‹ La Bible, mutilée par les protestantsChapitre 51 sur 84 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Argument de prescription, complément des preuves précédentes.

L'argument de Prescription est un raison- 84. nement par lequel, sans entrer dans le fond Ce qu'on entend de la question, on conclut avec certitude qu'un argument dogme a été enseigné et reçu depuis l'origine prescr^iioa, du christianisme, dès là qu'il a été généralement professé à une époque déterminée. Cette sorte de preuve se recommande par sa simplicité et sa brièveté, qui la mettent à la portée de tous les esprits. Sans discuter avec son adversaire, on le convainc d'erreur par voie d'exception péremptoire, ou parère de nonrecevoir , selon le langage du barreau. Voici comment nous raisonnons, d'après cette méthode, sur le sujet qui nous occupe.

C'est un fait notoire qu'à l'apparition de la 83.

Réforme, au xvie siècle, les livres qu'elle a La croyance retranchés de la Bible étaient admis, par toutes rin«piration

1" -ri f î t.' v • .de nos Ecritures

les Eglises chrétiennes , comme divinement ^néraiement inspirés. Les décrets de Trente et des Sociétés recue

au xvi" siècle.

même schismatiques de 1 Orient en sont la

Cette croy

preuve incontestable '. 11 s'agit donc de démontrer que cette croyance n'a subi aucun changement dans les temps antérieurs.

On ne dira pas sans doute que ce changement se soit fait tout à coup , par exemple, de pu subir qu'un la veille au lendemain, dans l'univers entier.

changement . . . •

progressif. Cette supposition serait par trop ridicule : inutile de la réfuter. Il n'aurait donc pu s'opérer que d'une manière lente et progressive. Ainsi, il se fût introduit, d'abord dans quelques Églises, ensuite dans plusieurs autres ; enfin il eût gagné dans tout le monde chrétien. Eh bien , laissant l'intervalle qui sépare le xvie siècle du xme où l'on ne sera pas tenté de placer ce changement 2 , assignons-lui , pour abréger ,

1 Voyez ci-dessus le texte du Concile de Trente, part, i, pag. 18 et suiv. , et les décrets des Synodes schismatiques d'Orient , pag. 235 et suiv.

2 Celle époque est trop rapprochée de celle de la Réforme , pour exiger un sérieux examen. Nous nous bornerons à dire que le xve siècle nous fournil un nouveau catalogue des livres inspirés , dont celui de Trenle n'est que la répétition. Le voici , tel qu'on le trouve dans le décret d'Eugène IV aux Jacobites , à la fin du Concile de Florence ( ann. 1441 ) : ce décret commence par ces mots : « Cantate Domino quoniam » magnifiée fecil. »

Après la profession de foi sur la sainte Trinité , en

l'époque la plus favorable , c'est-à-dire , ces prétendus âges d'ignorance, à travers lesquels,

particulier sur la procession du Saint-Esprit , et à la suite de la condamnation des erreurs contraires , le Pape , parlant au nom de l'Église Romaine, ajoute : « Firmissimè crédit , profitetur et prédicat... unum » atque eumdem Deum veteris et novi Teslamenli ,... » quoniam eodem Spirilu sanclo inspirante, ulrius- » que Teslamenli Sancti locuti sunt , quorum libros » suscipit et veneralur, qui titulis sequentibus conti- » nentur : quinque Moysis , id est , Genesi , Exodo , » Levitico , Numéris , Deuleronomio , Josue , Judi- » cum , Ruth , quatuor Regum , duobus Paralipome- » non , Esdrâ , Nehemiâ , Tobiâ , Judith, Hesler, » Job , Psalmis David , Parabolis , Ecclesiaste , Can- » ticis canlicorum, Sapienliâ , Ecclesiaslico , Isaiâ , » Jeremià , Baruch , Ezechiele , Daniele ; duodecim

» Prophetis minoribus ; duobus Machabœorum ;

» quatuor Evangeliis , » etc. Dccretum pro Jacob., Labb., Concil., tom. xm, col. 1204 et 1206.

Les Protestants ont nié l'authenticité du décret que nous venons de transcrire , et l'ont attribué à un impudent faussaire. Mais 1° le couvent des Frères mineurs de Fiésole , en Toscane , possédait , au dernier siècle , un autographe de ce décret , signé du Pape Eugène et des Cardinaux ; 2° on en conservait aussi deux exemplaires ou manuscrits , l'un au château Saint- Ange , l'autre à la Bibliothèque du Vatican ; 3° ce même décret , conjointement avec ceux relatifs aux Grecs et aux Arméniens, fut imprimé à Venise , chez Luc-Antoine de Giunta , en 1514 ; 4.° enfin les éditeurs des Conciles l'ont compris . depuis près de deux siècles,

s'il faut en croire la Réforme, l'erreur et la superstition se glissèrent, du vme au xn* siècle, dans l'Église Romaine. A qui attribuerons-nous cette étrange innovation? Aux anciennes Sociétés hérétiques de l'Orient , aux Nestoriens, aux Monophysites, etc.? aux auteurs du schisme des Grecs , à Photius , à Michel Cérulaire? au Pape, de concert avec les Évêques d'Occident?

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