IV PRÉFACE
velle, et, jusqu'en l'an 1690, les Bibles de Louvain n'ont pas imprimé un autre texte que celui de l'ancien Psautier, revisé par le pieux Le Fèvre d'Etaples.
Cinquante ans après le Psautier, l'Apocalypse était traduite à son tour dans les Etats normands, et cette traduction, dont le seul mérite est d'avoir servi de prétexte à des illustrations magnifiques, s'est perpétuée à travers tout le moyen âge sous le couvert de la Bible du \nf siècle, dans laquelle elle avait trouvé place. En même temps, dans l'Ile-de-France ou en Normandie, un homme de goût composait cette poétique traduction des quatre livres des Rois qui est un des plus beaux monuments de notre ancienne langue.
Un peu plus tard, vers l'an 1170, le chef des cr pauvres de Lyomi, Pierre Valdus, entreprit de faire traduire des extraits de la Bible pour les gens simples et ignorants. Il n'était pas le seul. Des bords du Rhône aux bouches de la Meuse, on s'occupait de toutes parts de la traduction de la Bible. Les persécutions ordonnées par Innocent III mirent fin à ce mouvement, dont quelques fragments de traduction, échappés aux inquisiteurs de Metz ou de Liège, nous ont seuls conservé le précieux souvenir.
Il appartenait au règne de saint Louis de donner à notre pays une Bible française complète. C'est dans l'Université de Paris que fut écrite, peu avant l'an 1260, la version française par excellence des Livres saints. Nous ne voulons pas dire que l'Université ait pris une part olficielle quelconque à cette œuvre de traduction; mais c'est dans les ateliers des libraires qui en étaient citoyens, sur un texte latin corrigé dans son sein, que la Bible a été, pour la