes rendus dans la province de Juda, à la maison du grand Dieu^, laquelle est construite en pierres de taille et aux parois de

1 Ici il est bien clair que le rédacteur rattache ce qu'il va dire du règne de Darius à ce qu'il venait de raconter de celui d'Artabs'as'te. Donc si ce dernier est Artaxerce^ fils et successeur de Xerxès, c'est qu'il a embrouillé la chronologie en mêlant ensemble des extraits de diverses sources sans connaître la vraie suite des événements.

2 Voyez l'introduction à ces prophètes.

3 Lequel, en cette qualité, était le supérieur de Zeroubbabel^ simple préfet de Juda.

"^ Texte reçu. La première personne peut être comprise comme indiquant que nous avons ici devant nous un extrait de quoique mémoire contemporain. Cependant comme il n y a pas d autre trace d une pareille source ainsi exploitée, il est permis de penser qu'il y a ici une faute de copiste et qu'on doit lire : Et ils leur dirent : Quels sont, etc. Cela est confirmé par le v. 10. Aucune des deux traductions grecques n'a ici la première personne .

^ Variante d'un nom qui s'est déjà trouvé ci^dessus, chap. IV, 9.

^ Expression qui pourrait bien faire douter de lauthenticilé du document.

ESDRAS V, 8-17. VI, i-3. 211

laquelle on met du bois *, et les travaux se poursuivent avec diligence et avancent sous leurs mains. Sur cela, nous nous sommes adressés aux anciens et voici ce que nous leur avons dit : Qui vous a autorisés à rebâtir cette maison et à restaurer ces murs? Nous leur avons aussi demandé leurs noms pour te les indiquer, et afin de mettre par écrit les noms des hommes qui sont à leur tête. Voici la réponse qu'il nous ont faite; ils ont dit: «Nous sommes les serviteurs du Dieu du ciel et de la terre, et nous rebâtissons la maison qui avait été construite autrefois, il y a bien des années, et qu'un grand roi d'Israël avait construite et achevée. Mais comme nos pères avaient irrité le Dieu du ciel, il les livra à Neboukadneççar^ le roi chaldéen de Babel, lequel détruisit cette maison et déporta le peuple à Babel. Cependant la première année de Kors', roi de Babel', le roi Kors' ■ ordonna de rebâtir cette maison de Dieu, et de plus, le roi Kors' retira du temple de Babel les objets d'or et d'argent de la maison de Dieu que Neboukadneççar avait enlevés du temple de Jérusalem et qu'il avait déposés dans le temple de Babel, et ils forent remis au nommé S'es'baççar, qu'il avait fait gouverneur, et il loi dit : Prends ces objets et va les déposer dans le temple de Jérusalem et que la maison de Dieu soit rebâtie à son ancienne place. Alors ce S'es'baççar vint et jeta les fondements de la maison de Dieu à Jérusalem, et dès lors jusqu'à ce jour on y travaille, mais elle n'est pas encore achevée.» Maintenant s'il plait au Roi, qu'on fasse des recherches dans les trésors' royaux de Babel, si réellement il y a eu ordre, de la part du roi Kors', de rebâtir cette maison de Dieu à Jérusalem : et le Roi nous mandera sa décision à cet égard.

* Alors le roi Daryawes' donna ordre de faire des recherches dans les archives, où étaient déposés les trésors à Babel, et l'on trouva dans le château d'A^mctâ^, situé dans la province de Médie, Un rouleau dans lequel était écrit ce qui suit : «Mémoire. La pre-

1 Peut-être les poutres qui doivent soutenir le plafond, et non encore les lambris de llntérienr.

s Ce titre est donné a Cyrus, parce que c'est en sa qualité de maître de la Babylonio qu'il rendit la liberté aux Juifs. Cela explique aussi la date ; car Cyrus régnait depuis plus longtemps.

3 On verra tout à Theure qu'un même édifice servait de trésor ou dépôt d'argent, et de dépôt de documents ou d'archives. S'il n'était question ici d'un rouleau^ on serait tenté de songer à des documents^ gravés sur des briques, comme il en existe encore. Mais c'est précisément ce rouleau qui rend tout cela fort suspect.

4 C'est la ville que les Grecs appelaient Ëcbatane, les Arabes Hamadan.

212 KSDRÂS VI, S-14.

inièrc aunce du roi Kors', le roi Kors' a donné ordre relativcmciA » la maison de Dieu à Jérusalem; cette maison sera rebâtie povi servir de lieu de sacrifice, et ses fondements seront posés* pouriift* hauteur de soixante coudées, et pour une largeur de soixante coudée! à trois étages de pierres de taille, et un étage de bois neuf, ^ dépense sera à la charge de la maison du Roi. De plus, on d< rendre les objets d'or et d'argent de la maison de Dieu que Nebo kadneççar a enlevés du temple de Jérusalem et transportés à Babc ils doivent revenir au temple de Jérusalem à leur place et èl déposés dans la maison de Dieu.»

* Or donc, toi Tatnaï, gouverneur de la Trans-Euphratène, S'|i Boznaî et consorts Afarskéens de la Trans-Euphratene, retirez-vo de là! Laissez continuer les travaux de cette maison de Dieu; q le gouverneur des Juifs et les anciens des Juifs rebâtissent ce maison de Dieu à son ancienne place. Et de par moi ordre • donné au sujet de ce que vous aurez à faire pour ces anciens ( Juifs, à Teffet de rebâtir cette maison de Dieu, savoir les fr seront exactement payés à ces hommes sur les revenus du 1 provenant des impôts de la Trans-Euphratëne ; ce qui ne sera pas négliger. Et ce dont il sera besoin en fait de bœufs, béliers agneaux pour holocaustes à offrir au dieu du ciel, froment, sel, ' et huile, doit leur être délivré sans faute, jour par jour, selon demande des prêtres de Jérusalem^ afin qu'ils fassent des ofDrani agréables au dieu du ciel et prient pour la vie du Roi et de ses i Et de par moi ordre est donné que, si quelqu'un contrevient à décret, une poutre soit arrachée de sa maison et qu'il y soit crac et cloué, et que sa maison soit changée en un tas de fumier cause de cela. Et que le Dieu^ qui y fait demeurer son nom, fira{ tout roi ou peuple qui étendrait sa main pour contrevenir à ce ou pour détruire cette maison de Dieu qui est à Jérusalem. M Daryawes^ je Tai ordonné. Que cela se fasse exactement!

*^ Alors Tatnaï, le gouverneur de la Trans-Eupbratëne^ S'ti Bozna'i et consorts agirent exactement comme le roi Daryawes' leur avait mandé. Et les anciens des Juifs reprirent et firent avaoc la construction sous la direction du prophète Qaggaï et de Zek^ iils de 'Iddo, et rachevèrcnt selon la volonté du Dieu d'Israël

1 La signification du mot est douteuse, et le texte nécessairement fautif, pnisqalli donne pas la longueur do l'édifice. Les traductions n'offrent pas les moyens de corriger. De même, les éiagcs sont mis ici par conjecture. D'autres pensent qu'on t i mettre une rangée de poutres chaque fois sur trois rangées de pierres, ce qui ferait tf singulière construction, surtout parce qu'il est question de bois neuf. Du reste, TuK* temple était beaucoup moins haut et surtout moins largo (i Rois VI, 2}. Ofl < demande comment le plafond aura été construit ?

d'après les ordres de Kors', de Daryawcs' et d'Arta\is'as'te, rois de Perse*.

** Cette maison fut achevée le troisième jour du mois d'Adar * : c*était la sixième auaée du règne du roi Daryawes', et les Israélites, les prêtres et Lévites et les autres émigrés célébrèrent l'inauguration de cette maison de Dieu avec joie, et immolèrent pour cette fête cent taureaux, deux cents béliers, quatre cents agneaux, et des boucs de chèvres, comme victimes expiatoires pour tout Israël, au nombre de douze, d'après celui des tribus; et ils établirent les prêtres dans leurs catégories et les Lévites dans leurs classes, pour le service de Dieu à Jérusalem, comme cela est prescrit dans le livre de Moïse.

*^Les émigrés^ firent la Pàque le quatorzième jour du premier mois ; car les prêtres et les Lévites s'étaient purifiés, ils étaient tous purs sans exception, et ils immolèrent les agneaux de la Pàque pour tous les émigrés, et pour leurs frères, les prêtres, et pour eux-mêmes^. Et tous les Israélites revenus de l'exil en mangèrent, ainsi que quiconque s'était séparé de l'impureté des gens du pays pour s'attacher à laheweh, le Dieu d'IsraëP. Et ils célébrèrent la fête des pains sans levain pendant sept jours avec réjouissances, car rÉternel les avait réjouis en leur conciliant la faveur du roi

^ Ici il est hors de doute que le troisième de ces rois doit être un successeur de Darius, par conséquent nous arrivons à son petit-fils, Artaxerce Longuemain, dont il est beaucoup question dans les récits suivants, et nous devons supposer que le rédacteur (ou un copiste ?) a voulu mettre ensemble tous les rois auxquels les Juifs avaient des obligations, sans s'astreindre à observer strictement la chronologie. Le temple fut achevé sous Darius.

'C'était le 12* mois de Tannée, d'après le calendrier ancien, celui qui précédait immédiatement l'époque des fêtes de Pâques. Le service pouvait donc se faire aussitôt.

3 Ici reprend le texte hébreu. «

^ La phrase est négligée, en ce sens que l'auteur veut dire que les Lévites étaient seuls chargés de l'immolation, mais le pronom t^ pourrait être pris comme impliquant aussi les prêtres. Toutes les cérémonies et rites préliminaires ayant été observés, on était /«r dans le sens lévitique.

^ Noos disons les gens du pays (opposés à ceux qui étaient revenus de l'exil], et non les mations, parce que l'historien a dû avoir en vue avant tout des Israélites vivant en Palestine et non déportés, qui se rallièrent franchement à la nouvelle communauté, et qui de cette manière se séparèrent, au point do vue religieux, de tout autre culte pratiqué dans le pays, que c'ait été un culte païen, ou un culte monothéiste (2 Rois XVII, 24-33). Il n'est pas probable que tous les Israélites restant encore parmi les nations du pays, c'est-à-dire les colons venus du dehors, se soient immédiatement rattachés au temple de Jérusalem.

d'Assyrie *, de manière à leur venir en aide pour Toeuvrc de h maison de Dieu, du Dieu d'Israël.

Après ces faits*, sous le règne d'Artafes'aste ", roi de Perse, il J eut *Ezrî\ fils de Çerayab, fils de *Azaryah, fils de Ililqiyah, fibi S'alloum, fils de Çadoq, fils d'Ahitoub, fils d'Amaryah, fils i 'Azaryah, fils de Merayot, fils de Zera\iyah, fils de 'Ouzzi, fils i Bouqqi, fils d'Abis'oua*, fils de Pînebas, fils d'El'azar, fils du gruic prêtre Aharôn^. Cet 'Ezrâ partit de Babel; il était un habile docUf de la loi de Moïse, laquelle avait été donnée par rËtemel, le di d'Israël, et comme son dieu le protégeait, le roi lui avait accor tout ce qu'il demandait. Il vint aussi à Jérusalem des Israélites S des prêtres, des Lévites, des chantres, des portiers, et des serb^ septième année du roi Artahs'aste. Il arriva à Jérusalem an cinquii mois de la septième année du roi. Car c'est le premier du preno mois qu'il avait organisé le départ de Babel, et le premier cinquième mois il arriva à Jérusalem, sous la bonne protection son dieu. Car 'Ezrà s'était appliqué à étudier la loi de rÈtemd à la pratiquer, et à enseigner aux Israélites les statuts et les règl

^* Voici la copie de la lettre que le roi Ar^a^s'aste avait donné 'Ezrà le prêtre légiste, versé dans les lois de l'Éternel, et dans statuts octroyés à Israël • :

" Artaljs'aste, le roi des rois, à 'Ezrâ le prêtre, docteur de la du dieu des cieux, etc., etc. De par moi il est donné ordre < quiconque dans mon royaume, du peuple d'Israël, et de ses prél et Lévites, désire aller à Jérusalem avec toi, ait la permission tallcr : attendu que tu es envoyé de la part du roi et de ses s ministres à l'effet de faire l'inspection de Juda et de Jérusal

1 Inadvertance qui s'explique par l'habitude de lire les prophètes.

2 C'est-à-dire GO ans après la Pûque dont il vient d'ôtre question (458 av. J.-(

3 Note 1 de la page précédente. L'orthographe est un peu différente.

"1 Par cette généalogie 'Ezrâ est descendant direct d'AharOn par toute la série prOtrcs du sanctuaire do Jérusalem. Mais elle est très-incomplète ; par la fauta ' copistes, qui se sont laissé égarer par les nombreux homonymes, il manque 6 ne entre le second 'Azaryah et Mérayot (1 Chnai. V^ 20 suiv.); et les ancêtres immédi de 'Ezrû manquent également, car Serayah est le prCtre que Neboukadneççar fit t en 588, soit 130 ans avant l'époque dont il s'agit ici (2 Rois XXV, 18). De to façon, seize générations ne suffisent pas pour dix siècles.

^ Laïques : naturellement il s'agit d une caravane do nouveaux émigrés conduite 'Ezrâ et composée des mômes éléments que la première.

^ La lettre qui suit est écrite en dialecte araméen.

ESDRAS VTI, 15-26. 215

d'après la loi de ton dieu, que tn as en main, et de porter Targent et- l'or que le roi et ses ministres donnent de leur propre gré au dieu d'Israël dont la demeure est à Jérusalem, ainsi que tout l'argent et l'or que tu pourras trouver dans toute la province de Babel, au moyen * des dons gratuits du peuple et des prêtres qui voudront se cotiser pour la maison de leur dieu qui est à Jérusalem. En conséquence^ tu feras diligence d'acheter avec cet argent des bœufs, des béliers, des agneaux, et ce qu'il faut y joindre comme offrande et libation*, et tu les offriras sur l'autel de la maison de votre dieu qui est à Jérusalem. Et ce qui te semblera bon, à toi et à tes frères, de faire avec le reste de l'argent et de l'or, vous le ferez selon la volonté de votre dieu. Et quant aux objets mobiliers qui te seront remis pour le service de la maison de ton dieu, tu les déposeras devant le dieu de Jérusalem. Et pour ce qui est des autres besoins de la maison de ton dieu, auxquels tu seras dans le cas de pourvoir, tu y pourvoiras au moyen du trésor royal. **Et de par moi, le roi Artabs'aste, il est donné ordre à tous les trésoriers de la Trans-Euphratène, que tout ce que vous demandera le prêtre Tzrâ, docteur de la loi du Dieu des cieux, soit fait diligemment, jusqu'à concurrence de cent talents d'argent, et de cent kors de froment, et de cent batts de vin, et de cent batts d'huile % et du sel à discrétion. Tout ce qui sera exigé au nom du Dieu des cieux ^ doit être fait strictement pour sa maison, afin que le royaume du roi et de ses fils n'encoure pas la colère du ciel. Et vous faisons savoir à l'égard de tous prêtres, Lévites, chantres, portiers, serfs et ouvriers de cette maison de Dieu, qu'il est interdit de leur imposer tribut, taille ou péage. Et toi, 'Ezrâ, selon la sagesse de ton dieu que tu possèdes, établis des magistrats et juges, qui rendent la justice à tout le peuple de la Trans-Euphratène, à tous ceux qui connaissent les lois de ton dieu; et vous les enseignerez à ceux qui ne les connaissent pas^. Et quiconque viendra à ne pas obtempérer

1 A la rigueur on pourrait traduire: avec les dons^ etc., et distinguer ces dons de l'argent trouvé, qui alors aurait été recueiUi par quelque autre procédé. Mais comme il est peu probable qu'il soit question d'un impôt, nous aimons mieux voir dans la double phrase le style prolixe de la chancellerie et identifier les deux collectes. Ceci est dit dans lliypo thèse de l'authenticité de la lettre. La mention du dieu des cieux pourrait bien en faire douter.

* D'après la loi, chaque sacrifice sanglant était accompagné d'une offrande en produits végétaux et d'une libation (Nombr. XV].

3 Nous évaluons le talent d'argent à 9000 francs, le kor, au bas mot, à 2 hectolitres, le batt à 20 litres. Voyez du reste la note sur 1 Rois V, 2 suiv.

4 Comme prescrit par la loi.

^ L'auteur ne veut pas dire, sans doute, que 'Ezrû est envoyé dans la province pour faire de la propagande parmi les païens. Il est investi d'une autorité eccUsiastiqite au

21fi ESDRAS VII, 20-28. VIII, 1-12.

à la loi de ton dieu et à la loi du Roi, il en sera fait justice en toute diligeuce^ soit par le supplice, soit par le bannissement, soH par Tamende, soit par la prison.

*'Béni* soit TÉternel qui a inspiré au Roi la volonté d'honorer la maison de rÉternel qui est à Jérusalem, et qui m'a concilié It faveur du roi. Et moi je pris courage, et TËternel mon Dieu ne protégeant, je rassemblai des chefs de famille d'entre les Israélitei pour partir avec moi.

* Voici le dénombrement généalogique des familles et de leurs chefs qui partirent avec moi de Babylone sous le règne do roi Artabs'aste : De la race de Pînebas, G'ers'om ; de la race d'itanv, Daniel^; de la race de David, Hattous' du clan de S'ekanyah'. De la famille de Pare*os'^ Zekaryah^ et avec lui furent enregistrés IM individus mules; de la famille de Pabat-Moab, Elyeho'énaî fils de Zcrabyah, et avec lui 200 individus mâles; de la famille [de ZalUm% S'ekanyah flls de lahaziël, et avec lui 300 individus mâles; de It famille de 'Adin, 'Ëbed fils de lonatan, et avec lui 50 individu mâles ; de la famille de 'Élam, les'a*yah fils de 'Atalyah, et avec lô 70 individus mâles ; de la famille de S'efatyah, Zebadyab fils de Mikaël, et avec lui 80 individus mâles; de la famille de loab, 'Obadyah fils de lebiêl, et avec lui 218 individus mâles; de b famille [de Dani^]y S'elomît fils de losifyah, et avec lui 160 individus mâles ; de la famille de Bébaï, Zekaryah fils de Bébai, et avee lui 28 individus mâles ; de la famille de 'Azgad , lol^nan fils de Ilaqqatan, et avec lui 110 individus mâles; delà famille d'AdoniqaOi

sein de la population israélite de la Trans-Euphratène. Or, il y avait là sans doute bien des gens de race israélite chez lesquels la tradition avait pu s'afiaiblir et se perdre; sans compter que la législation, dite mosaïque, celle-là même que 'Ezrfl devait fiin observer, ne datait pas de trop loin. Du reste, sa mission doit être prise, à cet'éganii dans un sens purement hypothétique. Il ne s*agit pas de voyages de mission, ni d'atf autorité officielle à exercer en dehors de la colonie, mais de l'éventualité d'oM influence prépondérante de celle-ci. Encore une fois, nous expliquons le texte, bo« n en garantissons pas l'authenticité.

1 Ici reprend le texte hébreu, et de plus, nous voyons que c'est un extrait des mémoires do *£zrâ.

2 G'crs'om et Daniel étaient donc des prêtres qui faisaient remonter leur géoéilogi* aux deux fils d'Aharôn, Itamar et Ele*azar père de Pinehas.

^ Changement de la coupe des versets, d'après l'édition grecque et 1 Chron. III. S^» où il est question d'un Ilattous' petit-fils d'un S'ekanyah, issu do la race royale.

4 Nom conservé par le traducteur grec, comp. chap. II, 8.

'* Môme observation, comp. chap. II, 10.

les derniers* dont voici les noms : Élifelt, Ic'ouël et S'emaVali, et avec eux soixante individus mâles; et de la famille de Bigwaï, 'Outaï et Zabboud, et avec eux soixante-dix individus mâles'.

*^ Les ayant rassemblés près de la rivière qui coule à Ahawà ', nous y campâmes trois jours ; et ayant inspecté le peuple * et les prêtres, et n'y ayant pas trouvé de Lévites, j'envoyai les chefs de famille Éli*ézer, Ariêl, S'ema*yah, Elnatan, larib, Elnatan, Natan, Zekaryah, et Mes'oullam, et les docteurs loyarib et Elnatan, en leur ordonnant d'aller trouver le chef Iddô, dans le lieu nommé Kasifyâ; et je leur donnai des instructions sur ce qu'ils auraient à dire à

Iddô^ les serfs, dans ce lieu de Kasifyâ, à l'effet de nous

amener des ministres pour la maison de notre Dieu. Et ils nous amenèrent, sous la bonne protection de notre Dieu, un homme intelligent^ du clan de Malilî^ fils de Lévi, fils d'Israël; ainsi que S'érebyah et ses fils et ses frères, au nombre de dix-huit, puis encore ïjas'abyah et avec lui les'aVah du clan de Merarî, ses frères et leurs fils, au nombre de vingt. Et quant aux serfs que David et les princes avaient mis au service des Lévites, il y en avait deux cent vingt. (Ils sont tous inscrits nominativement^.)

** Et là, près de la rivière d'Ahawâ, je proclamai un jeûne pour nous humilier devant notre Dieu, afin de lui demander un heureux voyage pour nous, pour nos enfants et pour notre avoir. Car j'avais en honte de demander au roi une escorte et des cavaliers pour nous protéger en route contre Tennemi; car nous avions dit au roi : La maiu de notre Dieu s'étend sur tous ceux qui le cherchent, pour leur bien, et sa puissance et sa colère sont contre tous ceux qui

1 II n'est pas clair dans quel sens on doit prendre cette désignation. * En somme, à peu près 1500 individus mâles.

3 Localité inconnue, mais quo nous aurons a chercher dans le voisinage de la capitale. La rivière peut aussi avoir été l'un des nombreux canaux de la Basse Mésopotamie. Il s'agit ici du lieu où la caravane devait se réunir pour le départ.

4 Les laïques.

^ Il doit 7 avoir une lacune dans le texte, et mdme une lacune assez considérable^ car on voit par la suite qu'il vint effectivement des Lévites avec leurs serfs. Là où nous avons mis des points, le texte reçu met ce seul mot : son frère, qui ne fait qu'augmenter la difficulté. On traduit ordinairement : et ses frères ; mais les serfs n'ont pas été les frères d'un chef qui peut commander à des Lévites.

^ C'est chose assez singulière que lo nom de ce personnage ne s'y trouve pas et nous soupçonnons encore une lacune, ou bien une corruption accidentelle du texte qui aurait fait disparaître lo nom et l'aurait remplacé par Vhamine intelligent.

7 1 Chron. VI, 4.

^ Note du rédacteur, qui en avait trouvé la liste dans les mémoires de 'Ezrâ.

Tabandonnent. Nous jeûnâmes donc, et nous demandâmes cela à notre Dieu, et il nous exauça.

**Puis je choisis douze d'entre les chefs des prêtres, S'crebyah, Qas'abyah et dix de leurs frères, et je leur pesai l'argent et Tor et tous les objets qui avaient été consacrés comme offrande pour la maison de notre Dieu par le roi et ses conseillers et dignitsdres, et par tous les Israélites qu'on avait trouvés. Et je remis entre leurs mains, en argent, un poids de six cent cinquante talents, et en vaisselle d'argent cent talents, en or cent talents, et vingt. boites d'or à couvercle, valant mille dariques, et deux vases d'airain précieux et resplendissant ^ estimés à l'égal de l'or. Et je leur dis>: Vous êtes consacrés à l'Éternel, et ces objets sont sacrés et cet argent et cet or sont un don volontaire fait à l'Éternel, le Dieu de vos pères. Veillez sur cela et gardez-le, jusqu'à ce que vous le pesiez devant les chefs des prêtres et des Lévites et les chefs de famille des Israélites à Jérusalem, dans les cellules de la maison de Dieu '• Et les prêtres et les Lévites reçurent l'argent et l'or pesé, ainsi que les autres objets, pour les porter à Jérusalem, à la maison de notre Dieu.

^^ Puis nous partîmes de la rivière d'Ahawâ le douzième jour du premier mois, pour nous rendre à Jérusalem, et la main de notre Dieu nous protégea et nous préserva de toute hostilité et embuscade sur la route. Quand nous fumes arrivés à Jérusalem, nous nous y reposâmes pendant trois jours. Le quatrième jour nous pesâmes l'argent et l'or dans la maison de notre Dieu, et nous remîmes tons ces objets entre les mains du prêtre Mcrémot fils d'Ouriyab, avec lequel se trouvait Kle'azar fils de Pînehas, assisté des Lévites lozabad fils de lés'oua* et Nô'adyah fils de Binnouï, le tout compté et pesé, et les sommes mises par écrit à cette époque.

^^ Alors les déportés revenus de l'exil offrirent des holocaustes au Dieu d'Israël, douze taureaux pour tout Israël, quatre-vingt-seize béliers, soixante- dix-sept agneaux et douze boucs comme sacrifice expiatoire, le tout en holocauste à l'ÉterneP. Et ils remirent les édits du roi aux satrapes royaux et aux préfets de la Trans-Euphratènc, et ceux-ci soutinrent le peuple et la maison de Dieu.

1 Probablement il s'agit de métal doré.

2 Ces cellules ou chambres se trouvaient, comme dans le temple de Salomon, dans les constructions qui entouraient l'édifice sacré lui-mdme^ et qui servaient en partie de magasins.

3 II ne s'agit donc pas d'un grand festin^ mais d'une cérémonie purement religieuse. II faut mettre en regard do cette profusion la misiiro de la colonie constatée par un témoin oculaire (Néh. V).

