‹ La Bible, mutilée par les protestantsChapitre 32 sur 84 · AVEC LA VÉNÉRATION DUE A L AUTORITÉ DI · texte numérisé non relu

AVEC LA VÉNÉRATION DUE A L AUTORITÉ DI

» vine. » 11 ajoute que « ce livre doit être » préféré à tous les Docteurs particuliers , » parce que les Docteurs particuliers les plus » excellents et les plus proches du temps des » Apôtres , l'ont mis eux-mêmes au-dessus » d'eux, et que, en le produisant comme té- » moin, ils ont cru ne rien alléguer de moins » qu'un témoignage divin. » Il termine en disant, que « ce même livre de la Sagesse, qui » depuis un si grand nombre d'années, a mé- » rite d'être lu dans les Églises de Jésus-Christ, » ne doit rien perdre de son autorité, parce » qu'il contredit les Semi-pélagiens '. »

1 «Non debuit repudiari sententia lïbri Sapientiœ , •» qui meruit in Ecclesia Christi de gradu Lectorum » làmlonga annosilalerecilari, el ab omnibus chris- » liants, ab Episcopis usquè ad exlremos laicos , » fidèles , pœnilenles , catechumenos , cum venera-

» tione divine auctobitatis audiri Sedquisen-

» tenliis tractatorum inslrui volant , oportet ut istura

a cette contre vers

Il est donc constant que la Sagesse était 26.

j; i 15171 t v 7- • Témoignages

regardée dans 1 Eglise comme un livre divin, d°s

depuis une antiquité qui remonte jusqu'aux ss. Docteurs ,

antérieurement

temps les plus voisins des Apôtres. Et quand saint Augustin ne le dirait pas, la vérité de ce fait est attestée par la Tradition des saints Pères, ses prédécesseurs ou ses contemporains.

Saint Cyprien, au livre ne des Témoignages *, voulant prouver, par les Écritures , que Jésus-Christ est le Juste que les Juifs devaient livrer à la mort, rapporte presque en entier ce passage de la Sagesse : « Dressons des » pièges au Juste, parce qu'il nous est incom- » mode, et qu'il est contraire à nos œuvres; » parce qu'il nous reproche les transgressions

» librum Sapientiae... omnibus Iractatoribus antepo- » nant; quoniam sibi eurn anteposuerunt eliam tem- » poribus proximi Âpostolorum egregii traclatores , » qui eum leslem adhibentes , nihil se adhibere msi » divinum testimomum credidep.unt... Nec ideo liber » Sapientiae , qui lantâ numerositate annorum legi » meruit in Ecclesia Christi .... pati débet injuriant) , » quoniam resistit eis (Semi-pelagianis). » S. Augustin, de Prœdeslin. Sanct. , cap. 14, n. 27, 28, 29, tom. x , col. 808 et 809.

1 S, Cvpuian. Teslimon. adversùs Judœos , lib. n, cap. 14, pag. 290, edit. Baluz.

» de la loi, et qu'il nous déshonore en divul- » guant nos fautes. Il se vante d'avoir la science » de Dieu, et il se nomme le Fils de Dieu. » Il s'est fait le détracteur même de nos pend sées; sa vue seule nous est insupportable, » car sa vie est différente de celle des autres , j> et ses voies ne sont pas les nôtres. Il nous » regarde comme des gens adonnés a la baga- » telle ; il s'abstient de nos voies comme d'une » souillure; il appelle heureuse la fin des » justes, et il se glorifie d'avoir Dieu four •d père. Voyons donc si ces paroles sont véri- » tables; éprouvons ce qui lui arrivera, et » nous saurons quelle sera sa fin. Car s'il est » vraiment le Fils de Dieu, Dieu prendra sa » défense et le délivrera des mains de ses enned mis. Interrogeons-le par l'outrage et par le » supplice, afin de connaître sa douceur et » d'éprouver sa patience. Condamnons-le à la •» mort la plus infâme, puisque, ainsi qu'il le » dit, Dieu le regardera favorablement. Ils ont i> pensé ainsi, et ils ont erré; et leur malice i> les a aveuglés ; et ils n'ont pas compris le s> mystère de Dieu '. »

Avant saint Gyprien, saint Hippolyte, mar-

1 Sagesse, n , 12-22.

tyr, ce grand Évoque, que ïhépdoret met au nombre des brillantes lumières qui éclairent l'Eglise, avait déjà opposé ait x Juifs cette prophétie. 11 remarque « qu'elle regarde évidem- » ment les meurtriers du Christ , l'auteur. » même de la vie, et que Jésus est ce Juste , » appelé par le Prophète le Fils de Dieu ; nul » juste, nul prophète ne s'étant jamais donné » ce nom incomparable '. »

Lactance, dans ses divines Institutions, se propose de montrer la passion du Fils de Dieu, prédite par les Prophètes. Il allègue, à cet effet, ce même passage, et nous apprend que « les Juifs déicides lisaient cet oracle » divin; que leurs enfants le gardaient entre

