‹ La Bible française au moyen ageChapitre 41 sur 137 · QUESTIONS DK TEMPS ET DE LIEU. \M · texte numérisé non relu

QUESTIONS DK TEMPS ET DE LIEU. \M

diocre, fussent du même nklacteur que les beaux passages que nous avons extraits des Prophètes, des Evangiles et des Epîtres de saint Paul. Quant à l'Apocalypse, elle a été prise de toutes pièces, sauf la glose qui en a été retranchée, dans l'ancienne traduction normande, et le Psautier a été assez lourdement retravaillé, sur la base du texte reçu, c'est-à-dire du Psautier normand, par une main assez maladroite, qui y a ajouté une glose fort médiocre, qui n'est du reste pas, comme nous l'avons vu, sans ressembler au commentaire des Evangiles. Toutes ces remarques nous éloignent beaucoup de la pensée d'un seul traducteur. Voici encore une autre observation qui nous mène à la même conclusion. i\l. Reuss a remarqué que bien souvent le traducteur du Pentateuque hésite, par pudeur, à traduire son texte : «Je n'ose dire autrement» (Lévitique, xv. 19); ç^ ci a bien xii ligniées qui ne font pas a dire» (^ibidem, v. 9 5 à 3o; comparez Lévitique, XX, i5 et 1 (3 , et Genèse, 11, 9 5; xxxviii. (j). Il est vrai que dans ces livres mêmes on rencontre souvent des mots assez grossiers, mais ils étaient alors dans la langue. Ce que le traducteur du Lévitique n'aurait jamais fait, c'est d'ajouter tout exprès, comme on voit dans saint Matthieu (ch. ix, v. 20) et dans saint Marc (ch. v, v. 9 5) une glose pour indiquer le nom de la maladie que le premier traducteur n'osait nommer. Parmi toutes les citations de l'Ancien Testament qui sont dans le Nouveau , nous n'avons rencontré qu'un seul emprunt textuel fait à la version nouvelle. Dans les Actes (ch. 11, v. Sa et 35), le psaume cix, v. 1, est cité textuellement, d'après la version du xiif siècle elle-même , avec la glose : « Dex li Pères dist a Deu le fdl." Mais, quoi qu'il en soit, nous en avons assez vu pour qu'il nous soit difficile de douter de la pluralité des traducteurs.

Un fait bien curieux, dont la découverte est due à M. Ouverleaux, conservateur adjoint de la Bibliothèque royale de Bruxelles, vient confirmer cette conclusion ; plusieurs manuscrits, en particulier les numéros io5i6 et qGS^ de la Bibliothèque de Bourgogue. les manuscrits fr. 3()8 et 69 58. et probable-

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