* Lorsque tout cela fiit terminé, les chefs vinrent me trouver et dirent : Ce peuple d'Israël, y compris les prêtres et les Lévites, ne se tient pas à l'écart des populations du pays, quant à leurs abominations S savoir des Cananéens, des hittites, des Perizzites^ des lebousites, des 'Ammonites, des Moabites, des Égyptiens et des Émorites*. Car ils ont pris de leurs filles pour eux et pour leurs fils et ont ainsi mêlé la race sainte et les populations du pays, et les chefs et magistrats ont été des premiers à donner Texemple de ce crime*. Lorsque j'entsndis cela, je déchirai mes vêtements et ma robe, je m'arrachai la barbe et les cheveux de la tête, et je restai assis dans une profonde stupeur, au sujet du crime des exilés, tandis que tous ceux qui respectaient les commandements du Dieu d'Israël se rassemblaient auprès de moi ^. Je restai ainsi assis tout stupéfait jusqu'à l'oblation du soir. Puis, vers Toblation du soir, je me levai de mon humiliation avec ma robe et mes vêtements déchirés, et tombant à genoux, j'étendis les mains vers l'Éternel mon Dieu, et je dis : ^ Mou Dieu I Je suis dans la confusion et j'ai honte de lever ma face vers toi, ô mon Dieu ! car nos péchés sont nombreux au point de dépasser nos têtes ^, et nos fautes ont grandi jusqu'à toucher au ciel. Depuis le temps de nos pères, jusqu'à ce jour, nous avons été grandement coupables, et c'est pour nos péchés que nous, nos rois, nos prêtres, nous avons été livrés aux rois des autres pays, à l'épée, à la déportation, au pillage, à l'opprobre, comme c'est le cas aujourd'hui. Maintenant, pour un court instant, il nous a été accordé de la part de l'Éternel, notre Dieu, la grâce de nous sauver quelque reste ^ et de nous donner un pieu dans son lieu saint ^, à

' Colles idoUtres. Cependant ici on sera autorisé à ne pas y voir une accusation formelle en ce sens ; U s'agit uniquement de mariages mixtes, que la rigidité légale assimilait déjà au culte étranger lui-mdme.

^ La nomenclature pourrait bien 6tre en partie conventionnelle, car il est peu probable qu'à cette époque les restes des habitants primitifs aient encore conservé ces antiques noms de tribus. Toujours est-il que la population était très-mélangée, comme le prouve surtout la présence des Égyptiens.

' Gomme dans toutes les émigrations et colonisations, le nombre des hommes excédait de beaucoup celui des feomies.

^ Nous changeons le texte d'après le grec. Autrement il faudrait traduire : tandis que tous ceux qui craignaient les paroles de Dieu concernant le crime des exilés se rassemblaient, etc. Les commandements de Dieu, c'est la loi du Deut. VIL Les exilés sont ici la colonie des émigrés déjà revenue de Babjlone avant 'Ezrâ.

^ Locution figurée qui signifie qu'il n'y a plus de circonstance atténuante. Le pécheur est comme submergé et sa mesure est comble ; la seconde phrase renchérit encore sur la première.

0 D'un peuple autrefois puissant et nombreux.

'^ Cette figure doit dater de l'époque où l'on vivait sous dos tentes. Les pieux enfoncés en terre servaient à assujettir les cordes qui formaient les soutiens des tentes. Le pieu est donc l'image d'un établissement solide.

rcffct de rasséréner nos yeux et de nous donner un peu de vie dans notre servitude. Car nous sommes esclaves ; mais notre Dieu ue nous a point abandonnés durant notre servitude ; il nous a fait obtenir la faveur des rois de Perse, de manière quMls nous ont donné les moyens de réédificr la maison de notre Dieu et d'en relever les ruines, et qu'ils nous ont donné un asile ^ en Juda et à Jérusalem. Or, que dirons-nous après tout cela, ô notre Dieu? Que nous avons négligé tes commandements que tu nous avais prescrits par Torgane de tes serviteurs les prophètes, en disant ^ : c Le pays dans lequel vous allez entrer pour en prendre possession, est un pays souillé par les impuretés de ses habitants, par leurs abominations dont ils l'ont rempli d'un bord à l'autre. Or donc, ne donnez point vos filles à leurs fils, et ne prenez pas leurs filles pour vos fils à vous, et no faites jamais rien pour leur prospérité et bien-être, afin de rester forts et de jouir des biens du pays et de les transmettre à vos enfants pour toujours. » Or, après tout ce qui nous est arrivé par suite de nos méfaits et de notre grande iniquité, quand toi, 6 notre Dieu, tu nous as remis ' une partie de nos fautes, et nous as accordé ce reste que voici, en viendrons-nous de nouveau à enfreindre tes commandements et à nous allier à ces peuples abominables? Certes, tu t'irriterais contre nous au point de nous achever, sans laisser échapper ni survivre personne. Éternel, Dieu d'Israël, tu es juste: car il ne reste plus aujourd'hui de nous qu'un petit nombre ; nous voilà toujours en face de toi comme des coupables : nul ne saurait subsister devant toi pour cette raison.

^ Pendant que 'Ezrâ priait ainsi et faisait sa confession en pleurant, prosterné devant la maison de Dieu , il se rassembla auprès de lui une foule nombreuse d'Israélites, hommes, femmes et enfants, qui fondaient également en larmes. Alors S'ekanyah fils de le^iël, de la famille de 'Élam, prit la parole et dit à *£zrâ : Nous avons péché contre notre Dieu en introduisant chez nous des femmes étrangères, de chez les peuples du pays ; cependant, quant à cela, il y a encore une espérance pour Israël. Faisons maintenant un pacte avec notre Dieu, à reflet de renvoyer toutes ces femmes et leurs enfants, d*«^rès

^ Il ne s'agit pas des murs de la forteresse de Jérusalem, qui n'ont été relevés que plus tard. La locution est figurée, et le terme hébreu s'emploie d'une clôture à mettie à un champ ou à une vigne pour les garantir contre les hôtes ou les voleurs (Es. V, 5).

^ Les paroles prophétiques qui suivent ne se trouvent point textuellement dans les livres mosaïques ; elles sont plutôt un résumé de plusieurs passages analogues. Gomp. surtout Deut. VII, 1 suiv. ; XXIII. 7 ; XI, 8.

3 Litt. : mis ù has, supprimé.

le coDseil de mon seigneur* et de ceux qui respectent le commandement de notre Dieu : qu'il soit fait selon la loi. Allons I c'est ton afiaire ; nous serons avec toi. Courage et agis I

* Alors *Ezrà se leva et fit jurer aux chefs des prêtres, des Lévites et de tout Israël d'agir en conséquence, et ils le jurèrent. Puis *Ezrù se retira de devant la maison de Dieu et se rendit à la chambre de lobanan fils d'Élyas'ib% et y passa la nuit' sans manger ni boire, parce qu'il était en deuil à cause du crime des exilés. Et l'on fit crier dans Juda et à Jérusalem que tous les exilés eussent à s'assembler dans cette ville et que quiconque n'y viendrait dans trois jours aurait tous ses biens confisqués, d'après l'avis des chefs et des anciens^ et lui-même serait exclu de la communauté des exilés. *Tous les hommes de Juda et de Benjamin s'assemblèrent donc à Jénisalem le troisième jour; c'était le vingtième du neuvième mois^. Et tout le peuple se tenait sur la place de la maison de Dieu, tremblant à cause de cette affaire et de la pluie. Puis le prêtre *Ezrà se leva et leur dit : Vous avez commis un grand péché en introduisant chez vous des femmes étrangères, pour augmenter encore la culpabilité d'Israël. Maintenant faites votre confession ^ à l'Éternel, le Dieu de vos pères, et agissez conformément à sa volonté : séparez-vous des peuples de ce pays . et des femmes étrangères. Alors toute l'assemblée répondit à haute voix ; Oui, il faut que nous fassions comme tu dis; mais il y a ici trop de monde ^, et c'est la saison des pluies, et il n'y a pas moyen de stationner dehors, et ce ne sera pas l'afiairo d'un jour ou de deux, car les transgressions sont nombreuses à cet égard. Que nos chefs soient là pour toute la communauté % et tous ceux qui dans chaque endroit auront intro-

1 D*8près le grec. Il parle de 'Ezrâ. Le texte hébreu dit : du Seigneur (Dieu). Lo contexte décide. Un commandement de la Loi n'est pas uu conseil.

* Un personnage de ce nom est mentionné dans la liste des grands-prôtres, Néh. XII, 22 Sttiv., mais il doit avoir vécu assez longtemps après l'époque d'Esdras. Il faut donc admettre qu'il s'agit ici d'un autre individu, ou bien qu'une certaine localité dans les constructions attenant au temple fut désignée plus tard seulement par le nom du grand-prêtre, ce qui est moins probable. Les homonymes se rencontrent trèsfréqaemment dans ces temps^là.

^ Leçon de l'un des traducteurs grecs.

^ D'après l'ancien calendrier, qui faisait commencer l'année avec la nouvelle lune du signe du bélier. Nous arrivons ainsi à notre mois de décembre, à la saison des pluies, ee qui cadre bien avec la suite du récit.

^ Reconnaissez, avouez votre faute.

^ Le sens est : Aujourd'hui il sufEt d'avoir voté le principe, le règlement des cas individuels demande du temps, et no saurait se traiter en assemblée générale.

^ Pour présider, d'après le modo qui va être indiqué, à l'arrangement de toutes les alTaires particulières.

222 KSDRAS X, 14-38.

doit chez eux des femmes étrangères, auront à se présenter à un jour fixe, et avec eux les anciens de chaque endroit et les juges, aiin de détourner de nous la colère de notre Dieu au sujet de cette affaire.

*^ Il n'y eut que lonatan fils de 'A$ahel et la^eyah fils de Tî<l^&h qui s'opposèrent à cela, et Mes'ouUam et le Lévite S'abtaî les appuyèrent. Mais les exilés' s'y conformèrent et le prêtre *Etrà choisit' quelques hommes des chefs de familles, un par clan' (tous désignés nominativement ^), et ils siégèrent dès le premier jour du dixième mois pour examiner Tafiaire. Et ils la terminèrent avec tous les hommes qui avaient introduit chez eux des femmes étrangères, le premier jour du premier mois *.

'^t)r, il s'en trouva dans la caste des prêtres qui avaient introduit chez eux des femmes étrangères, savoir * : de la famille de lés'oua' fils de loçadaq et de ses frères, Ma*a$éyah, Ëli'ézer^ larîb et G'edalyah ; ils s'engagèrent formellement à renvoyer leurs femmes et il leur fut enjoint de donner un bélier pour l'expiation. Et de la famille d'Immer : Hananî et Zebadyah. Et de la famille de Qarim : lla*a$éyab, Éliyah, S'ema yah, lehiël et *Ouzziyah. Et de la famille de Pas'bour : Elyo'éuïu, Ma*e$éyah, Yis'ma*el, Ne^aneël, lozabad et Era^ah. Puis des Lévites : lozabad, S'ime*i, Qélayah (autrement dit Qelîtà), Pe^a^yah^ lehoudah et Éli'ézer. Des chantres : Elyas'ib. Des portiers : S'aUoum, Telm et Ouri. Enfin des Israélites'' : de la famille de Pare'os', Ramyah, Yizziyah, Malkiyah, Miyamîn, El'azar, Malkiyah et Benayah ; de la famille de 'Ëlam : Matianyah, Zekaryah, lebiel^ 'Abdi, lerémot et Éliyah ; de la famille de Zattoû : Elyo*énaï, Elyas'ib, Maftanyah, lerémot, Zabad et *Âzizâ; de la famille de Bébaî : leho^anan^ Qananyah, Zabbaï et 'Atlaî ; de la famille de Banî : Mes'oullam, Mallouk, *Àdayah, las'oub, S'eal et lerémo^ ; de la famille de Paba^- Moab : 'Adnâ, Kelal, Benayah, Ma*a$éyah, Matianyah, Bccaleël, Binnouï et Menass'eh ; de la famille de (larîm : Eli*ézer, Yiss'iyab, Malkiyah, S'ema'yah, S'ime*ôn, Binyamin, Mallouk et S'emaryah ; de la famille de Qas'oum : Mattnaï, Mattattah, Zabad, Élifelt, lerémaî,

^ La masse^ la majorité des membres de la communauté.

^ Leçon du traducteur grec. Le texte reçu dit : 'Ezrâ^ dos hommes furent choisis, ce qui est évidemment une faute.

3 Un de chaque clan. Le clan comprenait plusieurs familles.

-» Voyez la note 8, page 217 (chap. VIII, 20).

^ Il leur avait fallu trois mois pour toute l'opération.

^ Pour CCS familles, comp. chap. Il, 36 suiv.

"^ Laïques. Pour les familles, voyez chap. 11,3 suiv.

McDass'eh et S'ime'i ; de la famille de Bani * : Ma'adaï, 'Amram, Ouël, Benayah, Bédyab, Kclouhou, Wanyah, Mcrcmot, Elyas'ib, Mattanvah, Mattnaï, Ia*a$aî, Bani, Binnouï, S'ime î, S'élémyah, Natan,' *Adayah, Maknadbaï, S'as'aï, S'araï, *Azareël, S'clémyahou, S'émaryah, S'alloum, Amaryah et losef ; de la famille de Nebo : lefël, Mattityali^ Zabad, Zebioft, laddaï, loël et Benayah ^. Tous ceux-là avaient pris des femmes étrangères, et plusieurs d'entre eux les renvoyèrent avec leurs enfants'.

^ Comme ce nom revient pour la seconde fois, il est probable que le texte est fautif dans Tun des deux passages.

^ 11 doit y avoir beaucoup de fautes de copistes dans cette nomenclature, eu ce que plusieurs de ces noms ne paraissent pas être hébreux.

3 Traduction d'après l'un des textes grecs, le seul qui donne un sens plausible. Le texte hébreu, qui est fautif en tout cas, est traduit par les uns (contrairement à la grammaire} : plusieurs d'entre elles avaient apporté des enfants (d'un mariage précédent] ; par les autres : plusieurs d'entre eux en avaient eu des enfants, ce qui est philolo^iquemcnt impossible, et de plus, il serait assez étonnant que lauteur eût trouvé intéressant que sur 113 mariages, plusieurs aient donné des enfants. L'auteur a très-bien pu vouloir dire que les uns se contentèrent de renvoyer les femmes, tandis que d autres poussèrent la rigueur jusqu'à chasser leurs propres enfants.

HISTOIRE DE NEHÉMYAH

FILS DE HAKALYAII i

Au mois de Kislev de la vingtième année ^, comme je me trouvais dans le château de S'ous'an % un de mes parents, Uanani, étant venu chez moi avec quelques hommes de Juda^ je les interrogeai au sujet de Jérusalem et des Juifs qui s'y étaient retirés après la déportation *. Et ils me dirent : Ceux qui restent, de ces anciens déportés, se trouvent là dans la province dans une grande détresse et dans une condition misérable ; la muraille de Jérusalem est ruinée et ses portes sont détruites par le feu^.

^ Le rédacteur, qui va transcrire un long fragment des Mémoires de Néhémie, en copie aussi le titre, ce qui ne prouve pas qu'originairement cette partie de son ouvrage ait déjà formé un livre particulier (voir l'Introduction].

^ Savoir du règne d'Artaxerce-Longuemain, comme cela sera dit plus bas (chap. II, IJ. Elle correspond à l'an 445 av. Jésus-Christ. — Le mois de Kislev, lo troisième de Tannée civile des Juifs, le neuvième de Tannée ecclésiastique, correspond à peu près Q la fm de novembre et au commencement de décembre (Frimaire).

«* Lu ville de Suse, résidence d'hiver des rois de Perse.

■^ On pourrait traduire : qui avaient survécu à la déportation, car l'auteur n reporte évidemment à l'époque de Zeroubbabel et de sa colonie. Les habitants actuelfl sont pour ainsi dire identifiés avec leurs ancêtres.

^ Les opinions varient sur la portée de ces paroles. Selon les uns, il n'est pas pro* bablo qu elles se rapportent au sac de Jérusalem de Tannée 588. Néhémie, disent-ils^ n'avait pas à apprendre, comme une nouvelle attristante, que Neboukadneççar avait détruit lu ville 1 50 ans auparavant. Il faut donc qu'on songe à quelque événement récent, mais autrement inconnu. Ou hasarde donc la conjecture que les mesures rigon* rcuscs d'Esdras, qui fit expulser un grand nombre de femmes étrangères, ont pu exaspérer les voisins et provoquer de leur part des attaques à main année. Entre l'arrivée d'Esdras et celle du Néliémic il s'est écoule quatorze ans dont nous ne savons

NÉHÉMIE I, 4-n. 225

* Lorsque j'appris ces choses, je me mis à pleurer et je fus dans la désolation pendant plusieurs jours^ et je jeûnai. Puis j'adressai ma prière au Dieu du ciel eu disant : Ah I Éternel^ Dieu du ciel, Dieu grand et redoutable I ô toi qui gardes ton pacte et ta grâce à ceux qui t'aiment et qui observent tes commandements ! Veuille ouvrir les yeux et prêter Toreille, afin d'entendre la prière que ton serviteur porte devant toi maintenant jour et nuit, en faveur des enfants d'Israël, tes serviteurs, en confessant les péchés qu'eux ont commis, que nous avons commis contre toi^ oui, que moi et les miens nous avons commis. Nous nous sommes rendus coupables envers toi ; nous n'avons point observé les lois, les ordonnances et les commandements que tu as prescrits à ton serviteur Moïse. Veuille te souvenir de la parole que tu as dite * a ton serviteur Moïse : « Si vous êtes rebelles, je vous disperserai parmi les nations ; mais si vous revenez à moi, et si vous observez mes commandements et les pratiquez, alors quand même vos exilés seraient à l'extrémité du monde, je les y recueillerai, et je les ramènerai au lieu que j'ai choisi pour y établir mon nom. » Or, ce sont tes serviteurs ', c'est ton peuple, que tu as racheté par ta grande force et ta puissante main. Ah, Seigneur, veuille prêter l'oreille à la prière de ton serviteur, et à la prière de tes serviteurs qui se plaisent à révérer ton nom I Fais en sorte que ton serviteur réussisse aujourd'hui, et fixis lui obtenir la faveur de cet homme. (J'étais échanson du roi.) ^

absolument rien. En admettant que le roi Artabs'aste du 4* chap. d'Esdras (voir la note 1 , page 208} est le même que celui dont il est question ici^ on expliquera cette ruine nouvelle de la ville par l'intervention de Heboum et de S'imes'aî. A tout cela on objecte qu'il n'est dit nulle part que les premiers colons^ qui, après bien des eflbrts, avaient réussi à reconstruire le temple, soit aussi parvenus à restaurer les murs et à faire de Jérusalem une place forte. A cet égard, la situation pouvait donc bien être encore celle du lendemain de la ruine de la ville. Néhémie pouvait croire que, le temple étant reconstruit, le reste était également au mieux. Il apprend, à son grand étonnement, que la colonie est aux prises avec le besoin et à la merci de ses ennemis. Dans Tétat fragmentaire des renseignements dont nous disposons, il sera toujours difficile de se décider entre ces deux opinions.

^ Litt. : que tu as conmiandée. Cette formule nous autoriserait à chercher cette parole dans les livres dits mosaïques. Cependant elle ne s'y trouve pas consignée textuellement. Le sens se retrouve à peu près dans les premiers versets du chap. XXX du Deutéronome.

^ Ceux en faveur desquels je prie maintenant ; tu ne les renieras point, puisqu'ils t'ont donné un gage de leur repentir par leur retour à Jérusalem et la reconstruction da temple.

^ L'auteur ajoute cela pour expliquer la phrase précédente. Attaché au service de la personne du roi, il ne pouvait quitter Suse sans sa permission.

A. T. 4* part. 15

' Or, au mois de Nisan de la vingtième année du roi Artaf^s'aste, comme le vin était devant moi *, je pris le vin et le présentai au Roi. Et quoique je ne fisse pas paraître mon chagrin, le roi me dit : Pourquoi as-tu mauvaise mine ? tu n'es pourtant pas malade ? cela ne peut être qu'un chagrin de cœur. J'eus bien peur et je dis au Roi : Que le Roi vive à jamais I pourquoi n'aurais-je pas mauvaise mine quand la ville où sont les tombeaux de mes pères e.st en ruines et que ses portes sont détruites par le feu ? Alors le Roi me dit : Que demandes-tu donc ? Et après avoir adressé une prière an Dieu du ciel, je dis au Roi : S'il plaisait au Roi et que tu voulusses accorder une faveur à ton serviteur, c'est que tu me permettrais d'aller en Judée dans la ville des tombeaux de mes pères, pour que je la rebâtisse. Le Roi, à côté duquel était assise la Reine, me dit : Combien de temps durerait ton voyage et quand reviendrais-tu ? Et le Roi voulut bien me laisser partir, et je lui indiquai le temps nécessaire. Puis je dis au Roi : S'il plaisait au Roi, on me donnerait des lettres pour les gouverneurs de la Trans-Euphratène, afin qu'ils me laissassent passer jusqu'en Judée, ainsi qu'une lettre pour Asaf, l'inspecteur du parc royal, afin qu'il me livre du bois pour la charpente des portes du château attenant au temple, et pour celles de la muraille de la ville, et de la maison où je dois loger'. Et le Roi me l'accorda, selon la gracieuse protection de Dieu.

^ Lorsque j'arrivai chez les gouverneurs de la Trans-Euphratène, je leur remis les lettres du Roi. Le roi m'avait fait escorter par des officiers et des cavaliers. Mais Sanballat le Qoronite, et Tobiyah,

1 Leçon du texte grec, qui veut dire : lorsque ce lut mon tour de servir le roi. Cela suppose plusieurs échansons, qui étaient de service à tour de rôle^ et cela explique en même temps comment Néiiémie a pu attendre quatre mois (Nisan — 7* mois, Germinal) avant de parler au roi. Le texte hébreu dit : devant lui.

^ Cette phrase n'est pas bien claire dans l'original. Comme il est question d'une fourniture de bois, il est évident qu'il no s'agit pas de la reconstruction des murs euxmêmes, et nous nous sommes permis de nommer les portes deux fois, que le texte ne mentionne pas exprès là où il parle des murs. Le château du tempU (trad. litt.) àsàX avoir été un édifice ou un ensemble de constructions dans la proximité du sanctuaire et l'on peut admettre qu'il s'agit d'une localité qui fut plus tard désignée par le mêtne nom de Bîrak [en grec Baris) comme résidence des princes Machabées, et qu*Hérode et les Romains employèrent comme citadelle, sous celui de Arx Antonia, Elle dominait le temple du côté du nord. Du reste, ces arrangements font voir que Néhémie j alla avec un titre officiel, et non comme simple particulier. Aussi bien est-il nommé gouverneur^ cbap.V, 14. — La charpente des portes^ ce no sont pas autant des poteaux latéraux, que des poutres servant de plafond, les portes étant des constructions surmontées d'une espèce de tour.

l'officier 'Ammonite, ayant appris cela, trouvèrent fort mauvais que quelqu'un cherchât à faire du bien aux Israélites ^

** Cependant j'arrivai à Jérusalem, et quand j'y eus passé trois jours, je me mis en route de nuit avec un petit nombre d'hommes, sans dire à personne ce que Dieu m'avait inspiré de faire pour Jérusalem ; et je n'eus d'autre bète avec moi que celle que je montais'. C'est donc de nuit que je sortis par la porte de la vallée, me dirigeant vers la fontaine du dragon et la porte au fumier % et j'inspectai les murs de Jérusalem qui étaient en ruines et les portes qui étaient détruites par le feu. Puis je passai vers la porte de la fontaine, et au réservoir du roi, et là, la bète que je montais ne trouvait plus moyen de passer^. Alors je remontai la vallée de nuit ^, toujours inspectant la muraille, et étant revenu à la porte de la vallée, je rentrai chez moi. *^ Les magistrats ignorèrent où j'étais allé et ce que je voulais faire, car jusque-là je n'en avais rien dit aux Juifs, prêtres, notables, magistrats et autres employés aux travaux ^. Alors je leur dis : Vous voyez la triste condition dans laquelle nous nous trouvons ; comme Jérusalem est en ruines et ses portes détruites par le feu. Allons, rebâtissons les murs de Jérusalem, pour que nous ne soyons plus un sujet de raillerie. Et je leur racontai comment Dieu m'avait gracieusement protégé, et ce que le roi m'avait dit. Et ils répondirent : Eh bien, allons bâtir I Et ils prirent courage pour cette bonne résolution.

"Cependant lorsque Saneballat le Floronite, et Tobiyah, l'officier 'Ammonite, et l'arabe G'es'm apprirent cela, ils se moquèrent de nous et nous méprisèrent en disant : Qu'est-ce que vous faites-là ? Est-ce que vous voulez vous révolter contre le roi ? Et je leur répondis en disant : Le dieu du ciel nous permettra de réussir, et nous, ses serviteurs, nous allons bâtir ; quant à vous, vous n'avez ni part, ni droit, ni souvenir dans Jérusalem.

1 Ainsi dès son arrivée Nébémie eut à lutter, non seulement contre des difficultés mstérielles, mais encore contre les intrigues des chefs voisins. Sanballat aura été gouverneur du district de Samarie, dans lequel étaient situés les deux Bêt-Horôn.

^ Pour éviter le bruit. Nébémie prévoyait que son entreprise devait être au moins commencée d'une manière secrète, pour que l'opposition du debors ne se manifestât pas trop tôt. La suite fait voir qu'il ne fut pas longtemps laissé en repos.

' Voir, pour la topographie, le cbap. III.

4 La yallée étant plus étroite en cet endroit^ 1^ pierres de la muraille écroulée obstruaient le passage.

^ A pied. De cette manière il Gt le tour de la ville, la première partie seulement à cheval.

G Gela doit être dit par anticipation, en vue des constructions qu'il méditait, à moins qu'on ne veuille l'entendre des maçons et charpentiers en général, qui auront toujours eu de la besogne pour les bâtisses particulières.

