Il suit de là , que les auteurs de ces trois
Conséquences f
lontradictoires confessions rendent un authentique témoiconftsions §na§e a la rè§le catholique pour le discernede foi . ment des saintes Écritures. Admettre , en effet, la eanonicité d'un livre sur la foi des anciens Pères , et parce que l'Église n'en a jamais doutée c'est s'appuyer, dans cette question fondamentale, du sentiment et de la pratique de l'Eglise, et par conséquent avouer l'autorité de sa Tradition, du moins dans les temps antérieurs *. Remarquez en outre qu'à s'en tenir au principe consacré dans ces confessions, on aurait dû écarter du canon. non-seulement tous les livres que Luther et Calvin s'étaient accordés à rejeter comme apocryphes, mais encore tous ceux dont on avait douté dans l'Église même des premiers siècles , tels que la IIe Épître de saint Pierre, la IIe et la IIIe de saint Jean, l'Apocalypse, etc. 2, les-
1 La confession anglicane reconnaît même formellement « l'Église pour témoin et conservatrice des livres divins :■» Divinorum librorum cusios et conservatrix. (Conf. Angl., art. 20; Syntagm. part, i, pag. 103.) C'est donc elle qu'il faut consulter dans les difficultés qui s'élèvent sur l'inspiration des Écritures : son témoignage , une fois connu , nous dispense de tout autre examen.
2 C'est ce qu'on verra ci-après, part, m, chap. 1.
quels néanmoins sont nommément comptés dans les confessions de la Réforme , au nombre des livres canoniques '.
Les Calvinistes de France établirent sur des ' *6' .
Coniession
bases plus larges la confession de foi arrêtée de France. sous François II en 1559 , et présentée a Charles IX en 1561. Elle n'est, quant au point que nous traitons , que le précis de la doctrine de Calvin. Nous connaissons > disent-ils, ces livres ( dont on avait dressé le catalogue dans l'article précédent) estre canoniques, et reigle très certaine de nostre foy , non tant par le commun accord et consentement de l'Eglise , que par le, tesmoignage et intérieure persuasion du Sainct-Esprit qui les nous fait discerner d'avec les autres livres ecclésiastiques 2 (c'est-à-dire, d'avec les apocryphes, dans le langage de nos Réformés). Ils ajoutent que toute ceste Escriture saincte est comprinze ez livres canoniques du vieil et nouveau Testament 3; qu'elle est la reigle de toute vérité,
1 Voyez Confess. Gallic. , Anglican. , et Belgic. , approb'. in Synod. Dordrecht. Synlagm. pag. 77, 100 et 130.
2 Confess. fui. Gall., art. 4. Collect. Confess. lom. i, pag. 314, edit. Leips. 1840.
3 Ibid, art. 3.
Confession
belge :
ses vices.
Confession
mensongère
de
Cyrille Lucar.
et que toutes choses doijvent estre examinées , reiglées et réformées -selon iceïïe ».
La confession belge renferme une règle de discernement qui lui est particulière. On y déclare qu'on reçoit les livres canoniques, « surtout parce qu'ils prouvent assez par eux- » mêmes leur autorité divine , les aveugles » même pouvant voir clairement l'accomplis- » sèment des prophéties qu'ils contiennent 2. » Règle évidemment excessive , et tout à la fois insuffisante; car il est notoire que plusieurs livres dont la Réforme reconnaît la canonicité, ne contiennent pas de prophéties ; et qu'au contraire plusieurs autres qui en renferment de très-manifestes 3 , sont mis par la Réforme au rang des apocryphes.