1 « Producam in médium etiam Propheliam Salo- » monis de Chrislo , quœ apertè et perspicuè quae ad » Judœos spectant edisserit,... et id quod ausi sunt in » Chrislum principium vit» ; ail enim Prophela ;... » Circumveniamus Juslum, quoniam inutilis est no- » bis, etc. Posteà dicit : Gravis est nobis etiam ad » videndum, etc. Et rursùs audi , Juda?e, nemo ex » Justis vel Prophetis vocavit senLiuniDEi. Ait igitur » Salomon, in personâ Judseorum , de hoc Juste-, qui » est Christus : Faclus est nobis in (raduclionem cogi- » lalionum, noslrarum ; glorialur patrem se habere « deum , » etc. S. Hippolyt. Demonslralio adversùs Judœos , vol. n , pag. 4 et S , edit. Fabric. , Hamburs;. 1716.

» leurs mains j et prononçaient } en te lisant , » leur condamnation '. » Nous le trouvons cité comme extrait des saintes Lettres, ou d'un Prophète , par Clément d'Alexandrie 2, par Origène 3, et par saint Augustin, surtout dans ses traités contre Fauste 4, et de la Cité de

1 «DeJesu Clirisli passione quôdfuerit prœdicta... » (Juclsei) immemores... prophelarum , coïerunt ad- » versus eum :... quod Prophetae mullo anlè descrip- » serant. Naro et David, in principio Psalmorum,... » et Salomon , in libro Sapienliœ , his verbis usus » est : Circumveniamus Juslum , quoniam insuavis » est nobis, etc.. Nonne ita descripsit nefarium illud » consilium initum conlra Deum, ut plané inlerfuisse » videatur?... Nihil nos affingimus , nihil addimus. » Habebanl hœc qui fecerunt : legebant in quos hœc » dicta sunt. Sed et nunc ha?redes nominis ac sceleris » illorum ha?c et habent, et damnalionem suam Pro- » phetarum voce pracdictam quotidianis lectionibus » personant. » Lactaint. Divin. Institut. , lib. rv , cap. 16, tom. i, pag. 315-16, edit. Lenglet-Dufr.

2 Clément. Alexand. SlromaL, lib. v, cap. 14, pag. 713-14, edit. Oxon. 1715.

3 Origen. Hom. 6 in Exod., n. 1 , tom. n, pag. 147.

4 «Illa verba in libro Sapienliœ de illis prœdicta » cognoscimus : Morte lurpissimâ condemnemus eum ; » eril enimrcspcclus in scrmonibus illius , etc.. Quod » eliam de islis (Manichcieis) verissimèdici polest, qui... » adhuc dicunt Scripluris Mis Chrislum non esse pro- » phelatum. » S. Algust. contra Fauslum, lib. xn , cap. 44, tom. vnij col. 249.

Dieu K 11 répète ici ce qu'il avait dit ailleurs de l'antiquité du livre de la Sagesse, et il ajoute que « c'est dans ce livre que la passion » du Christ est prédite très-clairement 3 » puisqu'il y est fait mention de ces impies qui » disent : Dressons des pièges au Juste , etc. »

Ce n'est là que la moindre partie des térnoi- 27.

gnages de l'antiquité. Consultons encore nos Confirmation

~ ~ 1 delà cuvimlc

saints Docteurs , et nous verrons le fréquent de ce livre.

,., c • i in • i> par l'usage

usage qu ils ont lait de cet Ecrit pour confirmer qu-en onl fait les vérités de la foi et les maximes de la mo- les p,e,f,.

pour établir

raie. Ont-ils dessein de combattre l'idolâtrie, les

de montrer la vanité des idoles et l'impiété deventesc* leur culte : c'est sur les oracles de la Sagesse dela moraleque saint Cyprien 2, saint Athanase 3 , Eusèbe de Césarée 4, établiront solidement leur doc-

1 «In uno libro qui appellalurSapienlia Salomonis, » passio C/imfi apertissimé PROPHETATUR.ïmpii quo- » que interfectores eius commemoranlur dicenles : Cir- » cumveniamus Juslum, quoniam insuavis est nobis. » etc. Idem, de Civilat. Dei, lib. xvn, cap. 20, n. 1 , tom. vu, col. 483.

2 S. Cyprian. Testimon., lib. m, cap. 59, pag. 321, et de Exhortai, marlyrii, pag. 283-64, edit. JBaluz.

3 S. Athanas. Oral, contra Génies, n. 11 , tom. 1, part. 1, pag. 11.

4 « Sunt hœc(de idolorum eultu) ab hominibus exco- » gitala commenta, etc.; id quod illhis etiam Divini

trine. Veulent-ils prouver aux Ariens , aux Macédoniens , aux Eunomiens , etc. , la divinité du Fils et du Saint-Esprit : c'est à l'autorité du livre de la Sagesse qu'en appellent les Origène *, les Denis 2 et les Athanase d'Alexandrie 3, les Eusèbe de Césarée 4, les Hilaire de

» oraculi fide comprobatur : Inilium fomicalionis , » exquisilio idolorum, » (Sap. xiv, 12.) Euseb. Cœsar. Prœpar. Evangel. , lib. i, cap. 9, pag. 30, edil. Paris.