228 NÉH£M]E m, 1.7.

* Alors le grand-prétre Ëlyas'ib ^ se mit à l'œuvre avec les prêtres ses frères, et ils bâtirent la porte aa bétail ; ils la coosacrèrent et y mirent les deux battants, et ils acbevèrent les travaux jusqu^à la tour des Cent et jusqu'à la tour de Qananeêl*. A côté de lui travaillèrent les gens de lerébo'; puis à côté d'eux, Zakkour fils d'Imerî. Quant à la porte aux poissons, ce furent les gens de Uassenaah * qui la bâtirent ; ils en firent la charpente^ et y mirent les deux battants, les serrures et les barres^. A côté d'eux, les réparations furent faites par Merémot fils d'Ouriyah, fils de Haqqoç * ; puis à côté de lui, par Mes'oullam fils de Bérekyab, fils de Mes'éiabeël ; puis à côté de lui, par Çadoq fils de Ba'anab. Plus loin travaillèrent les Teqo*ites ; mais les principaux d'entre eux refusèrent de se prêter au service de leur Seigneur^. La porte de la vieille ville ^ fut réparée par loyada' fils de Paséab et Mes'oullam fils de Besodyab ; ils en firent la charpente et y mirent les deux battants, les serrures et les barres. A côté d'eux travaillaient Melatyah le G'ibe'onite et ladôn le Mcronotite, les gens de G'ibe*ôn et de Miçpab, qui relevaient du siège du gouverneur de la Trans-Euphratène *. A

1 Voyez la généalogie^ chap. XII^ 10.

^ Selon toute probabilité^ la porte du bétail était située du cCté de l'est dans le voist* nage du temple, à peu près là où se trouve aujourd'hui la porte Saint-Étienne. (Comp. Jean V, 2.) La tour de Hananeêl parait avoir formé l'angle nord-est de la ville ; Tautre tour, dont le nom a une origine inconnue, doit avoir été placée entre les deux points nommés dans le texte. Celui-ci, du reste^ est rédigé un peu négligemment et notre traduction n'est pas trop littérale.

3 Esr. II, 34. — A côté, c'est-à-dire à la partie du mur qui suivait dans la direction une fois adoptée par l'auteur pour sa description. Celle-ci, à partir de la tour de Hananeël, suit Tenceinte septentrionale dans la direction de l'est à l'ouest. (Comp. chap. XU, 39.)

4 Esr. II, 35.

5 Les barres sont des poutres posées transversalement dans des crocs oa ooolinee de fer. La porte aux poissons doit avoir été dans le mur septentrional.

6 Esr. II, 61 .

"^ On traduit aussi : de leurs maîtres. Les maîtres seraient les magistrats directeors des travaux.

S Et non : la vieille porte. Il s'agit là d'une enceinte intérieure, au-delà de laquelle se trouvait un faubourg. Comp. 2 Chron. XXXIII, 14. D'autres préfèrent traduire: la porte de la vieille muraille. Le fait est que le texte dit seulement : la porte de la vieille.

9 Les deux endroits nommés ici se trouvaient donc au-delà des limites politiques de la colonie ; mais les habitants juifs s'étaient joints pour cette œuvre à leurs frères de Jérusalem. Cependant ce n'est là qu une conjecture.

côté d'eux travaillaient 'Ouzziël fils de Ilarhayah, les orfèvres * ; puis llananyah, des fabricants d'onguents. (On avait abandonné Jérusalem jusqu'à la muraille large ') ; puis Refayah fils de IJour, chef de la moitié du district de Jérusalem. A côté de lui, ledayah fils de Qaroumaf, vis-à-vis de sa maison ; puis Hattous' fils de Qas'abneyah. A une seconde section travaillaient Malkiyah fils de FEarim et Qass'oub fils de Pal^at-Moab ; ils restaurèrent aussi la tour des fours. A côté d'eux, S'alloum fils de Hallo^es', chef de l'autre moitié du district de Jérusalem, avec les villages de son ressort'. Quant à la porte de la vallée *, ce fut Qanoun qui y travailla avec les habitants de Zanoal^ ; ils la rebâtirent et y mirent les deux battants, les serrures et les barres^ et de plus, mille coudées de muraille jusqu'à la porte au fumier^. Celle-ci fut restaurée par Malkiyah fils de Rékab, chef du district de Bèt-hakkerm ; il la rebâtit et y mit les deux battants, les serrures et les barres. La porte de la fontaine fut restaurée par S'alloun fils de Kol-Hozeh, chef du district de Hiçpah ; il la rebâtit, la couvrit et y mit les deux battants, les serrures et les barres ; il travailla aussi au mur du réservoir d'émission près du jardin du roi, jusqu'aux marches qui descendent de la cité de David ^. Après lui travailla Ne]|^émyah fils de 'Âzbouq,

' Ou ouvriers en métaux^ qui paraissent avoir formé un corps d'état comme les fabricants d'onguents. Ces onguents étaient des choses de première nécessité et ne trahissent pas précisément un luxe excessif.

S La muraille large doit avoir été une localité bien connue des contemporains de Néhémie. Nous supposons que l'auteur veut dire qu'une partie de l'ancienne ville (détruite} n'avait pas été rebâtie, le chiffre de la population ayant permis de se renfermer dans un terrain plus restreint. Cependant nous ne sommes pas sûr de ce fait. D'autres traduisent : A cet endroit les réparations n'étaient pas nécessaires, les conquérants ayant laissa les murs debout.

3 Et non avec ses filles, comme on traduit ordinairement. Personne ne songeait à faire travailler des femmes. Partout dans l'Ancien Testament, les localités dépendantes d'un endroit plus considérable, villages, hameaux, métairies, etc., sont appelées ses filles. Voyez chap. XI, 25 suiv.

^ Ici nous rencontrons de nouveau un point de repère, qui nous permet de nous orienter dans cette description topographique. La porte de la vallée était en tout cas située à l'ouest vers le ravin de G'îbôn, à peu près là où se trouve aujourd'hui la porte de Jaffa.

^ Cette besogne étant comparativement beaucoup plus grande que celle des autres groupes de travailleurs, on doit supposer qu'il n'y avait pas grand'chose à faire de ce côté-là.

^ Nous sommes arrivés à l'angle sud-ouest de la ville, où la colline la plus élevée comprise dans l'enceinte, descend assez rapidement dans la vallée du G'ibdn. C'est la eiSé de David^ qui dominait la vallée au point qu'on en descendait par un escalier, probablement taillé dans le roc. Dans la vallée il y avait plusieurs réservoirs ou bassins

230 NÉIÎÉMIE III, 16-21.

chef de la moitié du district de Bêt-Çour, jusqu'en face des tombeaux de David*, et jusqu'au réservoir construit ', et jusqu'à la maison des guerriers'. Après lui travaillèrent les Lévites, sous Refioum fils de Banî ; à côté de lui, Has'abyah, chef de la moitié du district de Qe'ilah, pour son district*. Après lui, ses frères*, sous Bawwaï fils de Hénadad, le chef de l'autre moitié du district de Qe'ilah. A côté de lui travailla *Ëzer fils de lés'oua*, le chef de Miçpah, à une seconde section en face de la montée de l'angle, près de l'arsenal*. Après lui, dans la direction de la montagne ^^ Barouk fils de Zabbaî travailla à une seconde section ^^ depuis l'angle jusqu'à la porte de la maison du grand-prêtre Elyas'îb. Après lui, Merémot fils d'Ourîyab, fils de Haqqoç"^ travailla à une seconde section, depuis la porte de la maison d'Elyas'ib jusqu'à l'extrémité de cette maison. Après loi

alimentés par des sources jaillissant de la côte. De là le nom de la porte de la fontaine^ et le nom de Time des sources^ S'iloa^ (ici appelée S'éla|^^ émission). (Voyez Jean IX, 7 suiv.).

^ C'est-à-dire des caveaux de sépulture des anciens rois.

2 Nouvellement ?

3 Corps de garde? — Les détails topographiques nous échappent ici pour la plupart ,* il est seulement certain que tous ces noms se rapportent à des localités de l'enceinte méridionale. — La mention des chefs de district fait voir que le territoire occupé par la colonie à l'entour de Jérusalem, était dès lors organisé et divisé en arrondissements ou cantons.

4 Ou peut-ôtre : avec (les gens de) son district.

5 Les voisins^ etc.

0 Tout ceci est sujet à caution. S'il s'agit réellement d'un arsenal, sa position est inconnue. Du reste, cette partie des constructions est plus difficilement reconnue que les autres, parce que anciennement les deux collines méridionales de Jérusalem étaient séparées par une vallée (le Tyropœoa des Grecs], de sorte que la muraille formait ofl grand angle rentrant. Aujourd'hui ces localités présentent un autre aspect.

"7 Leçon obtenue par conjecture par le simple changement d'un k en un h. Celle da texte reçu n'offre pas de sens acceptable. On traduit : avec ardeur, mais on ne voit pas pourquoi cela aurait été le cas de ce seul homme. Nous supposons qu'on se trouve ici au sommet de l'angle rentrant dont nous venons de parler ; où par conséquent la muraille s'était le plus abaissée en descendant la côte ; maintenant elle remonte la côte opposée de la colline orientale.

^ Cette expression revient assez souvent sans qu'on entrevoie à quoi elle se rapporte, puisqu'il n'est pas toujours question d'une première section construite par les mêmes personnes ou par d'autres. Comme tout à l'heure nous allons retrouver réellement un chef qui a déjà été nommé plus haut, nous en concluons que le texte n'est pas complety et que plusieurs fois des noms propres ont été omis par les copistes. On signale notamment l'omission, après le v. 7, de la porto d'Ëphraïm, dans le mur septentrional (chap. XII, 39), du côté le plus vulnérable de rcnceinto.

y Verset 4.

NÉHÉMTB m, 22^. 231

travaillèrent les prêtres de la contrée environnante ^ Puis Binyamin et Flass'oub, en face de leurs maisons ; puis *Azaryah fils de Ma*a$éyah, fils de *Ananyah, à côté de la sienne'. Après lui, Binnouî fils de IjLénadad travailla à une seconde section % depuis la maison de 'Azaryah jusqu'à Tangle, jusqu'au coin *. [Puis ^] Palal fils de Ouz^ en face de l'angle, et de la tour qui fait saillie sur la maison supérieure du roi, laquelle est attenante à la cour de la prison. Après lui, Pedayah fils de Par'os'. (C'étaient les serfs* qui demeuraient sur la colline, vers son bord oriental, jusqu'en face de la porte de l'eau et de la tour qui fait saillie). Après lui travaillèrent les Teqo'ites à une seconde section', en face de la grande tour qui fait saillie et jusqu'au mur de la Colline. Au dessus de la porte aux chevaux travaillèrent les prêtres, chacun en face de sa maison^. Puis Çadoq fils d'Immer en face de sa maison ; puis S'ema'yah fils de S'ekanyah, le gardien de la porte orientale; puis ^ananyah fils de S'élemyah et I.lanoun fils de Çalaf^ le sixième ^, à une seconde

1 Comp. chap. XII, 28. — Comme ailleurs le terme de Kikkar (le cercle] est employé pour désigner la plaine ou vallée du Jourdain^ on a pensé ici à des prêtres établis aux environs de leré^o.

^ C'étaient probablement des prêtres établis aux environs. Les mots : en face, à côU^ peuvent s'expliquer par la position des façades de ces différentes maisons.

3 Comp. V. 18; où par suite, sans doute, d'une faute de copiste, nous lisons maintenant Ba^'waî. Le premier nom reviendra chap. X, 10.

^C'est-à-dire l'angle rentrant, qui formait la pointe septentrionale de la vallée qui réparait les deux collines.

^ Il manque ici au moins un mot dans le texte. — La cour de la prison est probablement celle dont il est plusieurs fois question dans Jérémio XXXII suiv. ; XXXVII suiv. Elle était près de la résidence royale, dont le nom a pu se conserver traditionnellement même après sa destruction.

C Esdr. II, 43 suiv. — Nous regardons cette phrase comme une parenthèse. Les serfs pouvaient sans doute être employés aux travaux, mais ils n'auront pas formé une escouade particulière et indépendante de travailleurs. On veut simplement indiquer que ce quartier dit *0/V/, c'est-à-dire Colline, qui formait le prolongement méridional de l'enceinte du temple, et dont les murs étaient construits par les personnes nommées tout à l'heure et dans ce qui va suivre, contenait entre autres les maisons des gens du temple.

1 Comp. chap. v. 5.

S La description remontant maintenant du sud au nord, nous supposerons qu'elle a dépassé l'angle sud-est de l'enceinte sacrée, qu'elle parle du mur qui domine à l'est le ravin de Qidrôn, et derrière lequel, dans la cour môme du temple, il y aura eu une rangée de maisons habitées par des prêtres.

d On prend cela ordinairement pour le sixième fils ; cependant c'est un genre de désignation qui ne se rencontre pas ailleurs, et le soupçon sera permis que les copistes ont masqué ici, par n'importe quelle faute, un adjectif désignant le lieu d'origine do l'individu. Comme il est question d'une seconde section, on identifie ce I.lanoun avec celui du V. 13.

section; puis Mcs'oullam fils de Bérekyah, en face de sa loge*; puis Malkiyah, le fils de l'orfèvre, jusqu'à la demeure des serfs et des marchands, en face de la porte du Mifqad, et jusqu'à la montée du coin ; enfin entre la montée du coin et la porte du bétail travaillèrent les orfèvres et les marchands^.

^^ Cependant lorsque Saneballat ' apprit que nous allions bâtir les murs, il s'en fâcha et fut fort irrité, et il se moqua des Juifs en disant en présence de ses frères et des oflSciers de S'omeron * : Que font- ils, ces misérables Juifs? Les laissera-t-on faire? Sacrifierontils? Achèveront-ils maintenant? Feront-ils ressusciter les pierres de dessous ces monceaux de poussière amassés par le feu? Et Tôbiyah le 'Ammonite, qui était à côté de lui, dit : Encore qu'ils bâtissent, si un renard y saute, il fera crouler leur mur de pierres I

^^ Écoute, ô notre Dieu, combien nous sommes bafoués! Fais retomber leurs outrages sur leurs têtes et livre-les au pillage dans une terre d'exil I Ne leur pardonne pas leur iniquité et que leur péché ne soit pas effacé devant toi, parce qu'ils ont ainsi provoqué les travailleurs.

^® C'est ainsi que nous rebfitimes la muraille, laquelle fut fermée' partout jusqu'à mi-hauteur, et la population prit le travail à cœur.

I II est toujours encore question de prêtres demeurant dans l'enceinte du temple.

* C'est de la porte du bétail que la description était partie pour y revenir en terminant. Le Mifqad (terme dont lo sens étymologique n'est pas clair) était un lieu dans l'enceinte où l'on brûlait lo taureau du sacrifice expiatoire (Éz. XLIII, 21}. La montée du coin doit avoir été une élévation du terrain à l'angle nord-est de l'enceinte du temple. Nous pouvons reconnaître d'une manière assez sûre la direction suivie par l'auteur dans sa description des murs d'enceinte ; mais un grand nombre de détails ooas échappent, les noms ayant disparu dans la topographie actuelle et le terrain même ayant beaucoup changé.

3 Chap. II, 19. — Dans plusieurs éditions do la Bible, c'est ici que commence I0 4* chapitre.

^ Comme il est question de la colère du préfet de Samarie^ on s'attend à un diflcoars hostile et tendant à des mesures préventives pour arrêter les travaux. Aussi bien les traducteurs, en lui faisant dire : Les laissera-t-on faire ? entendent-ils qu'il s'agit d'une menace. Nous ne sommes pas de cet avis. Le texte lui-même qualifie le discours de raillerie, et en effet, d'un bout à l'autre c'en est une, et l'officier 'Ammonite renchérit encore sur ce qu'avait dit Saneballat. La phrase : Les laissera-t-on faire ? (si tant est que ce soit là le vrai sens) ne paxii être comprise autrement. La question est une pure ironie : Ne devons-nous pas avoir peur d'une pareille entreprise ? Tolérerons-nous qu'ils en viennent à bout et qu'ils en célèbrent l'achèvement par le sacrifice usité ? La fin prouve qu'il la regarde comme étant au-dessus des moyens de cette triste colonie. Il no faut pas perdre de vue que ces paroles sont censées prononcées au début des travaux.

•'> Litt. : reliée.

* Cependant lorsque Saneballat et Tôbiyah, et les Arabes, et les ^Ammonites et ceux d'As'dod apprirent que la réparation des murs de Jérusalem avançait et que les brèches commençaient à se fermer, ils en furent très-irrités, et ils se liguèrent tous entre eux pour venir attaquer Jérusalem et pour y faire du dégât*. Et nous adressâmes des prières à notre Dieu et nous plaçâmes des gardes contre eux jour et nuit, de peur d'être attaqués. Cependant les Juifs disaient : Les ouvriers ' sont à bout de forces ; les décombres sont en trop grande quantité et nous n'arrivons pas à travailler aux murs. Et nos ennemis disaient : Ils n'en sauront ni n'en verront rien jusqu'à ce que nous leur tombions dessus pour les massacrer et arrêter ainsi les travaux'. Mais comme des Juifs qui habitaient dans leur voisinage vinrent de tous côtés ^ nous dire, jusqu'à dix fois: Revenez

chez nous^l je plaçai en bas du lieu derrière la muraille, en

des endroits découverts*, et j'y plaçai le peuple par familles avec leurs épées, leurs lances et leurs arcs. Puis je m'y rendis pour les inspecter, et m'adressant aux principaux et aux magistrats et au reste de la population, je leur dis : N'ayez pas peur d'eux ! Pensez au Seigneur, le grand et le redoutabte, et combattez pour vos jfrères, vos fils, vos filles, vos femmes et vos maisons ! ^ Or, lorsque nos ennemis reconnurent que la chose nous avait été

1 lis finirent par s'apercevoir que c'était chose plus sérieuse qu'ils n'avaient pensé. — On voit ici combien peu l'empire était fortement organisé, puisque les rivalités locales pouvaient aboutir à des voies do fait presque officielles.

^Litt.: les porteurs, qui avaient à remuer les pierres, à déblayer le terrain, etc. Les travaux préparatoires excédaient les forces des hommes de peine disponibles et les chefs d'atelier {les Juifs] se plaignaient de l'insuffisance de leurs moyens.

3 C'est une supposition de Néhémie, qui craignait une surprise. Les préparatifs de l'attaque se faisaient en secret ; cependant les Juifs de la campagne pouvaient s'en apercevoir et ils vinrent avertir ceux de la ville.

4 La colonie était entourée d'ennemis ; au nord les Samaritains, à l'est les 'Ammonites, au sud les Arabes, à l'ouest les Philistins.

^ Cet appel (car le texte est à la seconde personne) s'adresse aux campagnards (chap. III, iSsuiv.) qui travaillaient à Jérusalem et auxquels leurs parents voulaient foire quitter la ville, pour pouvoir mieux se défendre eux-mSmes, le cas échéant. Si Néhémie dit : ils vinrent nous dire, c'est qu'il considère tous les travailleurs comme formant un seul corps.

^ Cette phrase n'est évidemment pas complète et il est difficile de dire non seulement ce que Néhémie y plaça, mais encore pourquoi il plaça cet objet inconnu dans un lieu bas. Probablement il y a une faute dans le texte, et au lieu du bas, il doit y avoir eu un mot désignant l'objet placé au lieu derrière la muraille, peut-Ctre des machines de guerre ; les Septante parlent aussi d'endroits couverts.

234 NÉHÉMTE IV, 9-n.

dénoncée, et que Dieu avait dérangé leurs projets ^ nous pûmes revenir à la muraille, chacun à sa besogne. Et à partir de ce jour, la moitié de mes gens était au travail, tandis que Tautre moitié était en armes^ avec lances^, boucliers, arcs et cuirasses, et les chefti se tenaient derrière les hommes de Juda. Ceux qui construisaient le mur et ceux qui portaient ou chargeaient des fardeaux travaillaient d'une main à leur besogne, tandis que Tautre tenait les armes'. Les travailleurs avaient leurs épées attachées sur leurs reins pendant qu'ils travaillaient, et le trompette se tenait à côté de moi^. Et je dis aux principaux, et aux magistrats et au reste de la population : Les travaux s'étendent sur un très-grand espace^ et nous sommes dispersés sur la muraille, bien loin les uns des autres. Lors donc que vous entendrez le son de la trompette, vous vous rassemblerez à Tendroit d'où il partira^ vers nous, et notre Dieu combattra pour nous. C'est ainsi que nous faisions notre besogne, tandis que la moitié des hommes avait la lance à la main, depuis le lever de l'aurore jusqu'à l'apparition desjétoiles. En même temps je commandai à la population que chacun avec les gens à son service passât la nuit à Jérusalem^, pour servir de garde pendant la nuit et pour reprendre le travail pendant le jour ^. Quant à moi ei à mes parents, et h mes serviteurs, et aux hommes de garde attachés à ma personne, nous ne quittions pas nos habits, ^et chacun avait l'arme à portée de la main ^.

^ A la rigueur on pourrait aussi traduire : Dieu déjoua leurs projets et nous pûmes, etc. En tout cas, l'autour veut dire que la surprise étant devenue impossible, les ennemis abandonnèrent la partie.

^ Le texte porte : et les lances ; cela nous fait croire qu'il manque un mot, peut* C'tre : les épées.

3 Nous pensons que ceci est une phrase figurée, car matériellement c'aurait été un singulier procédé pour faire avancer la besogne. La phrase suivante explique la chose.

"^ Pour sonner lalarme à la première apparition du danger. Encore ici la rhétorique doit avoir part au récit, Néhémie ne pouvant pas surveiller en môme temps tous les cOtés de Jérusalem.

^ Les gens de la campagne rentraient auparavant chaque soir chez eux.

0 Naturellement Néhémie ne prétendait pas faire veiller tout le monde ; mais il voulait avoir tout le monde sous la main.

*? Ces derniers mots remplacent une phrase inintelligible que les traducteurs grecs ont tout bonnement omise. Le texte dit à la lettre : chacun son arme Teau. Serait-ce que quelques muts fussent perdus ? On a essayé d'utiliser cette eau dans la traduction, par exemple : nous n'otions nos habits que pour nous baigner ; nous n'avions avec noos que des armes et de l'eau ; nous n'otions nos habits que pour lâcher l'eau (et le reste), etc. ' •

* Cependant il s'éleva, de la part des gens du peuple et de leurs femmes, de grandes plaintes contre leurs frères, les Juifs ^ Il y en avait qui disaient : Nos fils, nos *filles, nous-mêmes nous sommes nombreux; nous voulons avoir du blé pour nous nourrir et pour pouvoir vivre. D'autres disaient : Nous sommes dans le cas d'engager nos champs, nos vignes et nos maisons ; nous voulons avoir du blé dans la disette. D'autres encore disaient : Nous avons dû emprunter de l'argent sur nos champs et nos vignes pour payer l'impôt au roi. Or, notre peau vaut celle des autres, et nos enfants valent les leurs, et Yoilà que nous devons assujettir à la servitude nos fils et nos filles, et déjà plusieurs de nos filles y sont réduites, et nous n'y pouvons rien, nos champs et nos vignes ayant passé à d'autres ^.

• Je fus très-irrité quand j'entendis ces clameurs et ces discours, et je me décidai à réprimander les principaux et les magistrats. Je leur dis : C'est donc à intérêt que vous prêtez l'un à l'autre*? Et je convoquai pour leur afiaire une grande assemblée où je tins ce discours : Nous avons rachetés nos frères juifs, qui avaient été vendus aux peuples étrangers, autant qu'il y en avait parmi nous^ ; et vous-mêmes vous vendez vos frères, et c'est à nous* qu'ils sont vendus ? Et ils se turent et ne surent que dire. Et je dis encore : Ce n'est pas bien ce que vous faites là 1 Ne deviez-vous pas vous laissez guider par la crainte de Dieu, en vue des insultes des païens, nos ennemis ^ ? Moi aussi, mes parents et mes officiers, nous

1 Le récit qu'on va lire se rattache très-convenablement a ce qui précède. Le bas peuple, les prolétaires, auront été mis en réquisition pour la reconstruction des murs et, obligés de négliger leur propre besogne, ils se trouvaient dans la gêne ; beaucoup d'entre eux étaient déjà antérieurement obérés, exploités par les usuriers, leur petit patrimoine frappé d'hypothèque, etc., et on n*apprond pas que Néhémie ait fait des dépenses pour ses ateliers nationaux qu'il paraît avoir envisagés comme une institution basée sur le patriotisme le plus désintéressé.

^ Pour comprendre ces plaintes, il faut simplement se rappeler : 1 <> que les débiteurs ou leurs enfants pouvaient, en cas d'insolvabilité, devenir esclaves des créanciers ; 2* l'emprunt hypothécaire se faisait de manière que la récolte appartenait au créancier (Lév. XXV. Exod. XXL 2 Rois IV, 1. Jér. XXXIV). Les pauvres se plaignent d'être à la merci des riches.

3 Comp. Exod. XXII, 24. Il ne s'agit pas précisément d'usure ici, mais plutôt de prôts à gage, ou sur hypothèque.

'^ Déjà du temps de Zeroubbabel et depuis, des familles pauvres ont sans doute été mises à même de se libérer et de se joindre à la colonie. Car le nous se rapporte nécessairement aux Juifs riches de Babylone.

^ A des Juifs ! Quel procédé entre compatriotes et coreligionnaires !

® Cela peut signifier : ne serait-ce qu'à cause des insultes, ou bien : pour ne pas les essuyer plus longtemps Ces insultes s'adressaient à la misère de la colonie.

leur avons prêté de Targcnt et du blé. Allons, remettons-leur cette dette ! Rendez-leur aujourd'hui même leurs champs \ leurs vignes^ leurs olivaies et leurs maisons; et remettez-leur le centième de Targent, du blé, du vin et de Thuile que vous leur demandez à titre d'intérêt'. Ils répondirent : Nous voulons rendre et ne rien réclamer d'eux ; nous voulons faire comme tu dis. Alors j'appelai les prêtres et les^ fis jurer d'agir selon cette promesse. De plus, je secouai le pan de mon manteau ^ et je dis : Qu'ainsi Dieu secoue hors de sa maison et de sa propriété, quiconque ne tient pas cette promesse, et qu'il soit ainsi secoué et vidé I Et toute l'assemblée dit : Ainsi soit-il ! et ils louèrent l'Ëternel et les gens agirent en conséquence.

