Observez, en outre, que l'époque où ce
Remarque p^re écrivait en Palestine le passage objecté ,
importante i o j ?
au sujet est antérieure de plusieurs années au Concile
de ce passase. , ~ , x ' - , , , -, .
de Carthage, et a la decretale du Pape saint Innocent ', premiers monuments connus de la canonicité de tons nos livres. Pourrait -on douter que saint Jérôme , qui , suivant les traces des anciens auteurs , ne balance pas à admettre l'inspiration de ces livres, n'eût pas également reconnu leur canonicité , d'après le témoignage d'un Concile célèbre , et l'autorité du Siège apostolique2 ?
1 La date de la Préface sur les livres de Salomon, d'où est tiré le texte qu'on nous oppose , doit être placée avant l'année 394. ( Voyez Valarsi , Vita S. Hier., tom. xi , cap. 21 , n. 4 ) ; et on se souvient que le Concile de Carthage est de 397 , et la décrétale d'Innocent , de 405.
2 On sait que S. Jérôme professa toujours la plus profonde vénération et la soumission la plus entière pour la Chaire de Pierre. Il suffit de rappeler ces passages célèbres du saint Docteur écrivant au pape S. Damase : .« Ego nullum primum, nisi Christum sequens , » Beatitudini tuae , id est, Cathedra Pétri, commu- » nione consocior. Super illam Petram ^edificatam » Ecclesiam scio. Quicumque extra hanc domum
La seconde assertion de Leibniz fait dire à 57saint Jérôme : « L'Église ne lit pas la Sagesse Le <îual;ifnle,
f o passage falsifie
» et r Ecclésiastique pour confirmer l'autorité par Leibniz. » de ses dogmes : Sic et ( Ecclesia ) hœc duo
» volumina legiTj non ad auctoritatcm
» ecclesia sticorum dogmatum confirmandam. » Mais quelle apparence que le saint Docteur ait jamais tenu un tel langage ! Aurait-il donc ignoré la Tradition des Pères qui proclamaient l'inspiration de ces livres, qui les citaient pour prouver les articles les plus essentiels de la foi contre les Juifs, les Gentils, les hérétiques? Eh quoi ! ces témoignages si exprès, si nombreux des plus fameuses Églises de l'Orient et de l'Occident , eussent échappé à l'infatigable investigateur de l'antiquité chrétienne, dont
» agnum comederit, profanus est. Si quis in'Noe Arca » non fuerit , peribit régnante diluvio Quicumque
)) TECUM NON COLLIG1T SPARGIT : hoc est, qui Christi
» non est , Anlichristi est.... Quamobrem obteslor Bea- » titudinem tuara...ut mihi epistolis tuis, sive tacen- » darum , sive dicendarum hypostaseon ( Irium in » Trinitate) detur auctoritas. — In très partes scissa » Ecclesia ad se rapere me festinrU... , ego intérim » clamito , si quis Cathedra Pétri juingitur meus » est , » etc. S. Hieron. Episl. 15, ad Damas. Papam, n. 2; et Epis t. 1G, ad eurnd., n. 2, Oper. tom. i, edit. Bened. Yeron. , col. 39 et 43.
saint Augustin a pu dire qu'il possédait tous les auteurs grecs et latins qui avaient traité les matières ecclésiastiques1^. Aussi a-t-il fallu altérer le passage , pour ériger saint Jérôme en partisan du Système. L'altération , il est vrai, ne porte que sur un seul mot , ou plutôt sur une seule lettre ; mais , quoique légère en apparence , elle dénature la pensée de l'auteur et donne a son texte une tout autre signification. Leibniz et nos Réformés lisent ou traduisent, « Hœc duo volumina legit (Ecclesia)
» non ad auctoritatem ecclesiasticorum dogy> matum confirmandam'1 : L'Église lit ces » deux livres.... non pour prouver l'autorité » des dogmes 3 , » etc. ; tandis qu'il faudrait lire ou traduire , Hœc duo volumina légat
( Ecclesia ) non ad auctoritatem , etc. :
« Que l'Église ne lise pas ces deux livres pour
1 « ( S. Hieronymus ) Grseco et Latino , insuper et » Hebrseo eruditus eloquio , ex Occidentali ad Orien- » talem transiens Ecclesiam , in locis sanctis atque in » lilteris sacris usque ad decrepilam vixit setatem , » omnesque vel penè omnes qui ante illum aliquid
)) EX CTRAQUE PARTE OftBIS DE DOCTRI1NA ECCLESIAS- » TICA SCRIPSERANT LEGIT. » S. AlJGUST. COÎllra Ju-
lian. pelag., lib. i , cap. 7, n. 34 , lom. x , col. 519.
2 Voyez ci-dessus , pag. 328.
3 Rep. au Mand. , pag. 1S7.
» prouver l'autorité » etc. La citation et la
traduction protestantes imputent à saint Jérôme un fait dont son érudition lui montrait la fausseté, savoir, que l'Église, les écrivains ecclésiastiques ne citent pas ces livres pour établir les vérités de la foi ; au lieu qu'en retenant la véritable, l'unique leçon , ce Père se contente d'exprimer le désir que l'Église s'abstienne d'en faire cet usage : Ecclesia non légat ad auctoritalem ecchsiasticorum dogmatum confirmandam l.
« Il s'explique encore plus fortement dans 58-
» la Préface sur Esdras et Néhémie : Qnœ * fj^sa§e'
» non habentur apud Hebrjeos.... , procul dela Préface
sur ies » abjiciantur ; c'est-à-dire , loin du canon des livres d'Esdras.
» livres véritablement divins et infaillibles2. »
Pourquoi ne pas dire loin du canon des
Hébreux, dont il est ici seulement question ?
Le saint Docteur répète , encore une fois , que
les livres contestés ne sont pas dans le canon
1 Nous ne connaissons aucune édition des œuvres du savant Docteur qui indique la plus légère variante de ce texte. Voyez l'édition des Bénédictins de Paris , de 1693 , tom. i , col. 939 et 940 ; celle de Vérone , tom. ix , col. 1295 et 1296 ; l'édition d'Erasme , Paris 1546, tom. m, fol. 8 , v° col. 2; celle de Mar. Vict. Reat. Romee 1576 , tom. m , pag. 17.
2 Lettre de Leibniz , ubi saprà , § xcvi, pag. 436.
des Juifs. On connaît la réponse à cette objection.