‹ La Bible, mutilée par les protestantsChapitre 49 sur 84 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Résumé de la Tradition exposée dans les chapitres précédents,

Nous avons parcouru plus de trois cents ans depuis les temps les plus voisins des Apôtres jusqu'au commencement du vie siècle. Nous avons appelé les Souverains Pontifes, les Evêques, les auteurs les plus doctes de ces temps primitifs , en témoignage de la divine inspiration des livres qu'il a plu a la Réforme , dix siècles après , de rejeter comme apocryphes. Réunissons ces témoins illustres de la croyance de l'Église, dont ils ne sont devenus les Docteurs que parce qu'ils en ont été les enfants les plus soumis et les plus fidèles disciples. Venez encore une fois, saints Évêques, Prêtres vénérables, écrivains célèbres ; prononcez ensemble, puisqu'on se vante de vous trouver en contradiction entre vous et avec vous-mêmes 1; et, par l'unanimité de vos suffrages , fermez enfin la bouche à vos injustes détracteurs.

1 Rcp. au Mand. , pag. 244 et 245.

Dénombrement

des Pères

appele's

en

témoignage.

Souverains Pontifes.

Patriarches,

Primats et Evëques.

Le beau spectacle que ce concert de sentiments parmi tout ce que le christianisme nous offre j à cette grande époque , d'hommes émi^ nents en génie, en science et en vertus! Nous avons distingué les saints Papes Innocent, Zozime, Léon, et Gélase avec les soixante-dix Évoques du Concile romain. On a vu paraître successivement les saints Patriarches les plus renommés de l'Orient, les Denis, les Athanase, les Cyrille d'Alexandrie, les Grégoire, les Chrysostome , les Proclus de Constantinople , les Cyrille de Jérusalem. Autour d'eux nous avons remarqué les Primats de l'Église d'Afrique, les Cyprien , les Aurèle, suivis des Optât de Milève, des Augustin d'Hippone, des Fulgence deRuspe,et des quarante Évêques de Carthage. Sont venus a leur tour les Hippolyte , les Eusèbe , les deux Basile (de Césarée et de Séleucie) , les Grégoire de Nysse , les Ambroise de Milan, les Chromace d'Aquilée, les Astère d'Amasie, les Philastre et les Gaudence de Bresse, les Maxime de Turin, les Pacien de Barcelonne, les Paulin de Noie, les Épiphane de Salamine, les Théodoret de Cyr, les Chrysologue de Ravenne. Nos regards se sont reposés avec complaisance sur les Irénée de Lyon, les Hilaire de Poitiers , les Phébade d'Agen ,

et autres écrivains

l'ornement et la gloire de nos Gaules chrétiennes. Et parmi cette troupe imposante de Pontifes, nous avons aussi compté de saints Prêtres, des écrivains renommés par leur rare 75 talent et leur immense érudition, un Tertul- Prêtre lien, un Clément d'Alexandrie, un Origène un Lactance, un Didyme , un Ruffin, un Je- ecclésiastiques. rôme , un Ephrem , un Faustin , un Cassien , un Prosper, un Vincent de Lérins, un Salvien, etc. On dirait l'Asie, le Pont, l'Egypte, l'Afrique, la Palestine, la Syrie, l'Espagne, l'Italie, les Gaules , l'Orient et l'Occident , l'univers catholique, en un mot, se levant tout entier pour offrir à nos livres sacrés le tribut de vénération dû à la parole de Dieu même.

On se souvient , en effet, que ces Pères ont cité avec la même autorité que les autres Écritures des deux alliances, les livres de Baruch, de la Sagesse y de l'Ecclésiastique , de Tobie , de Judith , des Machabées , et les fragments d'Esther et de Daniel. C'est sur les textes tirés de ces histoires sacrées, de ces volumes divins, de ces Écritures inspirées, de ces saints livres des Hébreux , de ces Écrits de l'ancien Testament, qu'ils ont établi les vérités fondamentaies de la foi et les règles de la morale chrétienne. C'est avec les foudres de ces oracles ,

de ces voix célestes , etc., qu'ils ont dissipé les erreurs, terrassé les Hérétiques de leur temps, Ariens , Sabelliens , Noétiens , Eunomiens , Eutychiens , Donatistes , Pélagiens , Semi-pélagiens. Et les avons-nous entendus , ces novateurs inquiets et opiniâtres , élever un seul doute contre l'inspiration de ces livres? Ils n'y songent même pas. Ils les opposent au contraire 76- a leurs adversaires, comme de l'Écriture ; ils

«etiques en aneguent }es passages . qu'ils interprètent Schismatiques. à ieur gre pour appuyer ou défendre leurs dogmes impies. Une seule voix discordante s'élève parmi les Semi-pélagiens , et conteste la divinité du livre de la Sagesse qui les condamne ; mais ce cri téméraire , un mot d'Augustin , écho fidèle des siècles précédents , suffit pour l'étouffer à jamais.

Ti '■ Quel témoignage que celui de cette vénéra-

C seur°nS ble antiquité! En f Lit-il jamais de plus unanime, l'autorité de p|us COnstant , de plus universel ? Catholi-

de ces , , . o i •

témoignages, ques , Hérétiques , Schismatiques , tous se réunissent en faveur de l'inspiration de nos Écritures. Séparés par la distance des temps et des lieux, opposés d'intérêts et de croyance, ils n'ont qu'un même sentiment ; preuve évidente qu'ils ne parlaient que le langage de la vérité. Car , ce qui se trouve le même chez le

grand nombre , n'est point erreur , mais Tradition K

Prétendus Réformés, la voilà tout entière cette antique Tradition des Pères , témoins et juges dans notre cause. Récuserez -vous leur déposition ? Contesterez-vous leur autorité ? Douterez-vous de leurs lumières ? Suspecterezvous leur véracité ? Auriez-vous donc oublié que c'est ce témoignage que vous avez invoqué; que c'est à ce tribunal que vous nous avez traduits? Vous êtes donc accusés par ces témoins, condamnés par ces juges de votre choix. Direzvous que nous avons mal entendu les nombreux passages , extraits de leurs écrits immortels, ou que nous les avons altérés? Lisez, vérifiez, comparez ; ou plutôt que le public impartial lise, vérifie, compare : nous acceptons d'avance sa décision. Objecter ez-vous que cette Église primitive a abandonné la doctrine des Apôtres ; que, devenue dès son origine la Synagogue de Satan , elle a conspiré avec cet esprit de mensonge contre son divin fondateur, en apprenant a ses enfants a vénérer

1 «Quod apud multos unum invenitur, non est » erratum sed traditum. » ïertull. de Prœscript. contr. Hœretic. , cap. 28 , pag. 212 , edil. Rigalt.

comme les oracles du Saint-Esprit , la parole faillible de l'homme? Ce serait le comble de l'absurdité, et de l'impiété la plus révoltante.

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