*♦ De même, à partir du jour où j'avais été fait gouverneur de la Judée, c'est-à-dire depuis la vingtième année du roi Artabs'asfe^ jusqu'à la trente- deuxième, soit pendant douze ans, j'ai renoncé, moi avec ma famille, à me faire servir la pension de gouverneur*. Les gouverneurs antérieurs, qui m'avaient précédé, avaient été à la charge du peuple, et recevaient de lui en denrées et en vin au delà de quarante sicles ^, et leurs ofiSciers aussi exploitaient le peuple. Mais moi, je n'agis pas ainsi par crainte de Dieu. De plus, je travaillais à cette œuvre de la muraille, et tous mes officiers s'y donnèrent rendezvous pour cette besogne, bien que nous ne fussions pas propriétaires '.

1 L'asufruit de leurs champs.

2 Un pour cent par an serait chose inouïe dans l'antiquité, il faut comprendre nn par mois, soit 12 "/o- I^o plus, on voit que l'intérêt se payait en nature, selon la denrée qu'on avait empruntée. Cela devenait très-onéreux en temps de disette. Néhémie demande donc : 1 <> la restitution immédiate des biens-fonds hypothéquée pour que les propriétaires rentrent dans l'usufruit ; 2° la renonciation à l'iutérdt pour les objets prêtés, sous la réserve que ces objets eux-mêmes, argent, grains, etc., restent dûs. C'est à ces deuw demandes de Néhémie que se rapporte la réponse.

3 Aux créanciers. Les prêtres sont appelés pour recevoir le serment.

'^ Comme nous ferions d'un tablier : le geste signifie que ce qui pouvait s'y trouver tombe à terre.

5 Chap. I, 1 .

^ Le texte disant la nourriture, on voit que la communauté avait à pourvoir à l'entre

tien matériel du préfet, soit en nature, soit moyennant une somme déterminée.

*? D'argent, sans doute, non d'or ; cela fera en argent actuel 120 fr. — La questîof^^ serait de savoir pour quelle période cette quantité ou cette somme était calculée D'après ce qui suit, on est autorisé à penser qu'il s'agit de la livraison quotîdic D'autres traduisent : du pain et du vin et en outre 40 sicles. Notre traduction d'ailleurs également sujette à caution.

S Nous supposerons que Néhémie veut dire que les propriétaires de la colonie étaient obligés au travail, et qu'il aurait pu s'en dispenser. On peut aussi tradoiri» - Nous n'avons pas acheté de champs ; nous n'avons pas profité des circonstances fay^t>rables pour nous rendre acquéreurs. Mais cette explication n'irait pas bien avec ce qui a été raconté plus haut.

J*avais à nourrir cent cinquante personnes, Juifs et magistrats S outre ceux qui venaient nous voir de chez les peuples voisins. Pour chaque jour on livrait et apprêtait un bœuf^ six moutons de choix et de la volaille, et tous les dix jours différents vins en abondance'. Avec cela je ne demandais pas la pension allouée au gouverneur, car le peuple était assez chargé par suite des travaux ^ Souviens-toi, ô mon Dieu^ de tout ce que j'ai fait pour ce peuple, pour m'en récompenser !

*■ Cependant lorsqu'il vint à la connaissance de Saneballat et de

Tôbiyah, et de TArabe G'es'm et de nos autres ennemis, que j'avais

rebâti la muraille et qu'il n'y restait plus de brèche (bien que

josqu^ alors je n'eusse pas encore placé les deux battants aux portes),

Saneballat et G'es'm envoyèrent vers moi et me firent dire: Viens,

pour que nous ayons une conférence dans l'un des villages^ de la

plaine d'Ono. Mais ils méditaient de me faire du mal. Cependant je

leur envoyai un message, en leur faisant dire : Je suis occupé à un

grand ouvrage et ne peux descendre. Pourquoi cet ouvrage

chômerait-il pendant que je le laisserais pour descendre vers vous?

£t ils envoyèrent ainsi vers moi jusqu'à quatre fois, et je leur

Tépondais toujours de la même manière. Mais Saneballat envoya son

serviteur une cinquième fois encore^ en lui mettant entre les mains

une lettre ouverte ^, dans laquelle était écrit ceci : 11 se répand le

bruit parmi la population, et G'es'mou* pense que toi et les Juifs

vous songez à vous révolter, et que c'est dans ce but que vous

bâtissez cette muraille, et que tu vas devenir leur roi, d'après tout

ce qui se passe; et que tu as aussi aposté des prophètes pour te

faire proclamer à Jérusalem comme roi de Juda; or, tout cela

viendra à la connaissance du roi. Viens donc, pour que nous ayons

1 Les salaires ne se payaient pas en argent (1 Rois V, 2 suiv.) Les Juifs, distingués ici des magistrats, sont probablement des personnes de condition inférieure. Les visiteurs étaient naturellement aussi des Juifs. Le gouverneur tenait table ouverte. A la rigueur on pourrait traduire : J'avais à nourrir^ en fait de Juifs, 150 employés et les visiteurs, etc.

^ Le tout contre paiement.

3 Publics, qui lui faisaient perdre son temps et ses moyens de gagner quelque cbese.

4 Le texte dit proprement dans les villages ; comme un tel rendez- vous n'est pas assez précis, on a pu croire que Kefirîm est un nom propre. Mais il sufEt de supposer que Néhémie devait choisir la localité. La distance est à 9 lieues au nord-ouest de Jérusalem, et le gouverneur y aurait été à la merci de ces intrigants.

^ Dont le contenu pouvait ainsi transpirer dans la ville^ où ces intrigants avaient des amis(v. 17).

^ Forme arabe du nom de ce chef.

une conférence. Là-dessus j^envoyai lui faire dire : Les choses ne sont pas comme tu dis; c'est de ton chef que tu inventes cela. Car ils voulaient tous nous faire peur, et ils disaient : Ils laisseront tomber les mains et Touvrage ne sera pas achevé. Maintenant courage * !

'^ Cependant j'allai à la maison de S'ema'yah fils de Delajah, fils de Mehétabeël, qui s'était enfermé ^ ! Il me dit : Allons ensemble à la maison de Dieu, dans l'intérieur du sanctuaire, et fermons-en les portes; car on va venir pour t'égorger; cette nuit même on va venir t' égorger. Mais je répondis : Un homme tel que moi fuirait-il ? Et qui donc de mes pareils pourrait entrer dans le sanctuaire et rester en vie ^ ? Je n'irai point I Et je reconnus bien que ce n'était pas Dieu qui l'avait envoyé, mais qu'il avait débité son oracle contre moi^ et que Tôbiyah et Saneballat l'avaient gagné; et il avait été gagné, pour me faire peur, et pour me faire commettre un péché, afin qu'ils pussent me faire une mauvaise réputation et m'injurier.

*♦ Garde, ô mon Dieu, à Tôbiyah et à Saneballat le souvenir de leurs actes, ainsi qu'à la prophétesse No'adyah et aux autres prophètes qui ont voulu me faire peur ^ !

'^ Cependant la muraille fut achevée le 25 Ëloul après 52 jours ^ Or, quand tous nos ennemis apprirent cela, et que les païens des environs le virent, ils furent fort découragés, et ils reconnurent que cette œuvre avait été accomplie avec l'aide de Dieu.

^ Cette \)hrase abrupte est prise ici comme un appel que Néhémie se fait à lui-même, comme pour presser la besogne davantage^ en vue des périls qui le menacent. Nous conviendrons cependant que le texte (fortifie mes mains} paraît plutôt être un appel à DieU; dans le môme sens.

* On verra tout à l'heure que cet'individu passait pour être un prophète et Néhémio aura voulu le consulter. Mais il est difficile de dire ce que signifie le terme que nous avons rendu à tout hasard par enferma. Nous supposerions qu'il s'agit d'une impureté légale qui lui défendait de communiquer avec d'autres personnes, s'il ne parlait pas lui-môme daller au temple. Aurait-il voulu faire semblant de craindre pour sa vie?

3 Un laïque, et môme un simple Lévite^ n'avait pas la permission de franchir le seuil du sanctuaire. Il aurait risqué sa vie, soit de par la loi, soit de par Dieu directement. Par cet insidieux conseil, Néhémie reconnaît qu'il n'avait pas affaire à un vrai prophète, mais que celui-ci avait été gagné pour lui faire commettre un péché qui l'aurait rainé dans l'opinion publique.

4 II y avait donc encore des prophètes du temps de Néhémie, et de deux sortes, comme autrefois ; car il y en avait aussi qui soutenaient le gouverneur (v. 7); ces deux tendances, celle qui repoussait l'étranger, et celle qui ne voulait pas le voir exclu, continuèrent à se manifester jusqu'à l'ère chrétienne et au delà.

5 D'après Josèphe, on y aurait mis deux ans et quatre mois. Nous ignorons d'où cet auteur a pris cette notice. Le mois d 'Ëloul, le 12" de l'année civile, précède réquinoxe d'automne.

'^Pendant ce même temps, les principaux Jndéens écrivaient de Dombreases lettres adressées à Tôbiyah, et d'autres de Tôhiyah leur arrivaient à eux. Car un grand nombre de personnes de Juda étaient liées avec lui par des liens sacrés ', car il était gendre de S'ekanyah fils d'Ârab, et son fils lebohanan avait épousé la fille de Ues'oullam fils de Bérekyah. Ils parlaient même en sa faveur devant moi, et lui rapportaient mes paroles. Tôbiyab écrivait des lettres pour m'intimider.

* Lorsque la muraille eut été reconstruite et que j'y eus fait mettre les portes, les portiers, les chantres et les Lévites furent installés '. Et j'ordonnai comme chefs de Jérusalem mon parent Hanani ^, et Hananyah le commandant du château^, car c'était un homme sûr et pieax comme peu d'autres. Et je leur dis : Les portes de Jérusalem ne doivent être ouvertes que quand il commence à faire bien chaud, et pendant qu'on sera encore au poste on doit fermer les deux battants et mettre les barres. Puis on placera les gardes, d'entre les habitants de Jérusalem, chacun à son poste, en face de sa maison ^.

* La ville elle-même était grande et spacieuse^ mais la population n'était pas nombreuse, et on n'y bâtissait pas de maisons®. Et mon

1 Litt. : par serment ; ce qui ne veut pas dire qu'ils conspiraient avec lui^ mais que par suite des alliances dont il est question dans le texte, on était engagé réciproquement; on s'était juré aide et amitié. Les noms de Tôbiyah et de son fils sont des noms hébreux, tous les deux composés avec celui de lahewch [mon bien, c'est lahe^'ch ; laheweh a été gracieux) ; ils étaient donc Israélites, peut-être Ëphraimites, et Néhémio s'est peut-être exagéré le danger de ce côté -là, ou du moins a repoussé obstinément tous les essais de conciliation faits par les parents de ce préfet qui résidaient à Jérusalem même.

^ Litt.: passés en revue. D'après ce qui suit, on est autorisé à penser qu'il s'agit non des fonctions désignées par les noms mômes, qui tous nous conduiraient au temple et au culte, mais de la garde de la muraille et des portes de la ville. Nchémie veut dire que, vu les circonstances, môme les Lévites, etc., durent s'employer à la garde de la ville.

3 Chap. I, 2.

^ Chap. II. 8.

^ Cette phrase est traduite un peu au hasard ; tout n'y est pas clair. Il parait que Néhémie ne voulait laisser les portos ouvertes que pendant peu d'heures. Les gardes de nuit surveilleront tout le pourtour de la muraille. Peut-être faut-il distinguer les postes (corps de garde) et la surveillance individuelle en face de chaque maison.

G Cela ne veut pas dire que les habitants passaient la nuit ù la belle étoile, mais que, vu leur petit nombre, il restait encore beaucoup d'espace vide, tandis qu'on avait conservé autant que possible l'ancienne enceinte.

Dieu m'inspira Tidéc d'assembler les principaux et les magistrats et le peuple, pour en faire le recensement, et je trouvai la liste de ceux qui étaient revenus autrefois de l'exil, et voici ce qui y était consigné :

° Voici * la liste des gens de la province qui revinrent de l'exil des déportés, que le roi de Babylone Neboukadneççar avait déportés, et qui retournèrent à Jérusalem et en Juda, chacun à son endroit. Ce sont ceux qui arrivèrent avec Zeroubbabel, lés'oua', Nebemyah, 'Azaryah*, Ra'amyah*, Nafeamani*, Mordekaï, Bils'an, Mispert*, Bigwaï, Ncl^oum% Ba*anah.

^Dénombrement des gens du peuple israélite.

La famille de Pare'os', 2172; la famille de S'efatyah, 372; la famille d'Arab, 652*; la famille de Pahat-Moab, du clan de lés'oua' ef loab, 2818*; la famille de 'Élam, 1254; la famille de Zattoû, 845*; la famille de Zakkaï, 760; la famille de Binnouï*, 648*; la famille de Bébaï, G28*; la famille de 'Azgad, 2322*; la famille d'Adouiqam, GG7*; la famille de Bigwaï, 2067*; la famille de *Adin, 655 * ; la famille d'Ater (de Ilizqiyab), 98 ; la famille de Uas'oum *, 328*; la famille de Béçaï, 324*; la famille de Ilarif*, 112; les gens de G'ibe'ôn*, 95; les hommes de Bèt-Léhem et* Netofah, 188*; les hommes de 'Anatot, 128; les hommes de Bêt *-A*zmawet, i2; les hommes de Qiryat-Ie*arîm% Kefirah et Beërôt, 743; les hommes de Ilamah et G'éba', 621 ; les hommes de Mikmas, 122; les hommes de Bét-El et du 'Aï, 123*; les hommes de l'autre* Nebo, 52; [la famille d'un autre 'Élam, 1254; la famille de Harîm, 320;] les gens de Icrélio, 345 ; les gens de Lod, Hadîd et Ono, 721 * ; les gens de Scnaah, 3930.

^^ Les prêtres : la famille de leda'yah de la maison de lés'oua', 973; la famille d'Immer, 1052; la famille de Pas'liour, 1247; la famille de Harim, 1017.

*^Les Lévites : la famille de lés'oua' de* Qadmiël, de la famille dellôdayah*, 74.

Les chantres : la famille d'Asaf, 148 *.

1 Comp. les notes sur le 2<' chap. du livre d'Esdras. Quaut aux variantes, qui d'ailleurs n*out aucune importance pour nous, il suffira de les signaler par des astérisques. Elles sont surtout nombreuses dans les chiffres, de sorte qu'on pourrait fitre tenté de supposer que le dénombrement, tel qu'il se présente ici^ appartient à une aatre époque que celui de l'autre texte. Mais cela est peu probable d'après le titre même du document.

* L'ordre des noms propres est interverti.

3 Vrai nom de l'endroit; dans l'autre texte il est tronqué (sign. Ville^aux-bois).

"^ Comme il n'u pas été parlé d'un premier Nebo, nous supposons que le mot : Vautrt, s'est égaré ici par la négligence d'un copiste, qui le voyait ù la ligue suivante.

Les* portiers : la famille de S'alloum, la famille d'Âter, la famille de TalmÔD, la famille de 'Aqqoub, la famille de Uatità, la famille de S'obaï, 138 *.

*^ Les serfs : la famille de Çit)iâ, la famille de ^a$oufà, la famille de Tabbaôt, la famille de Qcros, la famille de Si*â*, la famille de Padôn, la famille de Lebanâ, la famille de ^agabà^ la famille de Salmaî\ la famille de Hanan, la famille de G^ddel, la famille de Gabar, la famille de Reayah, la famille de Reçin, la famille de Neqôdâ, la famille de Gazzam, la famille de 'Ouzza, la famille de Paséah, la famille de Bésaï \ la famille des Me*ounites, la famille des Nefous'esites % la famille de Baqbouq, la famille de Qaqoufâ, la famille de Ijlarbour, la famille de Baçli^*, la famille de Mebîdà^ la famille de ^ars'â, la famille de Barqôs, la famille de Siserâ, la famille de Tamafif la famille de Neçiab, la famille de Qatifà.

^^ Les familles des esclaves de Salomon : la famille de Sotaï, la famille de Sofcrt*, la famille de Peridâ, la famille de la'alâ, la famille de Darqôn, la famille de G'iddel, la famille de S'efatyab^ la famille de IjLattil, la famille de Pokert-haççebayim, la famille de Âmôo. Total des serfs et des familles des esclaves de Salomon : 392.

•* Et voici ceux qui partirent de T^l-Mélab, Tel-I.Iars'â, Keroub- Addôn* et* Immer, et qui ne pouvaient établir leur généalogie et filiation, s'ils étaient Israélites : la famille de Delayah, la famille de Tôbiyah, la famille de Neqôdâ : G12 *.

^' Pais d'entre les prêtres * : la famille de Ilabayah, la famille de Uaqqôç, la famille de Barzillaï, lequel avait pris une femme d'entre les filles de Barzillaï le G'ile'adite et se nommait de leur nom. Ceux-ci cherchèrent leurs titres généalogiques, mais cela ne se trouva point, et ils furent exclus du sacerdoce. Et le gouverneur leur interdit la participation aux choses consacrées jusqu'à ce que le * prêtre fût là pour prononcer d'après l'oracle.

^^ Toute la communauté, au total, était de 42,360, indépendaoïment de leurs esclaves et servantes, au nombre de 7337. Ils avaient aussi 245* chantres et chanteuses. Leurs chevaux étaient au nombre de 736 , leurs millets de 245, les * chameaux de 435 , les ^nes de 6720.

'^^ * Et une partie des chefs de famille firent des dons pour l'œuvre : le gouverneur remit au trésor, en or mille dariques, cinquante cruches, des tuniques sacerdotales trente et cinq cents '.

^ L'autre liste a ici quelques noms de plus.

^ Cette locution inusitée fait suspecter llntégrité du texte. Il serait possible qu'il manquât dans Ténumération un autre objet, par exemple V argent ^ nommé régulièrement dans les lignes suivantes. Le texte aura porté : Or mille dariques, cruches 50, tuniques 30, mines d'argent 500.

A. T. 4« part. 16

242 iNÉHÉMIE VII, 71-73. VIII, 1-5.

Et plusieurs des chefs de famille donnèrent au trésor de Tœuvre, en or vingt mille dariques, en argent deux mille deux cents mines. Et ce que donna le reste du peuple était : en or vingt mille dariques^ en argent deux mille mines, en tuniques sacerdotales 67. Et les prêtres, les Lévites, les portiers^ les chantres, et ceux du commun peuple, et les serfs et tous les Israélites, s'établirent dans leun endroits.

* Lorsque le septième mois arriva et que les Israélites furent dans leurs endroits, tout le peuple s'assembla comme un seul homme' sur la place qui est devant la porte de Teau ', et ils dirent au légiste 'Ezrà d'apporter le livre de la loi de Moïse que rËternel avait octroyée à Israël. Et le prêtre *Ezrà produisit la loi devant rassemblée, des hommes et des femmes, et en général de tous ceux qui pouvaient l'entendre ^, le premier jour du septième mois ; et il eu fît lecture sur la place qui est devant la porte de l'eau, depuis le lever du soleil jusqu'à midi, en présence des hommes et des femmes et de ceux qui pouvaient l'entendre, et tout le peuple prêtait l'oreille a cette lecture de la loi. Le légiste 'Ezrà était placé sur une estrade en bois qu'on avait dressée exprès, et à côté de lui, à sa droite, se tenaient Mat^ityah, S'cma*, 'Ànayah, Ouriyah, Qilqiyab et Ma'açéyah ; à sa gauche, Pedayah, Mis'aël^ Malkiyah, Qas'oum, I.Ias'baddanah, Zekaryah et Mcs'oullam*. Puis 'Ezrâ ouvrit le livre à

1 Ici, commo à l'endroit correspondant du livre d'Esdras (chap. 11^ 70 ; III, 1] nous changeons la coupe des chapitres. L'uniformité de la phraséologie proaveri qu'une môme main a tenu la plume dans les deux endroits^ mais non pas que les deui dates se rapportent ù la même annie. Dans le premier passage il s'agissait de rinauguration du nouvel établissement, ici il est question de la lecture de la loi, cent après. Si ce n'était pas l'oifet du hasard^ on peut bien admettre que Ton choisit époque parce qu'il s y rattachait un souvenir important. Quant à déterminer Ti do cet événement^ c'est chose difHcilo. Si le narrateur a eu raison de faire faire lecture en présence de Néhémie, il faudra admettre que la promulgation de la loi a ' eu lieu que 13 ans après l'arrivée d'Esdras.

^ Chap. III^ 26, à l'orient, dans le voisinage du temple. La place se trouvait a l'intérieur de l'enceinte.

<^ Les jeunes gens non encore chei's de famille.

^ Gomme dans lun des textes grecs il y a sept personnes à droite et six à gaocbe, on est amené à penser qu'il y en avait sept des deux côtés et que les deux listes sunt aujourd'hui incomplètes. La plupart de ces noms se retrouvent dans la nomenclature des prêtres dont il est parlé au chap. III.

NÉHÉMIE VllI, 5-12. 243

la vue de tout le peuple (car il était élevé au dessus de tout le peuple)^ et quand il Touvrit, tout le peuple était debout. Et 'Ezrà béuit laheweh, le grand Dieu, et tout le peuple répondit : Amen, amen ! en levant les mains ; et ils s'inclinèrent et se prosternèrent devant TÉternel, la face contre terre. Puis les Lévites * lés'oua*, Banî, S'érebyah, lamin, 'Àqqoub, S*abtaï, Hôdiyah, Ma'açéyah, Qelitâ, *Azaryah, lozabad, Ijlanan et Pelàyah, instruisirent le peuple dans la loi, tandis que le peuple restait en place. Ils lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu, de manière à lui en ménager rintelligence, et on faisait attention à la lecture.

® Après cela, le gouverneur Nebémiyah, avec le prêtre-légiste ïzrâ, et les Lévites qui instruisaient le peuple, dit à celui-ci : Ce jour est consacré à rËtcrnel, votre Dieu; ne soyez pas affligés et ne pleurez pas I Car tout le peuple pleurait en écoutant les paroles de la lol^. Et il leur dit encore : Allez faire bonne chère, mangez, buvez ', et envoyez aussi de quoi manger à ceux qui n'ont pas les moyens d'en faire autant ; car ce jour est consacré à notre Seigneur, et ne soyez pas tristes, car le plaisir de TÉternel est votre force *. Et les Lévites calmèrent le peuple, en disant : Faites silence 1 C'est un jour consacré! Ne soyez pas tristes! Et tout le peuple s'en alla manger et boire, et Ton envoya des portions ^, et Ton fit de grandes réjouissances ^ ; car ils avaient fait attention aux paroles qu'on leur avait fait connaître ''.

1 Leçon du texte grec ; Thébreu met après les 13 noms: et les Lévites. Mais les personnes ici nonmaées sont elles-mêmes des Lévites. Du reste, on ne se fait pas une idée bien claire de la scène. Ces Lévites ont ils divisé l'assemblée en autant de groupes pour être mieux compris? ou ont-ils parlé successivement en se relevant? Mais comment alors se faisaient- ils entendre? Dans les deux cas il est difficile de se figurer un nombreux peuple restant debout^ sans désemparer, pendant qu'on fait la lecture des cinq livres mosaïques. L'exégèse traditionnelle renchérit encore sur cette manière de voir, en faisant accompagner la lecture d'une traduction en idiome vulgaire (comme si l'on n avait pas parlé l'hébreu à cette époque), et de plus, d'une explication I La scène paraît idéalisée, même en écartant ces exagérations.

^ Le narrateur veut sans doute insinuer que le peuple reconnut combien peu il avait

été en règle jusque-là.

3 Litt. : mangez du gras et buvez du doux.

4 l^ sens de cette dernière phrase n'est pas clair. Veut-elle dire : quand Dieu a du plaisir — ou : quand vous vous réjouissez en lui — ? A la place de : force, on peut mettre: fort, rempart.

^ Aux indigents.

^ La fête de la réjouissance de la loi figure encore aujourd'hui dans le calendrier jaif, immédiatement après celle du nouvel an.

"7 Encore ici il j a un aveu tacite et indirect qu'avant Esdras la loi, dans sa forme complète et définitive, n'était point connue et publiée.

2i4 NÉHÉMIE VIII, 13-18.

" Le second jour, les chefs de famille de tout le peuple, prêtres et Lévites compris, se rassemblèrent auprès du légiste *Ezrà, pour examiner les paroles de la loi ^ Et ils trouvèrent qu'il était écrit dans la loi que rËternel avait octroyée par Torgane de Moïse, que les enfants d'Israël devaient se loger dans des cabanes de verdure' lors de la fête du septième mois et qu'on devait proclamer et faire publier, dans toutes leurs bourgades et à Jérusalem, cet ordre : Allez à la montagne, chercher des branches feuillues d'olivier franc ou sauvage, de myrte, de palmier et autres % pour construire des cabanes, comme cela est prescrit. Et les gens allèrent en chercher, et se construisirent des cabanes, chacun sur le toit de sa maison, et dans leurs cours, et dans les cours de la maison de Dieu, et sur la place de la porte de Teau, et sur la place de la porte d'Éphraïm. Toute la communauté, ceux qui étaient revenus de l'exil, construisirent des cabanes et s'y logèrent. Jamais, depuis le temps de Josué fils de Noun, jusqu'à ce jour, les Israélites n'avaient rien fait de pareil*, et il y eut de grandes réjouissances. Et chaque jour on faisait la lecture du livre de la loi de Dieu, depuis le premier jour jusqu'au dernier, la fête étant célébrée pendant sept jours et le huitième il y eut assemblée solennelle, d'après la règle ^.

^ L'auteur eu veut venir à constater qu'on ^'empressa de voir ce qu'il pouvait y avoif ù faire dans les premiers jours. Il ne s'agit pas ici d'une étude exégétique du code, d'un cours professé par '£zrû, mais d'arrangements à prendre pour la (ète do la semaine prochaine.

^ Nous préférons cette circonlocution, quoique le terme reçu soit : des tabernacles, ce qui veut dire proprement des tentes. Or, évidemment il ne s'agit pas de tentes, mais d'un abri construit avec des branches entrelacées. Comp. Lév. X.XIII. Deut. XVL

«^ Le texte offre encore le nom d'un arbre dont l'espèce ne peut plus ôtre identifiée. ^- En disant : comme cela est prescrit, l'auteur prétend dire que la loi réglait cet détails, ce qui n'est pas le cas. C'est la tradition qui les avait réglés.

