Après cela, qu'est-il besoin d'expliquer en
En quel sens qUe} gens ^eux ou trois p^res les ont nommées
les l
livres contestés apocryphes ? N'est-il pas évident qu'ils n'ont
sont nommés , . . , . . . , , ,,
apocryphes, pas prétendu mer leur inspiration, a laquelle ils rendent un témoignage si éclatant ? Ils ont
voulu simplement désigner , par ce mot , des livres non canoniques , selon la signification la plus étroite, c'est-à-dire , non inscrits au canon des Hébreux ou au catalogue de leurs Églises particulières.
Mais combien serait-il ridicule de soutenir is.
que ces livres sont apocryphes , suivant la s,gnificatl°n fausse entente de nos Réformés ? Opinion , du à ce mot reste, qui se détruit elle-même par les contra- nos ^formés, dictions qu'elle implique. Leurs
„ . . t . m i i contradictions
« INous rejetons, disent-ils, les apocryphes , à ce sujet. » parce qu'ils contiennent des doctrines païen- » neSj et approuvent des pratiques immof> raies1-, qu'il s'y trouve des passages en con- » tradiction avec les historiens profanes* , des » choses absurdes j dont l'Église Romaine, au » mépris du bon sens, ne fera jamais croire la » possibilité 3. Ces livres étaient cachés au » peuple y ils ne renferment aucun témoignage » de leur authenticité \ , et leur caractère est » hérétique ou stispect*. »
Serait-il possible d'imprimer une plus noire
1 Rép. au Mand. , pag. 148.
2 IMd.
3 IMd. , pag. 162.
4 IMd. , pag. 144.
flétrissure a des écrits que leur antiquité seule aurait dû faire respecter ? Mais voici , en réparation de tant d'outrages, le juste tribut d'éloges que les mêmes Réformés s'empressent de leur rendre : « Ces livres , antérieurs à î l'époque de l'établissement du christianisme y » ont été composés par des Juifs1. Ils forment » une partie de leurs traditions*. Aussi ce » peuple a-t-il eu du respect pour ces écrits3 ; » ils sont utiles et bons a lire 4 , et VÉglise y> même chrétienne les lisait pour l'instruction » et l'édification du peuple 5. »
Ainsi , selon nos Protestants , des livres d'un caractère suspect et hérétique , contenant des choses tellement absurdes que VÉglise Romaine n'en fera jamais croire la possibilité ; des livres en contradiction avec les historiens profanes , et renfermant des doctrines païennes, des pratiques immorales , sont néanmoins des livres utiles et bons a lire; l'Église , dans la pureté si austère de ses premiers âges , les lisait pour l'instruction et
1 Rép. au Mand. , pag. 133 et 154.
2 Ibid. , pag. 132.
3 Ibid.
4 Ibid. , pag. 143.
3 Ibid. , pag. 137 et 138.
V édification de ses enfants ; et , pour comble de prodige, c'est du moment qu'on laissera lire la Bible au peuple, même avec des livres de ce caractère , que s'accomplira la Réformation du Christianisme ' I !
1 Rép. au Mand. , pag. 146.