‹ La Bible française au moyen ageChapitre 15 sur 137 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Les manuscrits anciens qui contiennent le Psautier sous la forme gallicane se groupent autour du Psautier de Montebourg. Ce célèbre texte, qui a été publié en 18G0 par M. F. Michel, doit être examiné en premier lieu.

Le Psautier de Montebourg est conservé à Oxford, dans la bibliothèque Bodléienne. Il fait partie du fonds Douce et y porte le numéro 820. Le volume est d'un format moyen et sans grande apparence. Il comprend deux manuscrits distincts : le premier, qui contient la règle de saint Benoît, est sensiblement plus récent que le Psautier ; celui-ci est écrit d'une encre pale et d'une écriture qui date au plus tard des environs de l'an 1 2 00 ; il est orné de grandes et de petites initiales, alternativement vertes et rouges. Le monastère de Montebourg , dont le volume porte la marque, est une abbaye normande des environs de Valognes , qui était soumise à la règle de saint Benoît et qui fut fondée en 1080 par le Conquérant.

Le texte du Psautier est suffisamment connu par l'édition de 1860. Mais ce que ne dit pas le texte imprimé , c'est qu'on remarque, sur une grande partie des mots, des accents semblables au trait ordinairement marqué sur 1'*. Ces signes, qui sont toujours placés, sauf exception ou erreur, sur la syllabe accentuée du mot principal , sont évidemment destinés , comme ceux du célèbre manuscrit de Y Imitation, a la lecture publique à haute voix. Ils sont marqués fort exactement et se distinguent absolument de ceux que nous avons vus sur les c dans le Psautier d'Eadwin. Si ces accents étaient notés dans une édition, ils

fourniraient une contribution intéressante à l'étude de la lecture à haute voix telle qu'elle était pratiquée, peut-être aux repas, dans les monastères normands. Je n'ajoute pas que l'étude de la phonétique et de la grammaire en tirerait de précieux services, car cette matière a été savamment traitée par deux fois ^^\ La ponctuation est également marquée dans le manuscrit avec beaucoup d'exactitude ; elle devait évidemment être observée avec soin dans la lecture à haute voix. La lecture faite ainsi était véritablement rythmique et presque liturgique. Cette application de l'accent et de la ponctuation à la prononciation publique et à haute voix, ainsi révélée par un des plus anciens documents de notre langue , concorde admirablement avec les règles du génie hébreu, créateur du Psautier.

J'essaverai de donner ci-dessous le texte de quelques psaumes, telquejel'ai collationné, plus rapidement que je n'aurais voulu, sur le manuscrit original. J'ai le devoir de déclarer que, dans ces ciilq psaumes, j'ai relevé, dans le texte imprimé, plusieurs fautes de lecture ''^^ Les abréviations, qui sont très rares, sont marquées en italique; mais ce n'est que fort insuffisamment que la typographie peut reproduire un système aussi compliqué de ponctuation et d'accents.

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