'^ Cela ne veut pas dire que la fête d'automne était tombée en désuétude. Mais I0 texte constate que les règles prescrites par la Loi n'avaient jamais été observées. Le narrateur suppose naturellement qu'il en avait été autrement du temps de Moïse .loimême. La fête recevait maintenant une forme qu'elle n'avait pas eue auparavant. Comp. Ësdr. III, 4, où elle est célébrée d'après la Loi, ce qui est en contradiction formelle avec notre texte. C'est que les auteurs des derniers siècles se représentent toujours la Loi (écrite) comme existant d'ancienne date, tout en avouant implicitement qu'elle ne réglait pas le culte.

5 Comp. Deut. XXXI, 10 suiv. Nombr. XXIX, 35 suiv* La fête des taberaaeletf se célèbre régulièrement du 15 au 22 du 7« mois (aujourd'hui c'est le premier moÎB, correspondant à peu près au Vendémiaire du calendrier républicain) .

NÉIIÉMIE IX, 1-8. 245

* Le vingt- quatrième jour du même mois, les Israélites s'assemdèrent pour un jeûne, revêtus de ciiices et mettant de la poussière ur leurs tètes. Ils avaient eu soin de se séparer de tous les traugers S et ils se présentèrent pour faire la confession de leurs léchés et des fautes de leurs pères. Et ils restèrent en place •eodaut qu'on faisait la lecture du livre de la loi de TËternel^ endant un quart de jour ^, et pendant un autre quart de jour ils rent la confession ' et se prosternèrent devant TÉtemel, leur Dieu. és'oua\ Bani, Qadmiel, S'ebanyah, Bounnî, S'érebyah, Banî, Kenanî, aontèrent sur Testrade des Lévites et implorèrent, à haute voix Eternel leur Dieu. Et les Lévites lés'oua', Qadmiël, Banî, Has'abneyah, l'érebyah , Hôdiyah , S'ebanyah , Petahyah *, dirent : Levez-vous ! ténissez l'Eternel, votre Dieu, de siècle en siècle ! Qu'on bénisse on ijom glorieux, qui est au dessus de toute bénédiction et de oute louange. C'est toi, Éternel, toi seul, qui as fait les cieux, les ieux des cieux et toute leur armée*, la terre et tout ce qui s'y ronve, la mer et tout ce qu'elle renferme, c'est toi qui donnes a vie à tout, et l'armée céleste se prosterne devant toi. Toi, ô *.ternel, tu es le Dieu qui a élu Àbram^, qui Tas fait sortir de 'Our des Chaldéens et qui lui as donné le nom d'Abraham. Tu trouvas son cœur fidèle à ton égard, et tu fis avec lui le pacte ]ue tu donnerais à sa race le pays du Cananéen, du Hittite, de 'Ëmorite, du Perizzite, du lebousite et du G'irgas'ite, et tu ratifias

1 Qui pouvaient se trouver dans la ville.

^ Trois heures consécutives.

^ Non pas individuellement, mais en écoutant la prière de pénitence, telle qu*on va lire.

"^ On ne voit pas pourquoi les deux séries de noms ne sont pas identiquement les ^mes s 11 s'agit des mêmes individus, ou pourquoi il y a tant de noms répétés s'il ^^t d'autres personnes. Il serait possible qu'ici, comme dans presque toutes ces listes ^ variantes soient dues aux copistes. La traduction grecque varie encore davantage ; ^ remarquera aussi que le nom de Banî est mis deux fois.

^ Ordinairement on désigne par ce terme les astres. Ici ce qui va suivre fera plutôt c^ger aux anges, à moins que les deux signilications ne soient adoptées successi- ^«nent.

^ La prière, ou la confession, aboutit à un résumé de l'histoire nationale dont le ^^Q côté est une longue série de bienfaits et de grâces célestes, tandis que du fait du -^ple il n'y a guère qu'une série de méfaits et de rechutes. Pour les détails, nous MiToyons les lecteurs aux récits biens connus des livres mosaïques. On remarquera «*"ici comme ailleurs (Ps. CV ; CVI ; CXXXV ; CXXXVI. etc.), ces Uvres seuls ^^raissent les détails signalés à part ; l'histoire des temps postérieurs à la conquête se '^sume dans des phrases générales et sans couleur. C'est que le Pentateuque seul était ^^ régulièrement à la synagogue. Il y a même ici des réminiscences textuelles par *ïemplc Exod. XV, 5, 10, etc.

246 NéHÉMIE IX, 9-21.

ta promesse, car tu es juste. Et lorsque tu vis la misère de nos pères en Égjrpte, et que tu entendis leurs cris sur les bords de h mer aux algues, tu fis des miracles et des prodiges contre Pharaoi et tous ses serviteurs, et contre tout le peuple de son pays, parc< que tu avais reconnu qu'ils les maltraitaient, et tu te fis un non aujourd'hui encore glorieux. Tu fendis la mer devant eux, et ili passèrent à sec au milieu des flots, et ceux qui les poursuivaient tu les précipitas, comme une pierre, dans Tabime des vastes eaux Dans une colonne de nuée tu les guidais de jour, et de nuit dani une colonne de feu, pour éclairer la route qu'ils devaient suivre Tu descendis sur le mont Sinaî, tu leur parlas du haut des cieox, tu leur donnas des règles justes, des lois sûres, des statuts et def commandements excellents*. Tu leur enseignas ton saint sabbat': tu leur prescrivis commandements, statuts et loi par Torgane de toi serviteur Moïse. Tu leur donnas une nourriture du ciel quand il eurent faim, et quand ils eurent soif tu fis sortir pour eux de Teai du rocher, et tu leur dis d'aller prendre possession du pays qu( tu avais promis par serment de leur donner. ^*Mais eux, noj pères, raidirent le cou dans leur outrecuidance et désobéirent à te: commandements ; ils refusèrent d'obéir, et oublièrent les merveille; que tu avais faites en leur présence, et ils raidirent leur cou e s'obstinèrent à retourner dans leur esclavage en Egypte'. Mais toi tu es un Dieu qui pardonne, bon et miséricordieux, plein de patieoct et riche en grûce^, et tu ne les abandonnas point. Même lorsqu'il: se firent un taureau en fonte et qu'en disant : Voilà ton dieu qu t'a fait sortir d'Egypte * ! ils t'outragèrent grandement, toi, dans ii grande miséricorde, tu ne les abandonnas pas dans le désert; h colonne de nuée ne cessait de les guider dans leur chemin pendan le jour, ni la colonne de feu d'éclairer pendant la nuit la rout< qu'ils devaient suivre. Tu leur donnas ton bon esprit pour Ici instruire; tu ne refusas pas ta manne à leur bouche, tu leur donna de l'eau lorsqu'ils eurent soif. Durant quarante ans, tu pourvus : leur entretien dans le désert, et ils ne manquaient de rien ; leur

1 Cette accumulatioD de synonymes rappelle le style du Pentateuque.

2 De toutes les lois celle qui était le plus strictement observée par les Juifs depai Néhémie.

3 Cette phrase est ordinairement traduite tout autrement : dans leur rébellion ils 0e donnèrent un chef pour retourner ù leur servitude. Mais l'histoire ne parle pas d'an chef quHls se seraient donné. On doit traduire: ils mirent leur tête (leur résolutiooj ù retourner. Et quant ù l'Egypte^ nous l'empruntons au passage Nombr. XIV, 4, que l'autour a eu évidemment en vue {tnrrjm par mrjm),

4 Exode XXXIV. 6 (Joël II. 13. Jonas IV, 2). '> Exode XXXII, 4 suiv.

vêtements ne s'usaient point, et leurs pieds ne s'enflaient points " Tu leur donnas des royaumes et des peuples, et tu les leur partageas d'après leurs frontières ^, et ils s'emparèrent du pays de Sit^on, du pays du roi de Iles'bôn, et du pays de 'Og, roi de Bas'an. Tu multiplias leurs iils comme les étoiles du ciel, et tu les conduisis dans le pays dont tu avais dit à leurs pères qu'ils viendraient l'occuper. Et leurs fils vinrent s'emparer de ce pays, et tu humilias devant eux ses habitants, les Cananéens, et tu les leur livras, leurs rois et les populations, pour agir envers eux, selon leur bon plaisir. Et ils prirent des villes fortes, et un sol gras, et ils s'emparèrent de maisons remplies de toutes sortes de biens, de citernes creusées, de vignes, d'olivaies, d'arbres fruitiers en quantité, et ils en jouirent, et s'en rassasièrent, et prospérèrent, et vécurent dans l'opulence par ta grande bonté. '^Mais ils furent rebelles et se révoltèrent contre toi, et tournèrent le dos à ta loi ; ils égorgèrent tes prophètes ', qui les adjuraient pour les faire revenir à toi, et t'outragèrent grandement. Alors tu les livras h leurs ennemis, qui les opprimèrent ; et quand ils étaient dans la détresse ils t'imploraient, et toi, tu les exauçais du haut du ciel, et dans ta grande miséricorde tu leur donnais des libérateurs pour les délivrer de leurs ennemis. Et quand ils avaient du repos, ils recommençaient à mal faire devant toi; et quand tu les abandonnais encore au pouvoir de leurs ennemis qui les subjuguaient, et qu'ils t'imploraient de nouveau, toi, tu les exauçais du haut du ciel, et maintes fois tu les sauvas dans ta miséricorde*. Et quand tu les adjurais* pour les faire revenir à ta loi, eux dans leur outrecuidance n'écoutaient point tes commandements et péchaient contre tes ordonnances, par lesquelles celui qui les met en pratique s'assure la vie ; ils refusaient de s'y soumettre , raidissaient le cou et n'obéissaient point. Et tu te patientas à leur égard durant de longues années, et tu les adjuras par l'organe de tes prophètes, inspirés par toi, mais comme ils refusaient de leur prêter l'oreille, tu les livras aux nations étrangères. Cependant,

1 Deut. II, 7 ; VIII, 4 ; XXIX, 4. Il est positif que l'auteur prend ces traditions au pied de la lettre et dans un sens miraculeux.

2 Litt. : d'après les côUs ; le terme hébreu est employé, dans le texte que Tauteur résume ici (Jos. XVIII suiv.), pour marquer les côtés (nord^ sud, est, ouest) du territoire de chaque tribu.

3 Si ce n'est déjà ici la tradition populaire des siècles postérieurs (Matth. V, 12 ; XXIII, 29 etsuiv., 37. Luc XI, 47 ; XIII, 33 et suiv. 1 Thess. II, 15, etc.), on peut songer à 1 Rois XVIII, 13 ; XIX, 10. 2 Chron. XXIV. 20 suiv.

"^ Ce passage est le résumé de l'histoire dos Juges. Comp. Juges II, G suiv.

^ Par la bouche des prophètes. Le récit passe à la période des Rois.

dans ta grande mircricorde, tu ne les exterminas point, ni ne les abandonnas, parce que tu es un Dieu bon et miséricordieux. '■ Et maintenant, ô notre Dieu 1 Dieu grand, puissant et redoutable, 6 toi^ qui gardes ton pacte et ta grâce S ne regarde pas comme une bagatelle toutes ces tribulations qui nous sont survenues, à nous, à nos rois, à nos chefs, à nos prêtres, à nos prophètes, à nos pères, à tout ton peuple, depuis le temps des rois assyriens ' jusqu'à ce jour. Mais dans tout ce qui nous est arrivé, toi, tu as été juste, tu as agi fidèlement, et c'est nous qui avons été coupables ; ce sont nos rois, nos chefs, nos prêtres, nos pères, qui n'ont point obtempéré à ta loi, qui n'ont point prêté l'oreille à tes commandements^ ni à tes avertissements solennels, par lesquels tu les adjurais. Eux, pendant qu'ils avaient leur royaume ^, et ces nombreux biens que tu leur avais donnés, et ce pays spacieux et fertile que tu avais mis à leur disposition, ils ne t'ont point servi, ils n'ont point renoncé à leurs mauvaises œuvres*. Et voilà que nous aujourd'hui, nous sommes esclaves, et le pays que tu avais donné à nos pères pour jouir de ses fruits et de ses biens, nous y voilà esclaves^. Il donne ses produits en abondance pour les rois dont tu as fait nos maîtres à cause de nos péchés; ils dominent sur nos personnes et sur notre bétail, selon leur bon plaisir, et nous sommes dans une grande gêne ^.

* Sur tout cela nous rédigeâmes un acte qui fut mis par écrit et scellé, et sur lequel nos chefs, nos Lévites et nos prêtres apposèrent leurs signatures. Et sur ces documents' il y avait le gouverneur Nehémyah fils de IJakalyah, et Çideqiyah, Çerayah, 'Azaryah, Yirmyab, Pas'bour, Amaryah, Malkiyah, Ilattous', S'ebanyah, Mallouk, Harim, Merémot, 'Obadyah, Daniel, Gr'innctôn, Barouk, Mes'ouUam, Abiyah,

1 Chap. I, 5.

2 Qui les premiers mirent fm ù Tindépendaiice des Israélites.

3 Libre et iDdépendant.

^ Allusion à l'idolâtrie dont les prophètes n'avaient cessé do se plaindre.

^ L'antithèse est double : nos pères étaient politiquement libres et ne voulaient pas se soumettre à la loi de Dieu. Nous^ qui nous y soumettons, nous sommes esclaves, politiquement parlant.

0 L administration persane pouvait bien être despotique et vexatoire, par suite d'impôts, de réquisitions, de corvées, etc. Cependant il y a une certaine contradiction entre cette description lamentable de l'état actuel, et ce que nous savons d'ailleurs du gouvernement de Néhémie.

"7 L'emploi du pluriel peut faire supposer qu'il y avait plusieurs exemplaires.

Mijamîn, Ma'azyah, Bilgaï, S'ema'yah ; voilà pour les prêtres*. Puis les Lévites : lés'oua' fils d'Âzanyah, Binnouï de la famille de Hcnadad, (Jadmiël, et leurs frères : S'ebanyah, Hôdiyah, Qelitâ, Pelâyah, [lanaD, Mikà, Rehob, Has'abyah, Zakkour, S'érebyah, S'ebanyah, Hôdiyah, Banî, Benînou. Les chefs du peuple * : Pare'os', Pal.iat-Moab, Êlam, Zattoà, Banî, Bounni, 'Azgad, Bébaî, Âdoniyah, Bigwaï, 'Adin, lier, Hizqiyah, 'Azzour, Hôdiyah, Has'oum, Béçaï, Ilarîf, 'Anatôt, ^oubaî, Magpi'as', Mes'oullam, Hczir, Mes'ézabeël, Çadoq, laddoua*, ^latyah, Hanan, 'Anayah, Hos'ca*, Hananyah, Hass'oub, Hallohes', ^ill^iày S'obeq, Rehoum, Has'abnah, Ma*a$éyah, Aliiyah, Ijanan, 'Anan, falloak, HarioD, Ba*anah.

**Et le reste du peuple', prêtres, Lévites, portiers, chantres, erfs, et tous ceux qui s'étaient séparés de la population païenne »onr adhérer à la loi de Dieu^, leurs femmes, leurs fils et leurs lies, quiconque pouvait Tentendre *, se joignirent à leurs frères, 3S notables ', et s'engagèrent par un serment solennel à vivre selon % loi de Dieu, donnée par l'organe de son serviteur Moïse, et à bserver et à pratiquer tous les commandements de TÉternel notre eigneur, ses ordonnances et ses statuts. Nous jurâmes encore que loas ne donnerions point nos iilles h des étrangers, ni ne prendrions les leurs pour nos fils ; de plus, quand les étrangers apporteraient ears marchandises et toutes sortes de denrées le jour du sabbat >our les vendre, que nous n'achèterions rien d'eux, ni le jour du labbat ni tel autre jour consacré, et que nous ferions relâche la ;cptiëme année et'' à l'égard de tout prêt sur gage. En outre, nous loas imposâmes l'obligation de donner annuellement un tiers de sicle )our le service du temple % savoir pour les pains de proposition.

1 On est tenté de supposer qu'il ne s'agit pas là de 22 signatures individuelles (le lombre des prêtres étant beaucoup plus considérable), mais de signatures collectives lonnées par des chefs de classes. Cependant tout est ici incertain, parce que les noms les différentes listes ne sont pas les mêmes.

2 Laïques.

3 Tous ceux qui n'avaient pas signé personnellement.

4 11 s'agit là d'Israélites indigènes [en opposition avec ceux issus des colons rentrés ie Texil], qui avaient conservé les traditions religieuses nationales.

^ Ceci n'exclut que les enfants en bas-ûge.

6 Les signataires nommés plus haut.

'^ Nous conservons cette particule, en supposant que l'auteur h voulu parler do deux lois différentes, l'une relative au chômage de l'agriculture (Exode XXIII. Lév. XXV), l'autre concernant la remise des dettes (Dcut. XV).

5 C'est-à-dire du culte (non pas des constructions, qui étaient achevées). Du temp^ ie Jésus-Christ on payait un demi-siclc (Matth. XVII, 24). Le sicle équivaut ù 15 grammes, et il s'agit naturellement d'argent. Le texte ne désigne pas les contribuables. D'après Exode XXX, 13 suiv., il est à présumer que chaque imlividn mule était soumis à rimp<Ot à partir de sa vingtième année.

NÉIIÉMIR X, 34-40.

pour les oblations et holocaustes de chaque jour, ainsi que pour ceux des sabbats, des nouvelles lunes, des grandes fétes^ pour offrandes et sacrifices expiatoires faits en faveur de tout le peuple', et en général pour tout ce qui concernait les besoins de la maisoi de notre Dieu. ^^ Nous répartîmes aussi par la voie du sort, prêtres, Lévites et laïques, les prestations en bois à faire pour le temple, annuellement, à époques iîxes, par les familles, pour entretenir le feu sur l'autel de rÉternel, notre Dieu, comme cela est prescrit daai la loi ^ Nous nous engageâmes à apporter annuellement à la maisoB de Dieu les prémices de notre sol et les prémices de tous les frmis de nos arbres ; ainsi que les premiers-nés de nos fils et de nos botes, comme cela est prescrit dans la loi, et les premiers-nés de notre gros et menu bétail ^ pour les présenter an temple aux prètm qui y seraient de service, enfin les prémices de notre monture é nos oflrandes et le fruit des arbres ; le vin et Thuile, nous devioes les apporter aux prêtres, dans les cellules du temple, et donner 11 dîme de notre sol aux Lévites, les Lévites recueillant eux-mêmes b dîme dans tous les endroits où se faisait la culture. Et qnand ks Lévites recueilleraient la dîme, un * prêtre de la race d^Aharôn devait être avec eux, et les Lévites devaient porter la dime de la dîme u temple^ aux cellules qui serviraient de magasins. Car c'est dus ta cellules que les Israélites et les Lévites devaient porter les redevances^ en grains, en vin et en huile*; là se trouvent les meubles' du sanctuaire, et les prêtres de service^ les portiers et les chantres^ Et nous ne devions pas abandonner la maison de notre Dieu.

1 II y avait en outre des sacriûccs individuels, ù la charge des intéressés. QovA aux autres, voyez les détails Nomb. XXVIII. Lév. IV ; VI ; XVI, etc.

^ D après Lév. VI, 5, le feu était entretenu perpétuellement sur Tautel. Uosagedoct il est question ici a subsisté aussi longtemps que le temple.

3 Les bêtes et le bétail étant distingués, cette distinction se rapporte sans dootei celle des animaux impurs pour lesquels on payait une redevance, et les animaux pa» qui étaient livrés en nature (Nombr. XVIII).

'^ Le texte dit: le prOtre, mais évidemment il ne s'agit pas d'un seul, parexeopi> du grand-prôtre, mais du prOtro désigné pour chaque endroit. Les prdtres [de li d^ noble, famillo do Çadoq ou d'Aharôn) devant recevoir la dîme de la dîme, ils «t«W un intérêt ù surveiller la rentrée de la dîme générale.

^ Litt. : les olFrandes ; mais il s'agit de la dîme, qui était obligatoire.

C La dîme no se payait que des objets de grande culture (comp. Matth. XXIU»^.'-

■^ Non pas les rases sarrés, mais les caisses, cruches, outres, réservoirs et auW meubles pour recevoir les produits.

^ A l'entretien desquels la dîme était destinée. L'auteur veut expliquer poorqn»* dîme des dîmes était perlée u Jérusalem, les simples Lévites pouvant aussi w^ ailleurs.

* Les chefs du peuple demeuraient à Jérusalem ; quant au reste de la population, on tira au sort pour faire entrer un sur dix à Jérusalem dans la ville sainte, tandis que les neuf autres restaient dans leurs endroits respectifs ; et le peuple bénit tous ceux qui s'étaient décidés volontairement à demeurer à Jérusalem ^

^ Liste des chefs de famille de toute la province, qui demeuraient soit à Jérusalem, soit dans les bourgades de Juda, chacun dans sa propriété, dans leurs endroits respectifs, Israélites, prêtres, Lévites, serfs, et familles des esclaves de Salomon^.

* A Jérusalem il demeurait des Judéens et des Benjaminitcs. Des Jndéens il y avait 'Atayah fils de 'Ouzziyah, fils de Zekaryah, fils d'Amaryah, fils de S'efatyah, fils de Mahalaleël du clan de Pen;; et Ma'açéyah fils de Barouk, fils de Kol-hozeh, fils de I.Iazayah, fils de 'Adayah, fils de loyarîb, fils de Zekaryah le S'ilonite^ Tous les Perçites établis à Jérusalem étaient au nombre de 4G8 hommes valides^. Et voici quels étaient les Benjaminitcs: Salloû' fils de Mes'oullam, fils de Io*ëd, fils de Pedayah, fils de Qôlayah, fils de Ma'açéyah, fils d'Hîcl, fils de les'a'yah. Et après lui, Gabbaï Sallaï, 9^8. loël fils de Zikri était leur préfet, et lehoudah fils de Ilassenouah était le second en rang sur la ville.

*® D'entre les prêtres il y avait ledayah fils de* ïoyarib, ïakîn, Serayah fils de Ililqiyah, fils de Mes'oullam, fils de Çadoq, fils de Mcrayot, fils d'Al.iîtoub, le supérieur de la maison de Dieu. Et leurs frères employés au service du temple étaient au nombre de 852. Puis *Adayah fils de lerobam, fils de Pelalyah, fils d'Ameoî, fils de

^ Cet incident est assez peu intelligible. Cependant on comprend que dans la situation donnée, les colons avaient intérêt à rester à la campagne pour s'adonner à la culture des champs, de sorte que la ville se trouvait exposée à n'avoir pas une population proportionnée à son étendue. Il fallait compléter le nombre nécessaire pour la défense par une espèce de conscription. Les chefs (de famille] donnèrent l'exemple, quelques autres se joignirent à eux volontairement, puis il y eut un tirage au sort. Le passage, dans sa forme actuelle, a Tair de n'être qu'un fragment d'une relation mieux motivée.

2 Cette liste n'a rien de commun avec la notice précédente, relative à la conscription. C'est une pièce à part, que nous avons rencontrée avec un grand nombre de variantes dans le 1" livre des Chroniques, chap. IX.

3 Voyez la note sur I Chron. IX, 5.

4 C'est-à-dire en état de porter les armes. Il est h remarquer que lo texte ne donne le relevé que pour une seule branche ; celui des Chroni({ues no le donne également que pour une, mais une troisième, qui n'est pas même nommée ici. Nous n'avons donc des deux côtés que des textes mutilés.

•'» 1 Chron. IX, 10, la leçon est différente et la présente est positivement fautive.

252 NÉHÉMIE XI, ia-25.

Zekaryali^ fils de Pashour, fils de Malkiyah; ses frères, chefs de famille, étaient au nombre de 542. Et 'Amas'saï fils de 'Azareël, fils d'Ahzaï, fils de Mes'illémot, fils d'Immcr. Leurs frères, propres au service, étaient \^S, Zabdiél fils de ilagg'edolim * était leur préfet.

" Et d'entre les Lévites : S'ema yah fils de Ijlass'oub, fils de *Azri({am, fils de Has'abyah, fils de Bounni ; puis S'abtaî et lozabad, lesquels, d'entre les chefs des Lévites, étaient préposés aux afiaircs du dehors ^ concernant le temple. Puis Mattanyah fils de Mikâ, fils de Zabdi, Asafitc % le maitre-chantre entonnant la prière de louanges et son second, d'entre ses frères, Baqbouqyah ; puis 'Abdîi fils de S'ammoua', fils de Galal, ledoutounite. Tous les Lévites dans la ville sainte étaient au nombre de '284.

*'Et les portiers: *Aqqoub, Talmôn, et leurs frères, les gardiens des portes, 172.

Les autres Israélites, prêtres et Lévites, restaient dans les diOerentes bourgades de Juda, chacun dans son patrimoine.

Les serfs demeuraient sur la Colline*. Çihà et G'is'pà étaient leurs chefs.

^^ Le préfet des Lévites de Jérusalem était *Ouzzî fils de Bani, fils de Has'abyah, fils de Mattanyah, fils de Mikâ, de la famille des chantres Asafites, pour le service* de la maison de Dieu. Il y avait Il leur égard un ordre du roi ^ ; un revenu journalier était assure aux chantres.

'*Et Petaliyah fils de Mcs'ézabeël, du clan judéen de Zéra\i, était commissaire du roi pour les affaires du peuple'.

-^ Quant aux villages ** de la campagne, il demeurait des Judéens

1 Ce mot signiGant : les gratids, on a de la peine à y voir un nom d'individu. ^ Probablemeni les. services qui ne se faisaient pas dans l'enceinte môme.

3 Ou: de la race d'Asaf, 1 Chron. XVI^ 5. La phrase qui accompagne ce nom s'énonce en hébreu : le chef du commencement [tehiîlah) louant a la prière ; nous changerons le comutencement en chant de louange (ou psaume : tehiliak), et nous comprendrons qu'il s'agit du maitrc-chanlro qui entonne le cantique commençant par le mol hôdoM (louez), 1 Chron., 1. c.^ 8.

