Loin de s'écarter de l'enseignement des Pères
grecs et latins , saint Jérôme suppose ou confirme cette Tradition en divers endroits de ses ouvrages. Car , encore qu'il avoue que Tobie ne se trouve pas dans le canon des Juifs, ce qu'Origène avait déjà remarqué1, il assure néanmoins, avec le même Docteur?que V Église lit Tobie 2 ; il en transcrit plusieurs passages dans ses Commentaires sur l'Ecclésiaste 3 et
» Tobiœ , aut mandata Sapientiœ. Si verô legatur ei » liber Levitici , offenditur continua animus , et quasi » non suum refugit cibum. » Origen. Hom. xxru in Numéros , n. 1 , lom. n , pag. 374.
1 Origen. Episl. ad Âfrican., n. 13, tom. i, pag. 26.
2 S. Hieron. Prœf. in libros Salomonis , tom. i, col. 939 et 940.
3 « Ego os régis austodio , el loquelam juramenti » Dei : Ego puto de illo rege nunc dici de quo David » ait : Domine in virlute tua lœtabilur Rex. Et in » alio loco, ut Patris et Filii unum regnum significet » Scriptura commémorât : Deus judicium luum régi » da.... Hujus itaque custodienda prœcepla sunt, hujus » volunias palranda. Et hoc est quod in Tobiœ libro scri-
sur le prophète Daniel1. Enfin, il cite ce livre parce que les écrivains ecclésiastiques ont coutume de s'en servir 2. Or, c'est un principe de saint Jérôme, qu'on doit recevoir pour divin un écrit qui, sans être compris dans le canon, est lu dans l'Église et constamment cité par les auteurs ecclésiastiques, comme ayant l'autorité de la sainte Écriture. C'est ce que nous développerons plus tard , en répondant aux difficultés des adversaires contre l'inspiration des livres qu'ils ont retranchés de la Bible 3.
» bitur : Mysterium régis abscondere bonum est, » etc. (Tob. xn, 7.) S. Hieron. Comment, in Ecclesiasten , tom. h, col. 758.
1 Idem, Comment, in Daniel., cap. 8, tom. m, col. 1106.
2 « In Regum volumine de eo (Jona) ita scriptum » est.... Liber quoque Tobiac, licèt non habealur in » Canone, tamen quia usurpalur ab Ecclesiaslicis » viris , taie quid memorat, dicente Tobià ad filium » suum : Fili, ecce senui, et in eo sum ut revertar de » vila mea, » etc. (Tob. xiv, 5 et 6.) Idem, Prœfat. Commentât, in Jonam , tom. m, col. 1469-70.
3 Le ministre de Genève n'a pas hésité à reconnaître la Tradition universelle de l'Église sur l'Écrit de Tobie : « Ce livre, dit-il, était tellement connu dans » l'Église primitive, que les Églises, soit grecque, » soit latine, en ont parlé dans le ne siècle. » Et , après avoir cité quelques Pères de l'une et de l'autre Église ,