Dès les siècles des Martyrs, saint Cyprien se
JesÉ^u'e sert ^e ^ Ecclésiastique y pour montrer que
d'Afrique Jésus-Christ est la Sagesse de Dieu, par la-
eu faveur ,, . , . >
de ce livre, quelle tout a étéjait*. 11 cite cet Ecrit presque à chaque page du livre me des Témoignages , pour recommander la pratique des vertus chrétiennes 4 ; et dans son traité de la Mortalité*,
1 S. Hieron. Ibid. — S. August. de Doclrin. Christian. , lib. n, cap. 8 , n. 13 , tom. m , col. 23 , 24.
2 Eccli. Prolog.; l, 29; li, 1. — S. August. ubi suprà; Retract., lib. n, cap. 4; Specid., tom. m, col. 733.
3 « Çhristum primogenitura esse Sapientiam Dei, » perquem omnia facla sunt... Apud eumdera (Salo- » monem ) in Ecclesiaslico : Ego ex ore Allissimi pro- » divi primogenita anle omnem crealuram. Ego in » cœlis feciut orirelur lumen indeficiens , » etc. (Eccli. xxiv , 5 et seq. ) S. Cyprian. Teslim. , lib. n , cap. 1 , pag. 284 , édit. Baluz.
4 S. Cyprian. Teslim. , lib. ni , cap. 1 , 35 , 51 , 53 , 61, 95, 96, 109, 110, 111,113, elulMpassim.
5 « Docet et prsemonet Scriplura divina dicens : » Fili, accedens ad servilulcm Dei, sta injusliliaet
ainsi que dans sa Lettre a Rogatien * , il lui donne le titre de livre divin ou inspiré. Ce n'était pas là un sentiment particulier à ce saint Docteur, mais plutôt la tradition des Églises d'Afrique ; témoin un Concile de plus de quatre-vingts Évêques , assemblés à Carthage , en 256 2. On y allègue, à l'appui de l'opinion des Rebaptisants , ce passage devenu célèbre dans le parti : Qui baptizatur a mortno , et iterùm tangit eum , auid projicit lavatio ejus 3 ? Sur
» timoré, et prœpara animam tuam ad tenlalionem. » Et iterùm : In dolore susline , et in humililale » patientiam habe , etc. (Eccli. n , f. l-o. ) Sic Job » post rerum damna, » etc. Idem, de Mortalilate , pag. 231.
1 « Sed et Saloraon in Spiritu Sancto constitutus tes- » tatur et docet quee sit sacerdotalis auctoritas et poles- » tas, dicens : Ex Iota anima tua lime Deum , et sari cer dotes ejus sanctifica. (Eccli. vu , 31.) Et iterùm : » Honora Deum ex Iota anima tua, et honorifica » sacerdotes ejus.» [Ibid. 33.) Idem, Epist. 65 ad Rogalian. , pag. 113.
2 Concil. Carlhagin. inler opéra S. Cyprian. , pag. 333 , edit. Baluz. , et Epist. 71 ad Quintum. — Ibid., pag. 126.
ïl est inutile d'observer que nous ne citons ici ce Concile que comme un témoignage rendu , par les Evêques africains, à l'inspiration du livre de l'Ecclésiastique
3 Eccli. xxxiv, 30.
quoi il est essentiel de remarquer que l'inspiration de ce texte ne fut jamais contestée par les autres Évêques d'Orient et d'Occident , qui se déclarèrent pour ou contre les Rebaptisants *. Plus tard, les Donatistes ressuscitent la même opinion, déjà condamnée, et s'autorisent de ce même passage. Saint Augustin reproche d'abord k Donat de l'avoir altéré, en supprimant dans quelques exemplaires ces mots intermédiaires , et iterïim tangit eum. Mais ce Père reconnaît son erreur, et s'empresse de la rétracter. « Si j'avais su, dit-il, qu'avant l'hé- » résie de Donat, il existât des exemplaires » Africains où -ces mots eussent été omis, je ne » me serais pas élevé contre lui , et ne l'aurais
1 Qu'on remarque ici l'autorité de la Tradition. Saint Cyprien avec ses adhérents , et les autres Évêques ayant à leur tête le Pape saint Etienne , sont divisés et sur l'interprétation d'un texte que les Africains détournaient de son véritable sens, et sur la légitimité de la coutume de rebaptiser, reçue dans plusieurs Églises., Mais quanta la divinité du livre qui nous occupe, c'est un accord parfait. Or, cette harmonie de sentiments , dans cette lutte célèbre, montre évidemment l'identité de la source où les deux partis avaient puisé leur croyance commune à l'inspiration de ce livre , savoir, la Tradition des Apôtres. Il ne faut jamais l'oublier, c'est de l'unanimité et de l'universalité morale des témoignages , que la Tradition tire sa force.