4 Chap. III, 26.

^ Probablement le ser\'ico du culte proprement dit, en tant que celui-ci était accompagné de musique (comp. note 2J.

6 Comp. Esdr. VI, 8 suiv. ; VII, 20 suiv.

"^ Il est plus simple de songer ù un employé résidant u Jérusalem et ayant la charge de veiller à la rentrée des contributions en nature et en argent que la province devait fournir aux Juifs, qu'à un ministre résidant à la cour, à la portée du roi.

8 Le mot hébreu harer signifie proprement une cour, par exemple celle du temple; il désigne ensuite un établissement rural ouvert : ferme, métairie^ terre avec maison et dépendances, hameau. Ici le terme est pris tout simplement pour désigner tous les

Qirjat-Àrba* et dans ses dépendances, à Dibôn et dans ses épeodances, à leqabçeël et dans ses villages, à lés'oua*, à Môladab,

Bèt-Pelt, à Haçer-S'ou'al, à Beër-S'éba* et dans ses dépendances,

Çiqlag, à Mekonah et dans ses dépendances, à Ên-Rimmon, à /ore'ah, à larmout, Zanoal^, 'AdouUam et dans ses villages, à «akis' et dans sa campagne, à 'Azéqah et dans ses dépendances, [s étaient ainsi établis depuis Beer-S'éba* jusqu'à la vallée de linnom '.

" Des Benjaminites se trouvaient à G'éba*, à Mikmas', à *Ayyâ, à \è\-E[ et dans ses dépendances, à 'Anatot, à Nob, à 'Ananyah, à laçor, à Ramah, à G'ittaïm, à fladid, à Çebo'im, à Neballat, à -od, à Onô, à G'ê-Ilaras'îra '.

'* D'entre les Lévites, les classes de Juda se rattachaient à BenamÎD ^.

' lâste des prêtres et des Lévites qui revinrent avec Zeroubbabel, (ils de S'ealtiël, et avec lés'oua* * : Serayah, Yirmyah, *Ezrà, Vmaryah, Mallouk, Ilattous', S'ekanyah, Relioum, Meréraot, *Iddô, j'inoetoi, Abiyah, Miyarain, Ma*adyah, Bilgah, S'emayah, loyarib, eda'yah, Sallou, *Amôq, Hilqiyah, ledayab. Voilà quels étaient, du

endroits habités^ villages, bourgades, etc., autres que Jérusalem. Ce ne sont plus des :ampements ou centres d'exploitation isolés (1 Sam. XXV), mais en partie des endroits issez considérables ; et les dépendances (en hébreu : filles] sont précisément les maisons m fermes (bastides, mas] situées à l'entour.

1 La plupart de ces noms sont mentionnés dans la topographie de la tribu de Juda, fosué XV, 21 suiv. Beër-S'éba' est le point méridional de Canaan, la vallée de Hinnom îst aux pieds des collines de Jérusalem. Cette ville elle-même est située sur le terrioire de Benjamin.

^ Les localités benjaminites sont bien moins connues et la plupart de celles qui sont lommées ici manquent dans le passage Josué XII, 21 suiv. II est du reste à remarquer pie la liste Esdr. II, 20 suiv. Néh. VII, 25, diflTère de celle de notre texte, ce qui prouve, soit la défectuosité des textes, soit une certaine absence de fixité dans les îlablissements. Et si Ton trouve ici des Juifs jusqu'à la limite du désert (Beër-S'éba'J, cela prouvera moins lextension rapide de la colonie, que la présence non interrompue les Israélites dans le pays mOme, lesquels, les uns après les autres, vinrent se rattacher au nouveau centre.

3 Le sens de cette phrase nous échappe. Le texte signifie peut-être que certaines familles lévitiques, quoique demeurant sur le territoire de Juda, étaient considérées comme résidant sur celui de Benjamin, à cause du temple (?]

"^ Nous supposons qu'il n'est pas question ici d'individus, mais de familles ou de classes ; du moins, les mêmes noms ù peu près se sont trouvés ci-dessus chap. \, 3 suiv. D'un autre côté, cette liste est en contradiction avec celle fournie par Esdr. II, 36 suiv. Néh. VII, 39 suiv.

temps de lés'oua', les chefs des familles sacerdotales. Et les Lévites : lés'oua*, Binnoui, Qadmiël, S'érebyah, lehoudah, Mattanyah : celui-ci dirigeait les chants sacrés * avec ses frères et Baqbouqyah, et leurs frères les entonnaient^ devant eux, selon leur tour de garde.

*° Et lés'oua* engendra loyaqîm, et loyaqîm engendra Elyas'ib, et Elyas'ib engendra loyada^ et loyada' engendra lonatan, et lonatan engendra laddoua*^

" Or, du temps de loyaqîm, voici quels étaient les chefs des familles sacerdotales*: De Çerayah, Merayah; de Yirmyah, Hananyah ; de 'Ezrà, Mes'ouUam ; d'Amaryah, lobanan ; des Malloukites, lonatan; de S'ebanyah, losef; de Ilarîm, *Adnà ; de Merayot, Uelql; de *Iddô, Zekaryah ^ ; de G'innetôn, Mes'ouUam ; d'Abiyah, Zikri ;

de Minyamîn ^ ; de Mô*adyah, Piltaï ; de Bilgah, S'ammoua* ;

de S'ema'yah, lonatan ; de loyarib, Matnaï ; de leda'yah, *Ouzzi ; de Sallaï, Qallaï ; de *Amôq, *Éber ; de Ililqiyah, Uas'abyah ; de Ieda*yah, Netaneôl.

^' Quant aux Lévites, les chefs de famille ont été enregistrés du temps d'ÉlyasIb, de loyada*, de lo^anau et de laddoua*, et les prêtres au règne de Daryawes' le Persan'. On trouve les chefs des

^ Traduction libro d'un tormo qui ne se rencontre pas ailleurs. Comp. cliap. XI, 17, où nous retrouvons précisément ce mCme nom propre, ainsi que le suivant.

^ D'après le texte. Los rabbins ont substitué à ce verbe un nom propre Ounnt, qui ne 80 rencontre pas ailleurs dans tout le livre.

3 Continuation de la liste des grands-prêtres, depuis l'exil, et se rattachant à 1 Chron. V, 41 . Le dernier nommé dans ce passage était le père de lés'oua* (Esdr. III, 2), lequel revint do l'exil avec Zeroubbabol. Elyas'îb est le contemporain de Nébémic (chap. III, 1 ; XIII, 4J. Ces trois générations remplissent la période de 536 à 440 av. J.-C.> les trois suivantes nous conduiront donc jusque vers l'époque d'Alexandre-le — Grand.

^ On s'attend naturellement aux mêmes noms do familles qu'au v. 1 et suivants, mais il y a encore des variantes assez notables. Ainsi au lieu de Mallouki, les Bi veulent mettre Melikou ; pour S'ekanyah, il y a S'cbanyah ; pour Hel^oum, llarîm, qiv\ est sans doute la bonne leçon (cbap. X, G] ; pour Merémot, Merayo|, etc. Qattoos' omis.

^ Le prophète (comp. Zach. I, 1).

0 Le nom manque.

"7 L'auteur venait de transcrire une série do noms propres de prêtres, chefs des di Mlé" rentes familles, pour l'époque du pontifo loyaqîm : il pouvait en faire de môme pour Te» pontificats suivants, ainsi que pour les familles des Lévites. Les listes existaient. \^9is comme compilateur il se borne à renvoyer ses lecteurs usa source, qu'itva nommer. Le Persan Darius ne peut être ici que lo contemporain du pontife laddoua*, soit Darias III, le dernier Acbéménide, détrôné par Alexandre. On remarquera que môme dans /<S9 noms des grands-prêtres il y a une erreur do copiste. Pour lol^anan, il y avait plus haut lona^n.

familles lévitiques inscrites au livre des Chroniques *, jusqu'au temps de lohanan fils d'Élyas'îb*.

**Les chefs des Lévites Ilas'abyah, S'érebyah, lés'oua* [fils de^ Qadmiêl, et leurs frères à leurs ordres, étaient chargés des hymnes et du chant sacré d'après les arrangements de David, de Thomme de Dieu, par classe, selon leur tour de garde. Mattanyah, Baqbouqyah, 'Obadyah, Mes'oullam, Talmôn, 'Àqqoub, faisaient les fonctions de portiers aux magasins des portes *.

** Ce sont là ceux qui y étaient du temps de loyaqîm fils de lés'oua*, fils de loçadaq, et du temps du gouverneur Nebémyah et du prêtre légiste *Ezrâ *.

*' A l'occasion de la consécration des murs de Jérusalem ^, on alla chercher les Lévites de tous leurs endroits pour les faire venir à Jérusalem, à l'effet de procéder à une consécration solennelle, avec actions de grâces et cantiques, et avec accompagnement de cymbales, luths et harpes. Alors les familles des chantres se rassemblèrent, tant du district aux environs de Jérusalem, que des villages "^ des Netofatites, et de Bêf-G'ilgal, et des campagnes de G'éba* et de *Azmawet*; car les chantres avaient construit des villages aux environs de Jérusalem.

^^ Puis les prêtres et les Lévites s'étant purifiés et ayant purifié '•*

J Ce n'est pas Touvrage que nous possédons sous ce nom.

^ Ici le texte parait encore fautif. lo^^anan, comme nous venons de voir, n'était pas le fils d'Elyas'ib, mais son pelit-fîls ; puis on ne voit pas pourquoi ici les listes ne vont que jusqu'à l'époque de lol^anan, quand tout à l'heure elles allaient plus loin.

3 A biffer, d'après les passages parallèles Esdr. Il, 40. Néh. X^ 10 ; XII^ 8. Ces noms du reste ne représentent pas des individus, mais des classes.

^ Même observation que dans la note 2. Les trois premiers noms ne sont pas ceux de familles de portiers, mais de chantres (chap. XI, 17J ; les derniers seuls appartiennent à l'antre classe (chap. XI, 19). On comprend qu'en copiant ces interminables séries de noms propres, les copistes se soient aisément égarés.

^ Mais Ne^émyah n'était pas le contemporain de loyaqim (page 254, note 8).

^ On comprend que l'époque de cette fôte n'a pas dû ôtrc trop éloignée de l'achève^ ment des travaux, chap. VI, 15. Preuve de plus que le compilateur a masqué l'unité du récit primitif des mémoires de Néhémie, en intercalant une masse de choses et de documents empruntés à d'autres sources. Ici nous retrouvons le texte authentique de ces mémoires.

^ Voyez la note 8^ page 252. On peut parfaitement bien songer à des établissements isolés ou bastides. — Au lieu du district, d'autres mettent Iql plaine (du Jourdain).

« Esdr. II, 22 suiv.

^ La purification consistait pour les hommes en ablutions et abstinences préalables, pour les objets matériels en aspersions.

256 NÉIIËMIE XII, 30-S9.

le peuple et les portes et les murs, je fis monter les chefs de Jodt sur la muraille et je disposai deux grands chœurs' et des cortèges * vers la droite, sur la muraille, vers la porte ai

fumier ^ Après eux* marchait Hos'a*yah avec la moitié des chefs df Juda; *Àzaryah, 'Ezrà et Mcs'oullam ; Juda et Benjamin; pu S'emayah et Yirmyah; puis des prêtres avec des trompeto; Zekarjah fils de lonatan, fils de S'emayah, fils de Mattanydi, fis de Mikayah, fils de Zakkour Asafite, avec ses frères S'ema'yik, 'Azareël, Milalaï, G'ilalaï, Ma*aï, Nctaneël, lehoudah, Qanani, avee les instruments de musique de David, Thomme de Dieu. Le légiste *Ezrà était à la tète du cortège. Arrivés à la porte de la fontaine, ils montèrent droit devant eux par les degrés de la ville de Darid} là où la muraille monte au dessus de la maison de David jusqu'à la porte de Teau, à Test^. ^^Le second chœur marchait dans le sens opposé ^, et moi je le suivais ' avec l'autre moitié du peuple, sur la muraille, en passant par dessus la tour des fours jusqu'à b muraille large, et par dessus la porte d'Éphralm, et la vieille porte»

1 Litt. : louanges, ou actions de grûces.

2 Suppléez : dont Vun se dingea (musique en tête). Ces mots sont probabkBNit omis par une faute de copiste. Voyez plus bas, v. 38. Néhémie fait faire à ces deux cortèges le tour de la ville, à chacun la moitié du circuit. On voit que la muraîSe ^ large et servait elle-même de chemin de ronde.

3 Chap. III, 14. Direction du nord au sud pour tourner ensuite vers l'est.

^ Les gens du premier chœur. Voici comment il faut comprendre la description M cortège : 1<» le chœur; 2" la moitié des chefs civils, Hos'a*yahen tête; 3* trois classes de prêtres, *Azar}*ah, etc. ; 4" peuple de Juda et Benjamin ; 5* doux autres classes di prêtres, S'ema'yah, etc. ; 6" trompettes ; "7" Zekaryah TAsafite (comme chef de) s* frères, les musiciens. Enfin le texte nomme encore 'Ezrâ, mais celui-ci doit avoir ci sa place entre 1° et 2°, comme cela résulte de ce qui est dit de Néhémie.

^ On connaît les difficultés insurmontables que présentent les domiées hibli^ obscures et insuffisantes sur la topographie de l'ancienne Jérusalem. Voici cependa^ ce que nous croyons pouvoir dériver de ce passage. Le point de départ des detf cortèges se trouvait à l'ouest de la ville. Le premier cortège se dirige de là vers li pointe sud-ouest ; il fait le tour de la colline de Sion en renoontant vers le nord. Arrivén point où les deux collines se rapprochent (porte de la fontaine], au lieu de faire aassi** tour de l'autre colline (*Ofel), de manière à redescendre vers le sud, il traverse UtiDir laissant le 'Ofel à droite, et va gagner la porte de l'eau, située à Test près du temple» La maison de David doit avoir été à cette époque un simple nom de quartier, car i» n'existait plus de palais de ce roi.

6 Du point de départ vers le nord. (Nous croyons cependant qu'il faut lire: fc*^« au lieu de hnôl^ c'est-ù-dire vers la gauche, comp. v. 31 .)

'' C'est le seul passage par lequel ou apprend d'une manière directe et authent»?'* que Néhémie et Ësdras se trouvèrent en même temps ù Jérusalem. Le gouveraeiff marche immédiatement après le chœur. Cela aura donc aussi été la place d'EsdraB.

et la porte aux poissons et la tour de Ilananeël et la tour des Cent, jusqu'à la porte au bétail, et Ton s'arrêta à la porte de la prison \ et les deux chœurs s'arrêtèrent à la maison de Dieu. Moi j'étais avec la moitié des chefs et les prêtres Élyaqîm, Ma*a§éyah, Minyamîn, Mikayah, Elyo'énaï, Zekaryah, IJananyah, avec leurs trompettes', et Ma'açéyah, S'ema*yah, Erazar, *Ouzzî, lolianan, Malkiyah, *Élam et 'Ézer, les chantres, se firent entendre sous la direction de Yizrabyah.

*' Et ce jour-là on fit de grands sacrifices et des festins, Dieu leur ayant accordé une grande joie ; les femmes et les enfants prirent part aux réjouissances et le bruit de la fête fut entendu au loin hors de Jérusalem.

^*Dans' ces temps-là, on préposa certaines personnes aux salles qui devaient servir de magasins pour les offrandes, les prémices et les dîmes, à l'effet d'y recueillir des campagnes des différentes bourgades les redevances légales pour les prêtres et les Lévites; car les Juifs voyaient avec plaisir les prêtres et les Lévites à leur poste, ceux-ci s'acquittant du service de leur Dieu et des purifications, ainsi que les chantres et les portiers, selon la règle de David et de son fils Salomon. Car dès le temps de David et d'Asaf il y avait un chef des chantres, et une musique sacrée pour la louange de Dieu^. Et du temps de Zeroubbabel et de Nel^émyah tout Israël donnait aux chantres et aux portiers leurs redevances journalières, et aux Lévites leur part consacrée^, et les Lévites la donnaient aux descendants d'Aharôn.

I Le second cortège parti de l'ouest, et se dirigeant vers le nord, fait le tour de la muraille le long du plateau, et^ arrivé à Tangle nord-est, il passe au sud, jusqu'à la cour du temple où il rencontre le premier cortège. Pour les localités, voyez le 3* chapitre.

^ Si l'on s'en tient à la lettre^ le second cortège n'était pas organisé comme le premier. Il n'est question ici que de quelques trompettes et chantres. Mais le compilateur ne peut-il pas avoir abrégé ici comme ailleurs ?

3 Ce paragraphe et probablement déjà le précédent, ne sont pas de la main de Néhémie, et trahissent une origine beaucoup plus récente. L'époque de Néhémie •ppartient au passé, et à un passé modèle dont on aime à rafraîchir le souvenir. On dirait presque qu'il perce sous les traits du tableau certains regrets concernant l'état des choses que le rédacteur avait sous les yeux.

^ Cette phrase est suspecte quant à l'intégrité du texte. Elle a l'air d'être un élément tronqué de quelque notice plus complète. On est tenté d'y substituer celle-ci : Dès le temps de David [la famille d'], Asaf était à la tête des chantres, etc.

^ C'est-à-dire la dime.

A. T. 4« part. 17

* Dans ces temps-là, comme on faisait lecture du livre de Mo» en présence du peuple, on y trouva écrit* que les 'Ammomlcs ell* Moabites devaient être exclus à tout jamais de la communiiQ^ 1* Dieu, parce qu'ils avaient refusé le pain et Teau aux Israelhes^^ qu'ils avaient pris à gage contre eux Bile*am pour les maudire, IM que notre Dieu changea la malédiction en bénédiction. Or, qnandoi entendit cette loi, on sépara d'Israël tout ce qui était étranger.

* Avant cela', le prêtre Élyas'ib, qui avait la surveillance dei chambres ' de la maison de notre Dieu et qui était parent de Tôbijik, avait disposé pour celui-ci une grande chambre dans laquelle ob déposait auparavant les offrandes et Tencens et les ustensiles, et b dime des grains, du vin et de Thuile, ce qui formait la redemei des Lévites, des chantres et des portiers, et ce qui était prélcvi pour les prêtres. Lorsque cela arriva, je n'étais point à Jérnsal^ car j'étais retourné auprès du roi de Babel, Artab^'aste, la trentedeuxième année de son règne ^. Et au bout de quelque temps, aji^ obtenu la permission du roi^ je revins a Jérusalem^ et j'eus coimaiisance de l'acte blâmable qu'Klyas'ib avait commis, en mettant à il disposition de Tôbiyah un appartement dans les cours du Xm^ Cela me déplut fort, et je fis jeter hors de la chambre toatlt

1 Dcut. XXIII, 4 suiv. Il est assez curieux que ceci soit ici représenté comme o* espèce de- découverte toute Douvelle. CoDoime il nous est impossible d'admettre [ip(^ ce qui est raconté au chap. YIII) que la loi ne fût pas complète et connue antérieur* ment déjà, nous devons comprendre que cette notice aussi appartient à un rédid* placé à distance et pour lequel les faits ne se rangeaient plus dans leur ordre diNB** logique naturel. On apprend ici en môme temps que la population de Jérusalem ft» déjà très-mélangée. La séparation dont il est question n'est pas un bannifisement, SN* se rapporte au culte et aux fêtes.

3 Ici nous trouvons do nouveau un fragment des mémoires de Néhémie, auqw^ paragraphe précédent paraît avoir dû servir d'introduction. Tôbivah (chap. II|"i 111,35; VI, 1, etc.) était 'Ammonite, et parent (par alliance) du pontife. CeW"^ (qui n'est pas nommé parmi les signataires du document ou pacte du chap. X), y^ plaire à ce personnage et contrairement à l'esprit du gouvernement actuel de la oooffli' nauto, arrangea un logis pour cet étranger dans les attenancos du temple même, ei"* manière à empiéter sur les localités réservées pour le service.

3 Changement de voyelle pour obtenir le pluriel.

4 Comp. chap. V, 14. Comme Artaxerce est appelé roi de Babel, on est tenta* supposer qu'il se trouvait alors par hasard dans cette ville et que Néhémie était allé H saluer. Car son séjour à la cour ne paraît pas avoir été de longue durée.

mobilier de Tôbiyah, et j'ordonnai qu'on purifiât ces localités* et j'y fis remettre les ustensiles de la maison de Dieu, les offrandes* et l'encens.

'^J'appris aussi que les redevances des Lévites^ n'avaient pas été livrées, et que les Lévites et les chantres, qui devaient faire le service, s'étaient retirés, chacun dans sa terre. Et je fis des reproches aux chefs ^ et je leur dis : Pourquoi la maison de Dieu est-elle négligée? Je les^ rassemblai et je les réinstallai à leur poste. Alors tous les Juifs apportèrent aux magasins la dîme des grains, du vin et de rhuile. Et je remis la surveillance des magasins au prêtre S'élemyah, au scribe* Çadoq, à Pedayah, Tun des Lévites, et je leur adjoignis I.Ianan fils de Zakkour, fils de Mattanyah (car ils passaient pour être des hommes sûrs), et ils furent chargés de faire la distribution entre leurs frères. Souviens-toi, ô mon Dieu, de tout ceci et n'efiace pas de ta mémoire ce que j'ai fait en faveur de la maison de mon Dieu et de son service !

'^ Vers le même temps, je vis en Juda ^ des gens qui foulaient le pressoir^ le jour du sabbat, d'autres qui amenaient à Jérusalem, à dos d'âne, du blé^, du vin, des raisins, des figues, et toutes sortes de fardeaux, le jour du sabbat. Je leur fis des remontrances quand ils allaient vendre leurs denrées. Dans la ville il y avait des Tyriens qui venaient apporter du poisson et toutes sortes de marchandises, et qui les vendaient aux Juifs à Jérusalem le jour du sabbat. Je fis des reproches aux Juifs notables et je leur dis : Quelle mauvaise chose vous faites là, en profanant le jour du sabbat 1 C'est bien là ce qu'avaient fait vos pères, quand notre Dieu amena tous ces

1 Comme il y a un pluriel dans le texte [les chambres], on peut admettre que la grande pièce qui servait de magasin avait été divisée en plusieurs par des cloisons intermédiaires.

^ Par ce terme il faut entendre les provisions de farine et de tout ce qui était l'objet des sacrifices non sanglants.

' Chap. XII, 47. — Tout ce service, nouvellement organisé, n'avait marché qu'aussi longtemps que le gouverneur était présent. Pendant son absence il était négligé, et les Lévites, ne trouvant pas en ville de quoi vivre, restaient dans leurs villages à cultiver la terre.

^ Ou magistrats, qui auraient dû tenir la main à ce que la perception des denrées se fH régulièrement.

5 l^s Lévites, etc.

^ Il s'agit probablement d'un secrétaire-contrôleur, et non d'un légiste.

"7 A la campagne, pendant une tournée d'inspection.

S On pressurait le raisin en piétinant dessus.

9 Probablement dans des sacs ; car les gerbes ne se transportent pas à dos d'âne, et 4 l'époque des vendanges le battage était terminé depuis longtemps.

malheurs sur nous et sur cette ville, et vous continuez à attirer Sf colère sur Israël en profanant ainsi le sabbat'! Et des qa^il commença à faire sombre au marché ^ de Jérusalem^ avant le sabbat, j( donnai mes ordres, et les portes furent fermées, et je défendis d( les rouvrir jusque après le sabbat, et je plaçai de mes gens au] portes pour qu'aucune charge n'entrât en ville durant le sabbat' Alors les marchands et merciers durent passer la nuit hors de Jérusalem. Cela arriva une ou deux fois. Et je leur fis des remontrances et leur dis : Pourquoi restez- vous là devant les murs la nuit dorant' Si vous y revenez, je vous ferai appréhender au corps ! Dès lors il ne vinrent plus le sabbat. Et j'ordonnai aux Lévites d'avoir à 8< purifier quand ils viendraient faire la garde aux portes pour sanctifie] le jour du sabbat*. ^^ Souviens-toi de ceci aussi, ô mon Dieu, e aie pitié de moi, selon ta grande miséricorde I

Ce fut encore vers le même temps que je vis les Juifs qui avaieni pris des femmes As'dodites, 'Ammonites ou Moabites ^ ; et la moitic de leurs enfants parlaient TasModien, ou la langue de tel aatri peuple, et ne savaient pas parler Tidiome judéen. Et je leur fis des reproches, je les maudis, j'en frappai quelques-uns^ je les tirai pai les cheveux et je les adjurai au nom de Dieu de ne pas donner leurs filles aux fils des étrangers, et de ne pas prendre des filles d( ceux-ci pour leurs fils et pour eux-mêmes. Voilà bien, disais-je. comment Salomon a péché, le roi d'Israël, ce roi qui n'avait pas son égal chez tous les peuples si nombreux, qui était aimé de soi Dieu, que Dieu avait fait roi de tout Israël, et lui aussi, les femme; étrangères l'ont fait tomber dans le péché I Et quant à vous, nou2

1 Comp. Jér. XVn, 19 suiv.

2 Le mot hébreu désigne non seulement la porte proprement dite^ mais encore L place intérieure eontiguê où se faisaient toutes les transactions civiles et commerciale (Kuth lY, etc.). Le sabbat^ comme en général le jour civile commençait au coucher d soleil.

S Ainsi la circulation môme était empêchée^ et les gens de Néhémie ne sont pas pour ouvrir la porte aux simples promeneurs à l'exclusion des marchands.

^ Ceci n'est pas bien clair. Les Lévites -portiers n'avaient à garder que les porl de l'enceinte sacrée. On pourrait admettre que dès lors il s'était établi un marché d^ l'intérieur. Mais le texte nous parait altéré. D'autres ont pensé que sanctifier le sabk^ veut dire ici en annoncer le commencement.

5 On se gardera de croire, d'après ce qui est raconté ici, que les Philistins d'As' ci et les autres peuplades parlaient des langues absolument différentes de celle des Jixi Il s'agit tout simplement de dialectes, de provincialismes, d'accent local. Nulle padans l'Ancien Testament, il n'est question d'interprètes dans les rapports de c* divers peuples. Quant au fait en lui-môme, il jette un jour assez singulier sur VeSi des réformes antérieures (Esdr. IX; X. Néh. XIII, 3].

apprenons* que vous commettez ce grand crime de désobéir à notre Dieu, en prenant des femmes étrangères?

