‹ La Bible, mutilée par les protestantsChapitre 42 sur 84 · ARTICLE VII · texte numérisé non relu

ARTICLE VII

Tradition de l'Église sur l'inspiration des fragments de Daniel.

Nous avons donné, dans la partie historique, de la divinité une notion de ces fragments3. L'Église des

de ces fragments :

ils sont lus Jdem, lib. de Cura gerendapro mortuis, cap. 1 , n. 3,

dans toutes ^ g col# g^

les Églises.

1 Idem, contra Gaudent. Donat., lib. i, cap. 31 , tom. ix, col. 654.

2 Le Ministre de Genève passe légèrement sur l'inspiration des livres des Machabées. « Ces livres , quoi- » que canoniques dans l'Église latine, ne sont pas » reconnus tels dans les Églises Réformées , parce que » leur canonicité n'avait pas été antérieurement recon- » nue partout. » (Notice sur les Apocryphes, etc., pag. 102. ) On se souvient néanmoins que non-seulement l'Église Latine, mais encore les Églises d'Orient, ayant à leur tête les Origène , les Hippolyte , etc. , déposent en faveur de la divinité de ces Écrits. C'est aussi d'après ces autorités que le savant Évêque Anglican, Beveridge, n'a pas craint d'avouer «qu'il est » évident que l'Église catholique des premiers siècles » était dans l'usage de compter ces livres parmi tes » Écritures canoniques.» Voyez ci -dessus, pag. 173 et 174.

3 Voyez plus haut, part, i, pag. 22.

premiers siècles les a toujours reçus pour des oracles du Prophète Daniel. C'est ce qu'attestent Origène, saint Jérôme et Ruffin , qui ajoutent que toutes les Églises les lisaient selon la version grecque faite sur l'hébreu par Théodotion '. Des autorités aussi graves pourraient tenir lieu de toute autre preuve. Mais afin de justifier , s'il en était besoin , l'assertion de ces écrivains , d'éclairer et d'assurer davantage la foi des fidèles , nous invoquerons les Pères des siècles primitifs, qui ont reconnu expressément la divinité de ces Écrits , et les ont regardés comme une partie du livre de Daniel.

Consultons les plus célèbres Églises d'Orient, 54. les Églises d'Alexandrie, de Jérusalem et d'An- on dea tïoche, fondées par les Apôtres ou par les cette preuve

, , parlaTradition

Evangélistes. Clément d'Alexandrie , dans l'a- des Églises brégé qu'il donne, au 1 er livre des Str ornâtes, de pa r X^ e l'ancien Testament et principalement des Écrits l'Onent. prophétiques , comprend parmi les récits de e jf 8 Daniel Y histoire du Dragon'1. Ailleurs, il pré- d.Aie^sderie sente le sommaire de celle de Susanne , qu'il

1 On a déjà lu les témoignages de S. Jérôme et de Ruffin. Voyez ne part. , chap. 1 , pag. 73 , 74 et 75.

2 Clément. Alex. Strom., lib. i, cap. 21, pag. 392, edit. Oxon. 1715.

joint aux faits d'Esther et de Judith K Origène , disciple de Clément, écrivant à Africain, établit, par le consentement de toutes les Églises, la divinité de ces morceaux deDaniel2 : il la reconnaît encore dans son traité de la Prière z, et dans ses Commentâmes sur le Lévitique* et

1 Clément. Alex. 5«ro»î. ,lib. iv, cap. 19, pag. 618.

2 « Scias igitur ad heec, quid nobis agendum sit non » solùm de Susannœ hisloria quae in grœco Grœcorum » exemplari per toiam Christi Ecclesiam circumfer- » lur, licèt apud Hebrseos non exstet; nec solùm de » aliïs, ut aiebas, partibus, quae in fine libri (Danie- » lis) sunt descriptae, nempè de Belo et de Bracone , » quae pariter in Hebraico Danielis textu desiderantur ;

» sed de aliis innumeris Nostrorum autem exem-

» plariura , quorum etiam voces exposui , aliud secun- » dum septuaginta interprètes erat , aliud secundùm » Theodotionem : et sicut apud ulrumque positum » repcriebalur illud Susannœ quod dicis figmentum , » unàcum aliis quœ Danieli insunt partibus, » etc. Origen. Epist. ad African., n. 2, tom. 1, pag. 13 et 14.

3 « Arbitror itaque orationem esse quam quïs de » majoribus rébus elaliore animo Deum glorificando

» emittit.... Exempla sunt in Daniele : Et stans

« Azarias oravit sic : et aperiens os suum in medio » ignis, dixit, » etc. (Dan. m, 25.) Origen. de Oral., n. 14 , tom. 1, pag. 220.

4 « Sed tempus est nos adversùs improbos Presbyte- » ros uti sanctœ Susannœ vocibus, quas illi quidera

sur la Genèse x. Le célèbre Didyme, que saint Jérôme se glorifiait d'avoir eu pour maître dans l'étude des lettres divines , cite aussi l'un de ces fragments comme témoignage des saintes Écritures*. Et ce ne sont pas seu-

» répudiantes , historiam Susannœ de catalogo divi- » norum voluminum desecârunt. Nos aulem elsuscipi- » mus et opportune contra ipsos proferimus , dicen- » tes-: Ângusliœ sunt mihi undiquè , » etc. (Dan. xm, 22.) Idem, Hom. i in Levit., tom. n, p. 185.