Mais le vice dominant, si justement reproché à ces confessions , était leur contradiction flagrante avec la croyance de tout l'univers chrétien. Pour se justifier de cette imputation , marque évidente de leur séparation de l'Église antique, les Protestants conçurent l'étrange dessein de reculer l'origine de leur Société
1 Confess. fid. Gall., art. S.
2 Syntagm* 1612.Vid. Co7if.Belg.,art.$,m Collecl. Confess. , tom. i , pag. 362.
3 Voyez ci-après, part, h , chap. 2 , art. 1 , 2 et 4.
jusqu'au berceau du Christianisme, en montrant l'identité des doctrines qu'ils professaient avec celles des vieilles Églises de l'Orient. L'entreprise était difficile; mais Cyrille Lucar se présentait fort à propos pour l'exécuter. C'était un homme sans convictions religieuses, fourbe à l'excès, hypocrite déhonté, capable de tout oser pour assouvir son ambition et son avarice , qui , à force d'intrigues, s'était poussé jusque sur le siège de Constantinople. Gagné depuis quelques années par les Protestants, il ne cessa point de professer publiquement les dogmes et de vivre dans la communion de son Église , tandis qu'il entretenait des liaisons secrètes avec les Calvinistes, dont il avait embrassé les erreurs. A leur instigation, il rédigea une Confession de foi i de l Église Orientale 2 , entièrement conforme aux nou-
1. Syntagm. Confess. Supplem., pag. 56,annex. edit. Genev. , 1654.
2 Indépendamment des autorités que nous citerons tout à l'heure, un seul fait, alors assez récent, porte jusqu'à l'évidence la fausseté du titre et du contenu de celte confession : c'est YEocposition de la croyance des Grecs , adressée par Jérémie . patriarche de Constantinople, aux théologiens de Wurtemberg. {Acla et scripta theoïog. Wirlemberg. et Palriarch. Constant. Jerem. Witleb. 1584. ) Elle est d'autant plus exacte que
veautés de la secte, où il rejette en particulier comme apocryphes 1 les livres qui ne sont pas
le prélat schisraatique l'oppose à la confession d'Augsbourg, et qu'elle a été publiée par les soins de ces théologiens , trente-sept ans seulement avant le patriarcat de Cyrille. Or, cette exposition de la croyance des Orientaux est entièrement conforme à celle qu'ils professaient sous Cyrille , comme il est aisé de le voir , en conférant les Conciles tenus contre ce patriarche , et les réponses de Jérémie. Que penser après cela de ceux qui, après avoir sollicité une confession de foi qu'ils savaient n'être que l'œuvre de l'hypocrisie et de l'imposture , l'ont placée avec honneur parmi les actes les plus sacrés et les plus solennels de leur religion? Comment ne pas prévoir que cette intrigue sacrilège ne pouvait larder à être dévoilée, à la confusion de la Réforme? Mais l'esprit de secte ne fut jamais qu'un esprit d'aveuglement, de séduction et de mensonge.
1 «Hune verô Canonicorum librorum numerum » esse credimus , quem Laodicensis Synodus pronun- » tiavit, et quem Catholica et Orthodoxa Ecclesia à » Spiritu Sancto illuminata in hune usque diem confi- » telur. At ii , quos Apocryphos appellamus , hoc prop- » tereà cognomine insigniuntur , quôd eamdem à Spiritu » Sancto authoritatem et approbationemnonacceperint, » quam qui propriè et citrà controversiam pro Cano- » nicis habentur, quorum ex numéro sunt, Pentateu- » chus, Hagiographa ac Prophetœ, quos Laodicensis » Synodus legendos esse statu it : Veteris nempe Tes- » tamenti libros viginti duos. Ex novo verô inler opes » noslras recensemus quatuor Evangelislas , Acta Apos-
PAR LES PROTESTAMS. 29
compris dans le canon du Concile de Laoclicêe '. Cette pièce furtive ne tarda pas à être publiée. A peine parvenue à Genève , où elle était adressée, elle y fut imprimée en latin, sous la date de 1629 2, et en grec quelques années après. On se hâta de la répandre de toute part , et on ne rougit pas de la montrer comme le trophée d'une victoire éclatante remportée sur les Catholiques.
Ce n'était 1k qu'untriomphe éphémère. Aus- 19.
sitôt que les Grecs en furent instruits , juste- ,mie ,
1 ° est désavouée
et condamnée
» tolorum, Epislolas Sancti Pauli, et Catholicas, qui- par l'Église » bus cfiam addimus Apocalypse dilecli à Domino, Orientale. » et hos quidem Canonicos esse libros asserimus , et » ha?c sacram appellariSmpfwram confitemur.» Confess. Cyrill. Respons. ad Interrog. 33m. Synlagm. Confess. Sapplem., pag.61, annex. edit. Genev. 1654.