1 « Nos qui didicimus quis ille sit Dei Filius , et eum » esse splendorem gloriae et figuram substantiae ejus » (Hebr. i, 3), Vaporem virtulis Dei, Emanalioncm » clarilatis Omnipolenlis sinceram , Candorcm lucis » œlernœ, Spéculum sine macula Deimajestalis, et » Imaginera bonilalis illius ,» etc. (Sap. vu, 25, 26.) Origen. coudra Celsum, lib. 8, n. 14, lom.i, pag. To2. « (Sapienliam Verbum Dei) divina Scriplura définit : » Vapor divinœ poleslalis , » etc. lbid. , lib. m , n. 7, pag. 494.

2 S. Dionys. Alexandr., apud S. Athanas. , Epist. de Senlentia Dionysii , lom. i, n. 15, pag. 253-54.

3 S. Athanas. Episl. i, adSerapionem, n.26, tom.i, part, n , pag. 674. — lbid. , Epist. ni , ad Serap. , n. 4 , pag. 693.

4 « Hebrœorum de secundo principio Theologiœ

» Nos hac de re Hebrœorum quoque Ullcras consu- » lamus. Alquehocimprimis Job;... ilemque David... » Quaî sequunlur , ex ejusdem Salomonis persona refe- » runtur : Quid sit aulem Sapienlia cl quemadmo-

Poitiers * , les Phébade d'Agen 2, les Didyme 3, les Basile 4, les Grégoire de Nazianze 5, les

» dùm , etc.. Est enim hœc Spirilus inlelligens , » sanctus , unigeniCus , multiplex... Vapor enim est » Deivirtulis , etc. ( Sap. vu, 22-26. ) Jam divirmm » hocce Verbum à Pâtre hominum ad salutem missum , » variis omnino modis Scriplura divina représentât. » Euseb. Caesar. Prœpar. Evangel., lib. vu, cap. 12, pag. 320-21, edit. Paris. 1628. — « Dei Verbum ac » Deum ex Deo esse docent oracula, cujusmodiTheo- » logiâ nos etiam imbuti et informât! sumus, » Et après avoir cité Moïse et David , il répète les mêmes textes que nous venons de rapporter, et il conclut par ces paroles : « Hœc Scriplura. » Ibid. , lib. xi , cap. 14, pag. 531-33. — Voyez aussi Demonslr. Evangel., lib. v , cap. 1 , pag. 216 ; et contra Mavcellum Ancyran. , lib. i , cap. 4, pag. 25.

1 « Quod autem omnia (Deus) temperalionis sua? » Spirilu transfusus et penetrans sit , docet Propheta » dicens: Spirilus Dei replevil orbem lerrarum , » etc. ( Sap. 1 , 7 ). S. Hilar. Pictav. in Psalm. 135 , n. 11 , tom. i , col. 545 , edit. Veronens. 1730.

2 S. Phoebad. Episcop. lib. contra Arianos. ( Biblioth.Patrum,tom. iv, pag. 302, edit. Lugdun. 1677.)

3 Didym. Alex. lib. h , de Spirilu Sanclo , inter opéra S. Hieronym. , tom. îv , part, i , col. 510.

4 S. Basil. Caesar. lib. de Spirilu Sanclo, cap. 23, n. 54, tom. m, pag. 46. — Voyez aussi, ibid., n. 10, pag. 88.

5 « Jam verô quomodô illud tueri poterimus qucd » ait Scriplura , Deum omnia pervadereatque implere,

Cyrille d'Alexandrie ', les Àmbroise de Milan 2,

» juxla illud : Nonne cœlum et lerram impleo , clicit » Dominus ( Jerem. xxm ) ? et : Spirilus Domini re- » plevit orbem lerrarum , » etc. ( Sap. i , 7. ) S. Gregor. Nazianz. Oral. 28, n. 8 , tom. i , pag. 500.

1 « Cùm Deus dicat : Nunquid cœlum et terrain ego » impleo , dicit Dominus ( Jerem. xxm ) ? adeôque » Beatus Paulus dicat de Filio : Qui descendit ipse » est et qui ascendit super cœlos ut impleret omnia » ( Ephes. iv, 10). Spirilus est qui replet omnia. » Scriptum est enim : Spirilus Domini replevit oriem » lerrarum (Sap. i , 7 ). Igitur non alienus est à Deo « et Pâtre secundùm naturam , neque verô à Filio Spi- « ritus Sanclus. » S. Cyrill. Alexandr. Dialog. de sanct. Trinitate , tom. v, part, i , pag. 669, edit. Aubert. 1638. Voyez aussi de reclâ Fide , ibid. , part, il, pag. 137.