*• L'un des fils de loyada*, lils du grand-prêtre Élyas'îb, étant devenu gendre de Saneballat le Horonite^, je le bannis. Garde-leur, ô mon Dieu, le souvenir de cette profanation du sacerdoce et de Talliance faite avec les prêtres et les Lévites !

'® C'est ainsi que je les purifiai de tout ce qui était étranger et que j'établis le service des prêtres et des Lévites, selon leurs fonctions respectives^ et les prestations en bois aux époques fixes, et celles des prémices. Souviens-toi de cela, ô mon Dieu, pour m'en récompenser !

1 Sens douteox. Nous pensons ^'il veut comparer ces petits paysans au grand roi. Résisteront-ils mieux que lui à l'entraînement? D'autres traduisent: Et c'est à vous que nous obéirions (accorderions, etc.).

' Chap. II; III; IV; VI. Josèphe (Antiq. XI, 8] rapporte un fait qu'on est tenté d'identifier avec ce qui est raconté ici. Un certain Menasse, de la famille pontificale, gtiMlre de Saneballat, n'ayant pas voulu répudier sa femme et banni pour cette raison, alla fonder le temple de Garizim et consolida ainsi pour toujours le scbisme des Samaritains. Comme Josèpbe place cet événement à l'époque d'Alexandre, il faut renoncer a la combinaison ou croire qu'il s'est trompé de date.

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Chez les Hébreux, comme chez toutes les nations qui ont produit une littérature, la poésie a précédé la prose. Les sentiments naissent avant les idées, et le besoin de les exprimer s'impose pour ainsi dire à Thomme, longtemps avant qu'il songe à les contrôler, ou à coordonner ses expériences. L'homme chante avant d'écrire, à moins que l'éducation n'intervertisse l'ordre naturel, et il y a des peuples qui se sont arrêtés au premier de ces stades, sans jamais arriver au second. Chez les Israélites nous trouvons des poètes depuis l'époque la plus reculée de leur histoire, jusqu'à celle où le peuple, commençant à désapprendre la langue de ses pères, vit en même temps tarir les sources de l'inspiration ; c'est-à-dire pendant une période d'au moins douze siècles. Au début, nous le voyons accoutumé à la vie nomade, ne connaissant ni ne supportant le frein de la règle sociale; sans goût pour le travail et se rassasiant à la table de la nature ; aimant les combats, courant après le butin, et ne trouvant la garantie de la sécurité et de la jouissance que dans la force individuelle. Peu à peu les conditions changent : une conquête improvisée amène la nécessité du labeur champêtre ; celui-ci crée rattachement au sol natal, et, l'instruction religieuse aidant, il se forme un sentiment national basé sur des traditions à la fois poétiques et sacrées. Ce sentiment, constamment retrempé à ces

A. T. 5« part. 1 *

deux sources, les souvenirs historiques et une foi de plus en plus ferme et pure, a donné au peuple hébreu, malgré sa faiblesse numérique et matérielle, une consistance telle qu'il a pu traverser toutes les vicissitudes de sa fortune politique, et a fini par U assurer Texistence au moment même où le monde était conjuri pour l'anéantir.

La poésie a été la fidèle compagne de la nation israélite dans toutes les phases de son histoire. Seulement on s'en forme orfi* nairement une idée très-imparfaite, parce qu'on ne la connatt ei qu'on ne la juge que par le peu qui nous en reste. Tout le moade sait que le recueil d'ouvrages divers que nous désignons communément par le nom de l'Ancien Testament comprend tout, atoolfr ment tout ce qui a été conservé de la littérature hébraïque antérieure à l'ère chrétienne, à la seule exception d'un petit nomte de livres, appartenant à l'époque de la conquête romaine, mail que nous ne connaissons plus que par des traductions. C'est bies à tort qu'on a nommé ce recueil une bibliothèque de la littérature nationale des Hébreux. Sans doute, les livres qui le composent ont fait partie de cette littérature ; mais ils n'en reprësenteri qu'une seule face, qu'un seul genre. La collection d'ouvrages et de monuments littéraires qui a fini par devenir le code sacré 4 la nation, a été formée pour servir à l'enseignement religieux, ^ c'est dans ce but qu'on y a compris, soit directement sans rîenj changer, soit au moyen de retouches et d'extraits» un cert»* nombre d'écrits qui, sans cela, auraient péri comme beaucwç d'autres. Nous verrons ailleurs combien ces pertes sont grand* et regrettables en tant qu'il s'agit de documents historiques. W le moment nous nous bornerons à signaler celles qui rentrei* dans notre sujet spécial. L'Ancien Testament contient de nombreoJ morceaux poétiques; mais ils appartiennent presque exclosît*' ment au genre religieux. Il s'en suit que ce q\ie nous pouvons dire de la poésie hébraïque, s'appliquera de préférence à ce g^ particulier et que les qualités ou caractères que nous y rcansf' quons ne sauraient être considérés comme ayant dû revend nécessairement à tous les autres genres. Nous nous faisons ^ devoir de recueillir dans nos textes les traces de ces derniers.

C'est par des chants et sur des instruments de musique que te pâtre célébrait son amour, le héros sa victoire. Quelques strophes perpétuaient le souvenir de grands événements ; la mémoire en conservait aisément les refrains, et la reproduction dans les fêtes

annuelles les rendait populaires. Tels sont les distiques qui nous sont restés de plusieurs chants relatifs à des victoires remportées sur les Philistins ^ ; tel est encore un fragment fameux sur lequel une science dépourvue de tout goût poétique a édifié les hypothèses les plus saugrenues ^. Ailleurs, nous rencontrons même des morceaux guerriers de quelque étendue ^, parmi lesquels nous citerons au premier chef le chant dit de Débora, la perle de la poésie patriotique d'Israël et en même temps la plus ancienne pièce qui nous soit parvenue dans son intégrité. Le peuple aimait à revêtir de formes rhylhmiques sa naïve sagesse, ses maximes de prudence et de morale, fruits d'un jugement lent, mais sûr. La poésie se prêtait à tout ce qui pouvait être un élément de la vie sociale ; elle ennoblissait les jeux de la paix, elle était un besoin dans le repos après le combat, elle égayait les festins et les noces ^, elle compatissait à la douleur sur le bord du tombeau ^. La jeunesse des deux sexes se plaisait à apprendre des chants destinés à rehausser soit les divertissements au village, soit les solennités du sanctuaire de la tribu. Les vierges de Silo^ n'auront pas été les seules à former annuellement à jour fixe leurs chœurs sacrés. Oelles de Giléad répétaient leur complainte en souvenir de la ixialheureuse fille de Jephté*^. Les jeunes gens savaient par cœur l'élégie de David sur la mort de Jonathan^. Les pâtres et les ohasseurs, réunis le soir autour de l'abreuvoir au désert, ohantaient leurs chansons en s'accompagnant du chalumeau^. La ciécouverte d'une source devenait dans l'occasion l'objet d'une réjouissance publique où la poésie avait sa place naturelle ^^. Le Cbrgeron y avait recours pour vanter fièrement le produit de son travail et la supériorité que celui-ci lui assurait ^^ Proposer et fieviner des énigmes, dont la forme poétique paraît avoir été obligatoire, était un amusement de table ^^. La poésie (si ce terme 'peut être employé ici) s'abaissait même jusqu'à se mettre au service de rapports sociaux indignes d'elle ^^.

L'âge héroïque de chaque peuple tant soit peu doué est par Xui-même une époque de poésie, et n'est connu de la postérité que sous une forme qui en porte le cachet. Les aventures y sont

1 i Sam. XVIII, 7. Juges XV, 16. — « Jos. X, 12. — « Nombres XXI, 27 suW.

— 4É8. V, 12. Amos VI. 5. Juges XIV. — 52 Sam. 111. 38. — «Juges XXI. 19.

— "ï Juges XI, 40. — «2 Sam. 1, 18. — 9 Juges V, 11. — 10 Nombres XXI, 17. — »>Oen. IV, 23. — l« Juges XIV, 12 suiv. Prov. XXX, Il suiv. 1 Rois X, 1. — 1SÉ8. XXIII. 15 suiv.

journalières, les querelles incessantes, les haines naiio: façables chez les fils du désert, et d*autanl plus ardente horizon est plus restreint. Le vainqueur n'éprouve auc gnance à exalter sa propre gloire, tout aussi peu qu'i vaincu, à le poursuivre de ses sarcasmes même apri Au retour du combat les femmes viennent au-devant de tant ses exploits au son du tambourin, et impatientes i le butin qu'il rapporte ^ Le courage individuel a encore d'autres vertus guerrières sont inconnues ou moins i La fille d'un chef est promise au plus vaillant et devi d'un acte de prouesse ^. Les relations des deux sexes ne encore gênées et avilies par le régime du harem ; les f pêtres de la récolte, de la vendange, de la tonte des seules presque qu'ait connues la haute antiquité^, s d'occasions de gaîté sociale et d'exercices de l'esprit, que toute l'ancienne histoire d'Israël, telle que nous reconstruire au moyen des traditions décousues et fra] qui nous en sont parvenues, ou telle qu'elle se reflet tableaux idylliques de l'âge patriarcal, nous laisse enl admirable richesse de sentiments et de manifestations La meilleure part de ce trésor a subi le sort commun humaines; et ce que le temps a épsgrgné est dever méconnaissable sous la main des scoliastes de la synag< pédants de toutes les écoles. C'est que cette poésie toujours du goût d'un siècle plus civilisé ; son langage ne cadrait pas trop bien avec les systèmes théologique du jour, et les mœurs plus primitives qu'elle retraçait n pas les sympathies d'une génération moins naïve. Elle que plus sûrement droit de cité dans le monde d historiques.

Nous n'avons point encore parlé d'une autre sj laquelle la poésie a eu son rôle, celle de la religion e Là aussi, dès la plus haute antiquité, le chant, la danse des instruments avaient leur place à côté du sacrifice, l'autel dressé sur une hauteur, ou à l'ombre d'un vieil dans les parvis du sanctuaire *. La poésie et la musique

> Juges V, 29; XI, 34. 2 Sam. I, 24. Psanme LXVIII, 18. — »Juj 1 Sam. XVII, 25 ; XVIII, n suiv. — 3 Juges IX, 27. 1 Sam. XXV, 7. 23, etc. — ^ 2 Sam. VI, 12 suiv. Es. XXX, 29. Jér. XXXI, 4. Ps. LX

étaient un objet d'enseignement dans les temps reculés ^ . Â l'égard de ce genre particulier nous sommes plus heureux qu'à Tégard des autres, comme nous Tavons déjà fait pressentir; quoique ce qui nous en reste n'appartienne pas précisément aux premiers âges de la littérature nationale. Nous aurons l'occasion et le devoir d'y revenir ailleurs, et d'étudier les textes en détail. Nous ne nous y arrêterons donc pas davantage en ce moment. Cependant il convient de s'entendre dès à présent sur le sens dans lequel on peut dire que la poésie hébraïque, telle que nous la connaissons, est essentiellement religieuse. En effet, toutes les pièces contenues dans TÂncien Testament ne rentrent pas au même titre dans cette catégorie. En disant cela nous n'avons pas même besoin de signaler le livre connu sous le nom du Cantique des cantiques, pour lequel on ne peut revendiquer un caractère religieux qu'au moyen d'une interprétation allégorique forcée : car nous sommes convaincu que ce livre n'a obtenu les honneurs de la place qu'il occupe que par suite d'une pareille interprétation. Nous voulions plutôt parler de plusieurs pièces insérées dans les livres historiques et qui n'ont pas été composées en vue des besoins de l'enseignement, mais à l'égard desquelles on s'assure sans peine qu'elles ont été inspirées par le sentiment religieux, qu'elles rendent témoignage de la foi de leurs auteurs, et qu'elles pouvaient ainsi contribuer à soutenir et à fortifier celle du peuple en ^néral. Nous prenons donc ici le terme de poésie religieuse dans un sens plus large que celui qu'il a d'ordinaire.

Après ce que nous venons de dire sur l'état fragmentaire dans lequel la littérature poétique des Hébreux nous est parvenue, il peut sembler téméraire de vouloir en signaler les qualités caractéristiques, en la comparant par exemple à la poésie classique ou à celle des peuples modernes. Aussi nous bornerons-nous ici à quelques remarques générales, en évitant soigneusement de faire de la théorie, et surtout de prendre pour guide de notre jugement

1 1 Sam. X, 5.

8 LA POÉSie HÉBRAÏQUE.

la règle du goût qui domine aujourd'hui dans une sphère tonte différente. A certains égards, et abstraction faite des sujets (p'dk traite, elle a beaucoup d'affinité avec celle des autres natkms de TAsie occidentale. Ainsi, elle est essentiellement, nous poiirrions dire exclusivement, subjective : c'est toujours rindividualité da poète qui s'y prononce et s'y dessine; ce sont ses propres pensées, ses sentiments, ses aspirations qu'il veut faire parler ; il n*éproim guère le besoin de peindre des sentiments qui lui sont person* nellement étrangers, ou les charmes de la nature qui l'entoure. Le génie des Hébreux, comme celui des peuples sémites en générait n'a produit ni drame, ni épopée, deux genres dans lesquels la personnalité du poète s'efface pour vivre de la vie d'autmi, et s'identifier pour ainsi dire, successivement ou alternativement, avec des caractères différents et opposés ^ . En second lieu, cette poésie est sentencieuse : c'est-à-dire que la composition ne se subordonne pas nécessairement à la liaison logique des idées. Nous pourrions citer maint morceau dont chaque strophe, chaque distique même, forme un petit tout à lui seul^ et pourrait changer de place avec ce qui précède ou avec ce qui suit, sans que le sens en souffrît, ou que l'impression qu'il peut produire en fdt affaiUie. Des pièces qui constituent un organisme bien disposé, bien arrondi, sont l'exception ; et si, par exemple, beaucoup de psaumes commencent par des formules d'exorde d'une certaine ampleur rhétih rique, ce n'est que bien rarement qu'ils se terminent de manière que l'oreille et l'esprit soient satisfaits en même temps par une tournure ou une idée qui marquent nettement la fin. Dans des cas nombreux on ne voit pas pourquoi l'auteur s'est arrêté: il aurait pu déposer la plume plus tôt, il aurait pu continuer encore; la nature et la portée de sa composition seraient restées les mêmes. Ici encore nous constatons le fait que la subjectivité du sentiment prédomine, qu'elle neutralise le concours de la réflexion, laqaeDf ailleurs assure au poète une certaine liberté à l'égard de son inspiration.

Mais nous insisterons davantage sur un troisième caractère de la poésie hébraïque, qui est plus facile à reconnaître et dont le lecteur est frappé immédiatement. C'est qu'elle s'adresse depréft*

1 Gomme on pourrait nous objecter ici, soit le Cantique, soit le livre de Job, sobi prions nos lecteurs do suspendre leur jugement jusqu'à ce que noos nous soyoni expliqué sur ces deux ouvrages.

mce à rimaginatioD, et cela à un degré que n'a jamais atteint i poésie classique et qui paraît excessif même à notre romantisme iodeme. Sa profusion en fait d'images est proverbiale, et la Ardiesse de celles-ci étonne notre goût et est souvent telle, que e traducteur est tenté de les décolorer, de peur de leur voir ffoduire l'efTet contraire à celui auquel l'auteur avait visé. Nous le parlons pas seulement des nombreuses comparaisons destinées Il orner le discours, et qui s'entassent quelquefois de manière à btiguer l'attention, ou du moins à la distraire en rapprochant les mes des autres les combinaisons les plus disparates. Nous avons principalement en vue les métaphores, qui substituent directement l'image à l'objet même qu'elle devait peindre ou auquel elle devait lonner du relief, et qui ont une tendance prononcée à devenir les allégories, en se continuant, en se décomposant par des appli- Bilions variées. Cependant on aurait tort de croire que ce besoin te faire des rapprochements entre des objets divers et de peindre tes images produit toujours des tableaux à contours fermement Iwcés. C'est généralement le contraire qui a lieu. A peine esquissé m quelques traits, le dessin est abandonné et un autre sujet s'y ^iitue sans être amené par une affinité naturelle ou l'analogie tes idées ; aussi rien n'est difficile comme de vouloir fixer par le ?mceau ces ébauches inachevées et presque insaisissables. De ?ltt8, la poésie hébraïque est riche en prosopopées ou personûGcations. Aux choses inanimées, aux phénomènes de la nature, ^ prête des pensées, des sentiments, des paroles même, au K)int qu'elle se permet de faire chanter les montagnes et qu'elle ^ recule pas devant des fleuves qui battent des mains. D'im autre côté, il faut tenir compte de ce que le peuple waélite, à l'époque qui a dû produire ses modèles littéraires, 'ivail encore dans des rapports plus intimes avec la nature, tandis [u'ailleurs les règles du goût et de la littérature en général établissaient dans un milieu social plus élevé, dans la civilisation '^ villes. Il en résulte que nous rencontrerons fréquemment des ïûages choisies dans une sphère dont notre goût moderne s'est loigné, ou à laquelle il ne nous permet de toucher qu'avec ^e discrétion conventionnelle. Ainsi le plus sublime élan de la onception poétique ne dédaigne pas d'émailler ses strophes images empruntées à la vie animale, avec laquelle, par une ibitude séculaire, celle de la famille avait contracté une intimité ut idyllique.

C'est ici le cas de signaler un autre fait encore qui tient à celui que nous venons de relever, mais dont la portée va plus loin. Le génie de TOrient en général, et plus particulièrement celui du peuple hébreu, a une propension très-marquée au symbolisme, c'est-à-dire qu'il éprouve le besoin de revêtir les idées abstraites de formes saisissables par l'imagination, nous oserions dire matérielles, comme si l'intelligence par elle seule était impuissante à s'élever au-dessus de la sphère accessible aux sens. Ce sont surtout les conceptions transcendantes, par exemple les attributs de Dieu, qui prennent corps et se matérialisent pour ainsi dire, et cela d'une façon qui souvent choque notre sentiment, en tant que c'est encore le monde animal qui est appelé à prêter ses formes à un ordre d'idées si absolument différent. Nous n*avons qu'à rappeler ici les Séraphins d'Ésaïe, les Chérubins d*Ézéchiel, le Serpent de Moïse, et surtout les figures de taureaux, trèsimproprement désignés par le terme de veaux d'or, qui apparaissent de temps à autre tout le long de l'histoire ancienne d'Israël. C^est de la même source que découlent les innombrables anthropomorphismes qui nous arrêtent à chaque pas dans l'étude de nos textes, et dont nous ne pouvons concilier la naïve rudesse avec les admirables épanchements du sentiment religieux qu'ils semblent déparer, qu'en les ramenant à ces tendances d'une poésie qui ne pouvait se passer de formes palpables. H est vrai que plusieurs de ces anthropomorphismes ont passé dans le langage religieux des nations chrétiennes ; et nous parlons de l'œil et de la main de Dieu sans que cela froisse notre sentiment ou que cela égare notre raison. En voyant Jéhova se servir des nuages comme d'un char sur lequel il descend de sa résidence céleste vers la terre, qui tremble à son arrivée, nous comprenons que c'est un tableau poétique dont la théologie n'a pas autrement à tenir compte. Mais il est telle figure qu'aucun traducteur ne peut se permettre de reproduire littéralement, s'il ne veut détruire l'effiet d'un tableau entier. Nous ne voulons citer ici que l'une des images favorites des auteurs hébreux : le nez de Dieu, qui brûle et qui fume quand il manifeste sa colère. Dans la plupart des cas du moins on s'en tiendra à l'idée et Ton supprimera l'image. Pourtant ces images, ces formules allégoriques étaient devenues tellement familières au langage usuel, qu'on les retrouve jusque dans la plus simple prose de l'historien, et que la philosophie spéculative même, quand enfin elle prit rang parmi les sciences cultivées au sein de

la nation juive, en fit son point de départ, et sut les mettre à profit, sans tenir compte de leur origine ou de leur nature.

Le lecteur qui ne connaît la Bible que par nos versions ordinaires a de la peine à distinguer la poésie de la prose. Elles ne se ressemblent que trop par la forme qu*on donne au texte dans rimpression, et malheureusement les traducteurs se sont bien peu préoccupés autrefois du besoin d*en faire sentir la différence. Ils peuvent alléguer comme excuse que les docteurs juifs eux-mêmes, des mains desquels nous avons reçu les originaux, ne paraissent pas l'avoir nettement entrevue. Ce n'est que bien tard, au moyenftge, que ceux-ci ont cherché à signaler le caractère poétique de certains livres, en y appliquant un autre système d'accents, c'està-dire de signes de prononciation musicale, que celui qui était employé pour la prose, laquelle se récitait également à la synagogue d^une manière cadencée. Les livres auxquels nous faisons allusion étaient les Psaumes, les Proverbes et Job. On alla même plus loin encore à l'égard de quelques morceaux de poésie insérés dans les livres historiques, et dont on disposa le texte d'une &çon assez curieuse, mais qui trahissait en même temps l'absence de toute critique esthétique chez Içs rédacteurs ^ . Mais cette méthode ne prévalut pas, et il n'y en a nulle trace dans les traductions.

Les copistes grecs seuls, chez lesquels on peut supposer un goût littéraire plus développé, prirent l'habitude d'écrire les livres que nous venons de nommer, et quelques autres encore plus ou moins judicieusement choisis, en coupant les lignes comme nous faisons en écrivant des vers. Il y a donc là de quoi faire avancer rintelligence des textes et en aider l'appréciation, rien que par les soins qu'on mettra à en rétablir la forme telle qu'elle a dû se présenter à l'esprit des auteurs mêmes, qui ne disposaient pas des moyens matériels de la rendre visible à Tœil.

1 Voyez dans les bibles hébraïques le 15** chap. de l'Exode et le 5* des Juges, où les phrases par lesquelles le récit prosaïque est repris par l'auteur après la fin des morceaux poétiques, ont été considérées et disposées comme faisant partie intégrante de eeox^cî. — Comp. aussi Deut. XXXII.

Nous ne nous proposons pas de faire ici Ténuinération de loul^S les parties de rÀncicn Testament pour lesquelles nous pouvons à juste titre revendiquer le caractère poétique. Cependant nous désirons faire à ce propos quelques remarques spéciales. En laot qu'il s'agirait de livres entiers, nous n'avons pas besoin de nous y arrêter dès à présent, parce qu'ils se font reconnaître aisément par la nature même de leur sujet, et que nous aurons à les étudier séparément l'un après l'autre. Mais nous tenons à rappeler que selon une coutume commune aux historiens orientaux, ceux des Israélites aussi se sont plu à orner leurs récits des fleurs de la poésie, non pas certes en composant eux-mêmes des vers, mais en intercalant, à des endroits convenables, soit des citations fragmentaires, soit des morceaux entiers choisis dans le irésoT national. Ce sont en partie les monuments les plus anciens de la littérature hébraïque qui ont été conservés de cette manière*, el nous apprenons ainsi notamment qu'il existait autrefois des psaumes absolument semblables à ceux qui ont été réunis plus tard dans la collection qui nous est parvenue sous ce litre, mais qui n'y sont pas compris ^. Comme il est fort probable, d même certain, que pendant longtemps les chants populaires a^ s'écrivaient pas, mais se transmettaient uniquement par Is mémoire, les historiens ont pu puiser dans la tradition une partie des pièces que nous trouvons chez eux. Cependant, à une époque très-ancienne déjà, on paraît avoir songé aux moyens d'assurer plus efficacement la conservation des débris épars d'une littérature qui autrement risquait de se perdre : on recueillit ce qu'on pouvait en trouver encore, ce qui était devenu cher à la nation l on forma des anthologies, comme il en existe encore chez le** Grecs, chez les Arabes et ailleurs ; et c'est à ces recueils que 1^ historiens ont dû avoir recours, dans plus d'une occasion, pourj prendre ce que nous oserons appeler les documents authentiques

i Voyez par ex. Genèse XLIX. Exode XV. Deul. XXXIl ; XXXlll. Jag« V. 2 Sam I ; III. Nomb. XXI ; XXlll ; XXIV, etc.

'^ 1 Sam. II. 2 Sam. XXIII. Jonas II. Ësaie XXXVIII. — D'autres persuiu» se retrouvent dans le psautier actuel, 2 Sam. XXII. 1 Chron. XVI.

à Pappui de leurs récits. Du moins, c'est par eux que nous en connaissons Texistence. Car plusieurs fois ils les citent; ils nomment le livre des Guerres de Dieu^ et le livre du Juste ^, comme les sources où ils prennent les poésies qu'ils transcrivent, ou même la connaissance des faits qu'ils racontent. D'après ces citations, nous sommes autorisés à penser que ces anthologies contenaient surtout des chants patriotiques et guerriers, et cela nous explique aussi pourquoi elles sont restées en dehors du recueil définitif et privilégié, et ont ainsi fini par disparaître complètement.

Cependant nous n'entendons pas dire par là que Tesprit poétique a fait défaut aux générations qui ont laissé périr ces précieuses reliques. Dans ce qui nous reste de Tancienne littérature hébraïque, il y a encore beaucoup plus de poésie que le commun des lecteurs ne s'imagine, et si Texégèse a fait tant de faux pas dans l'interprétation des textes, c'est en grande partie par suite de l'absence du goût littéraire chez ceux qui lui dictaient ses lois. Si la science traditionnelle a donné le nom de prophètes eux écrivains de l'Ancien Testament en général, nous croyons «ivec plus de droit pouvoir revendiquer le nom de poètes pour la plupart de ceux qu'on désigne communément par l'autre nom. Clar, quoique le but prochain de leurs discours leur assigne un Yang plus élevé encore, ils méritent à plus d'un égard d'être aussi considérés et appréciés au point de vue où nous nous plaçons en <^e moment. L'orateur sacré parlait un langage autre que celui du Tulgaire ; il était réellement poète, non-seulement par les orne- Tnents qu'il prodiguait à ses discours et le caractère imagé de son style, mais souvent même par la facture matérielle de ses phrases ; et le peuple israélite, qui doit être pour nous le juge le plus autorisé en ces choses, désigne par un seul et même terme ^, et comme l'effet d'une même inspiration, les deux manifestations de l'esprit que la théologie a l'habitude de séparer presque par un abîme.

