CHAPITRE III
Authenticité et intégrité du canon de Cartilage vengées des attaques des modernes Protestants.
Après nos observations sur l'autorité du Concile de Carthage * , on aura lieu d'être surpris des difficultés soulevées récemment contre ce monument respectable de l'Église d'Afrique. Ne laissons pas de les examiner, ne fût-ce que pour montrer a quel excès d'aveuglement peut conduire l'esprit de secte et de parti.
M.gr l'Archevêque de Toulouse avait allégué, entre autres témoignages de la Tradition , le
Difficultés des Réformés ^m-àc aunoo v^mu^na^
contrei autorité décret de Carthage2. Qu'ont réplique les Re-
du décret . , a ° ' . , F H.
de Carthage. lormes ? « La seule autorité un peu imposante » que M.§r l'Archevêque ait citée 3 pour prou-
1 Voyez ci-dessus , pag. 213 et 214.
2 Lettre de M.sr l'Archevêque de Toulouse aux Protestants de son diocèse, pag. 58.
3 Est-ce que les témoignages de S. Irénée , de Tertullien , de Clément d'Alexandrie , d'Origène , de S. Cyprien, de S. Athanase, de S.Jérôme, de S. Augustin, du Pape S. Innocent et du Concile romain , sous le Pape S. Gélase , cités par le Prélat , ne seraient pas
» ver que les livres apocryphes ont été reçus » par l'Église chrétienne primitive , est le » Concile de Carthage, tenu en 397 *, qui, » dans son 47e canon , comprend les apocry- » phes dans la liste des Écritures canoniques. » Mais il n'a pas fait attention que l'authen- » ticité de ce canon n'est pas généralement » admise par l'Eglise Romaine 2. »
Voilà certes une imputation nettement articulée , et qui , n'en doutons pas , va être appuyée de preuves convaincantes. Accuser, en effet , un Évêque catholique, et l'accuser, sans nul fondement, de ne pas faire attention que la seule autorité un peu imposante qu'il oppose à ses contradicteurs , dans une discussion dogmatique et solennelle, n'a pas l'aveu de l'Église dont il défend la cause, serait faire au carac-
des autorités un peu imposantes? Pourquoi donc sontelles restées sans réponse ?
1 II faut rendre justice à l'exactitude de nos adversaires qui , en fixant à celte année , avec nos meilleurs critiques , la date précise du Concile de Carthage, lui donnent le troisième rang parmi les Conciles de ce nom. Mais ils n'ont pas fait attention qu'ils tombaient dans la plus grossière contradiction , en opposant ensuite au Prélat l'opinion de Baronius sur "l'époque de ce Concile.
2 Re'p. au Mand. , Préface , pas. ym.
tore épiscopal une injure peut-être sans exemple. Où sont donc les preuves de cette accusation ? Quel est Fauteur digne de quelque confiance, historien, controversiste ', -canoniste, théologien, liturgiste , si l'on veut , qui ait jamais douté de l'approbation de ce canon par l'Église Romaine ? .