2 « Prop/ietedicunt : Splendor est enim lucis œlernœ » et spéculum sine macula Dei majestalis , et imago » bonilatis illius. (Sap. vu , 26. ) Vide quanta di- » cantur. Splendor-, quôd claritas paternse lucis in Filio » sit : Spéculum sine macula ; quôd Pater videatur in » Filio : Imago bonilatis ; quôd non corpus in cor- » pore,sed virtusin Filio tota cernatur. » S. Ambros. de Fide, lib. i, cap. 7 , n. 49 , tom. n , col. 453. — « Âucloritalem requirunt ut leclione doceamus , etc.. » Et hoc accipiant Scripliirarum auctorilale nos » doeere ; Scriptum est enim : quia in Sapienlia est >■> Spirilus inlelligenliœ , sanctus , unicus , mulli- » plex , subtilis , benè tnobilis , disertus , immacur> lalus. (Sap. vu, 22.) Immaculatum dicit Script ura. » Numquid menlita est de Filio , ut de Spiritu Sancto

les Philastre de Bresse l, les Augustin 2, les Fulgence 3. S'agit-il de confondre les Pélagiens

» credas esse mentitam ? Dixit enim Propheta in eo- » dem loco de Sapientia , quod nihil maculosum in » illam incurrit. ( Ibid. , 25. ) Ipsa immaculata est , » et immaculatus ejus est Spiritus. Ergô si peccatum » non habet Spiritus , Deus est. » Idem , de Spirit. Sanct. , lib. ni, cap. 18 , n. 135, tom. n , col. 693.

1 « Trinitas itaque ab origine mundi praedicaba-

» tur Nam et David docet : Dixit Dominus Domino

» meo, etc. Etiterùm: Spirilus Domini repïevitorbem » lerrarum , » etc. (Sap. i, 7. ) S. Philastr. lib. de Hœresibus. ( Biblioth. Patrum , tom. y, pag. 715, edit. Lugdun. 1677. )

2 « Itane Deus non est qui repïevitorbem terrarum? » Scriptura enim dicit : Spirilus Domini replevit or- » bem terrarum , » etc. ( Sap. i , 7. ) S. Atjgust. contra Maximinum arian. , lib. n , cap. 21 , n. 2 , tom. vin, col. 722. Voir encore le Traité de ce Père , de Morib. Eccl. calholicœ , cap. 16, n. 27-29, et cap. 17 , n. 32 , tom. i , col. 697-99.

3 «In Sanclis eloquiis de Sapientia dicitur : Adtingit » autem ubique , propter suam wundiliam. Vapor est » autem virtulis Dei , et manalio quœdam daritalis » omnipotentis Dei sincera , etc. (Sap. vu, 24, 25 » et 26.) Candor lucis a?terna3 Sapientia dicitur, quam » lucem a?ternam Patrem esse , universa Christianitas » profîtetur. « S. Fulgent. Resp. contra Arianos , pag. 60 et 61 . edit. Paris. 1684. Voyez aussi lib. i ad Trasimund. regem , cap. 5 , pag. 73 ; et lib. n , cap. 7 , pag. 97 ; et Epist. 14 ad Ferrand. , n. 10 , pag. 236 , et n. 14 , pag. 239.

J18 I.a BIBLE MUTILÉE

et les Semi-pélagiens, qui attaquaient les dogmes de la nécessité et de la gratuité de la grâce: c'est aussi du livre de la Sagesse que les Églises d'Afrique *, saint Augustin en particulier 2, saint Prosper 3, et l'auteur de la Vocation des Gentils 4 invoqueront les témoignages.

1 « Lex jubere novit , gratia juvare. Nec Lex jube- » ret , nisi esset voluntas , nec gratia juvaret , si sat » esset voluntas... Jubelur ut habeam continentiara 7 » ubi dicitur , Cùm scirem quia nemo polesl esse con- » linens, nisi Deus det, et hoc ipsum eral sapienliœ, » scire cujus esset hoc donum , adii Dominum et de- » prccattis sum (Sap. vin , 21 )... Jubelur ut faciamus » bonurn , ubi dicitur , Déclina à inalo et fac bo- » num , » etc. ( Ps. xxxvi , 27. ) Coustant. Episl. Roman. Ponlif. ; Epistol. Episcop. ad Innocent. Papam , tom. i , col. 879.

2 S. August. de Spiritu et Liltera, cap. 13, n. 22, tom. x, col. 97. — De Dono persévérant. , cap. 17 , n. 43 , tom. x , col. 845. — Epist. 157 ad Bilarium , cap. 2, n. 9 , tom. n , col. 545 , etc.

3 « Totum Pelagianum dogma confirmas ( Cassia- » num alloquitur) dicendo , etc.. Falsô ergô Scriplum » est , quia nemo polesl esse conlinens , nisi Deus det. » ( Sap. vin, 21.) Falsô prsedicavit Apostolus cùm de » ea virtute loquerelur dicens , Volo aulem omnes » esse sicul meipsum ; sed unusquisque proprium ha- « bel donum , n etc. S. Prosper. contra Collalorem , cap. 16 , pag. 350-51 oper. , edit. Paris. 1711.