On a cru quelquefois faire honneur à la littérature hébraïque en y retrouvant les différents genres de poésie qu'on a l'habitude

1 Nomb. XXI, 14.

^ Jo8. X, 13. 2 Sam. I, 17. — Le Utre de cette anthologie, diversement expliqué, fera l'objet d'une remarque à Toccasion du passage cité en dernier lieu.

3 Comp. par ex. Juges IV, 4 avec Ezod. XV, 2.

14 lâ poésie hébraïque.

de distinguer aujourd'hui au moyen de termes techniques, a partie déjà usités chez les Grecs, en partie inventés au mo]feBâge ou plus récemment encore. Cela nous paraît hors de propos. Il va sans dire que les sujets, et par suite aussi les îbnnes, varient ici comme partout. Mais il faut se garder de transporter des conceptions d'école à un peuple qui ne s*est jamais occupé le critique littéraire. Les Israélites se rendaient compte de la nÂtnre des productions de leurs poètes d'une manière bim simple, el tellement juste, que nous aurions tort de ne pas nous y arrêter i notre tour. Ils distinguaient deux sortes de poésie, et les désgnaient même par deux noms spéciaux, iSTir et Mas^él^^ qos nous ne saurions mieux traduire que par ceux de poésie lyrique et poésie didactique, bien que cela ne rende pas exactement h valeur étymologique des termes hébreux.

Le premier de ces termes signifie jiroprement un chant, et rappelle ainsi immédiatement le fait que dans Tantiquité la poétf 1 était intimement liée à la musique, tant vocale qu*instrumenlaie. L'adjectif lyrique, dont nous venons de nous servir, corresponl donc parfaitement au sens du mot hébreu, en tant qu'il est dérif' du nom de l'instrument sur lequel s'accompagnait le chanb^ souvent auteur lui-même du texte qu'il débitait. On appelait donc s'îr tout ce qui pouvait ou devait se chanter, nHmporte le siqet; et nous avons vu plus haut combien les sujets étaient vaoh même chez un peuple et dans un siècle dont il nous est restée peu de chose. Si nous relevons les nombreux passages où ce moi est employé pour désigner un morceau de poésie queleoiup^ nous constatons cette variété d'application. Maintes fois nous k rencontrons en tête des psaumes, où cela nous étonne moinSt parce que l'idée de les voir employés comme cantiques nous ^ familière. Mais il sert tout aussi souvent à désigner toutes sortes d'autres chants, nationaux ou individuels, champêtres ou guerriers, de deuil ou de réjouissance, en face desquels l'idée de la musique n'est pas ce qui nous revient de prime abord. Nous aurons l'occasion d'en dire davantage, quand nous parlerons des titres des psaumes. Pour le moment, nous tenons à ajouter encore

^ L'alphabet hébreu possédant cinq lettres sibilantes, nous tâcherons de les diatoguer a notre tour, dans la transcription des noms propres ou des termes techniqnei. Nous rendrons le Samek par Vx simple^ le Saht par r, le Sad^ par f^ le Sim par «. ciW Srhin [ck français] par s\

que la poésie lyrique des Hébreux, qui, du reste, telle que nous pouvons la connaître aujourd'hui, présente peu de points de contact avec celle des Grecs, des Romains, et même des Arabes, a droit à la première place parmi celles que nous venons de nommer, par Télévation des idées et la noblesse des sentiments. Ce qui lui manque, comme à la poésie sémitique en général, c'est ce que nous appelons la grâce : la perfection exquise du dessin, la délicatesse des couleurs, la sympathie pour la nature, l'har* monie de la pensée et de la forme, la juste mesure dans l'emploi des ressources du langage figuré. Nous nous ferons un devoir de faire ressortir les exceptions partout où elles se présenteront sur notre chemin ; mais ces exceptions mêmes ne feront que confirmer la règle.

Quant à la seconde catégorie de poésies, que nous comprenons sous le nom générique de mas'alj et qui, à certains égards, est la plus intéressante des deux, parce qu'elle représente le génie national d'une manière plus caractéristique, nous ne nous en occuperons pas ici. C'est dans l'introduction au livre des Proverbes que se placera plus convenablement l'explication tant étymologique qu'usuelle de ce terme. En le rendant provisoirexnent par celui de poésie didactique, nous avons plutôt eu en vue d^en faire connaître le but que d'en indiquer les formes, qui sont Ibeaucoup plus variées que celles de la poésie lyrique. Il est vrai C[ue dans le livre des Psaumes même, à l'étude duquel la présente SntrodttCtion doit préparer nos lecteurs, il y a beaucoup de moi^ cseaux que Ton peut avec raison ranger dans cette seconde; clasàe. Idais comme c'est là une simple affaire de goût, et que cela :ii'exige en aucune façon des explications scientifiques préalables, vious ne nous y arrêterons pas pour le moment.

Le langage de la poésie se distingue de plusieurs manières de celui de la prose, indépendamment de ce qui tient aux idées mêmes qu'il doit exprimer. Et tout d'abord, tous les idiomes qui sont parvenus à l'honneur de servir à une littérature nationale classique, possèdent un certain nombre d'expressions ou de vocables qui ne sont pas employés dans la prose, ni surtout dans

le langage familier, soit que, négligés par Tusage, la poésie ait eu soin de les préserver d'un oubli complet, soit qu'elle les ait façonnés exprès à sa guise. Il en est ainsi de la langue hébraïque. On trouve dans les textes poétiques de rAncien Testament toute une série de mots d'un usage très-fréquent, qui ne se rencontrent pas une seule fois dans les autres écrits, lesquels, de leur côté, se servent, à leur place, d'autres expressions absolument synonymes. Comme les termes employés par les prosateurs ne manquent pas pour cela chez les poètes, la langue de ceux-ci est d'autant plus riche et le choix qu'ils font entre les mots qui sont à leur disposition est à considérer comme intentionnel. C'est là un trait caractéristique de la poésie qui malheureusement s'efface dans une traduction. Il en est de même de certaines formes grammaticales, exclusivement employées dans la poésie, et destinées, autant que nous pouvons en juger avec notre connaissance très-imparfaite de la prononciation ancienne de l'hébreu, à tlatter l'oreille par des cadences plus harmonieuses et une accentuation plus sonore.

Cette dernière observation nous conduit directement à la question générale concernant la forme de la poésie hébraïque. C'est par la forme que Thomme le moins lettré reconnaît sans peine la différence entre les deux genres du langage. Les Grecs et les Romains basaient la versification sur la mesure des syllabes artistement disposées d'après leur longueur prosodique ou musicale, et dans des combinaisons variées à l'infini. Le moyen-fige, qui avait perdu la tradition de la vraie prononciation du latin, et dont les idiomes nationaux étaient encore trop rudes pour se prêter à des méthodes analogues, s'en tint à la rime, dans laquelle le génie poétique avait heureusement trouvé une compensation pour ce que la langue elle-même lui refusait alors, et ce que, en grande partie, elle lui refuse encore aujourd'hui. Auparavant déjà, la poésie arabe, la plus compliquée de toutes, mais de beaucoup aussi la moins gracieuse, s'était assujettie aux deux lois à la fois, à celle de la rime et à celle de la scansion.

Il s'agit maintenant de savoir quelle peut avoir été la règle de la poésie hébraïque. On s'est donné beaucoup de peine inutile pour la ramener tantôt à l'un, tantôt à l'autre de ces deux systèmes de versification. Les textes que nous possédons s'y refusen absolument. Il est vrai que Thistorien Josèphc a voulu faire croi à ses lecteurs que les livres sacrés de sa nation étaient en parti

écrits eB vers hexamètres et pentamètres, et St-Jérôme, qui aimait un peu à faire parade de son savoir en fait d'hébreu, a reproduit cette assertion, qui a provoqué, de la part des savants modernes, une série de tentatives, les unes plus malheureuses que les autres, de reconstruire les lois de cette métrique, ou du moins d'en découvrir les traces. Tous ces efforts ont été vains. Peut-être les deux auteurs que nous venons de citer n'ont-ils eu en vue que la longueur variable des vers et non la quantité prosodique des syllabes ; dans ce cas ils auraient fait une remarque assez juste tout en égarant le jugement de leurs lecteurs par la manière tant soit peu prétentieuse dont ils se sont exprimés. Le fait est que si leurs assertions, prises au pied de la lettre, avaient été fondées, il y a lieu de croire qur la tradition talmudique n'aurait pas manqué de nous renseigner à son tour sur cette matière. Les règles de la technique auraient pu s'être conservées alors encore que les sources de la poésie elle-même auraient été complètement taries.

n est donc très-vraisemblable que les anciens Israélites n'ont jamais connu l'art métrique tel qu'il était pratiqué chez les Grecs. On a cru pouvoir se dispenser de formuler une conclusion aussi péremptoirement négative, en supposant que les rabbins du moyen-ftge, auxquels est due l'invention des points - voyelles ajoutés à un texte dont on n'avait écrit anciennement que les consonnes seules, auraient maladroitement effacé, par leur système de vocalisation, jusqu'aux derniers vestiges de la prosodie d'autrefois. Il est bien possible que dans la suite des temps la prononciation ait changé, et que par là l'élément musical de la diction poétique, en tant qu'il dépend essentiellement de la richesse des sons voyelles, ait été affaibli jusqu'à un certain point ; mais nous avons de la peine à croire que cet affaiblissement ait pu être tel que la forme métrique ne perce plus nulle part aujourd'hui, et encore moins nous persuaderons-nous que les ^«vanls grammairiens, qu'on accuse si gratuitement, en aient 'Iff^ioré jusqu'à l'existence.

Ce que nous venons de dire de la prosodie métrique, nous P^^vons le dire aussi de la rime. La poésie hébraïque n'en a pas le besoin. Si elle se rencontre par ci par là dans quelque ^ cela ne tire pas à conséquence. On comprend que les poètes

'oywptrex. Ps. VIII, 5. Ésaïe XXXIII. 22. Gant. III, 11. etc. A. T. — 5' part. 2

18 LA POéSIB HÉBRAÏQUE.

ne se soient pas donné la peine de Téviter, quand le hasard de la construction ou des formes grammaticales l'amenait naturellement. Mais nulle part nous ne trouvons qu'ils s*y soient astreints» comme à une règle, dans des morceaux entiers. Tout au plus on peut accorder qu'elle semble avoir été cherchée exprès dans quelques rares exemples de chansons populaires, du reste trèscourteSy comme celle qui est mise dans la bouche des Philistins raillant Samson (Juges XVI, 24) et peut-être dans les vers du forgeron (Gen. IV, 23). Ce qui paraît plus certain, c*est que les poètes n*ont pas toujours dédaigné une autre forme musicale, savoir Tassonnance, c'est-à-dire la reproduction fréquente d*und même syllabe dans la composition d'une pièce plus ou moins longue, mais sans que cette syllabe se trouve partout nécessaire ment à la fin des vers, comme cela doit être le cas pour la rime proprement dite. Ceux de nos lecteurs qui peuvent comparer l'original voudront bien ici relire le Psaume 124 et surtout le cinquième chapitre des Lamentations, où la syllabe rimante se rencontre quarante fois dans les vingt-deux distiques. Si Ton devait préférer ne voir là qu'un effet du hasard, nous conviendrions que les exemples sont bien rares et qu'en tout cas ils ne constituent pas la règle.

Malgré cette absence de toutes les formes artificielles par lesquelles la poésie classique et la poésie moderne se distinguent de la prose, celle des Hébreux avait aussi ses allures propres ei ses lois particulières. Pour en rendre l'intelligence plus facile à nos lecteurs, nous choisirons tous les exemples à citer dans les textes compris dans le présent volume.

A première vue on y remarquera des vers de différentes espèces: les uns plus libres, c'est-à-dire de longueur variable^ dans le cours d'une même pièce, les autres soumis évidemment à une règle plus stricte et plus uniforme. En thèse générale ils se combinent deux à deux, et forment ainsi des distiques ordinairement assez peu liés les uns aux autres, et pouvant même quelquefois être considérés comme des strophes de toute petite dimensi<»i. Cette dernière forme, la plus simple de toutes celles qui présentent une certaine régularité, se reconnaît par exemple dans les Psaumes 25, 26, 34, 122, 145, 149, et dans le dernier chapitre des Lamentations. Elle est constamment employée dans la poésie arabe. La poésie hébraïque ne s*est pourtant pas astreinte à cette froide et raide uniformité. Elle a su former des strophes plus

LA POéSTB HÉBRAÏQUE. 10

longaes et se rapprochant davantage de ce que nous avons coutume d'appeler de ce nom. Le plus souvent la combinaison plus intime de deux distiques donne des strophes de quatre vers, comme on le voit aux Psaumes 3, 4, 9, 14, 21, 28, 32, 37, 47, 83, 89, 114, 121, 127, 130, 134, et au quatrième chapitre des Lamentations. En outre, nous en avons trouvé de trois vers (Ps. 23, 93, 99, 131), de cinq vers (Ps. 120), de six vers (P». 80, 61, 76, 88, 96, 113, 140), de sept vers (Ps. 29, 31), de huit vers (Ps. 80, 126, 129, 137), enfin de dix vers (Ps. 105, 132) et même de huit distiques (Ps. 119). Les trois premiers, chapitres des Lamentations se décomposent en strophes de trois vers longs, ou si Ton veut de six vers, chacun étant régulièrement coupé en deux par une césure au milieu. Ailleurs la régularité ne se révèle pas d'une manière aussi évidente. On trouve des morceaux dans lesquels elle est imparfaite, dans ce sens qu'elle ne s'applique qu'au corps même de la pièce, et non à quelques vers placés soit en tête, comme une espèce d'exorde ou d'ouverture (Ps. 75, 94), soit à la fin (Ps. 73, 143, 146, 148, 150), ou bien encore aux deux places à la fois (Ps. 33).

Nous devons nous attendre à ce que ces diverses combinaisons exprimées dans notre traduction soient regardées comme arbitraires ou comme n'existant que dans notre imagination. Il est vrai que le texte hébreu, tel qu'il nous est venu des mains des docteurs de la synagogue et tel qu'il est imprimé, n'en porte pas la moindre trace et que les auteurs des versions ecclésiastiques, tant anciennes que modernes, par lesquelles les psaumes se sont répandus chez toutes les nations et dans toutes les couches de la société, n'ont pas jugé à propos d'en tenir compte, si tant est qu'ils s'en soient aperçus. Il est vrai encore que de nos jours même, où la thèse d'une conformation strophique de la poésie des Hébreux a été chaudement défendue par un grand nombre de savants, on n'est pas arrivé à tomber d'accord sur la manière de rappliquer aux textes ; et nous accorderons volontiers que dans plus d'un cas peut-être la forme adoptée ici n'est pas absolument certaine et pourra être remplacée par une autre. Malgré cela nous croyons pouvoir maintenir notre système, dont l'idée du moins est désormais élevée au-dessus de toute contestation, et dont l'application pratique même est en partie réglée par quelques indices particuliers, dont nous n'avons pas encore parlé.

Nous appellerons d'abord l'attention de nos lecteurs sur un

certain nombre de poëines, dont les éléments (vers ou strophes) se règlent sur le nombre des lettres de l'alphabet (22), en ce que chacun de ces éléments commence par l'une de ces lettres, d'après l'ordre adopté dans les écoles. Nous conviendrons, en passant, qu'une pareille méthode n'accuse pas précisément un degré supérieur d'inspiration poétique et ne nous ramène guère à l'âge d'or de la littérature. Mais pour le moment la question n'est pas là. Le fait n'est mentionné ici que parce que, plus que tout autre, il est de nature à prouver que dans la pensée des auteurs la composition devait se faire d'après le principe en question ; et personne ne prétendra que la forme strophique n'a pu exister qu'à l'aide de ce moyen purement mécanique. Il sera beaucoup plus naturel de supposer que la strophe étant donnée d'ancienne date, comme un gracieux ornement de la poésie, la versification, à une époque de décadence, où généralement l'artifice cherche à masquer l'absence de ressources plus dignes du but et du sujet, aura eu recours à un moyen qui ne se comprend môme que dans un siècle où la grammaire commence à primer la poésie. Comme exemples de morceaux alphabétiques, nous citerons d'un côlé les Psaumes 25, ^M et 145, où la strophe et le distique sout une seule et même chose ; de l'autre, les Psaumes 9 et 37, où la strophe est un quatrain. On verra d'autres formes encore au Livre des Lamentations; puis aux Psaumes 111 et 112 et surtout au Psaume 119, où l'artifice est tout et la poésie nulle.

Une forme plus rare, mais infiniment plus poétique, et qui à elle seule suffirait pour démontrer que la strophe n'est pas l'invention d'une exégèse arbitraire, mais qu'elle a été connue et qu'elle a pu être largement employée par les chantres israélites, c'est celle que nous rencontrons par exemple dans les Psaumes 42 (et 43), 46, 57 et quelquefois ailleurs. Ici les strophes sont très-nettement accusées par l'addition d'un refrain, qui en rehausse l'élégance et ne manque pas de produire son effet sur le sentiment du lecteur.

Nous saisissons cette occasion pour faire remarquer combien la littérature hébraïque, si intéressante à tant d'égards, a été mal comprise et mal traitée par les anciens traducteurs, qui n^ont pas môme pris la peine de tenir compte de ces combinaisons impossibles à méconnaître, et auxquelles les auteurs ont certainement attaché du prix. Autant vaudrait faire imprimer en forme de prose l(\s odes d'Horace ou les sonnets de Pétrarque. Ajoutons en(*ore que la composition strophique favorise beaucoup l'applica-

lion de la musique au texte, ou plutôt que le chant, inséparable de la poésie dans le principe, conduit presque nécessairement à ce genre de parallélisme. Ce que nous savons dès choeurs dans les tragédies grecques et des odes de Pindare, peut servir à confirmer notre remarque.

Jusqu'ici nous n'avons pris le terme de strophes que dans le sens strict, c'est-à-dire pour désigner des combinaisons de yers parfaitement semblables entre elles, quant au nombre des lignes, et sans doute aussi quant à la composition musicale. Çést dans ce sens qu'on prend le mot dans la littérature ancienne, dont nous venons de citer des exemples, et surtout aussi dans ce qui ressemble le plus aux psaumes des Israélites, sstvoir les cantiques en usage dans les églises protestantes. Cependant il y à des savants qiii sont allés plus loin dans Temploi de ce terme, en rappliquant à toutes les portions d'un texte poétique qui pouvaient être di?flîoguées les unes des autres d'après le sens, et sans égard à leur longueur ou à leur forme. Il va sans dire que de pareilles divisions peuvent être très-convenables et naturelles, et que parfois elles servent à faire mieux comprendre le texte. Nous n'avons donc pas hésité à les introduire aussi dans l'arrangement typographique de notre traduction. Mais ce n'est qu'abusivement qu'on peut parler de strophes dans ce cas, car il manque la chose essentielle, le caractère propre du genre, nous voulons dire l'égalîiê ou la régularité parfaite ; et nous estimons qu'on a eu tort de mettre sur le compte des auteurs mêmes, et non sans y voir le résultat de combinaisons très-ingénieuses, ce qui pouvait être obtenu par des coupures pareilles, quelquefois assez arbitraires i

Nous avons bien de la peine à nous persuader que toute poésie bébraïque a été réglée par la loi de la strophe, dans le vrai sen^ de ce mot; et si, dans l'occasion, nous nous servons dé ce terme dans un sens plus large, c'est uniquement pour la commodité du lecteur, qui autrement aurait quelque peine à rapporter nos observations aux textes que nous nous sommes dispensé de dépecer au moyen des chiffres généralement usités.

Nous pouvons d'ailleurs justifier la liberté que nous avons prise à cet égard, par le fait que dans plus d'un cas cette division du texte s'impose d'elle-même et très-impérieusement, malgré l'absence de régularité dans la versification. Qu'on veuille étudier, par exemple» les Psaumes 2, 68, 104, parmi un grand nombre d'autres, et l'on se convaincra que le traducteur aurait voilé la

22 lA POÉSIE HÉBRAÏQUE.

pensée du poëte très-mal à propos, s'il avait voulu écrire le te* sans interniption d'un bout à l'autre. Nous pouvons mèiœdkr un Psaume (107), où la division est autorisa par la ptéseB»^ refrain, sans qu'il soit possible de ramener le reste dateadek runiformité.

Si la poésie hébraïque ne connaît point les ressources deM de la versification employées ailleurs, en revanche elle usetaij^ ment d'un moyen qui ne fait loi dans aucune autre liiténhn< Au lieu de la symétrie de la mesure et de celle de son final on M rime, qui toutes les deux s'adressent à l'oreille, elle s*astreinlàk symétrie du sens qui parle à l'intelUgence, mais qui, trës-pnkt blement, se combinait aussi avec la musique, au moins dmll poésie lyrique. C'est ce qu'on est convenu d'appeler lejMflB^ /Û7/^, lequel consiste dans la juxtaposition de deux ou ploMlk lignes, qui sont entre elles dans un rapport logique des fi* intimes. Le plus souvent ce rapport est celui de la synonyrii c'est-à-dire de la simple reproduction de la même idée en d'aiM termes. Dans ce cas, le distique est ordinairement le proM naturel de la règle ; quelquefois cependant la répétition s*éfaiil trois et même à quatre vers. Ailleurs, mais plus rar^nent, b parallélisme est antithétique, les deux vers exprimant la wlM pensée à deux points de vue opposés ou, si Ton veut, en meHiil en regard d'une affirmation la négation correspondante. Du fdh» on ne rencontre guère de morceaux où le parallélisme synODj» simple soit observé d'un bout à l'autre (Ex. Psaume 114); d'orfr nairo, les allures de la poésie sont plus libres et les comlnnaisotf plus variées. Ainsi on en trouve de quatre vers, dont les (to premiers et les deux derniers sont synonymes et où les qaah forment le sens complet, comme c'est le cas dans le psaume eW tout à l'heure. D'autres fois, par un arrangement moins nwi»' tone, le troisième vers se combinera avec le premier et le ffft trième avec le second (Ex, Psaume 19, seconde moitié). Ou M* s'il y a trois vers qui forment le parallélisme, tantôt ils sont sp^ nymes tous les trois, tantôt l'un des trois, soit le premier, soitk dernier, forme une espèce de complément aux deux autres.!* Psaume 23 olfre des exemples de ces diverses formes. EngénWi l'uniformité est rare, et dans un même morceau les formes !• parallélisme alternent bien plus fréquemment qu'elles ne se SOO" tiennent. On n'a qu'à lire le Psaume premier pour s'en convaiocit Mais nous pensons que nos lecteurs n'auront pas besoin d'indid'

tioQS plus détaillées, pour comprendre ce que nous pourrions appeler le mécanisme de la versification, tel qu*il peut être rendu sensible dans une traduction.

Voilà à peu près ce qu*on peut constater avec certitude, aujourd'hui et dans Tétat actuel des textes, à Tégard des formes de la poésie hébraïque. Cependant il est possible, il est même fort probable qu'il y avait encore quelque chose de plus qui nous éûbappe maintenant, ou du moins que nous ne pouvons plus ramener à des règles nettement tracées. Le parallélisme n'aurait point de grâce, la disposition strophique pas de raison d'être, sans un certain élément musical, inhérent aux paroles mêmes, et à dé£BLUt duquel la poésie lyrique elle-même n'existerait pas. Cet élément, nous l'appelons d'un nom grec le rhythme, c'est-à-dire l'application des lois de la cadence. Les anciens en faisaient un bien plus grand usage que les modernes; pour eux, c'était même la chose essentielle, tandis qu'à notre gré, l'emploi de la rime semble suffire aux exigences de l'oreille, de sorte que hors de là la versification consiste souvent à compter les syllabes sans égard à l'accent tonique. Or, nous entrevoyons que les Israélites aussi ont connu ces lois et en ont tenu compte, dans la mesure de leur connaissance de la musique. Nous en avons une preuve assez palpable dans ces formes grammaticales, auxquelles nous avons déjà fait allusion plus haut, et dont le caractère propre est de déplacer l'accent de certains mots, de manière à produire des cadences plus sonores. Mais en thèse générale il est difficile de dire quelque chose de positif sur celte matière. Le rhythme est, pour ainsi dire, le souffle vital du langage poétique ; il ne peut donc se faire sentir qu'aussi longtemps que la langue est vivante ellemême et que ses poésies sont lues ou récitées par des hommes qui la parlent d'habitude et correctement. On se tromperait fort, si Ton s'imaginait que la prononciation moderne du grec ou du latin (surtout c^lle qui est usitée en France), nous donne une idée vraie de la musique des vers d'Horace ou de Pindare, et pourtant nous avons, pour nous aider à la comprendre, les règles aussi sûres que bien connues de la quantité des syllabes. A plus forte raison nous devons nous garder de vouloir déterminer la nature ou les lois du rhythme dans la poésie hébraïque, dont nous ignorons absoliunent l'ancienne prononciation et dont très-probablement nos organes ne sauraient pas reproduire exactement les sons, lors même que nous pourrions les entendre encore. C'est

que ce rliyihme est dans le rapport le plus intime avec la vocalisation ; et c'est précisément celle-ci que nous ne connaissons flv que sous la forme à laquelle elle s'est trouvée arrêtée à la distam de dix siècles de Tâge d'or de la littérature, de six siècles n moins de Tépoque des dernières productions poétiques écrites dn la langue classique des prophètes. Pour se faire une idée dtf pertes, en fait de voyelles, que la langue peut avoir faites dansk trajet, on n'a qu'à compter les e muets de l'orthographe fraoçuK, ou dans n'importe quel idiome du nord, allemand, angliiSi polonais, les mots réduits à un assemblage de consonnes, àpeJM animées par la présence d'une seule voyelle. Partout Thislfli» des langues constate un pareil appauvrissement progressa L'hébreu n'en aura pas été exempt.

OU

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