1 L'iniquité se dément visiblement elle-même dans cette confession. Le Patriarche imposteur ajoute Y Apocalypse au catalogue de Laodicée, où elle ne se trouve pas ; et il approuve par son silence l'inspiration de Baruch, qu'on lit dans ce canon, et que les Protestants comptent parmi les apocryphes.
2 C'est la date précise de celte Confession latine. Il est assez surprenant que, dans le recueil des confessions de la Réforme , elle soit datée de 1631 , encore qu'elle ait été remise, dès 1630, par le patriarche Cyrille , à l'Ambassadeur Hollandais près la Porte ottomane, comme on l'affirme expressément dans la Préface. Synlagm., ubisuprà, pag. 56.
ment indignés de la prévarication de leur Patriarche et de l'odieuse connivence des sectaires , qui osaient leur attribuer des opinions hérétiques , ils réclamèrent hautement contre une si noire calomnie. La confession de Lucar, réfutée par leurs plus célèbres théologiens , désavouée par les Synodes d'Yassi et de Constantinople , contredite par une Confession orthodoxe de l'Eglise grecque, fut condamnée dans le Concile de Jérusalem , qui confirma les Synodes précédents et les inséra dans ses décrets '. On y montre que cet écrit n'est qu'une perfidie insigne ; qu'étant dépourvu de toutes les formes de droit , et souscrit par le Patriarche seul, il ne pouvait être qu'une déclaration privée de ses opinions. Le prélat schismatique
1 Quelques auteurs Calvinistes, entre autres le ministre Claude, se sont inscrits en faux contre ces Actes publics de l'Église Orientale. Mais , outre que ces auteurs ont été réfutés par de savants Luthériens, les décrets des Conciles que nous rapporterons dans la suite , appuyés des déclarations authentiques de presque toutes les Églises d'Orient , ne laissent plus de ressource à la mauvaise foi et à l'imposture.Voyez Collect. Concil. Harduin., lom. xi, col. 171 et seq. ; Renaudot , Perpétuité de la foi calhol., liv. vin et ix, lom. îv , pag, 524 et suiv. , édit. de Paris , 1782 ; Allatius, De Ecoles. Occident, et Orient, consensu, lib. m , cap. 2, pag. 106, edit. Colon. 1648.
y est convaincu d'avoir calomnié sa nation, et substitué les nouveautés de Calvin à la croyance de l'Orient et aux traditions de ses pères.
La Réforme ne s'en tint pas à des confessions ,20. de foi , pour défendre son sentiment sur les apo- poién"'sues cryphes. Espérant un meilleur succès de la voie des
J l L y Protestants.
de discussion , les doctes du parti publièrent Ils sont réfutés une foule d'écrits , où ils ne manquèrent pas de rar les
v 1 t ■ • , Catholiques.
mêler a une érudition captieuse et aux sophismes les plus séduisants, de fréquentes invectives contre les Pères de Trente. Calvin et Mestrezat en Suisse, Whitaker et Raynold en Angleterre , Chemniz , Gérard et Frick en Allemagne, parurent à la tête des écrivains des deux communions. Les Luthériens les plus modérés, assez favorables a la Tradition, prétendirent prouver que , en repoussant les apocryphes, ils n'avaient fait que suivre l'exemple de l'Église primitive. De leur côté , les plus habiles docteurs catholiques entrèrent dans la lice : Bellarmin * et Stapleton 2 , Huet 3 et le
1 Bellakmint, De Verb. Dei , lib. 1, cap. 7, usq. ad 16, tom. 1, controvers. pag. 12, edit. Prag. 1721.
2 Stapleton , Princip. fiel. Demonslr. conlrov. v , lib. îx, cap. 5 et seq., pag. 335 et seq., edit. Paris. 1681.
3 Huet, Demonslr. Evang. Propos, iv, pag. 168, 170, 198, 201, 21S, 255, edit. Paris. 1679.
P. Alexandre i , Gotti 2 et le P. Barre3, y occupèrent les premiers rangs ; et nous verrons bientôt Bossuet , ce terrible adversaire de la Réforme , aux prises avec les Ministres les plus distingués de cette époque mémorable. Mais reprenons la suite des faits , sur lesquels nous avons anticipé pour présenter , sans interruption et dans un même tableau, les auteurs qui se signalèrent dans cette controverse.