4 Lib. de Vocal. Gent. , lib. i , cap. 24, inter opéra S. Prosper. , pag. 880.

Des vérités de la foi passons aux principes de la morale: toujours le même accord, la même conformité dans les sentiments des Pères. Parcourons les ouvrages de saint Cyprien *, de saint Athanase 2, de saint Optât de Milève 3, de saint Ambroise 4, de saint Grégoire de Nysse 5,

1 S. Cyprian. Teslimon., lin. ni , cap. 53 et 92 , pag. 319 et 328 , edit. Baluz.

2 « Cùm verô ( Ariani ) rursùm in Ecclesiam et in » Alhanasium saeviant ,... promplique sint ad illum » accusandum , nec timeant illud quod in sacris lil- » leris scriptum est... et : Os quod mentilur occidit » animam, » etc. ( Sap. i , 11. ) Epislol. Encyclica Synodi Âlexandriœ congregatae ex JEgyplo , Thebaide, Libya et Pcntapoli , omnibus ubique Ecclesiœ Catholicœ Episcopis. ( Inler Opéra S. Athanas. , tom. i , pag. 125. )

3S.OpTAT.Mile\ït. de Schismale Donalist. ,lib. iv, cap. 8 , edit. Paris. 1702.

4 « Est enim senectus virens gratià et juventus cana » consiliis , de qua dieit Scriptura : Senectus enim, » venerabilis , et œtas seneclutis vita immaculata , » etc. (Sap. iv, 8 et 9). S. Ambros. de Jacob et beala vita , lib. ii , cap. 8 , n. 35 , tom. i , pag. 4T0.

5 «Si quis verè si t templum Dei ,... is à Mediatore » ut divinitatis particeps fiât admiltetur, cùm purus » sit, et ad puritatem ipsius suscipiendam idoneus. » Neque enim in malevolam animam , ut Scriptum » est introibil Sapienlia , » etc. (Sap. i, 4.) S. Gregor. Nyssen. de perfect. Christi for m. , tom. n, pag. 725 , edit. Paris. 1615,

de saint Ephrem », de saint Philastre de Bresse 2 et de saint Gaudence son successeur 5, de saint Maxime de Turin 4 , de saint Chrysos-

1 « Proptereà sustineamus , ne forte veniat quod » Scriptum est : Melius enim erat ïllis non cognoscere » viamjustitiœ , etc. (II. Petr. h , 21.) Alioque in loco » ait Scriptura : Sed ceslimaverunt lusum esse vitam » nostram , et conversalionem vitœ composilam ad » lucrum,» etc. (Sa p. xv, 12.) S. Ephrem. Parœnes. 48, tom. h, grœcè-latin. pag. 181, edit. Rom. 1743. Voyez aussi : In illud, attende libi, cap. 8, tom. \, pag. 241-42 , edit. Rom. 1732 et alibi.

2 «Nonautem fecisse malam Deum naturam, dicit » Scriptura, ecce omnia valdè erant bona quae fecit « Deus, in lib. Geneseos... Et alibi Propheta dicit : » Quoniam Deus malum non fent, nec deleclatur in » perdilione vivorum, » etc. (Sap. i, 13.) S. Philastr. Episc. Brix. lib. de Hœresibus. ( Bibliolh. Patrum, tom. v , pag. 710, edit. Lugdun. 1677.)

& c< Scriptum est : Quoniam (Deus) invenitur ab vis » qui non tentant eum , apparet aulem his qui pZdem » liaient in ipsum, » etc. (Sap. i, 2.) S. Gaudent. Brix. Episcop. Tract, xrn. (Bibliolh. Patrum, tom. v, pag. 969, edit. Lugdun. 1677.)

4 «Quod in junioribus senectus quœdam sit hones- » talis , clici t Propheta : Senectus enim venerabilis non » diuturna, nec numéro annorum computala. Cani » sunt enim sensus hominis, » etc. (Sap. iv, 8. ) S. Maxim. Taurin. Hom. iv, in Solemnit. Pasch. , pag. 220, edit. Lugdun. 1672. — « Sunt plerique qui putant » se sine causa natos ., nisi aurum quoquo pacto posse-

tome *, de saint Épiphane 2, de saint Paulin3, de saint Pierre Chrysologue A, de Faus-

» derint, Existimantes enim, sicut ait Propheta,vitam » hominum composilam ad lucrum, » etc. (Sap. xv, 12.) Idem, Hom. de Martyr., pag. 238.

1 « Scriplura , obstupescens eminentem sapientiam » Dei, dicit : (Deus) qui dédit in mari viam, et in » aqua vehementi semitam , » etc. (Sap. xrv, 3.) S» Chrysostom. Honni, xrtn Gènes., tom. iv, pag. 83. Voyez aussi Comment, in Psalm. 109 , n. 7, tom. v, pag. 260 ; Hom. xxvi in Malth. , n. 8, tom. vu , pag. 322 , etc.

