‹ La Bible, mutilée par les protestantsChapitre 47 sur 84 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Tradition de l'Église catholique , tirée des Canons dressés par les Pères et les Conciles des premiers siècles.

Nous avons exposé jusqu'à présent les témoignages que les Pères de l'Église ont rendus à l'inspiration des écrits contestés, soit en les lisant à l'assemblée des fidèles , soit en les citant avec la même autorité que les livres admis sans contestation. Cet argument aussi simple que décisif suffirait pour terminer la controverse ; mais voici encore des Papes, des Conciles, des Évêquesqui, par l'insertion de ces mêmes écrits au catalogue des livres saints , confirment la vérité que nous continuons de démontrer. Nous rapporterons ces divers canons dans l'ordre de leur date.

11 y avait a peine cinquante ans que la paix 65.

était rendue à l'Église , après trois siècles de Décret

, , -. „ , . , . , du Concile

sanglantes persécutions , quand lut célèbre, (ic-

sous le Primat Aurèle, en 397, le me Concile CarlhaSe-

de Carthage *. C'est le plus ancien monument parvenu jusqu'à nous , où soient inscrits tous les livres sacrés. Le Concile s'exprime en ces termes :

« Nous avons ordonné qu'à l'exception des » Écritures canoniques , on ne lise rien dans » l'Église sous le nom de divines Écritures. » Or, les Écritures canoniques sont, la Ge- » nèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, » le Deutéronome, Jésus Navé (ou Josué), les » Juges , Ruth , quatre livres des Rois , deux » livres des Paralipomènes, Job, le Psautier de » David , cinq livres de Salomon, douze livres » des petits Prophètes ; Isaïe , Jérémie , Ézé- » chiel, Daniel; Tobie, Judith , Esther, deux » livres d'Esdras, deux livres des Machabèes. •» Et, pour le nouveau Testament , quatre li- » vres des Évangiles , etc. » Les Évêques déclarent , en outre , « qu'ils ont appris des » Pères leurs prédécesseurs à lire ces livres » dans l'Église. Ils permettent ensuite de lire » les Actes des Martyrs le jour où l'on cèlé- » brera leur anniversaire 2. »

1 Concil. Collect. Bin. tom. m, pag. 499. — Labb. tom. il, col. 1177. — Harduin. tom. i, col. 968.

2 « Item placuit , ut prseter Scripluras canonicas , » nibil in Ecclesia legatur sub nominc divinarum

Rien de plus exprès que ce canon. Tous les livres répudiés par la Réforme sont reconnus comme Écritures divines et canoniques. Tobie , Judith, les deux livres des Machabèes s'y trouvent nommément énoncés : la Sagesse et r Ecclésiastique y sont évidemment compris avec les Proverbes, rEcclésiaste et le Cantique des cantiques, sous le titre de cinq livres de Salomon, auquel les deux premiers étaient encore attribués par l'usage : le livre de Baruch est aussi désigné sous le nom de Jérémie y suivant l'ancienne coutume. Qu'on remarque , de plus , l'autorité de ce décret. C'est un acte

Remarques

sur

ce de'cret :

son

autorite'.

jusqu'aux temps les plus voisins des Apô-

» Scripturarum. Sunt autem canonicœ Scrîplurœ : » Genesis, Exodus, Leviticus, Numeri, Deuterono- » mium, Jésus Nave , Judicum, Rutb, TAegnorum » libri quatuor, Paralipomenon libri duo, Job, Psal- » terium Davidicum , Saïomonis libri quinque, libri » duodecim Prophetarum minorum : item, Isaias, Je- » remias, Ezechiel, Daniel : Tobias , Judith, Esther, » Esdrse libri duo , Machabœorum libri duo. Novi » autem Teslamenli Evangeliorum , etc.... A Pjtri-

» BUS ISTA ACCEPIMUS IN ECCLESIA LEGENDA. Lîceat

» eliam legi passiones Marlyrum, cùm anniversarii » dies eorumcelebrantur. » Concil. Bin., Labb.,Harduin.j ubi suprà.

très ! ; d'une Église illustre par la science de ses Prêtres et de ses Pontifes , des Tertullien , des Cyprien , des Optât , des Augustin, etc. ; d'une Eglise justement révérée pour la fermeté de sa foi, la vigueur de sa discipline, la multitude dé ses martyrs , et qui , par l'organe de ses premiers pasteurs , rend ce beau témoignage à tous nos saints livres , qu'elle les a reçus de ses Pères , pour être lus clans l'assemblée des chrétiens, comme Écritures divines et canoniques -, ainsi qu'il est marqué au commencement du canon. Aussi ce décret a-t-il jeté les Réformés de tous les temps dans d'étranges embarras. Mais son autorité a paru si bien établie aux plus habiles d'entre eux, qu'ils n'ont pu la révoquer en doute. Ils se sont donc retranchés à soutenir que les Catholiques ont mal saisi le sens du canon de Carthage , et que ce canon bien compris favorise le sentiment de la Réforme sur les apocmjphes. Nous remettons à la dernière partie de notre ouvrage l'examen de cette difficulté.

1 Cest-à-dire au 11e siècle : elle eut pour fondateurs des hommes apostoliques envoyés immédiatement par le Saint-Siège. Voyez Schelstrate , Ecclesia Africana , Dissert, i , cap. 2, n. 6 et 7 ; Dissert, iv, cap. i, n. 2, pag. 272, edit. Colon. 1674.

Déciétale

Huit ans ne s'étaient pas écoulés depuis le Concile de Carthage, lorsque saint Exupère, dîfpatae Ëvêque de Toulouse , consulta le Saint-Siège , s- innocent i comme l'oracle qui doit prononcer sur le dogme, la morale et la discipline. Il lui demandait, entre autres choses , quels étaient les livres des divines Écritures. Le Pape saint Innocent satisfait à sa demande, en lui adressant une décrétale ainsi conçue : « Vous me consultez , mon très- » cher Frère , etc.. Le catalogue ci-joint vous » montrera quels sont les livres qui sont reçus » dans le canon...: Cinq livres de Moïse, savoir, » la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nom- » bres, le Deutéronome ; Jésus Navé, un livre » des Juges, quatre des Rois , et tout ensemble » Ruth , seize livres des Prophètes , cinq livres » de Salomon , le Psautier. Les livres histori- » ques sont , un livre de Job, un de Tobie, un » d'Esther, un de Judith , deux des Maclia- » bées, deux d'Esdras, deux des Paralipomènes. » Du nouveau Testament , quatre livres des » Évangiles , etc. ' »

1 « Consulenti tibi , Frater carissime , quid de propo- » sita specie, etc.... Qui verô libri recipianlur in ca- » none brevis annexus ostendit. Hœc sunt quae deside- » rata moneri voce voluisti : Moysi libri quinque , id « est, Genesis, Exodi, Levitici, Numeri, Deuterono-

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