On se souvient qu'aux termes de la confession des Calvinistes de France , c'est pour eux un article de foi , que tout bon Réformé , savant ou ignorant , discerne avec certitude les Écritures divines par le témoignage et la persuasion intérieure du Saint-Esprit. Voilà le vrai critérium dont le Protestant se sert, ou du moins prétend se servir , pour distinguer les livres divins des livres humains et apocryphes.
1 P. Alexandre, Hist.eccl.vet. Testa»?., Dissert, x, în v aMat. , art. 12; Dissert, xi; in vi eet. , Diss. i, art. 2, prop. 4; et Diss. vu, art. 4,5, 6 et S, edit. Paris. 1714.
2 Gotti , Vcrit. relig. Christ., tract, iv, cap. 5,6, 7 ; cap. 10 , § 8 et seqq. ; cap. 12 , § 4 et 5 , et cap. 22 , lom. i, edit. Venet. 1750.
3 P. Barre, Vindic. lib. Deulero-canonic. vet. Tesiam., Paris. 1730.
11 ne fat pas difficile aux Catholiques de 21.
montrer ce qu'une telle doctrine renfermait de abrégée " faux , et même de contradictoire aux principes d,8 cetle
réfutation.
fondamentaux de la secte. Ils soutinrent d'abord que les Réformés , surtout les simples et les ignorants , ne pouvaient sincèrement et de bonne foi reconnaître la divinité des livres dont leur confession renfermait le catalogue , et que les moyens qu'elle indiquait, c'est-à-dire, ce témoignage j cette persuasion intérieure , n'étaient qu'une chimère et un mensonge dont on amusait les peuples.
En effet , disaient-ils , pour qu'il fût possible , par ce moyen , de connaître avec certitude les livres de l'Écriture , il faudrait avoir lu tous ces livres , ou les avoir entendu lire, et avoir bien compris le sens de tous les passages. Or, ajoutaient-ils, n'est-il pas notoire que les simples d'entre les Réformés , les enfants , les artisans, les gens grossiers et sans lettres, sont incapables de remplir toutes ces conditions ? Ils ne peuvent donc pas se rendre le témoignage qu'ils ont discerné les livres véritablement inspirés , des écrits apocryphes.
Les docteurs catholiques tiraient de là deux conséquences aussi évidentes que leur principe : la première , que la société des préten-
dus Réformés ne pouvait , dans son système , avoir un catalogue commun des saintes Écritures ; car si la divinité des livres dépend de l'intelligence de ceux qui les lisent , il y aura autant de catalogues ou canons , qu'il y aura de degrés d'intelligence dans chacun des membres de cette société : la seconde , que la Réforme n'avait pu, sans la plus grande témérité, écarter du canon de l'Église Romaine plusieurs livres entiers et des parties considérables de quelques autres , puisque , pour les juger apocryphes et non canoniques , il faudrait aussi les avoir lus ou entendu lire et en avoir bien compris le sens , ce que les simples et les ignorants n'ont point fait et ne feront jamais. Et comme les Réformés déclarent , dans leur confession de foi , que toute l'Écriture sainte est comprise dans leur canon 3 d'où sont exclus les prétendus apocryphes , cette confession de foi est donc encore une illusion et le comble de la témérité '. Les faits parlaient ici plus haut que les raisonnements : témoin la division qui avait éclaté, dès les commencements de la Réforme , entre ses deux chefs , sur l'inspiration
1 Voyez Nicole, Les Prétendus Réformés convaincus de schisme, chap. 5 et suiv. Œuvres de Controv., tom. m, pag. 55 et suiv., édit. de Paris. 1755.