2 S. Epiphan. advers. Hœres., Haeres. 67, lib. n, pag. 713, edït. Petav.

3 «Neque tibi (Pammachio) hinc (ex morte conjngis) » acrior doloris stimulus ingeratur, quôd prima deces- » sit; quoniam huic ipsi casui solalium prœbet Sermo » divinus : Jnstus enim, inquït , si morte prœventus « fuerit, in refrigerio eril. (Sap. iv, 7.) Sed ne im-

» matura tibi ad obitum fuisse videalur Senectus,

y> inquit , venerabilis est non diuturna, neque nu- » mero annorum computata. Cani suntenim, inquït, » sensus hominis , et œlas seneclutis vila immacu- » lala (Sap. iv, 8 et 9)... Placila enim erat Deo ■>■> anima ejus ; et idcircô , utSeriptum est , properavit y eam de medio iniquilatis educere, » etc. (Ibid. \ri.) S. Paulin. Episc. Nolan. Epist. 13 ad Pammach., n. 5 et 6, tom. i oper. , pag. 70, edit. Paris. 1685.

4 S. Petr. Chrysolog. De fideli Dispensalore , Serm. 26, pag. 270, edit. 1672; Serm. 109 , in verbis Apostol., pag. 3M ; et Serm. 101, in illud , Nolite limere eos, etc. , pag. 338 et alibi.

tin ', deSalvien2, de Claudien Marner t3, de saint Chromace d'Aquilée 4 : nous y lirons , comme tirées d'un livre divin , prophétique, etc., les maximes de la Sagesse. Saint Jérôme est celui de tous les Pères qui les cite le plus souvent : il les cite de la même manière que les autres textes de l'ancien ou du nouveau Testament, et donne à leur auteur le nom de Prophète 5.

1 Faustin. lib. contra Arianos , cap. 3. (Biblioth. Patrum, tom. v, pag. 645, edit. Lugdun. 1677.)

2 Salvian. de Gubernat. Bei, lib. n , pag. 33 , edit. Baluz. Paris. 1669.

3 Claudit M amert. de Statu animœ, lib. n, cap. 10. (Biblioth. Patrum, tom. vi, pag. 1065-66.)

4 S. Chromatii Aqnil. Episcop. in cap. 5 Matth., Conc. p. (Biblioth. Patrum , lom. v , pag. 984, edit. Lugdun. 1677.)

5 « Judœorum contra Jeremiam , sive Dominum » Salvatorem , et hodiè hœrelicorum contra servos » ejus cogitalio est, ut calumnias slruant ,... dicente » Sc.riptura : in pcrversam animam non introibit » Sapienlia , » etc. (Sap. i, 4.) S. Hieroisym. Commenlar. in Jeremiam, lib. rv, tom. ni, col. 617. — ■ « Ne œtatem , inquit , considères ; alio enim propheta » didicisti : Cani hominis sunt , sapienlia ejus, ï> etc. ( Sap. iv, 9.) Ibid. lib. i , col. 529.

«Vœ fortes Israël : quos nos sic edisserere possumus, ^ ut dicamus principes qnoque corripi , atque robustos, » de quibus scriptum est : Polentes patenter lor-

Enfin , quand ces anciens Docteurs veulent 28.

nous peindre le bonheur et la gloire des justes , t^°^?i la confusion et le désespoir des méchants , au des Pe.es

, grecs et latins

jour terrible des vengeances ; Fauteur de la en faveur Sagesse leur prête son pinceau divin. Voici quelques-uns de ces traits , tantôt simples et touchants , tantôt effrayants et sublimes , que Clément d'Alexandrie !, saint Hippolyte 2, saint Cyprien3, saint Ephrem4, Lucifer de Cagliari5, saint Épiphane 6 , ont ramassés dans leurs

» menla palientur (Sap. vi , 7) ; et : Cuiplus dalur, » plus exigelur ab eo. » (Luc. xn , 48.) Idem,, Comment, in lsaiam , lib. i , tom. m , col. 19. Voyez encore col. 248, 404, 468 et alibi passim.

1 Clément. Alexandr. Slromat., lib. iv, n. 16, pag. 609, edit. Oxon. 1715.

2 S. Hippolyt. Episc. Demonstrat. contra Judœos , cap. 10, vol. n, pag. 5, edit. Hamburg. 1716.

3 S. Cyprian. Exhortât, martyr., pag. 272, edit. Baluz. — Teslimon., lib. m, cap. 15 et 16, pag. 309. — De Habiht Virgin. , pag. 176. — ■ Lib. ad Demctrian. , pag. 224.

