‹ La Bible, mutilée par les protestantsChapitre 67 sur 84 · Je crois qu'après cela on peut être per · texte numérisé non relu

Je crois qu'après cela on peut être per

Leïbniz » suadé du sentiment de saint Jérôme et de

appelle en aide

le témoignage » l'Eglise de son temps : mais on le sera daj> vantage, quand on considérera que Ruffin, » son grand adversaire, homme savant, et » qui cherchaitoccasiondele contredire, n'au- » rait pas manqué de se servir de celle-ci , s'il » avait cru que saint Jérôme s'éloignait du » sentiment de l'Église1. »

Oui certes , on peut être persuadé du sentiment de saint Jérôme et de l'Église de son temps > toujours favorables à nos écrits bibliques. Rien n'est plus propre à nous en convaincre que la réflexion même de Leibniz sur le silence de Ruffin. On rappelait tout à l'heure les invectives de ce savant homme contre le saint Docteur, au sujet des fragments qu'il l'accusait de supprimer. Que n'eûtil pas dit, si saint Jérôme s'était écarté du sentiment de l'Église^ en se déclarant , comme il l'a fait souvent, pour l'inspiration de tous les livres contestés ?

« Ruffin témoigne d'être lui-même du même

1 Lettre de Leibniz , ubi suprà , § xcvn.

» sentiment, lorsqu'il parle ainsi dans sonEx- » position du Symbole, après avoir fait le dé- » nombrement des livres divins et canoniques, » tout comme saint Jérôme : 11 faut savoir, » dit-il , qu'il y a des livres que nos anciens y> ont appelés , non pas canoniques , mais ec- » clèsiastiques , comme la Sagesse de Salo- » mon , et cette autre Sagesse du fils de » Sirach , que les Latins ont appelée pour t> cela même du nom général d'Ecclésiastique; » en quoi on n'a pas voulu marquer l'auteur, » mais la qualité du livre. Tobie encore , Ju- » dith et les Machabèes sont du même ordre » ou rang... : livres qu'on a voulu faire lire » dans l'Église , mais qu'on n'a pas voulu » laisser employer pour confirmer l'autorité » de la foi '. »

Ici encore , notre Philosophe parle mieux 60. qu'il ne pense. Rufifin a été, sur ce point, du Ruffin,

i -t'a y-, i • • i • interprété

sentiment de saint Jérôme. Comme lui, il cite par lui-même, avec les titres d'Écriture , d'Écriture sainte , conlraiie

* au système.

et à l'égal de l'Évangile et des Écrits de saint Paul , l'Ecclésiastique et la Sagesse 2« Il allè-

1 Lettre de Leibniz , ibid.

2 « Sanctpe Scripturœ senlentia est , Ne laudaveris » quemquam anle obitum » ( Eccli. xi , 30 ) , etc. Ruffin , Presbyt. Aquil. de Benedicl. Pair. , lib. n ,

gue aussi , à l'exemple des anciens , la prophétie de Fauteur de ce dernier livre touchant la passion du Sauveur. Il fait plus , et bien qu'il n'ait pas compris Baruch dans son catalogue , et qu'il eût dû , d'après Leibniz , le regarder comme purement ecclésiastique , il le produit , au livre même qu'on nous oppose , comme l'Écrit à' xm prophète , et en confirmation de la divinité du Fils de Dieu , ou du second article du Symbole l.

Que si le docte Prêtre d'Aquilée ajoute : « Les Pères n'ont pas voulu laisser employer » quelques-uns de ces livres pour confirmer » P autorité de la foi , d il n'a pas prétendu qu'ils n'eussent fait, dans ce but, aucun usage de ces livres : c'eût été donner un démenti formel à la sainte antiquité , et condamner ce qu'il pratiquait lui-même en suivant le torrent

edit. Paris. 1680 , lom. i , pag. 22. Voyez aussi , tom. n , passïm, et surtout fol. 11 , 15 , 31 , 127, 132, etc.

1 « Secundùm dignationeracarnis assumptse, Films » visus est et passus. Quod et Propheta prjEdixerat, » ubi ait : Hic Deus noster , non repulabilur aller » ad eum , qui invenil omnem viam disciplinai , et » dédit eam Jacob puero suo , et Israël dileclo suo : » posl hœc in terris visus est, et cum hominibus con- » versalus est. » ( Bar. m. ) Idem , Commentât, in Symbol., tom. i oper., pag. 173.

des Pères. Il a voulu simplement exprimer la pensée de saint Augustin et de saint Jérôme , sur l'emploi de ces écrits contre les contredisants s

Quant aux livres de Tobie , de Judith et des Machabées, il est clair qu'ils étaient, dans l'opinion de Ruffin, d'une autorité scripturaire égale à celle de la Sagesse, et de l'Ecclésiastique , puisqu'il affirme, sans hésiter, qu'ils sont tous du même rang.

1 Voyez ci-dessus, pag. 309, n. 37, et pag. n. 53 et suiv.

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