1 « Si tamen sacrarum quoque Litterarum teslirno- » niis eam in rem opus est, plense sunt exemplorum » id genus Prophetarum voces; ipsaque adeô Susanna » rerum ei cognilionem omnium his verbis asseruit : » Deus œlerne , qui absconditorum es cognilor, qui » nosti omnia anlequàm fiant, tu sois quia falsum » testimonium tuler uni contra me, » etc. (Dan.xm, 42,43. ) Idem, Comment, in Gènes., apud Euseb. , Prœpar. Evang., lib. vi, cap. 11, pag. 284, edil. Paris. 1628.

2 « Quse sit nostra opinio (de Spiritu sancto), etiam » Scripturarum Tesdmoniis comprobare ( compulsi » sumus); ne imperitia lanti dogmalis , etc. Veteris « quippè Testamenti homo David , elc. El Danieli >i adhuc puero suscitasse dicilur Deus Spirilum sanc- » lum ; quasi jam habitantem in eo. (Dan. xm, 45.) » Nec non etiam in novo Testamenlo.... plena sunt » volumina divinarum Scriplurarum his sermoni- » bus, » etc. Dydim. de Spirit. sancl., Hieronym. interpret., apud eumd., tom. iv, col. f9o.

lement les Docteurs de l'école d'Alexandrie , mais encore les Pontifes les plus éminents de cette Eglise antique, qui s'expriment avec tant de force. Saint Athanase , dans ses Lettres à l'Evêque Sérapion , et dans ses Discours contre les Ariens , oppose à ces derniers des passages du cantique des trois jeunesHébr eux, de l'histoire de Susanne et de celle du Dragon , pour prouver le dogme de la divinité du Fils de Dieu et du Saint-Esprit : il affirme qu'on les lit dans les saintes Écritures, et qu'il les a recueillis de l'ancien Testament l.

1 « Et apud Danielem : Suscitavit Deus Spiritum » sanclum pueri junîoris , cujus nomen Daniel : et » exclamavit voce magnâ : Mundus ego sum à san- » guine hujus. (Daniel xm, 45-46.) Michœas item » dicit, elc... Hœc pauca ex velere Testamento col- » legimus.... Ecce quo pacto, Spirilus sanctus per » omnes divinœ Scriplurœ paginas indicatur.... Et in » hymno trium Puerorum : Benedicile spirilus et » animœ justorum Domino (Dan. m, 86); ita etiam » scribit Apostolus, » etc. S. Athanas. Epist. 1 ad Sérapion., n. 5 et 7, lom. i, part, h, pag. 652 et 655. Voyez encore Epist. 2 ad Serap. , n. 6 , pag. 687 ; et de Trinil. et Spirit. sanclo , n. 2 , pag. 970. — « Quod autem dictitant Ariani, (Filius) non erat, etc. » eœdem Scriplurœ (sae.rae) de rébus creatis affirment , » ex dicendis constabit. Moyses enim.... Et apud Da- » nielem : Exclamavit voce magnâ Susanna et dixil fs

Ce saint Docteur est suivi par saint Cyrille, qui cite ce même cantique à l'appui de la même doctrine l.

» Beus œterne, qui abscondilorum es cognilor , qui

» nosti omnia antequàm fiant. (Dan. xm,42) Si

» porro hsec de rébus creatis habent Scriplurœ, cùm- » que de Filio agitur , vocabulum semper adhibent ; » non igitur ex nihilo factus est Films, » etc. Idem, Orat. 1 contra Arianos , n. 13 , tom. i , part, i , pag. 417-18. — aVerbum, ut ait Joannes, caro faclum » est. Siquidem mos est Scripturœ sacrœ hominem » carnem appellare. Hinc apud Joelem propbetam di- » citur : Effundam de Spiritu rneo in omnem car- ■ » nem. Item Daniel Astyagi dixit : Ego idola manu- » facla non colo, sed Beum viventem , qui cœlum et » terram creavit , et in omnem carnem dominatum » habet. » (Dan. xiv, 4.) idem, Orat. 3 contr. Arian. n. 30 , tom. i , part, i, pag. 580. Voir aussi Epist.b ad Serap., n. 21 , tom. i , part, h, pag. 712.

1 « Adolescentes illi Babylonici , quùm omnes pro- » pemodùm creaturas recensèrent, omnia quee in cœlis » et in terra sunt enumerantes , Deumque ab omnibus » celebrari oportere dicentes , nusquàm Filium inler » ea collocant quœ Beum benedicere debenl : neque » dixerunt : Benedicat Verbum aut Sapientia Dei Do- » minum. Sed cùm scirent quôd cum Paire adorelur, » omnium simul creaturarum mentione factâ , ipsum » silentio praetereunt , ut Bominum cui benediclio et » laus debeatur , » etc. S. Cvrill. Alexand. Thesaur. de Sanct. et consubst. Trinit. , assert. 15 , tom. v , part, i, pag. 169 , edit. Aubert., Lutetise 1638.

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