BIBLE ABRÉGÉE
sei mené un huef et un ahne, et lor ot fait une crèche, la ou Sainte Marie mist son fiz que ele ot eu a un dimenche ajornant '^\ Lors aparut li angeles as pastors, liquel laissèrent ior Lestes, et vindrent veir l'enfant qui esteit mis en la crèche. Treis reis avoit lors en orient, qui savoient de l'art c'om apelt astronomie, ce est a dire le cors des esteilles et dou soleil et de la lune, v Les quatre chapitres suivants traitent brièvement des origines de l'histoire évangélique, le chapitre lxiii montre comment came esteile aparut a treis reis 55, le chapitre lxiv raconte la fuite en Egypte, le lxv la mort d'Hérode, ca^oignos et vermenos??, et le Lxvi revient à Nabuchodonosor. Enfin les derniers feuillets de la Bible (fol. 365-368 v°) sont occupés par la traduction du livre de Ruth, divisé, comme dans la Bible d'Alcuin, en dix chapitres. Ce livre commence ainsi: rcEs jors d'un juge, quant les juges estoient seignors, fu une femine en la terre d'Israël. . . v et finit par les mots : c^Ysai engendra David le roi. Ici fenic le livre de Ruth la Moabitiene. v
Ces derniers mots, par lesquels se termine la Bible imparfaite, mais bien intéressante, que nous venons d'étudier, donnent l'explication de la place que le livre de Ruth occupe à la fin de l'Ancien Testament. Ce livre est l'histoire des ancêtres de Jésus-Christ.
Rien ne nous autorise à faire remonter cette traduction incomplète plus haut que le commencement du xiii^ siècle. Nous y avons vu citer, non seulementY Histoire scolastique de Pierre le Mangeur, qui mourut en 1179, mais encore la glose dont ce livre est accompagné, et qui est sans doute quelque peu postérieure. Tel que nous l'avons entre les mains, notre livre n'est qu'un essai de traduction abrégée de la Bible. Il n'a eu aucun succès, car on n'en connaît pas d'autre copie, et il est resté inconnu du traducteur du xiif siècle, qui n'aurait pas manqué, s'il l'avait eu entre les mains, de lui emprunter au moins la traduction du livre de Job. Mais nous n'avons ici qu'une œuvre individuelle.
^'' Toutes ces légendes sont empruntées à VHisloire scolastique, cliapilrc v.
Il n'était pas possible de suffire à la grande œuvre de traduire la Bible en entier, sans avoir entre les mains de puissantes ressources. Ces instruments de travail et ces moyens de publicité, seule peut-être, au milieu du xiii^ siècle, l'Université de Paris les possédait.