4 S. Ephrem. Syr. in illud , Attende (ibiipsi, cap. 8, tom. i, graecè-lat. , pag. 241-42, edit. Rom. 1732.

5 Lucifer. Calarit. lib. ad Constant, pro S. Âthanas. ,\ib. i,pag. 194 et 195. (Biblioth. Patrum, tom. iv, edit. Lugdun. 1677. )

6 S. Epiphan. Salam. Episc. adversùs Hœreses r Hœres. 64, tom. i, pag. 573 , edit. Petav.

écrits, et qu'ils nous donnent comme des oracles de l'Écriture , et des paroles prophétiques : « Les âmes des Justes sont dans la main » de Dieu , et le tourment de la mort ne les » atteint pas. Ils ont semblé mourir aux yeux » des insensés ;.leur sortie de ce monde a été » regardée comme une affliction , et ce qui » n'est qu'un passage, comme l'anéantisse- » ment : et cependant ils sont en paix. Et si » devant les hommes ils ont souffert des tour- » ments , leur espérance est pleine d'immor- » talité. L'affliction a été légère , et la récom- » pense sera grande , parce que Dieu les a » éprouvés et les a trouvés dignes de lui. 11 les » a éprouvés comme l'or dans la fournaise, et » il les a reçus comme un holocauste. Au jour » qu'il les visitera, ils brilleront comme la y> flamme qui court parmi des roseaux dessé- » chés. Ils jugeront les nations et ils domine- » ront les peuples ; et leur Seigneur régnera » éternellement *. Alors les justes s'élèveront , » avec une grande fermeté , contre ceux qui » les auront tourmentés , et qui leur ont ravi » le fruit de leurs travaux. A cette vue , les » méchants seront troublés, et, saisis d'une

1 Sagesse m , i-S.

» horrible frayeur, ils s'étonneront du salut » des justes inespéré et soudain. Touchés de » repentir , et gémissant dans l'angoisse de » leurs cœurs , ils diront en eux-mêmes : Les » voilà ceux qui étaient l'objet de nos raille- » ries et de nos outrages. Insensés que nous » étions ! leur vie nous paraissait une folie, et » leur fin un opprobre ; et maintenant ils sont » comptés parmi les enfants de Dieu, et leur » partage est avec les Saints. Nous avons donc » erré hors de la voie de la vérité, et la lu- » mière de la justice n'a pas lui pour nous , et » le soleil de l'intelligence ne s'est pas levé » sur nous. Nous nous sommes lassés dans la » voie d'iniquité et de perdition, et nous avons » marché dans des chemins difficiles , et nous » avons ignoré les voies du Seigneur ! Que » nous a servi notre orgueil ? De quoi nous a » profité l'ostentation de nos richesses ? Tout » cela a passé comme l'ombre '. »

Nos Réformés opposent deux difficultés. Mauvaise

« Saint Augustin, disent-iis, raconte, comme chicane

denosRéforme's

» une preuve qu'on ne regardait pas la Sa- sm quelques » gesse comme canonique au ve siècle, que de s.l'ngustm » quand ce livre... était lu publiquement dans . et

de S. Jérôme.

1 Sagesse v , 1-9.

» l'Église , on le donnait à des lecteurs ou of- » ficiers ecclésiastiques inférieurs , qui le li- » saient dans une place moins élevée que celle » où étaient lus les Écrits universellement » admis comme canoniques, dont la lecture » était faite par les Évêques et les Prêtres , » d'une manière solennelle l. »

On voit ici une allusion au fait rapporté par saint Augustin 2 ; mais ce fait est grossièrement travesti. Non-seulement saint Augustin ne dit rien qui puisse faire soupçonner le sentiment qu'on lui prête , mais il dit nettement le contraire; car il prouve précisément Finspiration de la Sagesse , par la lecture qu'on en faisait dans l'Église avec tout le respect que mérite un témoignage divin , des les temps les plus voisins des Apôtres. N'est-il pas d^ailleurs incontestable que ce savant Docteur n'a jamais douté de Fautorité d'un Écrit qu'il a constamment cité contre les hérétiques , et qu'il a inséré dans le catalogue des Écritures divines cl canoniques?

Et puis , où nos adversaires ont-ils appris

que

les Lecteurs lisaient la Sagesse dans une

1 Rép. au Mand. , pag. 158.

2 Voyez ci-dessus, pag. 108.

» place moins élevée que celle où étaient lus » les livres universellement admis, dont la » lecture était faite par les Evêques et les » Prêtres ? » Est-ce donc que les Lecteurs ne lisaient point les Ecrits universellement admis comme canoniques? N'exerçaient-ils pas, alors comme aujourd'hui, la fonction de Lecteur de la parole de Dieu, que l'Évêque leur imposait dans leur ordination? Ne lisaient-ils pas même, du moins en Afrique, les livres des saints Évangiles ? Le nier, c'est démentir les plus authentiques monuments de l'antiquité sacrée , et notamment ceux de l'Église africaine '.

Passons à la conséquence de ces faits controuvés. « Nous concluons , disent les Réfor- » mes, que, malgré la vénération de l'Église » d'Occident pour quelques-uns de ces livres » (prétendus apocryphes), il est évident qu'on » ne leur a jamais attribué la même autorité » qu'à l'ancien et au nouveau Testament 2. »

1 Voy. Conc. Carlhag. ir, cap. S. (Labb. , tom. in , col. 1200.) — S. Cypiuan. Epist. 38 el 39, pag. 75 et 77, edit. Oxon. 1682. — S. Augcst. Serm. 07 et 245 , tom. v, col. 374 el 989. — Thomasskn. Velus et nova Eccl. discipl., part, i, lib. h, cap. 30, tom. i, pag. 30, edit. Lugdun. 170f>.