» pas accusé d'être le corrupteur de la parole » de Dieu l. »
Il était donc admis de toutes parts, dans une querelle si animée, que l'Ecclésiastique devait être regardé comme un livre divin. Aussi est-il cité, avec le titre tf Écriture, par saint Optât de 3'Iilève, au livre me de son traité du Schisme dcsDonalisles 2, et fréquemment par saint Augustin. Ce Père en a recueilli un si grand nombre de textes, que, si cet Écrit s'était perdu, on l'eût retrouvé presque en entier dans ses ouvrages 3. Il en fait le sujet de plusieurs sermons 4; il en oppose plusieurs passages aux
1 « Nos autera et antequàm esset pars Donati , sic » habuisse codices plurimos , verumtamen Afros , ut » non esset in medio , et ilerùm langit eum , posteà » didicimus. Quod si tune scissem , non in istum tan- » quam in furem divini eloquii , vel violatorem tanla » dixissem. » S. August. Retract. , lib. i , cap. 21 , n. 3 , lona. i , col. 32.
2 « Deniquè sic Scriplum est : Qucmadmodùm aqua » exslinguil ignem, sic eleemosyna exslinguil pec- » calum. » (Eccli. m , 33. ) S. Optât. Milevit. De Schismat. Donalist. , lib. m , cap. 3 , pag. 55 , edit. Dupin, Lutet. Paris. 1702. — Voir aussi ibid. pag. 59; el Gesla Collai. Carthagin. , pag. 257 , adcalcem oper.
3 S. August. Specul., tom. i, part. 1, col. 681-735.
4 Idem , Senn. 38 , 39 , 40 , 41 , lom. v , col. 194 et seq.
Il est cite
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erreurs des Pélagiens , qui en avouaient d'ailleurs l'inspiration f , et il en rapporte une prophétie touchant la conversion des Gentils 2. Élevé h l'école d'Augustin , saint Fulgence emprunte souvent les paroles de ce livre, qu'il qualifie de sainte Écriture ydî' 'Écriture divine*, Nous retrouvons un témoignage semblable
par les autres dans les autres Docteurs d'Occident. A l'exemdOccident , P^e de samt Cyprien et de saint Augustin , saint
en confirmation Ambroise 4, saint Phébade 5, et saint Maxime
des ventes dogmatiques
et morales. i S. August. contra Julian. , lib. v , cap. 9 , col ■» 648 , etpassim contra Pelagianos , tom.'x.
2 Idem , de Civil. Dei , lib. xvn , cap. 20, n. f , tom. vu , col. 483.
3 « In libro Ecclesiastico Scriptura divina sic lor> quitur : Qui baplizalur à mortuo , el ilerùm langit » illum , quid pro/îcit lavalio ejus ? Sic homo qui » jejunal in peccatis suis , » etc. ( Eccli. xxxiv , 30 , 31. ) S. Fulgent. Rusp. Episc. lib. i de Remiss, peccat. , cap. 12 , pag. 368 , edit. Paris. 1684. — Voyez , de plus , pag. 149 , 157 , 162 , 192 , et alibi passim.
4 « Angustis licèt sermonibus proprietatem divina? » generationis advertimus... ut Deus ex Deo , Filius ex » Paire..., ut ipse dixit qui natus est : Ex ore Àltis- » simi prodii, » etc. (Eccli. xxiv , 5. ) S. Ambros. de Fide, lib. i , cap. 17, n. 110 , tom. n , col. 466. Voyez encore lib. iv , cap. 8 , n. 87 , col. 537. — De Benedicl. Patr. , cap. 11 , tom. i , col. 527 ; et de Spirit. sanct. , lib. il , cap. 5 , n. 42 , tom. n , col. 642.
5 « Nemo scit (inquiunt Ariani) quomodo genitus
de Turin 1 font usage de cet Écrit divin et prophétique, pour prouver contre les Hérétiques la divinité du Fils de Dieu. Les papes saint Zozime 2 et saint Léon 3 , saint Gaudence de
» sil Filius Dei. Nemo utiquè , sed ex his in quibus , » ut ait Dominus , verbum ejus non capit... Quomodo » nemo ? Filius ait : Ego ex ore Allissimi prodivi. » ( Eccli. xxiv, 5.) Noli quserere ampliùs... nosti » enim totum... Ex ore, inquit, Allissimi prodivi, » etc. S. Pkoebad. Aginnens.Episcop. lib. contra Arian. (Biblioth.PP. tom. rv , pag. 302 , edit. Lugdun. 1677.)
1 « Quis autera est dies cœli , nisi Christus Domi- » nus , de quo dicitur per Prophetam : Dies diei éructât » verbum ; ipse , inquara , Chrislus est qui ait per » Salomonera : Ego feci ut orirelur in cœlis lumen » indeficiens , » etc. ( Eccli. xxiv , 6. ) S. Maxim. Taurin. Homil. n , in Pasch. , edit. Lugdun. 1672 , pag. 218. Voir aussi Homil. n , in Natal. Euseb. Vercell. , pag. 234, et Homil. n , de Eleemosyn. pag. 254 , et alibi.
2 « El in Evangelio : Nunquid lex noslra judicat y hominem , etc. ? Eliam in veleri Testamento : Non » credes audilui vano, etc. (Exod. xxm,sec. lxx)... » Et ilerùm alibi : Priusquàm interroges , ne vilu- « pères quemquam , etc. (Eccli. xi , 7 )... Et in Acli- » bus Apostol. ,» etc. Coustaint , Epist. Rom. Ponlif., Epist. 3 , n. S , pag. 933.