Subterfuges
de certains livres de l'Écriture , division qui durait encore parmi les docteurs les plus renommés des deux communions.
Afin d'échapper a des arguments si pressants , les Ministres Claude et Jurieu , les co- des Ministres, ryphées du Calvinisme , s'avisèrent de dire que le simple fidèle pouvait former sa foi , indépendamment de l'Écriture, et sans savoir même quels sont les livres inspirés de Dieu ; qu'ainsi l'examen de la question des livres apocryphes n'était pas nécessaire pour le peuple , mais seulement utile pour les savants et les Théologiens.
Alors Bossuet se leva , et fit entendre cette 23voix puissante qui terrassait tous ses adversaires. Armé de sa dialectique invincible, il força ces deux Ministres de désavouer, avec leur confession de foi , les maximes les plus fondamentales de la Réforme , et les poussa si vivement , qu'il ne leur laissa d'autre refuge que le système extravagant des Quakers ou Trembleurs. Écoutons ce grand homme.
« Que le Ministre ( Jurieu ) biaise tant qu'il » lui plaira , et qu'il tâche de dissimuler son » aveu , en disant qu'il n'est pas de nécessité » absolue aux simples d'étudier la question des » livres canoniques : ou cette question est in-
s empare
de cette
controverse.
Les Ministres
contraints d'abandonner
la nécessité de l'Ecriture,
pour former la foi des Chrétiens.
» différente , et les fidèles formeront leur foi » sans connaître quels sont les livres divins ; » ou s'il leur est nécessaire de le savoir , et s qu'ils ne le sachent pas , il faudra bien ou » qu'ils Fétudient ou qu'ils s'en fient à leurs » docteurs et à l'autorité de l'Église; ou que, » comme des fanatiques , ils attendent que » sans étude et sans aucun soin, Dieu leur » révèle par lui-même les livres divins. Quoi » qu'il en soit , et de quelque côté qu'il se » tourne , au fond il est constant qu'il accorde » ce que M. Claude avait aussi accordé , qu'il » n'est pas besoin qu'un homme étudie la ques- » tion des livres apocryphes et canoniques ; » et il avoue lui-même en termes formels que » la question des livres apocryphes et canoy> niques fait partie de cette science qu'on » appelle Théologie; mais qii elle ne fait point » partie de l'objet de la foi i. Quoi donc ? il » n'appartient point a la foi , si l'Apocalypse , » si FÉpître aux Hébreux , si d'autres livres » sont divins ou non ? On peut errer sur ce » point sans blesser la foi ? Que deviendra » donc la doctrine , que l'Église Romaine est d Babylone 2 , doctrine si importante qu'elle
1 Syst., liv. m, chap. 2 , pag. 4SI , 483.
2 Jurv Préf. de l'Accompl. des Proph.Lell. 11, etc.
» est a présent le principal fondement de la ~» séparation , et un article sans lequel on ne » peut être chrétien ? Que deviendra cet arti- » cle , selon la Réforme , et quel fondement » aura-t-il , si l'on peut révoquer en doute la » divinité de l'Apocalypse? D'ailleurs, s'il est » permis une fois aux simples de croire , par » exemple , sur la foi de saint Innocent et du » Concile de Carthage , pour ne point parler » ici des autres auteurs , que les livres des » Machabées sont divins ; il faudra donc passer » nécessairement et le sacrifice pour les morts, » et la rémission des péchés après cette vie , » comme choses révélées de Dieu K Je crois » alors que la question des livres canoniques » ou apocryphes deviendra appartenante à la » foi , autant pour les simples que~ pour les » doctes Protestants ; autrement ce qu'on leur » donne pour assuré par la foi ne le sera plus. » Que dira ici la Réforme , si vivement pressée » par les propres réponses de ses Ministres ? » Avouez que la confusion se met parmi vous » d'une manière terrible , et , comme disait le » Psalmiste, que l'iniquité se dément trop visi- » blement elle-même 2.
1 II. Mach. xn, 43 et seq.
2 Ps. xxvi, 12.
Raisons inévitables
qui ;s ont pousses
doctri si contra
maximes.