2 Re'p. au Mand. , pag. 158.

Il est évident, au contraire, par tout ce qui précède, que l'Église d'Occident, outre la vénération qu'elle a toujours professée pour ces livres sacrés, leur a constamment attribué , de concert avec l'Église Orientale , la même autorité divine qu'aux autres Écrits de l'ancien et du nouveau Testament. Nous compléterons cette démonstration dans la suite1.

1 En attendant , laissons parler ici le Ministre de Genève sur l'inspiration de la Sagesse : «Un fait in- » contestante , c'est que de loule ancienneté le livre de » la Sapience a été regardé comme canonique par les » Églises d'Afrique et d'Occident, et que si l'Église » Grecque a laissé en doute sa canonicité , elle ne l'a » pas moins conservé et consacré pour le culte public,

» où il se lit encore de nos jours Les Docteurs ont

» pu varier sur le nom de l'auteur de ce livre et douter » que ce fût Salomon; mais ils ont été constants à re- » garder le livre même comme étant canonique. » Et après quelques citations, il se résume ainsi : «En con- » sidérant la partie orientale de l'Église d'Afrique » comme partie essentielle de l'Église Grecque , et la » partie occidentale comme tenant à l'Église Latine, » on peut dire que toute l'Église Latine et une por- » tion considérable de l'Église Grecque/ ont été, dès » l'origine , d'accord à reconnaître la canonicité du f> livre de la Sapience : ce n'est que la portion asiatique » qui a conservé des doutes à cet égard.» Notice sur

On ajoute : « Saint Augustin , au livre n* » des Rétractations , dit que la Sagesse n'est » pas de Salomon ; et saint Jérôme l'attribue » à Philon juif1. »

Lors même qu'on admettrait ces assertions, il n'en serait pas moins certain que nos saints Docteurs ont reconnu la divinité de ce livre2, quel que fût son auteur. Mais , de plus , il est faux que saint Augustin ait avancé , en cet endroit , ce qu'on lui fait dire. Voici ses paroles : •« Il n'est pas aussi certain que je Pavais dit ,

les livres apocryphes de l'ancien Testament , par M. Moulinié, etc. Genève, 1828.

Il nous suffit de cet aveu pour conclure la canonicilé de ce livre, puisque l'universalité morale du consentement des Églises est reconnue par le Ministre. Mais un autre fait constaté plus haut, c'est que la portion asiatique de l'Eglise Grecque , à laquelle il plaît à l'auteur d'attribuer des doutes quant à la divinité de la Sagesse, n'est pas moins unanime, sur ce point, que le reste des Églises. N'a-l-on pas vu, en effet, les Pères les plus célèbres de l'Asie, Eusèbe de Césarée, S. Basile, S. Grégoire de Nazianze , S. Grégoire de Nysse, S. Ephrem, S. Chrysostome, S. Jérôme (qu'on peut regarder comme Docteur de l'Orient , où il a écrit ses Commentaires), etc., reconnaître formellement Vinspiration de la Sagesse?

1 Re'p. au Mandement , pag. 149.

2 Voyez ci-dessus, pag. 108, 112, 117, 118 et 122.

i 30 IA BIBLE MUTILÉE

» que Jésus Sirach ait écrit le livre de la t> Sagesse , et il est beaucoup plus probable , » comme je l'ai appris ensuite, quilnen est » pas l'auteur1. »

Quant a saint Jérôme, il se contente d'observer que , d'après « quelques anciens écri- » vains, ce livre est d'un juif nommé Philon2. » Ce qui ne Pempêche pas de l'attribuer à Salomon , selon la coutume , comme nous le verrons plus tard. Du reste, les savants conviennent que l'écrivain dont parle le saint Docteur, n'est point Philon d'Alexandrie, qui vivait au premier siècle de l'ère chrétienne 3.

Quelle peut être la source de tant d'aberrations de nos Ministres ? Est-ce l'ignorance , la mauvaise foi , le fanatisme ?... Quoi qu'il en soit , bornons-nous à une réflexion , trop souvent justifiée par l'expérience, qu'il suffit d'un

1 « Quôd ipsum (librum Sapienliœ) sicut Ecclesias- » ticum Jésus Sirach scripserit, non ita constare, sicut » à me diclum est, posteà didici , et omninô proba- » bilius comperi non esse ejus libri auctorem. » S. Augijst. Retracl. , lib. n, cap. 4, n. 2, tom. i, col. 43.

2 «Nonnulli Scriptorum veterum hum; (librum Sa- » pientiœ) esse Judaù Philonis affirmant. » S. Hieron. PrœfaL in lib. Salomon., tom. ix, part, m, col. 1293 et 1295 , edit. Veron. 1770.

3 Voyez not. doctiss. Valars., ibid.

ton tranchant et assuré pour en imposer au vulgaire et aux demi-savants.

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