3 « Et cùm audit sibi per Spirilum sanclum dici : » Posl concupiscenlias tuas non cas , et à volunlate » tua avcrtere. » ( Eccli. xvm , 30 ) S. Léon. Serai. 81 , edit. Cacciar., Romse 1735, pag. 233. — « Cùm
Bresse », saint Paulin de Noie 2, saint Ghromace d'Aquilée 3-, le prêtre Ruffin 4, saint Pros-
» audiunl sibi divinitùs dici : Post concupiscentias » tuas non eas , » etc. Serm. 68 , pag. 196. Voir encore Serm. 96 , pag. 269 ; et Epist. 81 ad Analol. Episc. , pag. 317.
1 «Loquitur Scriptura divina : Conclude eleemosy- » nam in corde pauperis , et ipsapro te exorabit ad » Deum. » ( Eccli. xxix , 13. ) « In Evangelio autera : » Si visperfeclus esse, » etc. S. Gaudent. Brix. Episc. Serm. de Natal. Domin. , Tract. 13 (Bibliolh. Patr. tom. v , pag. 963 , edit. Lugdun. 1677 ) , et alibi.
2 « Verborum... cœlestium auctoritalibus , ut ad » pietatem lacrymarum usus es , ita etiam ad eorum » modum utere;... quia Scriptura divina , quae pro- » ducere nos lacrymas quasi evaporando dolore per- » mittit , terminos quoque designato prœscribit tem- » pore , cùm dicit amaritudinem luctûs uno ferendam » die... Sed hoc pleniùs, ipso suo verbo pietas Dei » explicat ; subjecit enim : El consolare pr opter tris- » tiliam. A trislitia enim feslinat mors , » etc. (Eccli. xxxvin , 17,19).... « Ista autem ( tristitia )..., ut » Apostolus ait, carnalis... morlem operatur ; quod, » licèt auctore diyerso, per utrumque sanctorura Dei » spirilu et verbo concinit. » S. Paulin. Episc. Nol. Epist. 13 ad Pammach. , n. 10, tom. i, pag. 72, edit. Paris, 1683. Voir aussi ibicl. , n. 4, pag. 68 ; et Epist. ad Mîlilem, pag. 167 et 168.
3 S. Chromât. Aquil. Episc. in cap. S Malth. , de oclo Bealilud. passim. Voyez pag. 982 et seq. ( Bibliolh. Patr. , tom. v, edit. Lugdun. 1677. )
4 « Sacrœ Scriplurœ sententia est , Ne laudaveris
per l , Vincent de Lérins 2 , Salvien de Marseille 3 et l'auteur de la Vocation des Gentils 4
» quemquam anle obilum , » etc. ( Eccli. xi , 30. ) Ruffin. Presbyt. Aquil. de Benedict. Patr. , lib. h , tom. 1 oper. , pag. 22.
1 S. Prosper. Respons. ad Capit. Gallor. , cap. 1 , pag. 206 oper. , edit. Paris. 1711.
2 « Mirari salis nequeo... ut semper aliquid gesliant » religioni addere , mutare , detrahere ; quasi non » cœlesle dogma sil , quod semel revelatum esse suffi- » ciat,... cùm divina clament oracula, Ne transféras » terminos quosposuerunt patres lui. (Proverb. xxn.) » Et : Super judicanlem ne judices. (Eccli. vm , 17. ) » Et : Scindentem sepem mor débit eum coluber, » etc. ( Eccle. x, 8.) Vincent. Lirin. Commonit. , pag. 348 , edit. Baluz. , Paris. 1669. Voyez aussi ibid. , pag. 313,
3 « Non immerilô ( de divitibus facinorosis ) sacer » sermo testatus est dicens : Yenatio leonis , onager » ineremo : sic pascua sunl divilum pauperes , » etc. ( Eccli. xin , 23.^ Salvian. de Gubern. Dei , lib. iv, pag. 141 , edit. Baluz , Paris. 1659. — « Inseslimabile » malura est bonis à Deo datis non benè uti. Avaro » enim, inquil Scriptura, nihil est sceleslius , » etc. ( Eccli. x , 9. ) Idem , lib. i , advers. Avarit. , pag. 227.
4 « Queedam de plurimis assurnenda sunt leslimonia » qua?... ostendant gratia? largitatem... In fibro Eccle- » siasle legilnr , etc. In Ecclesiaslico legilur, Corona » sapientiœ limor Domini , ulraque autem dona sunl » Dei. (Eccli. i, 22 et 23.) Item in eodem : Timor Do- » mini super omnia se supcrposuil ; bealus cui dona- » lum est habere limorem Dei. ( Eccli. xxv, 14, lo.)
citent, sous le nom d'Écriture sainte ou inspirée, les maximes ou règles de morale tirées de ce livre. Saint Jérôme, dans ses Lettres , dans ses Commentaires sur l'ancien Testament, s'exprime de la même manière * : tant était unanime, sur ce point, le consentement de l'Église latine.